Lara Barsacq, au départ danseuse et qui s'est frottée il y a longtemps à la chorégraphie avec une pièce pour la compagnie Batsheva à la demande d'Ohad Naharin, est retournée à la danse en 2002. Puis en 2016, elle crée de nouvelles pièces en interrogeant l'histoire de la danse, en particulier les Ballets Russes et ses danseuses, dont Ida Rubinstein, et Bronislava Nijinska. On a pu voir d'elle en début d'année dernière à Pôle Sud, la pièce la pièce, La Grande Nymphe qui fait revivre le ballet de Vaslav Nijinski, Le Prélude de l'Après-Midi d'un Faune. Pour sa nouvelle création, Kassia Undead, présenté au Maillon avec Pôle Sud dans le cadre du Festival Musica, Laura Barsacq fait un voyage à Constantinople au IXème siècle pour rendre hommage à Kassia de Constantinople, une higoumène, une abbesse, devenue Sainte et qui était aussi une compositrice dans le monastère qu'elle a fondé après avoir rencontré le jeune empereur Théophile.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
Lara Barsacq rend hommage à ce personnage en faisant interpréter sur scène quelques-uns de ses chants. Mais tout commence dans le silence. Silence dont Kassia dit "Je hais le silence lorsqu'il est temps de parler". Cette phrase que l'on entend effectivement trouer le silence, accompagnée d'une série d'invocation, d'exhortations à la faire venir sur le plateau, tout en en doutant - "Est-ce que Kassia viendra ce soir ?". On entend également quelques éléments biographiques permettant de situer le personnage célébré ce soir (il est en particulier fait référence à son opposition au pouvoir qu'elle a pleinement assumé face à l'empereur Théophile, toujours amoureux d'elle), ainsi que des éléments de contexte de ces poèmes.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
La pièce commence par une procession silencieuse de la troupe qui s'installe. Puis quatre danseurs qui se tiennent les bras défilent sur scène dans un étrange ballet alors que se lève une musique hypnotique, jouée au plateau par la musicienne Cate Hortl (que l'on avait pu apprécier dans la précédente pièce) qui accompagne la voix claire de la chanteuse. Les danseuses et le danseur, également chanteur et chanteuses vont nous interpréter, toujours en dansant, toute une série de mélodies, alternant les langues et les styles, des chants orthodoxes anciens, des poèmes de Kassia ou des airs modernes, accompagnés par les nappes et les rythmes de Cate Hortl.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
Cette dernière, après une nouvelle procession avec un thérémine, va se retrouver au centre de la scène, dans une cérémonie d'habillage d'apparat avec une superbe couronne et des nappes de vêtements sous lesquels elle disparait presque.
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| Kassia Undead - Lara Barsacq - Photo: Stanislav Dobak |
D'autres procession suivent, avec les quatre danseurs, avec des figures minimalistes, de temps en temps de petites fioritures comme des enluminures d'un Livre d'Heures qui trouvent écho dans le décor et les bannières suspendues en fond de scène. La danse lorgne du côté du smurf ou de la danse robot. Les tableaux se fondent les uns dans les autres, dans un délassement envoûtant, peuplés de détails surprenants. Et pour finir, la musique prend de l'ampleur, autant avec ces chants magnifiquement interprétés par ces artistes aux talents multiples, que par les vents qui se lèvent et soufflent la fin de partie.
La Fleur du Dimanche
Création et interprétation : Marta Capaccioli, Tarek Halaby, Cate Hortl, Emma Laroche-Brassié, Els Mondelaers, Aymara Parola, Agnes Potié, Klara Verkin
Création musicale : Cate Hortl
Musique : Kassia de Constantinople
Musique additionnelle : Salim Bali
Création lumière : Estelle Gautier
Conseils artistiques : Gaël Santisteva
Coach vocal : Jean-Baptiste Veyret-Logerias
Historienne de l’art : Brunella Danna Allegrini
Scénographie : Ateliers Indigo – Alexandra Siebert, Alice Forsberg, Clara Vandebotermet, Jean Everarts, Magali Cote, Patricia Cala (accompagnés par Lily Sato, Adrien Vermont, Maya de Mondragon, Corinne Chotycki)
Sérigraphie : Frédéric Jamagne
Stagiaire en scénographie : Teo Verougstraete
Création costumes : Lara Barsacq
Réalisation costumes : Catherine Somers et les ateliers costumes du Théâtre de Liège
Régie générale : Emma Laroche-Brassié
Régie son : Benoit Pelé, Fred Miclet
Administration et production : Myriam Chekhemani (La chouette diffusion), Mélanie Jourdan
Communication et diffusion : Quentin Legrand (Rue Branly)
Production : Gilbert & Stock
Coproduction : Théâtre de Liège / Charleroi danse – Centre Chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles / Les Brigittines / December Dance (Concertgebouw Brugge & CC Brugge) / DC&J Création / Cité musicale-Metz, La Briqueterie CDCN
Résidences : Charleroi danse / Théâtre de Liège / Grand Studio (BE) / La Briqueterie CDCN / CSC – Centro per la scena contemporanea
Avec le soutien de : Fédération Wallonie-Bruxelles / Wallonie-Bruxelles International / Grand Studio / Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge / Inver Tax Shelter
Lara Barsacq est accueillie en compagnonnage au Théâtre de Liège (2024-2028) et en résidence à la Cité musicale-Metz (2024-2026).






















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