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dimanche 19 avril 2020

Quel jour sommes-nous? Je suis... détempé, peut-être A... ou avec un peu d'apophénie, mais pas d'ultracrepidarianisme

Savez-vous encore quel jour nous sommes, quel mois ? 
Les repères tombent, les jours se suivent, savons-nous encore où nous allons?

Heureusement qu'il y a les fleurs:


Premiers coquelicots - 16 avril 2020 - Photo: lfdd

Premiers coquelicots - 16 avril 2020 - Photo: lfdd

Premiers coquelicots - 16 avril 2020 - Photo: lfdd



Et les bourgeons qui annoncent le printemps, l'été et l'automne.... 


Premiers bourgeons - 16 avril 2020 - Photo: lfdd

Et vienne l'hiver... pas encore, pas encore dans nos coeurs, parce qu'heureusement il y a les amis, les amours, et les livres....

Hier je lisais dans le dernier Journal de l'ami Albert Strickler "La Constellation du labyrinthe - Journal 2019" qui vient de paraître le texte du 18 mars 2019 dont je vous livre le début:

"18 mars

Une neige silencieuce m'a surpris à l'aube. Me laissant sourd et muet le merle!

C'est d'abord arrivé par intermittence, puis de plus en plus souvent, et voilà qu'à l'évidence cela se généralise. Quoi ? Le fait de ne plus savoir quel jour on est en me levant. Et ce matin, cette absence de repères temporels a duré si longtemps que j'ai eu peur pour ma mémoire. Peur qu'elle m'ait lâché pour de bon. Au point que j'ai joué à faire semblant de ne plus savoir le nom de la maladie qui serait en train de la dévorer comme un os devenu mou."

C'est effectivement très perturbant d'être confiné et que les jours se suivent et semblent vouloir se ressembler.... Et nous ne sommes pas les seuls à être perdus. J'ai noté de nombreuses fois où l'animateur à la radio se trompait d'heure, de jour ou de mois en l'annonçant de sa cuisine ou de son salon. Effectivement les jours se suivent, et le déplacement "autorisé par l’article 3 du décret du 23 mars 2020" donc pour des "achats de première nécessité" ou une "activité physique individuelle" se superpose jour après jour. Et, plutôt que de faire des jeux où l'on doit savoir combien on peut mettre de chats dans un pièce carrée, il vaudrait mieux se faire un tracé des trajets - que tous les opérateurs (téléphone, internet) stockent sur nous - sur un bout de papier que l'on brûlera quand cette période sera terminée, ou que l'on pourra exposer dans une galerie d'art post-apocalypse.
Un temps où surgissent des mots nouveaux, dont par exemple "ultracrepidarianisme" un mot qui qualifie beaucoup de gens, ces derniers temps qui savent tout - ou presque - sur le virus qui nous "isole" et sur tous les moyens de le combattre.
Le terme, pas si récent puisqu'il faut remonter à l'antiquité pour en trouver le premier usage:
À l’origine, ce terme est construit sur un fait rapporté par Pline l’Ancien où l’artiste grec Apelle répondait à un cordonnier qui critiquait l’une de ses toiles: sutor, ne supra crepidam (cordonnier, pas plus haut que la chaussure). Le mot supra a été remplacé par le préfixe ultra-.
L'ultracrepidarianisme est l'habitude qui consiste à donner des avis et des conseils sur des questions qui échappent pourtant aux connaissances de la personne émettrice des dits avis. C'est donc le comportement qui consiste à donner son avis sur des sujets sur lesquels on n’a pas de compétence démontrée1. Le terme ultracrepidarian a été utilisé pour la première fois en 1819 par l'essayiste William Hazlitt dans une lettre ouverte à William Gifford.

Et de citer quelques exemples d'ultracrepidarianisme:
James Dewey Watson, prix Nobel 1962 pour la co-découverte de la structure de l'ADN. Il fait des déclarations non fondées sur la génétique et l'intelligence2. Par exemple il explique en 2000 qu'il existe un lien entre exposition au soleil et libido et que cela explique la figure du "latin lover".
Kary Mullis, prix Nobel de chimie, nie le réchauffement climatique, réfute le lien de causalité entre VIH et SIDA et assume sa croyance en l'astrologie.
Claude Allègre, géochimiste français, réfute le réchauffement climatique même après l'obtention d'un consensus scientifique à ce sujet.


Ce qui est dit ensuite est assez drôle:
Les ultracrépidariens et l’effet Dunning-Kruger
Les ultracrépidariens se caractérisent généralement par un principe très élémentaire : moins ils en savent, plus ils croient en savoir. Cette relation répond à ce que l’on appelle l’effet Dunning-Kruger en psychologie.

L’effet Dunning-Kruger est un biais cognitif très commun qui fait que les personnes qui ont le moins de compétences cognitives et intellectuelles ont tendance (en moyenne, pas dans tous les cas) à surestimer leurs propres capacités.
Du point de vue de la psychologie sociale et à travers des études comme celles réalisées par les psychologues Marian Krak et Andreas Ortman, de l’université de Berlin, on nous rapporte la chose suivante. Dans un premier temps, les ultracrépidariens peuvent même réussir à atteindre des postes de pouvoir.
Certaines personnes, dans notre société, occupent des postes pour lesquels elles n’ont pas les compétences suffisantes. Cependant, cette auto-évaluation amplifiée, ajoutée à une attitude extravertie et résolue, peut leur permettre d’occuper des places que d’autres personnes plus aptes n’arrivent pas à obtenir.

Il ne faut pas sous-estimer les ultracrépidariens : leur effet peut être extrêmement nocif
Parfois, le comportement des ultracrépidariens peut être anecdotique. L’histoire de McArthur Wheeler, un homme qui a braqué une banque à Pittsburgh en 1990, est par exemple célèbre. Lorsque les policiers l’ont attrapé, il a été très surpris : il ne comprenait pas comment ils pouvaient le voir.

Il disait avoir appliqué du jus de citron sur son visage et son corps pour être invisible. Il est évident que le jeune Wheeler souffrait d’un trouble psychologique, mais la fermeté avec laquelle il défendait la relation entre le jus de citron et l’invisibilité a attiré l’attention des experts.

Apophénie

L'apophénie n'est pas un épiphénomène de cette tendance car:
En psychiatrie, une apophénie est une altération de la perception, qui conduit un individu à attribuer un sens particulier à des événements banals en établissant des rapports non motivés entre les choses. Tout lui paraît avoir été préparé pour lui: pour tester s'il remarque ces bizarreries, etc.
En psychologie jungienne, l'apophénie est à rapprocher de la notion de synchronicité, bien que Jung se contente de décrire le phénomène tel qu'il est vécu, sans se positionner clairement quant à l'idée que ce phénomène consiste en une distorsion de la perception ou s'il s'agit d'un contact particulier avec une authentique réalité métaphysique.

Bon, arrêtons nos délires et écoutons quelques chansons:

Pour commencer, la chanson de Marie MöörJe Veux

Je veux une armée rien qu'à moi
je veux Syracuse
je veux des harems des haras
le sourire des muses
je veux un grand palais de marbre rose
plein d'escaliers pour mes nuits blanches
je veux des jardins suspendus
au dessus du temps
où se rejoindraient les amants
fantômes et vivants
je veux un amour pur et sans défaut
mordre au citron de l'idéal
je veux retrouver mon étoile
puisque mon coeur...
je veux quelque chose de nouveau
je veux des robes une nouvelle peau
je veux repartir à zero
je veux des nuits
des nuits bleu Klein
je veux le début sans la fin
je veux le plus beau des fourreaux
une vie taillée à même la peau
dans du satin rouge


Je ne sais pas si vous reconnaissez ce qu'elle est devenue avec Christophe "Elle veut: La Man


Tout cela prouve que je fais un peu d'apophénie comme Monsieur Jourdain de la prose... Parce que, en cherchant dans mes archives des chansons "en attente" je retombe sur une note du 8 juillet 2018 (oui 2018) avec cette "découverte", la chanteuse Mary Möör qui a inspiré Christophe... "Il n'y a pas de hasard.... il n'y a que des rencontres..." 

Je vous offre encore deux autres chansons de Möör

Mary Möör - Pretty Day




Et Marie Möör avec Barney Wilen. Beau Masque





Portez vous bien!

Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 22 janvier 2017

Hou, hou, méfions-nous du faux-houx: mahonia, algorithme, big data et Big Mama

Dimanche dernier, je vous ai fait prendre du mahonia pour un houx, heureusement que je ne vous ai pas fait prendre un loup pour un mouton....
Cette semaine, pour tenir compagnie à un vrai mahonia en fleur, jusqu'à preuve du contraire, ce sera une viorne:


Viorne bassin non gelé - Photo: lfdd


Et cette erreur d'identification rejoint la réflexion de notre TVA du jour axé autour de trois points: la vérité, la liberté et les algorithmes*...
Ces trois points sont une conséquence des évolutions technologiques actuelles, entre autres du Big Data et des algorithmes qui analysent et organisent cette masse de données qui en découlent.
Avec pour conséquence par exemple de subir un traitement favorable ou défavorable à différents niveaux (emploi, sécurité, banque, justice,...) selon votre passé inscrit dans les données stockées dans des bases dont vous n'êtes pas forcément au courant.
Deux autres aspects qui je vais creuser et illustrer sont d'une part la question de la "bonne information" la véridique, la vérifiée (nous en avions déjà eu des aperçus précédemment), et la mise en oeuvre et l'analyse de ces milliers de données personnelles que vous offrez pour le moment, sans vraiment savoir quand et comment aux industries - parce que ce sont les nouvelles industries du service et du commerce dans votre vie quotidienne, via internet et toutes les applications que vous utilisez.

Servir - servitude

Une petite question, pour les utilisateurs de facebook au sujet d'une nouvelle chaine qui vient d'apparaître et où l'on vous demande de choisir un mot (un seul) qui commence par l'initiale de votre prénom et qui vous caractérise.... Et bien sûr de demander cela à tous vos amis.... 
Est-ce un dialogue avec vous amis ou à quoi cela peut-il bien servir.

C'est bizarre d'ailleurs ce terme servir, parce que cela fait écho au titre du livre de Phillipe Vion-Dury, journaliste et spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et des technologies. Il vient de sortir aux éditions Fyp son premier essai intitulé "La nouvelle servitude volontaire". Il y analyse la nouvelle société numérique qui est en train d’être érigée par les startups de la Silicon Valley, en Californie. Il est passé ce jeudi 19 janvier à Strasbourg pour parler avec Yann Bonnet, secrétaire général du Conseil national du numérique (CNNum), du rôle des algorithmes dans notre société connectée, lors d'une rencontre co-organisée par Le Shadok et Rue89 Strasbourg.

Un entretien est sur leur site et je vous en propose quelques extraits:
Philippe Vion-DuryPour moi, il est donc clair que les algorithmes sont des processus hérités d’un système, ils participent à une domination, on cherche à nous exploiter, à nous influencer. D’où le mot « servitude » dans le titre. Et « volontaire » parce que nous donnons notre consentement, sans qu’on n’ait forcément le choix. On nous dit qu’on peut refuser mais ce n’est pas totalement vrai, si on refuse d’utiliser certains services, on se coupe d’une partie du monde.
Rue89 Strasbourg: mais au fond, quel est le problème avec les algorithmes ?
Philippe Vion-Dury: Le problème, c’est justement leur apparente innocuité. Qui peut être contre un programme qui va vous proposer chaque semaine une liste de 20 morceaux de musique qui devraient vous plaire, comme la playlist Discover de Spotify par exemple ? Sauf qu’il faut se poser ces questions : quels sont les autres buts de cet algorithme ? Est-ce que les morceaux qui composent cette liste ont tous des chances égales d’y figurer ou bien des accords passés entre Spotify et des labels peuvent la modifier ? 
Qui garantit la neutralité des algorithmes ?
Et si la musique proposée vous plait vraiment, qu’est-ce que ça produit comme conséquences ? D’une part, vous utilisez plus la plate-forme de musique et d’autre part, la plate-forme en tire des conclusions sur votre profil, vos goûts, vos habitudes, qui complètent son modèle économique.
L’autre problème est que les algorithmes agissent cachés. Bien souvent, les gens ignorent qu’une bonne partie de l’information qu’ils reçoivent, par Facebook par exemple, est due à un algorithme et que certains contenus sont volontairement retenus. Ces processus ne sont jamais expliqués, leurs règles de calculs ne sont jamais dévoilées. Il a fallu toute la mobilisation des syndicats de lycéens pour que le Gouvernement rende public le code de l’algorithme APB, qui décidait des inscriptions à l’université. Et il s’agissait d’un programme public français pour des données publiques ! Imaginez s’il fallait exiger la même chose de Facebook ou Google…

Un autre article sur rue 89 complète cet extrait.

Rue89: « Algorithme », on utilise souvent ce mot sans comprendre à quoi cela correspond. Pouvez-vous nous citer des services du quotidien qui utilisent des algorithmes ?
Chaque semaine, Spotify sort sa playlist "Découvertes de la semaine" composée par un algorithme qui a calculé nos goûts musicaux en fonction de nos écoutes précédentes.
Sur Netflix, 75% des vidéos regardées par les utilisateurs le sont suite à la proposition de leur algorithme de recommandation.
Dans le "monde social", il y a bien évidemment Facebook. Chaque jour, notre fil d’actualités devrait afficher plusieurs dizaines de milliers de contenus provenant de nos amis. Pour nous "éviter" de passer des heures à tout regarder, leurs équipes ont élaboré un algorithme capable de calculer nos goûts, de repérer les amis qui compte à nos yeux... Le résultat de ce tri s’affiche sur notre fil d’actualités.
Il est inquiétant de se rendre compte, qu’aux Etats-Unis, deux tiers des Américains n’ont pas conscience que Facebook trie ce qu’il voit.
En novembre 2015, Facebook a lancé des nouveaux émoticônes : « en colère », « surpris », « cœur » etc. Les internautes l’ont vu comme un moyen de diversifier leurs réactions. Pour le géant américain, l’habituel « like », le pouce bleu en l’air, n’était pas assez subtil pour comprendre l’intention des gens. Avec ces nouveaux « smileys », Facebook peut affiner la compréhension de vos goûts et vos intérêts en analysant les données générées quand vous réagissez sous un post.
Il ne faut jamais oublier qu’il s’agit d’une entreprise commerciale dont le but est de nous garder le plus possible sur sa plateforme afin de nous proposer de la publicité ciblée. Ils doivent donc nous connaître, le mieux possible. Pareil pour Youtube, Spotify etc.
C’est pour cette raison qu’ils nous enferment, en quelque sorte, dans ce qu’on aime déjà ?
Oui, une personne aux goûts prévisibles est plus rentable qu’une personne aux goûts imprévisibles. Les recommandations des algorithmes qu’ils utilisent vont vous maintenir dans un « endroit clos ».
Cela a déjà été théorisé : ça s’appelle la « bulle filtrante ». Autour de vous, un cocon se constitue, filtrant tout ce qui n’est pas censé vous correspondre. Vous ne serez plus amené à découvrir de nouvelles musiques, de nouveaux courants culturels, de personnes loin de votre milieu social etc.
Est-ce un horizon souhaitable pour le développement d’un individu que d’être maintenu dans une bulle de confort, où tout ce qu’il voit et tout ce qu’il sait viennent confirmer ses opinions et ses goûts ?
Les algorithmes tuent la sérendipité ?
La sérendipité vient d’un conte persan : "Les Trois Princes de Serendip". Ils sont envoyés par leur père en voyage. Au cours de leurs aventures, ils se rendent compte que la vraie richesse, le vrai enseignement, proviennent du hasard des rencontres et des évènements imprévisibles.

Hasard des rencontres, des bourgeons de Nouvel An dans le ciel bleu, que sont-ils devenus?


Bourgeons  ciel bleu - Photo: lfdd

Et pour amener un autre éclairage, un  professeur titulaire au Centre de recherche en droit public de la Faculté de droit de l’Université de Montréal, Pierre Trudel, dans une chronique dans le journal québéquois Le Devoir, "La concurrence des vérités" nous parle de la vérité, et de débat démocratique - biaisé par les usages -et le fonctionnement -  d'internet:

"Notre monde connecté correspond à cette époque que l’on nomme "post-factuelle". ... nous sommes désormais dans une ère où les "faits", les informations vérifiées n’ont pas plus de poids que les croyances. Cette "concurrence des vérités" mine radicalement la capacité de nos sociétés à délibérer, à discuter sur des bases qui seraient mutuellement tenues pour légitimes.
Les normes en vertu desquelles se détermine la vérité se trouvent plus que jamais en concurrence. Le phénomène semble inhérent à Internet, qui domine l’espace public dans notre monde hyperconnecté.
D’abord, il faut rappeler qu’une affirmation est tenue pour véridique dans la mesure où elle résulte d’un processus de validation auquel on adhère, que l’on trouve légitime. Par exemple, les médias traditionnels se sentent généralement tenus de mener des vérifications rigoureuses avant de diffuser une information dans le public. Dans le domaine scientifique sera tenue pour vraie une affirmation validée selon les exigences de méthodes reconnues dans la discipline concernée. Une affirmation découlant d’une croyance religieuse sera considérée comme vraie par ceux qui adhèrent aux dogmes qui y sont associés.
C’est que la vérité est tributaire de la conformité aux exigences du système de validation dans lequel s’inscrit une affirmation. Ces exigences n’ont de sens que dans le système de connaissance dont se réclame une personne qui affirme quelque chose. En dehors de ce système, l’affirmation paraîtra fausse, mensongère, trompeuse voire frauduleuse.
L’univers en réseau permet la coexistence et la proximité de vérités provenant de toutes sortes de milieux adhérant à différents processus de validation. Plusieurs « vérités » y sont proposées et se diffusent au gré des prédilections des internautes révélées par les choix qu’ils font de seconde en seconde.
Dans un tel espace public en réseau ouvert, des normes de nature diverses se trouvent en concurrence. Chacun est en situation de devoir évaluer la valeur du système normatif en vertu duquel une affirmation est mise en avant. Les acteurs disposent d’une capacité sans précédent de capter l’attention des internautes en diffusant des informations de toute nature.
Face à ce flot d’informations de toute provenance, l’individu se retrouve pratiquement seul.
Lorsqu’il n’est pas adéquatement outillé afin de jauger les valeurs du système normatif duquel émane telle ou telle affirmation, il est vulnérable à toutes les manipulations.
Dans un tel environnement, les grandes plateformes comme Facebook ou Google constituent les portiers du réseau, les « gatekeepers ». Dans un tel univers de concurrence des vérités et des normativités, les modes de fonctionnement des plateformes, les régulations technologiques qui y prévalent constituent un chaînon crucial des processus désormais inhérents à la vie démocratique.
Les processus par lesquels ces portiers déterminent la circulation de l’information dans les environnements connectés sont un enjeu majeur.
Pour se donner les moyens de comprendre et d’agir à l’égard des mécanismes présidant à la dissémination des informations, il faut exiger plus de transparence et de responsabilisation de la part des plateformes qui désormais, pour le meilleur ou pour le pire, déterminent les conditions de la circulation de l’information."

A vous d'en tirer les conséquences et d'en apprendre le mode d'emploi.... Pour arriver à différencier un houx d'un mahonia (plus facile quand il fleurit:


Mahonia en fleur - et pas houx ! - Photo: lfdd

Pour vous récompenser d'être arrivé jusqu'au bout de ces élucubrations, je vous offre des chansons que l'algorithme ne vous aura pas forcément proposé...

Et poir résoudre les "Problèmes" un peu de joie et d'humour, avec Antoine et Gérard:




Comme dans tout match il y a un adversaire, voici Johnny qui se bat contre les idées courtes. A vous de les avoir longues, pour les cheveux, c'est à vous de voir!

 


Ayant éliminé Antoine, on va aussi cogner sur la Musique Contemporaine (sans Antoine, mais avec les Problèmes):



Mais n'oublions pas l'Alsace et l'humour d'Odile et de Ricet Barrier (quel est l'algorithme qui amène celui-là? - la choucroute? - perruque? - si vous avez une réponse, je suis preneur : lafleurdudimance(at)gmail.com): 

Ricet Barrier - Odile par chansonfrancaisetv


Et pour finir en Rome antique, une dernière couche d'Antoine, pour oublier tout cela (pour faire travailler la mémoire de la toile qui n'existait pas à l'époque):




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche


* Algorithme ne vient pas du grec (et donc ne prend pas de "i" grec) mais  du nom du mathématicien arabe Al-Khawarizmi - ils ont fort en calcul les arabes, en plus d'inventer le zéro ! - qui signifie "Suite finie et non ambiguë d’opérations ou d'instructions permettant de résoudre un problème ou d'obtenir un résultat".
Bon l'algorithme ne va pas forcément résoudre tous vos problèmes - et d'ailleurs si vous lisez bien le billet du jour, il va plutôt vous en créer de nouveaux.

dimanche 9 mars 2014

Chaton, tussilage et queue pas sage

Si vous avez profité de la journée de la femme pour aller voir Dame Nature, il ne vous aura pas échappé que le printemps arrive à grands pas... Et pas que chez le fleuriste ou dans vos jardins, mais également dans bois et les sous-bois. La sève monte, les bourgeons éclatent et les fleurs annonciatrices de printemps fleurissent... Déjà les tussilages:


Tussilage en plongée - Photo lfdd


Pas d'âne, pas d'âne, (c'est son nom commun) comme dirait Edith qui piaffe, le printemps revient (au frais! dirait Hugues)... Je ne vous en offre pas l'air mais vous aurez une chanson en bonus quand même.


Tussilages - Photo lfdd


A propos d'air, même si le fond de l'air est frais (Jacques l'a dit), le ciel est bleu...


Tussilages - Photo lfdd



Et le reste même derrière les chatons annoncés et annonçant le printemps.


Chatons dans le ciel bleu - Photo lfdd



Et comme annoncés aussi les bourgeons:

Chatons - Photo lfdd

Et pour revenir en arrière (à hier), et à la truite, un poème déniché par Raymond P.:

La femme adultère 


Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu'elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s'éteignirent les lumières
Et s'allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s'ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l'empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois
Les cimes d'arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière 


Quand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s'enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j'ôtai mon ceinturon
Quatre corsages d'affilée
Ni le nard ni les escargots
N'eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N'ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s'enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L'une moitié toute embrasée
L'autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers 


Je suis homme et ne peux redire
Les choses qu'elle me disait
Le clair entendement m'inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l'eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D'un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu'elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivière.

Federico Garcia Lorca



Et pour compléter l'air du chaton, la chanson promise, chantée par les Frères Jacques que vous pouvez voir ici (l'intégration ne fonctionnant plus avec les "trésors de l'INA"):

http://www.ina.fr/video/I07061801

Mais je vous en laisse découvrir (ou redécouvrir) les paroles:
"Le médium était concentré
L'assistance était convulsée
La table soudain, a remué
Et l'esprit frappeur a frappé

[Refrain] :

Ce n'est que le petit bout de la queue du chat
Qui vous électrise
Ce n'est que le petit bout de la queue du chat
Qui a fait ce bruit là
Non l'esprit n'est pas encore là
Unissons nos fluides
Et recommençons nos ébats
Que le chat gâcha.

Puis un souffle étrange a passé

Une ombre au mur s'est profilée
L'assistance s'est mise à trembler
Mais le médium a déclaré ...

[Refrain]


Alors en rond on se remit

Et puis on attendit l'esprit
Quand une dame poussa un cri
En disant je le sens c'est lui

[Refrain]


Une voix dit miaou me voilà

Quelle drôle de surprise
Car l'esprit s'était caché là
Dans la queue du... dans la queue du... dans la queue du chat.



Bon dimanche

La Fleur du Dimanche