dimanche 18 octobre 2026

Que vont faire ici Heidi, le fromage "vieux" et la Serbie, le bitcoin et, pour finir, Trump, Poutine et Zelenski ou plutôt Gennadiy Druzenko et Mikhaïl Chichkine ?

 Dimanche dernier, j'ai lu une "fable", bien réelle, dont la morale m'a donné envie de la partager avec vous. J'avais aussi fait quelques photos de fleurs qui "attendaient" de rencontrer vos yeux....

Ca fait effectivement longtemps que je n'ai pas posté de fleurs - les billets "culturels", sur les spectacles sont très nombreux et laissent peu de place à "La Fleur du Dimanche" et ses TVA.

Et, un hasard ne venant jamais seul, il se trouve que je suis tombé sur une autre histoire, elle aussi sortant de l'ordinaire, le futur "à côté de chez vous", cela m'a conforté dans mon désir de vous offrir ces "Textes à Valeur Ajouté". Et, pour faire d'une pierre trois coups, l'actualité avec Trump trahissant ses engagements envers l'Ukraine, préférant les liens d'argent qui le relient à Moscou et la mafia russe (voir "United States of Mafia", un documentaire en trois volets, d'Antoine Vitkine qui retrace les relations troubles entre le pouvoir américain et le crime organisé en Russie, sur France 24), j'ai trouvé une troisième histoire exemplaire pour contrebalancer et soutenir l'Ukraine. Et préparer un dialogue entre l'Ukraine et la Russie (sans Poutine) dans le futur. Mais, cette histoire a déjà commencé et je vous la conte en troisième.

Mais pour commencer, je fais mon miel avec ces fleurs, même un 12 octobre:


Fleurs et abeille en automne - Photo: Robert Becker


Vous allez me demander ce que fait Heidi dans cette histoire...

C'est simple, Heidi, c'est un organe de presse suisse (d'où le nom de Heidi) indépendant, sans publicité et qui publie de l'actualité (libre) tous les jours, et des enquêtes régulières - également des magazines papier - faites un tour sur leur site. D'ailleurs je vais vous y renvoyer pour les vraies sources de mes TVA.


Fromage frais, Fromage "Vieux"

Cette première histoire éclaire une situation symptomatique en Serbie, qui n'arrive pas à constituer un gouvernement. Tito mort, la Yougoslavie a explosé et les "régions" se sont mené des guerres fratricides, nombreux sont encore ces nouveaux pays qui ne sont pas encore membre de l'Union Européenne. On peut aussi analyser en parallèle les situations de la Hongrie et de la Bulgarie dans une démarche parallèle. 

C'est David Laufer, chroniqueur, journaliste, écrivain qui habite à Belgrade depuis plus de 20 ans qui nous raconte cet épisode intitulé : 


Le fromage frais, ou l'impossibilité de l'épargne en Serbie


En Serbie, quand on dit fromage, on parle de fromage frais. Celui qu’on met dans une salade ou qu’on étale sur un morceau de pain. On trouve bien du fromage à pâte dure dans les supermarchés, mais il est industriel, caoutchouteux et sans goût. La Serbie a les vaches, l’herbe et l’amour du fromage en abondance. Alors pourquoi se priver de l’une des meilleures formes que puisse prendre le lait? La réponse à cette question éclaire une vieille malédiction de la culture locale: l’impossibilité de l’épargne.

Le fromage frais n’est pas fait pour durer. Un jour, dans un village du sud de la Serbie, je suis entré dans une petite maison perchée au sommet d’une colline. Un panneau indiquait «fromage à vendre». J’ai donc demandé à la vieille dame qui habitait là quelle sorte de fromage elle avait. «J’ai du vieux ou du nouveau», m’a-t-elle répondu sèchement, comme si ma question était stupide, ce qui, selon les critères locaux, était probablement le cas. Ma question suivante était encore plus stupide: «Vieux de quand?» J’imaginais des petites tomes séchées pendant des mois dans sa cave. Mais elle a levé les yeux au ciel, obligée qu’elle était de m’expliquer l’évidence: «D’hier.»


Un cycle sans fin

Voilà la culture du fromage dans les Balkans. Les paysans traient leurs vaches ou leurs chèvres et se mettent immédiatement à faire du fromage. Et ils recommencent chaque jour, dans un cycle sans fin: lait-fromage-lait-fromage-lait… Vous voyez l’idée.

Le fromage à pâte dure, comme les conserves ou la viande fumée, a été inventé comme une manière d’épargner. Une fois fabriqué et affiné pendant quelques semaines, il peut être consommé pendant des mois, parfois même des années. Une meule de Gruyère, qui pèse autour de 35 kilos, peut nourrir une famille pendant toute une saison, avec ses minéraux, ses protéines et ses matières grasses. Et elle évite au paysan la corvée quotidienne de fabriquer du fromage frais toute l’année. Le fromage à pâte dure est, autrement dit, un jeu à long terme, tandis que le fromage frais est un jeu à court terme.

Il se trouve que le long terme nécessaire à la fabrication du fromage à pâte dure exige certaines conditions: prévisibilité, stabilité et paix. Dans un environnement stable, les paysans en viennent naturellement à penser à l’épargne: épargner pour l’avenir, épargner leurs efforts, autrement dit planifier et veiller à ce que les récoltes d’aujourd’hui soient encore disponibles demain.


Sauvagerie ottomane

Cet état d’esprit, qui paraît évident à un Européen occidental, l’histoire ne l’a pas accordé au peuple serbe, ni à la plupart des peuples des Balkans, pendant de nombreux siècles. Les Serbes, autrement dit, n’ont pas été habitués à la possibilité d’épargner, parce qu’ils ont vécu, durant l’essentiel de leur histoire moderne, dans l’instabilité, l’imprévisibilité et la guerre.

La sauvagerie de la domination ottomane dans la péninsule balkanique ne saurait être sous-estimée. Pendant plus de quatre siècles, les sultans ont rançonné, saccagé et pillé. Et lorsqu’ils ont enfin été chassés, tout ce qui subsistait de leur présence se résumait à quelques mosquées, quelques ponts et suffisamment de haines religieuses pour durer encore 160 ans plus tard – si l’on considère le retrait définitif des troupes ottomanes de Belgrade en 1867 comme l’affranchissement des Serbes de l’Empire ottoman.

Sous la domination turque, à partir de 1459, les populations étaient habituées à une pauvreté si abjecte qu’elles n’étaient même pas certaines de survivre à l’hiver, tandis que leurs fils étaient enlevés pour intégrer le corps des janissaires (troupe d’élite ottomane) et leurs filles pour intégrer les harems de Constantinople. Cela peut paraître un peu larmoyant, mais considérez ceci: le Musée national de Serbie, pour lequel j’ai travaillé quelques années, couvre neuf mille ans d’histoire et regorge d’objets datant de toutes les époques, du Néolithique à la Grèce antique, des empires médiévaux jusqu’à l’époque moderne. Il n’y a qu’un seul et grand trou noir: les quatre siècles de domination ottomane.


Mais c’est quand même délicieux

En anthropologie comme en géologie, le temps avance selon des rythmes différents. Ce qui accable aujourd’hui la Serbie ne l’accablera pas éternellement. Souvent, j’aimerais gravir la plus haute colline et crier aussi fort que possible: «Chers habitants de Serbie! Les guerres sont finies! Les Turcs sont partis! Vous pouvez rentrer chez vous et commencer à vivre une vie normale!» Mais je dois être patient et faire confiance au temps. Je dois croire qu’un jour, cela deviendra évident pour les jeunes générations. Et qui sait? C’est peut-être déjà le cas.

En attendant ces jours meilleurs, laissez-moi vous dire que le beli sir (fromage blanc) serbe ou le kaymak (une crème épaisse) sont absolument délicieux!

J'ai un peu raccourci le texte, l'original est là:

Beli Sir


Pour le deuxième "conte", c'est la "misère" qui illustre le mieux cette histoire:


La misère - Photo: Robert Becker


L'histoire "vraie" se passe sur une île paradisiaque et nous donne un avant-goût de notre "futur". Sur cette île, faisant partie du Honduras un chef d'entreprise, le milliardaire Peter THill a créé une ville nommée Prospéra, qui est en fait une entreprise, totalement indépendante du pays et dans laquelle les habitants ne payent presque pas d'impôts, où il n'y a pas de gouvernement, jsute un PDG, et où la monnaie est le Bitcoin. C'est une autre enquête en feuilleton et je vous en offre également le début - la suite est là: Bitcoin:


À Próspera, le Bitcoin est roi et l'impôt ne passera pas


L’île de Roatán, qui appartient au Honduras, abrite le projet libertarien le plus avancé au monde, financé notamment par le milliardaire Peter Thiel. La ville de Próspera est en construction dans la jungle. Ses premiers habitants se piquent d’aider les pauvres Honduriens qui les entourent tout en clamant leur haine de l’Etat et leur amour des cryptomonnaies.

Tomek crée une vague. Debout sur une échelle, il passe son pinceau sur un mur blanc que ses mains veulent transformer en une mer bleu cobalt. Tomek – cheveux bouclés, regard déterminé, mollets bien bronzés – saute de l'échelle, court vers l'arrière, contemple son œuvre, secoue la tête: la crête de la vague monte de façon bien trop abrupte. Tomek ne voulait pas faire une si grande vague. Heureusement qu'il a vérifié. Il faut parfois prendre un peu de recul pour avoir une vue d’ensemble.

Le mur peint par Tomek est celui de la salle de sport de l’école de Coxen Hole, 8’300 habitants, la plus grande localité de l’île caribéenne de Roatán, qui appartient au Honduras. Un pays qui ne fait la une des journaux en Europe qu’en raison de la violence de ses gangs – quand il fait les titres tout court. En Amérique latine, selon les indicateurs habituels, seule Haïti connaît des conditions de vie encore plus dures. Cependant, avec ses palmiers, ses récifs coralliens, ses touristes rougeauds et les apéros au coucher du soleil, Roatán semble infiniment plus détendue que la partie du Honduras sur le continent: un trait de pinceau paradisiaque de 60 kilomètres de long et de quelques kilomètres de large, dans les Caraïbes.

....

D’un point de vue formel, Próspera est une zone économique spéciale. Moins d'impôts, de droits de douane et de réglementations est censé attirer les investisseurs et favoriser la croissance. À première vue, cela peut sembler peu spectaculaire, il existe de nombreuses zones de ce type à travers le monde – même la Corée du Nord en a une. Il existe toutefois une différence décisive: selon les traités signés, l’État du Honduras a cédé sa souveraineté sur les territoires appartenant à Próspera. Celle-ci est désormais exercée par Honduras Próspera Inc., une entreprise privée enregistrée aux États-Unis.


Tant pis pour la démocratie


Parmi les bailleurs de fonds figurent de grands acteurs de la scène libertarienne de la Silicon Valley, tels que l’anarcho-capitaliste Patri Friedman, le développeur de logiciels Marc Andreessen, l’entrepreneur en série Balaji Srinivasan – ainsi que Peter Thiel, l’investisseur qui entretient d’excellentes relations avec Donald Trump et son vice-président, J. D. Vance. Peter Thiel, qui préside notamment Palantir Technologies, considère que la démocratie et la liberté ne sont pas compatibles. C’est ainsi que Próspera n’est dirigée ni par un président ni par un Premier ministre, mais par un PDG, secondé par un conseil d’administration.

Próspera est ainsi décrite comme un véritable État dans l’État – ou du moins une ville privée, ce qu’on appelle une «charter city».

La suite est là: Bitcoin:


Pour le troisième récit, quoi de mieux que la châtaigne pour parler d'un "marronnier" sous un autre angle. On n'arrête pas de parler de l'Ukraine*, cela fera bientôt cinq ans que le pays s'est fait envahir par la Russie de Poutine et il faut essayer d'en sortir par le haut (il faut bien sûr soutenir le pays et souhaiter que cette guerre et tous les autres conflits trouvent une issue heureuse et paisible.


Le marronnier - les deux châtaignes - Photo: Robert Becker


Initier un dialogue pour inventer un "après" ensemble


Ceci n'est donc pas un récit, mais un échange volontaire entre deux personnes qui veulent penser et préparer l'avenir: Gennadiy Druzenko, universitaire ukrainien, fondateur d’ une ONG de médecine de guerre et Mikhaïl Chichkine, célèbre écrivain russe établi en Suisse qui a débuté un dialogue avec lui. Pour poser des bases et rêver d'avenir:


De Russe à Ukrainien: «Je vous souhaite le meilleur, de la force, et la victoire!» 


Gennadiy Druzenko est le fondateur d’une ONG ukrainienne de médecine de guerre, ennemi public en Russie après avoir tenu des propos extrêmes à la télévision ukrainienne. Il écrit à Mikhaïl Chichkine, écrivain russe installé de longue date en Suisse, à Zurich. Un dialogue s’engage, sur la pointe des pieds.

C’est l’histoire d’un email qui a donné naissance à une amitié, jetée comme un pont entre deux pays en guerre. D’un côté Gennadiy Druzenko, universitaire ukrainien parti au combat, fondateur d’ une ONG de médecine de guerre. De l’autre, Mikhaïl Chichkine, célèbre écrivain russe établi en Suisse depuis 1995, et farouche opposant à la guerre depuis ses débuts.

De décembre 2023 à l’été 2026, les deux hommes se sont écrit en russe et en ukrainien, autour des sujets qui fâchent: la guerre et la paix, l’impossibilité et la nécessité de surmonter le passé, cet avenir qu’il faut commencer à bâtir. Leur correspondance est un manifeste humaniste. La voici.


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Gennadiy Druzenko à Mikhaïl Chichkine

Cher Mikhaïl,

Nous ne nous connaissons pas, et voilà bien longtemps que je n’ai pas écrit en russe. Veuillez excuser mes éventuelles maladresses.

Je m’appelle Gennadiy Druzenko; je suis le fondateur et le président du Premier Hôpital mobile de volontaires Pirogov, connu en Ukraine – et au-delà – sous son sigle ukrainien, PDMSh: https://pdmsh.ua

(Le nom de l’ONG provient de Nikolaï Ivanovitch Pirogov, grand chirurgien russe du 19e siècle et fondateur de la Croix-Rouge russe, considéré comme un des pères de la médecine de guerre. PDMSh se prononce /pé-dé-em-sha/, ndlr.)

Nous sommes sans doute la plus importante équipe de soignants civils bénévoles présente sur le front, où depuis maintenant neuf ans, nous sauvons les vies de militaires et de civils. Nous avons pris en charge plus de 90’000 patients. Parmi eux, des prisonniers de guerre russes…

À cause d’une remarque inconsidérée au début de la grande guerre, la propagande russe s’est employée à faire de moi un monstre dont on effraie les soldats russes. Que Dieu les juge: nous ne tuons pas, nous soignons. Vous trouverez ici un reportage en russe, sérieux et véridique, sur notre travail: https://projects.liga.net/signature-of-dr-zaluzhnyi-r

(En mars 2022, Druzenko a déclaré sur la chaîne Ukraine 24 avoir donné pour instruction de castrer les prisonniers de guerre russes «parce que ce sont des cafards, pas des personnes». Il s’est ensuite excusé pour ces propos, expliquant qu’ils avaient été tenus à la suite de menaces russes contre lui et sa famille et que son ONG respectait les Conventions de Genève. À ce jour, ce genre de torture extrême n’est attesté que sur des prisonniers de guerre ukrainiens, ndlr.)

Je suis actuellement en Suisse pour rencontrer nos donateurs et les amis qui nous aident à sauver des vies sur le front. Peut-être seriez-vous intéressé à l’idée de nous rencontrer, pour échanger nos impressions, nos prévisions et nos analyses sur cette guerre russo-ukrainienne qui me rappelle de plus en plus la guerre d’indépendance américaine. Être ukrainien aujourd’hui n’est pas une affaire d’ADN, de Blut und Boden, mais, avant tout, un choix éthique et une certaine conception du monde.

(Blut und Boden, «le sang et le sol», est un concept du 19e racialiste, central dans l’idéologie nazie, selon lequel la race et le territoire sont intrinsèquement liés, ndlr.)

Si vous souhaitez me rencontrer, écrivez-moi ou appelez-moi: je pourrais venir vous voir demain, lundi 4 décembre (2023). Pour ma part, j’aimerais m’entretenir avec un éminent représentant de la culture russe qui s’oppose à la guerre.

Sinon, ce n’est pas grave: cela voudra simplement dire que l’heure d’un dialogue franc, face à face, n’est pas encore venue…


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Mikhaïl Chichkine à Gennadiy Druzenko

Cher Gennadiy,

Merci de votre courriel! Et merci infiniment pour ce que vous faites. J’éprouve une profonde admiration pour vous et pour vos collègues, qui sauvez des vies dans cette guerre effroyable. Hélas, on ne voit toujours pas la lumière au bout du tunnel.

Malheureusement, nous ne pourrons pas nous rencontrer cette fois-ci: j’ai des interventions prévues de longue date aux moments que vous proposez. Peut-être la prochaine fois? Si je comprends bien, vous venez de temps à autre en Suisse. Dans ce cas, veuillez me prévenir bien à l’avance.

Il m’importe beaucoup de vous rencontrer et de parler avec vous, car, lors de mes interventions publiques, je répète toujours la même chose: tôt ou tard, cette guerre prendra fin, et il nous faudra alors jeter des ponts par-dessus l’abîme – de douleur, de sang et de haine – qui se creuse entre Russes et Ukrainiens, pour chaque nouveau jour de carnage, pour chaque mort. Et ce seront les gens de culture, les musiciens, artistes, et écrivains, qui seront les premiers à l’ouvrage. La seule question est: quand? Peut-être faudra-t-il attendre la génération suivante, ou même celle d’après.

Mais il n’est jamais trop tôt pour commencer. Nous avons le devoir d’essayer, même quand cela paraît impossible.

Je vous souhaite le meilleur, de la force, et la victoire!

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La  suite est là : 

«Je vous souhaite le meilleur, de la force, et la victoire!»


Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche


* L'action de soutien à l'Ukraine ne doit pas cesser. 

L'installation Guernica/Ukraine pour marquer ce soutien et combattre pour la Paix sera exposé du 19 au 21 novembre à Paris, chez Artcurial - 7 rond-point des Champs-Élysées - à l'occasion des 50 ans des éditions jannink - Baudouin Jannink étant à l'initiative de ce projet où l'oeuvre de Jean Pierre Raynaud Sans titre - Ukraine fait face à la copie du tableau Guernica de Pablo Picasso, qui soutenait les républicains espagnols en 1937 en mémoire du bombardement de la ville homonyme.

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