mardi 8 juin 2021

Le Festival de Caves prend l'air: Quand caresse le loup - Simon Vincent joue double jeu

 Alors que les restaurants vont à nouveau accueillir les clients en intérieur, le Festival de Caves pour sa quinzième édition prend l'air - le plein air, à la porte du garage même.

Après une année blanche pour cause de pandémie(souvenez-vous nous en étions resté en 2019 avec "La Baleine" comme dernier spectacle), pour le plaisir des spectateurs, le Festival essaime à nouveau ses pièces de proximité (tout en respectant les gestes barrière) dans le Jura, le Doubs, la Côte d'Or et la Haute-Saône mais également dans seize départements qui de mai à juin vont voir dans 95 localités et 189 soirées 21 projets porté par l'Association Européenne basée à Besançon et qui a trouvé un relais en Nouvelle Aquitaine avec le Collectif Mixeratum Ergo Sum à Bordeaux.

Et nouveauté, deux spectacles "pour les familles" (petits et grands): "Mes formules magiques" et "La Fugitive" que nous pourrons voir à Wangen le 11 juin et à Strasbourg (Bischheim) le 12 et 13 juin.


Festival de Caves - Quand caresse le loup - Simon Vincent - Photo: lfdd


"Quand caresse le loup" a inauguré le festival le 7 juin à Bischheim, y continue le 8 et sera visible à Wangen le 9 juin.

La pièce est une création, sur un texte de Simon Vincent (qui a également écrit le texte de "La Fugitive"), et il en est l'unique interprète. Mais ce n'est pas aussi simple que cela. C'est un spectacle qui réserve des surprises, qui nous mène par le bout du nez jusqu'en haut de la montagne en jouant sur une série d'ambiguïtés et de déséquilibres qui nous demandent de ne pas prendre pour argent comptant ce que nous croyons comprendre ou interpréter.


Festival de Caves - Quand caresse le loup - Simon Vincent - Photo: lfdd


L'interprète se joue de nous en jouant avec les sujets - et le sujet de la pièce qui sera le point final (un peu comme un uppercut que nous encaissons avec douceur). Car dans cette dureté, cette violence de la nature hostile et enneigée dans laquelle iI nous "promène" à plusieurs reprises, en de multiples va-et-vient, d'alternance de points de vues et de recommencements du récit et de la quête-ballade, il nous accueille aussi dans "son" refuge qu'il "construit", comme il construit le feu qui nous réchauffe.

Festival de Caves - Quand caresse le loup - Simon Vincent - Photo: lfdd


Parce qu'il y a du Jack London (avoué) là-dessous, et aussi du Lenz de Büchner (ignoré dit-il). L'univers est poétique, nature et brut, sensible et envoûtant. Oscillant entre angoisse, peur et danger mais aussi plaisir de la découverte, rêverie caressante, et symbiose avec les éléments.


Festival de Caves - Quand caresse le loup - Simon Vincent - Photo: lfdd


Le texte constamment bascule de la douceur à l'aigu, de la montagne à une salle de techno, d'un rêve à un fantasme, d'une chute dans l'eau glacée au cocon du refuge près du feu de bois. Il s'enroule et se déroule, rebifurque entre trajet et description, sensation et réflexion, réalité et rêve. Il essaie d' "enclore", de "circonscrire", d'encercler cette réalité fugace qui se fond dans le brouillard ou se cache de l'autre côté du col. Et la vallée connue se révèle étrange et étrangère, "sauvage", comme le loup.


Festival de Caves - Quand caresse le loup - Simon Vincent - Photo: lfdd


Le récit, basculant entre "je" et "il", entre le texte dit et le jeu chaleureux et balancé, nous apprend que l'on "croit que voir c'est reconnaitre, ... atteindre" mais qu'en fait il "défigure" et on comprend aussi que le "il" que l'on entend, n'est pas celui auquel on s'est attendu, mais exprime la possibilité d'un "il" autre finalement.


Festival de Caves - Quand caresse le loup - Simon Vincent - Photo: lfdd


Mais cette fin, heureuse, nous réconcilie avec la nature et ce rêve, brossé par petites touches, s'il faut qu'on en démêle les fils en essayant de les brosser dans le sens du poil, nous permet de vivre ce rêve, d'affleurer à une perception différente, à laquelle nous ne sommes pas habitués.


La Fleur du Dimanche

lundi 31 mai 2021

Mithridate au TNS: Sortir... de cette impasse à poison

 Sortir... tel pourrait être le slogan (ou la clé) du nouveau spectacle que nous offre le TNS, Mithridate de Racine mis en scène par Eric Vigner.

TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez


Oui, sortir à nouveau pour aller au spectacle, aller dans une salle qui était, encore jusqu'à hier occupée pour défendre le statut des intermittents, des précaires, des jeunes déboussolés, enfermés dans leurs chambres et leur solitude, leur désespoir quelquefois auquel la situation les accule.

Ne pas sortir, aussi pour garder un toit pour les précaires, comme le clamaient, le criait le porte-parole des "jeunes" en lutte, en cette fin de trêve hivernale, en prélude au lever de rideau, pour "ne pas faire silence", exprimer cette pensée qui veut vivre!

Sortir pour se revoir, se confronter avec les autres, et avec la culture qui nous offre ses moments de réflexions pour ne pas se laisser empoisonner par la banalité du quotidien ou la peur de la maladie.

Sortir pour renouer avec la communion de la culture, ferment de réflexion, graines (empoisonnées?),  à tout le moins poil-à-gratter de l'esprit) semées pour réveiller notre vitalité qui commençait à s'endormir.


TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez


Sortir pour assister à un drame historique de l'antiquité revisité dans la sublime langue de Racine sculptée en alexandrins limpides et riches de  sens.

Comme le dit Eric Vigner dans l'entretien accordé à Fanny Mentré dans le programme de la pièce:

"L'alexandrin classique est très riche, complexe et simple à la fois, un seul vers contient plusieurs informations de nature différentes, des paradoxes que l'on doit considérer. Il obéit à une construction rythmique avec laquelle on doit travailler. C'est un exercice exigeant pour les acteurs qui demande une grande mobilité de l'esprit, du corps et du sentiment pour ne pas tomber dans le piège de la prosodie."

Chez Racine, chaque mot compte et l'on n'est pas là pour bavarder. On peut à ce sujet regretter le traitement un peu trop rap et haché de la diction de Thomas Joly pour Xypharès, en espérant que c'est l'effet "première" et qu'il rythmera moins pour la suite les phrases polies comme des bijoux de Racine pour en transmettre aux spectateurs également le sens et pas que la poésie. Car ne dit-il pas lui-même que lorsqu'il a découvert ce texte il a été "frappé de la richesse du scénario, de la sophistication de la fable, de l'entremêlement des enjeux intimes et politiques... Et bien sûr ébahi par la langue, l'incroyable capacité de dire tant de choses profondes en si peu de mots simples."


TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez

Le sens, cette balise auquel il faut se raccrocher fort, tellemment cela tourne à l'image de l'écran-rideau, voile et girouette qui occupe le centre de la scène, l'essentiel du décor presque. Ce rideau de perle à la fois meuble qui ponctue et oriente l'espace, "coupe" à un moment d'un trait noir le corps de Pharnace (Jules Sagot), se déploie telle une voile de navire à l'image de la flotte de combat de Mythridate, moulin qui brasse les personnages et les événements, paroi de confessionnal ou mur de séparation entre les personnages, incluant ou excluant les protagonistes pour finir comme tombe qui ensevelit le mort.

Ce mort, Mithridate, déjà (faussement mort au début de la pièce) qui fait sa résurrection, qui toute sa vie a combattu la mort en ingurgitant des poisons (pour se mithridatiser), mais qui n'a pas su sauver ni son amour (filial ou pour sa "reine"), ni les relations de confiance avec ses proches (envenimées par ses folies et ses ambitions politiques et guerrières). Mais c'est cela aussi le moteur de la pièce et notre plaisir de la surprise et la source des multiples revirements:

"J'ai su par une longue et pénible industrie
Des plus mortels venins prévenir la furie.
Ah ! qu'il eût mieux valu, plus sage, et plus heureux,
Et repoussant les traits d'un amour dangereux,
Ne pas laisser remplir d'ardeurs empoisonnées
Un coeur déjà glacé par le froid des années ?
De ce trouble fatal par où dois-je sortir ? "

TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez



Quelle est l'issue? Quand on pense qu'on l'a trouvée, un nouveau revirement vient amener une nouvelle situation et un nouveau cap et une nouvelle surprise. Mais l'important dans cette pièce c'est effectivement de pouvoir se rendre compte de la responsabilité de ses actes et de ne pas "rater sa sortie", en l'occurrence de pouvoir être fier de ce qu'on laisse derrière soi en partant.

Pour Eric Vigner, une des raisons du choix de cette pièce était de travailler sur l'idée de transmission qu'elle contient en faisant travailler ensemble des comédiens qui abordaient Racine pour la première fois: "Que reste-t-il à l'heure de sa mort? Quel monde va-t-on transmettre? J'aime  cette distribution qui réunit quatre générations d'acteurs - cinquante ans de l'histoire du théâtre."

TNS - Mithridate - Jean Racine - Eric Vigner - Photo: Jean-Louis Fernandez



Et l'on ne peut que le féliciter pour cet éclectisme, entre un jeune comédien dans toute sa fraîcheur Yanis Skouta (Arcas - Romain Gneouchev en alternance) sorti récemment (en 2019) de l'école du TNS, Jules Sagot (Pharnace) de l'école du Théâtre National de Bordeaux en 2013, Thomas Jolly, comédien et metteur en scène, directeur de la Picolla Famiglia, et Philippe Morier-Genoux (Arbate, Phaedime), fondateur du Théâtre Partisan à Grenoble en 1967 et qui a travaillé de nombreuses années avec Georges Lavaudan et Roger Planchon et qui est aussi connu par la télévision et le cinéma et qui a une merveilleuses présence sur le plateau. Sans oublier la princesse Monime, Jutta Johanna Weiss qui entre Vienne, New York, Avignon (Andreï Serban), Paris et Moscou (Anatoli Vassiliev) qui éclabousse la scène, magnifique personnage qui joue de sa force et de sa droiture face à ce roi désorienté et ose exprimer sa vérité et sa passion brûlante - et sa distance aussi dans un jeu très incarné. Profitons-en pour citer la créatrice des costumes Anne-Cécile Hardouin, qui lui a réalisé une magnifique robe, entre qu'elle fait varier de la monacale enflammée ou suppliante (avec ses ailes d'ange) à la Carmen envoûtante dévoilant ses mollets. Le jeu du noir et du blanc pour les deux fils et du rouge pour Mithridate et Monime (avec des variations) jouent sur une riche sobriété. Le décor, avec le rideau de perles déjà cité et une "tour sans fin" brancusienne tiennent aussi du symbolique à la fois discret et puissant, tout comme le feu qui brûle l'obscurité du début, que les effets de lumières simples mais puissants de Kelig le Bars sculptent en ambiances hiératiques. A l'image de cette scénographie, la composition musicale et sonore de John Kaced renforcent la puissance émotionnelle de la pièce.


La Fleur du Dimanche


Stanislas Nordey, directeur du TNS a dédié, à la fin des saluts, cette représentation à Joëlle Abler, attachée à la production au TNS, qui venait de décéder. Toutes nos pensées à la famille, aux proches et à l'équipe  du TNS.


Mithridate

Au TNS le 31 mai, 1 et 2 juin 2021  18h00

le 4, 5, 6, 7 et 8 juin 2021 à 18h00


CRÉATION AU TNS

COPRODUCTION


Texte Jean Racine

Mise en scène et scénographie Éric Vigner

Avec Thomas Jolly Philippe Morier-Genoud, Stanislas Nordey, Jules Sagot, Yanis Skouta, Jutta Johanna Weiss

Lumière Kelig Le Bars

Son John Kaced

Costumes Anne-Céline Hardouin

Maquillage Anne Binois

Assistanat à la mise en scène Tünde Deak

Assistanat à la scénographie Robin Husband

Régie générale Bruno Bléger

Thomas Jolly est metteur en scène associé au TNS


samedi 22 mai 2021

Les Ateliers Ouverts.... et la suite...

 Comme chaque année, les ateliers d'artistes s'ouvrent au public et accueillent les curieux et les amateurs d'art. Cette année, faisons un petit tour au nord de Strasbourg, ou à défaut de l'atelier de Corinne Kleck (voir l'année dernière - en octobre - et l'année précédente, ainsi qu'en mai 2017) qui fonctionne autrement cette année*, vous pouvez toujours aller voir Sophie Bassot à Wilwisheim et Aymery Rolland à Gries où il accueille Erwin Heyn puis faire un tour au-delà de Haguenau Wimmenau avec Claude Braun et près de Wissembourg à Birlenbach avec Le Grenier Fertile avec Nicolas Houdin et Camille Schleret.

Puis allez à Preuschdorf pour voir le nouvel atelier de Miriam Schwamm qu'elle a inauguré fin 2020 et où elle accueille dans un premier temps Julie Gonce et Françoise Maillet pour continuer sur une animation autour de l'estampe le 26 mai avec Françoise Amet puis le duo Robert Becker - Dominique Haettel pour les Fleurs Fabuleuses (le livre d'artiste ainsi que les oeuvres originales) du 11 au 13 juin - avec le dimanche 12 à 16h00 la performance "Postures Florales Paréidoliques" de Geneviève Charras en dialogue avec les oeuvres:

Fleurs Fabuleuses - Robert Becker - Dominique Haettel - La grue du lac

Le week-end du 18 au 20 juin sera un "hommage aux pères" avec Michel Gonce, Jean Maillet et Bernd Schwamm.

Le exsositions continuent du 22 mai au 20 juin...

Et dans la rue, une oeuvre en écho de Nouméa avec 7 artistes de Nouvelle-Calédonie qui sont reliées par un "Fil Rouge" et plantées dans la rue:

Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - La Ligne Rouge - Photo: lfdd

Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - La Ligne Rouge - Photo: lfdd


Mais entrons dans la "case" et admirons les oeuvres des 3 artistes:

Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - Photo: lfdd


Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - Françoise Maillet - Photo: lfdd


Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - Françoise Maillet - Photo: lfdd


Puis dans la cave l'oeuvre commune l'Autre Forêt:

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Françoise Maillet - Miriam Schwamm - Photo: lfdd


Et profitons des animations de Françoise Maillet le dimanche avec le feutrage à l'eau et de Julie Gonce le samedi avec le soufflage de verre. 

Julie Gonce va successivement, après avoir chauffé son verre, y déposer des bandes de couleur, vriller le verre puis lui faire prendre la forme et garder l'axe pendant toute l'opération, tout en souflant pour redonner le volume et la forme puis découper le verre par la chaleur après l'avoir affiné et faire la finition avec le fond du gobelet.

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd



A suivre...

La Fleur du Dimanche



mercredi 19 mai 2021

Les expositions de mai à Strasbourg et alentour

On prend les mêmes et on recommence ou alors on change tout ! Et certaines n'ont pu être vues... 
En mars je vous annonçais des expositions, elles on fait long feu, mais il y en a qui reviennent...

Par exemple l'exposition à la Galerie la Pierre Large "Et vînt la lumière"(voir mars).

Pour le CEAAC, les expositions "Herbes Folles" avec Elise Alloin, Stefan Auf der Maur, Marie-Paule Bilger, Thomas Georg Blank & Işik Kaya, Mariann Blaser, Camille Brès, François Génot, Mathilde Caylou, Emmanuel Henninger, Anne Immelé et Melody Seiwert et, au CEAAC International, le travail de résidence de Clara Denidet "Raebouter" et d'Oana Paula Vainer "Smiling in slow motion" auront pu être vues par quelques "happy few" par périodes entrecoupées d'un grand trou. Je vous ai présenté une partie des "Herbes folles", j'ai eu la plaisir de pouvoir en voir la fin avant fermeture ainsi que l'exposition "internationale" et je vous en livre quelques aspects:
Nous avions stoppé en mars avec Mathilde Caylou et ses grosses boules de verre au dessus de nos têtes, nous continuons avec celles-ci vues du haut du 1er étage : "Là où j'ai attrapé l'air" (2020)

CEAAC - Les Herbes Folles - Mathilde Caylou - Photo: lfdd

De près, cela donne ceci:

CEAAC - Les Herbes Folles - Mathilde Caylou - Photo: lfdd

Et rappelons que les locaux du CEAAC sont hébergés dans une ancienne fabrique de verre...

Emmanuel Henninger, à la manière de David Hockney, mais au Rotring, dessine en 6 grandes feuilles un paysage en Allemagne d'une mine de lignite à ciel ouvert en lieu et place d'une forêt primaire en interrogeant à la fois le désastre écologique et le réchauffement climatique. Son trait est précis:

CEAAC - Les Herbes Folles - Emmanuel Henninger - Photo: lfdd


Et ses cahiers de croquis sur le vif sont visible dans une vitrine:

CEAAC - Les Herbes Folles - Emmanuel Henninger - Photo: lfdd



Elise Alloin, de son côté s'intérese aussi à l'énergie, plus précisement nucléaire, elle photographie par exemple une centrale nucléaire au nord de la Pologne, dont la construction a été abandonnée suite à la catastrophe de Tchernobil:

CEAAC - Les Herbes Folles - Elise Alloin - Photo: lfdd


Ou encore, sur les traces d'Anna Atkins, la première femme photographe qui faisait des cyanotypes de plantes, elle recense les plantes autour de la centrale de Fessenheim pour les impressionner sur de grandes bandes de tissus d'organdi qui sont accrochées dans la pièce intermédiaire de l'entrée.

CEAAC - Les Herbes Folles - Elise Alloin - Photo: lfdd

 
Autre traitement photographique de la nature, celui de Thomas Blanck et Isik Kaya et leurs photos nocturnes d'antennes camouflées:

CEAAC - Les Herbes Folles - Thomas Blanck et Isik Kaya - Photo: lfdd


L'artiste bâlois Stephan auf de Mauer propose avec sa série Apocalypse des monotypes représentant des épaves de voitures d'où poussent des champignons colorés et surréalistes.

CEAAC - Les Herbes Folles - Stefan auf de Mauer - Photo: lfdd


Pour clore, Anne Immelé avec Les Jardins du Riestal, nous invite à une rêverie en noir blanc dans un paradis qui semble perdu, en tout cas fugace et en même temps intemporel, les traces d'un jardin qu'on laissse vivre à son rythme. 

CEAAC - Les Herbes Folles - Anne Immelé - Photo: lfdd


Je ne vous ai pas mis d'image des oeuvres de Mélody Seiwert, son travail est tellement mystérieux et précis qu'il vaut mieux s'approcher de ses magnifiques photographies de fleurs qui vivent leur deuxième vie avec les micro-organismes et qui ressemblent à des galaxies ou des paysages imaginaires. Un univers secret...
 
Passons à l'espace International avec Oana Paula Vainer qui nous accueille avec BFF - best friends forever et ses drapeaux (Français, Allemand et Roumain) recomposés qui s'agitent et dansent comme deux personnages sur le seuil de la porte. Ou ses traces de baisers, traces de performances comme celle aussi de traverser de nombreuses fois la frontière pour expérimenter ce passage-transgression. 

CEAAC - Smiling in slow motion - Oana Vainer - BFF - best friends forever - Photo: lfdd


CEAAC - Smiling in slow motion - Oana Vainer - Photo: lfdd



Clara Denidet avec Reabouter interroge la blessure, le ravaudage, la réparation et le jeu des mots flottants dans des sens mystérieux. Elle plante des fleurs comme des clous et les traces-blessures qui se trament sur ses tapis sont plus éclatantes et pleines de vie que le matériau qui a vécu qu'ils pansent. Elle fait appel à des savoir et des faire qui semble chercher des recettes dans des âges oubliés.

CEAAC - Clara Denidet - Reabouter - Photo: lfdd

CEAAC - Clara Denidet - Reabouter - Photo: lfdd

CEAAC - Clara Denidet - Reabouter - Photo: lfdd

CEAAC - Clara Denidet - Reabouter - Photo: lfdd

CEAAC - Clara Denidet - Reabouter - Photo: lfdd



La vie reprend aussi dans les Galeries, par exemple:

La Galerie Brûlée reprend avec l'exposition TOPOGRAPHIE autour des oeuvres de Marianne Hopf et Wolfgang Sinwel et en invité Carlos Morago.
Exposition du 19 mai au 27 juin 2021

Galerie Brûlée - Wolfgang Sinwel - Lebenszeichen 2


Les Musées de Strasbourg ne sont pas en reste et rouvrent aussi leurs portes ce 19 mai. De plus l'entrée en est gratuite jusqu'au 31 juin.
Alors n'hésitez pas et précipitez-vous déjà à l'exposition qui célèbre le bi-centenaire du passage du jeune Goethe à Strasbourg et qui ne dure plus que jusqu'au 31 mai (le confinement en a empêché l'accès et l'organisation de nombreuses animations qui auraient dû l'accompagner). C'est à la Galerie Heitz au Palais des Rohan: Goethe à Strasbourg, l’éveil d’un génie (1770-1771)



A suivre...

La Fleur du Dimanche

dimanche 16 mai 2021

Soi est insituable ! Et le Dasein c'est aussi le rester...ou ne pas le rester, ou ne l'avoir jamais été...

Le moi, le soi, être ou renaître, l'intime ou les autres... Vastes questions... 

Bon, on ne va pas en faire le tour, juste poser deux points... et peut-être un troisième si l'on se réfère à notre fleur du jour, le pissenlit*, taraxatum ou dendelion... Les pointilleux ou les pointillistes auraient rajouté Tampopo.

 

Pissenlits - Photo: lfdd


Premier Point: L'écriture du moi 


Donc, pour l'écriture du moi, il y a bien sûr le journal et l'autofiction, mais aussi en élargissant, la littérature  des "origines", c'est-à-dire les récits de la "construction," les retours sur la passé, la famille, les ancêtres même.

Je n'en parlerai pas, le sujet est vaste et il revient régulièrement dans mon blog.

Pissenlits - Photo: lfdd


Deuxième point: la connaissance de soi


Le point qui m'intéresse - et qui vous intéresse sûrement aussi c'est bien "Soi", comment se trouver (bien, mal, perdu, à changer,...), trouver sa vraie identité*, se découvrir, s'accepter, s'améliorer, s'affirmer, se "reconnaitre"....

C'est un vaste sujet et en faisant une petite recherche sur le thème "Quête de soi" Babalio m'a proposé 2.900 livres!

En fait j'ai ma petite idée là-dessus et je suis tombé sur un article de Roger-Pol Droit (dans le Monde du 13 mai 2021) qui parle d'un livre de Laurent-Paul Sutter qui vient de sortir et qui devrait mettre un point final à cette recherche et qui s'intitule "Pour en finir avec soi-même".

Il y dit:



Et conclut:


Le soi est glissant.... Difficile de l'attraper, surtout qu'il change tout le temps...

Ce qui nous amène au troisième point...


Pissenlit - Photo: lfdd


Troisième point: Etre, tout simplement...


Difficile, mais philosophiquement, ce qui est posé, c'est cette question bien sûr de ce qui bouge tout le temps, et justement, en tournant le page***, on arrive à Martin Heidegger dont la traduction en Français du troisième tome de ses "Cahiers Noirs" : "Réflexions XII-XV. (Cahiers Noirs 1939-1943) viennent de paraître. 


Et son concept fondamental de Dasein dont il parle dans son livre marquant "Etre et Temps":

Dasein désigne la manière tout à fait singulière pour l'"être humain", d'être. Toutes les définitions traditionnelles de l'homme, comme animal rationnel, corps-et-âme, sujet-conscience etc.. deviennent secondaires à partir de ce trait premier, le rapport à l'être. Son mode d'être spécifique c'est l'"existence", selon sa célèbre formule: "l'essence du Dasein tient dans son existence."

Et il conçoit l'homme comme temporalité, comme pur possible; qui a toujours la capacité de devenir autre qu'il est, une créature nouvelle. Son Dasein (l'avoir à-être) dure, sa vie s'étend entre naissance et mort. Selon la description qu'en donne Christian Dubois (dans Heidegger: Introduction à une lecture) "être soi-même, c'est aussi le rester... ou ne pas le rester, ou ne l'avoir jamais été, et ceci entre la naissance et la mort, et tout cela engagé dans le tissu mobile d'une existence avec ses drames, ses péripéties, occasions ratées, rencontres imprévues, qui composent toute une mobilité que l'on appelle l'existence."

Et je vous offre un extrait de ses Carnets Noirs daté de 1941 et curieusement visionnnaire:


Allez, ne vous énervez pas, et laissez-vous aller, un bon petit coup de guitare et tout va aller mieux:


Le Brio (Branchez la guitare) - Big Soul


Helmut Fritz - Ca m'énerve (Clip officiel)


LES WAMPAS "MANU CHAO" (avec Patrick JUVET)


Bon, si je vous ai trop énervé, on va se calmer avec Dom La Lena: Oiseausauvage


 


Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche

* P.S. 

Pour les fanas de pissenlit, je vous renvoie au billet du 18 mai 2014 "Pissenlit Chapeau Pointu - On est foutu - Turlututu" pour en découvrir quelques variations supplémentaires

P.P.S. 

Pour les fanas du questionnement sur le moi et l'identité, je renvoie au sujet tel que l'a présenté Michel Serre dans le billet du 9 juin 2019: "Plus je lis, plus, je lis, plus je vois, plus je vois, plus je vis...."

et qui commence ainsi:

"Je connais pas mal de Michel Serres: j’appartiens à ce groupe, comme à celui des gens qui sont nés en Lot-et-Garonne. Bref, sur ma carte d’identité, rien ne dit mon identité, mais plusieurs appartenances. "...

 

P.P.P.S.

Pour les fanas de publicité bien faite - et ceux qui adorent tourner les pages, je voulais juste vous pointer une publicité vue dans la Monde du 7 mai 2021 (elle a peut-être été placée ailleurs aussi), dont le titre était:

"Tournez vite cette page":