mercredi 15 mars 2017

Sombre Rivière de Lazare au TNS: construire des ponts où l'on y chante

Lazare est un personnage de théâtre.... qui fait du théâtre... à part.
Son parcours est instructif : Ayant appris tard à lire et écrire, vivant dans la cité de Bagneux, il découvre le théâtre via le Théâtre du Fil (théâtre de la Protection judiciaire de la jeunesse).
Et ce sera Stanislas Nordey qui lui ouvrira les portes du théâtre en l'embauchant comme... ouvreur !
Et le pied à l'étrier, il crée, écrit et joue depuis les années 2000.


Sombre Riviere - Lazare - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez


Son triptyque - Passé – je ne sais où, qui revient (2008), Au pied du mur sans porte (2011), qui passe au festival d'Avignon en 2013 et Rabah Robert, '2012), pièces qui interrogent et parlent à la fois de ses proches, son environnement, son passé et son histoire et l'histoire de son pays, l'Algérie, mais également les auteurs qui l'ont marqué (Pessoa, Büchner, Beckett, Tchekhov, Maeterlinck,..) lui a apporté une reconnaissance à la foi critique et publique.


Sombre Riviere - Lazare - TNS


Sa dernière pièce, "Sombre rivière" qui passe actuellement au TNS*, marque une conclusion et un changement dans ce cycle. On y sent encore un retour à cette histoire, avec l'histoire de l'Algérie, les massacres de Sétif et Guelma en 1945, sa mère, et les personnages récurrents, Libellule, entre autres, mais aussi une rupture, conséquence de l'actualité aussi.

D'une certaine manière, Lazare est un visionnaire, il annonçait les événements les crises qui ont fini par avenir, mais en réaction, il crée ce spectacle dans lequel il refuse cet état de "séparation" dans lequel nous sommes arrivé. Il veut construire des ponts. Permettre de rencontrer l'autre dans la joie.
Et de la joie il y en a. Le spectacle est enjoué, festifs, ludique, entraînant, rythmé, léger quelquefois et surtout musical, même dans sa théâtralité. De par son style presque surréaliste, de collage slam de poèmes, scandés, dansés, rythmés ou chantés, il nous entraîne dans une farandole qui cherche à nous faire oublier la différence et nous entraîne dans des tableaux et des scénettes qui passent à toute allure en nous rendant joyeux. Même s'il nous rappelle les morts - cette mort qui vient nous hanter et nous emmener sans qu'on soit d'accord - qu'ils soient de 1945 ou que ce soient les victimes récentes, dont l'ombre planent sur la pièce, il fait de ce spectacle une catharsis.



Sombre Riviere - Lazare - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez

Comme le dit Lazare:
"Le théâtre est avant tout une manière de peupler les solitudes des mondes à venir ou des mondes déjà passés et de réentendre des voix du temps passé qui se mélangent avec celles du présent. C'est l'endroit où l'on fait parler les morts, les disparus. C'est l'endroit aussi d'une fête où le poème se donne en partage et peut être entendu parce qu'il est posté par des êtres vivants."
Et vivants, ils le sont grâce à la poésie débridée et iconoclaste, grâce à une troupe magnifique et multi-talent - dont le moindre est de savoir chanter en nous remuant les tripes - et de musiciens qui nous entraînent dans leurs chansons au rythme de la danse.


Sombre Riviere - Lazare - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez

Pour conclure, je laisse la parole à Lazare:
"Je suis fils de pauvre je devrais m'éclairer au soleil, non je veux être joué dans les salles, je me suis cramponné, j'ai glissé, je suis revenu... jeté, rejeté... Un lac dans le désert, mes paupières sont ouvertes vers l'immense amour, je suis du sexe des formes rêvées, tantôt simple profil de l'avenir, tantôt acte final pour trouver la contention d'un soleil couchant."    


Sombre Riviere - Lazare - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez

Et pour vous donner un avant-goût de ce qui vous attend, la bande annonce:





Petit bonus (qui n'est pas dans le spectacle, bien sûr, mais Olivier et Mourad de La Rue Ketanou y sont, une prestation qu'ils ont faite lors d'un précédent passage en Alsace au festival Basse Zorn en 2013: "Les mots":





Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche


Sombre Rivière
Au TNS à Strasbourg, 
Jusqu'au 25 mars 2017

PRODUCTION

Texte et mise en scène Lazare
Avec Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Ludmilla Dabo, Julie Héga, Louis Jeffroy, Olivier Leite, Mourad Musset, Veronika Soboljevski, Julien Villa
Collaboration artistique Anne Baudoux, Marion Faure
Lumières Christian Dubet
Scénographie Olivier Brichet en collaboration avec Daniel Jeanneteau
Costumes Marie-Cécile Viault
Son Jonathan Heig
Vidéo Lazare
Chef opérateur Robin Fresson
Direction de chœur Samuel Boré
Assistanat général Marion Faure
Assistanat musical Laurie Bellanca
Assistanat à la scénographie Émile Fofana

Régie générale Hugo Hazard
Régie vidéo Romain Tanguy

Avec la participation filmée d’Ouria et d’Olivier Martin-Salvan

Production Théâtre National de Strasbourg, Compagnie Vita Nova
Coproduction MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Le Grand T – Nantes, Le Liberté - scène nationale de Toulon, Théâtre de Gennevilliers, centre dramatique national de création contemporaine
Avec le soutien du Canal 93  et de La Colline - théâtre national pour les résidences de création
Remerciements au Festival d'Avignon

Création le 14 mars 2017 au Théâtre National de Strasbourg

mardi 14 mars 2017

2666 de Julien Gosselin: le théâtre de l'expérience de la violence

2666, oeuvre testamentaire, si l'on peut dire, de Roberto Bolano est en soi une "épreuve", une odyssée dans la violence de la civilisation du XXème siècle. Des crimes nazis aux meurtres de femmes de Ciudad Juárez - devenus Santa Teresa dans le roman - en dévoilant également toute la perversion du système politique gangréné par le trafic des narcotiques en Amérique Centrale, du Sud et même au Sud des Etats-Unis, le tableau brasse large. 
Mais le livre n'est pas que cela, c'est également un questionnement sur l'identité, sur la création, sur l'écriture, sur la littérature et ses réseaux, sur l'amour et le sexe. Sur tous les types de relations et leur organisation.


2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin


Julien Gosselin, metteur en scène associé au TNS - Il intervient également à l'école - est de ceux qui défendent l'écriture contemporaine et qui mène courageusement des chantiers qui seraient à priori "irréalisable". Après le roman de Michel Houellebecq, "Les particules élémentaires", créée en Avignon en 2013, avec son collectif "Si vous pouviez lécher mon coeur*", il s'attaque à la "masse" que représente l'oeuvre de Roberto Bolano.


2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin


Le résultat: une pièce fleuve de plus de 10 heures et demie (avec les entractes) qui reprend la structure du roman, mais qui est une vraie oeuvre multimédia dans une réalité de théâtre augmentée de vidéo et de musique qui participent à un univers et une ambiance de tension et de violence qui ne vous lâche pas, même après la fin du spectacle. 


2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin


Il garde la structure de l'oeuvre en cinq parties:

La partie des critiques
Quatre critiques se lient d'amitié en raison de leur intérêt pour l'oeuvre d'un écrivain allemand Benno von Archimboldi, auteur qui cultive le secret.


2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin


La partie d'Amalfitano
Óscar Amalfitano, un professeur de philosophie quitte Barcelone pour le Mexique avec sa fille Rosa. Il occupe ses journées à méditer sur la géométrie et bascule dans une folie douce. Rosa fréquente un malfaiteur local, Chucho Flores.

La partie de Fate
Fate, journaliste afro-américain est chargé de couvrir un combat de boxe au Mexique lorsqu'il entend parler des assassinats de femmes dans la ville où se déroule le combat (vite expédié). Il s'y intéresse et rencontre une journaliste qui lui propose une collaboration.

La partie des crimes
C'est la liste des assassinats de femmes dans la ville de Santa Teresa. Les meurtres sont décrits les uns après les autres et on suit les différentes investigations, dont celles de Klaus Haas, accusé et emprisonné pour ces crimes.

La partie d'Archimboldi
C'est l'histoire, de l'enfance et la carrière militaire de Hans Reiter durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que sa vocation littéraire où il prend le nom d'Archimboldi.


2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin


Les cinq parties bien que liées - ne serait-ce que par la ville de Santa Teresa et le destin des personnages qui se croisent - ou non - sont pourtant autonomes et les liens sont quelquefois des leurres.
Elles permettent cependant de traiter et de décrire un environnement à la fois artistique, politique, sociologique historique à travers ces destins variés.
La grande force de la pièce de Julien Gosselin, c'est d'arriver aussi par la force de la scénographie, autant que des narrations différenciées, à nous immerger dans ce chaos de fin du monde en nous le faisant toucher du doigt - ou plutôt - en nous y plongeant jusqu'au cou. 


2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin


La scénographie originale et très inventive (les décors ont été produits dans les ateliers du TNS) nous transporte d'un lieu à un autre sans temps mort. La musique, créée en direct par Rémi Alexandre et Guillaume Bachelé contribuent à renforcer les atmosphères de violence et de tension ou à quelques rares moments nous laissent respirer un peu. La lumière de Nicolas Joubert est à l'avenant. Et il faut vraiment saluer l'ensembles des comédiennes et des comédiens - Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé, Adama Diop, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Carine Goron, Alexandre Lecroc, Frédéric Leidgens, Caroline Mounier, Victoria Quesnel, Tiphaine Raffier - certain(e)s qui faisant partie du voyage de la compagnie depuis sa création en 2019 - pour le magistral exploit de jouer plusieurs rôles sur cette durée de spaectacle. D'autant plus qu'il ne font pas que jouer au théâtre, la vidéo en direct s'invitant sur le plateau, ils se retrouvent à faire de la télévision en direct - grâce aux magnifiques cadrages de Jérémie Bernaert et Pierre Martin.


2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin


Ils nous offrent tous une "expérience à vivre" et nous ne sommes pas près de l'oublier. Si vous ne l'avez pas encore vécue, courrez-y !

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

*Si vous pouviez lécher mon coeur: le nom de la troupe vient de la phrase de Claude Lanzmann (dans le film Shoah): "Si vous pouviez lécher mon coeur, vous mourriez empoisonné", citée par Stuart Seide, ancien professeur de théâtre de Julien Gosselin.

2666 de Julien Gosselin - Photo: Simon Gosselin

Prochaines représentations: 
Avec le TNS au Maillon à Strasbourg
18 mars 2017 11:00
19 mars 2017 11:00
25 mars 2017 11:00
26 mars 2017 11:00 

A la Filature à Mulhouse
6 mai 2017 11:00 

Stadsschouwburg à Amsterdam
17 au 21 Mai 2017 

2666

D’après le roman de Roberto Bolaño
Adaptation et mise en scène: Julien Gosselin
Traduction: Robert Amutio
Avec: Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé, Adama Diop, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Carine Goron, Alexandre Lecroc, Frédéric Leidgens, Caroline Mounier, Victoria Quesnel, Tiphaine Raffier

Scénographie: Hubert Colas
Musique: Rémi Alexandre et Guillaume Bachelé
Lumière: Nicolas Joubert
Vidéo: Jérémie Bernaert et Pierre Martin
Son: Julien Feryn
Costumes: Caroline Tavernier
Assistanat à la mise en scène: Kaspar Tainturier-Fink

Un spectacle de: Si vous pouviez lécher mon coeur
Production: Si vous pouviez lécher mon coeur, Le Phénix - Scène nationale de Valenciennes, Théâtre National de Strasbourg, Odéon - Théâtre de l’Europe, Festival d’Avignon, TNT - Théâtre national de Toulouse, MC2: Grenoble - Scène nationale, Stadsschouwburg Amsterdam, La Filature - Scène nationale de Mulhouse, Le Quartz - Scène nationale de Brest
Avec l'aide à la production du Dicréam et de la SACD Beaumarchais 
Avec le soutien de La Friche de la Belle de Mai, Marseille Montévidéo - Centre de créations contemporaines, Marseille - Le Grand Sud, la ville de Lille, le ministère de la Culture et de la Communication

Création le 18 juin 2016 au Phénix - Scène nationale de Valenciennes
Based on the book 2666 / Copyright © 2004, The Heirs of Roberto Bolaño - All rights reserved
Le texte est publié aux éditions Christian Bourgois
Le décor est réalisé par les ateliers du TNS

dimanche 12 mars 2017

Au ras des pâquerettes, fleurs minuscules du dimanche

Je vous avais annoncé le printemps dimanche dernier, mais il faut bien regarder pour trouver les premières fleurs !

Pâquerette - Photo: lfdd

Au ras des pâquerettes, les premières fleurs blanchissent le gazon ras...

Premières fleurs blanches au ras des pâquerettes - Photo: lfdd

Les fleurs sont minuscules et nécessitent un peu d'humilité - pas de bassesse - Il faut oser s'approcher de nos racines et se courber à terre.

Premières fleurs blanches au ras des pâquerettes - Photo: lfdd

Le TVA du jour appelle aussi la modestie:

Quelques extraits choisis - petit bouquet de citations - du livre de Jean-Michel Maulpoix,  L'instinct de ciel:
"....
Chaque fois qu'il relève la tête, un homme regarde brûler le temps...
Il perd et réapprend sa langue; elle a ses heures. Dimanche à nouveau dans la tête: la chambre est une église aux dieux depuis longtemps absents.....
Dos tourné à la rue, quelqu'un s'adresse à quelqu'un d'autre qu'il ne connaîtra pas...
Quelque chose a donc commencé: une histoire ou une vie...
...
Ceci aurait pu être une histoire d'amour.
Toi et moi, le temps de ce livre. Je te parle à l'oreille. Je ne sais pas raconter d'histoires. Je ne suis qu'un effet de voix.

Tu serais donc venue et m'aurais dit:

 - Si tu ne m'aimes pas, tu n'aimeras que toi-même sans jamais te reconnaître.
....
"Vivre", vous n'avez que ce verbe à la bouche. Il n'en est certes pas de plus beau. Et je suis tout prêt à vous croire. Prêt à vous emboiter le pas, tôt le dimanche, dans un jardin, ou sur des marchés odorants, colorés de fleurs de de fruits.
....
Il n'y a rien à dire mais tout à ajouter. Aux vivants et aux morts, offrir de pleines brassées de fleurs.
...
Marie a apporté des fleurs. Je reconnais sur les cailloux son pas de petite fille. Hier sont tombées de grosses pluies. Bientôt viendra la neige." 


Et pour finir en musique, une chanson d'Alain Souchon:
"Sans ce penchant pour une personne
L'être aimé
Sans les ailes que ça vous donne
D'être aimé
On reste au ras des pâquerettes"




Et les mélodies à la guitare de Larry Coryel qui nous a quitté le 19 février. Ici entouré d'abord de John McLaughlin et Paco De Lucía, la rencontre des esprits:




Et là, avec un régional de l'étape - excusez du peu, Bireli Lagrène, et Al Dimeola: 





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

lundi 6 mars 2017

Premières Violettes, premières emojis, dernier message, Jean-Christophe et Françoise

Le premières violettes fleurissent, ce ne peut être qu'un message de paix, de douceur et de sérénité...


Première violette - Photo: lfdd

Je vous avais promis de parler de facebook et d'émojis - ces petites icones qui sont censée vous permettre de réagir à un message en donnant votre sentiment. Sachez que c'est n'est pas juste pour transmettre un "sentiment" à la personne qui a posté (publié) quelque chose, mais que facebook analyse à la fois les textes et les images qui sont postés, amis aussi plein d'autres informations (quand, où, comment, avec quels mots, et donc aussi ces émojis, ....), Parce qu'en fonction des vos relations, de vos actions, de vos réactions, facebook pourra vous vendre la publicité qui fait mouche !
Et voilà donc trois informations concernant les emojis:
Récemment, facebook a diversifié les deux emojis : "Like" = "j'aime" et "je n'aime pas" pour mieux analyser. Il les a remplacés par un éventail d'émoticones exprimant de façon plus précise les sentiments que vous inspirent certains posts (colère, tristesse, rires, surprise, etc). 

Plus récemment encore il vous en propose plus d'un milliers possibles, en voici quelques-uns.


Nouvelles emojis - émoticônes


Cela va être plus difficile de choisir un émoticône que d'écrire un texte... 
Sinon pour l'histoire, sachez que les premier émojis sont déjà exposés au MOMA - Musée of Modern Art de New-York, les voici:


Premières emojis - émoticônes - au MOMA


Et pour le troisième point, je vous propose un petit jeu, un piège à facebook, une trappe à émojis: Si vous voulez continuer à liker, mais sans vous faire traquer, utilisez un logiciel qui s'appelle GoRando et qui va choisir au hasard (c'est mieux que de choisir soi-même en risquant de se tromper et cela rapporte de la variété) la réaction que vous aurez pour les posts choisis.
Le logiciel se trouve ici:
http://bengrosser.com/projects/go-rando/

Bon Jeu. Pour finir avec des violettes et des chansons, je vous offre en hommage à Jean-Christophe Averty, génial inventeur de la télévision et amis des arts, des artistes et de la variété, qui vient de mourir, quelques chansons dont il a réalisé l'habillage.


Premières violettes - Photo: lfdd

Je vous en propose un grand choix et vous laisse les regarder à satiété:

Françoise Hardy - Le temps des souvenirs - 1965 :




Françoise Hardy - Comment te dire adieu (1968) - Chanson de Gainsbourg :
https://www.youtube.com/watch?v=f1eWxx-X334&list=PLDL8kSa8Rq-G71XsvWYTcRCSbZ-axlLm_&index=2

Françoise Hardy - A quoi ça sert (1968)



Françoise Hardy - Loving you (1968):
https://www.youtube.com/watch?v=6Mgx1_hagpw&list=PLDL8kSa8Rq-G71XsvWYTcRCSbZ-axlLm_&index=10

Françoise Hardy - Fleur de lune (1970)




Françoise Hardy - Point (1970)
https://www.youtube.com/watch?v=xy37NpF0H7U&list=PLDL8kSa8Rq-G71XsvWYTcRCSbZ-axlLm_&index=4

Françoise Hardy - Tu ressembles à tous ceux qui ont eu du chagrin (1971)




Françoise Hardy - Viens (1972)
https://www.youtube.com/watch?v=HqcQQhepImE&list=PLDL8kSa8Rq-G71XsvWYTcRCSbZ-axlLm_&index=9

Françoise Hardy - La question (1972)
https://www.youtube.com/watch?v=gVcp8AJzcIA&list=PLDL8kSa8Rq-G71XsvWYTcRCSbZ-axlLm_&index=3


Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche


mercredi 1 mars 2017

Vers un protocole de conversation? de Georges Appaix: la danseur bavard est musicien

Georges Appaix aime les mots et les lettres. Sa troupe s'appelle d'ailleurs "La liseuse" et il nous conte des histoires en gestes ou en chansons de geste.

Pour son dernier spectacle : Vers un protocole de conversation ? qui selon sa charte de nommage commence par la lettre V - il est bientôt au bout de l'alphabet pour ses titres - il jubile avec les mots et met en scène deux interprètes qu'il dirige de main de maître d'école ou de chef d'orchestre totalement libre. 


Vers un protocole de conversation ? - Georges Appaix - © Elian Bachini


Son seul pouvoir sera de libérer les éléments sous forme de coups de tonnerre ou de vagues déferlantes ou encore de pluie de neige de feuilles volantes rouges ou noires qui virevoltent en rond au centre du plateau ou d'attendre que ses "interprètes" veuillent bien revenir. Attente qu'il comble avec un délice de musicien en nous faisant la "conversation" avec guitarre et voix. Mais il "mixe" aussi son choix de musique en direct live.



Vers un protocole de conversation ? - Georges Appaix - © Elian Bachini


Mais le plus grand plaisir est dans la conversation que le duo sur scène - Mélanie Venino, toute en gestes d'expression et Alessandro Bernardeschi en volubilité latine et discours de séduction vont mener - et conclure de manière décalée - tout au long de ce spectacle qui servira de manoeuvre d'approche en même temps que d'essai de compréhension ou de construction d'une relation.



Vers un protocole de conversation ? - Georges Appaix - © Elian Bachini


Le protocole est à la fois simple et clair: elle danse et il parle, mais cette danse, surtout chez Georges Appaix est une expression d'une idée, d'un sentiment, d'un message que l'interprete va dessiner de son corps de ses bras de ses jambes, de sa tête, de son visage, pour faire signe, signe de langage. 



Vers un protocole de conversation ? - Georges Appaix - © Elian Bachini


Et le fil qu'il tend, un filet presque qu'il tisse avec le spectateur qui va interpréter le dialogue des deux protagonistes va se trende, se refermer sur une histoire d'amour que nous allons nous inventer, une histoire entre nous et la danse que nous lisons dans les échanges de gestes et de mots, les relations physiques aussi qui vont se jouer entre l'homme et la femme, meis aussi avec les trois réunis qui vont communiquer dans le mouvement qui se communique entre eux.



Vers un protocole de conversation ? - Georges Appaix - © Elian Bachini


Le protocole vers lequel nous allons sera plus une expérience dans laquelle on nous ouvre un sens qu'un rapport figé. 
Et cette expérience est jubilatoire parce que non écrite, mais toujours recommencée, même si elle ne se répète pas toujours.




Et on en redemande!


Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche



Vers un protocole de conversation ?
à Pôle Sud : 1er et 2 mars 2017 à 20H30
En tournée:
CDC d’Aquitaine en partenariat avec le TNBA : 9 et 10 mars 2017
CNCDC Châteauvallon : 24 mars 2017

Théâtre de Miramas : 6 mai 2017

Conception et mise en scène de Georges Appaix
Chorégraphie et textes de Georges Appaix avec la participation des interprètes
Avec Mélanie Venino, Alessandro Bernardeschi et Georges Appaix
Lumière Pierre Jacot-Descombes
Son Eric Petit et Georges Appaix
Costumes Michèle Paldacci
Musiques : Eric Petit, Ray Charles & Betty Carter, Vincenzo Bellini, Johann Sebastian Bach, Creedence Clearwater Revival, Oum Kalthoum, Candida & Floricelda Faez, Johannes Brahms, Alexandre Desplat, Giovana Marini, Bob Dylan.

Sommaire du mois de février 2017

Vous avez peut-être raté un billet de La Fleur du Dimanche en février, en voici le sommaire:

Pour commencer, le sommaire de janvier:
Sommaire du mois de janvier 2017


Le 1er février, un billet sur un spectacle de théâtre au TNS:
"Erich von Stroheim" au TNS: Le tourniquet d'un trio (un) peu ban(c)al 


2 février, un spectacle de Théâtre-danse au Maillon de Peeping Tom:
MOEDER: le mystérieux théâtre de la mère en fils et sons


3 février, les concerts à Strasbourg,  en particulier, la 9ème symphonie de Mahler
Les riches heures de musique en février à Strasbourg: Mahler, les Percussions, Lab'Ut, les sacrées journées, ....


4 février : "Neige"  la pièce de théâtre d'Ohran Pamuk, prix Nobel de littérature au TNS
Neige au TNS: K. - Ka - Kar - Kars


Dimanche 5 février, un billet autour de la neige, avec des chansons de Brel, Dyonisos et Adamo 
et des photos de Roses (dont un tableau de Bernard Buffet:
Mais où sont les neiges d'antan: Blanche neige et roses rouges


Dimanche 12 février, des fleurs d'été pour chasser l'hiver et des chansons et des poèmes à découvrir
Réminiscences d'été: bouquets d'été sur chardons dardants

Fleurs de Montagne - Photo: lfdd

le 14 février, pour la Saint Valentin, suite des fleurs d'été plus rose et chanons à découvrir, dont Sophie Hunger et Luce Bellanger
Val valant Valantine: La rose et le chardon: la rose a des épines, le chardon d'amour des piquants


Dimanche 19 février, hommage à des pêcheurs avec du bois-gentil en photo:
Bois gentil nouveau et gentille coccinelle, avec une fin en poisson (la maman est gentille aussi)


20 février : sixième anniversaire de la Fleu du Dimanche et suite de l'hommage au pêcheur
 Bon Anniversaire la Fleur: Admettons, admettons la vie !


25 février: 2 spectacles de danse à Paris:
A l'Opéra, Wayne McGrégor
Tree of Code de Wayne McGregor avec Olafur Eliasson à l’Opéra de Paris: virtuose et éblouissant
Et au Théâtre de Chaillot, Teshigawara: 
Flexible Silence de Saburo Teshigawara à Chaillot: le silence est d'or, adoré...


Dimanche 26 février, les éranthes sont en fleurs et en photo et il est question d'artistes révolutionnaires russes et de Todorov, et découvrez le groupe Molodoï en musique :
Les éranthes dorées luisent sous le grand arbre, Todorov s'éteint, et dépeint l'âme des poètes russes


le 28 février, un spectacle au TNS, avec le Théâtre National Palestinien
Des roses et du Jasmin au TNS : On achève bien les fleurs


Bonne lecture

La Fleur du Dimanche

Des Roses et du Jasmin au TNS : On achève bien les fleurs

Qu'est-ce qui pousse l'homme à détruire, à tuer, pas seulement les fleurs, ses semblables également ? 
C'est la réflexion que l'on peut avoir en sortant du spectacle d'Adel Hakim "Des Roses et du Jasmin" au TNS actuellement.
Oui, que de morts, trop des morts, des morts en trop... Il faut que cela cesse,  mais comment ? Que faire ?


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Comme le dit l'auteur metteur en scène de cette pièce, Adel Hakim: "Des Roses et du Jasmin a une issue assez noire. Pour moi le théâtre ne peut pas apporter de solutions. Le théâtre doit être un miroir du réel, qui fait réfléchir. Je ne peux pas écrire un théâtre qui donne des leçons ou des solutions. Il faut réveiller la conscience du spectateur. Le pouvoir cathartique du théâtre ne consiste pas à donner des solutions. Les solutions politiques sont à trouver dans la lutte des citoyens dans les rues, dans les débats, dans l'éducation et la culture."


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


La grande force de cette pièce est effectivement non pas de donner de solution, mais de poser les choses, les éléments, surtout d'informer sur ce qu'on ne connait pas assez bien, même en Israël ou en Palestine (des spectateurs ont avoué avoir appris des choses sur l'histoire de leurs pays, en particulier sur l'Irgoun).
Parce que la pièce c'est cela, une grande épopée de la construction d'Israël et des destins croisés des Juifs et des Palestiniens sur cette terre partagée, à travers le destin de quelques familles qui vont se croiser et s'entrecroiser. Et ces destinées vont à la fois nous faire mieux comprendre l'Histoire (avec un grand H) et les destinées personnelles et celles de ces peuples qui s'opposent.



Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Trois grandes périodes vont nous faire vivre ces destinées personnelles et les choix personnels ou les parcours contraints:  
Les années 1944-48, arrivée des exilés jusqu'à l'attentat du King David. 1964-67, la rencontre des enfants et la guerre des six jours. 1988 l'intifada, la guerre des pierres où l'on va voir se rencontrer les petits-enfants.


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Et c'est par cette construction que la pièce est intéressante et enrichissante, humaine. Adel Achim l'a bien sûr contruit ainsi: "Le théâtre permet de donner un autre regard sur l'actualité. La généalogie, le poids du passé, l'enchainement des faits sont essentiels. Ne se centrer que sur des événements du présent en traitant l'Autre de "barbare" ne conduit qu'à de la propagande."


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Et Des Roses et du Jasmin n'est justement pas de la propagande, mais un travail de fond, sur la base d'expériences vécues, improvisées par les comédiens palestiens, retraités et retravaillées, réécrites par l'auteur et interprétées avec une force et un puissance vitale par une troupe de théâtre qui vit au quotidien dans cet environnement. Il faut saluer l'engagement et l'ouverture de ces commédiennes et commédiens Yasmin Hamaar, Faten Koury, Lama Namneh, Hussan Abu Eisheh, Alaa Abu Gharbieh, Kamel El Basha, Sami Matwasi, et Daoud Toutah, qui pour quelques-un(e)s interprètent des rôles de juif(ve)s. Ne pas oublier le travail de dramaturgie de Mohamed Kacini qui a resserré et donné toute sa force et sa densité à cette épopée. Et nous permet de comprendre - un peu - comment les injustices imposées aux uns engendrent ces pulsions violentes chez les autres.

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

Des Roses et du Jasmin

Au TNS Strasbourg jusqu'au 8 mars 2017 - Espace Gruber 19h00
Spectacle en arabe surtitré en français avec les acteurs du Théâtre National Palestinien.
texte et mise en scène 
Adel Hakim
édition
L’Avant Scène Théâtre
scénographie et lumière 
Yves Collet 
dramaturge 
Mohamed Kacimi 
assistante à la mise en scène
Giorgina Asfour
collaboration artistique 
Nabil Boutros
costumes 
Dominique Rocher
vidéo 
Matthieu Mullot
chorégraphie 
Sahar Damouni

avec 
Hussam Abu Eisheh
Alaa Abu Gharbieh
Kamel El Basha
Yasmin Hamaar
Faten Khoury
Sami Metwasi
Lama Namneh
Shaden Salim
Daoud Toutah

Coproduction Théâtre National Palestinien, Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne.

Action financée par le Conseil Régional d’Ile-de-France et avec l’aide du Consulat Général de France à Jérusalem.