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dimanche 12 juillet 2026

Jazz à la Petite France, dernière: du Grand Jazz avec une belle voix, un duo original et LA magnifique trompettiste espagnole de New-York

Nous sommes déjà arrivé à la troisième et dernière journée - soirée - du Festival de Jazz à la Petite France et le programme promet encore de belles découvertes, avec que des "première fois". Pour commencer la Lorraine Audrey Pierre qui a séjourné à New-York et qui, enfin, est disponible pour la Festival, puis le duo Obradovic-Tixier qui va fêter ses dix ans et qui nous offre sa singularité piano-batterie et, pour finir, la trompettiste espagnole de New-York (aussi) Milena Casado.


Jazz à la Petite France - Audrey Pierre - Photo: Robert Becker

Audrey Pierre ouvre le programme à 17h30 avec, au piano Damien Groleau, à la contrebasse Vladimir Torres et à la batterie Tom Moretti. Dans un pantalon flottant rouge bordeaux, en haut noir et chaussée de lunettes de soleil, qu'elle va rapidement quitter, et talons hauts, elle démarre avec What a day, le morceau qui ouvre le disque qu'elle a édité en 2025: Magic Place. Le ton est donné. 


Jazz à la Petite France - Audrey Pierre - Photo: Robert Becker

Avec sa superbe voix profonde et charmeuse, elle nous installe dans une ambiance très cool. Changement de registre avec le morceau suivant, Blason Doré, plutôt poétique, une poésie en français dont elle récite le début, puis bien sûr, se met à la chanter avec rythme. Elle continue avec N.O.W (No other way) une chanson mélancolique et une une belle déclaration d'amour. Le quatrième morceau Mister Brown est un hommage au pharmacien de New-York qui, en douce lui procurait de quoi soulager une fièvre de cheval avec des remèdes... de cheval. 


Jazz à la Petite France - Audrey Pierre - Photo: Robert Becker

C'est bien balancé et ça swingue, Damien Groleau au piano pose la ligne mélodique avec quelques improvisations rondement menées, tandis que la contrebasse de Vladimir Torres tisse la trame et égrène de temps en temps quelques petites notes discrètes. Tom Moretti à la batterie fait tenir tout cela dans un ensemble sans faille. Audrey Pierre nous offre en avant-première une chanson-poème destinée au prochain album, morceau qui fait penser aux chansons de Michel Legrand. 


Jazz à la Petite France - Audrey Pierre - Photo: Robert Becker

Elle continue avec Secret Place de sa voix chaleureuse et douce. Calao l'histoire presque philosophique d'un oiseau qui vit en société lui permet de scatter magnifiquement. D'oiseau, il sera également question avec la dernière chanson, une reprise à sa sauce de Blackbirds des Beatles qu'elle chante de sa voix mielleuse dans une dynamique, découpée et sur le chapeau de roues, avec ses trois musiciens, tous formidables. Un tour de chant dans lequel nous pouvons apprécier toute la variété de sa voix magnifique et profonde ainsi que la qualité des trois musiciens qui l'accompagnent. 


Jazz à la Petite France - Damien Groleua - Audrey Pierre - Vladimir Torres - Tom Moretti - Photo: Robert Becker

D'ailleurs, cela leur vaut un rappel où elle chante Insane, chanson qui dit en résumé: "si j'avais su, si j'avais pu, si j'avais moins peur". 



Jazz à la Petite France - Lada Obradovic - Photo: Robert Becker

Pour continuer nous avons le duo, Lada Obradovic et David Tixier. C'est une formation originale qui marie piano et batterie. Ils se sont rencontrés il y a 10 ans, elle venant de Croatie, lui de Paris, et depuis ils forment ce duo qui invente un dialogue nouveau et très prometteur. Il y a entre eux une belle synchronisation, une entente parfaite. Le premier morceau Watch Your Step nous emporte dès le départ dans cet échange piano-batterie effréné. 


Jazz à la Petite France - David Texier - Photo: Robert Becker


Le deuxième, Dear You rappelle a Milana ses débuts en Suisse, quand pour gagner sa vie et se payer ses cours de batterie, elle était hébergée par une dame qui lui laissait des petits mots tous les matins, les consignes de la journée qui commençaient toujours par "Dear You" et se terminaient par "Don't Touch the walls". Elle commence d'ailleurs le morceau avec un certain nombre de ce messages qui lui disent ce qu'elle doit faire dans la journée. La pièce a donné un clip* qu'ils ont financé grâce au prix qu'ils ont eu de la Défense Jazz Festival. 


Jazz à la Petite France - Lada Obradovic - David Texier - Photo: Robert Becker


C'est un magnifique dialogue avec un piano très doux, quelquefois un clavier synthétiseur, et la batterie. Suit un berceuse pour enfant et Professor Seek and Mister Hide qui lui rappelle un professeur qu'elle a eu à ses débuts, comme dans le film de Damien Chazelle Whiplash, qui torturait ses élèves. C'est puissant et angoissant, le prof et l'élève se mélangent et le prof est un peu violent. 

Jazz à la Petite France - Lada Obradovic - David Texier - Photo: Robert Becker


La pièce suivante Under Grace, parle de la guerre en Croatie et permet à Lada de rappeler les différentes associations caritatives qu'ils ont créées, entre autres pour l'accueil de chien abandonnés, le tremblement de terre à Sisak ou pour vendre des baskets de batteuse qu'elle a créées pour financer l'association Adèle de Glaubnitz et une association dans les Philippines, ou encore une association en Ukraine.

Jazz à la Petite France - Lada Obradovic - Photo: Robert Becker


 
Autre pays, autre ambiance, l'Inde et Dehli's Dream où Didier Tixier joue des percussions indiennes et du sitar sur son clavier. Les deux artistes composent chacun à leur tour un morceau et l'autre l'arrange ou bien ils collaborent plus étroitement. Le dernier morceau Check Point Charlie va être sur leur prochain disque où ils proposent une compilation de leurs productions pour fêter leur 10e anniversaire. Lada remercie le public, qu'elle trouve très silencieux. Ça lui fait un peu peur... "Heureusement qu'il y a le bruit du vent". Mais cela prouve aussi l'intérêt du public strasbourgeois pour cette formation originale et les superbes créations qu'ils nous ont proposées.




Jazz à la Petite France - Milena Casado - Photo: Robert Becker


Et pour finir, avec un tout petit peu de retard, dû à un voyage en avion une peu mouvementé, nous arrive Milena Casado qui fait un check rapide sur scène avant de se concentrer pour l show. C'est Gautier Garrigue, magnifique batteur, qui fait l'introduction avant que Milena et sa troupe s'installe. Elle commence par des morceaux calmes, pianissimo. Quelques moments de trompette acoustique avec des effets, puissants. 


Jazz à la Petite France - Milena Casado - Photo: Robert Becker


Son son a quelquefois des accents qui ressemblent à Miles Davis. Une belle masse sonore. Tout comme Lada, Milena aime bien parler, elle bascule de l'anglais à l'espagnol, le français un peu, très peu. Le public comprend son espagnol, elle  parle des conflits qu'elle garde à l'intérieur, du fait qu'il faut s'exprimer i
mais d'abord avoir un espace pour soi, parle de frictions, raconte son ostracisation de femme noire, de sa chevelure fournie et crépue, qu'elle assume maintenant totalement (elle a d'ailleurs fait une pièce de 30 secondes qui s'appelle THIS IS MY HAIR (!) - en majuscules). 


Jazz à la Petite France - Milena Casado - Photo: Robert Becker


On sent une belle unité dans le groupe dans lequel Gautier Garrigue s'intègre parfaitement. Milena, de temps en temps, plonge dans sa trompette, joue même des claviers de synthétiseur et se met à chanter. Sa musique lui permet d'exprimer ses états d'âme. Par exemple sa différence et affirme avec nous "Soyons différente ensemble"


Jazz à la Petite France - Milena Casado - Photo: Robert Becker


Elle nous offre une nouvelle composition, si neuve qu'elle doit lire la partition: If only we could  dream. Autre morceau O.C.T Oda to the crazy times où elle joue de la trompette plus du sampling et du chant en dégradé avec une fausse fin. "We can change this crazy times. Hope and courage. Let's paint the world".... 

Jazz à la Petite France - Milena Casado - Photo: Robert Becker


Elle est surprise des applaudissements et nous exhorte à nous engager, comme elle, tout en gardant ses distances: "You are clappers. No given up. I don't care what you think"... tous les musiciens repartent, bien énergiques, dans une version rapide.... elle accélère avec eux sur un train d'enfer pour finir sur un dernier morceau Resillience ...  être différente être regardée et regarder en retour.  "Lets be différent together...".


Jazz à la Petite France - Gautier Garrigue - Photo: Robert Becker



On sent une balance entre les sentiments qui de l'intérieur s'expriment dans cette musique, très sensible. Le public est ravi et en communion.



La Fleur du Dimanche


* Le clip Dear You est là : 


samedi 11 juillet 2026

Jazz à la Petite France - Jour 2 - Honneur aux femmes: Hanna, Lara, Léonie, c'est super pop et soul, RnB, dansant

 Pour la deuxième journée du Festival Jazz à la Petite France, c'est la femme et toute la diversité de ses voix qui est à l'honneur ce samedi sous les arbres de la place Saint Thomas à la Petite France.


Jazz à la Petite France - Hannah Featherstone - Photo: Robert Becker


La soirée débute avec un grand piano noir devant lequel s'assied Hannah Featherstone. Mais surprise, il n'y a pas que le piano, il y a aussi la voix, fraîche, profonde, et légère à la fois. 


Jazz à la Petite France - Hannah Featherstone - Photo: Robert Becker


Une  belle voix claire et soul, jazz cool ou pop qui nous susurre ou pousse un peu plus fort des chansons douces et sensibles, intimes, des histoires d'amour ou des textes désenchantés, d'autres même plus engagés. Et tout cela accompagné de tout un univers électronique qui lui aussi nous surprend et nous intrigue. 




Une vraie magicienne que cette franco-britanique qui a choisi de s'installer à Strasbourg pour une histoire d'amour, nous confie-t-elle en introduisant l'une de ses chansons. Elle a une renommée internationale et le public de Jazz à la Petite France la découvre et ne peut que tomber sous la charme de cette multiinstrumentiste à la voix d'or 


Jazz à la Petite France - Lara Issa - Photo: Robert Becker

La soirée continue sur le même niveau avec Lara Issa qui, elle aussi, a déjà donné pas mal de concerts à Paris et ailleurs (elle est passé sur Arte pour son concert au Cabaret Sauvage). 


Jazz à la Petite France - Lara Issa - Photo: Robert Becker
Jazz à la Petite France - Lara Issa - Photo: Robert Becker
Jazz à la Petite France - Lara Issa - Photo: Robert Becker


Sa voix claire plutôt dans les aigus, mais qui peut avoir quelques accents graves susurre, module, change de rythme, slamme ou groove, presque disco nous emporte dans son rythme et son flow, ses ruptures. 


Jazz à la Petite France - Lara Issa - Photo: Robert Becker

Ses compositions sont entrainantes, balancées et son groupe, constitué de Ilann De Carpentier aux claviers, Joël Osafo Brown à la batterie, Nicolas Daguet à la basse et sa complice Helena Vilette à la guitare assurent totalement le show très dansant et bourré d'énergie. 


Jazz à la Petite France - Lara Issa - Photo: Robert Becker

Une très belle prestation de cette jeune formation qui va sortir leur premier disque le 25 septembre à la Péniche Mécanique.


Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker

Après ce plateau de musiciennes et musiciens locaux qui ont déjà fait leur preuve dans l'hexagone, la soirée s'achève avec une découverte , un "coup de poing" et une réelle surprise selon les dires de la programmatrice de Jazz à la Petite France Séverine Capiello: Léonie une vraie révélation. 


Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker


Et l'on ne peut que la remercier de ses talents de découvreuse car la prestation de Léonie est exceptionnelle. Sa voix , ses rythmes, sa chaleur, sa sensualité nous subjuguent. Avec ses musiciens, Florian Mensah-Assiakoley à la batterie, Sofiane Messarat à la guitare, Nicolas Chua à la basse et sa claviériste, Imàn Le Parc, elle nous emmène dans un univers chaleureux baigné d'amour, de tendresse et de pensées positives. 


Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker

Léonie chante  de sa voix suave en dansant, habillée tout en rouge et nous emmène dans un très beau voyage dans la nuit. De sa voix soul enchanteresse, ensorcelante, séductrice elle file une série de titres dansants: Swag energy, I'm not your (Mothrfucking) clown.


Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker
Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker
Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker

 Elle invite le public à danser, tout naturellement: "Êtes vous prêts à danser avec moi ?" et donne l'exemple avec sa danse sinueuse et serpentine. Ca continue avec Fairy thing qui célèbre la reconnaissance de soi. 


Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker

Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker

Le batteur Florian Mensah-Assiakoley a une frappe franche et claire, tout comme Nicolas Chua à la basse, très docte et précis. Elle, avec ses chansons slammées est toujours souriante. Pour le titre Everybody love the sunshine  (référence et appel à la joie d'être à Strasbourg), Sofiane Messarat nous offre un solo guitare bien nerveux et rapide. 

Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker

Jazz à la Petite France - Léonie - Photo: Robert Becker


Et pour le flow, Léonie nous invite à un voyage introspectif en fermant les yeux. Ce fut un très bon voyage, qui parle d'énergie et nous emporte avec douceur dans la nuit chaude et douce d'été. Merci Léonie et ses ami(e)s.


La Fleur du Dimanche


Si vous voulez revoir la première soirée avec Octa avec Maxime Epp et Claire Besson, Séverine Morfin et Malik Ziad et Klar Wetter de Phillip Klawitter avec Sophie Alour, c'est par là: Jazz à la Petite France, c'est parti !

dimanche 17 mars 2024

Soirée Lauréates Music&lles: Les femmes font le show et sortent des cases - explorons le matrimoine

Sur la lancée de "Ah! Les Femmes..." la manifestation qui donne voix aux femmes musiciennes, les Music&lles, organisées par Sturm Production se sont déroulées du 8 au 16 mars à Strasbourg et alentours pour une série de rencontres, ateliers, conférences et concerts et DJSets. Pour finir en beauté, c'est en prenant de la hauteur - à 340 mètres d'altitude au Château de la Petite Pierre dans le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord que se déroule la soirée des Lauréates Music&lles du dispositif d'émergence et d'accompagnement dédié au femmes.

Séverine Cappiello de Sturm Production et Aïcha Chibatte, du Festival Au Grès du Jazz présentent les lauréates, deux musiciennes et deux duos qui ont scène libre pendant 30 minutes.


Music&elles - Aïcha Chibatte et Séverine Cappiello - Photo: Robert Becker


C'est yal qui débute la session avec ses boucles qu'elle construit au fur et à mesure des morceaux, posant une base rythmique, complétant au piano et à la voix, avec des percussions. Quelquefois elle y rajoute des mélodies avec sa basse. Sa voix, posée très haut mais souvent plus grave nous chante des choses sombres, l'exode, mais aussi plus légères, comme des ritournelles avec des choeurs célestes ou encore des morceaux avec synthé, carillons et percussions, des airs orientalisant, avec un sérieux rarement démenti. Les pièces, une fois construites s'envolent dans une suspension aérienne.


Music&elles - yal - Photo: Robert Becker

Music&elles - yal - Photo: Robert Becker

Music&elles - yal - Photo: Robert Becker



Avec Nanalerda la musique est aussi électronique, mais ses pièces sont déjà construites et elle les lance et chante avec entrain et humour. Souvent de courtes compositions sur lesquelles elle a écrit des paroles tantôt tristes tantôt pleines d'humour, dévoilant des sentiments d'adolescente confrontée à l'amour, à l'absence d'un père (parabandon) ou des histoires d'amour. Ses textes sont vifs, inventifs et originaux, un petit air de Dada ou de Brigitte Fontaine, la musique variée. Elle peut passer de la tristesse à la tendresse, du désespoir à la joie et de temps en temps elle s'arme de sa compagne GYZ, sa basse qu'elle caresse avec tendresse. Sa voix, très agréable, nous charme et ses compostions variées, douces ou énergiques et dansantes nous enchantent. Son jeu de scène et ses mimiques de jeune fille espiègle font mouche.


Music&elles - Nanalerna - Photo: Robert Becker

Music&elles - Nanalerna - Photo: Robert Becker

Music&elles - Nanalerna - Photo: Robert Becker

Music&elles - Nanalerna - Photo: Robert Becker


Le troisième set, c'est Lüssi que nous avions vue en janvier en première partie de Claire Days à l'Espace Django. Elle est en duo avec Lucille (Lison) au violoncelle et nous offre une demi-heure de belles chansons bien rodées, entre ballades et folk, de sa voix claire qui assure, monte haut. Des compositions sobres à la guitare acoustique ou électrique, soutenue par le violoncelle et son tapis sonore qui tantôt la porte en posant la mélodie, tantôt marque le rythme. Les chansons, touchantes, racontent les plaisirs du quotidien ou de l'amour et la tristesse dont on ne se débarrasse pas facilement, chantée en mélopées douces (Endomée) ou les insomnies qui empêchent de dormir. Lüssi en blanc et Lison en noir nous offrent un beau duo bien complémentaire. 


Music&elles - Lüssi - Photo: Robert Becker

Music&elles - Lüssi - Photo: Robert Becker

Music&elles - Lüssi - Photo: Robert Becker



Et pour clore la soirée, c'est le coup de coeur du jury, Exotica Lunatica, un groupe composé de Daphné Hejebri qui a un parcours de compositrice de musique contemporaine (nous l'avions entendue au Festival Musica en 2016, 2017 et 2022), mais aussi de musicienne et de performeuse, tout comme  Eleanna Konstanta qui elle a un parcours de soprano (elle s'est produite sur les grandes scènes lyriques en Grèce). On sent chez ces deux dames vêtues de noir une habitude de la scène et même le synthé d'Eleanna qui rend l'âme ne les fait pas reculer. Elles nous emmènent dans un univers mystérieux, des mélopées qu'Eleanna pousse en variations modulées, chants mystiques et d'autres traditionnels, en grec, en Anglais ou dans des langues inventées. Daphné aux claviers, et aux percussions  qu'elle frappe en rythme chtoniques avec énergie, chantant aussi de sa voix plus grave. S'accompagnant quelquefois de son violon, en écho à la guitare - acoustique ou électrique d'Eleanna, ou même au Mélodica (pour les deux!). Leur répertoire est varié et bien construit, dans un style bien identifié, fait de rythmes bien sentis, agrémentés de mélopées qui nous emmènent dans des univers entre le magique et la célébration mystique et rituelle.  La Lune et les mythes ne sont pas loin et les quelques titres qu'elle chantent issus de leur premier disque sont bien aboutis (Dance of Thirteen Veils, Apano Stin Triantfillia, Alma Oscura, Enter the Moon, Indian Summer,...). Un tour de chant envoûtant qui pourrait presque nous faire croire que le Château est hanté.


Music&elles - Exotica Lunatica - Photo: Robert Becker

Music&elles - Exotica Lunatica - Photo: Robert Becker

Music&elles - Exotica Lunatica - Photo: Robert Becker

Music&elles - Exotica Lunatica - Photo: Robert Becker

Music&elles - Exotica Lunatica - Photo: Robert Becker


 Au final cette manifestation aura été l'occasion de faire se côtoyer une belle diversité de styles et d'expérience et l'on souhaite aux heureuses lauréates de se frayer leur chemin dans cet univers qui, comme le notait en introduction Séverine Cappiello, alors qu'elles sont plus nombreuses à faire des études de musique, elles se retrouvent très rapidement minoritaires dans la profession. Parce qu'elle le valent bien ! Allez les filles ! 


La Fleur du Dimanche