En 2023, au Festival Montpellier Danse, Dimitri Chamblas, reprenait A bras-le-corps, le duo historique qu'il y avait créé en 1998 avec Boris Charmatz, vingt-cinq ans après, sacré challenge. La pièce interrogeais à la fois la mémoire des deux protagonistes et la mémoire des spectateurs. Mais aussi leur mémoire corporelle. Et elle creusait à l'aune du temps passé une sorte de comparaison de cette performance, surtout physique. Car, alors que pour leur première performance, les deux complices avaient dans les vingt-cinq ans, pour la deuxième, c'est dans la franche cinquantaine qu'ils étaient engagés.
Est-ce cette volonté de questionner à la fois cette mémoire du corps et de ses performances et exercices passés, et le regard mais surtout l'expérience réelle du corps dans cette recherche du souvenir qui l'a amené à mettre en "piste" Marion Barbeau et Ulysse Zangs dans une lecture comparée de ces deux figures singulières de la danse contemporaine? Avec la pièce Ulysse Marion, nous avons une similitude de contexte: les deux interprètes, arrivés à la danse tôt (autour de 18 ans pour Marion Barbeau, se penchent sur leur passé à l'École de danse de l'Opéra national de Paris et sur leur parcours professionnel (précoce pour les deux). et leur bifurcation - et c'est cela qui est intéressant - dans d'autres voies que la seule danse: le cinéma et le jeu d'acteur pour Marion et la musique pour Ulysse. Je profite de ce nom pour raviver le souvenir de l'édition 2023, Ulysse était, en 2023 la revisitation d'une pièce ancienne, historique de Jean-Claude Gallotta avec une troupe rajeunie, et, autre souvenir, celui d'une performance mémorable - et longue de trois heures vus pouvez en voir quelques photos et une vidéo là - de Dana Michel dans une salle et cette cour, qui porte désormais le nom du défunt directeur de Montpellier Danse, Cour Montanari.
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| Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Marion Barbeau - Photo: Sandy Korzekwa |
Est-ce cette volonté de questionner à la fois cette mémoire du corps et de ses performances et exercices passés, et le regard mais surtout l'expérience réelle du corps dans cette recherche du souvenir qui l'a amené à mettre en "piste" Marion Barbeau et Ulysse Zangs dans une lecture comparée de ces deux figures singulières de la danse contemporaine? Avec la pièce Ulysse Marion, nous avons une similitude de contexte: les deux interprètes, arrivés à la danse tôt (autour de 18 ans pour Marion Barbeau, se penchent sur leur passé à l'École de danse de l'Opéra national de Paris et sur leur parcours professionnel (précoce pour les deux). et leur bifurcation - et c'est cela qui est intéressant - dans d'autres voies que la seule danse: le cinéma et le jeu d'acteur pour Marion et la musique pour Ulysse. Je profite de ce nom pour raviver le souvenir de l'édition 2023, Ulysse était, en 2023 la revisitation d'une pièce ancienne, historique de Jean-Claude Gallotta avec une troupe rajeunie, et, autre souvenir, celui d'une performance mémorable - et longue de trois heures vus pouvez en voir quelques photos et une vidéo là - de Dana Michel dans une salle et cette cour, qui porte désormais le nom du défunt directeur de Montpellier Danse, Cour Montanari.
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| Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Marion Barbeau - Photo: Sandy Korzekwa |
C'est donc là que, après que les deux larrons et la larronne aient discuté et plaisanté sur le gravier de la cour coupée en deux, pendant que les spectateurs s'asseyaient sur des coussins au sol, Marion Barbeau commence à faire de grands sauts élastiques puis à cadrer les alentours puis se met à trembler entièrement dans son corps, vêtue d'un vieux jean pattes d'éléphant qui s'étiole et d'une lourde veste en cuir noir. Elle pousse un grand cri silencieux comme une prière au ciel qui commence à s'assombrir. Puis ce seront des mouvements de danse classiques, remontant du lointain et se fracassant dans son élan. Son corps est encore agile, entraîné et capable de toutes ces performances qui l'ont destinée à être étoile. Elle saute, tourne, virevolte, fait des pointes après avoir tombé la veste et le pantalon pour se retrouver en short jaune et t-shirt noir. Elle amorce quantités de figures classiques qu'elle abandonne en chemin, essaye, bégaye, hésite, abandonne, recommence puis, comme preuve de la rigueur et la persévérance de son apprentissage toute jeune nous offre la chanson La Petite Fugue qu'elle a chanté toute petite, de sa petite voix haut perchée. Elle sait toujours occuper l'espace et s'y sent à l'aise, dans cette belle cour où la lumière l'éclaire de plus en plus. Elle sait la prendre et aime cela. Et même si ressurgissent les souvenirs et les douleurs des exercices, elle n'arrête pas, elle danse sa vie...
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| Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Ulysse Zangs - Photo: Sandy Korzekwa |
Ulyse Zangs, lui la chante, sa vie, sa guitare en bandoulière, d'une voix rappelant Bob Dylan ou Pete Seeger, avec plus de douceur, de velour et d'aigus doux et sucrés, il fait le tour de la cour sous le colonnes avant d'arriver au fond pour se rapprocher de face. Une longue chanson douce et nostalgique qu'il nous offre pour montrer que maintenant, c'est plus la musique qui le porte. Mais il n'a ni oublié la danse, et il est encore très capable à la fois de courir très vite, de sauter et de tournoyer de manière très acrobatique, dès qu'il a posé sa guitare dans le public pour prouver sa virtuosité et sa célérité, sa force, sa puissance et son énergie - c'est vrai qu'il encore à un âge où son corps lui permet - et il ne se gène pas, lui non plus de démontrer son agilité sur une de ses chanson en bande son.
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| Ulysse Marion - Dimitri Chamblas - Ulysse Zangs - Photo: Sandy Korzekwa |
Mais, à l'image de Marion, nous le voyons aussi rompre la grâce et casser la magie de cette danse exceptionnelle dont il démontre la maîtrise tous les détails avant, là aussi de l'achever par une chute ou une attitude de prostré, renvoyant au passé une conclusion esthétique. Il laisse au projecteur en fond de scène le soin de nous éblouir et préfère, sur un geste caressant et protecteur sur un objet invisible - geste que nous avons également cru discerner chez Marion - après une dernière chanson qu'il chante au milieu du public, s'éloigner vers le fond de scène en compagnie de Marion, comme dans un vieux film où, le cow-boy va vers l'inconnu, mais pas seul, pour la fin de son voyage...
La Fleur du Dimanche
Montpellier Danse - du 20 au 22 juin 2026
Chorégraphie : Dimitri Chamblas en collaboration avec les interprètes Marion Barbeau et Ulysse Zangs
Musique : Pierre Aviat, Ulysse Zangs
Lumière : Yves Godin coréalisée avec Fabrice Le Fur
Régie générale : Jack McWeeny
Régie son : Jack McWeeny
Régie lumière : Fabrice Le Fur
Production et diffusion : Studio Dimitri Chamblas
Studio manager : Elodie Vitrano
Coproductions : La Villette, Paris – Initiatives d’Artistes, California Institute of the Arts, Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie, Théâtre de Nîmes, scène conventionnée d’intérêt national – art & création – danse contemporaine, Théâtre Molière → Sète, scène nationale archipel de Thau, Ménagerie de Verre dans le cadre du dispositif Studio Lab
Remerciements : festival Parterre, festival de l’Impertinence
Le Studio Dimitri Chamblas est soutenu le ministère de la Culture – Direction Générale de la Création Artistique et la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie.
Dimitri Chamblas est artiste associé au Théâtre de Nîmes, scène conventionnée pour la danse contemporaine et au Théâtre Molière → Sète, scène nationale archipel de Thau.













































