vendredi 26 juin 2026

Au Festival Montpellier Danse, Armin Hokmi avec Bazm (Répertoire): De petits pas pour un grand saut dans le répertoire de la danse contemporaine

 Armin Hokmi est un enfant de Montpellier pourrait-on dire. Au moins en tant que danseur et chorégraphe. Cet artiste iranien, passé par la Norvège et installé à Berlin a créé au Festival Montpellier Danse en 2024 Shiraz (vu à Pôle Sud en mars 2026), la pièce hommage au Festival de Shiraz en Iran qui l'a fait connaître dans le Mode entier. Il avait aussi créé au Festival l'année dernière Of the heart - An Etude qui annonçait déjà cette pièce qu'il crée ici, Bazm (Répertoire). C'était le premier pas dans cette volonté de constituer un répertoire imaginaire, en tout cas très personnel et sensible, un répertoire de pièces de ballet censées faire date. Mais Armin Hokmi, sous son apparence affable est quelqu'un de très malin et malicieux, au point de faire croire que le mot Bazm du titre pourrait signifier (répertoire) - ou son contraire - alors que c'est plutôt la fête, le banquet. Et il adore nous perdre, parce que Bazm n'est ni une fête, ni une pièce de répertoire - enfin pas encore, elle risque pourtant de le devenir, tout comme Shiraz en prend le chemin.


Armin Hokmi - Bazm (Répertoire) - Photo: Vahid Amanpour


Son langage est original et autant pour Of the heart - An Etude il y avait une sorte d'accumulation du mouvement, pour cette nouvelle création il y a aussi une sorte d'accumulation, mais c'est plutôt dans une épure de gestes, de mouvements, et de déplacements. Il y a bien sûr répétition, toujours presque dans l'ordre de l'hypnotique, mais les gestes sont réduits au minimum. Au départ d'ailleurs, les danseurs sont tout d'abord deux, et puis un ou deux supplémentation. Ils apparaissent sur scène, de dos (comme si leur visage ou leur expression pouvait perturber la lecture plutôt distanciée de la danse) et puis repartent, portant leurs mains fortement collées à la hanche, une sorte d'ancrage, de levier. 


Armin Hokmi - Bazm (Répertoire) - Photo: Vahid Amanpour


Les quelques mouvements subtils et sporadiques se limitent à un haussement d'épaule ou à un déplacement léger de rotation grâce au déplacement d'un pied. Cette épure nous fait rentrer dans une contemplation pleine d'attention dans laquelle nous allons découvrir de subtils changements pour chaque interprète. Les bras collés changent-ils de côté ? Comment est-ce que les danseurs avancent, tournent, reculent, partent, reviennent, pivotent ? Comment et avec qui se retrouvent-ils en écho, en symbiose ou en décalage ? 


Armin Hokmi - Bazm (Répertoire) - Photo: Vahid Amanpour


Au fur et à mesure, le nombre d'interprètes augmente sur le plateau qui se retrouve plus ou moins occupé - ou quelquefois déserté. Ce qui est intéressant aussi, c'est leur positionnement dans l'espace, formant des figures variable jusqu'à neuf interprètes, dans des groupes où chacun(e) prend une place par rapport à l'autre, à côté , en opposition, perpendiculaire, devant ou derrière et que ces figures n'arrêtent pas de changer. Ce sont au total neuf danseuses et danseur, presqu'identiques mais quand même particuliers, avec des costumes originaux, une belle conception de Moriah Azkenaizer qui les individualise avec des bandes de couleur variées sur des survêtement colorés, ce qui amène une dimension de mouvement dynamique supplémentaire. 


Armin Hokmi - Bazm (Répertoire) - Photo: Vahid Amanpour


Le plus intéressant est d'essayer de fixer cette géométrie variable, de déceler le moments d'échos et les relations dans le groupe, relations qui changent continuellement en se construisant les uns sur les autres. La musique créée par l'artiste pluridisciplinaire Helen Island qui compose sur son ordinateur des airs et des vagues qui convoque autant le piano ou la guitare (acoustique) que des staccatos de violons, contribue à installer cette atmosphère globale dans laquelle nous flottons presque. Les éclairages de Vito Walter qui se muent en atmosphères mielleuses participent à notre immersion en quelque sorte dans cet événement, une sorte d'art total. Et ce n'est pas sans surprise, mais très naturellement que, sur une chanson plaisante, quand tous et toutes ont quitté la scène, et que notre esprit est encore en train de divaguer, que nous réalisons que la pièce est terminée. C'est à la fois sans regret mais pleinement satisfait de ce voyage un peu spécial auquel nous avons participé que nous nous rendons compte que nous avons vécu quelque chose d'exceptionnel et d'inhabituel. Une sorte de rupture dans la représentation de la danse. Une danse presque minimale mais qui fait plein effet. Une petite révolution. Et nous souhaitons à Armin Hokmi de continuer sur ce chemin plein d'avenir et de potentialités.


La Fleur du Dimanche


Bazm (Répertoire)


Montpellier - 26 et 27 juin 2026

Concept, chorégraphie et direction artistique : Armin Hokmi
Danse et interprétation : : Louise Dahl, Even Eileraas,, Tasha Hess-Neustadt, Aline Lebrun, Gyeongjin Lee, Ángel Martinez Hernández, Adam Russell-Jones, Leonie Türke, Eline Chao Vaaje, Emmi Venna
Musique : Helen Island, CARYO
Scénographie et conception lumière : Felipe Osorio Guzmán
Création lumière : Vito Walter
Directeur des répétitions : Ángel Martinez Hernández
Costumes : Moriah Askenaizer
Réalisation des costumes : L’atelier Bas et Hauts, Paris
Régisseur son : Fabien Minez
Conseil artistique : Jonas Maria Droste, Julie Guibert , Cecilio Orozco
Production : Armin Hokmi Kiasaraei
Coordination de production : Ashley Molco Castelló
Remerciements à Naomi Perlov et Frédéric Granger
Coproductions : Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie dans le cadre du Festival Montpellier Danse 2026 et du dispositif « Artiste associé » du Ministère de la Culture, CNDC Angers, CCN-Ballet national de Marseille dans le cadre de l’accueil studio / Ministère de la Culture, Théâtre de la Ville Paris, Charleroi Danse, Radialsystem Berlin, Rosendal International Theatre, Dansens Hus Oslo, BIT Teatergarasjen Bergen, euro-scene Leipzig, Norrlandsoperan Umeå | Soutiens : Hauptstadtkulturfonds Berlin, Fonds franco-allemand Transfabrik, Nordic Culture Fund, FFUK, Arts Council Norway | Avec le soutien du programme de résidence de PACT Zollverein (Essen), financé par le Ministère de la Culture et des Sciences du Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, la Friche la Belle de Mai (Marseille) avec le soutien de la SCIC FBDM, et du programme de résidence O Espaço do Tempo et FELD/LAB, une initiative soutenue par le Goethe-Institut au Portugal.
Remerciements à Frédéric Granger du CCN-BNM, Denis Boudemagh – STRADA

 

Twama Paradise de et avec Héla Fattoumi à Montpellier Danse: Sur un air de souvenir on se fait le cinéma Paradise

 La dernière création de Héla Fattoumi Twama Paradise balance, entre elle et son jumeau-gémeau de l'autre côté de la Méditerranée, la danseuse et actrice Sondos Bekhassem. Entre la chanson et la danse, entre la danse et la pantomime, entre la France et la Tunisie, entre le constat et le souvenir, entre l'engagement et le plaisir. Le plaisir de danser, à nouveau, le plaisir de se confronter avec son alter ego de longue date, depuis longtemps croisée, fréquentée, considérée, approchée, affectionnée, pour finalement concrétiser une rencontre sur le plateau, un dialogue, une connexion, une complicité, autant dans la danse que dans les souvenirs, les pensées et les opinions.


Twama Paradise - Héla Fattoumi - Sondos Belhassen - Photo: Laurent Philippe


Cela commence plutôt sur le mode nostalgique, avec des chansons alternant la langue arabe et le français, sur une musique douce et nostalgique, pour laquelle les deux danseuses chanteuses alternent leur voix et tournent dos à dos, mêlant leurs cheveux et fusionnant leur visage dans la pénombre, puis, explorant l'espace, cherchant leur place respective pour un dialogue constructif qu'elles bâtissent en interrogation mutuelle puis en une sorte de pantomime dans laquelle elles questionnent les attitudes et interactions, que ce soit dans la vie quotidienne ou dans les relations sociales, révélant le statut de la femme, et plus particulièrement de la femme dans une société qui reste celle plombée par la vision masculine et par le fracture de l'âge. 


Twama Paradise - Héla Fattoumi - Sondos Belhassen - Photo: Laurent Philippe


En particulier, et c'est le point nodal du spectacle, la femme de plus de cinquante ans qui, ces derniers temps ose se présenter sur scène. Les deux danseuses sont au coeur brûlant de ces réflexions et les passent en revue, les dévoilant sans trop remettre le fer au feu, proposant plutôt une suite de situations, de constatations qu'une prise à bras-le-corps ou une remise en cause de la situation, même si l'on imagine que de l'autre côté de la Méditerranée cela risque de faire quelques vagues. Elle auront au moins pointé du doigt des attitudes et des situations que l'on a pas l'habitude de voir sur la plateau, et cela en réalisant un vieux rêve de presque plus de trente ans, danser ensemble, de s'inventer la soeur qu'on n'a pas eue. Il faut toujours répondre à ses rêve, surtout s'il peuvent (se) faire plaisir. Et au final, faire passer de la douceur et de la sororité plutôt que de la tension, ça fait du bien, même si ça passe...


La Fleur du Dimanche


Twama Paradise


Montpellier - 26 - 27 - 28 juin 2026


Conception et chorégraphie : Héla Fattoumi
Interprétation : Sondos Belhassen et Héla Fattoumi
Costumes et scénographie : Gwendoline Bouget
Conception musicale et accompagnement : Éric Lamoureux
Sons utilisés : Ons (Aïchoucha) de Khalil EPI, The Key to the exit de Deena Abdelwahed, Les Jumelles d’Heykel Fattoumi
Création lumière : Manon Bongeot
Direction technique et vidéo : Thierry Meyer
Régie son : Valentin Maugain
Documentation : Mariem Guellouz et Pauline Boivineau
Préparation vocale : Bettina Prigent
Production : Alice Péquignot
Production : VIADANSE Centre chorégraphique national de Bourgogne-Franche-Comté à Belfort |
Coproduction : Agora Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie,
Institut français, Saison Méditerranée, Le Carreau du Temple – Paris, Théâtre national tunisien

This is la mort de Zoé Lakhnati au Festival Montpellier Danse: Quatre petits tours et tu meurs .... de chaud

 Cette semaine de fin juin 2026 restera dans les annales du Festival Montpellier Danse, sinon dans la mémoire collective des Français, plus particulièrement comme la semaine des records de chaleur (la première d'une série ?) conséquence au réchauffement climatique (il n'y a presque que ceux qui en sont resté au petit optimum climatique médiéval pour affirmer le contraire). 

Elle restera également sûrement dans la mémoire de Zoé Lakhnati qui nous a offert son This is la mort dans les jardins de l'Hôtel de la Grave, où se trouve la DRAC à Montpellier. Et heureusement que ce jardin est pourvu d'un joli bassin avec son jet d'eau et d'un grand escalier qui lui fait face pour permettre aux heureux spectateurs d'assister à l'ombre des arbres à un spectacle qui zappe entre le glitch et le kitsch et ne manque pas d'humour ni d'impertinence.


Zoe Lakhnati - This is la Mort - Photo: Laurent Philippe


Se basant sur des icones remises au goût du jour, ces héros de rêve dans leurs mythes adaptés au monde contemporain, elle assure - ou achève - en quatre actes au rythme enlevé et avec une ironie sarcastique et drolatique les errements des héros éternels qui nous parlent à tous. Ce n'est sûrement pas un hasard si le premier est un chevalier surgi du Moyen-Age, plus Monty Python ou Stan Laurel que Don Quichotte, qui se promène le nez (de son casque) en l'air, humant ce dernier et explorant le jardin, se cognant dans les arbres et les rochers, prenant la pose et batifolant avec le jet d'eau pour, au final se retrouver dans un strip-tease involontaire, son armure se délitant lamentablement et la carapace dévoilant un nouveau héros, sorte de Monsieur Muscle, pas plus futé que le Chevalier de la Triste Figure, mais tout aussi souriant et naïvement charmeur dont la chute finale ne peut que se faire dans le bassin. 


Zoe Lakhnati - This is la Mort - Photo Duy-Laurent Tran


Le nouvelle chrysalide dévoile une Star au gilet d'étoiles étincelantes, clone de Michaël Jackson plus vrai que nature, que Zoé Lakhnati imite à merveille, ce qui ne l'empêche pas de mal finir, comme on le devine. Et le dernier acte sera le plus zappé, nerveux, passant en revue une accumulation d'images et de poses iconiques des héros du film noir, où le personnage chaussé de lunettes noires, traqué et terrorisé tente de tenir tête à ses poursuivants mais finit quand même sa destinée, devinez où ?


Zoe Lakhnati - This is la Mort - Photo Duy-Laurent Tran


Cette récréation rafraîchissante que nous offre Zoé Lakhnati, à la fois réflexion sur le statut des héros et leur destinée tragique, qui nous fascinent également,  ainsi que l'énorme accumulations d'images qu'elle assemble en les animant d'une belle énergie, lorgne plus du côté de la performance que de la danse, dont on devine ici et là derrière les clins d'oeils qu'elle nous jette avec impertinence et une totale complicité, toute la maîtrise qui prouve la qualité de son parcours. Nous attendons la suite de la série.... Le tome II.


La Fleur du Dimanche


This is la mort


Montpellier - du 21 au 28 juin 2026

Chorégraphie et interprétation : Zoé Lakhnati
Musique : Macarena Bielski López
Dramaturgie : Antoine Dupuy Larbre
Création costume : Constance Tabourga
Création lumière : Alice Panziera
Assistanat chorégraphique : Philomène Jander
Regard extérieur : Eleni Roberts
Avec les voix de Céleste Brunnquell et Suzanne de Baecque
Production et diffusion : Anouk Dupont-Seignour
Production : Studio Crash

Coproduction : Charleroi Danse, Les Halles de Schaerbeek, La Halle Tropisme / programme IMMERSION, Compagnie MM, Ménagerie de Verre, AtelierSi (dans le cadre du Nouveau Grand Tour en Italie avec l’Institut français), Réseau Danse Occitanie (au titre de l’aide à la production / création), La Maison Danse CDCN Uzès Gard Occitanie
Résidence dans le cadre de l’accueil-studio, dispositif soutenu par le ministère de la Culture / DRAC Occitanie
Soutiens : DRAC Occitanie (aide à la création), BUDAkunstcentrum, La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne (résidence en simple prêt), La Ménagerie de Verre (dispositif Studio Lab), De l’Impertinence – Laboratoire artistique et culturel
Remerciements : P.A.R.T.S – Génération XIII, Gaïa Debuchy, Dora Pentchev, Émilie Dezeuze, David Le Borgne
Artiste associée à la Ménagerie de Verre (2024–2026), Zoé Lakhnati est lauréate 2024 du Fonds régional pour les talents émergents (FoRTE), financé par la région Île-de-France.


jeudi 25 juin 2026

Vision d'Eric Minh Cuong Castaing au Festival Montpellier Danse: l'expérience de la rencontre, des recontres

 Par opposition au titre, la feuille de salle du spectacle Vision insiste sur le verbe écouter - auscultare. Et cette sorte de chiasme est assez représentative de ce qui nous attend pour cette "pièce" si l'on ose l'appeler ainsi, d'Eric Minh Cuong Castaing, artiste associé au Festival Montpellier Danse, et son équipe, Aloun Marchal, chorégraphe, performeur et Marine Relinger, cinéaste et dramaturge. De ce trio nous avions pu voir l'année dernière Forme(s) de vie qui grâce un film et une expérience très concrète en immersion nous faisait prendre conscience de la situation de personnes diminuées physiquement dans une démarche très concrète et sensible.  

Pour Vision, curieusement, l'oreille étant le remplaçant, bien pauvre, de l'oeil s'il vient à défaillir - bien que, pour une personne qui a encore la capacité de voir, il est très difficile de se l'imaginer ou de simuler le fait de ne pas voir (même en fermant les yeux - je ne sais pas si vous avez déjà tenté l'expérience), le challenge que s'est fixé l'équipe de production avec les quatre interprètes est presque un pari perdu d'avance. Ne maîtrisant pas la perception (ou l'essai de faire abstraction du sens de la vision pour être en situation transposée , sinon au moins en empathie avec les "performeurs" et "performeuses" nous ne pouvons qu'écouter nos sensations et imaginer leur situation et leur environnement sensible.


Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker


Suivant les consignes qu'ils nous transmettent, nous essayons tant bien que mal de réduire notre utilisation de la vision et d'imaginer un monde sonore sur lequel on nous fait des "gros plans sonores" (agrémenté d'anecdotes sur l'acoustique) ainsi que de plongées dans un univers de présences physiques dont nous nous interrogeons sur les limites plus ou moins contraintes: Pour ces quatre interprètes, quel est leur degré de capacité à voir et à être à l'aise avec l'espace? N'ayant qu'une information parcellaire - les spectateurs répartis dans quatre groupes n'auront qu'une "vue" partielle de cela, par exemple ceux qui sont dans le groupe de La Flâme connaitront son appétence pour la musique, surtout "métal" et les portes qui grincent (non pas pour Pierre Henri et ses Variations pour une porte et un soupir) et nous imaginons Nathalie Millon est plutôt dans le domaine du chant. Emmanuel Coutris est très très sensible à tout ce qu'il ne voit pas et il est capable de l'imaginer et de le décrire (son choix de la personne qu'il décrit à un moment, dont on imagine qu'il la choisit vraiment par hasard est assez bluffant), de même la précédente intervention sur le "point acoustique" et la "confession des lépreux" tient du miracle. Et bien sûr, si on ne connait pas Saïd Gharbi, sa perception et son occupation de l'espace est totalement extraordinaire. 


Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker


Tous ces épisodes, faussaient un peu la vision globale de ce sujet de réflexion et nous emmenaient plutôt vers un mirage brouillé un peu superficiel. Et la tentative d'auscultation des vibration de la clavicule du voisin ou de la voisine sous l'effet du chant était peut-être la porte d'entrée la plus proche pour creuser et en même temps nous rendre attentif à nous-même et à notre relations à l'autre, en terme à la fois d'intimité et de consentement - question que l'on a pu expérimenter en direct dans le feu de l'action (que suis-je en train de faire ?). 


Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker


Et pour s'examiner un peu plus attentivement et procéder à un examen de conscience, s'analyser vis-à-vis de la vision, il y a encore des champs de la vision à ausculter. La pièce appelle un examen plus approfondi.


La Fleur du Dimanche



Montpellier - 25 et 26 juin 2026 

Conception : Eric Minh Cuong Castaing, Aloun Marchal, Marine Relinger
Performeureuses : Emmanuel Coutris, Saïd Gharbi, Nathalie Milon, La Flâme
Chorégraphie : Eric Minh Cuong Castaing, Aloun Marchal
Dramaturgie : Marine Relinger
Création lumière : Sébastien Lefevre
Scénographie : Pia de Compiègne
Costume : Silvia Romanelli
Artiste sonore invitée : Anna Holveck
Accompagnant d’artistes : Théo Di Fusco
Costumes avec le regard des performeureuses : Silvia Romanelli

Une production Shōnen – Eric Minh Cuong Castaing
Directrice des productions et administration : Maxime Kottmann
Chargée de production : Carla Alberny
Chargée de communication et assistante de production : Dana Galindo
Durée : 1h

Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’accueil en résidence à l’Agora

mercredi 24 juin 2026

In the Brain de Schechter II à Montpellier Danse: un éblouissement de danse organique et physique

Hofesh Shechter qui avait intégré la Batsheva Dance Company dirigé par Ohad Naharin à 18 ans est parti à Londres où il a fondé en 2008 sa compagnie à the Place. Et il est maintenant co-directeur de l’Agora, Cité Internationale de la Danse, fusion du festival Montpellier Danse et du Centre chorégraphique national Montpellier Occitanie en commun avec Jann Gallois, Dominique Hervieu et Pierre Martinez. Avec sa nouvelle troupe de jeunes danseurs (entre18 et 25 ans) renouvelée, qui bénéficient d'un encadrement professionnel, il a créé à Berne en mars 2026 In the Brain, à partir de la courte pièce The Cave, accueilli en avril au Théâtre de la Ville. 


Hofesh Shechter - In the Brain - Photo: Todd MacDonald


Dans une grande tournée internationale, elle fait étape trois jours dans l'amphithéâtre du Domaine d'O, en plein air. Comme à son habitude, c'est aussi Hofesh Shechter, avec Âme qui signe la musique, mélange de rythmes percussif est de compositions dynamiques avec de subits changements de rythmes qui permettent aux jeunes interprètes de démontrer toute leur agilité et leur virtuosité. 


Hofesh Shechter - In the Brain - Photo: Todd MacDonald

Après un début tout en ondulations aquatiques (et une composition à l'avenant avec des vagues et des bulles sonores) les danseurs tout en mouvements enroulants, de vigoureuses figures d'ensembles variées, alternent avec quelques solos, dont ceux d'Armand Lassus, le seul Français de l'équipe, dans son costume bleu avec la souplesse de ses longs membres désarticulés. Le reste de la troupe n'est pas en reste et l'on imagine la qualité de ces huit danseurs pour avoir été choisis parmi 1.500 postulants. Surtout qu'ils occupent la scène sans interruption pendant presqu'une heure à enchainer différentes variations entre musique presque folklorique, ethnique, chtonienne, en ligne ou en rond, en fusion ou en éclats, dans des célébrations cérémonieuse ou des fêtes plus modernes du genre Rave, en transes, battles ou en cercle, ou des fêtes percussives, avec même un grand écart osé. 


Hofesh Shechter - In the Brain - Photo: Todd MacDonald


Les lumières de Tom Viser, révèlent les corps au fur et à mesure, les arrosant de douches dynamiques pour les accompagner dans une montée en puissance qui magnifie les superbes costumes d'Osnat Kelner qui gagnent en couleur tout au long de la pièce. On sort de ce cérémonial rituel à la fois ébloui et presque fourbu, en tout cas avec plein d'étoiles dans les yeux et du rythme qui continue de nous soulever. 


La Fleur du Dimanche


In the Brain


Montpellier - 24 et 25 juin 2026


Chorégraphie et musique : Hofesh Shechter
Lumière : Tom Visser
Costume : Osnat Kelner
Interprété par Shechter II
Danseurs et danseuses : Matilde Agostinone, Teige Bisnought, Nagga Baldina, Federica Fantuzi, Woojin Kwon, Armand Lassus, Skiye Nataliah, Ella Roberts
Collaborateur son : Frédéric Despierre
Musique supplémentaire : CAVE par Hofesh Shechter et Âme (Kristian Beyer & Frank Wiedemann) Sous licence accordée en accord avec INNERVISIONS.
Commande : Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie

Coproduction : Migros Culture Percentage Dance Festival Steps, Château Rouge, scène conventionnée Annemasse, Espace 1789, scène conventionnée danse – Saint-Ouen, Scène nationale de Bourg-en-Bresse, Düsseldorf Festival!, avec le soutien en production du Théâtre de la Ville Paris.
IN THE BRAIN est basé sur CAVE, une œuvre originale produite par la Martha Graham Company, Studio Simkin et Sharing Space, et présentée en première lors du City Center Dance Festival à New York le 6 avril 2022.
Hofesh Shechter Company remercie chaleureusement les partenaires de Shechter II 2026 : la fondation Harold Hyam Wingate et Abderrahim Crickmay Charitable Settlement dont le soutien en assure le fonctionnement ainsi que Jerwood Foundation pour Jerwood x SII qui finance le projet – une offre de formation continue (CPD) destinée aux danseurs – et enfin le fonds de dotation Cockayne Grants for the Arts, géré par The Prism Charitable Trust et du Maria Björnson
Memorial Fund pour la création et la première londonienne de IN THE BRAIN. Avec l’aide du Garrick Charitable Trust pour la reconversion professionnelle des danseurs.
La Hofesh Shechter Company reçoit le soutien de la fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets et des subventions publiques de l’Arts Council England. Hofesh Shechter est codirecteur de l’Agora, Cité Internationale de la Danse.
Hofesh Shechter est codirecteur de l’Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie
Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’accueil en résidence

Le Pas du Monde du Collectif XY au Festival Montpellier Danse: la danse des rochers, des arbres, des montagnes....

On définit en général la danse comme l'art du mouvement. Tout ce qui est mouvement est danse pourrait-on dire en un raccourci rapide. Et le travail du Collectif XY qui nous présente Le Pas du Monde au Festival Montpellier Danse pourrait, dans la même démarche être considérée comme de la danse (et non du cirque comme une première approche qui considère la technique acrobatique comme base de ce collectif). Ils oeuvrent depuis plus de vingt ans dans un esprit d'ouverture en balayant large. Cependant, les vingt-deux artistes qui constituent cette troupe ne sont pas des danseurs, et pourtant le spectacle qu'ils proposent avec cette pièce apporte une certaine magie qui va plus loin que le simple spectacle de cirque et leur introduction avec une suite de traversées dont une en marche arrière nous alerte sur la liberté qu'ils prennent sur la perception. 


Collectif XY - Le Pas du Monde - Photo: Fabrice-Dimier

Et la magie des constructions et métamorphoses qu'ils vont nous proposer tout au long de cette heure durant laquelle ils vont nous faire voyager à travers des paysages mouvants et imaginaires qu'ils construisent et déconstruisent dans une sorte de morphing humain. Avec eux, l'individu est au service d'une cause commune, une brique indispensable dans un tout qui nous raconte par exemple des transformations millénaires de montagnes qui se forment et s'érodent, de paysages qui grandissent et évoluent, de masses qui se constituent et coulent dans une totale fluidité, tout en souplesse et en surprises renouvelées. Il nous semble y découvrir des arbres qui grandissent, des sommets de hautes montagnes (le Cervin ?) qui se dressent par un jeu d'assemblage discret et complice. 


Collectif XY - Le Pas du Monde - Photo: Fabrice-Dimier

Les performances acrobatiques et les sauts et chutes semblent couler de source et les mélopées et chansons qui soutiennent les numéros d'acrobatie les rendent naturelles et poétique, une poésie du geste de de la figure. Chaque membre de ce tout est naturellement à sa place ou la prend sans friction et sans heurt, dans une dynamique fluide et les constructions en hauteur où l'on arrive à des portés à trois personnes (et même quatre pour le bouquet final) se font tout en souplesse dans la construction et la déconstruction, très naturellement, comme coulant de source. 


Collectif XY - Le Pas du Monde - Photo: Fabrice-Dimier


Chaque personne, élément de ce rouage en perpétuelle évolution trouve sa place dans la mécanique générale et contribue à la magie des tableaux qui émergent, évoluent et se dissolvent, soutenus par les mélopées et les chants, quelques percussions et une escapade dans un univers peuplé d'une faune fantastique, apporte une touche plus humoristique pour clore ce voyage extraordinaire où l'on découvre la nature et ses métamorphoses sous un nouvel éclairage, qui nous fait à la fois danser les montagnes et valser des monstres sympathiques. Une expérience dépaysante et originale.


La Fleur du Dimanche


Le Pas du Monde

Montpellier - 24 et 25 juin 2026

Création : Collectif XY
Collectif en tournée : Airelle Caen, Alejo Bianchi, Alice Noël, Amaia Valle, Antonio Terrones y Hernandez, Cyril Héritier, Camille de Truchis, Clémence Gilbert, Consuelo Burgos Bustos, Denis Dulon, Diego Ruiz Moreno, Etienne Revenu, Florian Sontowski, Guillaume Sendron, Hamza Benlabied, Julie Calbete, Kritonas Anastasopoulos, Xavier Lavabre, Pedro Guerra, Raimon Mato Rabassedas, Raphaela Abreu Olivo de Almeida, Virginie Benoist
Direction musicale et composition vocale : Virginie Benoist
Création sonore : Jack McWeeny
Création lumière : Éric Soyer assisté d’Aliénor Lebert
Création costumes : Céline Perrigon assistée d’Ophélie Parmentier
Collaborations artistiques : Julie Calbete, Fanny Soriano, Maja Zimmerlin
Accompagnement dramaturgie : Olivia Burton
Direction de production : Antoine Billaud, Johanna Autran assisté(e)s d’Alicia Gicquel
Régie générale : Sébastien Hérouart
Régie son : Jack McWeeny, Aude Pétiard (en alternance)
Régie lumière : Aliénor Lebert, Clara Boulis Valence (en alternance)
Production : XY
Résidences : Le Phénix scène nationale Valenciennes – Pôle européen de création, Tandem, Scène nationale (Hippodrome de Douai), Le Bateau Feu, Scène nationale Dunkerque, Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale, Beauvais, Le Volcan, Scène nationale du Havre, La Brèche – Cherbourg, Pôle national cirque en Normandie, Circa, Pôle national cirque, Auch
Coproductions : Le Phénix scène nationale Valenciennes – Pôle européen de création, Chaillot – Théâtre national de la Danse Paris, Maison de la danse Lyon, Le Volcan, Scène nationale du Havre, EPPGHV, Parc de La Villette Paris, Tandem, Scène nationale (Hippodrome de Douai), Théâtres de Compiègne, Maison de la Culture d’Amiens, Scène nationale, La Comédie de Clermont, Scène nationale, Clermont-Ferrand, Château Rouge, Scène conventionnée, Annemasse, Scène nationale Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles,Théâtre du Beauvaisis – Scène nationale, Beauvais, Le Bateau Feu, Scène nationale Dunkerque, Scène nationale Albi – Tarn, Espace 1789 de Saint-Ouen, scène conventionnée pour la danse, Festival Roma Europa (Italie)
Aides et soutiens à la création : Ministère de la Culture au titre de l’aide nationale à la création pour les arts du cirque Région Hauts-de-France au titre de l’aide aux projets à rayonnement culturel et artistique
Avec le soutien de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels
Remerciements : La ville de Puget-Théniers, La Carrière, école des arts du cirque Saint-Barthélemy d’Anjou
XY bénéficie du soutien du Ministère de la Culture, DRAC Hauts-de-France au titre du conventionnement pluriannuel. Depuis 2016, Le collectif est accompagné par la Fondation BNP-Paribas. Depuis 2017, le collectif est associé pour l’ensemble de ses projets par le Phénix scène nationale Valenciennes – Pôle international de production et de diffusion. Depuis 2021 il est également associé à Chaillot-Théâtre National de la Danse, Paris et depuis 2025 à la constellation de la Maison de la Culture d’Amiens.


lundi 22 juin 2026

Dimitri Chamblas, le retour, à Montpellier Danse: Avec Ulysse Marion, les corps se souviennent et revivent

 En 2023, au Festival Montpellier Danse, Dimitri Chamblas, reprenait A bras-le-corps, le duo historique qu'il y avait créé en 1998 avec Boris Charmatz, vingt-cinq ans après, sacré challenge. La pièce interrogeais à la fois la mémoire des deux protagonistes et la mémoire des spectateurs. Mais aussi leur mémoire corporelle. Et elle creusait à l'aune du temps passé une sorte de comparaison de cette performance, surtout physique. Car, alors que pour leur première performance, les deux complices avaient dans les vingt-cinq ans, pour la deuxième, c'est dans la franche cinquantaine qu'ils étaient engagés. 

Est-ce cette volonté de questionner à la fois cette mémoire du corps et de ses performances et exercices passés, et le regard mais surtout l'expérience réelle du corps dans cette recherche du souvenir qui l'a amené à mettre en "piste" Marion Barbeau et Ulysse Zangs dans une lecture comparée de ces deux figures singulières de la danse contemporaine? Avec la pièce Ulysse Marion, nous avons une similitude de contexte: les deux interprètes, arrivés à la danse tôt (autour de 18 ans pour Marion Barbeau, se penchent sur leur passé à l'École de danse de l'Opéra national de Paris et sur leur parcours professionnel (précoce pour les deux). et leur bifurcation - et c'est cela qui est intéressant - dans d'autres voies que la seule danse: le cinéma et le jeu d'acteur pour Marion et la musique pour Ulysse. Je profite de ce nom pour raviver le souvenir de l'édition 2023, Ulysse était, en 2023 la revisitation d'une pièce ancienne, historique de Jean-Claude Gallotta avec une troupe rajeunie, et, autre souvenir, celui d'une performance mémorable - et longue de trois heures vus pouvez en voir quelques photos et une vidéo - de Dana Michel dans une salle et cette cour, qui porte désormais le nom du défunt directeur de Montpellier Danse, Cour Montanari.


Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Marion Barbeau - Photo: Sandy Korzekwa


Est-ce cette volonté de questionner à la fois cette mémoire du corps et de ses performances et exercices passés, et le regard mais surtout l'expérience réelle du corps dans cette recherche du souvenir qui l'a amené à mettre en "piste" Marion Barbeau et Ulysse Zangs dans une lecture comparée de ces deux figures singulières de la danse contemporaine? Avec la pièce Ulysse Marion, nous avons une similitude de contexte: les deux interprètes, arrivés à la danse tôt (autour de 18 ans pour Marion Barbeau, se penchent sur leur passé à l'École de danse de l'Opéra national de Paris et sur leur parcours professionnel (précoce pour les deux). et leur bifurcation - et c'est cela qui est intéressant - dans d'autres voies que la seule danse: le cinéma et le jeu d'acteur pour Marion et la musique pour Ulysse. Je profite de ce nom pour raviver le souvenir de l'édition 2023, Ulysse était, en 2023 la revisitation d'une pièce ancienne, historique de Jean-Claude Gallotta avec une troupe rajeunie, et, autre souvenir, celui d'une performance mémorable - et longue de trois heures vus pouvez en voir quelques photos et une vidéo - de Dana Michel dans une salle et cette cour, qui porte désormais le nom du défunt directeur de Montpellier Danse, Cour Montanari.


Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Marion Barbeau - Photo: Sandy Korzekwa


C'est donc là que, après que les deux larrons et la larronne aient discuté et plaisanté sur le gravier de la cour coupée en deux, pendant que les spectateurs s'asseyaient sur des coussins au sol, Marion Barbeau commence à faire de grands sauts élastiques puis à cadrer les alentours puis se met à trembler entièrement dans son corps, vêtue d'un vieux jean pattes d'éléphant qui s'étiole et d'une lourde veste en cuir noir. Elle pousse un grand cri silencieux comme une prière au ciel qui commence à s'assombrir. Puis ce seront des mouvements de danse classiques, remontant du lointain et se fracassant dans son élan. Son corps est encore agile, entraîné et capable de toutes ces performances qui l'ont destinée à être étoile. Elle saute, tourne, virevolte, fait des pointes après avoir tombé la veste et le pantalon pour se retrouver en short jaune et t-shirt noir. Elle amorce quantités de figures classiques qu'elle abandonne en chemin, essaye, bégaye, hésite, abandonne, recommence puis, comme preuve de la rigueur et la persévérance de son apprentissage toute jeune nous offre la chanson La Petite Fugue qu'elle a chanté toute petite, de sa petite voix haut perchée. Elle sait toujours occuper l'espace et s'y sent à l'aise, dans cette belle cour où la lumière l'éclaire de plus en plus. Elle sait la prendre et aime cela. Et même si ressurgissent les souvenirs et les douleurs des exercices, elle n'arrête pas, elle danse sa vie...


Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Ulysse Zangs - Photo: Sandy Korzekwa


Ulyse Zangs, lui la chante, sa vie, sa guitare en bandoulière, d'une voix rappelant Bob Dylan ou Pete Seeger, avec plus de douceur, de velour et d'aigus doux et sucrés, il fait le tour de la cour sous le colonnes avant d'arriver au fond pour se rapprocher de face. Une longue chanson douce et nostalgique qu'il nous offre pour montrer que maintenant, c'est plus la musique qui le porte. Mais il n'a ni oublié la danse, et il est encore très capable à la fois de courir très vite, de sauter et de tournoyer de manière très acrobatique, dès qu'il a posé sa guitare dans le public pour prouver sa virtuosité et sa célérité, sa force, sa puissance et son énergie - c'est vrai qu'il encore à un âge où son corps lui permet - et il ne se gène pas, lui non plus de démontrer son agilité sur une de ses chanson en bande son. 


Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Ulysse Zangs - Photo: Sandy Korzekwa


Mais, à l'image de Marion, nous le voyons aussi rompre la grâce et casser la magie de cette danse exceptionnelle dont il démontre la maîtrise tous les détails avant, là aussi de l'achever par une chute ou une attitude de prostré, renvoyant au passé une conclusion esthétique. Il laisse au projecteur en fond de scène le soin de nous éblouir et préfère, sur un geste caressant et protecteur sur un objet invisible - geste que nous avons également cru discerner chez Marion - après une dernière chanson qu'il chante au milieu du public, s'éloigner vers le fond de scène en compagnie de Marion, comme dans un vieux film où, le cow-boy va vers l'inconnu, mais pas seul, pour la fin de son voyage... 


La Fleur du Dimanche


Ulysse Marion


Montpellier Danse - du 20 au 22 juin 2026

Distribution / Production
Chorégraphie : Dimitri Chamblas en collaboration avec les interprètes Marion Barbeau et Ulysse Zangs
Musique : Pierre Aviat, Ulysse Zangs
Lumière : Yves Godin coréalisée avec Fabrice Le Fur
Régie générale : Jack McWeeny
Régie son : Jack McWeeny
Régie lumière : Fabrice Le Fur
Production et diffusion : Studio Dimitri Chamblas
Studio manager : Elodie Vitrano
Coproductions : La Villette, Paris – Initiatives d’Artistes, California Institute of the Arts, Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie, Théâtre de Nîmes, scène conventionnée d’intérêt national – art & création – danse contemporaine, Théâtre Molière → Sète, scène nationale archipel de Thau, Ménagerie de Verre dans le cadre du dispositif Studio Lab
Remerciements : festival Parterre, festival de l’Impertinence
Le Studio Dimitri Chamblas est soutenu le ministère de la Culture – Direction Générale de la Création Artistique et la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie.
Dimitri Chamblas est artiste associé au Théâtre de Nîmes, scène conventionnée pour la danse contemporaine et au Théâtre Molière → Sète, scène nationale archipel de Thau.