On peut dire qu'Amala Dianor cultive la fidélité et la rencontre, l'ouverture à toutes les danses. Et l'on peut se rendre compte du chemin parcouru depuis Quelque part au milieu de l'infini, un dialogue à deux plus un lors du Festival "Extradanse" en mai 2017 à Pôle Sud, en passant par The Falling Stardust, en 2019, la pièce qui l'a fait "décoller" en quelque sorte, présentée par Pôle Sud au Théâtre de Hautepierre, sans oublier Trait d'union et Pas seulement vus en avril 2019, ou encore Siguifin le 1er février 2022. Toutes ces pièces qui cherchent à traverser les frontières entre les genres et les pays, ainsi que son parcours et ses réalisations, que ce soit son passage au CNDC d'Angers, la création de sa compagnie dans cette ville, sa résidence à Strasbourg à Pôle Sud entre 2016 et 2019, marquée par sa rencontre avec les acteurs régionaux et locaux et par exemple ses Trajets Phéno-Meinau avec des acteurs locaux: adolescents, amateurs, professionnels, danseurs, chanteurs, musiciens,... tout cela montre à la fois sa curiosité et son désir de mixité et de mixage.
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| Amala Dianor - Dub - Photo: Pierre Gondard |
C'est toujours le même enthousiasme et la même énergie qu'il dégage en rassemblant pour ce nouveau spectacle Dub, présenté avec Pôle Sud au Maillon pendant trois soirs dans la grande dalle du Maillon, forcément pleine et emballée, une équipe de onze danseuses et danseurs venus du monde entier et maîtrisant des formes de danse originales et variées. Bien sûr ce sont pour la plupart des danses de rues et de battle, mais le spectacle démarre, après que le fidèle DJ Awir Leon se soit installé à ses machines, par un solo original de danse indienne avec de délicats et fin mouvements des doigts de Sangram Mukhopadhyay. Très vite, il est rejoint par Mwenda Marchand qui lui transmet ses ondulations serpentines et l'amène sur d'autres territoires, puis Kgotsofalang Joseph Mavundla qui dynamite tout cela par son énergie contagieuse. Et très vite la scène est envahie par les onze interprètes qui arpentent ce grand plateau en des mouvements d'ensembles bien rythmés, dans lesquels émergent de nouvelles expressions, lesquelles sont, soit reprises par deux ou trois acolytes, ou qui vont servir de base à un dialogue fécond. Ou encore qui vont insuffler leur dynamique dans le groupe.
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| Amala Dianor - Dub - Photo: Pierre Gondard |
Ce fourmillement et ces échanges, riches en variations et en mutations, amènent à la fois une dynamique et une cohérence à ces expressions individuelles et singulières, mais toujours sources d'échange et d'hybridation. La patte d'Amalia Dianor qui fait essaimer les danses et mouvements caractéristiques de l'une ou l'autre individualité pour la laisser glisser et déteindre sur un partenaire, et même sur tout le groupe, nous donne quelques très beaux mouvements d'ensemble, dans lesquels, de temps en temps, certains se singularisent. Les caractéristiques physiques, les manières de bouger et les talents personnels pointent dans la foule ou s'en échappent, ou ont droit à un "instant de célébrité", tels ces gracieux et serpentins mouvements des bras d'Asia Zonta, les contorsions élastiques d'Yanis Ramet, les pieds agiles montés sur ressort de Slate Hemedi Dindangila, la souplesse tournoyante de Kgotsofalang Joseph Mavundla, la ductilité de Kgotsofalang Joseph Mavundla ou les solliloques de l'altière Tatiana Gueria, et j'en oublie. Tous, sans exceptions, en plus de leurs talents ou styles, contribuent à cet ensemble bien homogène de trajectoires et de parcours qui nous tient en haleine, que ce soit sous les beats et les variations électroniques de Awir Leon ou dans un silence voulu et concentré. Ou encore lors de "battles" sur les podiums qui se mettent en place à cet effet.
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| Amala Dianor - Dub - Photo: Pierre Gondard |
Cette énergie folle appelle une transition nécessaire lors de laquelle le décor conçu par le photographe Grégoire Korganow s'illumine de néons du plus bel effet puis éclaire de couleurs variables et avec des animations les neuf boites, comme des cadres-écrans dans lesquels des saynètes se perdent un peu dans le dispositif et la distance, avant que, sur un podium genre défilé de mode, toute l'équipe, dans un dernier sursaut bourré d'énergie, passe en revue les différentes expressions de danses: krump, house, waaking, hip-hop, smurf, voguing, électro, pantsula, dancehall, breakdance, coupé-décallé, danses afro-cubaine et afro-urbaines, .... et bien sûr une pincée de Kathak. Un beau melting-pot, et un voyage avec les corps et les cultures. Un généreux moment de rencontre et de confrontations très bien reçu par le public marquant son enthousiasme debout.
La Fleur du Dimanche
Au Maillon - présenté avec Pôle Sud, les 3, 4, 5 juin 2026
Musicien live : Awir Leon
Artiste visuel : Grégoire Korganow
Interprètes : Slate Hemedi Dindangila, Romain Franco, Jordan John Hope, Enock Kalubi Kadima, Mwendwa Marchand, Kgotsofalang Joseph Mavundla, Sangram Mukhopadhyay, Tatiana Gueria Nade, Yanis Ramet, Germain Zambi, Asia Zonta
Assistante chorégraphique : Marion Alzieu
Direction technique : Nicolas Barrot, Véronique Charbit
Administration : Valérie Pouleau
Administration de production : Lucie Jeannenot
Lumière et régie générale : Nicolas Tallec en alternance avec Agathe Geffroy
Costumes : Minuit Deux, Fabrice Couturier
Régie son : Emmanuel Catty en alternance avec Nicolas Chimot
Régie plateau : David Normand, Martin Rahard en alternance avec Thibaut Trilles
Production : Kaplan I Compagnie Amala Dianor, conventionnée par l’État-DRAC Pays de la Loire et la Ville d’Angers
Coproduction : Festival de Danse Cannes - Côte d’Azur France / Théâtre de la Ville, Paris / Le Théâtre, Scène nationale de Mâcon / Les Quinconces et L’Espal, Scène nationale du Mans / Touka Danses CDCN Guyane / MC2 : Grenoble, Théâtre Sénart, scène nationale / Le Volcan, Scène nationale du Havre / Équinoxe, Scène nationale de Châteauroux / Julidans-Amsterdam / Maison de la Danse, Lyon / Le Grand R, Scène nationale la Roche-sur-Yon / Scène nationale d’ALBI – Tarn / Cndc Angers
Soutien au projet : Fondation BNP Paribas abritée par la Fondation de France / Ville d’Angers / Région Pays de la Loire, État – DGCA
Résidence de recherche : Villa Albertine (USA) en 2023, en partenariat avec le Théâtre de la Ville, Paris
Résidence de construction décor : Le Moulin Fondu – Oposito – CNAREP – Garges-lès-Gonesse
Workshop audition : Ménagerie de Verre, Paris
La Compagnie Amala Dianor est régulièrement soutenue dans ses projets par l’Institut Français et l’ONDA. La Compagnie bénéficie du soutien de la Fondation BNP Paribas depuis 2020.ph Mavundla











































