mardi 26 avril 2016

Incendie au TNS: KO par amour et par horreur

Il en est des pays comme des hommes et des peuples: capables du plus grand amour comme de la plus horrible cruauté.
Wajdi Wouawad, dans sa pièce "Incendies" présentée actuellement au TNS à Strasbourg (jusqu'au 15 mai 2016) nous le montre au travers d'une fable qui est également une enquête policière et une fresque historique qui nous replonge dans les affres des guerres récentes et qui ensanglantent nos mémoires.


Incendies - Wajdi Mouwad - Photo: Jean-Louis Fernandez

Par le biais de la quête de deux jumeaux, frère et soeur, que la mère missionne de l'au-delà - en fait par l'entremise de son notaire, exécuteur testamentaire - pour retrouver leur frère et leur père qui n'est pas mort comme ils le croyaient, nous allons côtoyer l'intime de la vie de cette femme.
Un jour, il y a longtemps, elle a décidé de se taire - faire silence - et pendant longtemps, jusqu'à sa mort.
Nous allons donc, grâce à ce parcours de ces deux enfants et aux retours dans le passé de cette femme, de ses quinze ans jusqu'à sa mort découvrir comment l'horreur peut se marier avec le bonheur.
A travers les multiples rencontres et rebondissement, nous allons côtoyer le bonheur et la misère du Monde, l'amour et l'horreur, la violence et la mort, et la question de l'identité et de l'autre. 
Ce qui nous relie et ce qui nous fait nous battre contre notre frère.




La mise en scène haletante de Stanislas Nordey va nous secouer comme dans un combat de boxe pour nous abandonner au bout de presque trois heures de spectacle, groggy, mais avec des tonnes de questions dans notre tête et la certitude que nous pouvons nous réconcilier avec celui que nous exécrons parce nous n'avons pas cherché ce qui se cache sous l'apparente vérité.
Et alors, nous nous tairons (nous ne serons plus hostile, mais compréhensif et ouvert) et nous partagerons le silence et la communion.

Saluons l'ensemble de la "troupe" (Claire-Ingrid Cottanceau, Raoul Fernandez, Damien Gabriac, Charline Grand, Frédéric Leidgens, Julie Moreau, Véronique Nordey, Victor de Oliveira, Lamya Regragui, Richard Sammut) qui ont relevé le challenge de cette tragédie moderne...

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

dimanche 24 avril 2016

Sometimes, il neige en avril et le clou, c'est Kluge, le sage poète collectionneur, et qui existe

La semaine dernière, nous étions dans la symphonie du blanc et je vous avais caché le nom de l'auteur... Il s'agit de Théophile Gautier, l'aviez-vous trouvé? 
En tout cas vous n'avez pas trouvé de l'arbre "edelweiss" et je vous laisse encore une chance aujourd'hui. 
Voici le même ailleurs, tout en fleurs blanches...


Arbre "edelweiss" - Photo: lfdd

Arbre "edelweiss" - Photo: lfdd

Et je vous rajoute des fleurs que je vous avis également déjà montrées il y a quelques semaines à l'occasion de Pâques, les reconnaissez-vous?


Magnolias - Photo: lfdd


Les voici dans leur contexte:

Magnolias dan le jardin  - Photo: lfdd
Ce retour en arrière nous ramène sur deux événements qui sont d'une certaine façon des hommages.
D'une part, la disparition de Prince et je vais saisir l'occasion pour parler du temps, en l’occurrence de la neige qui tombe en cette fin du mois d'avril sur les hauteurs - même les petites hauteurs..


On dit bien "En avril ne te découvre pas d'un fil" et de toute façon j'avais déjà annoncé "Noël au balcon, Pâques aux tissons", effectivement, comme le chantait Prince:
"Sometimes it snows in April" 
Deux versions en public "live" d'abord à Anvers en 2014 :


Prince Antwerpen 27052014 Sometimes it snows in April from Shirley Duparc .


et en Norvège en 2010:

 



Le deuxième hommage concerne un écrivain, plus connu comme cinéaste et mais également philosophe. Il nous livre dans un premier volume d'une suite à paraître un "Chronique des Sentiments" le "Livre 1 - Histoires de base" des réflexions et des "Denkbilder" comme les nommais Walter Benjamin. Il s'agit d'Alexander Kluge.

Il répond à Marianne Dautrey dans le Monde Littéraire du 8 avril à la question du double sens du terme "Gefühl" en allemand: 
"Le "sentiment" et un centaure, et l'intelligence qui le dirigene se situe pas forcément dans la partie supérieure de l'être, mais dans le corps du cheval. Comme sous le chapiteau d'un cirque: ceux qui ne peuvent réagir au réel sont tout en haut, les trapézistes ne peuvnet pas réagir à Auschwitz, alors le clown, les ouvriers qui changent le décor le peuvent. Il faut avoir le contact avec le sol et tendre la pensée... Il faut toujours confronter les deux sens. Par exemple l'oreille décide si un texte sonne juste ou faux. Pour comprendre Hegel, il faut l'entendre dans une langue primitive, un dialecte, le souabe, comme le poète Friedrich Hölderlin...."

Il dit également peu plus loin:
"Ce sont les choses qui ont un plan, il faut savoir le lire. L'énigme réside dans leurs relations entre elles. Il faut savoir les lire   telles qu'elles existent. Je suis un archéologue, comme le philosophe Walter Benjamin. Je fais les fouilles... La poésie ne fait que révéler. Elle donne à voir, à entendre le choral, la polyphonie de tous les événements. Le lieu de mon écriture est une maison d’opéra, la nuit, lorsque tous les opéras du monde se mettent à chuchoter entre eux, en secret." ...
"Moi, je prolonge les textes anciens jusqu'à l'amère réalité de la modernité..... Les morts ne sont pas morts. Ils vivent en nous."

Nous ne pouvons que remercier Théodor Adorno dont il était l'assistant et qui lui a conseillé de travailler plutôt dans le cinéma et de devenir assistant de Fritz Lang, alors qu'il était destiné à être juriste... 
Nous y avons gagné un poète, un philosophe, un écrivain et aussi un cinéaste qui a oeuvré un renouveau du cinéma allemand...
Mais ça c'est un autre film...

Avant d'aller le voir, je vous propose un poème de saison et la suite des chansons de circonstances...

D'abord, de Gaston Couté, dans "Les saisons

Printemps

Le printemps va bientôt naître. Les hirondelles
Pour que l’azur s’en vienne égayer son berceau
Fendent le crêpe du brouillard à grands coups
Prestes et nets ainsi que des coups de ciseaux.

Des rustres stupides et des corbeaux voraces
Qui s’engraissaient parmi les horreurs de l’hiver
En voyant les oiseaux d’espoir traverser l’air
Se liguent aussitôt pour leur donner la chasse.

Les hirondelles agonisent en des cages,
Leur aile saigne sous la serre des corbeaux,
Mais parmi l’azur qui crève enfin les nuages
Voici l’Avril ! Voici le printemps jeune et beau.

O gouvernants bourgeois à la poigne cruelle
Emprisonnez les gens, faites en des martyrs,
Tuez si ça vous plaît toutes les hirondelles,
Vous n’empêcherez pas le printemps de venir."


Un autre hommage, à Mort Schuman qui chante la neige sur "Le Lac Majeur":




et une version en "live"

 




Et pour finir, un autre chanteur avec une chanson pas trop connue :  "Il neige" de Jean-Louis Murat:



Bon dimanche

La Fleur du Dimanche 

mardi 19 avril 2016

Rendez-vous Gare de l'Est au TNS: Le théâtre sculpté - une performance

Le théâtre est un art performatif. 
La performance est du côté de la comédienne Emilie Incerti Formentini qui joue "Emilie" dans cette pièce "Rendez-vous Gare de l'Est" de Guillaume Vincent. Elle est également dans le travail de ce dernier qui, à partir de plus de 500 pages issues d'entretiens avec une jeune femme en a tiré une trame dramaturgique qui nous emmène, promène avec cette jeune femme et les méandres et fuites de son cerveau pendant cinquante minutes, assis sur un siège.

La force d'Emilie Incerti Formentini est de nous accueillir dans cet énorme espace nu de la salle Grüber du TNS, assise sans broncher et de nous raconter sa vie (enfin de nous faire croire à un tel point que c'est sa vie).


Rendez-vous Gare de l'Est - Emilie Incerti Formentini - au TNS - Photo Elisabeth Arrechio


Et nous y croyons, nous la suivons dans ses hauts et ses bas, dans son intimité et ses problèmes de couple, dans ses questionnements de boulot e de relation avec ses collègues et ses supérieurs, dans ses bouffées d'angoisse ou enthousiasme, dans ses posologies - à la limite de la poésie, dans ses voyages - ses pauses - à Sainte Anne où elle cherche à se retrouver, se reposer, se reconstruire, dans ses relations avec sa mère, son père. Dans son dialogue avec nous, en vrais témoins, puisque le jeu de Emilie Incerti Formentini est tellement immédiat en apparence, naturel, instinctif (mais quelle performance!) que nous avons l'impression d'avoir face à nous une amie, une connaissance, une collègue de bureau, la vendeuse du magasin que nous avons croisée hier...  

Et nous nous demandons si ce délire n'est pas contagieux et si nous n'avons pas besoins d'un peu de lithium pour nous réguler un peu ou d'un autre médicament pour arrêter nos interprétations.
En tous cas, nous en redemandons, au delà de la dose prescrite et nous revenons voir cette performance - et vous conseillons d'en faire pareil, pour nous évader de la réalité. Et nous saluons également la dramaturgie de Marion Stoufflet et les lumières "impliquantes" de Niko Joubert et le son de Géraldine Foucault. 

Allez, pour vous donner envie de connaître "Emilie", je vous la présente, vous ne pourrez pas la quitter - l'abandonner...




Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

Rendez-vous Gare de l'Est
Au TNS - Espace Grüber - du 18 avril au 4 mai 2016

dimanche 17 avril 2016

L'edelweiss des villes ou la symphonie en blanc

Certains privilégiés ont déjà vu l'edelweiss des villes.... Mais n'ont pas reconnu l'arbre. 
A vous de trouver:


Edelweiss des villes - Photo: lfdd

Ce n'est effectivement pas un edelweiss, mais l'annonce d'un printemps en blanc... D'ailleurs les arbres fruitiers fleurissent malgré la fraîcheur des nuits.
Espérons que cela n’obérera pas la pollinisation, ni les récoltes à venir...
Pour ces fleurs-ci, la moisson est généreuse:


Ciel blanc et grappes de fleurs - Photo: lfdd

Et pour les freesias, le parfum doux éveille des envies de fraises:


Freesias blancs - Phot: lfdd

Dimanche dernier, je vous avais entretenu sur le thème de l'existence avec quelques pensées et pas mal de chansons, aujourd'hui je vais vos parler de l'absence d'existence....


Et avant la symphonie de la ville, et de sa rue, chantée par Louis du même nom, un petit air de blanc à la flûte (et non un petit verre de blanc à l’affût):

Symphonie de banc - Photo: lfdd


Louis Ville - Ma rue



Symphonie en blanc majeur

De leur col blanc courbant les lignes,
On voit dans les contes du Nord,
Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes
Nager en chantant près du bord,

Ou, suspendant à quelque branche
Le plumage qui les revêt,
Faire luire leur peau plus blanche
Que la neige de leur duvet.

De ces femmes il en est une,
Qui chez nous descend quelquefois,
Blanche comme le clair de lune
Sur les glaciers dans les cieux froids ;

Conviant la vue enivrée
De sa boréale fraîcheur
A des régals de chair nacrée,
A des débauches de blancheur !

Son sein, neige moulée en globe,
Contre les camélias blancs
Et le blanc satin de sa robe
Soutient des combats insolents.

Dans ces grandes batailles blanches,
Satins et fleurs ont le dessous,
Et, sans demander leurs revanches,
Jaunissent comme des jaloux.

Sur les blancheurs de son épaule,
Paros au grain éblouissant,
Comme dans une nuit du pôle,
Un givre invisible descend.

De quel mica de neige vierge,
De quelle moelle de roseau,
De quelle hostie et de quel cierge
A-t-on fait le blanc de sa peau ?

A-t-on pris la goutte lactée
Tachant l'azur du ciel d'hiver,
Le lis à la pulpe argentée,
La blanche écume de la mer ;

Le marbre blanc, chair froide et pâle,
Où vivent les divinités ;
L'argent mat, la laiteuse opale
Qu'irisent de vagues clartés ;

L'ivoire, où ses mains ont des ailes,
Et, comme des papillons blancs,
Sur la pointe des notes frêles
Suspendent leurs baisers tremblants ;

L'hermine vierge de souillure,
Qui pour abriter leurs frissons,
Ouate de sa blanche fourrure
Les épaules et les blasons ;

Le vif-argent aux fleurs fantasques
Dont les vitraux sont ramagés ;
Les blanches dentelles des vasques,
Pleurs de l'ondine en l'air figés ;

L'aubépine de mai qui plie
Sous les blancs frimas de ses fleurs ;
L'albâtre où la mélancolie
Aime à retrouver ses pâleurs ;

Le duvet blanc de la colombe,
Neigeant sur les toits du manoir,
Et la stalactite qui tombe,
Larme blanche de l'antre noir ?

Des Groenlands et des Norvèges
Vient-elle avec Séraphita ?
Est-ce la Madone des neiges,
Un sphinx blanc que l'hiver sculpta,

Sphinx enterré par l'avalanche,
Gardien des glaciers étoilés,
Et qui, sous sa poitrine blanche,
Cache de blancs secrets gelés ?

Sous la glace où calme il repose,
Oh ! qui pourra fondre ce coeur !
Oh ! qui pourra mettre un ton rose

Dans cette implacable blancheur !

Théophile GAUTIER  


Bon dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 10 avril 2016

Vivre et exister: s'ouvrir et sortir de soi, vérifier si c'est la vie...

J'avais annoncé lui acheter des roses, mais finalement celles-ci se sont transformées en tulipes... 
Et les tulipes, comme le disait la fleuriste: "Pas trop d'eau"...
Et la fleuriste a raison.... 
La fleur du jour va voir la chronique d'une existence....


Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd




Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Et pour ponctuer l'existence de ce bouquet de tulipes, je vous propose un petit parcours autour du concept d'exister...

Et comme je le disais dans le titre, "Exister, c'est s'ouvrir". Comme les tulipes:


Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Mais, à trop s'ouvrir....
Comme le dit Michel Tournier dans "Vendredi ou les limbes du Pacifique":

"Exister, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire être dehors, sistere ex. Ce qui est l’extérieur existe. Ce qui est à l’intérieur n’existe pas. […] C’est comme une force centrifuge qui pousserait vers le dehors tout ce qui remue en moi, images, rêveries, projets, fantasmes, désirs, obsessions. Ce qui n’ex-siste pas in-siste. Insiste pour exister."


Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Et plut tôt, Plutarque disait:
"Il faut vivre et non pas exister."

Cette dichotomie, François Jullien essaie d'en résoudre l'opposition dans son dernier livre "Vivre en existant. Une nouvelle Éthique" qu vient d'être publié par les éditions Gallimard.

Il en parle ainsi:
"Entre ces deux grands termes rivaux, l’être et le vivre, exister est le verbe moderne qui fait lever un nouveau possible. Mais comment décrire l’existence sans plus construire – comme la philosophie l’a fait de l’Être – en s’en tenant au ras du vécu ? Je cherche ici des concepts qui décolleraient le moins de l’expérience : on reste dans l’adhérence au vital ou l’on en désadhère. Car exister, c’est d’abord résister. Sinon ma vie s’enlise ; ou bien elle peut basculer. Elle s'amorce et se résorbe – plutôt qu’elle ait "début" et "fin". Elle reste prise dans le "dur désir de durer" ou bien je peux en émerger. Ou si seul le phénoménal existe, il faudra reconnaître ce qui s’y ouvre de faille (tel le "sexuel") ou qui l'excède : la rencontre de l’Autre. Car si vivre, c’est déjà dé-coïncider d’avec soi (sinon c’est la mort), exister est ce verbe nouveau qui, détaché de l’Être, promeut cette désadéquation en ressource. "Ex-ister", c’est en effet, littéralement, "se tenir hors" – il faudra dire de quoi. Ou comment émerger du monde, mais dans le monde, sans verser dans l’au-delà de la métaphysique? De là se dégage une nouvelle Éthique qui ne prêche pas: vivre en existant."

Comme le dit Roger-Pol Droit dans le Monde des Livres du 8 avril:
"Exister" Le terme suppose en effet de sortir de soi, d'émerger du monde. Il évoque l'exigence de défaire routines, contraintes, adhérences pour dessiner de nouveaux possibles. Ainsi répète-t-on tristement "c'est la vie" quand on se résigne à accepter ses pesanteurs et répétitions. 
Exister suppose exactement le mouvement inverse."

Si vous voulez en savoir davantage sur cette démarche et que vous êtes à Paris le 14 avril, vous pouvez  rencontrer l'auteur lors d'une conférence à 18h00 à Paris à la Fondation Maison des Sciences de l'Homme.

Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd

Pour ce qui est des chansons sur le concept, il y en a peu et peu philosophiques, je trouve.

J'en ai découverte une, bien cachée et pas connue (si quelqu'un la connaissait, faites-moi signe...).

Il s'agit littéralement de "Exister" de Serge Franklin (1968)




Comme les paroles ne sont pas très audible, je vous les offre...

"Vous vous êtes levé, et bien sûr il pleuvait
Vous vous êtes rasé, vous vous êtes coupé
En faisant le café, vous vous êtes brûlé
Exister
Exister
Exister

Une lettre posée là sur la cheminée
Qui semble vous narguer dit qu'elle vous a quitté
Vous froissez le papier entre vos doigts serrés
Exister
Exister
Exister

L'argent vous f'sait marcher dans les rues surpeuplées
Les gens semblent posés sur l'asphalte mouillé
Tout commence à tourner, vous avez la nausée
Exister
Exister
Exister

Vous rentrez vous cacher chez vous un tour de clef
Le miroir étonné vous regarde parler
Dans l'encens la fumée, surtout ne plus penser
Exister
Exister
Exister
Exister
Exister
Exister… 


Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Un autre plus sur le mode impératif et plus connue (?), de François Feldman "Existe"






Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Sinon, exister semble très très difficile, un grand combat qu'ont essayé de mener et Johnny et Patrick Bruel et "le plus dur reste à faire..."

Patrick Bruel - Pour exister

Et Johnny Halliday:



En voici les paroles:

"J'ai passé tellement de temps à regarder en arrière
A voir passer des gens au regard éphémère
J'ai passé tellement de nuits à courir derrière tout
A courir vers ma vie, pour ne pas devenir fou

A croiser des destins faits de haine et d'ennui

de larmes versées pour rien au milieu de mes nuits
J'ai peut-être joué ma vie sous de drôles de lumières
Mais j'ai toujours pensé que le plus beau reste à faire

Pour exister

Et pour gagner
Toutes les batailles que le temps me force à jouer
Et pour tenir
Malgré le pire
Les poings serrés sans rien dire apprendre à souffrir"



Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Pour Marilou, cela ne se conçoit qu'à deux - Exister à deux: 



"Viens t'abandonner, qu'on oublie nos mal d'aimer
Viens, pour oublier qu'on aurait pu se manquer

Malgré qu'on ait jamais eu d'amour

Sans qu'ils nous emprisonne au détour
Malgré qu'on ait jamais cru au jour
Où on serait libre d'exister à deux

Viens t'abandonner dans mon amour sans tomber

Juste ici mon amour
Entre aujourd'hui et toujours"


Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Certains se posent la question de l'existence de l'Amour ou de Dieu 


Jean-François Michael Si l'amour existe encore




Claude Dubois - SI DIEU EXISTE:





Brassens de son côté le prend avec humour: 
"Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère."
Et Maxime Le Forestier lui rend hommage - à Georges, pas à Dieu...

Dieu s'il existe. Le Forestier - Brassens:



"Au ciel de qui se moque-t-on ?
Etait-ce utile qu'un orage
Vînt au pays de Jeanneton
Mettre à mal son beau pâturage ?
Pour ses brebis, pour ses moutons,
Plus une plante fourragère,
Rien d'épargné que le chardon !
Dieu, s'il existe, il exagère,
Il exagère."


Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd

Julie Zenatti a rencontré l'amour:
"L'amour existe encore" - Julie Zenatti / 20 Septembre 





Mais d'autres, comme Joe Dassin se posent la question de la non existence de l'autre:
 Joe Dassin - Et si tu n'existe pas:






Chronique d'une tulipe annoncée - Photo: lfdd


Et Art Mengo nie carrément l'existence de la mer:

"La mer n'existe pas 
Parfois nous la rêvons 
Mais elle n'existe pas 
Ce n'est qu'une intuition.."

ART MENGO - La mer n'existe pas



Et Farruko, celle de l'Amour:

El Amor No Existe - Farruko [Audio Original] [Letra]





Bon Dimanche et existez bien, et surtout vivez et sortez!

La Fleur du Dimanche

dimanche 3 avril 2016

Et moi, je lui ai acheté des roses ! des roses !

Cette semaine, j'ai discuté avec un photographe ou plutôt.... un photographe - qui ne veut surtout pas que l'on dise de lui qu'il est photographe - m'a demandé pourquoi je photographiais des fleurs...

Je ne savais quoi répondre et il a répondu pour moi quelque chose comme: "Pour parler d'autre chose" ou "Pour remplacer quelque chose..."
Enfin c'est ce que j'ai cru comprendre en essayant aussi de répondre à la question.
Et puis il a dit: "Moi aussi je photographie des fleurs, mais dans les vitrines, quand il y a des reflets (qu'on ne les voit pas) ou celle qui sont (tellement) moches..." 
J'ai failli lui répondre que moi aussi je photographie des fleurs "moches" mais lui ai répondu que je ne pourrai pas "publier" des fleurs moches, je perdrais mes "lecteurs", déjà que la plupart de ceux qui visitent mon site ne lisent pas les textes (TVA - Textes à Valeur Ajoutée) que je rajoute entre les photos....
Et pour finir la discussion, il m'a avoué avoir pris beaucoup de plaisir à photographier des roses (pendant un bon moment) lors d'une "Journée des jardins" et qu'il allait peut-être recommencer...

Et je me suis dit - et lui ai avoué - que je pourrai difficilement m'arrêter de photographier des fleurs, que c'était un engagement que j'avais avec mes lectrices et mes lecteurs... 
Mais peut-être qu'un jour....

Un jour, il n'y aurait plus de fleurs comme celle-ci:


Jonquille - Photo: Lfdd


C'est vrai que les roses sont belles, je vous en offre une que j'avais photographiée dans le parc de la maison de Gustave Courbet à Ornans (ressemble-t-elle à celles de mon ami photographe?):


Rose de Courbet- l'Origine du Monde : Photo: lfdd


Mais les roses sont mythiques et nous rappellent nos amours - pas seulement Ronsard, également Michel Polnareff qui nous dit "J'aurais dû me méfier"... Oui, méfions-nous!  
Pour la petite histoire, sachez que Michel Polnareff a gagné le prix de la critique de la Rose d'or d'Antibes avec Love Me, Please, Love Me en 1966.




Hey You Woman

Il faisait nuit quand elle est arrivée sur moi
J'ai vu seulement des yeux et des dents qui brillaient
J'aurais dû me méfier
Me faire assurer sur la vie, 
Contre le vol et l'incendie, 
La grêle, la Révolution
Acheter un pistolet, un canon
Bref, faire quelque chose
Et moi, je lui ai acheté des roses! Des roses! 

J'ai passé deux ans dans un réfrigérateur
Oh bien sûr, je n'ai manqué de rien
J'avais ma bouteille de lait tous les matins
Mais ça fait froid au c?ur
Et ça rend méchant, un réfrigérateur
C'est elle qui avait les clés
Je n'avais le droit de sortir qu'en hiver, jamais après
minuit
C'est à cette époque-là, que j'ai commencé à la
détester

Horrible monstre
Mélange de toutes les beautés
De toutes les horreurs du monde
De Vénus à la Joconde
De Viviane à Mélusine
De Cléopâtre à Messaline
De la fée Carabosse à Dracula
Me prenant tentaculairement
Buvant jusqu'au moindre globule rouge de mon sang
Voilà ce qu'elle était
Et moi, l'idiot qui la détestais, 
Je l'aimais! Je l'aimais! 

Il faudra quand même un jour
Toi, la femme qui m'a tout donné
Tout pris, tout redonné
Tout repris
Que tu paies le prix
De cette mélo-tragédie
Il faudra -que veux-tu-
Un beau jour que je te tue
Par petits morceaux

D'abord je tuerai ta férocité
Et puis ta vanité
Et puis ta malhonnêteté
Et puis ta rapacité
Et puis ta perversité
Ta frivolité
Ton infidélité
Ton hérédité
Ton absurdité
Ta partialité
Ton immoralité
Jusqu'à ce qu'il ne reste plus
Que ta virginité
Ta féminité
Ta frigidité
Ta divinité

Et ton éternité.



Comme on ne se méfie jamais assez, il vaut mieux se méfier deux fois:

 


Pour les fleurs, aujourd'hui je vous en offre deux pages également(voir la suivante)... Et pour vous rassurer, il existe une femme qui n'aime pas les roses:





Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche