samedi 23 février 2019

Art Karlsruhe 2019: les grands espaces de l'Art Moderne, Contemporain... et à la Mode ...

Le salon Art Karlsruhe se visite en au minimum une bonne journée, d'aucuns y reviennent deux, trois ou quatre fois de suite pour plus de sécurité ou pour approfondir quelques aspects.

Si vous n'y étiez pas encore, armez-vous d'une bonne énergie pour voir, de 11 heures à 19 heures les 208 (deux cent huit) galeries de seize pays sur quatre halls ainsi que les espaces de sculptures et les hommages et cartes blanches.

Ne pas oublier les stands des institutions, Musées - dont le Musées d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, Unterlinden, les Musées de Bâle et d'Allemagne, dont certains fêtent leurs dix, vingt ou 120 ans.
La Kunsthalle de Schweinfurt, qui fête ses dix ans a utilisé le "Stempel" Banane de Baumgärtel comme preuve de leur Qualité et ils l'affichent sur leur sac de promotion.


Art Karlsruhe 2019 - Baumgeartel - Kunsthalle Schweinfurt
   

Thomas Baumgärtel dont on peut trouver pour 450 euros une "Banane Lion" - à vous de la trouver:


Art Karlsruhe 2019 - Baumgaertel  - Lion Banane - Photo: lfdd



Côté représentation alsacienne, dans le Hall 3, WitheoutArt Galery y expose pour la première fois avec entre autres, André Kneib, Naohiro Ninomiya et ses photographies des statues de la cathédrale sur blocs de grès, les aquarelles de Philippe Lepeut et les iris de Patrick Neu, ainsi  que les calligraphies de Chen Dan Quing et des oeuvres de Hans Hartung et Henri Michaud.

Pascale Froessel, une fidèle depuis des années présente Bernard Buffet, Jean Remlinger, Marie Jacques Massol, Klaus Stöber et Bertrand Thomassin.

De son côté, presque à l'entrée du Hall 1, Rémi Bucciali présente en association avec Artvista, des gravures et des travaux photographiques de R.E. Waydelich, Tomi Ungerer, et bien d'autres à découvrir...

Raymond E. Waydelich de son côté est sur plusieurs galeries, dont la Galerie Zais qui présente quelques oeuvres historiques des années 1970... à côté de Rolf Altena, Michel Cornu, Marc Felten, Max P. Häring, Klaus Joas, Norbert Klaus (One-Artist-Show), Tetsuya Kuzuhara, Werner Lehmann (One-Artist-Show), , Hannelore Weitbrecht, Lambert Maria Wintersberger, Sigi Zaiß.

Anne-Sophie Tschiegg est également représentée par deux galeries allemandes, dont Valentien de Stuttgart, aux côtés de Max Ernst, Martina Geist, Anna Ingerfurth, Michelin Kober, Amely Spötzl, Reinhard Voss, Xuan Wang.

Xuang Wang dont le travail est à voir de près:

Art Karlsruhe 2019 - Galerie Valentien - Xang Wang - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 - Galerie Valentien - Xang Wang - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 - Galerie Valentien - Xang Wang - Photo: lfdd

On trouve de tout sur cette foire, des artistes "historiques" du début du XXème siècle (de superbes aquarelles de paysages au soleil couchants d'Emil Nolde ou de fleurs), les membres du Mouvement "Die Brücke" dont l'exposition chez Frieder Burda à Baden-Baden continue jusqu'au 24 mars (voir mon billet du 9 janvier 2019) - Remarque: Attention pour Bansky, "Love in the Bin" - même billet - ce n'est plus que jusqu'au 3 mars), les comtepmorains, quelques oeuvres de Gerhard Richter, de Horst Antes, de Jörg Immendorf, de Georg Baselitz,  et même une grande oeuvre d'Anselm Kieffer, excusez du peu...

Art Karlsruhe 2019 - Galerie St Gertrude - Anselm Kieffer - Europe 1994-2010 - Photo: lfdd

Parmi les "Mondernes", Horst Janssen n'est pas le seul à peindre des fleurs, même s'il y a beaucoup de ses oeuvres dans diverses galeries de la Foire. Un autre artiste a semé ses fleurs dans les allées, il s'agit de Klaus Fussmann, dont voici les coquelicots visibles à la galerie Draheim:


Art Karlsruhe 2019 - Galerie Draheim - Klaus Fussmann -Mohn - Photo: lfdd


Art Karlsruhe 2019 - Galerie Draheim - Klaus Fussmann - Gelbe und Rote Blume - Photo: lfdd

D'autres découvertes, parmi lesquelles Alice Sommer, Werner Scholtz ou des dessins et des collages de Hannah Hoch, une des fondatrices du Mouvement Dada:

Art Karlsruhe 2019 - Alice Sommer - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 -  Werner Scholz - Die beiden Freundinnen - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 -  Hannah Hoch - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 -  Hannah Hoch - Mini Collage - 4 cm x 5.5 cm - Photo: lfdd


Un espace que vous ne devez pas rater est l'exposition consacrée à la collection d'Art Concret européen de la Collection Rosemarie et  Peter C. Ruppert qui proposent un extrait de leur Fondation "Kulturspeicher" à Würzburg. Les oeuvres ont de l'espace et c'est un très intéressant panorama de cette collection qui compte 430 oeuvres de 262 artistes depuis la fin de la 2ème guerre mondiale qui est visible.

Pour rappel, une oeuvre d'Art Concret se veut une oeuvre qui ne représente rien que l'on voit dans la réalité. Cependant, pour l'oeuvre de Gerold Miller, vous remarquerez que l'oeuvre n'est pas "finie" et inclut son environnement... Une idée à creuser avant la fin du week-end : 


Art Karlsruhe 2019 -  Rosemarie et  Peter C. Ruppert - Gerold Miller - Instant Vision -  Photo: lfdd


Art Karlsruhe 2019 -  Rosemarie et  Peter C. Ruppert - Wolfgang Ludwig - Kinematische Scheibe -  Photo: lfdd

Quelques autres "vues" de cet espace:


Art Karlsruhe 2019 -  Rosemarie et  Peter C. Ruppert - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 -  Rosemarie et  Peter C. Ruppert - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 -  Rosemarie et  Peter C. Ruppert - Photo: lfdd


Art Karlsruhe 2019 -  Rosemarie et  Peter C. Ruppert - Photo: lfdd


Bon il faut bien avouer que la Foire de Karlsruhe héberge aussi pas mal de ce qu'un journalistes français a qualifié de "Mickey", si l'on peut nommer ainsi tous ceux que la revue allemande "Art Profil" appelle modestement l
es "enfants" du Pop Art. Restons sérieux, ce n'est pas en intégrant le style d'artistes reconnus - ou le design de boites de conserves, que l'on fait avancer l'Art Contemporain.
On ne peut que souhaiter que ceux qui arrivent à l'Art par c biais puissent continuer de progresser et le feront, et le feront. Et nous pourrons alors remercier les "Mickey pour cela...

Donc, nous vous offrons des tulipes sous le clone d'une oeuvre de Julian Opie par Ulrike Langen - Falling in Love pour vous donner envie de découvrir le premier...


Art Karlsruhe 2019 - Ulrike Langen - Falling in Love - Photo: lfdd

Allez, encore quelques "chefs-d'oeuvre" de Pop Art, même "cinétique":

Art Karlsruhe 2019 - ArtBox - Devin Miles - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 - ArtBox - Devin Miles - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2019 - ArtBox - David Badia Ferrer - Photo: lfdd

Et à la Galerie Gaulin, les Haffner:


Art Karlsruhe 2019 - Galerie Gaulin - Haffner - Photo: lfdd


A suivre...

La Fleur du Dimanche


dimanche 17 février 2019

Je pars à l'entracte... et n'aurai pas vu ...

Il est des lettres que l'on n'écrit pas, que l'on devrait écrire...

A l'occasion d'un anniversaire, ou non, écrire ce que l'on n'a pas dit, osé dire, ou écrire...

Et à un certain moment, il est trop tard, mais peut-être faut-il le dire quand même, même si la fleur n'est qu'en bouton et que l'on ne la verra pas fleurir:


Camelia en bouton - Photo: lfdd

Nicolas d'Estienne d'Orves a écrit cette lettre "Je pars à l'entracte" longtemps après le suicide de son ami Nicolas...:





Erri de Luca, lui, a écrit, de nombreuses année après son premier livre "Pas ici, pas maintenant" (Non ora, non qui) qui au départ s'appelait en français "Une fois, un jour", "Le tour de l'oie" dont je vous offre un "extrait":


Extrait - Erri de Luca - Le tour de l'oie

Son premier livre commence ainsi:
"Tant que la lumière fut dans ses yeux, mon père fit des photographies. Toute une étagère se remplit de nos images prises dans des circonstances particulières ou banales. La récolte dura dix ans, pas plus: des premières années de bien-être jusqu'à celles de la perte de sa vue. Ainsi reste illustrée jusqu'au détail une époque, peut-être la seule que j'ai réussi à oublier. Les albums, les archives ne soutiennent pas ma mémoire, mais s'y substituent."
   

Peut-être ceci explique cela, peut-être ne faut-il pas faire de photographie pour se "souvenir des belles choses", peut-être faut-il écrire pour les retrouver...

Et vous? Que feriez-vous? Quelle lettre écririez-vous que vous n'avez jamais écrite? Quels souvenirs essayeriez-vous de raviver, de retrouver, de vouloir reconstruire?

Comme Hugues Jallon, qui dans "Hélène ou le soulèvement" raconte l'histoire d'Hélène, qui, étant prise, un soir, en photographie par un inconnu, va le suivre.... le rejoindre en laissant tout derrière elle... en voici un "extrait":   


Extrait - Hugues Jallon - Hélène ou le soulèvement" 

Une lettre que je n'écrirai pas est celle à Bruno Ganz, dont je me souviendrai toujours de ses premières apparitions dans les films de Wim Wenders "L'ami américain" ou le film de Reinhard Hauff "Le Couteau dans la tête" (Messer im Kopf) et plein d'autres...
Et surtout  - et pourquoi? - du film "Dans la ville blanche" et puis de son rôle dans le film de Silvio Soldini "Pain, Tulipes et Comédie" (Pane et tulipani) - allez savoir pourquoi... 
Parce que cela se passe à Venise? Parce c'est l'histoire d'une femme qui se libère ? Parce qu'il y a des fleurs ? Parce qu'il y a de l'amour, de la tendresse de l'humour?

A vous de voir par vous-même, je vous en mets quelques extraits:

Pour commencer, la rencontre :

r

Puis le bouquet de fleurs:





Et puis les Tulipes:

 


Une "découverte" :



Le bouquet de tulipes et la musique:






Bruno Ganz croisé dans l'entrée de la Fondation Beyeler et en face de qui je ne savais pas quoi dire, ce géant discret, revu un soir de décembre à la Télévision suisse dans son film "Heidi" dans des drôles de circonstances....

Allez, une petite filmographie pour mémoire:

1976 Lumière de Jeanne Moreau: Heinrich Grün
1976 La Marquise d'O... de Éric Rohmer: le comte russe
1977 L'Ami américain (Der Amerikanische Freund) de Wim Wenders: Jonathan Zimmermann
1978 La Femme gauchère (Die linkshändige Frau) de Peter Handke: Bruno
1978 Le Couteau dans la tête (Messer im Kopf) de Reinhard Hauff: Hoffmann
1978 L'Échiquier de la passion (Schwarz und weiß wie Tage und Nächte) de Wolfgang Petersen: Thomas Rosemund
1979 Nosferatu, fantôme de la nuit (Nosferatu: Phantom der Nacht ) de Werner Herzog: Jonathan Harker
1979 Retour à la bien-aimée de Jean-François Adam: Dr. Stephan Kern
1980 Une femme italienne (Oggetti smarriti) de Giuseppe Bertolucci: Werner
1981 La Provinciale de Claude Goretta: Remy
1981 Le Vietnam nous appartient (Etwas wird sichtbar ) de Harun Farocki
1981 La Dame aux camélias (La storia vera della signora delle camelie) de Mauro Bolognini: Perregaux
1981 Le Faussaire (Die Fälschung) de Volker Schlöndorff: Georg Laschen
1981 Haut les mains de Jerzy Skolimowski (prologue ajouté à ce film de 1967)
1982 Polenta de Maya Simon: Jules, le narrateur
1982 Krieg und Frieden de Stefan Aust, Axel Engstfeld, Alexander Kluge et Volker Schlöndorff (documentaire)
1983 Dans la ville blanche d'Alain Tanner: Paul
1987 Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) de Wim Wenders: Damiel
1993 Si loin, si proche ! (In weiter Ferne, so nah!) de Wim Wenders: Daniel

2000 Pain, Tulipes et Comédie de Silvio Soldini: Fernando Girasole

2011 Sport de filles de Patricia Mazuy: Franz Mann
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2012/02/le-cine-du-lundi-sport-de-filles-bruno.html

2004 La Chute (Der Untergang) de Oliver Hirschbiegel: Adolf Hitler

2015 Amnesia de Barbet Schroeder: Bruno, le grand-père de Jo
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2015/08/cinema-le-tierce-de-la-memoire-floride.html

2015 Heidi de Alain Gsponer: Grand-père
2016 Remember d'Atom Egoyan: Rudy Kurlander
2018 The House that Jack Built de Lars von Trier: Verge
2019 Radegund de Terrence Malick: Juge Lueben

Et puis pour finir, allons verser une larme avec Lou (Casanova et pas Castel)

 


Et un bonus, Perlipinpin:




Bon Dimanche
A bientôt

La Fleur du Dimanche
Oups, j'ai failli mettre mon "vrai nom" !

dimanche 10 février 2019

L'hiver ne sera jamais ce qu'il a été... Hommage à Tomi Ungerer

L'hiver ne veut pas finir...

Même les feuilles de  jonquilles font croire qu'elles fleurissent:


Jonquilles - Photo: lfdd

Alors qu'elles ne sont qu'en bouton:


Jonquilles - Photo: lfdd

Mais les perce-neige ont fait leur chemin


Perce-neige - Photo: lfdd

Les nivéoles sont belles:


Nivéoles - Photo: lfdd

Et les Roses de Noël le sont encore.


Hellébores - Photo: lfdd


Et les contes de Noël pour petits et grands se terminent un jour.

Un sacré "Botaniste" nous a quitté, alors, en images et en citations (TVA), rendons hommage à Tomi Ungerer qui est parti...




Quelques mots de l'humour acerbe du grand artiste qui disait:
"Je fais des livres d'enfant pour qu'ils se révoltent contre leurs parents ... par l'imagination".

"On ne sera jamais ce que l'on est et l'hiver ne sera jamais ce qu'il a été."

"Le passé décomposé fertilise le futur."

"Le vice innocent est le comble de la vertu."

"Entre le néant et le vide, je choisis le vide où il y a de quoi remplir.
Il faut prendre des risques pour jouir du péril.
Au secours, j'ai encore dit des conneries !"

"Il n'y a pas d'antidote au préjugé, à la haine, à l'injustice, sinon la prise de conscience personnelle qui nous dicte nos devoirs."

"Je n'ai aucune chance de retomber en enfance, puisque j'y suis resté."

"La patience est souvent une forme de paresse."

"D'abord, on n'existe pas toujours, mais seulement tous les jours de notre existence. Et après? On risque d'aller exister ailleurs... Pendant le sommeil, on existe moins. C'est pourquoi le fainéant existe peu.
Exister, cela consiste à être conscient de sa présence sur terre et à agir en conséquence. Cela nécessite d'avoir les yeux grands ouverts!"


Voilà, Tomi est allé exister ailleurs... dans notre imagination...

Il est parti, comme Jean de la Lune:





Et petite surprise finale, connsaissiez-vous l'Abécédaire de Tomi Ungerer sur un texte de Boris Vian, chantés par Debout sur le Zinc:




Et la version "scène":

 



Et pour finir, "Un long Silence, après toi...."

Merci Debout sur le Zinc avec l'Arbre:

Je suis là planté au milieu du désert
Les pieds comme attachés
Les bras qui fendent l'air
Dois-je avouer ce que je cache
Je suis L'arbre planté au milieu du désert
Le regard embué
Et la rage sanguinaire
Après moi il n'a que du sable
Et ce long silence
Long silence après toi
Ecoute mon serment
Ecoute ma prière
Je suis si creux dedans
Et j'ai tant de colère
Je ne sais plus d'où je viens
Je cherche mon coeur
Je cherche ma faiblesse
Mon écorce est un leurre
J'ai la gorge si sèche
Je suis comme nu sous la mitraille
C'est un long silence
Long silence après toi
Comme un long silence
Long silence malgré moi
Quel est ce combat
Où commence la guerre
D'où me vient l'intuition que la lutte ne sert
Qu'à livré une autre bataille
Je suis là planté au milieu du désert
Les pieds comme attachés
Les bras qui fendent l'air
Dois-je avouer ce que je cache
Je suis un long silence
Long silence malgré moi
Comme un long silence
Long silence
Long silence après toi

 



Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche 

dimanche 3 février 2019

Il n'y a pas de hasard et la fleur continue son chemin

Le 3 juin 2018 dans mon billet "La Forme et le Fond: Figure, Love et des briques" à l'occasion de la sortie de son livre "Ivre de Vertiges - Journal 2017" je citais la phrase: "Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous" dont lui et ses amis discutaient, et je creusais le sujet.
Et vous, qu'en pensez-vous de cette phrase?

En attendant, la première fleur pour mettre un peu de bleu et de couleur sur ces pages... On m'a reproché de ne poster que des  Lycophytes qui ressuscitent faussement!


Fleurs roses - lfdd


Pour ma part, le hasard et le rendez-vous symbolise bien cette fleur. Mais c'est aussi une question d'attention. Je l'avais trouvée au bord d'un chemin cet été en Crète, et elle m'avait surpris par sa ressemblance avec les géraniums sauvages, alors qu'elle poussait sur un buisson plein de piquants.
Vous ne le croirez pas, mais tout au long de la journées, à Héraklion, j'en ai croisé par dizaines ces buissons fleuris de rose....

Et également cet arbre, dont les fruits (?) sont étonnants.
Quelqu'un le connait-il ?


Arbre fleurs violettes - Photo: lfdd

Arbre fleurs violettes - Photo: lfdd

Pour en revenir au hasard et aux rendez-vous, la page dont je parle en introduction, et qui à priori n'est pas d'actualité se retrouve parmi les plus lues ces derniers jours, entre les derniers spectacles: "Le Lac des Cygnes", "I am Europe", "20mSv", The Falling Stardust", "Winterreise", et "Thyeste", ainsi que les expositions à Baden-Baden ou les deux derniers billets".

Et donc en m'y replongeant j'ai découvert, entre autres ce que je vous ai raconté en introduction.
Et le hasard est apparu énorme. Bien que je ne soupçonne pas Albert lire plus de 80 fois ce billet, et que je sais qu'Alain ne regarde pas mon blog, il se trouve que j'ai rendez-vous cette semaine avec ces deux amis d'enfance que je ne vois pas très souvent - Cela fait très longtemps que je n'avais pas vu Alain et l'ai rencontré dans la rue il y a quinze jours, ce qui a conduit à ce rendez-vous, bien avant que je me rendez compte de la curiosité dont je vous parle.

Alors, de votre côté, avez-vous une explication?
Les chemins de la toile sont impénétrables.
Un autre exemple est le résultat récent qui m'a amené au moins un lecteur ou une lectrice avec la recherche "aurelia poirier nue". Où va se nicher l'algorithme?
Un autre hasard sympathique de ce billet ressurgi de juin 2018 est un lien vers le billet du 28 février qui parlait de Todorov (confrère de Gérard Genette) et illustré par des éranthes, alors que les premières perce-neige sont apparues...

N'ayant pas de photographie de perce-neige à vous mettre sous la dent, je vous rajoute un bon morceau de ciel bleu:


Figuier datier - Photo: lfdd

En guise de TVA, je cite Albert citant un texte de Nicolas Dieterlé dont les magnifiques dessins sont quelquefois exposés (entre autres) à la Galerie Frédéric Moisan, rue Mazarine à Paris:

"la poésie ne consiste pas à louer les pâquerettes, comme on le croit communément Telle un brise-glace, elle tranche dans la banquise épaisse de la réalité prosaïque (celle que fabriquent sans cesse nos regards étroits, routiniers) pour créer une débâcle favorable à l'apparition d'une eau limpide, féérique, celle de la beauté que rien ne limite et qui embrase tout"

Et pour finir en chanson, Melocoton de Colette Magny, chanson qui apparait dans le film "L'Ordre des Médecins" avec une magnifique Marthe Keller...

 


Et en complément, I.C.U de Lou Douillon





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche



dimanche 20 janvier 2019

Ecouter Jankélévitch à la limite du dicible

En ce dimanche de janvier sans vraie fleur à poster, l'hiver n'est pas encore fini, le temps du renouveau non advenu. Les fleurs sommeillent au profond de la terre, sauf chez les fleuristes et quelques ellebores noirs. Nous attendons la couleur du printemps.

Le blanc s'est couché sur les toits, et, souvenir amical, derrière quelques bibelots, une "rose de Jéricho" sommeille...

C'est le moment de la raviver pour célébrer l'amitié d'un bout à l'autre de la France.

Voici le réveil en images de la Selaginella lepidophylla, cette plante du désert de Chihuahua, à la frontière entre le sud des États-Unis et le Nord du Mexique. Elle se moque des murs et ne vient pas de Jéricho même si on l'appelle par erreur en la confondant avec une autre plante "Rose de Jéricho" (Anastatica hierochuntica).


Selaginella lepidophylla - Photo: lfdd

Selaginella lepidophylla - Photo: lfdd

Selaginella lepidophylla - Photo: lfdd

Selaginella lepidophylla - Photo: lfdd

Selaginella lepidophylla - Photo: lfdd

Selaginella lepidophylla - Photo: lfdd

Selaginella lepidophylla - Photo: lfdd


Pour le TVA associé, un gros plan sur le philosophe du "presque-rien" Vladimir Jankélévitch, dont un "pavé" de 1174 pages et regroupant sept livres et intitulé "Philosophie morale" vient de paraître chez Flammarion. L'occasion de creuser un peu sa pensées, ses écrits et ses paroles - parce qu'il faut aussi l'entendre, en direct, et voir que, selon lui  "la philosophie ne sert à rien"....

En extraits, pris dans la supplément du Monde des Livres du 18 janvier, à côté d'un article de Roger-Pol Droit sur son livre et d'un entretien de Jean Birnbaum avec Laure Barillas qui vient de soutenir une thèse sur le philosophe, et qui dit, entre autres:
"Chez lui (Jankélévitch), l'écriture ne retombe pas, elle refuse le style lourd, sentencieux, ce mouvement perpétuel de la phrase est lié à son mode d'enseignement, si bien que sa voix s'entend dans le rythme de l'oeuvre."
... "Le mouvement de sa morale est celui d'une indignation et d'une résistance à ce qui atteint la dignité de l'autre. C'est donc une pensée qui invite sans cesse à l'inquiétude."


Extrait -Jankélévitch - L'imprescriptible

Extrait -Jankélévitch - Le pur et l'impur

Vous avez un exemple frappant de ce "style" particulier dans ce cours à la Sorbonne sur "L'immédiat"




Je ne vous oblige pas à écouter la totalité de l'heure, mais le rythme y est donné dès le départ, comme son humour l'est, pour cet élève de Bergson, lors d'un hommage à ce philosophe, également à la Sorbonne:




Vous apprécierez sa désinvolture et son humour dans l'émission de Bernard Pivot à la télévision en 1980 quand Bernard Pivot lui demande "A quoi servent les philosophes" :




La désinvolture qui est un peu le fondement de sa philosophie, entre le "Presque-rien" et le "Je ne sais quoi" dont il parle de manière moins désinvolte comme à la télévision à la radio, à l'occasion de la sortie de son livre dont le titre lie les deux concepts :




En contrepoint, une question de Michel Serres à Vladimir Jankélévitch - question plus longue que la réponse...



En résumé: "Le presque rien c'est la philosophie elle-même, ... il s'en faut de rien pour qu'elle ne soit plus rien du tout. .... Ce presque rien est tout ! "    

Pour clore en chanson, un poème d'Aragon "Maintenant que la jeunesse" chanté par Hélène Martin:




"Maintenant que la jeunesse
S'éteint au carreau bleui
Maintenant que la jeunesse
Machinale m'a trahi
Maintenant que la jeunesse
Tu t'en souviens souviens-t-en
Maintenant que la jeunesse
Chante à d'autres le printemps
Maintenant que la jeunesse
Détourne ses yeux lilas
...,"

Une autre chanson, poème de Louis Aragon, chanté par Hélène Martin "Le feu", au gala de la Chanson Française en 1967






Et un de ses "tubes" "Je t'aime par les chemins noirs"





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

jeudi 17 janvier 2019

Winterreise de Hans Zender avec l'OPS au Maillon: Un voyage à rebours, un aller sans retour

Le cycle des Lieder de Schubert Winterreise, contait en son temps l'errance du vagabond, version pré-romantique. 
De nos jours, les vagabonds traversent de multiples frontières... et ce n'est pas forcément romantique
Kornel Mondruczo nous en donne une version très actuelle à partir de la version orchestrale de 1993 de Hans Zender revisitée.
Nous n'avons pas oublié le sujet du "voyageur", de l'étranger, qui sera le fil conducteur de cette soirée, mais dans une approche très humaine et de proximité sensible:
"Fremd bin ich eingezogen,
Fremd zieh’ ich wieder aus.

Étranger je suis venu,
Étranger je repars."

Winterreise - János Szemenyei - Kornél Mundruczo - Photo: Bálint Hrotko


Nous nous attendons à voir surgir sur l'écran en fond de scène, derrière la petite troupe des musiciens de l'Orchestre Philarmonique de Strasbourg*, le "Voyageur" de Caspar David-Friedrich, mais le canapé déplumé, en lambeaux posé dans un blanc de neige immaculée, avec, d'un côté une cuvette de WC et une bassine en métal et de l'autre un chariot de supermarché renversé nous laissent augurer d'une toute autre histoire.
Cependant la poésie sera au rendez-vous quand doucement, la musique nous appelle avec quelques frottements, genre pas dans la neige et une mélodie qui se construit et prend de l'ampleur, doucement , en se répétant, et quand les uns après les autres, les instruments entrent dans le jeu et que surgit le jeune vagabond qui commence à s'installer au sens propre dans son espace en s'emparant de la mélodie et chantant ce monument du Lied allemand dans sa claire voix bien marquée de son accent franchement des pays de l'Est.
Sur l'écran la vidéo de Kornél Mundruczo éclaire le texte du poème de Wilhelm Müller d'un sens nouveau. Une fois que l'on a passé la barrière fermée qui s'ouvre, nous errons dans des rues désertes d'un quartier pauvre, pas âme qui vive, mais "l'ombre de la Lune - Mondenschatten" s'incarne en un chat, qui devient proie et gibier, avec quelques "chiens errants":

"Und auf den weißen Matten
Such ich des Wildes Tritt.

Quand, à travers les prairies toutes blanches,
Je vais suivant les traces du gibier."  


Winterreise - János Szemenyei - Kornél Mundruczo - Photo: Bálint Hrotko


Ce voyage d'hiver, comme on pourra le constater, va prendre quelques libertés autant par l'interprétation du chanteur, qui ne chantera pas en Hochdeutsch, mais avec la richesse de son accent hongrois, que par l'interprétation de l'orchestre qui intègre une guitare, une harpe, un accordéon et dont les interprètes vont oser quelques pointes d'humour.
Mais le voyage se continue, avec les 24 stations, qui vont passer des étapes de la journée, le lever, le petit déjeuner, un peu de sport, le repas et qui seront l'occasion de se familiariser avec des individus que nous allons côtoyer grâce aux images projetées en fond pour se rapprocher de leur intimité, au point d'en devenir presque (amis) intimes. Et l'hiver se continue, de prairie en girouette, d'arbre (tilleul - Lindenbaum) en fleuve (Auf dem Flusse) et en débâcle, de givre en vent. Sans poteau indicateur, le voyage se poursuit, de chemin en vilage et en cimetière, avec comme compagnon les corbeaux (die Krähe), les feux follet (Irrlicht) et les soleils triples (Die Nebensonnen), mais toujours dans le froid glaçant, le blanc de l'hiver et la solitude. Et le désespoir de la mort pour finir (Der Leiermann), à moins que, à force de souffrance et d'errance sur les routes, on décide de se révolter et de se défendre. 
Et donc de chanter au son de la vielle la tragique histoire du déracinement et de témoigner de cette dure réalité du "purgatoire des migrants" comme le dit Kornél Mundruczo. Et de rajouter: "Pour moi, Winterreise représente parfaitement ce que c'est d'âtre sur la route, d'être constamment en mouvement, d'attendre on ne sait quoi..." 


Winterreise - János Szemenyei - Kornél Mundruczo - Photo: Bálint Hrotko


Et à propos des images qu'il a tournées dans un camp de réfugiés en Hongrie: Ca a été une expérience incroyable de passer du temps avec eux et quelques scènes fortes auxquelles j'ai assistées m'ont pleinement fait prendre conscience des difficultés auxquelles sont confrontées de si nombreuses personnes pour simplement subvenir à leurs besoins essentiels.
La pièce et le film nous permettent d'approcher un peu de cette réalité, et d'y être sensible. C'est le pari réussi de ce projet:
Grâce à la relecture d'une oeuvre que nous pensions connaître, nous approcher de sa vérité profonde et actuelle.




La Fleur du Dimanche 


Winterreise

Le Maillon Strasbourg -  17 et 18 janvier 

Musique : Schuberts Winterreise de Hans Zender
Orchestre : Orchestre philharmonique de Strasbourg
Direction : Thierry Fischer
Chanteur : János Szemenyei
Mise en scène : Kornél Mundruczó
Scénographie et costumes : Márton Ágh
Dramaturgie : Kata Wéber
Assistante mise en scène : Anna Fehér
Productrice : Dóra Büki
Directrice de production : Zsófia Csató
Directeur technique : András Éltető
Régie lumière : Zoltán Rigó
Régie son : János Rembeczki
Coproduction : CAFé Budapest Contemporary Arts Festival / Danubia Orchestra Óbuda / FILC – Fischer Iván Lakásszínháza
D’après : une production originale de 2014 de l’Opera Ballet Vlaanderen
Proton Theatre