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dimanche 16 juin 2019

Pivoines et Coeur de Marie, les fleurs ne sont pas des potiches

Un mot d'Albert dans ma boîte aux lettres le lundi de Pentecôte me donne l'occasion de vous offrir mes "Coeurs de Marie" du jardin de Corine et Dominique, pas rouge pivoine, mais rouges quand même:

Fleurs - Coeur de Marie - Photo: lfdd

Le billet va être bref, entre fleur, TVA (poésie d'Albert Strickler), extrait et chansons de Neil Hammon à découvrir...
Le poème, écrit sûrement à l'occasion de la Pentecôte (Albert me le confirmera), le voici:


Les Pivoines (en écho à celles de Maximine)

Je me suis brûlé moi aussi
Au feu humide des pivoines
Déchiré par surabondance de grâce
Avec leur coeur en crue
Cette explosion de soi(e) trop rapide
Pour qu’on ait le temps de renouer
En bulbe l’écume du sang perdu

Je sais ce qu’en elles la tendresse
Atteint comme paroxysme
Ce nid tissé de cris mouillés
Où nos larmes coulent dans la rosée 
A la façon dont elles mêlent
Pour leur parfum le sucre et le poivre

Peut-on héler plus suavement
Qu’avec ces lèvres qui s’effeuillent 
Au fil des mots qu’elles nomment
Je reviens très loin pour retrouver
Dans l’odeur flottée par la brise
L’odeur indicible des vierges
Qui puisaient dans des corbeilles en osier
Les paupières rougies du ciel

J’ai chanté moi aussi leurs langues de Pentecôte
Ce grand babil velours et fruits
Comme un arbuste à merles rouges
Un buisson ardent de tendresse inouïe
Ebouriffé avec elles de joie
Et ivre du surcroît sans pareil
D’être là encore un printemps de plus
Simple sujet de leur royaume fragile
Qui émiette son pain pourpre aux cygnes d’avril

En elles « vermeil » rimait toujours avec « merveille »
C’était à la fois des artichauts de braises douces
Et des gorges cramoisies par le feu de l’amour
Blotties les unes contre les autres
Comme une nichée d’oisillons jouant des coudes
Pour mendier la becquée de la lumière
Qu’elles buvaient comme le reste trop vite
En rasades tremblantes lacérant leurs corps

Que de bouches à nourrir
De fièvres à épuiser
Avec tout ce rouge à lèvres excessif 
Qui en fait des créatures aguicheuses
Vivement peinturlurées mais si belles
Dans leur impatience à s’offrir
Comme si le trop-plein des unes
Débordait dans l’excès des autres
Pour une incandescence commune

J’aime moi aussi leur démesure éclatante
L’éventail des rouges qu’elles déchirent
A vouloir l’ouvrir trop grand  comme un
Accordéon exagérément plaintif
Leur exubérance d’écolières espiègles
Qui font les saisons buissonnières
Hors le printemps auquel elles restent
A jamais soumises comme à un amant
Qui connaît seul le secret de leur calice

A la fois vierges et filles de joie donc 
Jeunes filles qui rougissent aux murmures 
Du vent  comme au message le plus impudique
Gorgées de leur propre désir autant
Que de celui de la lumière qui les engrosse
En vue de naissances toujours interrompues
Et toujours de nouveau promises
Pigeons gonflés de sang qui se pavanent
Et se dispersent au souffle qui approche
Comme un lac cassé au redoux
Dont les tessons flottent
Dans le miroir du ciel mauve.

A la fin comme si la grêle les avait gaulées
Elles se couvrent d’hématomes
Au-delà du rouge le sombre du sang caillé
Non pas la rouille qui corrode d’autres
Les lilas par exemple à la pourriture noble
Mais la robe d’ecchymoses
Son pourpre de mort si loin soudain
Du vermillon du rouge à lèvres et
De l’écarlate du plaisir à son comble
Une couleur qui serait de deuil exclusif
Si elle ne recelait pas déjà la cyanose
D’un renaître têtu dont le premier cri 
Est d’un irrésistible velours mouillé


J'avais promis à Albert de publier des photos de ces fleurs magnifiques mais l'occasion ne s'en est pas trouvée... Elle attendent...
D'ailleurs les fleurs attendnent depuis longtemps, très longtemps, des millénaires, à priori depuis plus de 174 millions d'années si l'on en croit l'article de François Parcy dans Libération. Et ce ne sont pas des "potiches":






La vie est incroyable et tous les jours, noous en découvrons des mystères...

Et il y a aussi des chansons à découvrir..
Je vous laisse avec Neil Hannon - à découvrir si nous ne le connaissiez pas:

The Divine Comedy - Norman and Norma

 



The Divine Comedy - To The Rescue (Official Video)




The Divine Comedy - Something For The Weekend - spéciale dédicace à nos amis italien B&B et leur voyage à Venise..





The Divine Comedy - Songs Of Love   - une version jazz





Et pour finir un duo avec Yann Tiersen - Les Jours Tristes 




Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche  

dimanche 19 mai 2013

La vie est un feuilleton et la solidarité c'est lundi, pour les vieux ?


La vie est un vrai feuilleton, voire un dialogue constant. Mais il faut bien entendre et comprendre ce qui est dit… 
Trois exemples après les fleurs du jour.
La première est une fleur déjà partagée il y a deux semaines et donc je ne connais toujours pas le nom. Cette fois-ci elle est en pleine floraison et cela ne devrait pas être trop difficile de la reconnaître :

Plusie_heures_F_leurs_fleuries - Photo: lfdd

Ce qu’il faut que je reconnaisse, moi, c’est que je suis un piètre botaniste, comme on me l’a déjà fait savoir. Je suis d’ailleurs aussi de plus en plus mécontent de la qualité des photographies que je publie… Va falloir trouver une solution. Et puis, tant que je suis sur le plan de la critique, je pense également que ma prose est un peu lourde, même si, sur les deux derniers point j’ai eu quelques compliments récents.

Par contre une chose est sûre : J’ai été très mauvais sur la monnaie rendue par Maxime le 5 mai (voir sa photo du 5 mai - fin du post)... 
La seule excuse que je pourrais avoir c’est qu’elle a été rendue (la monnaie) avant que je publie la mienne (la photo de la monnaie - voir le 12 mai -1ère photo) et que je n’ai pas été assez attentif au caractère visionnaire de Maxime (la crèche «Virgin» de l'année dernière - prémonitoire - aurait dû me le  rappeler). Il m’a donc rendu la monnaie du pape que j’ai publié dimanche dernier sans me rendre compte que c’était la même fleur: j’ai d'ailleurs failli la publier également le 5 mai, mais le temps s’en est mêlé entre temps...

A propos de temps, je vais ponctuer le feuilleton des montres avec des photos de fleurs offertes par Anne et que je partage avec vous. Les premières sont des Coeur de Marie qui équilibrent la Monnaie du Pape:

Coeur de Marie - Photo: Anne W

Et donc concernant les montres, savez-vous que vous pouvez désormais téléphoner avec votre montre ?
Quelques exemples ici:




Les deuxièmes fleurs offerte sont des « boules de neige » bien de saison, vu le temps et bien vertes, ça se comprend...

Boules de Neige - Photo: Anne W.

Elles ont dû perdre la boule ou le Nord…. Mais avec une montre GPS, cela n’arrivera plus!
Les dernières sont des Isatis Tinctoria, encore appelées Pastel; elles fleurissent actuellement dans le jardin d’Anne qui nous dit que cette fleur a fait la richesse du pays albigeois, entre autres, et qu’elle lui  a donné le nom  de pays de Cocagne à cause des coques (les pelotes rondes - cocagnes - que l'on fabriquait avec la pulpe verdâtre des feuilles qui donnaient un colorant bleu appelé agranat que l'on vendait cher et qui faisait des teintures dont le bleu indigo.


Pastels - Isatis Tinctoria - Phot: Anne W.


Le vrai TVA de la semaine est en écho à la phrase de Renan de la semaine dernière et concerne un sujet délicat et difficile, en plein dans l’actualité.

Cela fait quelques semaines que différents articles ou événements tournent autour de la thématique sans vraiment montrer une voie, et le film de Margarethe Von Trotta, « Hanna Arend » dont j’ai parlé à l’occasion de sa sortie le lundi 6  mai éclaire de manière intéressante une partie de la question: la « banalité du mal ».
Mais la question est plus vaste et va chercher à la fois du côté de la diabolisation des personnes, que de la spectacularisation de la politique dans leur traitement par les médias, ou de campagnes faisant croire à la menace de l’arrivée au pouvoir – si ce n’est à la présidence - de l’extrême droite.

Un certain nombre d’éléments sont à prendre en compte  si on veut effectivement éviter une dérive dans la vie démocratique.

Bouc émissaire:
Il faut d’une part être attentif à l’émergence de «boucs émissaires» - Il me semble que la polémique autour du passé nazzi du comédien allemand Horst Tappert procède de ce phénomène – ne plus diffuser les feuilletons de Derrick dont il était l’acteur fera-t-il progresser la réflexion sur le fascisme ? 
Une réflexion plus approfondie sur le rôle de chacun, individuellement et collectivement – il semble que la question soit actuellement creusée en Allemagne – dans les troupes Waffen SS soit plus judicieux.

Le pharmakos
Le pharmakos, qui nous ramène à Socrate et Platon est intéressant également à plus d'un titre, en nous rendant attentif à l'ambivalence des sens.
Dans un glissement, le pharmakos, "victime expiatoire devient "malfaiteur" et le pharmakon-remède devient pharmakon-poison.
Le choix d'un individu pharmakon, destiné à périr pour soi-disant sauver les autres était une tradition au temps d'Athènes.

La situation de l’accusé ayant avoué qui devient l’homme à abattre - à la limite il faut encore en trouver d’autre pour les chasser - est tout aussi symptomatique... 
Et nous en avons eu des exemples hautement instructifs récemment chez nous en France.
Encore ne faut-il pas perdre de vue qu'il ne suffit pas de dire pour que les mentalités évoluent...

Déjà du temps de Platon, il ne suffit pas de savoir pour appliquer une solution. Il donne en exemple Socrate:

"SOCRATE: Le dieu Theuth, inventeur de l'écriture, dit au roi d'Égypte: «Voici l'invention qui procurera aux Égyptiens plus de savoir et de mémoire: pour la mémoire et le savoir j'ai trouvé le remède [pharmakon] qu'il faut» - Et le roi répliqua: «Dieu très industrieux, autre est l'homme qui se montre capable d'inventer un art, autre celui qui peut discerner la part de préjudice et celle d'avantage qu'il procure à ses utilisateurs. Père des caractères de l'écriture, tu es en train, par complaisance, de leur attribuer un pouvoir contraire à celui qu'ils ont. Conduisant ceux qui les connaîtront à négliger d'exercer leur mémoire, c'est l'oubli qu'ils introduiront dans leurs âmes: faisant confiance à l'écrit, c'est du dehors en recourant à des signes étrangers, et non du dedans, par leurs ressources propres, qu'ils se ressouviendront ; ce n'est donc pas pour la mémoire mais pour le ressouvenir que tu as trouvé un remède.»» 
Platon, Phèdre, 274e-275a


La politique
Un effort des hommes – et des femmes – politiques pour se mettre plus à l’écoute des préoccupations de chacun et une meilleure pédagogie – ou éducation – sociale et politique serait aussi préférable. 
Il se trouve que la représentation politique reflète de moins en moins la structure professionnelle et sociale du pays. Et en face, les gens se sentent de moins en moins concernés par les consultations politiques: progression du pourcentage d’abstentions aux élections, surtout chez les jeunes ou non reconnaissance (on ne comprend pas ou on ne se sent pas concerné) par les enjeux des problématiques mises en avant par les politiques – pour différentes raisons: on veut garder son propre confort ou on a une courte vue sans vision d’avenir, on veut pas ce qui pourrait compliquer la vie ou changer ses habitudes, on a peur de perdre quelque chose...


Bon, je vous laisse réfléchir et relire ce texte - normalement, par solidarité, vous devriez travailler, mais il n'est pas interdit de relire ce texte et de le commenter et, au moins un petit peu, d'essayer de le transposer dans une réflexion et un début d'action personnelle.
Vous m'en donnerez des nouvelles !

Pour vous en remercier et ne pas terminer sur une note trop sérieuse, sachez que Charles Trenet (celui qui chantait "Douce France") aurait eu cent ans hier, alors, le comédien François Morel (déjà vu dans ces pages), lui rend hommage, en même temps que Narbonne qui l'a vu naître. 

Et c'est ici:






Allez, comme c'est aussi un peu dimanche demain, je vous offre la "Fleur Bleue" du lundi - bleue comme le Pastel d'Anne:





Bon dimanche, bon lundi, bonne semaine...

La Fleur du Dimanche. 

dimanche 15 mai 2011

La fleur Coeur de Marie et le Choeur de Verdi


Dans un jardin, privé et visité à l'improviste, chez des amis de coeur, j'ai vu d'autres fleurs, des Coeurs de Marie...

Coeurs de Marie - Photo: lfdd

et bien d'autres belles fleurs, dont un arbre de judée - à ne pas confondre avec un Daphné mezereum ou bois gentil (voir la page  la fleur poisson d'avril est éclose).


Arbre de Judée - photo: lfdd

et une fleur en herbe (de quoi s'agit-il ? - une prime au gagnant!):


Fleur qui verdit - photo: lfdd

A propos de fleur qui verdit, le lien avec le TVA est tout trouvé et la valeur ajoutée du texte est pleinement justifiée. C'est un texte que Temistocle Solera a écrit pour l'opéra "Nabucco" de Giuseppe Verdi, plus précisément le "choeur des esclaves".

Le voici:


"Va, pensiero, sull'ali dorate;
Va, ti posa sui clivi, sui colli,
Ove olezzano tepide e molli
L'aure dolci del suolo natal!

Del Giordano le rive saluta,
Di Sionne le torri atterrate...
Oh mia patria si bella e perduta!
O membranza sì cara e fatal!

Arpa d'or dei fatidici vati,
Perché muta dal salice pendi?
Le memorie nel petto raccendi,
Ci favella del tempo che fu!

O simile di Solima ai fati
Traggi un suono di crudo lamento,
O t'ispiri il Signore un concento
Che ne infonda al patire virtù!"

en voici la traduction:

Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal !

Salue les rives du Jourdain,
Les tours abattues de Sion ...
Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !

Harpe d'or des devins fatidiques,
Pourquoi, muette, pends-tu au saule ?
Rallume les souvenirs dans le cœur,
Parle-nous du temps passé !

Ô semblable au destin de Solime
Joue le son d'une cruelle lamentation
O que le Seigneur t'inspire une harmonie
Qui nous donne le courage de supporter nos souffrances!"


et en voici la justification de Valeur Ajoutée:

"Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Vous verrez la suite de l'histoire et ce qui s'est passé, ce qu'a fait Riccardo Muti – qui a dit «molto spesso Muti ha parlato ai sordi per tanti anni», littéralement «très souvent Muti a parlé aux sourds pendant de nombreuses années»:

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »


Il est important de s'exprimer!

Bon dimanche
La Fleur du Dimanche