Pour clore la saison, le Ballet de l'Opéra National du Rhin nous propose sous l’intitulé Ballets Russes trois pièces emblématiques du répertoire de la danse contemporaine qui chacune a marqué une révolution au début du XXème siècle. Ce sont Le Sacre du Printemps, L'après-midi d'un Faune et le Boléro de Ravel. Ces trois pièces qui avaient été créées à l'origine par Valslav Nijinski - et par sa sœur Bronislava Nijinska pour le Boléro - entre 1912 et 1928.
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| Ballets Russes - Hunt - Tero Saarinen - Photo: Agathe Poupeney |
La soirée débute par la pièce Hunt que le chorégraphe Tero Saarinen a créée en 2002 sur la musique de la Danse Sacrale du Sacre du Printemps de Stravinski, une pièce commandée par la Biennale de Venise. Elle est dansée par Suzie Buisson (en alternance avec Lara Wolter). Pour commencer, la danseuse est en fond de scène, de dos sous une douche de lumière. En contre-jour, elle danse au rythme de la musique dans un espace qui s'ouvre au fur et à mesure avec les projecteurs qui encerclent la scène. La musique de Stravinsky démarre doucement dans une ambiance bucolique puis dans une danse plus nerveuse suivie de grands éclats de trompettes et des staccatos de violons. La danseuse avance au fur et à mesure sur la scène où elle est maintenant éclairée par l'arc de cercle des projecteurs. Vêtue d'une simple robe en tissu, elle va être transformée par un écran qui descend des cintres sur lequel est projetée une danse circulaire vue en plongée.
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| Ballets Russes - Hunt - Tero Saarinen - Photo: Agathe Poupeney |
Cet écran devient une partie de sa robe à volants, ces volants qui vont virevolter autour d'elle. Tout en continuant de danser cette robe devient la surface de projection d'une vidéo en puzzle à la Nam June Paik, avec de superbes images crées par Marita Liulia qui se marient avec bonheur aux lumières de Mikki Kuntu. Elles animent et font vibrer le plateau par séries de flashes vibrants. L’interprète incarne magnifiquement les différentes danses et occupe maintenant l’espace du plateau et la vidéo fait d’elle un corps "augmenté", avec son visage qui en contient une multitude d’autres et toute la surface de sa robe, et même plus, qui ouvre à d’autres images et une multitude d'espace. Et la pièce se conclut pour son sacrifice par un magnifique "saut de l’ange".
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| Ballets Russes - L'après-midi d'un faune - Photo: Agathe Poupeney |
Pour L’Après-midi d’un faune (2012), de Claude Debussy, la chorégraphe Dominique Brun s’est appuyée sur des documents d’époque: photos, films et notes et documents de Nijinski, sur sa chorégraphie, en particulier avec la notation Laban, pour restituer au plus près cette création historique qui a révolutionné la danse au début du siècle dernier, rompant avec la tradition classique. La musique est interprétée au piano à quatre mains par Sandrine le Grand et Jérôme Granjon. Julia Weiss et Erwan Jeammot ou Jesse Lyon ou Afonso Nunes, interprètent le faune et la nymphe, dans de magnifiques costumes de Sylvie Skinazi.
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| Ballets Russes - L'après-midi d'un faune - Photo: Agathe Poupeney |
La danse, première chorégraphie de Nijinski, est très symbolique. Les mouvements et les pauses font penser à des figures de vase grecs ou de bas-relief égyptiens. Ils sont presque expressionnistes et ne manquent pas d'humour, comme dans un comique décalé. La danse et le décor sont réduits au minimum. Le rocher, une estrade avec un escalier, et de nymphes, il n'y en a qu'une qui jette ses voiles et les abandonne au désir du faune. On se croirait revenu à l'époque de Diaghilev et de Nijinsky. En tout cas, que ce soit le mouvement ou les pauses, les ralentis, l'immobilité, surprenante pour l'époque, des danseurs, nous sommes subjugués par leur qualité d'interprétation.
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| Ballets Russes - Le Bolero - François Chaignaud - Photo: Agathe Poupeney |
Le summum est atteint par la version au piano à quatre mains du Boléro de Ravel chorégraphiée par Dominique Brun et François Chaignaud. Cette version va à l'essentiel et François Chaignaud, dans sa robe magnifique en tulle coloré - comme un truc en plumes multicolores, créée par Romain Brau - nous montre ici le sommet de son art de la danse et sa qualité d'interpétation.
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| Ballets Russes - Le Bolero - François Chaignaud - Photo: Agathe Poupeney |
Ses variations, changements de rythme et de style, ses pas de flamenco, son énergie habitée, son art d’occuper l’espace par sa simple présence. Ici nul besoin de meubler avec la présence de tous les danseurs qui pourraient entourer le soliste, sa présence sur ce praticable de fortune ouvre l’imaginaire et l’on se met à repenser à La Argentina vue par Kazuo Ono.
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| Ballets Russes - Le Bolero - François Chaignaud - Photo: Agathe Poupeney |
Et la magnifique interprétation des deux pianiste contribue pleinement à faire de cette pièce un succès. et de la soirée un événement unique. Mémorable
La Fleur du Dimanche
Duo.
Conception, recréation chorégraphique
Dominique Brun
Chorégraphie, notation
Vaslav Nijinski
Traduction en système Laban
Ann Hutchinson Guest, Claudia Jeschke
Musique
Claude Debussy
Poème
Stéphane Mallarmé
Costumes
Sylvie Skinazi
Décors
Léon Bakst
Ballet de l'Opéra national du Rhin
Piano
Jérôme Granjon, Sandrine Le Grand
Solo.
Chorégraphie
Dominique Brun, François Chaignaud
Interprétation
François Chaignaud
Musique
Maurice Ravel
Piano
Jérôme Granjon, Sandrine Le Grand
Costumes
Romain Brau
Scénographie
Odile Blanchard
Association Les porteurs d'ombre
Solo
Chorégraphie
Tero Saarinen
Musique
Igor Stravinski
Costumes
Erika Turunen
Décor, lumières
Mikki Kunttu
Multimedia
Marita Liulia
Photographie en projections
Mikki Kunttu
Directeur des répétitions
Henrikki Heikkilä
Ballet de l'Opéra national du Rhin










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