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vendredi 12 décembre 2025

Et de 3 pour le Paysage #5 de François Gremaud avec La Magnificité: La poésie du dérisoire

 Avec le collectif Gremaud/Gurtner/Bovay et la pièce La Magnificité nous bouclons le parcours du Paysage #5 consacré à François Gremaud au Maillon. Nous avons eu droit à un solo de sa part qui le mettait au défi de faire une pièce de deux heures qui nous exposait en détail sa construction avec Aller sans savoir où et un autre solo qu'il avait écrit pour son compère Romain Darles avec Phèdre ! qui tout à la fois expliquait et présentait la pièce de Racine et un ensuite duo avec Victor Lenoble Pièce sans acteur(s) où, le challenge était qu'ils soient à la fois là et pas là. Et là, dans cette dernière pièce, nous faisons connaissance avec le collectif Gremaud/Gurtner/Bovay, composé de Tiphanie Bovay-Klameth, François Gremaud et Michèle Gurtner qui font constituent l'association 2bcompany proposant ces diverses formes d'expression artistiques. Avec Tiphanie Bovay-Klameth, qui est passée entre autres chez les Deschiens et la  comédienne Michèle Gurtner, ils créent des spectacles, mais aussi des performances, des films et même des expositions.


La Magnificité - Gremaud/Gurtner/Bovay - Photo: Dorothée Thébert Filliger


 Comme le dit le titre un rien provocateur, la pièce, mise en scène au cordeau avec trois fois rien, la joyeuses troupe se donne à coeur joie dans une succession de scènes relativement courtes qui flirtent avec le théâtre de l'absurde avec causticité. Que ce soient dans un jeu de société digne d'Ionesco ("OK, c'est un jockey" - et pas un joker) et lors de "stand up" explosé, ou encore d'émissions de radio amateur où l'amateurisme dame le pion à la fatigue ou encore pour des séances de karaoké poussées à bout, à fond, ces trois héros malgré eux, entre essais infructueux et ratages, nous décrivent un monde où il vaut mieux rater dans la banalité que de ne rien faire. 


La Magnificité - Gremaud/Gurtner/Bovay - Photo: Dorothée Thébert Filliger


L'immobilité étant la mort, sur ce sujet, il faut saluer la séquence "extinction" dont le minimalisme de la scénographie et des accessoires prouve toute la poésie et l'imagination du trio - un seau pouvant devenir la terre. D'ailleurs tous ces petits accessoires, une banane, un pinceau, un grand balai et une pelle et une balayette, un cintre, se métamorphosent avec une poésie prosaïque en instruments de musique lors d'intermèdes musicaux bienvenus. Nous observons devant nous un théâtre des petites choses du quotidien, du prosaïque, de l'insignifiant, pour lequel on dresse un autel et dont on célèbre les héros inconnus et/ou incompris. Et qui ont le courage d'aller au bout de leur inclinaison.


La Fleur du Dimanche

 



Au Maillon du 12 au 13 décembre 2026

Création collective :
Collectif GREMAUD/GURTNER/BOVAY : Tiphanie Bovay-Klameth, François Gremaud, Michèle Gurtner
Musique, son : Samuel Pajand
Scénographie : Victor Roy
Costumes : Anne-Patrick Van Brée
Couture : Karolina Luisoni
Lumière : Stéphane Gattoni – Zinzoline
Direction technique : William Fournier
Régie lumière : Adrien Gardel
Administration, production, diffusion : Noémie Doutreleau, Morgane Kursner, Michaël Monney

Production : 2b company
Coproduction : Arsenic – Centre d’art scénique contemporain, Lausanne / Théâtre Saint Gervais, Genève
Soutiens : Loterie Romande / Fondation Leenaards / Société Suisse des Auteurs / Fondation suisse des artistes interprètes SIS
Avec le soutien du Consulat Suisse de Strasbourg
La 2b company est au bénéfice d’une convention de soutien conjoint avec La Ville de Lausanne, le Canton de Vaud et Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

jeudi 11 décembre 2025

Pièce sans acteur(s) au Maillon dans le Paysage #5 de François Gremaud: Faire voyager l'imagination dans deux enceintes

 Pour qui a déjà vu une pièce de François Gremaud - seul ou avec d'autres de ses complices - connait à la fois son humour et son attrait pour les paris et les expériences. Comme avec Phèdre ! vu la semaine dernière où un seul comédien raconte et joue la pièce devant nos yeux ébahis ou Aller sans savoir où, où il nous gratifie d'une manière limpide et (dé)structurée de ses procédés d'écriture et de création en les découvrant lui-même.

Et ce soir donc, un nouveau challenge à son actif pour répondre à un nouveau pari: écrire et jouer une Pièce sans acteur(s) avec son complice Victor Lenoble.

Sur scène, en lieu et place des acteurs donc, deux majestueuses enceintes constituées à priori d'au moins deux haut-parleurs chacunes, superposés, les basses en bas et les aigus à priori en haut, mesurant au moins deux mètres de hauteur. Présence impressionnante de chaque côté de la scène au fond du plateau. Et un  silence assourdissant, qui nous rend ces deux "meubles" presqu'inquiétants.


Pièce sans acteur(s) - François Gremaud - Victor Lenoble - Photo: François Gremaud

On en est à se demander comment va se passer cette pièce "sans acteur", que va-t-il se passer sur scène, quand, subitement; sur le ton de la confidence, une voix presque chuchotée, qui s'adresse presqu'à elle même, mais facilement audible vu qu'elle est amplifiée et portée par l'enceinte de droite se présente "Victor Lenoble", dit qu'elle est "boulanger" et que son objectif est, "avec François Gremaud" -puisque c'est un challenge qu'ils se donnent à deux - de concevoir et réaliser, représenter, une pièce sans acteur. un spectacle qu'il imagine "drôle, simple, émouvant, poétique, philosophique". Et nous, d'imaginer ce qu'ils pourront bien inventer pour cela, qui semble une belle gageure. Mais faisant confiance au duo, ayant vus que ce type de pari a déjà été tenu par François Gremaud dans sa pièce précédente. Sauf que là, pour le moment, on ne voit rien, et on imagine qu'ils ne vont pas apparaître sur scène pour nous raconter quoi que ce soit. Et c'est effectivement le cas. 


Pièce sans acteur(s) - François Gremaud - Victor Lenoble - Photo: François Gremaud

Alors que, précédemment, dans les autres pièces, tout le travail gestuel, les expressions, la spatialisation, la mimesis, l'imitation des personnages ou le mime participaient au moteur du récit, ici, rien de tout cela. C'est uniquement sur le récit, dit, enrichi d'un certain nombre de trouvailles qui va à la fois nous tenir en haleine, amener notre imaginaire en ébullition, nous charmer, nous faire réfléchir et nous surprendre, nous emmener vers la fable, le poétique, même le fantastique ou nous faire prendre conscience de la force de l'imagination ou de la puissance d'un récit oral. 


Pièce sans acteur(s) - François Gremaud - Victor Lenoble - Photo: François Gremaud

Par des surprises successives, des revirements imprévus, des procédés originaux et des moyens "extrêmes" que je ne vous dévoilerai pas, les deux complices - parce qu'à un moment, la présence de François Gremaud (toujours aussi absent de la scène) apparaît aussi puis participe à ce ping-pong d'idées - nous initient à une ouverture fabuleuse de l'esprit, plantant sous nos yeux des fraises et autres plantes vertes, mais aussi des décors de contes de fées avec des biches, nous emmenant dans le royaume des objets qui prennent corps devant nous, et même des concepts et de sentiments, jusqu'à convoquer un vrai ballet de Nijinski.


Et c'est tout le charme et toute l'habileté de ce duo d'artistes oulipiens au possible de se jouer de règles à priori absurdes et de défis inaccessibles pour nous régaler d'un spectacle totalement habité tout en n'étant pas là et de nous mettre face à un notre créativité propre avec humour et poésie, et beaucoup de magie. Presqu'un voyage dans le temps à l'époque des cavernes (de Platon) et d'Artémis, déesse de la chasse et des accouchements. Et qui nous présente concrètement ce que "représentation" peut vouloir dire dans tous les sens du terme et pas que pour les comédiens, pour nous aussi, et cela ouvre beaucoup de portes.


La Fleur du Dimanche

samedi 6 décembre 2025

François Gremaud dans le Paysage #5 du Maillon: Aller sans savoir où et Phèdre ! La joie et l'étonnement partagés

 Avec François Gremaud, Le Maillon présente la cinquième édition de son format Paysage. C'est drôle d'ailleurs que le terme "format paysage" en graphisme - mise en page s'oppose à celui de portrait - l'un signifiant un format vertical et la paysage, comme on le comprend, une vue horizontale en largeur. Soit! Disons donc que pour ce "Paysage" consacré à François Gremaud, il pourrait s'agir d'un portrait de lui en largeur à travers un panorama de quelques-unes de ses oeuvres pour un "tour d'horizon" qui nous permettrait de faire son "portrait". L'auteur ne nous est pas inconnu si nous suivons la programmation du Maillon. De sa "trilogie" nous avions déjà vu la Carmen. (le point est dans le titre, ce n'est pas la fin de la phrase) et la Giselle... (les point de suspension sont aussi dans le titre) respectivement en 2024 et 2022. Il nous manquait l'origine, la (pièce) Phèdre! (le point d'exclamations est de l'auteur François Gremaud) qui est donc présentée dans ce Paysage (et dont nous parlerons plus bas) dans le cadre d'une soirée "large" ce samedi, où nous avons aussi le plaisir de découvrir la pièce Aller sans savoir où, une commande de la Manufacture - Haute Ecole des Arts de la Scène à Lausanne, une pièce - un chalenge - écrite entre la fin 2020 et mars 2021, alors qu'il montait Giselle...


François Gremaud - Phèdre ! - Aller sans savoir où - Photo: Marie Clauzade


Aller sans savoir où


Aller sans savoir où est conçu comme une conférence performée pour laquelle l'auteur va, ainsi, méthodiquement avancer dans l'écriture - et la réflexion - sur ce processus d'écriture autoréflexive et d'autoanalyse en construisant idée après idée, structure après structure, réflexion après réflexion, inspiration après inspiration, surprise après surprise, joie après joies ( ou déception) pour, au final arriver à un texte dont il va "déplier" la "liste exhaustive" des phrases successives (qu'au départ il compte et numérote - et plus tard de temps en temps, pour faire un bilan) et - comme c'est "performé" - mettre en scène, jouer, comme une pièce de théâtre. Une sorte de conférence gesticulée - il va nous expliquer un moment pourquoi ses paroles sont soulignées par des gestes - d'ailleurs cette gestuelle et cette "mise en espace" est très importante et je vous conseille d'être très attentifs à ces gestes quelquefois minimalistes comme par exemple le mot "mot", "petit bloc poétique" qui devient un geste dans l'espace, figé à l'endroit où il a été exprimé - de même, les espaces qu'il délimite qui représentent soit des lieux (une cuisine, son bureau avec l'ordinateur sur lequel il tape son texte - à deux doigts), soit des endroits où il range les concepts (qui peuvent devenir très concrets comme "le coin des idées moisies") - ou des personnages qui débarquent dans le récit (ses héros: Carmen et Phèdre, ses références: Borgès, Deleuze, Proust, Pina Bausch, Mnouchkine ou ses ami(e)s, ou le futur (à Cour) - où il jette les choses inutiles (mais qui vont lui "tomber dessus dans le futur"!). 


François Gremaud - Aller sans savoir où - Photo: Marie Clauzade


L'espace de la scène qu'il occupe ainsi de manière très structurée est aussi une construction "temporelle" puisque l'espace part du degré zéro (de l'écriture), à Jardin pour avancer progressivement (avec l'accumulation des phrases, des idées, des concepts, etc.) vers Cour (dont j'ai déjà prédit l'inoxerable retour de ce qui a été jeté) vers il va ! - Remarque: Il sait très bien où il va sur scène (enfin, c'est pour la mise en scène qu'il s'est décidé - peut-être avant - pour cette direction), mais bien sûr, il ne sait pas comment, et avec quels mots (les mots étant aussi des idées, des réflexions, ses explications, mais pas que; cela peuvent être des suspensions tout comme ce peuvent être des prétextes ou des citations et pourquoi pas, et il ne se gène pas, des moment d'humour ou des jeux de mots) et quelle structure. En tout cas, ces mots, notés les uns après les autres qui doivent constituer le texte de cette conférence sans fin qui est quand même annoncée (dès le départ) durer deux heures (parce que François Gremaud est précis et sait compter - et conter) vont baliser la route et montrer le cheminement de la pensée de l'auteur François Gremaud. Et nous présenter certains aspects de sa philosophie, de son sens de la vie - comme par exemple son désir d'émerveillement qu'il essaie de partager avec le public - avec l'envie de "changer les gens", se référant à Brecht, Deleuze et nous invitant à - comme dit Bernard Stiegler "Penser, c’est toujours commencer par ne pas savoir." - partir "au risque de se perdre" et nous émerveiller, comme "l'idiot", à la quête d'idées "singulières", que nous recevons "sans jugement" pour construire, comme lui, avec une pluralité d'idées, un objet "insolite" qui, in fine devient un spectacle, une parenthèse qui s'ouvre dans nos vies, qui apporte fraîcheur, humour et  plaisir, joie, bonheur d'être ensemble et de penser et de rire ensemble - et même comme il a osé nos le faire faire, d'être créatif - un tout petit peu, poète d'une seconde. Et c'est tout le charme, l'intelligence (à la fois le fait d'être ensemble et en connivence) et l'art (multiple) de François Gremaud de nous avoir emmenés dans son parcours, sans nous avoir perdus en chemin. Et nous ne regrettons pas du tout ce voyage qui grâce à l'expressivité du comédien au demeurant aussi philosophe, pédagogue et à certains aspects comique nous invite à ouvrir notre esprit et à tenter des expériences pas si désagréables. 



Phèdre !


Je l’avais dit il y a quelques mois, à propos de la présentation de la tragédie de Jean Racine, Phèdre à La Filature de Mulhouse : "Qui n'a pas une fois dans sa vie étudié ou vu Phèdre de Jean Racine, une des pièces les plus emblématiques de théâtre français. ?". Cette pièce immense, un des chef-d’oeuvres de Racine sinon du théâtre français a aussi intéressé François Gremaud. Mais cela aussi, je vous l’ai dit, puisque c’est la première pièce de sa trilogie (avant Giselle… et Carmen.). Et qu’en ponctuation il a mis un point d’exclamation "!" pour marquer son admiration. La pièce de Gremaud, avec sa forme d’interjection souligne à la le ravissement de l’auteur pour cette histoire et son émerveillement pour le style unique de Racine, son usage de l’alexandrin et du vocabulaire, de la narration pour la présenter. D’ailleurs, pour exprimer cela, François Gremaud use d’un autre artifice de narration en mettant en scène un comédien qui va à la fois présenter la pièce de Racine, l’expliquer et la mettre dans son contexte, éclaircir justement les formes et figures de style et de narration et, également raconter cette histoire, en la résumant mais aussi en la jouant. En quelque sorte en jouant en pratique une explication de texte et une analyse théâtrale – montrant ce qu’est la narration et ce qu’est l’imitation (diegesis et mimesis, les fondements du théâtre antique selon Platon). 


François Gremaud - Phèdre ! - Romain Daroles - Photo: Loan Nguyen


 Et pour rajouter un peu de sel, le personnage qui présente tout cela s’appelle Romain Daroles, comme le comédien (l’Acteur: Romain, façon d’orateur). Pour rester sur le plan de l’analyse littéraire, il est également dit que la tragédie de Racine doit agir d’une certaine manière comme une "catharsis" sur les spectateurs une sorte de purification en relation avec l’histoire d’amour et de meurtres – car dans une tragédie il y a des morts – que l’on voit représentés et dont on s’en sort par l’émotion transférée au cours de la pièce. Ce n’est pas aussi simple avec Phèdre ! puisque cette dernière (pièce) est qualifiée de "comédie" parce qu’elle balance continuellement entre l’histoire "originelle" de Racine (il est bien dit : "d’après Racine") et le regard ou l’interprétation et les explications que continuellement – et sur un rythme sans faille - l’on pose sur elle. 


François Gremaud - Phèdre ! - Romain Daroles - Photo: Loan Nguyen


Cela va même plus loin, et c’est aussi tout le talent du comédien (à plusieurs niveaux) qui instantanément et sans transition peut passer de l’interprétation du texte d’un personnage (et Romain Daroles est plus qu’un "homme-orchestre" parce qu’il joue tous les rôles – il y en a 9 ! non seulement "dans le texte" - de Racine – mais aussi dans son texte (celui que François Gremaud a spécifiquement écrit pour lui) et qui se caractérisent par un regard à la fois humoristique et "typé", différent pour chaque personnage (par exemple à la manière de Jean Vilar pour Théramène – avec sa barbe (le livret), Oenone en "tante méridionale", Thésée en "gros bras", …) un vrai feu d’artifice et de multiples occasions de rire.


François Gremaud - Phèdre ! - Romain Daroles - Photo: Loan Nguyen


Effectivement la pièce est drôle, comique mais en même temps instructive. On y apprend au début toute la généalogie de la famille de ces rois – et leurs amours curieuses – et extraordinaires, présenté comme un feuilleton Tik-Tok avant l’heure, mais ne prend pas de libertés avec l’authenticité. Et après ce quart de tour d’introduction, nous plongeons dans le vif de l’action, essayant de comprendre les motivations et les inclinations – et les inimités - des différents personnages les uns envers les autres, les stratégies de séduction et de haine, les manigances et les retournements, traités à la manière d’un feuilleton en cinq épisodes (pardon 5 actes) que le texte (résumés et plongeons dans le bain de la pièce authentique) de François Gremaud et magnifiquement interprété par le virtuose Romain Daroles (qui se permet autant de rajouter de didascalies et des analyses littéraires) nous servent sur la plateau non pas comme un mets spartiate mais comme une comédie burlesque et roborative


François Gremaud - Phèdre ! - Romain Daroles - Photo: Loan Nguyen


Et l’on rêve d’être leurs élèves en classe de littérature pour en bénéficier semaine après semaine (on prend l’abonnement et on retourne au lycée ! – en Suisse on dit "collège"). Saluons encore la facilité avec laquelle, sans que l’on s’en rendre compte tellement cela devient évident et naturel, Romain Daroles passe dans TOUS les registres de la parole, une formidable prouesse d’acteur. Et aussi le très bon choix de François Gremaud d’avoir élu ce comédien et d’avoir su trouver les mots qu’il faut, au moment où il les dit, pour nous emmener dans cette heure quarante où les mots et les phrases coulent sans que l’on se rende compte que ce sont des mots « écrits » jusqu’au moment où l’on se fait offrir le texte "gravé dans le marbre" et où l’on est abasourdi et émerveillé d’y avoir cru.


La Fleur du Dimanche

lundi 23 juin 2025

Au Festival Montpellier Danse, Eric Minh Cuong Castaing présente Forme(s) de vie : Le corps augmenté... par l'humain

 S'il fallait trouver un mot qui puisse qualifier le spectacle Forme(s) de vies d'Eric Minh Cuong Castain, ce serait assurément "collaboration", dans tous les sens du terme, surtout en proximité et en fidélité. Déjà, au départ, pour ce projet chorégraphique que l'on va nommer ainsi parce que c'est aussi le but, qualifier ainsi ce travail , ce spectacle, cette performance de chorégraphie, c'est justement donner la vraie valeur au résultat de de cet acte d'inclusion, d'intégration: donner corps - et mouvement - à celles et ceux à qui on le donne que trop peu. 


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - (c) Shonen


Au départ donc ce n'est pas un travail solitaire, c'est une collaboration entre Eric et Aloun Marchal et Marine Relinger. Cette collaboration a débuté il y a longtemps et avait abouti à L'Age d'Or (2018), une performance et un film avec des enfants atteints de trouble moteur. Aloun Marchal lui-même étant co-chorégraphe avait créé en Suède SPINN, la première compagnie de danse inclusive à partir des années 2012. A côté d'eux, Marine Relinger, dramaturge et cinéaste, venue de la philosophie et du journalisme apporte son regard via le média vidéo - elle a d'ailleurs fait un film portrait Un corps à soi (2025) sur l'interprète danseuse Elise Argaud, l'une des deux interprètes en perte de mobilité. Le deuxième étant Kamel Messalleka. C'est d'ailleurs sur des images de lui en plan rapproché, retrouvant les gestes de son ancien métier de boxeur que démarre le spectacle, laissant le spectateur dans une forme d'interrogation sur ses capacités physiques. 


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - Photo: Laurent Philippe


Mais après nous être fait symboliquement assommer par lui sur l'écran, nous le voyons arriver en vrai, et toujours en boxeur, partant du côté de l'écran et nous offrant son corps, limité dans ses jambes, dans son souffle mais non dans sa volonté, heureusement - et fortement soutenu par deux danseurs, Nans Pierson et Aloun Marchal. L'énergie de Kamel grandit au fur et à mesure de la pièce et des "Gauche - Droite - Gauche - Droite..." assénés et soufflés. Même si le souffle s'épuise parfois. Mais pas la volonté. Ni surtout la proximité, car les trois interprètes prennent littéralement un "bain de foule" heureux et chaleureux.


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - Photo: Laurent Philippe


Le versant féminin de ce travail d'approche, avec Elise Argaud, se fait en contrepoint, dans une belle et sensible lenteur qui, à l'opposé nous rend attentif à la fragilité de la position debout et à la maîtrise des gestes, où l'on devine des efforts immenses de concentration et de coordination, avec l'aide ici principalement de Yumiko Funaya, toute en attention et en guidance. Cette proximité et cette rencontre avec ces deux corps qui nous deviennent familiers, qui vivent leur vie propre et arrivent quelquefois à s'affranchir des prothèses humaines nous amènent à basculer notre vision, notre attention, notre écoute et notre ap-préhension des corps - qui ne répondent pas aux critères que notre société bardée de règles, de normes, de standards et de prescription - vers une nouvelle approche sensible des êtres et de leurs corps. Jusqu'à prendre plaisir et joie dans le jeu et le balancement, quand Elise et son partenaire se mettent à danser, virevolter et s'envoler, en se moquant de la gravité et de la gravitation.


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - (c) Shonen


C'est aussi en quelque sorte l'expérience "vécue" dans le dernier extrait de film où le corps d'une autre femme expérimente avec bonheur - presque jusqu'à l'extase - dans une symbolique montée au ciel ("une dernière fois") qui pourrait nous faire croire au surpassement de nos limites charnelles et physiques si les voix en commentaire (de cette belle équipe qui ose tout cela) dans le film ne tempéraient et et mettaient un frein au rêve de libération en exprimant doute et hésitation devant de ce qu'ils ont réussi à faire et du résultat de leur "performance". 

Cependant, le sourire des interprètes, en vrai sur la scène, et le bonheur qu'ils nous ont transmis pendant une heure, à nous spectateurs et de nous avoir permis d'avoir un nouveau regard, lavé de couches de présupposés, vaut bien quelques doutes, d''autant plus que ce genre d'expérience est bien rare. En espérant de tout coeur qu'elle puisse essaimer plus largement. En tout cas la graine est semée.


La Fleur du Dimanche   


Forme(s) de vies


Montpellier - le 23 et 24 juin 2025


Distribution / Production

Pièce chorégraphique d’Eric Minh Cuong Castaing en collaboration artistique avec Aloun Marchal et Marine Relinger
Avec Elise Argaud, Yumiko Funaya, Aloun Marchal, Kamel Messelleka, Nans Pierson
Et la présence à l’écran de Martial Bucher, Soizic Carbonnel, Jeanne Colin, Yoshiko Kinoshita, Eric Minh Cuong Castaing, Annie Ode et Bruno Santili
Chorégraphie : Éric Minh Cuong Castaing, Aloun Marchal
Dramaturgie : Marine Relinger
Direction technique : Virgile Capello
Scénographie : Anne-Sophie Turion, Pia de Compiègne
Création sonore : Renaud Bajeux
Création lumière : Nils Doucet
Costumes : Silvia Romanelli
Films : Victor Zébo (image), Renaud Bajeux (création sonore), François Charrier et Samuel Poirée (son), Lucie Brux (montage), Scarlett Garson (direction de production), Samuel Tuleda (direction régie), Alexis Lambotte – Label 42 Studio (étalonnage)
Production : Compagnie Shonen
Coproduction : Festival de Marseille, Ballet National de Marseille, Pôle Arts de la Scène -Friche Belle de Mai, Prix le BAL de la Jeune Création – Adagp 2020, Vooruit Gand, Points Communs Scène nationale de Cergy Pontoise, Tanzhaus NRW Düsseldorf, Fonds Transfabrik, Carreau du Temple, Charleroi Danse, Le Vivat-Armentières, Les Ballets CdelaB, Ministère de la Culture Délégation à la Danse, C.N.C. DICRéAM, département des Bouches du Rhône – «Ensemble en Provence», Région Sud – Carte Blanche aux Artistes 2020, DRAC PACA & ARS PACA – «Culture et Santé», Fondation Porosus, Fondation Handicap et Société
Avec le soutien de ICK Dans Amsterdam
Mise à disposition de studios : Lieux Publics – CNAREP – Pôle Européen de Production – Marseille, K.L.A.P. – Maison pour la Danse – Marseille, Marseille Objectif Danse, Pôle 164 Marseille, Friche Belle de Mai
Partenariats Santé : La Maison – Gardanne, Hôpital Sainte Marguerite – Marseille, Hôpital Bretonneau – Paris

dimanche 22 juin 2025

Au Festival Montpellier Danse, Camille Boitel et Sève Bernard présentent « » - Tout et dit dans l'immédiat et "sauve qui peut"

 Les artistes sont quelquefois des visionnaires et dans le contexte actuel, comment ne pas faire le parallèle entre l'état du Monde et ce qui se joue sur la scène. Mais on peut aussi se dire que tout cela n'est qu'une grande parade de cirque et qu'il suffit d'un "entracte" pour refaire le ménage.

En tout cas sur la grande scène du Théâtre de l'Agora, le spectacle «       »  de Camille Boitel et Sève Bernard pousse les murs et déborde la scène. Les surprises arrivent par charretées et cela semble ne pas s'arrêter. C'est l'accumulation et quelquefois on se demande si les comédiens-danseurs-circassiens n'en font pas un peu de trop. Mais le déséquilibre est aussi dans le jeu et l'imprévu dans la mécanique.


Festival Montpellier Danse - Camille Boitel & Sève Bernard - «       » - Photo: L'immédiat


Car dès le départ, tout a tendance à chuter, tomber, se détacher, se plier, se désarticuler, ne pas tenir debout et se retrouver au sol ou en déséquilibre instable. Une longue chaîne d'interactions autodestructrices du genre maison catastrophe ou hantée ou réaction en chaîne à la Fischli et Weiss, qui dans une accumulation délirante et des effets de répétition quoiqu'angoissantes nous font balancer entre terreur et rire. A se demander quand cela va finir. Et effectivement la mi-temps est sifflée très tôt et l'on assiste ensuite à un ménage de la scène qui ne semble pas finir car il en apparaît chaque fois plus à ranger.

Et suite à cela, la catastrophe et les cataclysmes s'étendent jusqu'autour et au-dessus de la scène, prenant une ampleur inédite.

Et l'on part dans une nouvelle phase dans laquelle la problématique va plutôt travailler la question de la gravitation, l'attraction, l'impossibilité de quitter le sol, le poids du corps et sa masse impossible à faire tenir debout ou en équilibre, ou à l'inverse la tendance à s'envoler. Egalement l'impossibilité à se mouvoir, à garder sa place ou son trajet, à se retrouver projeté dans un espace temps où le présent, le passé et le futur se confondent, se superposent ou glissent l'un sur l'autre grâce à un habile jeu de panneaux mobiles noirs qui se livrent un ballet époustouflant avec apparitions disparitions dans un jeu de cache-cache où l'un est surpris d'être confronté à l'autre quelquefois dans une terreur paralysante.


Festival Montpellier Danse - Camille Boitel & Sève Bernard - «       » - Photo: L'immédiat


Tout cela donne un grand désordre brinquebalant où rien n'est sûr et stable, même les éclairages sont à l'avenant et l'homme (et la femme), dans une chute continue et sans fin n'arrive à construire qu'une tour de Babel instable et inutile. Heureusement que du public des voix apaisantes s'élèvent, on espère qu'elle sauveront le Monde. Alors, à vous de jouer!


La Fleur du Dimanche 

 

«       » de Camille Boitel et Sève Bernard  

Montpellier le 22 et 23 juin 2025

Distribution / Production

Compagnie L’immédiat

Camille BOITEL : écriture, mise en scène, jeu et manipulations

Sève BERNARD : écriture, mise en scène, jeu et manipulations

Étienne CHARLES : regard complice

Clémentine JOLIVET, en alternance avec Pascal LE CORRE : jeu et manipulations

Étienne CHARLES, en alternance avec Michael BOUVIER : jeu, régie lumière et plateau

Benoît KLEIBER : jeu, portés et manipulations

Kenzo BERNARD : jeu, régie son et manipulations

Construction : Étienne CHARLES avec l’aide d’Adrien MAHEUX et Michael BOUVIER

Construction additionnelle : Paulo DUARTE

Confection costumes : Nathalie SAULNIER

Confection des pendrillons : Nathalie SAULNIER avec l’aide de Lara MANIPOUD, Clara STACCHETTI, Lucie MILVOY, Cécile QUILTU, Anaé BARTHELEMY

Conseil technique son : Gaëtan PARSEIHIAN

Régie générale : Stéphane GRAILLOT

Administration : Elsa LEMOINE

Production, diffusion : Coralie GUIBERT

Chargée de production : Agathe FONTAINE

Remerciements : Elsa BLOSSIER, Julie RIGAULT, Marion FLORAS, Yann MARITAUD, Nicolas BERTEYAC, Pierrot USUREAU, Thomas DENIER


Production : Compagnie L’immédiat

Coproductions (en cours) : Montpellier Danse, résidence de création à l’Agora, cité internationale de la danse, avec le soutien de la Fondation BNP Paribas / Bonlieu, scène nationale Annecy / Équinoxe – Scène Nationale de Châteauroux / Le Théâtre, scène nationale de Saint-Nazaire / Le Canal théâtre du Pays de Redon, scène conventionnée d’intérêt National art et création pour le Théâtre / Théâtre Durance, scène nationale – Château-Arnoux-Saint-Auban / Archaos – Pôle National Cirque / théâtre Garonne, Scène Européenne – Toulouse / Théâtre la Vignette, scène conventionnée, Université Paul-Valéry Montpellier / TRIO…S – EPCC – Hennebont – Inzinzac-Lochrist, Scène de territoire pour les arts du cirque / Le PALC pôle national cirque de Châlons-en-Champagne – Grand Est / Le Manège, scène nationale – Reims / Le Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence / Bain Public, Saint Nazaire / Malraux, Scène nationale Chambéry – Savoie / Théâtre de Grasse, scène conventionnée d’intérêt national art et création / Carré Magique, Pôle national Cirque de Bretagne, Lannion / L’Avant-Scène, Cognac / Le CENTQUATRE-PARIS / Théâtre Victor Hugo, scène des arts du geste – Bagneux

Apport collectif : Les 3T-scène conventionnée de Châtellerault / Le Champ de Foire, Saint André de Cubzac / Odysca, Biscarrosse / Les 4A, Saint Jean d’Angély / CREAC la Cité Cirque, Bègles

Soutiens : La Martofacture, Sixt-sur-Aff / Compagnie en résidence et création avec le soutien du Théâtre National de Nice – CDN Nice Côte d’Azur, La Brèche, Pôle National Cirque de Normandie – Cherbourg-en-Cotentin,

Avec le soutien de l’Adami

Avec l’aide à la création de la DGCA – Ministère de la Culture

La compagnie L’immédiat est conventionnée par le Ministère de la Culture – DRAC Île-de-France et reçoit le soutien de la Région Île-de-France au titre de l’aide à la permanence artistique.

La compagnie L’immédiat bénéficie du soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.

mercredi 21 février 2024

Ca va bien se passer (J'espère) de Robert Bouvier au TAPS: C'est drôle, si ça se passe mal on rigole bien

 C'est rare qu'un directeur de théâtre aille sur scène autrement que pour annoncer qu'il faut éteindre son téléphone portable avant le spectacle. D'ailleurs, Olivier Chapelet l'a fait; il a également annoncé la pièce Ca va bien se passer (J'espère) en précisant qu'elle serait interprétée par Robert Bouvier, ancien élève (diplômé) de l'école supérieure du Théâtre National de Strasbourg. Mais que ce comédien, devenu directeur d'un théâtre se mette en scène et commence par remplacer à lui seul les quelques 35 danseuses du Ballet du Kirov en attendant qu'elles arrivent, c'est plus rare. 


Ca va bien se passer (J'espère) - Robert Bouvier - TAPS


Bon, cela se passe bien parce que ce n'est pas trop long, et qu'en plus c'est drôle. Drôle, en fait cela le restera jusqu'au bout, le temps qu'elles arrivent, mais ça c'est une autre histoire. Une histoire mise en scène par le comédien-directeur de théâtre avec la collaboration de sa cousine Joëlle Bouvier (bien connue comme chorégraphe (sûr qu'elle a mis sa patte au Lac des cygnes du début, entre autres) et à Simon Romang, avec très peu d'accessoires sur la scène mais tous très judicieusement utilisés. Mais, en attendant que les danseuses n'arrivent et que le public, lui va partir, de digression en digression, nous aurons réussi, ou plutôt le directeur aura réussi à nous passer en "revue" sa vie. Qu'elle soit familiale - de sa naissance à ses amitiés - dans sa petite ville au bord du lac, qu'il quitte pour la retrouver en fin de parcours - ou professionnelle - avec cet amour et cette vocation pour le théâtre qu'il attrape très jeune et dont il suit - ou plutôt creuse et creuse sans relâche le chemin.

 

Ca va bien se passer (J'espère) - Robert Bouvier - TAPS


Il nous offre quelquefois avec quelques surprises inattendues qui font le suc de la pièce. Ainsi pour son premier rôle - qui lui a ouvert la vocation, quand dans la représentation de la crèche mise en scène par son institutrice, il devait incarner non le "ravi" mais Balthazar et que dans un élan improvisé et pour faire plus "vrai" (anagramme de ravi), il se barbouille le visage en noir et se retrouve rétrogradé à faire le bœuf. Ca fait de l'effet effectivement. J'en connais d'autres qui, ayant, à défaut d'accessoires - par exemple d'un chapeau pour figurer les champignons dans le conte de Blanche Neige, se sont retrouvés à faire des arbrisseaux et ont détesté le théâtre toute leur vie. Notre apprenti comédien lui, ne s'est pas découragé, qui bien plus tard s'est retrouvé Black Face prédestiné chez Matthias Langhof. Il lui en a fallu du courage et de la persévérance, et de la chance. Entre autre de connaître la coiffeuse de la mère d'un comédien local qui a fait carrière à Paris, ou d'essayer de faire partie de la troupe de Patrice Chereau. Rien ne l'a découragé, et grâce à son obstination il a grimpé les échelles des rôles du cinéma, passant de figurant "mort" à figurant "vivant" puis "à onomatopée" puis à figurant "parlant" par la grâce du quota "suisse" sur une coproduction internationale, il a gravi le "Pic Blanc" pour arriver à son rôle idéal "Lorenzaccio".


Ca va bien se passer (J'espère) - Robert Bouvier - TAPS


Ca ne l'a pas empêché non plus, cet homme toujours en retard avec des "confettis" dans la tête, de postuler à la direction du futur nouveau théâtre de sa ville, et d'être sélectionné... et embauché. Cet entretien d'embauche nous vaut quelques portrait hauts en couleur de quelques personnages typiques, comme l'entrepreneur du bâtiment gestionnaire de cet équipement, et d'autre profils impliqués plus pittoresques les un(e)s que les autres. 


Ca va bien se passer (J'espère) - Robert Bouvier - TAPS


Il y aura quelques situations absurdes ou drolatiques, d'autres surréalistes et également un regard sur les coulisses surprenantes du fonctionnement de ce type de structure. Et encore des notations gratinées sur les lubies, travers et excentricités du milieu artistique. On s'en délasse et on rit de bon coeur. On ne se rend même pas compte de la virtuosité d'adaptation du comédien Robert Bouvier qui arrive à incarner et faire prendre chair à tous ces personnages, passant de l'un à l'autre sans effort, jouant de la voix ou du geste ou de l'attitude pour nous plonger dans cette réalité qu'il nous conte sans faiblir et avec humour. Une belle performance. Cela s'est très bien passé.


La Fleur du Dimanche


Ca va bien se passer (J'espère)

Au TAPS Scala - Strasbourg, le 21 et 22 février 2024

de Robert Bouvier, Joëlle Bouvier, Simon Romang

Mise en scène Joëlle Bouvier, Simon Romang

Compagnie du Passage, Neuchâtel (Suisse)

Avec Robert Bouvier

Lumières Pascal Di Mito Musique et univers sonore Matthias Yannis Babey Musique originale Lucas Warin Costumes Faustine Brenier Décor et accessoires Yvan Schlatter Régie générale Pascal Di Mito Production et diffusion Sandrine Galtier-Gauthey Administration Danielle Junod