jeudi 30 mai 2013

Twin Paradox: Danser à deux le chantier de la danse

"Danser malgré tout. Danser après tout.*" C'est ce que dit Mathilde Monnier de son dernier spectacle donné au Maillon le 29 et 30 mai 2013 dans la cadre du Festival Nouvelles proposé par Pôle Sud.


Mathilde Monnier - Twin Paradox

Littéralement, les couples d'amants enlacés du début, couverts de fleurs colorées s'épuisent dans cet immense chantier de danse de couples qui s'entrechoquent jusqu'à ne plus tenir debout.
La référence aux marathons de danse des années 20 aux Etats-Unis et au film de Sydney Lumet "On achève bien les chevaux" transpire dans la pièce, sans que sur scène nous assistions vraiment à ce genre de compétition.
Cela se passe plutôt dans la mise en place d’atmosphères, d'ambiances, soutenues par la création musicale de Luc Ferrari, dont la bande son (mixage de prises de sons réels - camions, chant de cigales ou chuchotements dans des langues variées et quelques traits musicaux triturés) instaure un climat qui nous emporte dans cette tension.



La  scénographie, elle-même présentant le plateau comme un chantier, avec ses plaques oranges, mais non dépourvu de magie, comme lors d'une boucle de répit où il neige des feuilles dorées à la fois apaisantes, mais où le souffle ne lâche pas.
Le spectacle se goûte dans la durée, qui disloque les couples et les transforme, les amenant d'habits multicolores à un noir et blanc sommaire bien que gardant la mémoire des fleurs.

Vous en avez un extrait ici:


Twin paradox from Karim Zeriahen on Vimeo.

Je reviens juste sur la ligne directrice du festival que j'avais soulignée la semaine dernière pour compléter par une remarque suite au spectacle de David Rolland "L'Etranger au Paradis", joué mardi 28 mai au théâtre de Hautepierre.
Je faisais remarquer que les mots, et les silences qui les rythment semblaient une thématique qui traversait quelques pièces. La pièce de David Rolland, mettant en scène douze danseurs à la limite de la perte d'identité font écho au spectacle de Benoit Lachambre où quelquefois les corps vibrants se transforment en personnages de jeux vidéo, abandonnés à leur sort. Mais ici, c'est plutôt une série, un genre de troupe multicolore de pacmans-pixels colorés (rouges, verts, bleus,...) qui arpente indéfiniment des parcours programmés et néanmoins variés sur un plateau de jeu.
Au point que les interprètes, dont il faut souligner la formidable capacité à se laisser (télé)guider, nous fascinent dans leur déplacement hypnotiques - il faut précsier que les danseurs, tousrecrutés à Strasbourg, ont eu deux joours de répétition - un vrai challenge dont ils s'en sont magnifiquement tirés.


Ici, une version de l'année dernière:

Et là, le chanson de Gloria Lasso, à laquelle se réfère la pièce:



Bons Spectacles

La Fleur du Dimanche


* Une bande dessinée qui raconte la vie de Mathilde Monnier, ou plutôt où Mathilde se raconte, coédité par Denoël Graphic et le Centre National de la Danse vient de paraître. L'auteur - avec Mathilde Monnier - est François Olislaeger, qui voulait danser chez Mathilde, s'est donc retrouvé à dessiner sa vie.

mercredi 29 mai 2013

Que devient l'Art Aujourd'hui ? Alimentaire, mon cher !

Il ne faut pas être Sherlock Holmes pour se rendre compte que de plus en plus - il est vrai que cela arrive plus souvent en province que dans la capitale - l'art est lié à la gastronomie.

Certains "Happy Few" ont sûrement noté la récurrente exposition "Art et Saveur" qui depuis 1997 décline la cuisine en Art - cette année  c'était la "Patate", l'année dernière le "Cochon" - voir mon billet du 12 mars 2012.

Et bien sûr, les vernissages des expositions qui font montre d'ingéniosité et d'originalité dans les amuse-bouche et autres spécialités culinaires servies aux amateurs d'art - ou de bonnes bouchées ?

Il existe bien sûr également une branche de l'art qui a pris l'appellation d'Eat Art, lancé dans les années 1960 par Daniel Spoerri et dont Dorothée Seltz maintient la tradition bien vivante.

Mais la question - élémentaire - qui me triture aujourd'hui est de savoir si un pâtissier, fusse-t-il Meilleur Pâtissier de France, est un artiste. La réponse vient d'un membre de Fluxus, Joseph Beuys: "Chacun est artiste". 
Et pour vous prouver que Thierry Mulhaupt est un "vrai" artiste, il faut absolument aller à son exposition qui se tient du 31 mai au 12 juin à la Galerie Pascale Froessel au 14 rue des Dentelles à Strasbourg (dans la Petite France).


Thierry Mulhaupt: Crème chantilly fleur d'oranger copeaux chocolat extrèmes.

Vous verrez que Thierry Mulhaupt n'est pas seulement un pâtissier de talent, dont les gâteaux et les chocolats sont à tomber, mais que s'il quitte son laboratoire ou sa boutique pour se "lâcher" dans sa peinture, il croque de délicieuses couleurs gourmandes que lui inspirent les fruits de saison ou les recettes gourmandes. Et il y ajoute un autre sens, en l’occurrence la mausique car chaque tableau et associé à la fois à un goût mais aussi à un émotion musicale. Alors, si vous allez voir l'exposition, surtout n'oubliez pas votre casque.


Dans le registre culinaire, l'agence artistique "DES ARTISTES" s'invite dans des restaurants et des hôtels pour proposer le mariage de la gastronomie avec l'art.
Par exemple, au restaurant Villla Casella au 5 Rue du Paon à Strasbourg, les oeuvres de l'ensemble des artistes de l'agence DES ARTISTES..., Samuël LEVY, Michaël DELATTRE, JEAN-NO ET Alexandre MOLIÉRA seront présentées sur les murs du resturant. L'agence invite également l'ARAHM, Association Régionale l'Aide aux Handicapés Moteurs, à exposer les peintures de ses jeunes artistes. L'événement est organisé avec la soutien de l'association caritative LA MAIN DU COEUR. Le soir du 6 juin, un dîner spécial vernissage est proposé avec un menu entrée - plat - dessert - café hors boisson, au prix exceptionnel de 35 euro.
L'exposition a lieu du 20 juin au 26 septembre 2013.


Alexandre Moliera

D'autres expositions dans d'autres lieux par "DES ARTISTES" au BAR le LINK, (Bar lounge du Sofitel) avec les nouvelles oeuvres d'Alexandre MOLIÉRA.
Exposition du 6 juin au 5 septembre 2013 puis prolongation dans la hall du SOFITEL avec des grands formats du 5 septembre au 5 décembre 2013.
Le LINK Bar du Sofitel - 4 place St-Pierre le Jeune - Strasbourg.

Et le jeudi 13 juin de 17h à 19h au GOLF DE LA WANTZENAU, à la GOLF IMMO 2013, le sculpteur JEAN-NO expose ses sculptures durant 2 jours.
La GOLF IMMO 2013 est un événement organisé par l'association caritative LA MAIN DU COEUR au Golf de La Wantzenau - Route Départementale 302 à La Wantzenau.


DERNIERE MINUTE:

Si le café est alimentaire, dessiner avec du marc de café ne l'est pas vraiment. C'est le pari que s’était donné Valérie Graftiaux avec ses dessins au café qu'elle exécute de puis 1996 dans les cafés où elle s'installe dans les villes de passage.
Le résultat est visible à partir de samedi à l'Artothèque à Neudorf dans le cadre de la Manifestation "Fous d'Images".
Une exposition à ne pas rater.


Bonne exposition 

La Fleur du Dimanche

dimanche 26 mai 2013

Mai, c'est le mois de quoi ? mais du muguet ! Mais enfin il est arrivé ! Mais la renoncule âcre aussi

La renoncule âcre, Butterblum - buttercup en anglais - comme l'appelait ma mère, fleurit enfin aussi dans les prairies herbeuses. Elle, qui nous permettait d'éclairer notre cou, entre enfants pour savoir si nous aimions le beurre: quand le cou était bien jaune, illuminé par la couleur jaune de la fleur, cela signifiait qu'on l'adorait, le beurre - la renoncule âcre donc est là, et le muguet aussi... Il était temps... et Cathy nous a fait une composition que je vous propose en fin de billet.
Donc en ouverture, la Butterblum:


Renoncule âcre - Ranunculus_acris - Butterblum - Photo: lfdd

Pas loin de là, dans le pré fleurit aussi l'arnica:




Et dans les sous-bois, les myosotis fleurissent en tapis bleu: 


Sous-bois au tapis bleu de myosotis - Photo: lfdd


Le TVA du jour va se résumer à deux poèmes de circonstance, si vous voulez réfléchir un peu, je vous renvoie à celui de dimanche dernier, épisode du feuilleton du temps lancé par la phase de Renan: «Nous avons les idées arrêtées dès que nous cessons de réfléchir.»

A propos de temps, voici la chanson de Georges, pour qui le temps s'est totalement arrêté (les mauvaises langues diront, surtout en regardant la vidéo ci-dessous, que déjà en 1969 le temps s'écoulait lentement, comme il le dit lui-même).
Une pensée nostalgique pour lui:


Nous prendrons le temps de vivre
D´être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

Viens, je suis là, je n´attends que toi

Tout est possible, tout est permis

Viens, écoute ces mots qui vibrent

Sur les murs du mois de mai
Ils nous disent la certitude
Que tout peut changer un jour

Viens, je suis là, je n´attends que toi

Tout est possible, tout est permis

Nous prendrons le temps de vivre

D´être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie.

Georges Moustaki

Moustaki: "Le temps de Vivre" et "Ma liberté"





Mai, cité dans le titre et par Georges a aussi été chanté par un autre poète mort en 1918.

Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière

Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement

Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines

De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes.


Guillaume Apollinaire



Un musicien d'un autre genre, qui nous a quitté cette semaine, c'est Henri Dutilheux, né en 1913. Il a été joué à Musica de nombreuses fois, dont "Ansi la Nuit", son quatuor en 2007.





Et "Le Loup"




En bonus, si vous voulez voir d'autres chansons, entre autres de Nicole Rieu ou de Léo Férré, je vous invite à lire ma chronique "Mots, Sons, Motion, Mouvement, Emotions, Nouvelles - Danse, Festival - Strasbourg" du Festival "Nouvelles Strasbourg", le festival de Danse/performances qui fête sa "journée particulière" aujourd'hui.... 

Journée particulière aussi pour les mères, dont c'est la fête et clin d'oeil à Maggy, avec un Muguet de Cathy qui a enfin fleuri dans son jardin et que je partage avec tous...

Muguet verre sur verre - Photo: Cathy G.

Et bonne Fête à toutes les mères.

Bon dimanche

La Fleur du Dimanche

vendredi 24 mai 2013

Mots, Sons, Motion, Mouvement, Emotions, Nouvelles - Danse, Festival - Strasbourg

"Emotion Multiples", tel que l'annonce le panneau porté dans le spectacle de Benoît Lachambre avec le Ballet Cullberg, c'est ce qui vous attend si vous participez au Festival Nouvelles Strasbourg - Danse Performance, organisé par Pôle Sud, comme chaque année.

Annoncé au Printemps - mais le Festival, lui est là - pour nous réchauffer un peu dans notre soif de mouvement, pendant une grosse semaine, vous pouvez faire votre choix dans la diversité des propositions qui naviguent entre Danse et performance.

L'enjeu est fixé par Joëlle Smadja, directrice de Pôle Sud, à l'origine du Festival et qui supervise le programme, dans son texte introductif:
"Comment réinventer le monde en tenant compte de ce qui nous constitue sans se renier ni s’immobiliser ? 
Comment rendre compte finalement de ce passage du temps sur les choses et en proposer un lendemain ?" 

Et les débuts, depuis mardi 21 mai, laissent augurer d'un programme qui devrait vous satisfaire, voire vous décoiffer.

Pour les premières pièces, le rapport entre les mots, les sons, la parole, le mouvement et le silence semblent filer comme un enjeu d'une pièce à l'autre.

Dans le spectacle de Benoît Lachambre, "JJ'S VOICES", un des panneaux, haut placé annonce "Listen" - écoute... écoute la/les voix de Janis Joplin et son mouvement de déstabilisation des danseurs, déstabilisation du spectateur également, qui peut-être attend soit un ballet, soit un concert.
Mais rien de tout cela: des plages de silence entre les morceaux chantés de Janis Joplin, silences lors desquels on peut s'interroger sur l’identité et l'individualité, avec la vision de ces jeunes danseurs, habillés semblablement dans leur veste-sweat à capuche-cagoule. Un univers hanté, virtuel, comme dans les jeux vidéo, sans âme? Mais l'âme vient avec la voix tonique et fragile à la fois de Janis Joplin, qui emporte les danseurs dans des transes électriques.
Le spectacle est encore joué ce vendredi au Maillon - qui est coproducteur de ce spectacle et de celui de Mathilde Monnier "Twin Paradox", le 29 et 30 mai - au Wacken à 20h30.





Pôle Sud cultive d'ailleurs les partenariats, en particulier avec  le FRAC Alsace qui accueille ce dimanche le début d'une "Journée Particulière", avec Clédat et Petitpierre avec "Comme un Gant" et Guillaume Desange avec "Signs and Wonder", puis migre au Musée de la Folie Marco avec "Micro-événement N°43/Mariages" de Tsuneko Taniuchi, puis au Château du Spesbourg avec les Blanche-Neige" de Catherine Bay et "Corps Nature" de Androa Mindre Kolo.

Le spectacle "Les Etonnistes #2" avec Yan Duywendak, Julie Nioche, Michel Schweitzer (que l'on reverra vendredi dans le spectacle "Fauves") et Chloé Moglia, dans une conception de Stéphanie Aubin, présenté ce jeudi était d'ailleurs en plein dans le fil de la parole et de la sensation, avec une salle coupée en quatre, par le biais de casques qui attachaient le spectateur à l'un des quatre interprètes, puis à un deuxième, tentant d'expliquer par ses moyens propres l'objet de l'art et son utilité. L'art pouvant être la danse mais aussi la poésie - telle Chloé Moglia citant Bernard Noël: "Nous n'aurons jamais assez de peau pour toucher le monde et être touchable", ou Jan Duwendack, via les chansons de Nicole Rieu ou Léo Ferré - le poème de Verlaine "Art Poétique" - texte et chanson  plus bas ou encore "Cézanne peint" que chantait France Gall.

La chanson - et le récit d'une vie professionnelle - étaient également le fil du spectacle pleinement assuré, à tous les sens du terme, par Andréa Sitter dans "La 5ème position, une chronique dansée", pleine d'émotion, de charme et d'humour.




Femmes Couvertes de Fleurs regardant Andrea Sitter - Nouvelles - Pôle Sud Strasbourg - Photo: lfdd


L'humour s'est d'ailleurs invité dès l'ouverture du festival avec la pièce "JINX103" de Josef Trefeli, superbe duo enlevé et tournoyant de Josef Trefeli et Gabor Varga, qui, prenant la mesure de leur corps, jouent sur le déséquilibre et la proximité du spectateur en revisitant les règles des danses folkloriques et en les dépoussiérant d'une manière explosive.

Les danses folkloriques que la compagnie "le Grand Jeu", emmené par le toujours dynamique Louis Ziegler, avec la troupe de danse folkloriques "D'Kochloeffel" propose aussi de faire se mélanger avec l'improvisation de la danse contemporaine et que le festival va confronter à un public non captif, vu que cela se passera devant la Médiathèque André Malraux ce samedi 25 mai à 17h00, pour tout un chacun qui aura la curiosité de venir, de passer et de s'arrêter.

Alors, faites votre choix et entrez dans la danse!

Bons spectacles

La Fleur du Dimanche

P.S. Je vous avais promis Verlaine et Ferré, les voilà, accompagnés de Nicole Rieu, avec la chanson du Prix Eurovision de la chanson de 1975 "Et bonjour à toi l'artiste"






Art Poétique"
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière des voiles
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est par un ciel d'automne attiédi
Le bleu fouillis des claires étoiles!

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance!
Oh! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

...

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature."

Paul Verlaine


Et Nicole Rieu - Eurovision 1975:




NICOLE RIEU ET BONJOUR A TOI L'ARTISTE par MADAGASCAR56



dimanche 19 mai 2013

La vie est un feuilleton et la solidarité c'est lundi, pour les vieux ?


La vie est un vrai feuilleton, voire un dialogue constant. Mais il faut bien entendre et comprendre ce qui est dit… 
Trois exemples après les fleurs du jour.
La première est une fleur déjà partagée il y a deux semaines et donc je ne connais toujours pas le nom. Cette fois-ci elle est en pleine floraison et cela ne devrait pas être trop difficile de la reconnaître :

Plusie_heures_F_leurs_fleuries - Photo: lfdd

Ce qu’il faut que je reconnaisse, moi, c’est que je suis un piètre botaniste, comme on me l’a déjà fait savoir. Je suis d’ailleurs aussi de plus en plus mécontent de la qualité des photographies que je publie… Va falloir trouver une solution. Et puis, tant que je suis sur le plan de la critique, je pense également que ma prose est un peu lourde, même si, sur les deux derniers point j’ai eu quelques compliments récents.

Par contre une chose est sûre : J’ai été très mauvais sur la monnaie rendue par Maxime le 5 mai (voir sa photo du 5 mai - fin du post)... 
La seule excuse que je pourrais avoir c’est qu’elle a été rendue (la monnaie) avant que je publie la mienne (la photo de la monnaie - voir le 12 mai -1ère photo) et que je n’ai pas été assez attentif au caractère visionnaire de Maxime (la crèche «Virgin» de l'année dernière - prémonitoire - aurait dû me le  rappeler). Il m’a donc rendu la monnaie du pape que j’ai publié dimanche dernier sans me rendre compte que c’était la même fleur: j’ai d'ailleurs failli la publier également le 5 mai, mais le temps s’en est mêlé entre temps...

A propos de temps, je vais ponctuer le feuilleton des montres avec des photos de fleurs offertes par Anne et que je partage avec vous. Les premières sont des Coeur de Marie qui équilibrent la Monnaie du Pape:

Coeur de Marie - Photo: Anne W

Et donc concernant les montres, savez-vous que vous pouvez désormais téléphoner avec votre montre ?
Quelques exemples ici:




Les deuxièmes fleurs offerte sont des « boules de neige » bien de saison, vu le temps et bien vertes, ça se comprend...

Boules de Neige - Photo: Anne W.

Elles ont dû perdre la boule ou le Nord…. Mais avec une montre GPS, cela n’arrivera plus!
Les dernières sont des Isatis Tinctoria, encore appelées Pastel; elles fleurissent actuellement dans le jardin d’Anne qui nous dit que cette fleur a fait la richesse du pays albigeois, entre autres, et qu’elle lui  a donné le nom  de pays de Cocagne à cause des coques (les pelotes rondes - cocagnes - que l'on fabriquait avec la pulpe verdâtre des feuilles qui donnaient un colorant bleu appelé agranat que l'on vendait cher et qui faisait des teintures dont le bleu indigo.


Pastels - Isatis Tinctoria - Phot: Anne W.


Le vrai TVA de la semaine est en écho à la phrase de Renan de la semaine dernière et concerne un sujet délicat et difficile, en plein dans l’actualité.

Cela fait quelques semaines que différents articles ou événements tournent autour de la thématique sans vraiment montrer une voie, et le film de Margarethe Von Trotta, « Hanna Arend » dont j’ai parlé à l’occasion de sa sortie le lundi 6  mai éclaire de manière intéressante une partie de la question: la « banalité du mal ».
Mais la question est plus vaste et va chercher à la fois du côté de la diabolisation des personnes, que de la spectacularisation de la politique dans leur traitement par les médias, ou de campagnes faisant croire à la menace de l’arrivée au pouvoir – si ce n’est à la présidence - de l’extrême droite.

Un certain nombre d’éléments sont à prendre en compte  si on veut effectivement éviter une dérive dans la vie démocratique.

Bouc émissaire:
Il faut d’une part être attentif à l’émergence de «boucs émissaires» - Il me semble que la polémique autour du passé nazzi du comédien allemand Horst Tappert procède de ce phénomène – ne plus diffuser les feuilletons de Derrick dont il était l’acteur fera-t-il progresser la réflexion sur le fascisme ? 
Une réflexion plus approfondie sur le rôle de chacun, individuellement et collectivement – il semble que la question soit actuellement creusée en Allemagne – dans les troupes Waffen SS soit plus judicieux.

Le pharmakos
Le pharmakos, qui nous ramène à Socrate et Platon est intéressant également à plus d'un titre, en nous rendant attentif à l'ambivalence des sens.
Dans un glissement, le pharmakos, "victime expiatoire devient "malfaiteur" et le pharmakon-remède devient pharmakon-poison.
Le choix d'un individu pharmakon, destiné à périr pour soi-disant sauver les autres était une tradition au temps d'Athènes.

La situation de l’accusé ayant avoué qui devient l’homme à abattre - à la limite il faut encore en trouver d’autre pour les chasser - est tout aussi symptomatique... 
Et nous en avons eu des exemples hautement instructifs récemment chez nous en France.
Encore ne faut-il pas perdre de vue qu'il ne suffit pas de dire pour que les mentalités évoluent...

Déjà du temps de Platon, il ne suffit pas de savoir pour appliquer une solution. Il donne en exemple Socrate:

"SOCRATE: Le dieu Theuth, inventeur de l'écriture, dit au roi d'Égypte: «Voici l'invention qui procurera aux Égyptiens plus de savoir et de mémoire: pour la mémoire et le savoir j'ai trouvé le remède [pharmakon] qu'il faut» - Et le roi répliqua: «Dieu très industrieux, autre est l'homme qui se montre capable d'inventer un art, autre celui qui peut discerner la part de préjudice et celle d'avantage qu'il procure à ses utilisateurs. Père des caractères de l'écriture, tu es en train, par complaisance, de leur attribuer un pouvoir contraire à celui qu'ils ont. Conduisant ceux qui les connaîtront à négliger d'exercer leur mémoire, c'est l'oubli qu'ils introduiront dans leurs âmes: faisant confiance à l'écrit, c'est du dehors en recourant à des signes étrangers, et non du dedans, par leurs ressources propres, qu'ils se ressouviendront ; ce n'est donc pas pour la mémoire mais pour le ressouvenir que tu as trouvé un remède.»» 
Platon, Phèdre, 274e-275a


La politique
Un effort des hommes – et des femmes – politiques pour se mettre plus à l’écoute des préoccupations de chacun et une meilleure pédagogie – ou éducation – sociale et politique serait aussi préférable. 
Il se trouve que la représentation politique reflète de moins en moins la structure professionnelle et sociale du pays. Et en face, les gens se sentent de moins en moins concernés par les consultations politiques: progression du pourcentage d’abstentions aux élections, surtout chez les jeunes ou non reconnaissance (on ne comprend pas ou on ne se sent pas concerné) par les enjeux des problématiques mises en avant par les politiques – pour différentes raisons: on veut garder son propre confort ou on a une courte vue sans vision d’avenir, on veut pas ce qui pourrait compliquer la vie ou changer ses habitudes, on a peur de perdre quelque chose...


Bon, je vous laisse réfléchir et relire ce texte - normalement, par solidarité, vous devriez travailler, mais il n'est pas interdit de relire ce texte et de le commenter et, au moins un petit peu, d'essayer de le transposer dans une réflexion et un début d'action personnelle.
Vous m'en donnerez des nouvelles !

Pour vous en remercier et ne pas terminer sur une note trop sérieuse, sachez que Charles Trenet (celui qui chantait "Douce France") aurait eu cent ans hier, alors, le comédien François Morel (déjà vu dans ces pages), lui rend hommage, en même temps que Narbonne qui l'a vu naître. 

Et c'est ici:






Allez, comme c'est aussi un peu dimanche demain, je vous offre la "Fleur Bleue" du lundi - bleue comme le Pastel d'Anne:





Bon dimanche, bon lundi, bonne semaine...

La Fleur du Dimanche. 

dimanche 12 mai 2013

Compte à rebours et compte à rhèter: Comte arrêtez ce conte...


Vous n’allez pas me croire : Ma montre s’est arrêtée cette semaine !
Mais si ! Mardi, alors que je voyais qu’elle m’avait fait le coup d’être carrément en retard de plus de 5 minutes et que je l’avais tancée et remise à l’heure, elle s’est arrêtée deux fois ! Cela me rappelle mon premier TVA (voir plus bas), mais place à la Fleur du Dimanche.
Et pour cela je vous mets à contribution…. Ce sont des fleurs de campagne et je n’en connais pas le nom…. Je suis sûr que vous n’allez pas tarder à me les nommer :

Fleur inconnue 1 - Photo: lfdd


Elles poussent sur les bords des chemins ou des forêts, la deuxième est là :

Fleur inconnue 2 - Photo: lfdd

Je vous suis reconnaissant par avance des réponses que vous allez me faire… et place au TVA annoncé pour éclairer mon expérience de cette semaine:
« Une montre arrêtée a un avantage sur celle qui avance ou qui retarde : elle donne l'heure exacte deux fois par jour. »
Et le début du poème de Théophile Gauthier qui illustre mon désagrément :
La montre
Deux fois je regarde ma montre,
Et deux fois à mes yeux distraits
L'aiguille au même endroit se montre ;
Il est une heure... une heure après.

La figure de la pendule
En rit dans le salon voisin,
Et le timbre d'argent module
Deux coups vibrant comme un tocsin.

Le cadran solaire me raille
En m'indiquant, de son long doigt,
Le chemin que sur la muraille
A fait son ombre qui s'accroît.

Le clocher avec ironie
Dit le vrai chiffre et le beffroi,
Reprenant la note finie,
A l'air de se moquer de moi. »

Fleur inconnue 1 - Photo: lfdd

Pour compléter les réflexions horlogères de la semaine dernière, une nouvelle que j’ai lue dans les journaux:
La date d’invention du chronographe vient de reculer de 6 ans. L’invention de cet instrument improprement appelé chronomètre et qui permet de mesurer la durée d’un événement était pour le moment attribué à Nicolas Matthieu Risser en 1822. Et l’on vient de découvrir un instrument encore plus sophistiqué, appelé «compteur de tierces» et fabriqué par Louis Moinet en 1816. Il avait d’ailleurs également une fonction, la « remise à zéro » qui n’apparait plus avant 1862. Sachez aussi que ce petit bijou bien caché a été acheté pour 55.000 Euros, alors que la dernière vente du modèle de Rieussec en 2011 s’est faite pour 160.000 Euros… Combien de sabliers peut-on acheter avec cela ?

Fleur inconnue 2 - Photo: lfdd


Et pour finir cette pensée d’Ernest Renan  qui justifie ma propension à rajouter un voir plusieurs TVA aux fleurs que je partage (il faut aussi partager nos réflexions….).
« Nous avons les idées arrêtées dès que nous cessons de réfléchir. »

Bon dimanche.

La Fleur du Dimanche

lundi 6 mai 2013

Le cinéma du Lundi: Hannah Arendt - Un film simple sur la "banalité du mal"

Est-ce que le film de Margate Von Trotta, Hannah Arendt arrive au bon moment ?
Je le pense et on en reparlera dimanche prochain....

En tout cas, dans le flot de films spectaculaires, où chacun essaie d'en mettre de plus en plus plein les yeux, à grand renfort d'images de synthèse et de 3D (plein les deux yeux) ou même de 4D (qui peut m'expliquer ce que la 4D est à la 3D ? ), le film de Margarete Von Trotta, dont on connait le premier film "L'honneur perdu de Katarina Blum" et "Les Années de Plomb" nous présente ici, non la vie et l'oeuvre de la philosophe allemande échappée de l'Allemagne nazie et devenue "professeur de théorie politique" aux Etats-Unis, mais un épisode très intéressant de sa vie: Le procès d'Adolf Eichmann, un ancien nazi enlevé par le Mossad en Argentine et dont le procès en Israël en 1961 a eu un très grand retentissement et auquel elle a réussi à assister en tant que journaliste du New Yorker.


L'intérêt du film est de montrer clairement - avec quelques images d'archives du procès - le contexte de cet événement et ses imbrications à la fois politiques et philosophiques (dont le concept de la "banalité du mal" à ne pas confondre avec la banalisation du mal... 
La figure de Hannah Arendt, magnifiquement campée par Barbara Sukowa (souvent actrice chez Margarethe Von Trotta - en particulier dans "Rosa Luxembourg" qui lui valut un prix d'interprétation à Cannes en 1986 et de nombreux réalisateurs de la nouvelle vague allemande) nous permet de rentrer dans un épisode (et même deux: la période nazi et la problématique du traitement de cette question dans les années 60.



L'atmosphère multiculturelle et les petits arrangements de chacun avec sa morale sont magnifiquement décrits dans le film. Et il donne envie de mieux connaître la pensée de la philosophe en m^me temps que de creuser celle de Heidegger qui semble lier à cette problématique.



A voir : " Hannah Arendt" par Zoomin_France

Bon Film 

La Fleur du Dimanche

dimanche 5 mai 2013

Pouvez-vous me prêter l'heure ? Me donner votre montre ? Montre-moi l'heure, la bonne heure, la leur..

Vous a-t-on déjà dit :"Pouvez-vous me prêter l'heure ?" ou "Pouvez-vous me donner votre montre ?"
Donner l'heure, la leur.... N'est-ce qu'un leurre de donner du temps? - Le temps, vaste sujet (voir "Complique pas" le 21 avril)
Y a-t-il une heure pour donner du temps, ou du bonheur ? ou autre chose ? 
Bon, on verra plus loin, recevez auparavant ma fleur (du dimanche) que je sors de ma manche - là où est ma montre...


Fl'heure - Photo: lfdd

Et là où il y a une fl'heure que l'on sème, il y en a plussi-heures qui fl'heur-issent...


Plussi-heures Fl'heures - Photo: lfdd

En fait je ne la (les) sors pas de ma manche, mais d'un jardin à Oberhausbergen où le premier mai tout le village était devenu un vaste marché aux puces, même les maisons du lotissement. On aurait dit des "vente de garage" comme on les appelle au Québec, surtout quand on va déménager...
Presque chaque villageois avait vidé sa cave, son grenier et ses armoires pour les mettre en partage et en vente - bien sûr à un prix dérisoire, sachant que ce n'est pas de cela que les gens vivent, mais qui sait ? 
Si vous regardez un peu, vous vous rendez compte que chaque dimanche ou jour férié nos concitoyens se font marchands, recycleurs et partageurs - rien que le 1er mai, il devait y avoir une quinzaine de marchés aux puces dans la région.

La question que cela pose est celle du don - autrefois les gens donnaient du temps ou ce dont ils ne se servaient plus, mais de plus en plus il se trouve que l'on donne moins (ou plus ?).

La question reste ouverte, et se retrouve en écho avec le post de la semaine dernière où je citais Gille Lipovetski disant : "Tension entre consumérisme et écologie; entre idéal d'épanouissement individuel immédiat et exigences de formation; entre vie esthétisée et médicalisation de la société; entre vitesse et désir de ralentissement du rythme de vie (slowfood, slowlife,..). En dépit des contraintes écologistes, le capitalisme artistique a de beaux jours devant lui. Mais plus l'avenir marchand sera irrésistible, moins nous savons ce qu'il sera..."

Il se trouve effectivement des tendances qui émergent et prouvent de nouvelles formes d'économie: le slowfood, les puces et les échanges même les échanges et les partages de savoirs ou d'expérience... 
D'ailleurs, à Paris ce samedi avait lieu la première fête de l'économie collaborative: le OUIshare Fest (pour "we share = nous partageons" en anglais). Et il était question autant de partager la voiture (covoiturage) que les aliments (foodsharing contre le gaspillage alimentaire), la machine à laver ou le canapé, les appartements, la loi, même les séries vidéo sur le web (un facebook version créative common !). Il y avait même des échanges de guide de voyage, ce qui se comprend, les guides ne servant souvant qu'une fois, mais ce qui est aussi intéressant dans cette démarche, c'est que dans le voyage, il y a aussi échange...
A ce propos, le 7 mai, à 17h00 une rencontre à Strasbourg au nouveau Bistrot-Café "Les Savons d'Hélène" permettra de rencontrer Georges Bogey, auteur d'un livre de voyages "Le promeneur des Aravis", plutôt chronique de vagabondages et permettra également de parler des voyages originaux, d'une plateforme d'échange autour de cela: "La Croisée des Routes" et d'une maison d'édition qui fait voyager autrement et dont l'initiateur et le pilote, Lionel Bedin sera également présent.


Une petite histoire de partage personnelle qui revient boucler la boucle du temps: Il y a quelques années, j'avais une montre Swatch dont le cadrant était orné du texte "Don't be too late"... Eh bien, vous savez quoi ? Je l'ai offerte à une connaissance qui l'a portée pendant une bonne dizaine d'année....




Par contre, personne ne va me donner la dernière montre Hublot "Ferrari" MP-05 11 barillets en ligne vendue 265.600 Euros (il n'y a que 50 exemplaires disponibles....).
Je me rabattrai sur la nouvelle Swatch mécanique System 51 à moins de 100 francs (suisses = 83 Euros) fabriquée de manière industrielle avec 51 composants. C'est vrai que les 637 composants assemblés à la main pour la Hublot, cela met un peu plus de temps..




Pour finir, petits clins d'oeil de TVA, en premier, une photo de notre Maxime qui nous dit :
"Gardez la monnaie... du pape"


Monnaie du pape - Photo: Maxime Loiseau


Et en deux, une chanson "ancienne" redécouverte grâce à un poème "historique" qui s'appelle: 
"Vieille chanson du jeune temps" - certains en reconnaîtrons l'auteur, d'autres l'interprète:





Je vous en mets les deux première strophes:


"Je ne songeais pas à Rose
Rose au bois vint avec moi
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres
Je marchais à pas distraits
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: " Après ? "


Bonne écoute et bon dimanche

La Fleur du Dimanche

P.S. Vous savez que la Fleur du Dimanche ce n'est pas qu'une fleur, alors sachez que les TVA vont aussi chercher  du côté des Séries TV allemandes et du cinéma (bientôt plus sur la toile).


samedi 4 mai 2013

Quel jour ? Quelle heure ? Bonjour, Bonheur !

Ce jour, exceptionnel, anniversaire pour Martine, me donne l'occasion de revenir sur le post de la semaine dernière, mais tout d'abord, Bon Anniversaire à Martine, fidèle lectrice de La Fleur du Dimanche - même avant qu'elle fut publiée sur internet.
Belle fête et bons voeux et bons amusements.

Et un TVA de circonstance (les initiés sauront doublement le décoder). 


" Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, suspendez votre cours ! 
Laissez-nous savourer les rapides délices, des plus beaux de nos jours !"

Et bien sûr la fleur qui va avec, en l’occurrence la fleur du premier mai, mais à la fois l'oeuvre et le modèle.


L'oeuvre et son modèle - Photo: lfdd

Comme quoi un brin de muguet peut en cacher un autre... 

Et concernant le post de la semaine dernière, je voulais vous montrer le résultat de la San Jordi, ou plutôt de la fête des libraire du samedi,le voici:


Roses emballées dans papier - Photo: lfdd

Il s'agit du très beau livre offert par les libraires comme annoncé. Il contient de magnifiques photos en noir et blanc (je n'y ai pas trouvé le nom des auteurs), et de textes qui, eux sont signés. Le livre est magnifique et si votre libraire ne vous l'a pas encore offert, il lui en reste peut-être...

La rose, elle, promise, était épuisée et je me suis donc offert le bouquet que je partage avec vous et qui est aussi l'occasion de montrer le temps qui passe, en parallèle à la citation d'Alphonse de La...



Les roses des libraires le samedi suivant - Photo: lfdd


Encore bon Anniversaire Martine et bon samedi à tous

Le Fleur du Dimanche

P.S. Demain, la suite les heures...


vendredi 3 mai 2013

Danse ou Musique ? Les deux avec Akosh S. et Jörg Müller à Pôle Sud

Nous savions que Pôle Sud marche sur ses deux pieds avec sa programmation "Danse" d'une part, menée de main de maître depuis des années par Joëlle Smadja et ses concerts de Jazz grâce au professionnalisme de Philippe Ochem qui dirige aussi le Festival Jazz d'Or.

Nous savions également que le Jazz s'engage souvent dans un pas de deux avec la danse et le programme du 3 mai à Pôle Sud a confirmé cette union puisqu'au programme il y avait deux pièces avec comme point commun Akosh S.



Akosh S. musicien de Jazz plutôt free, qui travaille régulièrement avec le chorégraphe Joseph Nadj a prouvé dans la première partie du spectacle que la musique pouvait être dansée.

Dans Rêvolution, tout est fait pour nous emmener dans un tourbillon instable. Démarrant dans le noir, nous devons imaginer  quels sont ces bruit de moteurs en accélération qui nous emmènent dans un univers onirique. Le rêve flirte avec le cauchemars quand, une fois la lumière faite (mais pas sur ces bruits dont nous ne connaîtrons jamais l'origine), Akosh S. et Jörg Müller apprivoisent de grands tubes métalliques, tuyaux d'orgues et carillon en sufflant dedans puis en les faisant tourner à la folie.
Car c'est bien d'un voyage vers la folie qu'on peut parler, entre le jeu strident du saxophone d'Akosh S. encerclé par ces tuyaux que Jörg Müller manoeuvre d'une manière magistrale.

Ils virevoltent de toute part et dans tous les sens, tout autour du saxophoniste encerclé dans un ballet hypnotique, soutenu par la musique prenante du soliste impassible.

En voici un avant-goût:




Et si vous voulez en voir davantage:






En deuxième partie, plus dansée, Estelle Delcambre et Ivan Fatjo, dans Madriguera s'interrogent sur la notion d'occupation de l'espace, un espace plutôt restreint (Madriguera signifiant terrier en espagnol) qui leur permet d'expérimenter des propositions de relations entre les corps bien maîtrisées.  
Les différents tableaux, aux styles des danse variées de la danse contact, aux ralentis cinématographiques ou aux collisions violentes montrent de belles gestuelles.
La musique, crée également par Akosh S. avec Gildas Etevenard, si elle avait été jouée en "live" aurait peut-être donné à cette pièce la densité qu'avait la première partie.

Cela prouve en tout cas que l'art vivant peut nous transporter dans des univers insolites.

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche