dimanche 31 juillet 2022

Exposition "Comme une Fleur" en Bourgogne, nagez dans le bonheur ingénu et piquant

Pour ce dernier dimanche de juillet, alors que tout le monde (c'est ce qu'on dit) est en vacances, je vous propose une petite escapade en Bourgogne, profiter de l'été pour vous sentir "comme une fleur..."

Mais qu'est-ce que c'est que cette expression? On va voir, d'abord la fleur du jour, cette alliance du liseron et de l'ortie, le piquant et l'immaculé qui va bien aux fleurs:

Ortie et liseron - Photo: lfdd


L'expression qui aujourd'hui signifie "Facilement, sans encombre, insouciant": arriver, "comme une fleur", au départ ne signifiait que la facilité (illusoire?) de voir le bouton se transformer en cette magnificence surprenante de "la fleur".  Le CNTLR dit pour "comme une fleur": " De manière douce, ingénument", en citant Roger Vercel: "Ce qu'il faudrait, c'est le filet des gladiateurs romains que j'ai vu un jour au ciné : avec ça, t'aurais le bul [Bulgare] comme une fleur et vivant!" dans Capitaine Conan 

Mais le sens peut aller là où vous, voulez aller... 

En voyage, pourquoi pas, parce que, par exemple, pour les "Fleurs Fabuleuses", n'était-il pas dit que: 

"Les fleurs voyagent, et nous, voyageons avec elles. 

Elles nous font découvrir le monde.

..."

Et puis, Theodora Lenka, elle, pour l'exposition dont je vais vous parler, voyage aussi dans les souvenirs recomposés grâce aux fleurs:

"Comme une Fleur

Cueillir des fleurs à Ammerschwihr, à Auckland, à Charolles, à Helsinki ou, pourquoi pas, à Zanzibar, photographier une pensée violette piétinée sur le trottoir du Museumplein d’Amsterdam ou encadrer des amaryllis rouges fanés enroulés dans du cellophane ne procurent pas les mêmes plaisirs que de photographier un cerisier avec ses fleurs blanches, comme un voile de mariée contre un ciel de nuit noir, ou de contempler les tendres pastels d’un bouquet de fin d'été magnifiquement arrangé. 

Quoi qu'il en soit, tout cela a donné naissance à un désir d'exposer les fleurs dans plusieurs états de leur existence, dignes d'être vues et rêvées.

Des expériences subjectives formant un kaléidoscope de formes et de couleurs ou des traces tamisées qui voyagent vers de nouvelles perceptions pour plaire, surprendre ou émerveiller. Des visions inattendues, un gloussement solitaire, un simple souffle qui se transforme en un coup de pinceau sinueux et le clic presque inaudible d'une petite boîte noire, qui montre des chemins moins fréquentés.

Les images et des récits racontent des histoires, qu’elles soient en noir et blanc ou dans des nuances de gris, colorées, lumineuses ou délavée. Elles sont des étincelles de vie, des promesses et des souvenirs, elles sont des embrassades pour un avenir d’espoir et de vérité, elles méritent d’être vues."

Oui, le voyage, lui peut se faire en regardant les fleurs, fleurs que les artistes interprètent pour vous et vous donnent à regarder, admirer, réinventer, intérioriser:
Je vous en offre quelques échantillons, quelques oeuvres. 

Tout d'abord, de l'hôtesse du lieu, les dessins de plantes de Téodora Lenka:

Theodora Lenka - Dessin

Theodora Lenka - Dessin


Puis il y a les fleurs de Marie-Noëlle Décoret,  que je vous invite à découvrir en Bourgogne dans la galerie d'Art à la Rebondie à la Comelle où elles prennent l'espace en grand :

La Comelle - 71990 -  La Rebondie 

Les fleurs de Marie-Noëlle Décoret 

Les fleurs de Marie-Noëlle Décoret



Pour le travail de Gisela Oberbeck de Munich, vous avez un grand leporello également visible dans ce bel espace:

Gisela Oberbeck - Leporello

Gisela Oberbeck - Leporello


Un travail où le papier est également important - le papier est réalisé par l'artiste - ce sont les monotypes de Danièle Schiffman à découvrir:

Danièle Schiffmann - Monotype

Danièle Schiffmann - Monotype


Plus discrètes, car il faut les observer de près, les "Fleurs Fabuleuses" de Robert Becker et Dominique Haettel ( 20*30 cm) nécessitent d'être approchées en toute intimité... un petit apperçu - vues de loin:

Fleurs Fabuleuses - Robert Becker - Dominique Haettel - L'iris

Fleurs Fabuleuses - Robert Becker - Dominique Haettel - Les pétunias noirs


Voilà vous savez presque tout, je vous rappelle les dates et le lieu:
 du 6 au 21 août 2022 à La Rebondie - 7 impasse de la Rebondie - 71990 La Comelle Et si vous venez au vernissage le 6 août, à partir de 16 heures vous rencontrerez les artistes et aurez droit à une "surprise".

 
Et pour finir en chanson, "Comme une Fleur" de Fréhel:



Chanté par Georgette Plana:




Et deux version d'aujourd'hui de ce que peut être "Comme une fleur"

Avec Awsen, le roi du rai rappé:




Et Saskia dans la forêt:




Allez, je vous épargne Daria, et Hugues Aufray qui chante "Fleur d'oranger"...

Bonnes vacances et bon dimanche

La Fleur du Dimanche


*Fleurs fabuleuses: Oeuvres de Robert Becker - photographie et Dominique Haettel - peinture

Textes de: Albert Strickler - Alix Haettel - Ambroise Perrin - Baudouin Jannink - Bénédicte Bach - Benjamin Kiffel – Catherine Jordy - Daniel Payot - Danièle Schiffmann - Dominique-Anne Offner - Florence Rudolf - Geneviève  Charras - Hervé Lévy - Jacques Weiss - Jean Hansmaennel - Jean Vermeil - Jean-Michel Maulpoix - Marie-Christine Streicher - Marie-Françoise Grislin - Martin Adamiec - Sylviane Lokay-Joly - Valérie Bisson - Véronique Moser

Livre d'artiste édité par les éditions Lire Objet: Michel Déjean - Catherine Gangloff

dimanche 17 juillet 2022

Martin a dit, mieux, il l'écrit, mélange des genres, et le feu d'artifice

 Les fidèles lectrices et lecteurs de la Fleur du Dimanche connaissent sûrement Martin Adamiec. J'ai parlé des livres qu'il a écrits (voir mon billet du 4 octobre 2014 à propos de son "journal 2014-2013" ou les différentes "pensées" ou "poésies" que j'ai placé de temps en temps en TVA. Il a également une texte pour le livre d'artiste "Fleurs Fabuleuses" à propos du jaune ginkgo et pensée mêlé et il a fait une (même deux) lecture(s) de l'ensembles des 24 textes lors de l'exposition à la Galerie Art Course* l'année dernière.

Aujourd'hui je vais vous parler de son dernier livre "Comment dire ce qui m'échappe encore", sorti fin 2021 aux éditions du Tourneciel.

Mais place à la fleur du 14 juillet:

Pavot blanc - Photo: lfdd

C'est un pavot bien pâle alors que tous les feux d'artifices ont joué le tricolore éclatant parait-il. Et que l'émoji "drapeau français" se place en sixième position sur twitter. On vit une époque formidable (avec la guerre à nos portes ! et des virus cachés). Pour complété ce rouge qui n'en est pas un, voici un bleu qui est mauve:


Mauve - Photo: lfdd

Et continuons sur cette couleur plutôt que du blanc avec ce butleya, la fleur de l'arbre à papillon:

 

Budleya - Photo: lfdd

Le livre de Martin Adamiec peut être considéré comme son journal de 2020 - 2021 mais on y trouve des poèmes, des nouvelles, un journal de voyage et des réflexions, toujours avec son style incisif, artisan de la langue qui la sculpte et la triture, prêt à tordre les jeux de mots pour les essorer ailleurs. Sa langue est riche et fleurie, il adore d'ailleurs les fleurs et les nommer et il aime toujours autant la nature même si pour cette période il a plus intériorisé ses réflexions par exemple sur des moments de résidences ou de voyage pèlerinage. Il nous a également concocté un "Calendrier perpétuel des voyages en confinement" où avec les sept jours de la semaine, nous devrions tenir de longs mois.  Je vous propose ci-dessous une petite variété de ses écrit, espérant qu'ils vous donneront envie de voyager plus loin avec lui:


Une partie de moi
participait à une manifestation pour ne pas battre en retraite, une partie rêvassait de contagion. On se moque de ceux qui prétendent refaire le monde avec trois bouts de chiffon rouge, vingt centimètre de ficelle ordinaire et quatre bouchons de liège. Et j'en suis les jours de gloire et de cafard. ...

...

Comme des coqs fiers et avides de produire le premier pic sonore de l'aube les yeux brûlés à force de nous rêver aigles dans le ciel nous étions sûrs de chanter demain dans la basse-cour du monde laissant nos dents de lait sous le coussin des plumes. ...

...

J'avoue écrire dans ma tête des phrases d'excuse et les apprendre par coeur. Si d'aventure je rencontre quelqu'un à la gare, je brandis ces phrases, comme on présente son identité, comme un pauvre bougre qui brandit sur une pancarte en carton une phrase pour vous dire qu'il a besoin de vous. ...

...

A bout de souffle, nous composons à l'infini une cartographie pédestre des non-lieux. Assis sur un troc, reprenant notre souffle, nous débitons des stères de vérité. C'est à qui provoquera la plus belle rencontre des contraires.  (...)  La forêt vaut mieux qu'une cellule de dégrisement. J'ai de la sciure plein la tête. Un s'taire vaut mieux qu'une langue de bois. ...

...

Dans les années 80, je feuillette distraitement le quotidien Libération. Je tombe sur une page vide. Tiens, un problème d'impression. J'y retourne. Cette page était offerte à un écrivain pour qu'il réponde à la question: pourquoi écrivez-vous? Ce jour-là juste trois mots de Samuel Beckett: bon qu'à ça.

...

Je ne saurais dire
que l'arbre a grandi
ni le temps passé sous ses branches
je m'abstiens volontairement de dire
comme si pour grandir
dans ces temps voilés
il fallait garder un peu de lumière
pour éclairer l'énigme du silence. 


Budleya - Photo: lfdd


Le prochain livre de Martin Adamiec est prévu à la rentrée, lisez celui-ci en attendant, ainsi que les derniers livres édités par les éditions du Tourneciel, par exemple les Histoires de vie(s):  le livre de Pierre Barrat, Théâtre, musique, ma vie aux mille partitionsses mémoires d’acteur culturel de premier plan, qui a laissé une forte empreinte dans notre région, où il a, entre autres, été le premier directeur de l’Opéra du Rhin, puis le fondateur de l'Atelier Lyrique du Rhin à Colmar. Ou encore, Albert Strickler, Comme le souffle d’une étoile filantele 14ème volume de son Journal perpétuel de poète. Ils présentaient, avec la complicité de Martin Adamiec, leurs expériences respectives de mémorialiste et d’autobiographe avec Gabriel Braeuner à la librairie Kléber le 28 juin:

Lecture du journal 2021 d'Albert Strickler par Martin Adamiec - Librairie Kleber  - Photo: lfdd


Je vous mets en guise de goutte d'eau à la bouche, un minuscule extrait de ce livre de 632 pages (vous avez un an pour le lire..).


"On a senti hier quelque chose comme une brèche dans le temps. Un soleil inattendu, une douceur irréelle. Le printemps semblait vouloir s’annoncer dans les gorges des oiseaux et dans un vert à peine sorti de l’eau.
Lavé du blanc de la neige, de la boue et, en un mot, déjà de l’hiver.
Mais il n’y avait pas que les manifestations de la nature, le miracle de ses épiphanies, il y avait aussi un tressaillement en nous, une envie… de vie, le « Oui » du Magnificat retrouvé, un désir têtu, des projets en pagaille et la joie d’imaginer mettre en terre ce qui lèverait pour célébrer le ciel."


Pour finir, comme Martin Adamiec est très actif - il vient de sortir avec le collectif Turbulence une série de 4 podcasts à écouter consacrés à l'Ukraine (du 22 février 2014 à ce jour) - vous avez ci-dessous un lien vers des textes de Martin Adamiec et Pierre Zeidler, avec la participation de Reha Yünlüel.

Lien sur spotify (open) à partager iciCollectif Turbulence: Ukraine


Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche


* Suite à l'exposition à Art Course à Strasbourg, une autre exposition a été organisée à l'Iloz près de Lyon qui a connu un bon succès (plus de 60 visiteurs par jour).

Et pour celles et ceux qui n'ont pas encore vu le livre d'artiste "Fleurs Fabuleuses" et les oeuvres originales, elles vont faire partie d'une exposition collective en Bourgogne (près d'Autun) à partir du 6 août 2022 (plus d'informations bientôt).

P.S. Vous avez cru voir une histoire de Feu d'artifice, vous n'aviez pas tort... ici quelques images de celui de Strasbourg, le 14 juillet 2022 - en bleu, blanc, rouge:

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd


vendredi 15 juillet 2022

Jazz à la Petite France, c'est parti, tout un festival en plein été, à l'est et gratuit

 La toute jeune manifestation strasbourgeoise Jazz à la Petite France revient en deuxième année avec une énergie sans pareille. Conçue et pensée comme un moment de rassemblement, de réflexion et de partage - c'est la crise sanitaire qui a incité les organisateur, dont Séverine Cappiello, directrice artistique, à fonder l'association Sturm Production -le projet est bien sûr de rassembler de manière festive le public et les artistes autour de la musique et du jazz sous différentes formes.

De quoi s'aérer la tête sous les maronniers de l'été, et en musique:


Jazz à la Petite France - Pas de prise de tête - Photo: lfdd


Le premier soir a (re)vu la jeune Mélissa Weikart, lauréate du tremplin (artiste émergente) à Nancy Jazz Puslation en 2022  après avoir déjà été présente à la première édition. La jeune franco-américaine vivant à Strasbourg nous a offert un délicat concert piano-voix à l'image du disque qu'elle a déjà sorti. Voici son clip "Ocean Song":


Suit le trio Back to C avec Pierre Coq-Amann avec son antiquité de saxophone, le C-mélody (en ut) de 1935, pour lequel il a composé ces différentes pièces entre cool jazz, jazz mélodie d'amour et ballades en hommage à Eric Satie, redécouvert sur le tard. Un style qui rend hommage à Esbjörn Swenson et son trio E.S.T avec Dan Berglund (contrebasse) et Magnus Öström (batterie et percussions). C'est avec Pierre Brouant au piano et le luxembourgeois Niels Engels qu'il joue cette musique de jazz du monde, inspirée de la pop et du classique. Eux aussi ont remporté un tremplin NJP, en 2021.


Jazz à la Petite France - Back to C - Photo: lfdd


Pour répondre aux règles de parité que s'est fixé le festival, le trio suivant, Qonicho D ! est intégralement féminin: Morgane Carnet aux saxophones baryton et alto, Blanche Lafuente à la batterie et Fanny Lafargues à la basse. Leur jazz punk et électrique rend hommage à Nirvanana (oups ! Nirvana de Kurt). Ils, pardon! Elles balancent une rythmique lourde et lancinante, des répétitions et des accélérations de phrasés avec force coups de boutoir de batterie et de basse, un jazz bien charnel et physique, un bel engagement du trio.  

Jazz à la Petite France - Qonicho D ! - Photo: lfdd

Jazz à la Petite France - Qonicho D ! - Photo: lfdd

Jazz à la Petite France - Qonicho D ! - Photo: lfdd


Jazz à la Petite France - Qonicho D ! - Photo: lfdd

Jazz à la Petite France - Qonicho D ! - Photo: lfdd

La suite du programme est alléchant avec samedi 16 juillet:

Hector Javier Ayala à 17:30 - Il n'était pas seul, avec lui Christophe Rieger:


Jazz à la Petite France - HJ Alaya et Christophe Rieger - Photo: lfdd

Puis Circles and the trees avec Christine Clément à la voix - chant et poèmes de Guillevic entre autres, de très beaux textes qui nous emportent et nous font rêver. Nous fait aussi rêver la musique, reposante et originale, jouée au tarhu par Nicolas Beck, au saxophone par Christophe Rieger qui est revenu au groupe et Kalevi Uibo à la guitare. Un moment de quiétude et de rêverie, engagée pour la nature.

Jazz à la Petite France - Cercle and the trees - Photo: lfdd

Le groupe East Aces qui suit à 19:30 a été réuni par Claire Chookie Jack qui entreîne tout le monde avec sa basse, les musiciens (hommes) qui l'entourent ne sont pas en reste en terme d'énergie, un vrai feu d'artifice. Nicolas Tuaillon aux saxophones, Léo Gross à la batterie et Tom Chaize aux claviers nous soulèvent de nos sièges et nous insufflent une belle énergie.


Jazz à la Petite France - East Aces - Photo: lfdd

Jazz à la Petite France - East Aces - Photo: lfdd

Jazz à la Petite France - East Aces - Photo: lfdd
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Jazz à la Petite France - East Aces - Photo: lfdd


Pour clore cette superbe soirée, Julie Campiche et son quartet électro-acoustique monte encore d'un cran. La harpiste hélvète joue du jazz, en acoustique et en électronique, rajoutant de temps en temps quelques samples "engagés", par exemple des extraits du discours de  Greta Thunberg en hommage à ses "vendredis" ou le morceau Aquarius en mémoire du bateau de sauvetage des migrants de SOS Méditerranée. Comme quoi la quadrature du cercle peut être trouvée avec un instrument original, un quatuor de jazz et un engagement citoyen. Aux saxophones, Léo Fumarelli nous berce de son son enveloppant, repris en écho, Clemens Kuratle et sa rythmique sans faille soutient le quatuor tandis que Manu Hagmann et sa contrebasse amène une belle pulsation. Julie Campiche, elle nous surprend en nous faisant découvrir un harpe jazz, avec toute une variété de jeu, de l'acoustique pur (jazz) à des effets électronique ou passant par des effets de sourdine, un jeu surprenant et magnifique.  Le concert, engagé, l'est aussi à l'image de ce festival en cohérence avec ses objectifs, de proximité de parité et d'accès pour tous. Et le public ne peut qu'être ravi du niveau de cette programmation.


Jazz à la Petite France - Julie Camapiche 4tet - Photo: lfdd

Jazz à la Petite France - Julie Camapiche 4tet - Photo: lfdd

Jazz à la Petite France - Julie Camapiche 4tet - Photo: lfdd


Et ce n'est pas fini, car, le programme de dimanche 17 juillet nous attend:

Lily Jung à 16:00:  Son concert est un récital de chant du voyage, dans les steppes de Sibérie, de Mongolie et d'ailleurs. Sa voix, puissante, qui passe de l'aigu au grave nous enchanté et nous ensorcelle. Ses chants de chamanes accompagnés au tambour ou ses  chants mongols diphoniques et avec sune voix de gorge nous emmènent dans des contrées mystérieuses. Ons sent son envie de partager ses culture et elle propose à ceux et celles qui peuvent être intéressé(e)s le 23 juillet à Poutay - encore sous l'égide du Festival, une Masterclass l'après-midi pour celles et ceux qui auraient envie d'expérimenter cette approche, et le soir à 20:30 un concert pour clore cette découverte.


Jazz à la Petite France - Lily Jung - Photo: lfdd


Ispolin à 16:30 indisponible pour cause de Covid est remplacé par une carte blanche à Michael Alizon aux saxophones, accompagné par Jean-Yves Jung à l'orgue Hammond et Jean-Marc Robin à la batterie. Le trio de vieux routards du jazz a monté à l'arrache un beau programme de jazz chantant et dansant et s'en sort allègrement. On sent qu'ils maîtrisent parfaitement le sujet et nous transportent dans un groove d'enfer.

 

Jazz à la Petite France - Michael Alizon - Photo: lfdd


Retour à la voix avec Alltag à 18:00. Jeanne Barbieri à la voix et aux sythés et Grégory Dargent entament un dialogue voix guitare complice, dialogue initié pendant la période de confinement. Des textes poétiques, dits et chantés subliment l'ordinaire et nous emmènent dans les hautes sphères de la sérénité. Avec Altag le quotidien est sublimé par la magnifique voix de Jeanne Barbieri et le phrasé souple de la guitare de Grégory Dargent. Leur mantra "Il faudrait que l'avenir fut là sans cesser d'être l'avenir" devient un refrain quantique que l'on prend et que l'on garde comme philosophie du quotidien.


Jazz à la Petite France - Alltag - Photo: lfdd


Pour clore le festival - et cette journée dédiée à la voix - qui de mieux qu'Inui, un groupe vocal original puisque le duo des chanteuses Clémence Reigal et l'italienne Valeria Vitrano, accompagnées par Maya Cros aux  synthés et Dimitri Kogane à la batterie "dépotent". Leur dialogue décalé, en écho ou en contrepoint l'une de l'autre, nourris d'effets spéciaux, nous déstabilisent dans notre perception et les mots et les phrases rebondissent et tournoient à nous donner le vertige et nous faire perdre les repères. Leurs voix sont magnifiques et l'accord entre elles est parfait. La batterie et le synthé ne sont pas en reste et sont partie prenante à leur niveau de l'ensemble et se payent même le luxe de faire un duo endiablé et puissant.  Inui c'est la musique des chamanes des temps modernes. Et le public ne s'y est pas trompé en leur réclamant un bis, qu'elles offrent avec leur poétique "Murmuration". Si vous les avez loupées, rendez-vous à Crest le 3 août où elles sont finalistes du tremplin international de jazz vocal du Crest Jazz Festival. 


Jazz à la Petite France - Inui - Photo: lfdd


A suivre... en 2023


La Fleur du Dimanche

vendredi 8 juillet 2022

Art Karlsruhe a toujours la Banane et met la femme en avant

 Après une année "blanche" en 2021 avec une exposition "en ligne", la dix neuvième édition d'Art Karlsruhe, foire lancée en 2004 et dont je vous ai fait des retours en 2019 et 2020, s'est transportée en plein mois de juillet. Espérons que cela ne lui porte pas préjudice... 


Art Karlsruhe 2022 - Photo: lfdd

Mais, si elle ne cherche pas à concurrencer Art Basel, elle reste quand même une foire majeure dans l'espace du Rhin Supérieur  avec 250 galeries (43 du Bade-Wurtemberg) et 47 galeries étrangères de bon voire très bon niveau. Une grande exposition thématique centrée sur une collection privée, celle du couple Maria-Lucia et Ingo Klöcker, qui présentent une partie de leur collection centrée sur l'image de la femme avec des artistes femmes ou hommes: Stephan Balkenhol, Erich Fischl, Franz Gertsch, Alex Katz, Thomas Schütte, Erich Kissing, Wolfgang Mattheuer, Sigmar Polke, Gerhard Richter et Arno Rink. Et des femmes peintres, photographes et sculptrices: Barbara Klemm, Cornelia Schleime, Katharina Sieverding, Kiki Smith et Nancy Spero...  Les one-man show mettent en avant 180 artistes et les exposants participent également à la présentation de plus de 400 estampes, gravures sur bois, eaux-fortes, lithographies, sérigraphies, dans un forum spécifique, preuve - ou occasion - de commencer une collection à prix abordable. Il est vrai que les pièces d'artistes maintenant célèbres s'achetaient moins cher à leurs débuts, mais il reste encore de belles pièces dont il faut savoir profiter parmi les stars: Josef Albers, Salvador Dalí, Otto Dix, Max Liebermann, Pablo Picasso, Markus Lüpertz, Alex Katz et autres. Et même parmi les oeuvres originales, vous pouvez réussir à trouver votre bonheur au niveau de vos moyens.

Mais vous pouvez aussi déambuler dans les allées et admirer l'accrochage des oeuvres sans bourse délier et, avec la mise en abime des visiteurs, jouer au dilaogue visiteurs-oeuvres et chercher quelques harmonies de hasard. Pour vous entraîner, je vous en offre quelques vues:


Art Karlsruhe - Hillekes Gallery - Barbara Husar - Spacefrog - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Le Chef Chinois - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Arthus - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Des ronds de fleurs - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Des Carrés - Photo: lfdd


Art Karlsruhe - Dans le V - Sculpture en bois de Marc Fromm - Photo: lfdd



Approchons-nous donc un peu des oeuvres pour les apprécier. La première, celle de Barbara Husar, petit bout de papier peint, de la même artiste qui a peint le grand tableau avec les "grenouilles de l'espace" qui résonnaient étrangement avec la galeriste en "instantanné" pour le début de ce billet:


Art Karlsruhe - Hillekes Gallery - Barbara Husar - Koordinatentickets - Photo: lfdd


Et pour celles et ceux qui collectionnent les hiboux, un petit hiboux chou, un bijou de Markus Lüperz "Eule der Athene" pour la modique somme de 19.000 Euros:


Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Eule der Athene - Photo: lfdd


Si vous préférez les signes du zodiaque, vous pouvez avoir le vôtre pour un peu moins cher 14.000 euros, un des 36 exemplaires en bronze peint main. Ici le bélier et les gémeaux:


Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Sternzeichen - Widder - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Sternzeichen - Zwilling - Photo: lfdd


Si vous préférez la peinture d'Imi Knoebke en tord et à travers "Schief und Schräg" il faut allonger 85.000 €:


Art Karlsruhe - Imi Knoebel - Schief und Schräg - Photo: lfdd


Sinon vous pouver toujours acheter des oeuvres en NFT:


Art Karlsruhe - Antonio Mara - Marci Casenti - NFT - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - NFT - Photo: lfdd


Ou moins cher, les traits aux crayons de couleur de Manfred Mayerle à la Galerie Jordanov "Hold the line, mais vous avez le choix... pour 1.800 €:


Art Karlsruhe - Manfred Mayerle - Hold the Line - Galerie Jordanow - Photo: lfdd


Vous avez aussi les tableaux vasareliesques de Roland Elmer, les fleurs de Herbert Zangs ou les images de "La chanteuse" de Christian Boltanski: 


Art Karlsruhe - Roland Helmer - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Herbert Zangs - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Christian Boltanski - La Chanteuse - Photo: lfdd


A la Galerie Valentin, vous avez un "mur" de Anne-Sophie Tschieg et des oeuvres de Clément Bedel, qui ont leurs ateliers au Motoco à Mulhouse et aussi un travail de Reinhard Voss:


Art Karlsruhe - Anne Sophie Tschieg - Galerie Valentin - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Anne Sophie Tschieg - Galerie Valentin - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Clément Bedel - Galerie Valentin - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Reinhard Voss - Galerie Valentin - Photo: lfdd


Allez, encore quelques sculptures avant la suite:


Art Karlsruhe - Sculptures - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Sculpture - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Sculptures russes ? - Photo: lfdd


Je vous avais promis la #Banane, eh bien la voici: Même les galeristes d'Art Karlsruhe ont la #Banane. D'ailleurs, ce galeriste, Aloys Wilmsen est celui qui a construit pour Joseph Beuys en 1977 la Honigpumpe - Pompe à miel qui projetait des tonnes de miel dans le bâtiment  principal de la Documenta, le Fridericianums, je vous mets la "modèle réduit" ci-dessous. Et l'artiste Frieda MArta, qui peint en "bleu Klein" depuis qu'elle fréquentait le groupe "Zero" (Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker,...):


Art Karlsruhe - Le galeriste a la #Banane - Galerie Aloys Wilmsen - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - L'artiste a la #Banane - Frieda Marta - Galerie Aloys Wilmsen - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Joseph Beys a la #Banane - Honigpumpe - Bienen Fleiss - Galerie Aloys Wilmsen - Photo: lfdd

Et là, par contre ce ne sont pas des #bananes, cela ressemble plutôt à des iris, et la gravure d'Alex Katz (117cm X 79 cm - 50 ex. - 16.500 €) s'appelle Yellow Flag - drapeau jaune:

Art Karlsruhe - Alex Katz - Yellow Flag - Galerie Boisserée - Photo: lfdd


Et encore quelques Katz en peinture et en sculpture:

Art Karlsruhe - Alex Katz - Photo: lfdd


Et là, ce n'est pas Katz, c'est Kat, KitKat:

Art Karlsruhe - KitKat - Photo: lfdd


Et toujours pas Katz, mais Maus de Johannes Häfner, Maus tout pleins :

Art Karlsruhe - Johannes Häfner - Maus - Photo: lfdd


Et toujours pas Katz, mais sanglier:

Art Karlsruhe - Sanglier - Photo: lfdd


Et toujours pas Katz, mais ours:

Art Karlsruhe - Ours - Photo: lfdd


Oh, j'avais oublié le lapin (posé sur le chinois rouge) de Chen Wenling "All in One":

Art Karlsruhe - Chen Wenling "All in One - Photo: lfdd


Et un raccord de peinture jaune:

Art Karlsruhe - Raccord de jaune - Photo: lfdd


Quelques fleurs rouges et leur contrechamp:

Art Karlsruhe - Raccord de fleurs rouges - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Têtes - Photo: lfdd


Et un Torero Rouge de Luciano Castelli et un Loup - Wolf de Rainer Fetting:

Art Karlsruhe - Rainer Fetting - Loup - Luciano Castelli - Torero Rouge - Photo: lfdd


Retour sur une "Etude de Saint Ulrich" de Markus Lüpertz:


Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Studie St Ulrich - Photo: lfdd


Et je vous avais promis des bananes, en voici une dans un coin:

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Banane dans un coin - Photo: lfdd

Allez, encore quelques bananes pour le week-end, la "Banane Beuys" et la Banane-bananes:

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Banane Beuys - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Bananes dans banane - Photo: lfdd


Et une nouvelle piste de cet artiste impoli et impertinent, la langue d'Einstein à toutes les sauces:

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Einstein tire la langue - Photo: lfdd



A suivre...


La Fleur du Dimanche