mardi 15 mars 2022

Arsmondo Tsigane: Le Journal d'un disparu - Amour Sorcier: Le miroir inversé de l'amour

 Après, entre autres pays le Japon et l'Argentine, le Festival Arsmondo suit cette année la piste des tsiganes et propose des films, des concerts de jazz manouche et de flamenco. Une installation également dans les jardins de la HEAR avec la caravane du plasticien Romuald Jandolo qui réactive son enfance nomade. Et surtout une très belle exposition de la photographe Jeannette Grégori qui partage depuis des années à Strasbourg et ailleurs (entre autres aux Saintes Maries de la Mer) la vie quotidienne des manouches et des tsiganes à voir au Lieu d'Europe au début de la Robertsau. C'est elle qui a réalisé cette très belle photo de la fille du vent qui illustre l'affiche du Festival. 

La fille du vent - Photo: Jeannette Grégori

Quelques-unes de ses photos illustrent également le programme de l'Opéra National du Rhin, et de cette première soirée consacrée à deux oeuvres en miroir que sont Le Journal d'un disparu de Leos Janacek et L'Amour sorcier de Manuel de Falla.

La soirée est à l'image du décor de Paul Steinberg,  avec ses deux pans de fond de scène qui se répondent dans un rouge qui n'est pas exactement le même, soit plus rosé, soit plus mauve ou violet. Ainsi les chorégraphies de Manuel Linan avec le souffle et les gestes du flamenco stylisé, intériorisés pour la pièce de Janacek et expressifs et exubérants, puissants pour Manuel de Falla.

Il est vrai que, même si les deux livrets parlent de tsiganes, celui basé sur les poèmes d'un paysan tchèque, tombant amoureux d'une tsigane qui rode autour de sa maison et quittant tout pour la suivre pour ne pas avoir à subir les foudres de sa famille et de son entourage ne raconte pas la même histoire que celui qui raconte les manoeuvres d'une gitane essayant d'envoûter son amour parti pour le faire revenir.

Musicalement aussi, la composition de Janacek puise ses racines dans la culture populaire et se présente plutôt comme une cantate - la première version était sous forme de Lieds avec piano - et pour cette représentation,  Arthur Lavandier l'a réorchestré pour en petit ensemble de chambre,  deux voix: Magnus Vigilius (ténor) et une mezzo-soprano (Josy Santos, très belle voix, très claire, à Strasbourg et Adriana Bignagni Lesca à Mulhouse) et un choeur. Un très bel équilibre entre les parties chantées et l'orchestre dirigé par le chef polonais Lucas Borowicz. A noter un interlude (le N° 13) uniquement musical qui décrit un épisode "érotique" (terme à replacer au début du 19ème siècle) dont la chorégraphie peut être comparée à la version "Amour Sorcier"... Soulignons à ce propos la haute qualité des sept danseurs qui ponctuent les deux pièces, avec une atmosphère différente, mais toujours avec les même costumes inventifs de Doey Luthy: pantalons collants noirs, dénudant des parties du corps, un tutu rose échappé, des robes noires à volants qui leur seyent à merveille et des hauts noirs, quelques rubans de tissus qui font plumes de coq noir et de grands châles noirs qui virevoltent, couvrent et découvrent les corps.

La fille qui rêve - Photo: Jeannette Grégori


Ce noir qui enflamme le coeur du pauvre paysan mais surtout qui brûle tout et tout le monde de son énergie pour L'Amour Sorcier de Manuel de Falla. La musique est puissante, bien que la version choisie est la première version, également pour petit orchestre de chambre et cantaora. Rocio Marquez souffrance ayant été remplacée "au pied levé" par Esperanza Fernandez qui a assumé à merveille cette prise de rôle. Elle enchaîne avec brio les airs  - "chanson du coeur brisé" ou "chanson du Pêcheur"  ou "chanson du feu follet" - ou les danses jusqu'à l'aube où retentissent les cloches pour célébrer l'amour revenu. Une soirée qui prouve que par delà les frontières et les pays, la question de l'amour peut unir, la musique aussi, et la danse avec leur langage commun.


La Fleur du Dimanche



Journal d'un disparu - L'Amour Sorcier


du 15 au 24 mars à Strasbourg

le 1er et 3 avril à Mulhouse 

Zápisník zmizelého
Cycle de 22 mélodies sur des poèmes anonymes (attribués à Josef Kalda).
Créé au Palais Reduta de Brno le 18 avril 1921.
Nouvelle orchestration d’Arthur Lavandier.

El amor brujo
Gitanerie musicale en 16 tableaux pour orchestre
de chambre et cantaora (première version).
Créée au Teatro Lara de Madrid le 15 avril 1915.

Distribution

Direction musicale: Łukasz Borowicz
Mise en scène: Daniel Fish
Chorégraphie: Manuel Liñan
Décors: Paul Steinberg
Costumes: Doey Lüthi
Lumières: Stacey Derosier
Vidéo: Joshua Higgason
Chef de chœur: Alessandro Zuppardo
Chœur de l'Opéra national du Rhin, Orchestre symphonique de Mulhouse

JOURNAL D’UN DISPARU - Leoš Janáček

Nouvelle orchestration: Arthur Lavandier
Janik: Magnus Vigilius
Zefka pour les représentations à Strasbourg: Josy Santos
Zefka pour les représentations à Mulhouse: Adriana Bignagni Lesca

L'AMOUR SORCIER - Manuel de Falla

Candelas: Esperanza Fernandez
Les Artistes
Danseur - Chorégraphe: Manuel Liñan
Danseurs: Miguel Heredia, Hugo Lopez, Jonatan Miro, Daniel Ramos, Adrián Santana, Yoel Vargas

vendredi 11 mars 2022

Les Frères Karamazov au TNS: Au nom du Père, de Dieu et de l'Amour

 Sylvain Creuzevault adapte pour le théâtre Les Frères Karamazov, le dernier roman de Fédor Dostoïevski, plus de mille pages, un des chefs-d'oeuvre de la littérature russe sinon mondiale dans une traduction d'André Markovikz dans une mise en scène ébouriffante et décoiffante. 


Les Frères Karamazov - Sylvain Creuzevault - Photo: Simon Gosselin


Une moniale aguichante (Blanche Ripoche) nous accueille en lever de rideau sur la scène en psalmodiant sur une musique interprétée en direct par Céline Hélary (flûte et piano) et Antonin Rayon (piano et synthétiseurs) alors que sur le rideau de scène défile le résumé du contexte: Le père Fiodor Karamazov qui, après avoir totalement oublié, abandonné ses enfants, Dmitri, l'ainé, d'un premier mariage (le vibrionnant Vladislav Galard), Ivan, le faux sérieux (Sylvain Creuzevault himself) et le cadet Alexei, dit Aliocha (Arthur Igual pince-sans-rire) qui s'est retiré comme novice dans un monastère. C'est d'ailleurs dans ce monastère que s'ouvre la pièce, dans un décor qui fait plutôt dans la suggestion de l'ambiance avec un espace circonscrit de palissades blanches où s'ouvrent de temps en temps des portes ou des interstices laissant apparaître les protagonistes.

 

Les Frères Karamazov - Sylvain Creuzevault - Photo: Simon Gosselin


Et c'est entre le starets, patriarche de ce monastère (hiératique Sava Lolov) et le père Karamazov (Pétulant Nicolas Bouchaud) qui lance la machine à bride abattue. Et le rythme ne faiblit pas et les rebondissements et volte-face se succèdent, les embrouilles familiales, les problèmes d'argent, les questions d'amour, de fidélité, l'amour-propre, l'honneur, la jalousie, la honte, la commisération, les stratégies et retournements, tout et son contraire se déroule sous nos yeux, balançant entre sérieux désespoir et comique. 


Les Frères Karamazov - Sylvain Creuzevault - Photo: Simon Gosselin


Que ce soit des questions de foi ("Si Dieu est mort, tout est permis"), de relations filiales et familiales ("Pères, n'exaspérer pas vos enfants") ou pour l'amour et la jalousie - magnifiques scènes à rebondissements entre autres dans les relations avec Katerina Ivanovna (également Blanche Ripoche, supérieure)  impitoyable. Ou encore celle avec Grouchenka (Servane Ducorps inénarrable de naturel branché) que ce soit entre elle et son adversaire féminine, ou avec les deux frères Dmitri le versatile et Alexei le naïf pour ne pas dire le niais.  Nous assistons donc à toute une variété de situations qui interrogent la foi, l'amour, le pardon, le sacrifice, la vengeance pour aboutir.... à un meurtre!


Les Frères Karamazov - Sylvain Creuzevault - Photo: Simon Gosselin


Entracte: Et pour rester dans la philosophie de la pièce où tout aboutit à son contraire, l'entracte n'en est pas un puisque l'on assiste à un tableau de présentation des hauts-faits du tsarets et un concert puis l'on entonne des chansons en partageant des bières.


Les Frères Karamazov - Sylvain Creuzevault - Photo: Simon Gosselin


La deuxième partie se déroule d'abord derrière un mur de verre dans une ambiance un peu psychédélique puis l'on assiste à un simulacre de procès (c'est le meurtre du père) avec reportage retransmis sur des télévisions dans un décor glacial - il fait moins 7 degrés, la neige, le givre recouvre les manteaux. Le (faux) coupable sera condamné suite à un témoignage favorable et le (vrai) coupable se suicidera, révélant que comme les Mousquetaires, les Frères Karamazov étaient bien quatre. Et la pièce s'achève par la cérémonie de l'enterrement de l'enfant du pauvre Snéguériov (Frédéric Noaille) qui est mort pour avoir intériorisé et assumé la honte de l'affront que l'on a fait à son père.


Les Frères Karamazov - Sylvain Creuzevault - Photo: Simon Gosselin


On notera que la mise en scène de Sylvain Creuzevault met en lumière dans ce spectacles les thèmes et les questions soulevés par Dostoïevski  qui présagent l'avenir, que ce soit la question de la foi et de l'athéisme, du pouvoir et du communisme. Et l'on peut aussi noter que, par rapport au meurtre du père et aux questions de transfert, très peu de temps après - le roman est paru en feuilleton de 1879 à 1880 - Freud fonde la psychanalyse avec la théorie du transfert à la fin du dix-neuvième siècle. Et tout cela avec un humour magistral.


La Fleur du Dimanche        


Les Frères Karamazov

Au TNS du 11 au 19 mars 2022


D’après Fédor Dostoïevski
Traduction André Markowicz
Adaptation et mise en scène Sylvain Creuzevault
Avec Nicolas Bouchaud, Sylvain Creuzevault, Servane Ducorps, Vladislav Galard, Arthur Igual, Sava Lolov, Frédéric Noaille, Blanche Ripoche, Sylvain Sounier
et les musiciens Sylvaine Hélary, Antonin Rayon
Dramaturgie Julien Allavena
Scénographie Jean-Baptiste Bellon
Lumière Vyara Stefanova
Musique Sylvaine Hélary, Antonin Rayon
Son et régie générale Michaël Schaller
Vidéo et régie plateau Valentin Dabbadie
Maquillage Mytil Brimeur
Masques Loïc Nébréda
Costumes Gwendoline Bouget
Régie lumière Jacques Grislin
Production Le Singe
Coproduction Odéon - Théâtre de l’Europe, Festival d’Automne à Paris, Théâtre national de Strasbourg, L’Empreinte - scène nationale Brive/Tulle, Théâtre des 13 vents - centre dramatique national de Montpellier, Théâtre de l’Union - centre dramatique national de Limoges, La Coursive - scène nationale de La Rochelle, Bonlieu - scène nationale d’Annecy
Avec le soutien de l’OARA (Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine)
La compagnie est soutenue par le ministère de la Culture / DRAC Nouvelle-Aquitaine
Administration de tournée Anne-Lise Roustan
Production et diffusion Élodie Régibier
Nicolas Bouchaud est acteur associé au TNS
Les Frères Karamazov de Fédor Dostoïevski, traduction André Markowicz, est publié aux éditions Actes Sud, 2002
Spectacle créé le 20 cotobre 2021 à l'Odéon-Théâtre de l’Europe

PINOCCHIO (LIVE) #2 aux Giboulées de la Marionnette: La fabrique de pantins vivants

 Le mythe de Pinochio revu au goût du jour. 

Tout commence comme dans une cour de récréation dans PINOCCHIO (LIVE) #2 d'Alice Laloy et sa compagnie "S'appelle reviens". Dans la salle de concert du Palais des Fêtes rénové - je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu une inauguration de cette salle depuis les travaux de rénovation - les spectateurs sont assis en rangées face à face et un genre de locomotive "musicale" sur laquelle des gamins discutent bruyamment est poussée sur le plateau entre les spectateurs avec cloches et percussion. 

Pinochchio (Live) #2 - Alice Laloy - Photo: Jean-Louis Fernandez


Brusquement le silence se fait, des battements repris par les enfants rythment la procession de dix personnages en blouse grise qui poussent sur ses roulettes un appareillage avec une planche à laquelle est accrochée, entre autres, une  chaise à l'envers. S'ensuit, après trois petits tours l'installation de ce qui ressemble à un établi, table à dissection dans un beau désordre organisé. Cela assemble et frappe à grand coups de maillets en bois et la tâche achevée, nouvelle procession stoïque et hiératique avec ces tables à roulette.

Pinochchio (Live) #2 - Alice Laloy - Photo: Jean-Louis Fernandez


Et surprise, ces dix établis vont recevoir chacun un enfant habillé d'un genre de barboteuse de bébé, jambes et bras nus. Et l'on va assister à la fabrique des pantins en direct live. Les dix "artisans" dans leur blouse grise vont s'affairer chacun(e) de leur côté pour "fabriquer" dix pantins avec leurs ficelles de marionnette. Etrange moment où l'on assiste à la naissance de ces jeunes corps qui deviennent d'étranges objets inanimés tout en ayant encore apparence humaine. Les différentes étapes de cette transformation sont assez originales et quelquefois surprenantes. Une distance se crée et nous recherchons les enfants que nous avions vu arriver sous cette transformation.  

Pinochchio (Live) #2 - Alice Laloy - Photo: Paulina Pisarek


Une nouvelle procession - présentation de ces créatures amène leur installation en rond sur les chaises au centre de la scène. S'ensuit une magnifique séance de "lâcher-prise" où l'on admire la parfaite maîtrise de leur corps de ces jeunes interprètes qui glissent de leurs chaises et s'affalent inanimés à terre. Mais ils ne tardent pas à tenter de revivre par soubresauts et jaillir en l'air, dans des gestes cherchant à se tenir debout, mais sans succès. La scène est émouvante, cette volonté d'accéder à un souffle de vie. Finalement, ça y est, dans des gestes gauches, les yeux faussement ouverts, tous se redressent et expérimentent un semblant d'existence, tout d'abord chacun sans sa bulle pour finalement tenter la relation et se retrouver dans une énergie de groupe.... Et retrouver chacun leur créateur qui les délivre de ce simulacre de conte de fée auquel nous avons nous aussi cru...


La Fleur du Dimanche 


PINOCCHIO (LIVE) #2

Dans le cadre des Giboulées de la Marionnette du TJP - Centre Dramatique National

Au Palais des Fêtes à Strasbourg - vendredi 11 mars 18h30 - samedi 12 mars 11h00


CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE ALICE LALOY  
COMPOSITION SONORE ÉRIC RECORDIER 
CHORÉGRAPHIE CÉCILE LALOY, ASSISTÉE DE CLAIRE HURPEAU  
CONSEIL ET REGARD CONTORSION LISE PAUTON ET LUCILLE CHALOPIN 
SCÉNOGRAPHIE JANE JOYET 
COSTUMES ORIA STEENKISTE, CATHY LAUNOIS ET MAYA-LUNE THIEBLEMONT 
ACCESSOIRES BENJAMIN HAUTIN, MAYA-LUNE THIEBLEMONT ET ANTONIN BOUVRET 
RÉGIE GÉNÉRALE ET LUMIÈRE  JULIENNE ROCHEREAU 
RÉGIE SON LUCAS CHASSERE 
AVEC LES ENFANTS-DANSEUR·EUSE·S DU CENTRE CHORÉGRAPHIQUE DE STRASBOURG ET LES ÉTUDIANT·E·S COMÉDIEN·NE·S DU CONSERVATOIRE DE COLMAR 
ACCOMPAGNÉ·E·S PAR LES PERCUSSIONNISTES NORAH DURIEUX ET ELLIOTT SAUVION LALOY 
PRODUCTION, ADMINISTRATION, COORDINATION ET COMMUNICATION SOTIRA DHIMA, THOMAS CLÉDÉ, JOANNA COCHET ET ROMANE BRICARD

jeudi 10 mars 2022

Jan Martens au Maillon: Un énorme soulèvement des un(e)s et des autres

 Avec "Any attempt will end in crushed bodies and shatterred bones" du Flamand Jan Martens présenté au Maillon avec Pôle Sud CDCN, le spectacle est grandiose. Le plateau, immense, est marqué de quadrillages et de lignes de fuites en diagonale et un énorme écran blanc fait office de fond de scène.


Any attempt will end in crushed bodies.. - Jan Martens - Maillon - pôle Sud - Photo: Phile Deprez

Un danseur vient se poser dans cette immensité au centre jardin et tout peut commencer. La musique d'Henryk Gorecki (le concerto pour clavecin et cordes, clin d'oeil historique à Lucinda Childs ?) emplit l'espace de sa puissance répétitive et de sa vitesse. L'énergie du danseur remplit l'espace, ses gestes balayent les airs, ses mains, ses bras remuent la musique de toute ses forces.  Seul dans son carré, il incarne pendant les presque dix minutes que dure le morceau cette musique et l'espace avec bravoure. Deux autres danseurs le relayent et après ce seront quatre. Chacun incarnant à sa manière la puissance de cette musique engageante. 


Any atempt will end in crushed bodies.. - Jan Martens - Maillon - pôle Sud - Photo: Phile Deprez

Et puis le silence, dans lequel, les uns après les autres, arrivant et tournant avec juste le bruit de leurs pas dans une procession qui va occuper, explorer et investir l'espace, les danseuses et les danseurs dans toute leur diversité de taille, corpulence, âge, sexe, race et nationalité vont chacun(e) rayonner seul ou dans des groupes qui se forment et se défont dans des géométries que l'on pourrait croire aléatoires mais totalement maîtrisées et qui nous emmènent dans une perception hypnotique de ces formes et de ces mouvements. Une jeune danseuse énonce des carctérisiques différenciatrices et la chanson de Kae Tempest déverse la violence sous-tendue et contre laquelle cette tribu s'insurge. On remet les compteurs à zéro, le plateau se vide et à nouveau les danseurs arrivent un à un, se remplaçant de plus en plus vite.

 

Any attempt will end in crushed bodies.. - Jan Martens - Maillon - pôle Sud - Photo: Phile Deprez

Abbey Lincoln lance son chant de prière, de protestation et de paix avec Max Roach qui l'accompagne à la batterie, dans une parenthèse entre repos et tension. Des tweet violents, sexistes et racistes sont projetés sur l'écran, les danseurs alternent entre les solos, les petits groupes et les vastes mouvements d'ensemble, puis la scène s'éclaire en rouge pendant que les interprètes changent de costumes. Et c'est le grand final, dans de magnifiques costumes rouges, tous uniques et originaux, une double reprise du concerto de Gorecki les interprètes nous interprètent leur chorégraphie dans un feu d'artifice en apothéose en nous laissant pantois et lessivés.


La Fleur du Dimanche 


Any attempt will end in crushed bodies and shaterred bones


Au Maillon à Strasbourg : le 10 et 11 mars 2022 - 20h30

Avec : Ty Boomershine, Truus Bronkhorst, Jim Buskens, Georgia Boddez, Zoë Chungong, Naomi Gibson, Cherish Menzo, Steven Michel, Gesine Moog, Dan Mussett, Wolf Overmeire, Tim Persent, Lia Witjes Poole, Courtney May Robertson, Laura Vanborm, Loeka Willems et Zora Westbroek
Chorégraphie : Jan Martens
Assistante artistique : Anne-Lise Brevers
Lumière : Jan Fedinger
Assistant lumière : Vito Walter
Costumes : Cédric Charlier
Assistants costumes : Alexandra Sebbag et Thibault Kuhn
Regards extérieurs : Marc Vanrunxt, Renée Copraij, Rudi Meulemans et Siska Baeck
Texte : extrait de SPRING d’Ali Smith
Musique : Henryk Górecki, Kae Tempest, Max Roach & Abbey Lincoln Concerto pour Clavecin et Cordes Op 40, Réf Im: 108884 Musique de Henryk Mikolaj Górecki © PWM Editions représenté par Alphonse Leduc Editions Musicales ; People’s Faces de Kae Tempest t Dan Carey © publié et administré par Domino Publishing Company Limited (50%) et MANATA LTD administré par Warner/Chappell Music Belgium N.V. (50%) ; Triptych: Prayer/Protest/Peace de Maxwell Roach © publié par Milma Publishing Company administré par Kobalt Music Publishing Limited.
Direction technique : Michel Spang
Technique : Valentijn Weyn / Bennert Vancottem
Production : GRIP
Chargée de production : Sylvie Svanberg
En collaboration avec : Dance On Ensemble
Diffusion internationale : A Propic / Line Rousseau et Marion Gauvent
Coproduction : DE SINGEL / Theater Freiburg / Sadler’s Wells / Julidans / Festival d’Avignon/ Le Gymnase, CDCN Roubaix Hauts-de-France / Norrlandsoperan / La Bâtie, Festival de Genève / ADC, Association pour la Danse Contemporaine Genève / tanzhaus nrw Düsseldorf / Le Parvis, Scène nationale Tarbes-Pyrénées / La Danse en grande forme – Projet de l’A-CDCN et de l’ACCN : Cndc – Angers / Malandain Ballet Biarritz / La Manufacture, CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux La Rochelle / CCN de Caen en Normandie / L’Échangeur, CDCN Hauts-de-France / CCN de Nantes / CCN d’Orléans / Atelier de Paris / CDCN, Collectif Faire / CCN de Rennes et de Bretagne / Le Gymnase, CDCN Roubaix, Hauts-de-France / POLE-SUD, CDCN / La Place de La Danse, CDCN Toulouse Occitanie / Perpodium
Avec le soutien de : De Grote Post, Charleroi danse – Centre chorégraphique de Wallonie-Bruxelles, CCNO, Centre Chorégraphique National d'Orléans eca Théâtre d’Orléans et December Dance – Concertgebouw, CC Brugge
Avec le soutien financier de : le gouvernement flamand, la ville d’Anvers, le Tax Shelter du gouvernement fédéral belge, Cronos Invest
Remerciements : Jean Chabert (Stanley/Stella)

mardi 8 mars 2022

Le jour de la femme, la rose des femmes et les droits d'iels et d'eux

Aujourd'hui, Journée internationale des femmes également appelée journée internationale des droits des femmes j'offre en cadeau une rose pour toutes et tous, comme en 2012 "Journée de la Femme".


Rose  du 8 mars - Photo: lfdd


J'avais déjà offert une rose en 2011, mais le 13 mars et en 2013, c'étaient des primevères pour le 9 mars où je disais "La journée de la Femme doit continuer tous les jours - les fleurs sont pour elle(s)", comme en 2014 où je disais "Fêtons la Femme ou pêchons la truite" et où je citais les "Femen", Femmes d'Ukraine qui essayaient de se libérer du joug de la Russie. Curieusement je n'ai plus célébré ce jour, sauf en 2020 - le 8 mars où j'offrais des TVA sur le "Féminisme" : "Adieux, listes, etc..... Partie 4: Le féminisme ou le fellinisme". TVA sur les femmes et la liberté qui n'arrivent que le 25 avril en 2021 "L'abandon, la méfiance, la liberté, les femmes, vues par... et défendues par...

Pour cette année, je rajoute en TVA un hommage qui a un peu attendu mais qui vaut ce jour et toute la réflexion d'actualité avec un hommage à Edith Bruck, née Steinschreiber, "celui qui écrit sur les pierres. Les pierres tombales" comme elle le dit dans l'article "Le Devoir de Vivre" de Florence Noiville dans le Monde des Livres du 11 février au sujet de la parution de son livre "Le Pain Perdu".

Ce sera un poème qu'elle a écrit en hommage à Primo Lévi dont elle a appris le suicide: "C'est la soeur de Primo, elle m'annonçait son suicide. Cela m'a plongé dans une colère... Il n'avait pas le droit."


Ta figure tutélaire nous manque

nécessaire comme l'eau à l'assoiffé

(...) la lumière au non-voyant.

Notre devoir es de vivre et jamais de mourir!

Pourquoi Primo?


Elle dit "Nos vies ne nous appartiennent pas, elles appartiennent à l'histoire."


Moi, qui porte en moi six millions de morts qui demandent à l'homme de se souvenir

à l'homme qui a si peu de mémoire

pourquoi aurais-je survécu, sinon pour témoigner

avec toute ma vie, chacun de mes gestes, chacune de mes paroles.


Elle dit aussi: "il faudrait des mots nouveaux pour raconter Auschwitz".... ""Patrie", par exemple je ne l'ai jamais prononcé."

"Par amour des patries, les cimetières sont pleins." 

""Haine", ah le mot "haine", si cruellement actuel!"


Rose du souvenir - Photo: lfdd



Quand viendra mon heure

je laisserai en héritage

peut-être un écho à l'homme

qui oublie et continue et recommence.



La Fleur du Dimanche 


vendredi 4 mars 2022

Je vous écoute au TNS: La pluie, la nuit, le poids des mots, du monde

 Mathilde Delahaye aime à créer des "Théâtres-paysages". Le Hall Grüber fraichement rénové lui convient comme espace à réinventer et c'est une surprise de voir cet espace transformé en simili-friche sous la pluie. et c'est une pluie de mots - et aussi de silences qui nous accompagnent tout au long de cette soirée, avec Je vous écoute.  La musique signée Lucas Lelièvre et performée en direct par Gaspard Claus nous immerge également dans une atmosphère où nous sommes à l'écoute, ouverts. Comme le sont, sûrement les écoutants de l'association de cette "ligne d'écoute bénévole" qui sont à disposition de toutes ces personnes qui ont besoin d'appeler.... pour diverses raisons. Les textes, sélectionnés par Mathilde Delahaye et Hugo Soubise, sont organisés en un oratorio de la différence, de l'exclusion, de la solitude et de l'ennui.

Je vous écoute - Mathilde Delahaye - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez


Toutes ces voix, ont en commun, comme le dit Mathilde Delahaye "une forme de solitude, à différents degrés et sous différentes formes, mais cela nous concerne tous, peut tous nous atteindre. Il ne s’agit pas de gens qui sont seuls depuis toujours, ou malades, ou fous... on est ici face à la solitude et la folie ordinaires de nos sociétés contemporaines. C’est un matériau époustouflant, une sorte de galerie de portraits..."  L'on pourrait s'y perdre, mais la sélection, l'organisation, avec un traitement formel qui varie − du solo au trio rythmé et rebondissant où l'on essaie, entre les trois interprètes Claire ingrid Cottanceau, la performeuse, Thomas Gonzalez le virtuose des accents et Romain Pageard le mélomane, à essayer de découvrir, comme dans une pièce radiophonique policière, qui parle, qui est le coupable, qui est l'inspecteur. Et pour finir, un choral lancinant, genre Choeur Antique où la parole mise en commun, comme partagée, nous est donnée ou redonnée à nous aussi, spectateur. Cette parole, souvent lancinante nous mets face à un grand vide. Elle nous interroge sur notre solitude et nos réflexions. Elle balance entre indifférence et perplexité face à ces flots de paroles qui coulent comme des gouttes de pluie et nous immergent dans des nuées de brouillard, alors que nous essayons de tirer le fil, de faire bouger Clémentine qui ne dit rien.




La Fleur du Dimanche


Je vous écoute


Du 3 au 10 mars 2022 - Hall Grüber - TNS Strasbourg


CRÉATION AU TNS
COPRODUCTION
Texte et mise en scène Mathilde Delahaye *
Avec 
Claire ingrid Cottanceau, Thomas Gonzalez, Romain Pageard 
Gaspar Claus violoncelliste 
Claudia Gluck athlète crossFit
les amateur·rice·s strasbourgeois-es
Blandine Boquillon, Céline Bosco, Maria Chernykh, Julien Fauchet, Mohamadou·Lamine Gueye, Mathilde Hentz, Salima Hezzam, Agnès Houzelle, Annelyse Jacquel, Jocelyne Laplace, Laura Litscher, Stella Marc·Zwecker, Emma Martin, Ryszard Michalak, Jean-Raymond Milley, Tom Raison, Rekawt Salih, Alexandre Schmitt, Etienne Szivo, Terek Topoe 
et 
Geoffroy Seemann et Clémentine
Assistanat à la mise en scène et dramaturgie Hugo Soubise
Scénographie Hervé Cherblanc
Lumière Sébastien Lemarchand
Son Lucas Lelièvre
Costumes Clara Hubert, Ninon Le Chevalier
Collaboration technique Marion Koechlin
Regard chorégraphique Pau Simon
Stagiaire assistanat à la mise en scène Emma Martin
Le décor et les costumes sont réalisés par les ateliers du TNS
Régie générale Marion Koechlin
Régie son Félix Philippe
Création le 3 mars 22 au Théâtre National de Strasbourg
Production Théâtre National Immatériel, Philippe Chamaux 
Coproduction Théâtre National de Strasbourg, Théâtre de l'Union - Centre dramatique national du Limousin 
Avec le soutien du Nouveau théâtre de Montreuil 
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national 
Avec le soutien de La Chartreuse, Centre national des écritures du spectacle 
Remerciements à Guillaume Bresson, Romain Huët, Saida Kasmi, Panza Gymnothèque et la famille Seemann 
Clémentine est une habituée des concours et salons agricoles pour lesquels elle est spécialement préparée par son éleveur. Sa participation au spectacle s'est faite dans le strict respect des droits de l'animal. 
Les documents dits par les interprètes proviennent de plusieurs lignes d'écoute anonymes et bénévoles. Tous les noms propres ont été modifiés.
* Mathilde Delahaye est artiste associée au TNS.

jeudi 3 mars 2022

Soirée danse à Pôle Sud: Hasard et Introspection du dialogue saccadé

 Pôle Sud, Centre chorégraphique de Développement National nous propose une soirée en deux parties nous présente deux aspects de la danse 

Hasard (titre provisoire) de Pierre Rigal, le chantier de Hasard 

Pierre Rigal - Hasard - Pôle Sud - 

Pour commencer, ce sont les "Travaux Publics" qui, sous forme d'un atelier ouvert, un chantier en cours propose une étape de la création de la prochaine pièce de Pierre Rigal* intitulée provisoirement "Hasard". Un mois de travail en juin 2021 et trois jours de chantier "lumière" sur ce projet qui interroge la manière dont le hasard peut amener des événements sur scène et faire un spectacle. Pierre Rigal introduit la réflexion en cours, les différentes pistes creusées et les quelques séquences déjà (bien) abouties autour du mouvement et des rencontres (fortuites ou construites) qui vont aboutir à un spectacle qui sera créé à Sète. Quatre danseuses et deux danseurs nous font imaginer (sans les pendrillons noirs qui vont habiller le plateau au fond et sur les côtés) les croisements, rencontres, chocs et traversées diagonales aléatoires (mais bien maitrisées qui vont sûrement débuter le spectacle. Tout cela a à voir avec la mécanique, les mathématiques, le rythme, un peu de magie aussi. Pour le moment, ce sont plutôt, pour les premières séquences plutôt les pistes de la mécanique, les engrenages, les interactions d'ensemble que l'on découvre. Et même si la touche finale n'est pas encore mise, que toute la dramaturgie doit encore se mettre en pièce, l'on peut voir en germe une belle pièce. La séquence qui à priori pourra aussi se placer à la fin du spectacle est assez impressionnante avec des danseur.euse.s au sol avec des mouvements des bras et des jambes improvisés qui curieusement (et par hasard) vont faire des ensembles d'une belle homogénéité (la musique de Gwenaël Drapeau y aidant aussi).


Rehgma + Intro de Mellina Boubetra entre piano et battle


La soirée continue avec le spectacle en deux parties, lui aussi, deux pièces de Mellina Boubetra, jeune chorégraphe qui a abandonné la biologie pour les battles et qui,  en plus du hip hop danse avec de nombreux chorégraphes et actuellement avec Régine Chopinot. Elle n'est pas très grande mais pleine d'énergie. Dans Rehgma son duo avec Noé Chapsal est une lente montée d'énergie dans le corps.  De dos et à contrejour, pendant que la lumière les révèle et que la musique émerge, on les voit - et les sent - tressauter, déborder, sourdre. Tout à coup un jaillissement, un salto arrière, les mouvements saccadés, les épaules haussées de manière saccadée, le corps qui se meut lentement et va vers la piano. En écho à la musique répétitive, Mellima l'accompagne à touches effleurées et est rejointe par Noé. Ils jouent, assis puis allongés, renversés sur le tabouret, en symbiose. Un nouveau tour de scène, en battements de danse krump et tout finit par un air de piano qui s'éteint.

Mellina Boubetra - Intro - Photo: Charlotte Andureau

Mellina Boubetra - Intro - Photo: Charlotte Andureau

La deuxième pièce Intro (pas introduction mais introspection), avec trois interprètes commence dans la pénombre, trouée de bandes de lumière au niveau des pieds, de la tête puis des mains sur la poitrine. Les mouvements sont toujours saccadés, moins fiévreux, plus liés, et en ondulations. Les lumières changent, sculptent les corps qui alternent entre mouvements frénétiques et immobilité, ralenti et célérité, pose et transit électrique. A force tours de bras et moulinets (une mention spéciale à Alisson Faye aux bras immenses), une agitation instable s'installe et diffuse dans des bains de lumière bleutée ou rouge. Puis la salle s'éclaire et les trois interprètes font face au public et le toisent. Applauss !


La Fleur du Dimanche


*A propos de Pierre Rigal, voyez le billet sur le spectacle Même qui est passé au Théâtre du Rond-Point à Paris en février: Même de Pierre Rigal au Rond-Point: C'est pas pareil à chaque fois, ça change, même si c'est la même chanson



avec Yohann Baran, Carla Diego, Camille Guillaume, Marie Levenez, Mathilde Lin, Elie Tremblay
Conception, chorégraphie Pierre Rigal
Collaboration (effets de magie) Antoine Terrieux
Assistante à la choréographie Mélanie Chartreux
Musique Gwenaël Drapeau
Lumière ...
Production Suzanne Maugein et Nathalie Vautrin
Coproduction Compagnie dernière minute/Pierre Rigal, La Place de la danse CDCN Toulouse-Occitanie, Pôle Sud CDCN - Strasbourg, La Passerelle scène nationale de Gap et des Alpes du Sud, Théâtre de Nîmes, Château Rouge - Annemasse, Théâtre Molière-Sète, scène nationale archipel de Thau, Tandem scène nationale Arras/Douai
Accueil en résidence : La Place de la danse CDCN Toulouse- Occitanie, Théâtre Garonne - Toulouse, Pôle Sud CDCN - Strasbourg, Le Ring - Toulouse
Remerciements pour l’accueil des auditions en mars 2021 : Théâtre national de la danse - Chaillot, MC93 Bobigny.
La compagnie dernière minute reçoit le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie, de la Région Occitanie et de la Ville de Toulouse.
Interprétation Yohann Baran, Carla Diego, Camille Guillaume, Marie Levenez, Mathilde Lin, Elie Tremblay
Conception, chorégraphie et mise en scène Pierre Rigal
Collaboration artistique (magie nouvelle/ illusions) Antoine Terrieux
Collaboration artistique Mélanie Chartreux
Musique Gwenaël Drapeau
Lumières en cours
Production Suzanne Maugein et Nathalie Vautrin


Intro

Chorégraphie : Mellina Boubetra
Interprètes : Katia Lharaig, Allison Faye et Mellina Boubetra
Interprètes remplaçantes : Fiona Pincé, Rachel Cazenave
Création musicale : Patrick De Oliveira
Création lumières : Fabrice Sarcy
Régie lumière : Benoît Cherouvrier


Rēhgma

Direction artistique : Mellina Boubetra
Chorégraphie, danse : Noé Chapsal et Mellina Boubetra
Composition musicale : Patrick De Oliveira et Mellina Boubetra
Création lumière : Cécile Botto et Nicolas Tallec
Régie lumière : Tim Dubus

Intro
Production : ETRA / Production déléguée : Compagnie Art-Track
Coproduction : Prix HIP HOP GAMES 2018, Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines – La Villette / CCN de Créteil et du Val-de-Marne / Compagnie Käfig – direction Mourad Merzouki dans le cadre de l’Accueil Studio / CCN de Roubaix, Sylvain Groud / CCN de la Rochelle, Kader Attou / Pole Pik, Bron / Le Flow – Ville de Lille / Summer Dance Forever, Hollande / Cie Victor B, Belgique / Danse Elargie 2020
Avec le soutien : La Briqueterie, CDCN du Val-de-Marne / Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France / La Fabrique de danse / Collectif ZOOOM, Clermont Ferrand / Le Cendre, Salle les Justes Puy de Dôme / La Manufacture, Incubateur chorégraphique Vendetta Mathea / Compagnie Dyptik / Trans’urbaines, Clermont Ferrand / MJC TC de Colombes / CND Pantin / Institut Français / ADAMI / DRAC Île-de-France.
Prix et distinctions : Lauréat PRIX HIP HOP GAMES 2018/ Lauréat Trans’Urbaines 2018 / Spectacle lauréat du Concours chorégraphique 2019, Prix CCN de Créteil / Festival Kalypso / Label Passerelles 2019

Rēhgma
Production : ETRA / Production déléguée : Cie Art Track
Coproduction : Théâtre Louis Aragon, Tremblay
Avec le soutien : La Briqueterie CCN du Val de Marne, Vitry sur Seine / La Villette / Le Flow – Centre Eurorégional des Cultures Urbaines / Théâtre Paul Eluard de Bezons – scène conventionnée d’intérêt national art et création – Danse (accueil résidence studio) / Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines – Fondation de France – La Villette 2021/ Département de la Seine Saint-Denis
 
Ces spectacles reçoivent l’aide de l’ONDA (Office National de Diffusion Artistique)