dimanche 19 avril 2020

Quel jour sommes-nous? Je suis... détempé, peut-être A... ou avec un peu d'apophénie, mais pas d'ultracrepidarianisme

Savez-vous encore quel jour nous sommes, quel mois ? 
Les repères tombent, les jours se suivent, savons-nous encore où nous allons?

Heureusement qu'il y a les fleurs:


Premiers coquelicots - 16 avril 2020 - Photo: lfdd

Premiers coquelicots - 16 avril 2020 - Photo: lfdd

Premiers coquelicots - 16 avril 2020 - Photo: lfdd



Et les bourgeons qui annoncent le printemps, l'été et l'automne.... 


Premiers bourgeons - 16 avril 2020 - Photo: lfdd

Et vienne l'hiver... pas encore, pas encore dans nos coeurs, parce qu'heureusement il y a les amis, les amours, et les livres....

Hier je lisais dans le dernier Journal de l'ami Albert Strickler "La Constellation du labyrinthe - Journal 2019" qui vient de paraître le texte du 18 mars 2019 dont je vous livre le début:

"18 mars

Une neige silencieuce m'a surpris à l'aube. Me laissant sourd et muet le merle!

C'est d'abord arrivé par intermittence, puis de plus en plus souvent, et voilà qu'à l'évidence cela se généralise. Quoi ? Le fait de ne plus savoir quel jour on est en me levant. Et ce matin, cette absence de repères temporels a duré si longtemps que j'ai eu peur pour ma mémoire. Peur qu'elle m'ait lâché pour de bon. Au point que j'ai joué à faire semblant de ne plus savoir le nom de la maladie qui serait en train de la dévorer comme un os devenu mou."

C'est effectivement très perturbant d'être confiné et que les jours se suivent et semblent vouloir se ressembler.... Et nous ne sommes pas les seuls à être perdus. J'ai noté de nombreuses fois où l'animateur à la radio se trompait d'heure, de jour ou de mois en l'annonçant de sa cuisine ou de son salon. Effectivement les jours se suivent, et le déplacement "autorisé par l’article 3 du décret du 23 mars 2020" donc pour des "achats de première nécessité" ou une "activité physique individuelle" se superpose jour après jour. Et, plutôt que de faire des jeux où l'on doit savoir combien on peut mettre de chats dans un pièce carrée, il vaudrait mieux se faire un tracé des trajets - que tous les opérateurs (téléphone, internet) stockent sur nous - sur un bout de papier que l'on brûlera quand cette période sera terminée, ou que l'on pourra exposer dans une galerie d'art post-apocalypse.
Un temps où surgissent des mots nouveaux, dont par exemple "ultracrepidarianisme" un mot qui qualifie beaucoup de gens, ces derniers temps qui savent tout - ou presque - sur le virus qui nous "isole" et sur tous les moyens de le combattre.
Le terme, pas si récent puisqu'il faut remonter à l'antiquité pour en trouver le premier usage:
À l’origine, ce terme est construit sur un fait rapporté par Pline l’Ancien où l’artiste grec Apelle répondait à un cordonnier qui critiquait l’une de ses toiles: sutor, ne supra crepidam (cordonnier, pas plus haut que la chaussure). Le mot supra a été remplacé par le préfixe ultra-.
L'ultracrepidarianisme est l'habitude qui consiste à donner des avis et des conseils sur des questions qui échappent pourtant aux connaissances de la personne émettrice des dits avis. C'est donc le comportement qui consiste à donner son avis sur des sujets sur lesquels on n’a pas de compétence démontrée1. Le terme ultracrepidarian a été utilisé pour la première fois en 1819 par l'essayiste William Hazlitt dans une lettre ouverte à William Gifford.

Et de citer quelques exemples d'ultracrepidarianisme:
James Dewey Watson, prix Nobel 1962 pour la co-découverte de la structure de l'ADN. Il fait des déclarations non fondées sur la génétique et l'intelligence2. Par exemple il explique en 2000 qu'il existe un lien entre exposition au soleil et libido et que cela explique la figure du "latin lover".
Kary Mullis, prix Nobel de chimie, nie le réchauffement climatique, réfute le lien de causalité entre VIH et SIDA et assume sa croyance en l'astrologie.
Claude Allègre, géochimiste français, réfute le réchauffement climatique même après l'obtention d'un consensus scientifique à ce sujet.


Ce qui est dit ensuite est assez drôle:
Les ultracrépidariens et l’effet Dunning-Kruger
Les ultracrépidariens se caractérisent généralement par un principe très élémentaire : moins ils en savent, plus ils croient en savoir. Cette relation répond à ce que l’on appelle l’effet Dunning-Kruger en psychologie.

L’effet Dunning-Kruger est un biais cognitif très commun qui fait que les personnes qui ont le moins de compétences cognitives et intellectuelles ont tendance (en moyenne, pas dans tous les cas) à surestimer leurs propres capacités.
Du point de vue de la psychologie sociale et à travers des études comme celles réalisées par les psychologues Marian Krak et Andreas Ortman, de l’université de Berlin, on nous rapporte la chose suivante. Dans un premier temps, les ultracrépidariens peuvent même réussir à atteindre des postes de pouvoir.
Certaines personnes, dans notre société, occupent des postes pour lesquels elles n’ont pas les compétences suffisantes. Cependant, cette auto-évaluation amplifiée, ajoutée à une attitude extravertie et résolue, peut leur permettre d’occuper des places que d’autres personnes plus aptes n’arrivent pas à obtenir.

Il ne faut pas sous-estimer les ultracrépidariens : leur effet peut être extrêmement nocif
Parfois, le comportement des ultracrépidariens peut être anecdotique. L’histoire de McArthur Wheeler, un homme qui a braqué une banque à Pittsburgh en 1990, est par exemple célèbre. Lorsque les policiers l’ont attrapé, il a été très surpris : il ne comprenait pas comment ils pouvaient le voir.

Il disait avoir appliqué du jus de citron sur son visage et son corps pour être invisible. Il est évident que le jeune Wheeler souffrait d’un trouble psychologique, mais la fermeté avec laquelle il défendait la relation entre le jus de citron et l’invisibilité a attiré l’attention des experts.

Apophénie

L'apophénie n'est pas un épiphénomène de cette tendance car:
En psychiatrie, une apophénie est une altération de la perception, qui conduit un individu à attribuer un sens particulier à des événements banals en établissant des rapports non motivés entre les choses. Tout lui paraît avoir été préparé pour lui: pour tester s'il remarque ces bizarreries, etc.
En psychologie jungienne, l'apophénie est à rapprocher de la notion de synchronicité, bien que Jung se contente de décrire le phénomène tel qu'il est vécu, sans se positionner clairement quant à l'idée que ce phénomène consiste en une distorsion de la perception ou s'il s'agit d'un contact particulier avec une authentique réalité métaphysique.

Bon, arrêtons nos délires et écoutons quelques chansons:

Pour commencer, la chanson de Marie Möör: Je Veux

Je veux une armée rien qu'à moi
je veux Syracuse
je veux des harems des haras
le sourire des muses
je veux un grand palais de marbre rose
plein d'escaliers pour mes nuits blanches
je veux des jardins suspendus
au dessus du temps
où se rejoindraient les amants
fantômes et vivants
je veux un amour pur et sans défaut
mordre au citron de l'idéal
je veux retrouver mon étoile
puisque mon coeur...
je veux quelque chose de nouveau
je veux des robes une nouvelle peau
je veux repartir à zero
je veux des nuits
des nuits bleu Klein
je veux le début sans la fin
je veux le plus beau des fourreaux
une vie taillée à même la peau
dans du satin rouge


Je ne sais pas si vous reconnaissez ce qu'elle est devenue avec Christophe "Elle veut" : La Man


Tout cela prouve que je fais un peu d'apophénie comme Monsieur Jourdain de la prose... Parce que, en cherchant dans mes archives des chansons "en attente" je retombe sur une note du 8 juillet 2018 (oui 2018) avec cette "découverte", la chanteuse Mary Möör qui a inspiré Christophe... "Il n'y a pas de hasard.... il n'y a que des rencontres..." 

Je vous offre encore deux autres chansons de Möör

Mary Möör - Pretty Day




Et Marie Möör avec Barney Wilen. Beau Masque





Portez vous bien!

Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 12 avril 2020

Ecouter les cloches revenir, arum ou vortex: bilan à mi-covid-19

J'ai longtemps hésité, refusé, reporté, puis décidé quand même de parler, quitte à ouvrir une polémique.
Car le sujet appelle la polémique, tout le monde sachant.... mais sachant quoi?
Mais tout d'abord, place à la fleur, aux fleurs.


Scilles à deux feuilles - Photo: lfdd

Ces fleurs, c'est le 15 mars 2020 que je les ai photographiées, une éternité... Dans une forêt à l'ouest de Strasbourg, le bout du monde depuis ce jour. Depuis, j'explore la nature - ou du moins j'essaie de la débusquer dans tous les recoins de la ville, bien étriquée, même si elle est bien riche aussi en cette période.
Souvenez-vous, c'était le week-end de bascule, le dernier où l'on pouvait encore "bouger" - enfin si on se donnait l'autorisation (non écrite à l'époque).
Mais tout a changé et je vous propose de faire une petite pause et de vous poser quelques questions, d'en tirer quelques conclusions à la lueur de ce qui s'est passé.

Scilles à deux feuilles - Photo: lfdd

 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je vous offre deux TVA. Le premier est un poème de Fernando Pessoa:

De tout, il restera trois choses :
La certitude que tout était en train
de commencer,
la certitude qu'il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu
avant que d'être terminé.
Faire de l'interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche...
une rencontre.



Et le deuxième la conclusion d'un article d'Ingrid Luquet Gad sur le "sujet, nouvelle forme" dans l'Art:
"A l'oeuvre esthétique de redevenir le caillou de complexité dans la chaussure du néolibéralisme simplificateur, le lieu d'une expérience de l'altérité radicale et le rocher sur lequel viendraient échouer les taxonomies, les désignations et le certitudes existantes."
Bon, pas sûr que le pèlerin moderne qui va à Rome n'ait envie de marcher avec un caillou dans ses chaussures, surtout que Rome est en pleine tourmente...

Cela nous amène sur le nouveau chemin sur lequel nous allons faire une pause:

En janvier, on a parlé d'un nouveau virus, apparu en Chine, une sorte de grippe ou plutôt de SRAS, puisque mortel et avec un degré de transmissibilité important (2.5 ce qui signifie qu'en moyenne une personne infecté peut transmettre le virus à 2.5 autres - on a le cas de personnes qui ont infecté 90 autres!). Mais c'était en janvier et c'était loin...
Et l'on disait à l'époque, qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que ce n'était pas grave, (tout au plus 600 morts) jusqu'à ce que...

Entre temps, on a appris que le virus est apparu bien avant que l'on nous on en informe (au moins en septembre) et qu'il est aussi arrivé chez nous déjà en janvier (mais là pareil, on ne nous dit rien).
Les points qui posent problème sont d'ailleurs essentiellement des questions de communication. Chez les Chinois (combien de cas et combien de morts en réalité, et est-ce qu'effectivement plus personne n'en meurt aujourd'hui là-bas, comme on le dit ? - Note du 13 avril: Il parait que l'épidémie reprend aussi là-bas..).
Comme chez nous: sur le nombre de cas comme sur le déploiement de la maladie (on "oublie" les cas hors statistiques (d'abord les EPHAD puis les personnes décédant chez elles). Sur le suivi des personnes contaminées (pas de suivi "intelligent" et analytique. Sur le confinement (on met tout le monde dans le même sac - que l'on soit à la ville ou à la campagne, dans une zone touchée ou pas, malade ou pas - d'ailleurs il n'y a pas de traitement spécifique concernant ceux qui sont "touchés", ce que certains pays asiatiques ont très bien su gérer. Il faudrait peut-être d'ailleurs juste jeter un coup d'oeil par-delà la frontière, en Allemagne où ils ont six fois moins de morts qu'en France (Mais chez eux aussi, des questions d'équité sociale se posent, avec le paiement de gros dividendes aux actionnaires alors que l'Etat - le citoyen - soutient l'économie à l'arrêt.
Mais la question du dépistage, est aussi un vaste sujet. Sujet de coordination entre les pays (au moins en Europe, mais non sujet en France, vu que, comme pour les masques, nous n'avons pas le matériel. Mais là, la question de la communication est franchement déplorable et contre-productive.


Scilles à deux feuilles - Photo: lfdd

Pour les masques, cela devrait en premier lieu et surtout servir pour tous ceux qui doivent soigner les malades (avec les différents degrés de protection), ensuite pour faire barrière entre un malade (qui porte son masque) et son entourage (qu'il doit éviter de contaminer) et en dernier lieu (quand on en a un - même un foulard) pour marquer la "distanciation sociale", plutôt la distanciation physique ou "l'éloignement sanitaire" - c'est vrai que cette crise a amené une vraie "distance sociale" puisque l'on réduit les échanges avec les amis et les voisins. Même en gardant les distances, on n'ose plus leur parler, à la limite on les soupçonne de vouloir nous "contaminer". Ah paranoïa, quand tu nous tiens!
Juste pour remettre les pendules à l'heure, sachez que si vous n'avez pas encore été "malade" et ce depuis plus de 15 jours, à priori vous êtes saufs - et la confiance envers les autres (surtout amis et connaissances) devrait vous éviter des sueurs froides.
Mais les "règles strictes de confinement" renforcées (encore un problème de communication: par exemple interdiction pour un couple des marcher ensemble, pour "donner le bon exemple"), et les futures mesures qui seront annoncées demain (il ne faut pas être devin, elles ne seront pas plus "fines") ne vont pas arranger les choses ni faire évoluer notre société dans le bon sens (tous confinés jusqu'à nouvel ordre!).


Scilles à deux feuilles - Photo: lfdd

Ce qui me surprend, c'est que notre pays, à priori hautement démocratique, préfère se battre pour ou contre un médicament (l'hydroxychloroquine dont on n'a pas encore testé de manière scientifique - test médicaux AMM usuels - toutes les situations de traitement) qui n'est d'ailleurs pas la seule piste possible (on a bien abandonné l'un ou l'autre candidat dans le test démarrés) en se référant quelquefois sur l'expérience d'un oncle ancien légionnaire  - "Quand j'étais à la Légion, j'ai pris de la nivaquine tous les jours et je vis encore" - quand quelquefois des traitements sont arrêtés pour des complications cardiaques, ou pour ou contre un médecin, le Dr Raoult, qui se dit le "pape mondial de la virologie" (parce qu'il publie beaucoup et à tout va, même sur youtube) et qui a sa part de vérité, mais qui n'a pas parole d'évangile, ni n'est exempt de contradiction et prend sa casquette de médecin - ou de chercheur - quand cela l'arrange, plutôt que de se battre sur une "sortie de confinement" intelligente, cohérente et garante de liberté et de sociabilité.



Scilles à deux feuilles - Photo: lfdd

Vous me direz, mais comment pouvons-nous faire cela? 
Vous avez raison.... Comment?
Une petite piste pour ne pas totalement vous laisser à l'abandon après toutes ces critiques:
Il faut savoir que tant que le nombre de personnes "immunisées" n'est pas atteint, nos risquons un redémarrage de l'épidémie. Le confinement actuel ne sert que de "frein" à la transmission du virus. La solution serait un suivi intelligent (et non "technologique" - qui lui n'est pas infaillible non plus) de sortie avec accompagnement (et test) pour orienter chacun dans un environnement adapté (plus ou moins sécurisé) avec une information transparente et claire, déjà pour permettre une reprise d'activité partielle pour les personnes et les métiers où c'est possible (avec les garanties de sécurité sanitaire bien entendu.
Pour que la "pandémie" s'arrête, il faudrait qu'une personne sur deux ait été touchée.
Et pour vous rassurer*, sachez que la grippe (avec un vaccin existant) a fait entre 8.000 et 13.000 morts en France l'hiver dernier - 18.000 l'hiver 2.014-2015, mais que la grippe espagnole a fait 40 à 50 millions de morts après la première guerre mondiale et la peste bubonique 200 millions de morts au IVème siècle.
Et puis une pensée à tous ceux qui ont perdu des proches, à tous ceux qui sont déjà morts et à tous ceux qui s'engagent au risque de leurs vies pour se battre contre cette maladie.
Et une dernière remarque - à creuser - mais je ne voudrais pas vous "assommer": Pensez à la fracture humaine et sociale que cette épidémie creuse, autant en terme de moyens de se battre (on se bat moins bien quand on est pauvre ou très pauvre et qu'on n'a pas d’échappatoire possible) que de moyens de "survie" dans la vie (on vient d’évoquer 500 millions de personnes menacées par la pauvreté...). Je pense à tous les pauvres et les noirs aux Etats-Unis victimes de l'incompétence de leur président, mais la France n'est pas le meilleur exemple dans cet aspect de la gestion de la crise.


Scilles à deux feuilles - Photo: lfdd




Allez, quelques chansons pour égayer tout cela.
D'abord, "La Tendresse" chantée par Bourvil que j'avais posté il y a très longtemps et dont le lien est "brisé"





Bon, vous allez me dire c'est quoi le vortex? C'est ce qu'on vit actuellement, un grand tourbillon, un peu comme un arum, sur le chemin des cloches de retour de Rome...

Et comme exemple musical, le musicien que je vais vous activer:




Il y a un petit relent de Kraftwerk, vous ne trouvez pas? Allez, encore un petit tour de manège:





Et pour vous calmer un peu, voici deux morceaux d'Yazz Ahmed:





Portez vous bien

Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

P.S.: Merci à Anne W. de m'avoir corrigé sur le nom des fleurs que j'avais improprement appelées "Jacinthes sauvages", ce sont en fait des Scilles à deux feuilles.


* Pour votre information complémentaire, voici quelques lectures 

Sur le coronavirus via l'Institut Pasteur:

https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/maladie-covid-19-nouveau-coronavirus

Pour une vision d'ensemble dans le monde de l'OMS:

https://who.sprinklr.com/ 

Sur les cas selon les pays (et les évolutions)

https://informationisbeautiful.net/visualizations/covid-19-coronavirus-infographic-datapack/

 

Sur les pandémies:

https://www.visualcapitalist.com/history-of-pandemics-deadliest/ 

Et si vous n'en avez pas assez lu, tout ce que vous voulez savoir (si) est là: 

 https://flint.media/news/covid19/

dimanche 5 avril 2020

Couleur 19: Peur bleue, colère noire et verte nature

Une photo de fleurs, une vidéo, un TVA et des chansons pour ce dimanche.
La fleur, à vous de trouver:


Feuilles et fleurs de confinement - Photo: lfdd

Pour le TVA, je reviens creuser le sujet du stress et du fatalisme dont 
Bertrand Picard  a parlé le 28 mars dans l'épisode 10 de Court-19: Prenons de la hauteur.


Feuilles et fleurs de confinement - Photo: lfdd

Aujourd'hui je profite de la tribune de Roger-Pol Droit dans le Monde des livres de vendredi 3 avril qui nous parle de la peur et de l'angoisse (la peur a un sujet, l'angoisse n'en a pas) et nous cite Kierkegaard à propos de l'hypocondriaque qui "a peur du moindre rien mais quand c'est le tour des vrais événements, il commence alors à respirer, et pourquoi? Parce que cette réalité grave n'est cependant pas si terrible que le possible qu'il avait formé de lui-même et dont la formation employait toute sa force, tandis qu'à présent il peut l'employer toute contre la réalité."
Comme le dit Roger-Pol Droit en parlant de Socrate qui explique au général Lachès: "Le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de se battre malgré la trouille. En revanche, on ne se délivre pas de l'angoisse. Il arrive évidemment d'en être plus ou moins transi. Mais personne ne peut s'en dire tout à fait totalement exempt, à jamais délivré, puisque l'angoisse est métaphysique, religieuse, existentielle, indépassablement humaine. [...] l'angoisse est sans couleur, alors que la peur est bleue". 
Bleue comme la terre!

Je cite Eugène Ionesco
"J'aime ma névrose. Je ne veux pas guérir. C'est de là que me vient cette peur bleue, cette panique dès la nuit."
Mais il vaut mieux entrer dans une colère noire pour s'en débarrasser!

Ou alors, faire zen, et quoi de mieux pour se calmer que de se mettre dans un coin de nature bien verte. Alors, avec la vidéo, je vous emmène dans la verdure en plein coeur de la ville, avec les oiseaux qui chantent et la rivière qui coule, relaxant, non? Respirez!




Si une vision ne vous suffit pas à vous relaxer, laisser tourner en boucle...


Pour les chansons, tout d'abord, par le groupe Peur Bleue - Malgré tout



Et plein de couleurs, jaune, rouge, noir.... 





Et encore plein de musiciens de l'Orchestre National de France qui, de chez eux, jouent le Boléro de Ravel - un sacré challenge:





Portez-vous bien,

La Fleur du Dimanche  

vendredi 3 avril 2020

Résumé des Court-19, les 14 épisodes précédents avec Fleurs, TVA, vidéos et chansons

En ces temps de chamboulement, je vous ai proposé pendant 14 jours une photo de fleurs, une vidéo, un TVA et des chansons... 
Ces 14 jours ont été longs, mais vous avez sans doute aussi été très occupé(e)s et vous n'avez pas pu suivre l'ensemble des épisodes.
Je vous fais donc ici un court "résumé" des épisodes précédents et vous offre une poignée de fleurs déjà en floraison (oui, déjà...), Les glycines:


Glycines en fleur - Photo: lfdd


Episode 1: Frêne ... ou Freine

La photo de l'épisode 1 était une fleur d'érable à feuilles pennées (au départ je pensais que c'était un frêne, induite en erreur par un première identification).
Le TVA est le texte de la chanson en V.O. et sa traduction
La vidéo vous offre les mêmes fleurs en mouvement et les oiseaux en fond sonore
Pour les chansons, d'abord "J'ai demandé au frêne" une chanson d'amour russe et sa version en français et puis la chanson "Frêne" de Louise O'sman, vous la connaissiez? Non? Alors écoutez tout cela ici:
Court-19 : Episode 1 - Frène dans le virage


Episode 2: Le printemps loin des foules que...

Pour l'épisode 2, les fleurs sont, une fleur de pissenlit précoce et des fleurs de saule.
Le TVA parle de la "modestie" (avec une définition originale) et du courage et un poème de Jacques Darras.
La vidéo, sous le saule, offre un spectacle de Printemps entre deux foulques.
Pour les chansons, je vous fais découvrir Clara Ysé, Birds on a Wire et la référence Léonard Cohen.
Court-19 : Episode 2 - Le printemps du courage loin des foulques


Episode 3: Le printemps est passé, brrr...

Pour l'épisode 3, les fleurs sont en bourgeons, les fleurs de poirier en ce jour de Printemps et le TVA (texte du TVA) va nous mettre le Poème "Printemps" de Jehan Rictus au goût du jour - en version rap avec le (Bien nommé ?) Virus!
La vidéo, surprenante présent de drôles de bestioles - je vous laisse en deviner le contenu. Dites-moi ce que vous y avez vu:
Court-19 : Episode 3 - Le jour du printemps est passé, un coup de froid aussi


Glycines en fleur - Photo: lfdd

Episode 4: Le rire est-il con... finé?

Pour l'épisode 4, variation autour du cerisier: un cerisier en fleurs, un autre du Japon, et un disparu, mais où? Avez-vous une réponse? Je les attends.
Le TVA est conséquent, il présente l'enquête historique "La civilisation du rire" réalisée par l'historien Alain Vaillant.
Pour la vidéo, une variation chantée autour des Serres chaudes dans une église froide...
Et en prime les fleurs de poirier et une superbe panorama de chansons pleines d'humour (Claude François, Gainsbourg X2, Serge Reggiani et Ramon Pipin (celui d'Au Bonheur des Dames) Que du lourd!
Court-19 : Episode 4 - Le rire est-il confiné, l'humour est-il con fini ?


Episode 5: Arrêter le manège...

Pour l'épisode 5, la fleur dont le nom m'a été "soufflé" par l'amie Dominique-Anne, est un bergénia (X2).
Le TVA, revient par le biais d'un hasard (d'une rencontre) avec le "Journal 2018" d'Albert Strickler - un feuilleton quotidien qui va lui aussi revenir plus loin - à Jehan Rictus (cité à l'épisode 3) dont nous apprenons (par A. Strickler) qu'il a battu le record de longueur du "Journal" d'Amiel an écrivant 35.000 pages... La Fleur du Dimanche a encore du pain sur la planche (Albert Strickler avec ses 500 pages annuelles encore quelques années...)
La vidéo, que je vous conseille est "historique", c'est un petit manège qui était installé dans une petite salle à Venise lors de la Biennale 2009 dont je disais: "Tourne le manège et sa musique lancinante, une oeuvre de Choe U-ram: Merry-go-round de 2009, dans l'exposition "Wo is Alice?" organisée par le National Museum of Contemporary Art de Corée, au Spazio Lightbox, Cannaregio, calle Fontana 3831 à Venise - Italie."
Pour les chansons tout tourne autour... du manège.
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-5-arretez-le-manege.html

Episode 6: Hommage aux 1001

Pour l'épisode 6, un hommage (appuyé) au groupe des 1001 (les deux artistes féminines qui font de la vie de l'art ou de l'art de la vie de mille et une manière). A l'occasion d'un (presque) pari d'avoir 1001 ami(e)s et 1001 fleurs sur Facebook, j'ai créé ce groupe 1001 Fleurs - 1001 amis en commençant à publier toutes les fleurs parues sur le blog de La Fleur du Dimanche et en "ouvrant" le groupe à toutes celles et tous ceux qui aiment les fleurs pour les partager.
Le chiffre de 1001 fleurs partagées est arrivé bien avant que j'aie pu publier 1001 fleurs (j'en suis à 170 - presqu'autant que de membres du groupe) et 818 amis (j'approche des mille...).
C'est aussi l'occasion de présenter le travail des "1001" qui est exposé (mais non visible" actuellement) à Pfaffenhoffen, ainsi que leurs propositions sur internet.
La vidéo est une séance de "Travaux pratiques" qu'elles envoient à leurs abonnés: en cette période de confinement: "Se tourner les pouces"
Et les chansons tournent autour du pouce et des mains (avec entre autres les Rolling Stones). 
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-6-hommage-aux-1001.html


Glycines en fleur - Photo: lfdd

Episode 7: Hommage aux 1001 - Suite (les soldats...)

L'épisode 7 est la suite de l'épisode 6, avec des vues de leur exposition au Musée de Pfaffenhoffen, une belle rétrospective avec des invité(e)s dont vous avez un apperçu après une fleur de lilas, qui n'arrivera pas à fleurir (à suivre..).
Le TVA vous propose un magnifique poème de Pierre de Marbeuf: "Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage" et un court poème d'Yves Pinguilly. 
La vidéo va vous faire voir mille et un spaghettis de verre, une installation de François Daireaux à la Chaufferie à Strasbourg en 2014.
Pour les chansons, vous avez un clip de Mille et Un et deux chansons de Cyrius. Le connaissez-vous? Non, alors écoutez le: 
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-7-1001-soldats.html

Episode 8: La parole aux images?

Pour l'épisode 8, après des fleurs pour le moment inconnues, nous vous parlons de Pic de la Mirandole - qui n'est pas une montagne - si ce n'est de connaissance - ainsi que de disparition et d'images qui vont parler (via Bertand Schefer).
La vidéo, un court interlude chanté - air espagnol garanti sans grippe.
Les chansons seron interprétées par Alain Baschung et Solange que je vous invite à découvrir si vous ne la connaissez pas encore (elle a 388.000 abonnés sur Youtube - SolangeTeParle)... elle parle depuis 2011 et nous dit qu'il faut dire "Je t'aime".
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-8-un-jour-nous.html

Episode 9: Ce que disent les images et ce qu'on leur fait dire...

Pour l'épisode 9, vous allez en savoir plus sur le lilas du parc de l'épisode 7 - et les questions que cela m'a posé, et je vous propose d'autres fleurs - des giroflées.
Le TVA va creuser de son côté le sujet de l'effet Koulechov par le biais d'une photographie de Steve Mc Curry, le portrait ultracélèbre de Sharbat Gula et de tout ce que l'on a pu dire autour...
La vidéo montre une séquence filmée place de la Cathédrale à Strasbourg, vide de monde, actualité oblige.
Pour les chansons, vous allez être gâtés, tout tourne autour de la photographie, avec Pierre Perret, Olivia Ruiz, the Who, Depeche Mode et Barbara.
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-9-ce-que-dit-la.html

Glycines en fleur - Photo: lfdd



A suivre...

Portez-vous bien

La Fleur du Dimanche

mercredi 1 avril 2020

Post-Corot: David Hockney vous offre 10 peintures via La Fleur du Dimanche

Ce n'est pas un Poisson d'Avril, David Hockney qui vit dans une maison qu'il a achetée en Normandie vous offre en ces temps de chamboulement  dix peintures qu'il a réalisé sur son Ipad - dont une animée....
Elle ont été offertes via la BBC qui a échangé avec lui et a publié ces dessins dans un article de Will Gompertz éditeur d'art "David Hockney shares exclusive art from Normandy, as 'a respite from the news'" 
Sans plus attendre, les voici:



Et voici celle animée:


Vous pouvez voir l'animation en "plein écran" en cliquant en bas à droite de l'écran sur le bouton:

Le voici dans son jardin à sa table à dessin avec son chien Ruby, une photo de Jean-Pierre Gonçalves de Lima:




Je vous offre en prime les quatre vues de sa maison, si vous passez dans le coin, dites-lui bonjour de ma part:




Portez-vous bien

La Fleur de Dimanche

Court-19 : Episode 14 - Dernier épisode - Consigné pour avoir acheté des fleurs

En ces temps de chamboulement, une photo de fleurs, une vidéo, un TVA et des chansons... 
Il vaut mieux rester à l'intérieur... La preuve?
La Fleur ayant voulu chercher sa fleur quotidienne se retrouve derrière les barreaux:


La Fleur Consignée - Photo: lfdd


En espérant pouvoir ressortir bientôt


Portez-vous bien 

La Fleur du Dimanche