Blog culturel sur les Arts: littérature, danse, théâtre, musique, classique ou contemporaine, jazz, concerts, Arts plastiques, expositions, et des photos de fleurs.
vendredi 23 octobre 2026
Mathilde Monnier et Lucie Antunes au 104 pour Silence: Du beau son pour les oreilles et plein de mouvement pour les yeux
jeudi 15 octobre 2026
When I saw the Sea d'Ali Chahrour à Pôle Sud: Regarder le soleil en face ou regarder au loin
Est-ce un hasard si les deux chorégraphes de cette soirée deux en un de Pôle Sud, Kiyan Khoshoie et Ali Chahrour s'intéressent au corps de danseurs non professionnels, possible. Ce qui est sûr, c'est qu'ils viennent du Moyen-Orient, de pays sujets à la violence, violence du pouvoir, ou violence d'agresseur externes. L'Iran pour Kiyan Khoshoie (même s'il est maintenant installé en Suisse) et le Liban pour Ali Chahrour.
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| When I saw the Sea - Ali Chahrour - Photo: Christophe Raynaud de Lage |
Kiyan Khoshoie lui, avec son projet en chantier Body Electric, s'intéresse au corps "commun", de "everibody" qui danse, chez lui, dans un club, en boite, dehors... C'est le sujet de son prochain spectacle pour lequel il travaille volontairement avec des non-danseurs, des commédiens-comédiennes et un performeuse. Et va essayer de comprendre à la fois ce qui "fait danser", ce qui donne envie de bouger, et va interroger le "mantra pop". En référence à son pays d'origine où la danse est interdite dans les lieux publics, il va chercher à montrer comment on danse quand même, même si on n'a ni le droit, ni le temps. Cette urgence et cette volonté qui pousse au "mouv". Et pour illustrer cette réflexion, il nous fait une magnifique démonstration de ce que lui, danseur virtuose, imagine comme courte chorégraphie sur les réminiscences de morceaux pop des années passées. On comparera avec son futur spectacle qu'il va créer en janvier 2027 en Suisse.
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| When I saw the Sea - Ali Chahrour - Photo: Christophe Raynaud de Lage |
Chez Ali Chahrour, avec son spectacle When I Saw The Sea, nous plongeons dans un autre environnement, c'est la guerre: Nous sommes littéralement sous les feux de projecteurs qui nous aveuglent, le bruit des bombes nous accompagnent et nous entendons des messages désespérés au téléphone, des messages d'amour aussi, jetés comme des signaux de détresse. Et dans un coin de la scène, Zena va nous conter son incroyable situation, sa condition d'esclave moderne (avec le système Kalafa), à la fois abandonnée, brimé et privée de tout. Et sa quête, quasi impossible de retrouver sa mère. En contrepoint, un duo de musicien, Abed Kobeissy à la guitare et autres instruments, et Lynn Adid, de sa voix exceptionnelle, nous créent et interprètent de magnifiques compositions qui parlent de fleurs, de nature, d'un bonheur et de rêves difficilement accessibles. Nous allons découvrir, avec les trois femmes, Zena, Tenei et Rania, cette situation, ce statut qui nie la liberté, qui enchaîne et enferme les femmes au Liban, et dans d'autres pays alentours. Qui sépare les mères de leurs enfants, qui nie leur existence, qui les nourrit mal, qui les soumet.
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| When I saw the Sea - Ali Chahrour - Photo: Christophe Raynaud de Lage |
Elles vont mettre en scène leur corps, leur velléité d'habiter le monde. Elles vont exister par le simple fait d'être là, de bouger sur scène, de raconter leur périple d'étrangères, leur besoin d'humanité, leur désir de famille, leur quête d'amour, leur soif de bouger, d'être vues comme des êtres humains. Elles vont également chanter, Rania, l'orpheline éthiopienne un peu plus, et aussi danser et chanter des airs ancestraux. Tout au long de la pièce, au fur et à mesure de leur arrivée, elles vont commencer à bouger, elles vont se réunir, porter ensemble cet espoir de liberté, pas encore acquise qu'elles espèrent atteindre. Nous sentons cette volonté d'un monde meilleur, qui sourd de ces destins bridés.
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| When I saw the Sea - Ali Chahrour - Photo: Christophe Raynaud de Lage |
Mais le hiatus entre la beauté du spectacle - surtout la beauté des chants - et les conditions de ces femmes là-bas, en parallèle à d'autres situations, bien présentes chez nous aussi, nous font ressentir un décalage. Par exemple entre elles et les deux musiciens sur leur estrade, ou qui nous tournent le dos quand ils en descendent, entre ce qu'on nous montre sur scène et la réalité du quotidien de ces femmes et de leurs semblables, entre leur rêves ("C'est la première foi que je vois la mer, au Liban") et les conditions de terrain, surtout dans ce pays en guerre. Souhaitons leur d'avancer sur le chemin de la liberté, à elles et à tou(te)s les autres.
La Fleur du Dimanche
A Pôle Sud le 14 et 15 octobre 2026
Musique composée et interprétée par : Lynn Adib, Abed Kobeissy
Assistant à la mise en scène et à la chorégraphie : Chadi Aoun
Conception de la lumière et direction technique : Guillaume Tesson
Assistant au directeur technique : Pol Seif
Designer sonore : Benoît Rave
Scénographie : Guillaume Tesson, Ali Chahrour
Responsable de la communication : Chadi Aoun
Photographie : Léa Skayem
Conception graphique : Christina Atik
Relecture : Hala Omran
Traduction : Marianne Noujeim
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Production : Ali Chahrour
Directeurs de production : Christel Salem, Chadi Aoun
Coproduction : Festival d’Avignon / Ibsen Scope / HAU Hebbel am Ufer, Berlin / Arab fund for arts and culture (AFAC) / Al Mawred al Thaqafi / DeSingel Antwerp / Domino Zagreb, Perforations Festival / Holland Festival / Zürcher Theater Spektakel / Al Madina Theater
Soutiens : Théatre Béryte / Institut Français de Beyrouth / Wicked Solutions / WASL Productions / Beit el Laffé / Raseef, Beirut / Houna center / Orient 499
Remerciements : Kafa, Megaphone, Daraj Media, Hammana Artist House, Zoukak Theatre, Seenaryo, Mohana Ishak, Hussein Hajj, Abdallah Hatoum, Anthony Sahyoun, Ali Khedr, Eric Deniaud, Chrystèle Khodr, Raymond Zakaria, Hind Hamdan, Viany Ngemakoue, Sophie Ndongo, Jouma Fayé, Mariam Sesay, Sarie Teshome, Aisha Temam, Raheel Teshome, Mihret Birhane, Laurentine Mbekati
vendredi 9 octobre 2026
Post Panamax de Frank Micheletti à Pôle Sud: Mouvement, moteur et tremblements
Désarticulée, décalée, désaxée, déhanchée, saccadée, toute en fébrilité et en régularité, la danse d'Amélie Olivier s'inscrit de profil dans un carré de lumière à droite de la scène, sur le rythme que nous mixe Frank Micheletti dans l'angle au fond arrière gauche de la scène. Des vibrations jusqu'au bout des doigts, des sursauts, des accrocs, des rebonds, des chocs, des tremblements, des interruptions, de alternances, mouvements arrêtés brusquement, mouvements répétés, en boucle, en cycle, mécaniques et souples aussi, de tout le corps, mais s'arrêtant et recommençant, comme s'il y avait une limite, une frontière à ne pas franchir. Comme si l'espace était circonscrit. et puis brusquement, elle avance dans une frontalité puissante, surplombante, face au public.
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| Post Panamax - Frank Micheletti - Photo: db motion prod |
Elle est rejointe par une deuxième danseuse, Aline Lopez, les couleurs de leurs vêtements sport se complètent et elles occupent l'espace dans des déplacements souples mais tout aussi mécaniquement saccadés, tels des bras-robots de chaine d'assemblage ou de tri. La musique, presque hypnotique induit des mouvements extatiques qui cherchent à se répondre en écho, à circonscrire l'espace, le parcourir de manière erratique, à l'englober dans les déplacements. Un troisième larron, Antuf Hassani les rejoint, les ailes déployées, en boucles circulaires, et mouvements plus amples et plus proche de la breakdance.
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| Post Panamax - Frank Micheletti - Photo: db motion prod |
La musique se fait plus douce, plus zen, les boucles avec des bruits de roulement de machine s'adoucissent, piquetés de grattements de disques noirs, les bras se courbent, s'arrondissent, et les trois complices dansent en symbiose, avec une étonnante synchronicité avec la musique. Une réelle performance dans ce flux continu, constant, submergeant presque. De magnifiques figures à trois, sur des découpes de lumière très précises (un magnifique travail d'Ivan Mathis sur la totalité du spectacle) se continuent par une longue et épuisante marche mimée par Antuf Hassani dans un cercle de lumière que l'on imagine soleil dardant.
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| Post Panamax - Frank Micheletti - Photo: db motion prod |
On imagine bien notre futur, mécanisé, robotisé, déshumanisé, cherchant quand même de temps en temps un geste, un contact, un appui, un lien. Des fenêtres s'ouvrent de temps en temps, mais la lassitude guette, et bien qu'il y ait sursaut, vital, la mécanique faiblit, et sonne la fin. Nous en garderons le souvenir d'une belle performance des trois interprètes, complémentaires dans leur style et leurs gestes, et d'une très belle prestation à la table de Frank Micheletti qui a su insuffler une très belle énergie dans ce tableau uchronique pour Post Panamax ce soir à Pôle Sud.
La Fleur du Dimanche
Pôle-Sud le 8 et 9 octobre 2026
Danse : Aline Lopes, Antuf Hassani, Amélie Olivier
Musique mixée en live : Yaguara
Création lumière : Ivan Mathis
Création costumes : Violette Angé
Création vidéo : Caroline Bernard, Sarah Ndiaye
Complices scientifiques : Mathieu Quet, Michel Lussault
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Production : Kubilai Khan Investigations
Coproduction : Les Scènes du jura, Scène nationale / Scène nationale de l’ACB, Bar-le-Duc / Scène nationale de Bourg-en-Bresse / L’Usine à Gaz, Nyon / Château Rouge, Scène conventionnée Annemasse / POLE-SUD, CDCN Strasbourg / Châteauvallon-Liberté, Scène nationale
Spectacle créé dans le cadre du projet ACT · Art en Coopérative Transfrontalière, soutenu par le programme Interreg France – Suisse
Soutiens : Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur, Département du Var, Studio Accrorap, Marseille Objectif Danse
Kubilai Khan Investigations est conventionnée par le ministère de la Culture / DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, subventionnée par la DRAC PACA – Fonds Festival, la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Département du Var, la ville de Toulon et par la métropole Toulon Provence Méditerranée. Kubilai Khan Investigations est accompagnée, pour le développement et la diffusion, par le bureau d’accompagnement artistique Lolink.
jeudi 8 octobre 2026
Migratrice de Kaori Ito au TJP: Destins croisés et trajectoires parallèles
"Qu'est-ce qui nous meut ?" pourrait être la question fondamentale à laquelle se réfère Kaori Ito lorsqu'elle envisage son projet qui aboutit à cette pièce, Migratrice, dont elle annonce en introduction que c'est sa dernière présentée ici en tant que directrice du TJP CDN. Sachant qu'elle est partie du Japon quand elle avait 18 ans pour faire du théâtre et de la danse, qu'elle est passée par Londres, New York, Bruxelles, retour au Japon, Paris, et plein d'autres villes, pour se retrouver en tant que directrice de ce lieu en 2022 - elle y avait d'ailleurs dansé dans une pièce d'Aurélien Bory en 2015, Plexus - on comprend aisément qu'elle a la bougeotte. Mais le propos va plus loin que d'essayer de comprendre ce besoin de bouger, plus loin aussi que d'interroger ses origines qui, on le verra bien dans la pièce, prouvent elles aussi que cette mobilité, les voyages et les exils en sont partie constitutives, sinon même fondamentales. Car, cette recherche des racines, entre autre de la parole et de l'histoire des parents et des ancêtres, elle l'a entamée depuis quelques temps déjà avec son père, ce qui avait abouti à sa pièce de 2015, Je danse parce que je me méfie des mots.
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| Migratrice - Kaori Ito - Photo: Anais Baseilhac |
Avec Migratrice, qu'elle a écrit après des enquêtes approfondies sur sa famille et ses ancêtres, mais aussi avec des bribes de vie et de passé des autres interprètes, Gil Hyoungkwon, Issue Park et Nonoka Kato et de leurs familles et Catherine Germain, (mais elle c'est plutôt son double, son âme-soeur, sa personnification sur le plateau), elle élargit le champ en même temps qu'elle essaie de focaliser sur les femmes, leur statut, leur destinée, leur malheur. Ainsi, elle tricote à la fois les destinées personnelles et le cours de l'histoire.
vendredi 2 octobre 2026
Kassia Undead de Lara Barsacq: Briser le silence, danser et chanter pour la liberté
Lara Barsacq, au départ danseuse et qui s'est frottée il y a longtemps à la chorégraphie avec une pièce pour la compagnie Batsheva à la demande d'Ohad Naharin, est retournée à la danse en 2002. Puis en 2016, elle crée de nouvelles pièces en interrogeant l'histoire de la danse, en particulier les Ballets Russes et ses danseuses, dont Ida Rubinstein, et Bronislava Nijinska. On a pu voir d'elle en début d'année dernière à Pôle Sud, la pièce la pièce, La Grande Nymphe qui fait revivre le ballet de Vaslav Nijinski, Le Prélude de l'Après-Midi d'un Faune. Pour sa nouvelle création, Kassia Undead, présenté au Maillon avec Pôle Sud dans le cadre du Festival Musica, Laura Barsacq fait un voyage à Constantinople au IXème siècle pour rendre hommage à Kassia de Constantinople, une higoumène, une abbesse, devenue Sainte et qui était aussi une compositrice dans le monastère qu'elle a fondé après avoir rencontré le jeune empereur Théophile.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
Lara Barsacq rend hommage à ce personnage en faisant interpréter sur scène quelques-uns de ses chants. Mais tout commence dans le silence. Silence dont Kassia dit "Je hais le silence lorsqu'il est temps de parler". Cette phrase que l'on entend effectivement trouer le silence, accompagnée d'une série d'invocation, d'exhortations à la faire venir sur le plateau, tout en en doutant - "Est-ce que Kassia viendra ce soir ?". On entend également quelques éléments biographiques permettant de situer le personnage célébré ce soir (il est en particulier fait référence à son opposition au pouvoir qu'elle a pleinement assumé face à l'empereur Théophile, toujours amoureux d'elle), ainsi que des éléments de contexte de ces poèmes.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
La pièce commence par une procession silencieuse de la troupe qui s'installe. Puis quatre danseurs qui se tiennent les bras défilent sur scène dans un étrange ballet alors que se lève une musique hypnotique, jouée au plateau par la musicienne Cate Hortl (que l'on avait pu apprécier dans la précédente pièce) qui accompagne la voix claire de la chanteuse. Les danseuses et le danseur, également chanteur et chanteuses vont nous interpréter, toujours en dansant, toute une série de mélodies, alternant les langues et les styles, des chants orthodoxes anciens, des poèmes de Kassia ou des airs modernes, accompagnés par les nappes et les rythmes de Cate Hortl.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
Cette dernière, après une nouvelle procession avec un thérémine, va se retrouver au centre de la scène, dans une cérémonie d'habillage d'apparat avec une superbe couronne et des nappes de vêtements sous lesquels elle disparait presque.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
D'autres procession suivent, avec les quatre danseurs, avec des figures minimalistes, de temps en temps de petites fioritures comme des enluminures d'un Livre d'Heures qui trouvent écho dans le décor et les bannières suspendues en fond de scène. La danse lorgne du côté du smurf ou de la danse robot. Les tableaux se fondent les uns dans les autres, dans un délassement envoûtant, peuplés de détails surprenants. Et pour finir, la musique prend de l'ampleur, autant avec ces chants magnifiquement interprétés par ces artistes aux talents multiples, que par les vents qui se lèvent et soufflent la fin de partie.
La Fleur du Dimanche
Création et interprétation : Marta Capaccioli, Tarek Halaby, Cate Hortl, Emma Laroche-Brassié, Els Mondelaers, Aymara Parola, Agnes Potié, Klara Verkin
Création musicale : Cate Hortl
Musique : Kassia de Constantinople
Musique additionnelle : Salim Bali
Création lumière : Estelle Gautier
Conseils artistiques : Gaël Santisteva
Coach vocal : Jean-Baptiste Veyret-Logerias
Historienne de l’art : Brunella Danna Allegrini
Scénographie : Ateliers Indigo – Alexandra Siebert, Alice Forsberg, Clara Vandebotermet, Jean Everarts, Magali Cote, Patricia Cala (accompagnés par Lily Sato, Adrien Vermont, Maya de Mondragon, Corinne Chotycki)
Sérigraphie : Frédéric Jamagne
Stagiaire en scénographie : Teo Verougstraete
Création costumes : Lara Barsacq
Réalisation costumes : Catherine Somers et les ateliers costumes du Théâtre de Liège
Régie générale : Emma Laroche-Brassié
Régie son : Benoit Pelé, Fred Miclet
Administration et production : Myriam Chekhemani (La chouette diffusion), Mélanie Jourdan
Communication et diffusion : Quentin Legrand (Rue Branly)
Production : Gilbert & Stock
Coproduction : Théâtre de Liège / Charleroi danse – Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles / Les Brigittines / December Dance (Concertgebouw Brugge & CC Brugge) / DC&J Création / Cité musicale-Metz, La Briqueterie CDCN
Résidences : Charleroi danse / Théâtre de Liège / Grand Studio (BE) / La Briqueterie CDCN / CSC – Centro per la scena contemporanea
Avec le soutien de : Fédération Wallonie-Bruxelles / Wallonie-Bruxelles International / Grand Studio / Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge / Inver Tax Shelter
Lara Barsacq est accueillie en compagnonnage au Théâtre de Liège (2024-2028) et en résidence à la Cité musicale-Metz (2024-2026).
jeudi 1 octobre 2026
Le Mur ou la Peau de Mathilde Monnier et Eve Risser: Au gré du Mur, le corps ose et la musique musarde
Cà y est, l'événement du Festival Musica (mais pas que...) est arrivé. La création de Le Mur ou la Peau de Mathilde Monnier et Eve Risser est donnée à l'Opéra National du Rhin. Nous connaissons le travail atypique des deux artistes, chacune dans son domaine: Eve Risser avait participé avec Samuel Achache à la pièce Sans Tambour de Samuel Achache en TNS en 2024 et avait présenté dans le cadre du Festival Musica en 2022 le Concerto contre Piano et Orchestre de l'Orchestre La Sourde) et Mathilde Monnier, qui n'arrête jamais d'interroger chaque mouvement et la danse en elle-même - on l'a vue au travail dans le film Vers Mathilde de Claire Denis et ses nombreuses pièces le prouvent (nous avions pu voir à Strasbourg Twin Paradox en 2013 et Black Lights récemment).
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| Le Mur ou la peau - Mathilde Monnier - Eve Risser - Photo: Agathe Poupeney |
Elle revient donc, très attendue, pour cette création avec le Ballet de l'Opéra National du Rhin Le Mur ou la Peau, créé à l'initiative d'Eve Risser et invité par Bruno Bouché à travailler avec le Ballet. Ce sont donc douze danseuses et danseurs qui se retrouvent, assis ou à genou, à l'avant-scène, en shorts noirs et maillots "Marcel" multicolores, tandis que trône derrière eux en plein milieu de la scène une grand piano à queue noir où Eve Risser commence doucement à "fabriquer du son", frappant sur le piano lui-même (sonorisé) ou sur les touches, les cordes assourdies ou transformées, les frottant aussi, pour poser un tapis de rythme. Dans une introspection superficielle, de diverses manières, les danseuses et danseurs explorent leur corps, plutôt la surface, la peau, qui des mains, des bras, des jambes, du torse, des épaules, du visage aussi, l'étalent, la massent, la triturent, l'observent, tordent leurs habits aussi, comme s'ils essayaient de passer la frontière de l'extérieur vers l'intérieur.
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| Le Mur ou la peau - Mathilde Monnier - Eve Risser - Photo: Agathe Poupeney |
Pendant ce temps, Eve Risser glisse de variantions de rythme dans des constructions sonores de plus en plus organisées. Du côté des danseurs, des frappes des mains organisent également un rythme, qui à un moment devient vague roulante de mains qui se tournent comme une marée d'un côté ou de l'autre de la scène.
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| Le Mur ou la peau - Mathilde Monnier - Eve Risser - Photo: Agathe Poupeney |
Les danseurs se lèvent et se meuvent chacun(e) à leur manière pour esquisser quelques duos improbable dans une gestuelle originale et souvent élastique ou désarticulée, toujours impressionnante et très construite esthétiquement. Une grande danseuse fait un solo en mouvements saccadés qui se transforment en une sorte de smurf urbain et élastique sur une musique dansante. Les danseurs enchainent des variations de magnifiques solos, duos ou trios en s'appropriant le mur (superbe création d'Annie Tolleter) qui barre le milieu de la scène sur toute sa largeur.
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| Le Mur ou la peau - Mathilde Monnier - Eve Risser - Photo: Agathe Poupeney |
Ses couleurs pastel grise, bleue et rose qui varient entre une toile de Rothko et les minimalistes américains, nous fait basculer d'un espace frontal à une plongée en surplomb selon les délicates variations de lumière d'Eric Wurtz. Pendant ces merveilleuses variations, le piano, poussé par Eve Risser, sur une musique percussive a traversé la scène de gauche à droite et un autre, droit, prend sa place de ce côté-là, doté d'un grosse caisse et dont les notes aigües font des bruits de crécelle.
Dans ce nouvel espace sonore, augmenté par les effets sonores d'Adrian' Bourget, des superbes solos, dont celui des cheveux balancés de Brett Fukuda nous enchantent et des duos masculins qui nous émerveillent. Le mur devient multi-usages, servant autant de support, d'outil de percussion, de soutien ou d'obstacle, sujet de projection du corps ou de protection. A noter l'effet où un danseur habillé en noir se dédouble littéralement. Autre effet de multiplication quand les danseurs, soit se multiplient en duo ou, multiplient en écho presque infini leur gestes qui se répand sur le mur. Ce mur devient aussi instrument de musique, caressé, frappé, heurté, des pieds, des poings, du corps entier qui s'y jette ou s'y écrase. Un moment de surprise quand la musique s'arrête (certains se mettent d'ailleurs à applaudir, pensant que c'est la fin du concert d'Eve Risser), et qu'après un moment de silence, la danse continue, sans tapis sonore, libre, d'autant plus présente et envoûtante, fascinante.
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| Le Mur ou la peau - Mathilde Monnier - Eve Risser - Photo: Agathe Poupeney |
Mais la musique revient, plus calme; sereine, pour un dernier feu d'artifice de danse virtuose et d'invention gestuelle, dans un ultime éblouissement, dans une suite de gestes ensorcelants, mettant en valeur les caractéristiques physiques et les aptitudes de chacun. Mathilde Monnier ayant d'ailleurs favorisé pour chacun et chacune des interprètes, via des improvisation la proposition de mouvements, bribes de chorégraphies personnelles, sur lesquelles elle s'est appuyées pour la pièce.
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| Le Mur ou la peau - Mathilde Monnier - Eve Risser - Photo: Agathe Poupeney |
Et les douze danseuses et danseurs, volontaires pour ce projet, s'en sortent admirablement. Au point que, lorsque c'est vraiment la fin, on a envie de dire "Encore !" pour ce spectacle enthousiasmant et entraînant. Une vraie réussite, une belle collaboration inventive entre musique et danse et une interprétation exceptionnelle de ces douze danseuses et danseurs toutes et tous uniques: Brett Fukuda, Julia Juliard, Zazie Schmidlin, Emmy Stoeri, Orania Varvaris, Lara Wolters, Jasper Arran, Marc Comellas, Marin Delavaud et Jérémie Neveu en alternance, Erwan Jeammot, Pierre-Emile Lemieux-Vienne et Miguel Lopez. Une belle et valeureuse équipe pour un spectacle impeccable.
La Fleur du Dimanche
Strasbourg - Opéra du Rhin - du 1er (création) au 4 octobre 2026
avec le soutien de Fidelio présenté avec l'Opéra national du Rhin et Jazzdor
Mulhouse - La Filature - le 5 et 6 novembre 2026
Metz - Cité Musicale Metz - 15 octobre 2026t
Mathilde Monnier
Composition originale et pianos
Ève Risser
Scénographie
Annie Tolleter
Lumières
Eric Wurtz
Son, effets
Adrian' Bourget
mercredi 16 septembre 2026
Pour la rentrée, avec Yvann Alexandre, un vent d'Ouest souffle sur Pôle Sud
Avec discrétion et générosité, Joëlle Smajda qui a piloté pendant de nombreuses années la destinée de Pôle Sud offre comme cadeau de départ à Yvann Alexandre une saison 2026/2027 complice. Elle qui avait, au départ dans cette MJC de quartier sous la houlette d'Alain Py, développé l'activité et la création autour de la Danse, avec comme résultat d'y amener un public nombreux, et d'offrir à Pôle Sud le statut de Centre de Développement Chorégraphique National, elle y a développé les résidences et les créations avec de nombreux-euses chorégraphes (certain(e)s ont maintenant une résonnance internationale). Elle a aussi ouvert les collaborations, autant avec le Ballet de l'Opéra National du Rhin que le Maillon, partenaire de diffusion et d'accueil. Et elle a œuvré à la mise en réseau et la collaboration de structures dans le Grand Est, en France, dans les pays limitrophes et à l'international (en particulier avec l'Afrique).
Ce paysage a tout pour plaire à Yvann Alexandre qui, lui aussi, tient à la coopération, à la transmission, à la formation, à la création - avec cette réflexion et la volonté d'ancrer son travail dans la proximité et en même temps de pouvoir essaimer, de partager et de coopérer. Pour prendre en main la destinée de ce lieu qu'il ne connaissait pas, il est venu modeste et bienveillant, volontaire, abandonnant ses responsabilités antérieures, concluant le destinée de sa compagnie de danse par un ultime spectacle, N-éon, quittant la direction artistique du Théâtre Francine Vasse à Nantes et abandonnant la vice-présidence Musique et Danse à la SACD.
Le lancement de saison, lors de deux soirées conviviales le 15 et 16 septembre sont l'occasion pour lui et le public de faire connaissance. Autant dans la présentations de ses idées, de ses orientations, de son mode de fonctionnement (que l'on découvre, bienveillant et incluant), de sa lecture du programme (copieux et attractif) de l'année à venir, sous la forme dynamique d'un montage vidéo représentatif des spectacles à venir, que l'on regarde en feuilletant le superbe programme de saison avec les dates, les descriptifs et génériques, ainsi que deux "entremets dansés" et un échange convivial pour clore la soirée.
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| Violent Delights - Andréa Givanovitch - Luisa Heilbron - Photo: Antoine Raboud |
La soirée commence par Violent Delights, le duo d'Andréa Givanovitch et Luisa Heilbron, dansé par Andréa Givanovitch et Clara Lou Munié. Ce court et dense duo, qui commence par une concentration intense et immobile, alterne des moments de tension et de gestes rapides et maîtrisés, d'abord au niveau de la tête et des bras des protagonistes, dans des enchainements impressionnants, suivis de moments d'abandon puis, après une nouvelle séquence d'immobilité, par leur diffusion dans tout le corps. Un concentré d'énergie traverse le couple, noué, entrelacé, qui, de temps en temps, balaye l'espace comme pour y semer ce trop plein de force et de sentiments antagonistes. Puis arrive une accalmie restauratrice. La musique, pulsatile et percussive se mue en ralentissant en vagues ondulantes, faisant émerger sur le plateau en plein air des surgissements de danse de salon avant un ultime portrait figé.
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| Violent Delights - Andréa Givanovitch - Luisa Heilbron - Photo: Antoine Raboud |
Comme un clin d'oeil, cette danse espérée, attendue va resurgir dans une forme à la fois ancienne en noir et blanc et moderne sous la forme d'une Polka Chinata dans le spectacle d'Alessandro Scianroni Save the last dance for me. Ce dernier nous offrant un deuxième spectacle U. (Un Canto) qui devrait enchanter nos yeux et nos oreilles. Je ne vais pas vous détailler les 34 spectacles qui vont ponctuer l'année, que ce soient ceux de l'artiste associé depuis 3 ans Sylvain Riéjou qui en présente deux, le premier, une transmission de rôle d'un "classique" et une semi(?)-création ou de la création du troisième volet Mue,... et mues, (é)mues, le trio de la chorégraphe japonaise Akiko Hasegawa dont nous avons déjà pu voir les deux premiers volets ici même. Rappeler juste que nous verrons des chorégraphes déjà venu(e)s précédemment, dont, entre autres, Lara Barsacq, Frank Micheletti, Silvia Gribaudi, Solène Wachter, Sarah Cernaux, Marco D'Agostin et Vidal Bini et le retour attendu de Christian Rizzo. Tout comme celui de Bruno Bouché, le directeur du Ballet de l'Opéra National du Rhin comme danseur dans une pièce écrite avec Romain Gneouchev.
Rappeler aussi le Festival l'Année commence (bien!) avec Elles du 14 au 24 janvier où les femmes, dont Catarina Barbosa, Katerina Andreou, Zoé Lakhnati (This is la Mort, vue à Montpellier Danse) et d'autres, vont nous emporter dans une belle dynamique de création. Noter aussi, encore plus dense, les happy days :) du 17 et 18 novembre, où la création européenne va éclater sur la plateforme (Grand Luxe). Se rendre compte qu'il y aura des compagnies de dix pays, dont les deux grecs Efthimios Moschopoulos, et Christos Papadopoulos qui arrive (enfin) à Strasbourg avec un nouveau spectacle (voir mes billets sur Ion et Elvedon).
Ce dernier sera spectacle accueilli au Maillon, Pôle Sud qui prévoit des travaux énergétiques et d'accessibilité trouvera des point de chute ici et là à Strasbourg (au TJP par exemple ou à l'Opéra). Auparavant, il y aura toujours les "accueils studio" avec, entre autres Marie Cambois, Léo Gras ou Katerina Andreou qui sera la prochaine "Artiste Associée" à partir de la rentrée.
Ce programme qu'Yvann Alexandre intégré totalement dans sa démarche d'ouverture et de tissage de liens et d'hospitalité semble prometteur et la soirée nous offre une courte pièce de son choix, Un spectacle que la loi considérera mien conçu et interprété par Olga Dukhovna avec le soutien éclairé de Pauline Léger. Olga Dukhovna née en Ukraine et passée par P.A.R.T.S. chez Anne Teresa De Keersmaeker, et ayant également dansé avec Boris Charmatz nous avait déjà montré à Strasbourg Swan Lake, un solo qu'elle avait créé pendant le confinement. Ici, le spectacle créé au Festival d'Avignon à l'invitation d'Yvann Alexandre pour la petite forme de la SACD - Vive le sujet ! Tentatives, interroge l'acte de créer à partir d'une impossibilité de citer ses références (protégées par le Droit d'Auteur - un sujet très sérieux, de plus en plus aujourd'hui avec l'IA).
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| Un spectacle que la loi considérera mien - Olga Dukhovna - Pauline Léger Photo: Guy Raynaud De Lage |
De cette contrainte, avec le regard complice de la juriste, Pauline Léger, Olga Dukhovna va, avec brio et humour, nous faire découvrir, entre autres une pièce historique d'Yvonne Rainer, encore protégée. Elle nous convainc à la fois de son talent d'interprète, mais aussi de ses capacités d'invention, d'analyse et de critique pour contourner les obstacles qui peuvent freiner la création.
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| Un spectacle que la loi considérera mien - Olga Dukhovna - Photo: Guy Raynaud De Lage |
Une leçon à la fois intelligente et virtuose de danse qui sait sur quoi elle s'appuie et nous ouvre par là, et l'histoire de la danse et les règles que l'on pourrait croire obscures, du droit tout en nous proposant un spectacle enjoué et virtuose.
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| Un spectacle que la loi considérera mien - Olga Dukhovna - Photo: Guy Raynaud De Lage |
Avec une fenêtre ouverte également sur le monde du spectacle et de la variété. Un spectacle qui nous rend intelligent, et attentif.
La soirée s'achève autour d'un verre avec les échanges sur ce que l'on a vu et ce qui nous attend, et une préfiguration que chacun peut faire d'un programme pour l'année, qui s'annonce riche et passionnant. Et l'on dit Bienvenue et Bonne chance au nouveau directeur.
La Fleur du Dimanche
samedi 27 juin 2026
Ballets Russes à l'Opéra National du Rhin: Un siècle après, Nijinski revient... Toujours aussi décoiffant
Pour clore la saison, le Ballet de l'Opéra National du Rhin nous propose sous l’intitulé Ballets Russes trois pièces emblématiques du répertoire de la danse contemporaine qui chacune a marqué une révolution au début du XXème siècle. Ce sont Le Sacre du Printemps, L'après-midi d'un Faune et le Boléro de Ravel. Ces trois pièces qui avaient été créées à l'origine par Valslav Nijinski - et par sa sœur Bronislava Nijinska pour le Boléro - entre 1912 et 1928.
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| Ballets Russes - Hunt - Tero Saarinen - Photo: Agathe Poupeney |
La soirée débute par la pièce Hunt que le chorégraphe Tero Saarinen a créée en 2002 sur la musique de la Danse Sacrale du Sacre du Printemps de Stravinski, une pièce commandée par la Biennale de Venise. Elle est dansée par Suzie Buisson (en alternance avec Lara Wolter). Pour commencer, la danseuse est en fond de scène, de dos sous une douche de lumière. En contre-jour, elle danse au rythme de la musique dans un espace qui s'ouvre au fur et à mesure avec les projecteurs qui encerclent la scène. La musique de Stravinsky démarre doucement dans une ambiance bucolique puis dans une danse plus nerveuse suivie de grands éclats de trompettes et des staccatos de violons. La danseuse avance au fur et à mesure sur la scène où elle est maintenant éclairée par l'arc de cercle des projecteurs. Vêtue d'une simple robe en tissu, elle va être transformée par un écran qui descend des cintres sur lequel est projetée une danse circulaire vue en plongée.
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| Ballets Russes - Hunt - Tero Saarinen - Photo: Agathe Poupeney |
Cet écran devient une partie de sa robe à volants, ces volants qui vont virevolter autour d'elle. Tout en continuant de danser cette robe devient la surface de projection d'une vidéo en puzzle à la Nam June Paik, avec de superbes images crées par Marita Liulia qui se marient avec bonheur aux lumières de Mikki Kuntu. Elles animent et font vibrer le plateau par séries de flashes vibrants. L’interprète incarne magnifiquement les différentes danses et occupe maintenant l’espace du plateau et la vidéo fait d’elle un corps "augmenté", avec son visage qui en contient une multitude d’autres et toute la surface de sa robe, et même plus, qui ouvre à d’autres images et une multitude d'espace. Et la pièce se conclut pour son sacrifice par un magnifique "saut de l’ange".
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| Ballets Russes - L'après-midi d'un faune - Photo: Agathe Poupeney |
Pour L’Après-midi d’un faune (2012), de Claude Debussy, la chorégraphe Dominique Brun s’est appuyée sur des documents d’époque: photos, films et notes et documents de Nijinski, sur sa chorégraphie, en particulier avec la notation Laban, pour restituer au plus près cette création historique qui a révolutionné la danse au début du siècle dernier, rompant avec la tradition classique. La musique est interprétée au piano à quatre mains par Sandrine le Grand et Jérôme Granjon. Julia Weiss et Erwan Jeammot ou Jesse Lyon ou Afonso Nunes, interprètent le faune et la nymphe, dans de magnifiques costumes de Sylvie Skinazi.
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| Ballets Russes - L'après-midi d'un faune - Photo: Agathe Poupeney |
La danse, première chorégraphie de Nijinski, est très symbolique. Les mouvements et les pauses font penser à des figures de vase grecs ou de bas-relief égyptiens. Ils sont presque expressionnistes et ne manquent pas d'humour, comme dans un comique décalé. La danse et le décor sont réduits au minimum. Le rocher, une estrade avec un escalier, et de nymphes, il n'y en a qu'une qui jette ses voiles et les abandonne au désir du faune. On se croirait revenu à l'époque de Diaghilev et de Nijinsky. En tout cas, que ce soit le mouvement ou les pauses, les ralentis, l'immobilité, surprenante pour l'époque, des danseurs, nous sommes subjugués par leur qualité d'interprétation.
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| Ballets Russes - Le Bolero - François Chaignaud - Photo: Agathe Poupeney |
Le summum est atteint par la version au piano à quatre mains du Boléro de Ravel chorégraphiée par Dominique Brun et François Chaignaud. Cette version va à l'essentiel et François Chaignaud, dans sa robe magnifique en tulle coloré - comme un truc en plumes multicolores, créée par Romain Brau - nous montre ici le sommet de son art de la danse et sa qualité d'interpétation.
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| Ballets Russes - Le Bolero - François Chaignaud - Photo: Agathe Poupeney |
Ses variations, changements de rythme et de style, ses pas de flamenco, son énergie habitée, son art d’occuper l’espace par sa simple présence. Ici nul besoin de meubler avec la présence de tous les danseurs qui pourraient entourer le soliste, sa présence sur ce praticable de fortune ouvre l’imaginaire et l’on se met à repenser à La Argentina vue par Kazuo Ono.
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| Ballets Russes - Le Bolero - François Chaignaud - Photo: Agathe Poupeney |
Et la magnifique interprétation des deux pianiste contribue pleinement à faire de cette pièce un succès. et de la soirée un événement unique. Mémorable
La Fleur du Dimanche
Duo.
Conception, recréation chorégraphique
Dominique Brun
Chorégraphie, notation
Vaslav Nijinski
Traduction en système Laban
Ann Hutchinson Guest, Claudia Jeschke
Musique
Claude Debussy
Poème
Stéphane Mallarmé
Costumes
Sylvie Skinazi
Décors
Léon Bakst
Ballet de l'Opéra national du Rhin
Piano
Jérôme Granjon, Sandrine Le Grand
Solo.
Chorégraphie
Dominique Brun, François Chaignaud
Interprétation
François Chaignaud
Musique
Maurice Ravel
Piano
Jérôme Granjon, Sandrine Le Grand
Costumes
Romain Brau
Scénographie
Odile Blanchard
Association Les porteurs d'ombre
Solo
Chorégraphie
Tero Saarinen
Musique
Igor Stravinski
Costumes
Erika Turunen
Décor, lumières
Mikki Kunttu
Multimedia
Marita Liulia
Photographie en projections
Mikki Kunttu
Directeur des répétitions
Henrikki Heikkilä
Ballet de l'Opéra national du Rhin












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