Pour vraiment débuter la 46ème édition du Festival Montpellier Danse, il ne fallait pas moins que la compagnie Emanuel Gat Dance qui magnifie la Symphonie N° 5 de Gustav Mahler pour nous emporter dans une oeuvre d'art complète. Le chorégraphe, fidèle habitué du festival, qui signe aussi les lumières et quelques composition sonores complémentaires nous propose une lecture émouvante de cette pièce musicale majeure avec une troupe renouvelée composée de danseuses et de danseur relativement jeunes, né(e)s autour de l'an 2000.
![]() |
| Cinq jours au Soleil - Emanuel Gat - Photo: Julia Gat |
La pièce Cinq jours au Soleil démarre bien sûr par cette énergique fanfare de trompette en faisant émerger progressivement d'une brume un peu surnaturelle les différentes figures de danseuses et de danseurs, dans de très grands voiles en soie faisant penser à la danse expressionniste de Mary Wigman. D'abord une, en robe rouge, la tête masquée, puis deux qui se transmettant par geste et attitudes des mouvements réduits. Puis quatre, six et plus qui, espacé.e.s sur le plateau, instaurent ce dialogue gestuel. Mais très rapidement, les douze danseurs, flottant presque sur la scène, volant dans leurs voiles, ondulant avec frénésie et vibrations agitent le plateau de leurs frémissements.
![]() |
| Cinq jours au Soleil - Emanuel Gat - Photo: Julia Gat |
En palpitations, flux et reflux, disparaissant et réapparaissant à nouveau du fin fond de la scène, Le rideau se baisse doucement en pleine lumière puis se relève et apparaissent des costumes plus contemporains, coloré, sport et confortables, qui donnent une autre présence aux corps des danseurs et des danseuses, renforcée par la présence de quelques interprètes restés vêtus de leurs robes de voiles - les costumes ont été créés par la styliste polonaise Inez Vicher. Ainsi vêtus, les différents interprètes se lancent avec virtuosité dans des démonstration de leur maîtrise corporelle, allant du post-classique à des performances plus acrobatiques S'accordant sur la musique, qui alterne des mouvements furieux et des moments d'apaisement, la chorégraphie balance entre des solos, duos ou trios avec des ensembles plus vastes où les interprètes remplissent le vaste plateau nu de l'Opéra Berlioz au Corum.
![]() |
| Cinq jours au Soleil - Emanuel Gat - Photo: Julia Gat |
Une nouvelle mue des corps s'annonce, une des danseuse apparaît en maillot deux pièce, le bikini de plage et danse un solo alors que tout s'est vidé et même qui le silence s'est fait, silence qui peu à peu se meuble semble-t-il de cris d'oiseaux ou d'enfants et de ce qu'on pourrait interpréter comme des détonations lointaines. Puis nous arrivons, lorsque toute la troupe après s'être déshabillée se retrouve dans une sorte de "scène de plage" avec toujours cette incertitude sur l'interprétation de l'ambiance. Est-elle joyeuse ou inquiétante, le doute existe, persiste jusqu'à ce que la musique revienne, arrive à un rythme très enjoué et presque sautillant où toute la petite troupe batifole à loisir avec entrain.
![]() |
| Cinq jours au Soleil - Emanuel Gat - Photo: Julia Gat |
Reviennent dans la partie finale, dans une lumière expressionniste, les danseuses et les danseurs en costumes et l'on fait vraiment dans ces rapports au corps, aux habits et à la lumière l'expérience d'un espace habité par la musique dans laquelle les trajectoires, les mouvements, les trajectoires déterminent une histoire très forte qui procède étrangement de ces différentes conjonctions avec une liberté et une fraîcheur incomparable. Et l'on ne peut que féliciter Emanuel Gat d'avoir osé recruter cette nouvelle équipe par laquelle rien de ce que personne ne pouvait prédire est arrivé dans confrontation.
![]() |
| Cinq jours au Soleil - Emanuel Gat - Photo: Julia Gat |
Car, comme Emanuel Gat le dit lui-même de son travail, il écrit la partition lumière avant la chorégraphie, il fait les répétitions et l'écriture chorégraphique sans la partition. D'avoir choisi des interprètes qui ne se connaissaient pas ni ne connaissaient Mahler, ni la 5ème, cette confrontation heureuse donnent à la pièce une vie, une fraicheur, un élan, une vigueur sans limite et ne rend que plus poignant le mouvement final, à la fois crépuscule des Dieux et résurrection éternelle dans un autre monde. Une sublime conclusion pour cette magnifique construction où les gestes, les mouvements, les directions et la partition sonore et les éclairages convergent vers le sublime.
La Fleur du Dimanche
Festival Montpelier Danse - 21 et 22 juin 2026
Venise - 17 juillet 2026
Chorégraphie, scénographie et lumières : Emanuel Gat
Musique : Gustav Mahler, Symphonie n° 5 en do dièse mineur (mouvements 1–4) Wiener Philharmoniker, Leonard Bernstein (1987)
Création sonore additionnelle : Emanuel Gat
Avec : Emma Bogerd, Théo Brassart, Geremia Cappagli, Léa Delaporte, Zohar Kotz, Itai Meir, Giulia Quacqueri, Johanne Skogstad, Katherina Solvang, Noah Oost, Anaïs Van Caekenberghe, Winter Wieringa
Costumes : VICHER
Direction technique : Guillaume Février
Son : Frédéric Duru
Production : Emanuel Gat Dance
Administration : Marie-Pierre Guiol
Chargée de production : Mélanie Bichot
Coproduction : Agora, Cité Internationale de la Danse Montpellier Danse + CCN Occitanie Danse, Biennale Danza di Venezia, American Dance Festival, Festival de danse de Cannes, Pôle arts de la scène – La Friche Belle de mai, Theater Freiburg.
Accueil en résidence : KLAP Maison pour la Danse, SCENE44 . n + n Corsino, Ecole nationale de danse de Marseille.
Emanuel Gat Dance bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication – DRA C Provence-Alpes-Côte d’Azur, de la Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur et of du Conseil Départemental des Bouches du Rhône.
Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’accueil en résidence à l’Agora














































