vendredi 20 mai 2016

Les Ateliers ouverts sont à l'Est - au Nord aussi

Pour compléter le parcours citadin des Ateliers Ouverts à Strasbourg, je vous propose une petite incursion à l'Est de la ville, sur des territoires où l'on ne cherche pas habituellement l'art. 
En route pour le "Quartier des Quinze" où je vous invite à pousser les portes de 3 ateliers, celui de Suzanna Jaczowa, discrète artiste qui continue son chemin délicat. 

Pas loin, l'atelier de Véronique Moser, artiste aux mille et une trouvailles (voir l'exposition à Erstein quelle a commise avec sa complice Corinne Kleck et dont j'ai parlé le 18 mai 2011).
Elle accueille Florence Bohnert - un nom pas inconnu à Strasbourg, un prénom à découvrir - voici leur dialogue:


Atelier Véronique Moser - Florence Bohnert - Photo: lfdd

Atelier Véronique Moser - Florence Bohnert - Photo: lfdd

Atelier Véronique Moser - Florence Bohnert - Photo: lfdd


Juste en traversant le boulevard, je vous invite à rendre visite à Anne Kuhry dans son appartement-atelier... et y découvrir ses dessins et aquarelles qui vont chercher du côté de Kokoschka et autres peintres allemands du siècle dernier...

Appartement-atelier Anne Kuhry - Photo: lfdd

Appartement-atelier Anne Kuhry - Photo: lfdd

Tout cela, et encore beaucoup plus, c'est bien elle qui l'a peint!
Vous ne quitterez bien sûr pas l'Est sans passer par les incontournables du "Port du Rhin" que vous connaissez sûrement - si votre réponse est non, courrez-y et également la "tribu" de Zone d'Art, pas si Zone que cela.... et bien vivants et toujours actifs, qui en plus des ateliers ouverts, accueillent leurs homologues français et allemand(e)s sur de grands panneaux d'affichage... dont Claude Gagean que voici:


Claude Gagean - Plakatkunst - Photo: lfdd

En étape vers le centre ville ,passez voir Marie Lamarche au Fournil, qui se cache tel une île déserte dans l'urbanisme contemporain du Pôle Etoile et l'atelier en sursis de la rue des couples au-dessus du Syndicat Potentiel, en leur marquent votre soutien.


Le Fournil - Photo: lfdd


Pour finir, quatre stations un peu à part, d'abord chez In Extremis, pas vraiment atelier, la collection de photographies de Marcel Burg, vu sous l'angle des "Stigmates" (en hommage à Gigi) - avec Marlon de Azambuja, Franck Delorieux, Marie Docher, Diane Ducruet, Marc Ferrante, Julie Fischer, Valérie Graftiaux, Bernard Hosa, Eduard Ibanez, Laurent Millet, Juliette Mogenet, Fernande Petitdemange, Sophie Ristelhueber, François Sagnes, Françoise Saur, Nathalie Savey, Ivonne Thein et Patrick Tosani :


Stigmates - Fernande Petitdemange - Photo: lfdd

L'exposition des "Individus" à l'église du Temple Neuf "Fragile" avec Pascal Bastien, Benoit de Carpentier, Claire Guerrier, Eve Guerrier, Patrick Lang, Chritian Remy et Yun-Yung Song:


Fragile - Patrick Lang - Photo: lfdd

Fragile - Benoit de Carpentier - Photo: lfdd


A l'atelier "Hôtel de Ville", pas si atelier que cela, un univers post-cataclysme, des objets de décoration et design "Plaisir d'offrir":


Plaisir d'offrir - Photo: lfd


Plaisir d'offrir - Photo: lfd


Et dans l'appartement-studio" de Roman, un dialogue entre Annie Greiner qui invite Alain Riff et ses griffures de matières, alors qu'Annie Greiner sort ses anciennes griffes jaunes et ses récentes rouges.



Atelier Roman - Annie Greiner - Jaune - Photo: lfdd

Atelier Roman - Annie Greiner - Sculpture - Photo: lfdd


Au Nord de Strasbourg, deux étapes, l'atelier de Corine Kleck et Dominique Haettel qui ont accueilli dans leur atelier à Schweighouse-sur-Moder une performance "La collectionneuse" de Geneviève Charras le dimanche 22 mai à 16h00.
Quelques images des "assiettes d'artiste" de Corinne et de la performance de Geneviève Charras:


Atelier  Kleck - Haettel - Photo: lfdd



Atelier  Corinne Kleck - Assiette - Photo: lfdd

Atelier  Corinne Kleck - Assiette - Photo: lfdd

Atelier  Corinne Kleck - Assiette - Photo: lfdd

Atelier Kleck - Haettel - Performance Geneviève Charras - Photo :lfdd


Atelier Kleck - Haettel - Performance Geneviève Charras - Photo :lfdd

Atelier Kleck - Haettel - Performance Geneviève Charras - Photo :lfdd

Deuxième étape, à Wilwisheim, dans la grande ferme de Sophie Bassot où elle a son atelier, et partage la grange et l'étable (impeccablement nettoyée, bien sûr avec des artistes venus de Strasbourg, d'Alsace, du Nord et de Belgique, entre autres Claude Delamarre, Laurence Gonry, Samia Kachkari, Chantal Million, Sebastien-Pierre Potron, Mina Mond et Dominique-Anne Offner.

Voici le "coin" de Marie Meyer et l''écurie de Samia Kachkari avec ses tissus imprimés et ses bras "enveloppants...

Atelier Bassot - Mina Mond - Photo: lfdd

Atelier Bassot - Samia Kachkaari - Photo: lfdd

Atelier Bassot - Samia Kachkaari - Photo: lfdd



Bonnes découvertes

La Fleur du Dimanche

mercredi 18 mai 2016

Cho, Macho, Machores ou Machorette: l'éblouissement de Macho Dancer au Maillon

Tout est affaire de corps... Il faut prendre celui de l'autre pour poser, transposer ce corps en transe, en danse sans pôle.

Le pôle, lui, est en dehors, sans décors et les pôles sont inversés dans ce spectacle de Eisa Jocson - Macho Dancer.

Macho Dancer - photo: Giannina Urmeneta Ottiker


Eisa, en short court et bottes ferrées et pesantes, bruyantes, frappant le sol avec violence pour marquer le territoire macho de l'homme, sa puissance, nous emporte dans une danse à l'envers: la danse des hommes pour les hommes sur des tubes "métal" ou "disco".

Le temps de nous y croire, dans ce dancing avec effets de fumigènes, de nous prendre à notre situation de regardeur d'une exhibition de virilité, elle nous retourne.

Macho Dancer - Eisa Jocson - La Maillon


D'abord à une vision muette et silencieuse, à retourner les yeux sur nous-même, spectateurs-voyeurs, tout en nous laissant le plaisir de voir et de "goûter" la chair en sueur (le dispositif scénique nous laisse suffisamment proche du corps pour en déceler la vie qui s'y écoule, se répand). Et à se refaire le film de la danse, en silence dans une mémoire fantasmée.
Puis dans un retournement du dispositif scène salle où nous nous retrouvons piégés dans les rets de la danseuse et les rais des projecteurs, dans une proximité dangereuse et une séduction transgressive.

Macho Dancer - Eisa Jocson - La Maillon


Pour finir dans l'évaporation du spectacle dans sa négation ontologique.

Et l'envie, ou pas d'y aller pour de vrai, le plateau étant servi!





Bon spectacle

La Fleur du Dimanche

Macho Dancer
Chorégraphie et interprétation: Eisa Jocson
Au Maillon Strasbourg
du 18 au 21 mai - 20h30

dimanche 15 mai 2016

Blob, trou de vers, exoplanète, blogosphère, youtubeur, où est l'erreur ?

Grand Week-End pour certains, jour de solidarité pour d'autres, mais pas sûr puisque l'on peut travailler en plus pour rien une autre fois... parce qu’autrefois, il a fait très chaud.
A priori ce ne sera pas le cas.
Alors pour vous consoler du gris du ciel, je vous offre un peu de couleur:


Pommier - Photo: lfddd


Ces fleurs de pommier roses sur ce ciel bleu devraient vous redonner un peu de courage. Allez je vous double la dose avec le robinier jaune:


Robinier - Photo: lfddd


Et arrive aux faits, qui vont faire les TVA du jour (à vous de trouver l'erreur):

Blob

Le Blob, à ne pas confondre avec le Blog, que vous lisez, ne lit pas et n'a pas de cerveau. 
Il s'appelle "Physarum polycephalumun", c'est un organisme qui n'est doté que d’une seule cellule, donc forcément, il n'a pas de cerveau,  pas de neurones, mais selon une étude de l’université de Toulouse, il  serait toutefois doué d’une forme simple d’apprentissage.
Ce n’est ni un animal, ni un végétal ni même un champignon, mais un peu les trois à la fois. Il vit dans les sous-bois et peut prendre plusieurs formes et plusieurs couleurs. Il peut toutefois mesurer jusqu’à 10 m2. Par comparaison, l’humain est composé d’environ 100 milliards de cellules. Le blob est capable de résoudre un labyrinthe ou de construire un réseau pour optimiser son accès à la nourriture.
Le Blob est capables de s’adapter au fil des générations du fait de l’évolution et non d’un processus d’apprentissage intelligent. Grâce au blob, les scientifiques espèrent mieux comprendre les mécanismes primitifs de l’apprentissage, et l’apparition de cette capacité au fil de l’évolution.
Si vous voulez en savoir davantage sue cette expérience, c'est sur cette page de la Cité des Sciences.

Trou de vers

Le 14 février, je vous avais annoncé la découverte des ondes gravitationnelles, eh bien, depuis, des chercheurs ont mis en doute cette hypothèse et pensent que l'observation faite par le LIGO peut très bien venir de gravastars ou d'étoiles bosoniques et pas seulement de la collision de deux trous noirs. Ils ont fait le calcul - la simulation avec un gravastar en particulier: le "trou de ver" qui est un tunnel dans l'espace-temps et ont trouvé le m^me résultat que celui observé par le LIGO. Mais la différence, c'est qu'i y a un écho (comme c'est bizarre, l'écho, je l'avais déjà cité dans le billet du dimanche d'après - le 21 février - aurais-je des dons de voyance?).
Pour en savoir plus, voici l'article du Monde qui en parle:
Trous de ver ou trous noirs ?

Troëne - Photo: lfddd

Exoplanètes

Vous le savez, une exoplanète est une planète similaire à la Terre, mais dans un autre système solaire... 
La nouvelle surprenante du jour - sauf si vous suivez l'actualité des étoiles - c'est qu'en général on en découvrait au fur et à mesure, et cette fois, la Nasa annonce la découverte de 1.284 nouvelles exoplanètes par le télescope Kepler , l'info est sur le site de Sciences et Avenir.


Figuier - Photo: lfddd 

Blogosphère

La blogospère n"est ni une nouvelle étoile ni une nouvelle planète, mais c'est l'univers dans lequel nous nous trouvons en ce moment.
Le mot est d'actualité puisqu'il vient de faire son entrée dans le dictionnaire "Le Petit Robert", tout comme le "geek" et..

Youtubeur

Youtubeur vient aussi d'entrer dans le dictionnaire.
Par contre, entre Youtube, Twitter et Facebook cela va être la guerre à qui va proposer des vidéos avec commentaire et liens... pour se poster et se répandre dans la blogosphère (à ce propos, une première dont on se serait bien passé, c'est la diffusion en direct sur périscope (Twitter) du suicide d'une jeune femme qui se filmait avec son téléphone portable à Paris....

C'est à se demander  avec Polnareff "Sous quelle étoile suis-je né?"




Et au sujet des chansons que je vous propose, je vous remercie pour vos retours... et de me-nous en faire découvrir de nouvelles (je rappelle que pour les lilas, une première brassée avait été postée le 24 avril 2011 (avec, entre autre "Le Poinçonneur des Lilas" et la version allemande "Wenn der weisse Flieder wieder Blüht" de Zarah Leander)  et le 14 septembre 2014 (avec Babara)..


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche


jeudi 12 mai 2016

Relative Collider: La poésie des chiffres et des mots, dansée en rythme

Savez-vous compter jusqu'à huit ?  Oui ?
Savez-vous compter jusqu'à huit pendant quarante cinq minutes ? 
Savez-vous compter jusqu'à huit et faire des gestes en rythme et également à contretemps ?
Savez-vous faire des gestes coordonnés avec les main et en désynchronisant vos pieds ?
Savez-vous compter jusqu'à huit à trois en faisant des gestes synchronisés pendant qu'un quatrième larron vous récite des textes en rythme et en arythmie ?

Si vous ne savez pas le faire, allez prendre exemple en regardant le magnifique spectacle de Liz Santoro et de Pierre Godard "Relative Collider" qui passe au Maillon à Strasbourg jusqu'à samedi 14 mai, c'est époustouflant.



Relative Collider - Liz Santoro & Pierre Godard - Photo:Ian Douglas 


Cela commence sur un air de métronome très minimaliste et les trois interprètes, Liz Santoro, Cynthia Koppe et Stephen Thompson, de face, bougent discrètement, mais en rythme leurs genoux tandis qu'à son pupitre de chef d'orchestre, Pierre Godard dirige la musique sur son ordinateur.
Et de variation minimaliste, d'abord sans les bras, puis dans une parfaite unisson, en harmonie d'une gestuelle sobre de soixante quatre positions des bras, une danse qui s’additionne sans se répéter nous emmène dans un voyage cathartique.


Relative Collider - Liz Santoro & Pierre Godard - Photo:Ian Douglas


Du côté de la musique, si l'on peut dire, le rythme quelquefois perturbé du métronome prend forme dans une variation de numération (one, two, three, four, five, six, seven, eight) dans lequel s'intercale un "and" addictif ou une respiration soustractive.

Bien sûr, comme le dit le texte du livret: "une ampoule est plus chaude après quarante minutes de fonctionnement", la pièce n'est pas "froide" et la musique va nous emporter vers une plus grande empathie alors que le "chef d'orchestre", Pierre Godard, va nous déclamer de plus en plus fort, non plus des chiffre, mais des mots qui comptent, eux aussi.



Relative Collider - Liz Santoro & Pierre Godard - Photo:Ian Douglas

Et la danse prend ses libertés et nous propose une très belle unisson dans la diversité de la variation, dans ces trois corps.
Nous sentons ces trois corps incroyablement à l'écoute d'eux-même et des autres, avec un sens, même une incarnation physique du rythme impressionnante.



Relative Collider (excerpts) from Liz Santoro on Vimeo.


Et bien sûr, la chorégraphe, le chef d'orchestre comédien-musicien et les danseurs ne pouvaient pas nous abandonner dans cette transe-danse. Ils nous ramènent sains et saufs et rassurés de ce beau voyage dans la salle de spectacle.
Et l'on se surprend à être assis sur nos fauteuils.
Et à rentrer chez nous parce que tout a une fin.
Mais heureux d'avoir fait ce beau voyage...

Et pour vous faire prendre conscience de ce que vivent les interprètes, je cède la parole à Liz Santoro: "Quand le système nerveux de l’interprète est en relation avec le public et est affecté par l’attention que ce dernier lui porte, on commence à avoir une boucle rétroactive entre la scène et la salle, et inversement. Une fois que vous savez que vous êtes vu en train de faire une action, cela change la façon dont vous vous percevez, et l’action que vous exécutez, il est impossible d’en faire abstraction."

Et concernant la structure-construction des séquences de la pièce:


Notations "Relative Collider" - Liz Santoro


"Pour nous, il y a un intérêt autant esthétique que politique à tenter de déstabiliser nos hiérarchies perceptives. Je regarde une séquence, je ne perçois pas de changement, et pourtant le corps entier du danseur a subi une profonde altération de son régime de fonctionnement. Nous tentons de déplacer le spectaculaire et de questionner la valeur que nous lui conférons."

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche

"Relative Collider" 
au Maillon à Strasbourg 
jusqu'à samedi 14 mai 2016, 20h30



dimanche 8 mai 2016

Lilas bien qui lilas le dernier...

Avec les lilas, tout est bien qui finit mal....


Lilas de mai - Photo: lfdd

L'avez-vous remarqué, les lilas sont des fleurs tristes, non ?
Dans la plupart des chansons qui parlent de lilas, il faut s'armer de mouchoirs, plutôt trois qu'un...


Lilas de mai - Photo: lfdd

Heureusement qu'il y a Robert Desnos qui chante le lilas dans ses Chantefleurs:

"Mon premier lilas blanc
Que Lili cueille en branche
Mon deuxième lilas 
Quoique vous en pensiez
Mon troisième lilas
Dont la tige se penche
Mon dernier lilas
Bien qui lilas 
Le dernier" 


Lilas de mai - Photo: lfdd

Même Georges Brassens, habitué à l'humour a l'amour triste avec le lilas:

Les lilas

Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là

Comm' j'étais, en quelque sorte
Amoureux de ces fleurs-là
Je suis entré par la porte
Par la porte des Lilas

Des lilas, y'en avait guère
Des lilas, y'en avait pas
Z'étaient tous morts à la guerre
Passés de vie à trépas

J'suis tombé sur une belle
Qui fleurissait un peu là
J'ai voulu greffer sur elle
Mon amour pour les lilas

J'ai marqué d'une croix blanche
Le jour où l'on s'envola
Accrochés à une branche
Une branche de lilas

Pauvre amour, tiens bon la barre
Le temps va passer par là
Et le temps est un barbare
Dans le genre d'Attila

Aux coeurs où son cheval passe
L'amour ne repousse pas
Aux quatre coins de l'espace
Il fait le désert sous ses pas

Alors, nos amours sont mortes
Envolées dans l'au-delà
Laissant la clé sous la porte
Sous la porte des Lilas

La fauvette des dimanches
Cell' qui me donnait le la
S'est perchée sur d'autres branches
D'autres branches de lilas

Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là"




Allez, un quatrième lilas... 


Lilas de mai - Photo: lfdd

Et aujourd'hui, pas grand-chose à lire là!


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 1 mai 2016

Premier mai: vive le muguet et l'agonisme - ou comment une philosophe belge et un philosophe US se rejoignent

Premier mai, un dimanche, jour doublement non travaillé, sauf pour la fleur du dimanche qui a trouvé matière à fleur, à réflexion et à chanson...

Bien sûr le traditionnel muguet ne déroge pas au premier dimanche du mois:


Muguet du 1er Mai - Photo: lfdd

Et je vais même aller à vous en offrir trois, des bouquets, avec Robert Desnos

Le muguet

Un bouquet de muguet,
Deux bouquets de muguet,
Au guet ! Au guet !
Mes amis, il m'en souviendrait,
Chaque printemps au premier Mai.
Trois bouquets de muguet,
Gai ! Gai !
Au premier Mai,
Franc bouquet de muguet.


Pour le TVA, je voulais, vu les circonstances, vous donner envie de lire, si jamais vous avez décidé de marcher. 
Et même si vous vous vous défilez, prenez le temps de creuser les deux articles qui pourraient sembler antagonistes de par l'origine de leurs auteurs.


Muguet du 1er Mai - Photo: lfdd

Obtenir un consensus en politique est, par principe, impossible. Car la politique, c’est justement, par définition, le domaine de l’antagonisme, du conflit

Dans une interview parue dans Libération du 15 avril 2016, la philosophe belge, Chantal Mouffe nous rend attentif à l'évolution du rapport à la politique (que beaucoup de personnes commencent à considérer comme très dégradée) et en propose une lecture que je vous soumet:
"La politique consiste à établir une frontière entre un «nous» et un «eux», et tout ordre politique est fondé sur une certaine forme d’exclusion. La réflexion sur la démocratie doit reconnaître l’antagonisme. Une politique démocratique doit établir les institutions qui permettent au conflit de ne pas s’exprimer sous la forme d’une confrontation ami-ennemi, mais sous la forme que j’appelle «agonistique»: une confrontation entre adversaires qui savent qu’il ne peut y avoir une solution rationnelle à leur conflit, mais qui reconnaissent le droit de leurs opposants à défendre leur point de vue. Si on nie l’antagonisme et qu’on n’essaie pas de lui donner une forme agonistique, il risque de se manifester sous la forme d’une confrontation entre des valeurs non plus politiques, mais morales et non négociables, ou sous des formes essentialisées de nature ethniques ou religieuses." 

Elle continue:
"L’idée postpolitique qu’il n’existe plus d’adversaire en politique conduit aujourd’hui à construire l’adversaire en termes religieux ou ethniques. Ce n’est plus right and left mais right and wrong. Si l’on construit la frontière de manière morale, le «mauvais» ne peut pas être un adversaire, il ne peut être qu’un ennemi."
...
"Il est nécessaire de radicaliser la démocratie. Mais je ne considère pas que cela requiert de rompre avec les institutions de la démocratie pluraliste. Il faut une critique immanente qui force nos sociétés à mettre en pratique les principes qu’elle prône : liberté et égalité pour tous. 
... Car nous vivons désormais dans un système postdémocratique: les procédures et institutions démocratiques continuent à exister, mais elles ont perdu leur sens car elles ne permettent pas aux citoyens d’exercer un véritable choix."


Le Philosophe "star" des américains... Michael Sandel

Du côté américain, le philosophe Michael Sandel semble partager par certains côtés cette vision. Il dit, entre autres, dans un article intitulé "Michael Sandel ou la critique de la raison libérale" de Sonya Faure et Anastasia Vécrin dans Libération du 26 avril 2016 

 «Je ne crois pas au "sujet désengagé" propre au discours libéral contemporain : l’individu serait purement rationnel et ne serait pas défini par ses liens d’appartenance. Je suis au contraire pour une compréhension située des jugements. Les communautés font partie de nos identités, ce qui ne veut pas dire qu’elles les fixent pour autant ou qu’il faille se replier sur des valeurs et des modes de vie. Alors que je veux justement encourager les débats moraux entre cultures.»
Je vous laisse lire la suite de ces articles en ligne et regarder les conférences de Michael Sander (plus de 190 700 vues sur Youtube) qui disait entre autre:

"Il peut être dangereux de faire entrer les valeurs dans le discours public - la majorité peut imposer à une minorité des valeurs que celle-ci ne partage pas, ou se tromper sur l’idée de la justice et de la "bonne vie" à mener. Mais la politique est immanquablement une activité risquée."

Muguet du 1er Mai et la rose jaune - Photo: lfdd


Mais il n'y a pas que la politique en ce premier mai, vous avez déjà eu un poème, je vous offre un bouquet de trois chansons pour finir.

La première, un "oldie", le "Joli moi de mai" avec Bourvil:





La deuxième, "oldie, également, une chanson sur le travail des Beatles:





La dernière, des Rakes, dont le titre Work Work Work pourrait se traduire par "métro, Boulot, Dodo", non ?




Et curieusement, ils rejoignent notre débat avec leur refrain:

"It's All These Words, Ideas And Different Arguments 
Someone's Always Talking When I Try To Make Some Sense 
From All This Stress That Is Constantly Going On 
I Just Drift Along With No Focus Or Meaning 
Lean Back, Stare Up At The Ceiling 
I Just Drift Along With No Focus Or Meaning"


Allez, levez-vous avec le muguet:


Muguet du 1er Mai - Photo: lfdd

Et bon débat, bon défilé, bon agonisme et...

Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche