mercredi 1 juillet 2026

Créations Contemporaines avec l'Accroche Note: La musique est vivante, elle naît ici pour notre plus grand plaisir

Pour ces 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note à l'église du Bouclier, ce sont les Créations Contemporaines qui sont à l'honneur en ce 1er juillet 2026. 


Accroche Note -  Armand Angster - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker
Accroche Note -  Wilhem Latchoumia - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker



La soirée démarre avec une pièce d'Edison Demisov, le vétéran du groupe, compositeur russe né en 1929, et qui s'est installé en France à la fin de sa vie. Elève de Dmitri Chostakovitch, il a découvert la seconde école de Vienne puis a fondé avec quelques compositeurs proches l'avant-garde de la musique soviétique, peu appréciée dans son pays. Sa pièce Ode (de 1968), hommage à Che Guevara permet à Armand Angster de coiffer le béret du célèbre révolutionnaire pour faire "vrai"


Accroche Note -  Wilhem Latchoumia - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker

Accroche Note -  Armand Angster - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker


Sa clarinette lance des stridences que Wilhem Latchoumia ponctue au piano. Sami Bounechada complète de ses frappes nerveuses aux percussions, puis par un gros coup de gong. Tout cela se calme avec des sons de cloches et les cordes du piano pincées. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

La deuxième pièce est une création de Charles-Davi Wajnberg, Interface (2026). Charles-David Wajnberg, qui a étudié avec Pascal Dusapin à Paris au Collège de France puis avec Philippe Manoury à Strasbourg a déjà vu jouer ou créer plusieurs de ses pièces, en particulier au Festival Musica. Ici, c'est une pièce de 15 minutes, pour soprano, flûte, clarinette, trombone, alto, violoncelle et clavier et électronique qui est présentée. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

Les sons, d'ambiance ou de cris d'oiseau, corne de brume ou cris de goélands, sonnerie de tram ou bruits d'eau se nappent et répondent aux sons des instruments, si ce n'est l'inverse. Les traits de musique se tirent en lamentations. La voix claire et précise de Françoise Kubler qui perce les plaintes. Le trombone qui souffle et couaque, un train qui passe en écho des roulements, et le texte arrive via le synthétiseur. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

Pour cette création, nous avons bien sûr la soprano Françoise Kubler, à la flûte Lisa Meignin, à la clarinette Armand Angster, au trombone Thierrry Spisser, à l'alto Agnès Maison, au violoncelle Christophe Beau et au clavier et électronique Wilhem Latchoumia. 


Accroche Note - Bruno Mantovani - Moi jeu - Sami Bounechada - Photo: Robert Becker

Le prolixe et multi-récompensé Bruno Mantovani, qui a étudié au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris entre 1993 et 2000 où il à remporté cinq premiers prix et qu'il a ensuite dirigé entre 2010 et 2019 a composé Moi jeu pour marimba en 1998. 


Accroche Note - Bruno Mantovani - Moi jeu - Sami Bounechada - Photo: Robert Becker

C'est une pièce virtuose qui mélange en des frappes délicates et d'autres puissantes et vives aux deux extrêmes de l'instrument. Elle démarre doucement avant d'accélérer puis d' alterner des moments calmes avec brusque accélérations. On assiste ici à une superbe chorégraphie du percussionniste Sami Bounechada qui nous offre une prestation virtuose. 


Accroche Note - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker


Suit, de Salvatore Sciarino, musicien au départ autodidacte, Ultime rose (de "Vanitas") (1981), une pièce pour soprano, violoncelle et piano. Une pièce douce et presque romantique pour laquelle chante des textes des poètes baroques allemands Martin Opitz, Christian Günter et Christoffel von Grimmelshausen. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Cristophe Beau - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Wilhem Latchoumia - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker

L'ambiance est délicate, des cordes du violoncelle vibrent ou sifflent, le piano pose ses notes tranquillement et la rose meurt lentement. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker


Et pour finir en beauté, le plaisir de Françoise Kubler est de créer la quatrième saison des haikus d'Yvan Fedele, l'automne: Aki Haiku (2026) Ce sont de très courtes pièces en japonais où elle est accompagnée à la clarinette basse par Armand Angster, au marimba par Sami Bounechada et au piano par Wilhem Latchoumia. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker

Le rythme est nerveux Françoise Kubler souffle dans une pièce et rejoint le violoncelle dans une autre. L'une ressemble à une chanson slave et une autre, constituée de bruits de bouche, est accompagnée de bruitages. Une autre est un dialogue avec le violoncelle puis vient une chanson très rapide. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker

C'est une véritable performance pour les musiciens et la cantatrice. une très belle oeuvre qui n'est pas dénuée d'humour.  


La Fleur du Dimanche

mardi 30 juin 2026

L'Accroche Note ne raccroche pas les instruments l'été: Le plaisir de la diversité: Schumann et Stockhausen pour commencer

 Quand commence l'été, à Strasbourg, l'on se réjouit de passer quelques soirées au frais dans la petite église du Bouclier dans la rue du même nom à la Petite France. 

Eh bien, cette année, le plaisir fut toujours aussi intense, même si la chaleur, intense elle aussi, a chassé la fraîcheur et c'est les portes ouvertes pour faire du courant d'air que nous avons pu profiter de cette première soirée consacrée à Schumann et Stockhausen. Le programme de ces 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre fait le grand écart entre le couple allemand, grandes figures de la musique romantique du début du XIXème siècle et le musicien allemand, qui a œuvré dans la musique électronique et dont le catalogue monumental (de même que les oeuvres, souvent monumentales, elles aussi) sont aussi influencées par l'aléatoire, et pour Aus den sieben Tage (Venu des sept jours), par l'intuition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour commencer le concert, ce sera Clara Schumann, la femme que Robert Schumann épousée après quelques péripéties la veille de ses 21 ans (il en avait 9 de plus). C'est un air clarinette et piano créé en 1853. L'original est pour violon mais à l'époque il était courant de réécrire pour un autre instrument. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le premier mouvement est très court, le deuxième est un dialogue complice entre Wilhem Latchoumia au piano et Armand Angster à la clarinette. Le troisième est plus enjoué et enroulé, comme un flot qui grossit et monte en puissance. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Suivent de Robert Schumann deux Fantasiestücke. La première opus 88 pour piano clarinette et violoncelle de 1842. Idem pour celle-là, elle était originellement écrite pour violon au lieu de la clarinette. Au premier mouvement, le piano mène la danse et le violoncelle conclut. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le deuxième est plus dansant et sautillant à trois temps, puis ça sautille deux fois plus. C'est gai et allègre et ça s'arrête net. Le troisième est plus lent et rêveur et finit presque funèbre. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker
 

Le quatrième est plus altier avec des changements de rythme. Les trois interprètes sont très à l'écoute entre eux, de vrais complices... 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Suivent les Fantasiestücke opus 73 pour violoncelle et piano de 1849, une sorte de rêverie douce. Au deuxième mouvement, le piano est encore plus doux Wilhem Latchoumia le caresse avant que cela ne s'envole... et finit dans un soupir. Le troisième est vigoureux et enflammé. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on arrive à Karlheinz Stockhausen et son Tierkreis (Zodiaques) de 1974, pour soprano et piano, une composition "à la carte" où les musiciens sont libres et peuvent adapter la partition. Ce seront les quatre signes du zodiaque Cancer, Lion, Balance et Capricorne qui seront joués. Stockhausen s'est appuyé autant sur les signes que sur les caractères de ses proches qui étaient né(e)s sous ce signe. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Françoise Kubler se fait un plaisir également de nous chanter une belle chanson douce. Pour le Lion, il y aura l'intervention d'une boîte à musique - Stockhausen a fait fabriquer ces boites à musique avec des mélodies qu'il a spécialement composées pour elles. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour la Balance, des frappes violentes au piano alternent avec des parties chantées. Un interlude inattendu du public, ou plus précisément, avec le téléphone d'une spectatrice avec une sonnerie qui n'était pas sur la partition, et que sa propriétaire ne reconnait pas. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Une deuxième boîte à musique, celle de Wilhem Latchoumia, puis un air puissant de Françoise Kubler avec un léger accompagnement au piano. Puis à nouveau la boîte à musique ou plutôt les deux qui sont promenées dans le public comme une quête inversée. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Wilhem Latchoumia prend le relais avec le Klavierstück VII (1954), des notes éparses ou liées comme des gouttes après la pluie ou des chutes plus brutales. Un vrai travail de précision du génial pianiste qui nous offre une sorte de dentelle sonore faite de touches ailées et d'éclats massifs. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on finit avec un dernier Stockhausen: Aus den sieben Tage (Venu des sept jours) (1968), une pièce pour soprano, clarinette, violoncelle et piano.  Françoise Kubler arrive sur scène avec une tasse et un couvercle pour improviser des percussions et le violoncelle et la clarinette sont cachés sur la tribune. Et pour cette cette pièce "intuitive" il n'y a que les textes pour ces quinze morceaux pour lesquels la soprano et les musiciens doivent donc inventer leur partition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Exercice pour lequel ces vieux briscards de l'Accroche Note, fondé en 1981 par Françoise Kubler et Armand Angster et auquel Christophe Beau et Wilhem Latchoumia participent depuis de nombreuses années, n'ont aucun souci et performent haut la main, pour le plus grand plaisir du public fidèle.


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche 


Rendez-vous demain, à la deuxième soirée, ici.


dimanche 28 juin 2026

Montpellier, c'est Montpellier Danse, mais c'est aussi des exposition. Et quand la danse s'arrête on va aux expositions

 Quand on est à Montpellier pour le Festival Montpellier Danse, on a de la chance, parce que quand la danse s'arrête, on peut aussi aller voir les expositions.

Donc profite de la ville, de son ambiance et surtout des salles climatisées ou rafraîchies.

Donc pour la danse, je vais vous faire le résumé des spectacles vus pendant le Festival - Certains vont tourner (par exemple à Strasbourg ou en Alsace - ou à Belfort, à Paris aussi). Alors soyez attentifs et prévoyez. Faites-vous une idée ou revenez ici après les avoir vus pour vous en raviver la mémoire:

Cinq jours au Soleil d'Emanuel Gat - Une superproduction, un Grand Spectacle:

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/cinq-jours-au-soleil-demanuel-gat.html

Cinq jours au Soleil - Emanuel Gat - Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Le rencontre d'une ex-danseuse étoile et d'un musicien danseur

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/dimitri-chamblas-le-retour-montpellier.html

Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Montpellier Danse - Photo: Robert Becker 

Le Pas du Monde du Collectif XY - Entre cirque est mouvement, la danse de la matière et de la nature

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/le-pas-du-monde-du-collectif-xy-au.html

Collectif XY - Le Pas du Monde - Photo: Fabrice-Dimier

In the Brain de Schechter II - Une grande fresque pleine de bruit et de fureur

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/in-brain-de-schechter-ii-montpellier.html

Hofesh Shechter - In the Brain - Photo: Todd MacDonald

Vision d'Eric Minh Cuong Castaing - L'expérience des sens sans la vision

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/vision-deric-minh-cuong-castaing-au.html

Vision -  Eric Minh Cuong Castaing - Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

This is la mort de Zoé Lakhnati - Les héros se délitent

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/this-is-la-mort-de-zoe-lakhnati-au.html

This is la mort - Zoé Lakhnati - Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Twama Paradise de et avec Héla Fattoumi - Devenir soeurs par la danse

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/twama-paradise-de-et-avec-hela-fattoumi.html

Twama Paradise - Héla Fattoumi - Sondos Belhassen - Photo: Laurent Philippe

Armin Hokmi avec Bazm (Répertoire) - une nouvelle sorte de répertoire qui s'invente pour le XXIèmeSièce

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/06/au-festival-montpellier-danse-armin.html 

Armin Hokmi - Bazm (Répertoire) - Photo: Vahid Amanpour


Pour ce qui est des expositions, je suis parti avant la grande exposition au Musée Fabre consacré à Pierre Paulin et à ses réalisations dans le domaine du Design.

Par contre au Mo.Co - 13 rue de la République - il y a une rétrospective de Kiki Smith jusqu'au 11 octobre 2026. 

Voici quelques images dont les fleurs, les sculptures, les dessins, les tapisseries, il y a aussi des photos et des objets scientifiques.


MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker

MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker

MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker

MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker

MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker

MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker

MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker

MO.CO - Kiki Smith - Photo: Robert Becker




A suivre .... très bientôt les expositions ...



La Fleur du Dimanche