dimanche 29 novembre 2015

Vous avez raté le départ de St-Art, n'en ratez pas la fin...

St-Art est bien lancé, je vous en avais donné quelques indications - sur la nouvelle orientation photo il y a une semaine et un premier aperçu pour le vernissage.

Il vous reste deux jours pour vous y rendre et constater que la manifestation a pris une nouvelle ampleur de par la volonté des organisateurs - dont la nouvelle direction de Strasbourg Evénement, en particulier le président du Directoire Jean-Eudes Rabut (de GL Events), secondé par Patricia Houg en conseillère culturelle, et Philippe Meder, le nouveau directeur.
Vous verrez déjà que l'espace d'exposition, et les stands, ont pris leurs aises dans le Hall du Wacken.

Vous y retrouverez bien sûr quelques galeries alsaciennes ou strasbourgeoises dont (liste et illustrations en construction):

AIDA (Strasbourg)- B13 
AUDET (Colmar) - D15
La Galerie Brulée (Strasbourg) - A05
Les Editions Rémy Bucciali (Colmar) - B18
BW Collection (Strasbourg) - C36 et D01
Espace R (nouvelle galerie à Strasbourg) - A13
L'Estampe (Strasbourg) - C20
Le Point Fort (Mittelhausbergen) - B11
Galerie Pascale Froessel (Strasbourg) - A11
Galerie Bertrand Gillig (Strasbourg) - B14
Galerie Yves Iffrig (Strasbourg) - B06
Galerie Kahn (ancien de Strasbourg) - B12
Galerie No Smoking (Strasbourg) - D08
Radial Art Contemporain (Strasbourg) - D02/D05
Rendez-Vous (Strasbourg) - B10
Y.I. Art Contemporain (Strasbourg) - D16 - Jacques Bauer et Louis Danicher

Voici quelques images des oeuvres exposées:

BW Collection - Solmaz Cornet

St-Art - BW - Solmaz Cornet

Calderone - une phot (détail) de Malo - Face cachée:

St-Art - Calderone - Malo - Face cachée

Docks Sud avec des photos de Li Wai


St-Art - Docks Sud - Li Wai - Photo: lfdd

Galerie Pascale Froessel avec une variation sur le "Déjeuner sur l'herbe" par Jean Remlinger:

St-Art - Pascale Froessel - Jean Remlinger - Déjeuner sur l'Herbe 

St-Art - Pascale Froessel - Jean Remlinger - Déjeuner sur l'Herbe  
St-Art - Pascale Froessel - Jean Remlinger - Déjeuner sur l'or


Galerie Gillig au premier plan François Génot - prix de la SAAMS - Société des Amis des Arts et Musées de Strasbourg 2015:


St-Art- Galerie Gilllig -  François Génot - Photo:lfdd

Macadam Galerie - Emeric Chantier avec un Colt de mousse et de fleurs:


St- Art - Macadam Galerie - Emeric Chantier - Photo: lfdd


Galerie Oeil du Prince, un dessin sur les cimaises de Thomas Bossard:

St-Art Oeil du Prince -  Thomas Bossard


Galerie Rendez-Vous - Christophe Meyer:


St-Art - Rendez-Vous - Christophe Meyer - Tigre - Photo: lfdd

Galerie Yves Iffrig avec Patrick Bally-Maître-Grand et Lionel Petithory:


St-Art - Yves Iffrig - Patrick Bailly-Maitre-Grand

St- Art - Yves Iffrig - Lionel Petithory


Y.I. Art Contemporain - Louis Danicher - variation sur les saisons:


Louis Danicher - Eté - St-Art - Photo: lfdd

Louis Danicher - Printemps triptyque - St-Art - Photo: lfdd

Louis Danicher - Printemps détail - St-Art - Photo: lfdd

Louis Danicher - Printemps détail - St-Art - Photo: lfdd



Et un aperçu de la plus grande oeuvre de ST-ART mise en place par la galerie Radial, les "jumeaux" Zwilinge de Pius Morger, sculpture sonore et vibrante qui fait la joie des enfants: "Papa tu nous l'achètes pour Noël?"


St-Art - Radial -Pius Morger - Photo: lfdd

Vous avez encore les espaces du CCFA - Centre Culturel Franco-Allemand au fond à droite et de de l'Art au-delà du Regard au fond à gauche, ainsi que celui de la Ville de Strasbourg dont j'ai déjà parlé et de la CTS.
N'étant pas dans le catalogue, mais bien présent sur la Foire, le galeriste Christophe Fleurov est situé en face des restaurants...

Pour compléter, je vous propose encore une "vidéo" d'une photographie lenticulaire de Henri Clément sur l'Automne, "Les Feuilles" qui est une expérience de vision:






Et pour clore, le détail de la photographie sur du grès de la "Synagogue" de Naohiro Ninomiya 

St- Art - Naohiri Ninomiya - la Synagogue (détail) - photo: lfdd


Bonne Visite

La Fleur du Dimanche

J'ai raté la première St-Off, passez-moi le refrain

Pour sa deuxième année, la manifestation d'Art Contemporain St-Off, en parallèle de St-Art s'est donné des moyens: une sélection avec un jury de professionnels, un Hall d'exposition juste à côté de la grande foire d'Art "officielle", et nous leur souhaitons de progresser encore pour le troisième couplet.

L'ambition dont les organisateurs ont fait preuve, espérons qu'elle leur permettra de proposer une sélection encore plus dense et d'un niveau qui leur permettra de se développer.
A priori, des exposants de l'année dernière sont revenus - certains d'ailleurs étant passé du côte du Hall voisin). Les "régionaux" ont répondu présent - 24 sur 45 exposants, dont Barbara Leboeuf, Wondebabette et Jean-marc de Balthasar qui cette année propose ses portraits "Têtes de .." Fleurs, ce qui n'est pas pour nous déplaire.
Thibault Lafleuriel, souffleur de verre revient de sa résidence du Limousin - il est d'ailleurs aussi présent sur le Marché de Noël avec ses boules de Noël dans l'esprit de Meisenthal.

Str-Off - Nicolas Knepper - Photo:lfdd


Parmi les peintres, citons Anne Brenner, née à Strasbourg et installée à Paris qui nous montre des univers où nos sens se perdent dans un mélange d'architecture, de nature et d'imaginaire et Isabelle Braenner (qui habite rue F. Buisson à Lyon !), nous propose des sous-bois colorés invitant à la contemplation.  

Deux autres directions, d'une part le travail avec un regard "engagé" de la plasticienne 1011 sur la représentation et la condition de la femme et dans un autre registre, l'écriture de lumière du belge Chris Vanden Broeke qui "écrit la lumière sur ses photographies dans son studio-jardin.

Pour vous donner un aperçu de la palette de l'exposition, le "teaser" de l'exposition.   



Bonne Visite

La Fleur du Dimanche

jeudi 26 novembre 2015

ST-ART J-1 - Pour les vernis, c'est Monica Bellucci qui vous accueille

Ça y est, c'est le début de ST-ART, en tout cas pour les vernis qui ont une invitation pour l'avant -première.

Bientôt vous en saurez plus sur ce qu'il y a à voir, ce qu'il ne faut pas rater.

En attendant, un focus sur la nouvelle orientation de ST-ART avec la photographie, dont je vous avais fait un premier programme le 12 novembre.
C'est donc Monica Bellucci qui va vous accueillir à ST-ART, en face de la nouvelle entrée!


ST-ART- MEP - Bettina Rheims- Photo: lfdd

 Le premier stand que vous verrez face à l'entrée est celui de la MEP - Maison Européenne de la Photographie, qui a fait les choses en grand. En l'occurence, un One Woman Show de Bettina Rheims en avant-première de l'exposition qui lui sera consacrée à Paris début 2016.
Cette programmation marque l'une des nouvelles orientations de la Foire d'Art Contemporain de Strasbourg, en l'occurence, la Photographie (et un espace vidéo sur le stand de la MEP.
sur le stand même, un clin d'oeil à la Fleur du Dimanche, le portrait par Bettina Rheims, de Karen Elsonue nue ! 


Vous y voyez en reflet les fleurs de Thomas Rusch sur le stand de Bettina Von Arnim, lui aussi consacré à la photographie (dont je vous ai parlé le 12 novembre).


Karen Elsonue nue- Bettina Rheims  - ST-ART - Photo: lfdd


Thomas Rush - Bettina Von Arnim - ST-ART - Photo: lfdd

La photographie est aussi à l'honneur sur le stand de la ville de Strasbourg consacré au Millénaire de la cathédrale avec une carte blanche à donnée à six photographes, dont Mathieu Gafsou, Valérie Graftieaux, et Florian Tiedje proposés par La Chambre et Eric Antoine, Maïmouna Guereesi et Naohiro Ninomiya par Stimultania:

Valérie Graftieaux  - Millénaire - ST-ART

Naohiro Ninomiya  - Millénaire  - ST-ART
  

Un deuxième axe de la nouvelle orientation thématique de ST-ART est le Street Art avec de grand noms, dont le très conne MR Chat, artiste suisse, de son vrai nom Thoma Vuille. Il est sur quelques galeries de la foire, entre autres la Galerie Bertheas Les Tournesols qui accueille Jonone, C215, Mis.Tic, Speedy Graphito et un artiste iranien qui va faire du Street Art d'intérieur en peignant une moquette.


Mr Chat - Bertheas les Tournesols - ST-ART -Photo: lfdd




Street art sur moquette - Bertheas les Tournesols - ST-ART - Photo: lfdd


Street art sur moquette - Bertheas les Tournesols - ST-ART - Photo: lfdd






Pour vous donner envie de venir à ST-ART, voici la Super star que vous pourrez peut-être vous offrir (je vais essayer de vous trouver le prix de l'oeuvre, c'est Jeff Koons (je vous laisse trouver sur le stand....  Bonne visite (bientôt plus d'info...)


Jeff Koons - ST-ART - Photo: lfdd


A bientôt

La Fleur du Dimanche  

mercredi 25 novembre 2015

Forbidden di Sporgersi: la sculpture du théâtre

Pierre Meunier et sa Belle Meunière est un habitué des scènes strasbourgeoises (le TNS et le TJP depuis de nombreuses années - nous en avions parlé en 2012: La Fleur du dimanche mue), mais cela n'empêche qu'il nous surprend quand même à chacun de ses spectacles.
Avec la proposition d'explorer le monde intérieur de Babouillec, en se basant sur "Algorithmes éponimes", le livre cette auteure autiste, notre curiosité était titillée et Pierre Meunier et sa troupe foutraque nous a gaiement introduit dans cet univers en chantier et décalé.


D'abord un monde faussement transparent et rayé qui est aussi un miroir et que Pierre Meunier entouré  de ses trois compères, Satchie Noro, Frédéric Kunze et Jean-François Pauvros essaient de faire tenir debout ou de reconstruire prouve que le monde est mouvant mais encore en chantier.

Forbidden di sporgersi - ©Jean-Pierre Estournet


Trouver sa place, sentir son corps, le relier à la tête, savoir se servir de ses mains ou se battre contre le Molloch de la technique et de l'énergie intérieure ou de l'espace est un long travail de construction qui amène à la parole, au son, un chemin perturbé par de violents parasites.


Forbidden di soprgersi par culturebox


L'univers est hostile, mais il faut se coltiner la matière, mais Pierre Meunier, artisan bricoleur et performeur de matière nous happe dans cet univers à la frange de l'espace dans un voyage intérieur de la tête décollée du corps, pour essayer de recoller les morceaux, faire le lien, faire passer les fluides. 

Forbidden di sporgersi - © Jean-Pierre-Estournet

Entre chaos et instants magiques, le vie essaie de trouver un équilibre, une mélodie de bonheur - il faut saluer la performance à la guitare de Jean-François Pauvros et le ballet aérien de Satchie Nauro qui essaie de redresser ce monde instable et de calmer la nature.   
Pour finir par "RIEZ" et retourner vers le "RIEN" après le grand chambardement.


Forbidden di Sporgersi
du 25 au 27 novembre à 20h20 au TJP Grande Scène

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche


dimanche 22 novembre 2015

La fleur, le fusil, le drapeau, et la plume.... et le devoir de comprendre

La semaine qui s'achève a été riche en événements, informations, actions, réactions et commentaires.
Agir, réagir, commenter ou comprendre.... Tout un programme !
Mais au préalable, une fleur, toujours présente ou plutôt renaissante en ces journées d'automne (juste avant l'offensive du "général hiver"):


Fleur renaissante - Photo: lfdd

La fleur vit, en ces jours de fin d'automne et dit son plaisir - et son risque - de vivre. Les bougeons qui ont percé ces jours derniers ont dû sentir un pincement très fort les dernières nuits... Et les feuilles rouge éclatant aussi:


Feuilles rouges - Photo: lfdd

Ce rouge nous renvoie à l'actualité et au TVA qui est fourni aujourd'hui.

Tout d'abord, en regard de l'actualité sanglante, quelques réflexions pour essayer de comprendre et d'agir dans la mesure de nos moyens.
"Comprendre", parce que le mot a fait polémique cette semaine, à différents moments - je vous renvoie à l'écoute de l'émission sur France Inter qui en analyse l'origine d'une de ces politiques ici avec Patrick Cohen et Marine Le Pen (si vous ne voulez pas écouter l'intégralité de l'émission, vous pouvez aller directement à la partie commençant par la question "Votre évolution, notamment sur les libertés individuelles, est-ce que vous maintenez votre opposition à la surveillance d’internet?"

Mais comme le dit Jérôme Ferrari dans un texte paru dans le Monde des Livres du vendredi 20 novembre "Déplorer, maudire, ne pas comprendre" qui commence par "Peut-être sommes-nous entrés en guerre, peut-être sommes-nous entrés en résistance, je ne sais pas." et où il dit "Il est donc nécessaire que l'émotion s'exprime, même maladroitement, mais on ne peut admettre qu'elle le fasse sous la forme coercitive d'une injonction. Car une telle injonction revient à condamner d'avance comme complice ou criminel tout effort d'exercice du jugement. On assiste, comme c'était le cas déjà en janvier, à un renversement aberrant de la maxime spinoziste: il nous serait permis de rire, déplorer et maudire, mais en aucun cas de comprendre. Car "comprendre", bien sûr, c'est "excuser" - et on a honte, dans un pays qui a une si haute opinion de sa stature intellectuelle, de devoir écrire que cette équivalence est d'une insondable stupidité."  

Le Monde, dans ce supplément nous aide à comprendre en partageant des textes qu'ils ont demandés à des écrivains qui réagissent et commentent suite aux derniers événements.
Je vous renvoie aussi au texte de Christine Angot "La Belle Equipe" où elle nous raconte l'histoire suivante:
"En 1822, à Baltimore, on donne au théâtre une représentation d’Othello, la pièce de Shakespeare. On demande à un soldat de se mettre en faction dans la salle, il doit veiller au bon déroulement des choses, comme le ferait un vigile. C’est une histoire vraie. Elle nous a été racontée par Stendhal. Les faits sont réels. Donc, en 1822, la représentation d’Othello commence. Le soldat a un fusil à ses pieds, il surveille la salle. Il est là pour ça, c’est son travail. En même temps, il regarde la pièce. Et, quand Othello, fou de jalousie, se jette sur Desdémone, le soldat prend son fusil et tire. Un Noir se jette sur une jeune femme blanche, le soldat a son fusil, c’est immédiat, il saisit son arme, il tire sur l’acteur de la pièce, l’acteur est touché, c’était un tir à balles réelles. L’acteur ne meurt pas, mais il est blessé.
La même chose a eu lieu chez nous, amplifiée, et préméditée. Au Bataclan, on donnait, vendredi 13 novembre, un concert d’un groupe californien, The Eagles of Death Metal. Ils étaient en train de jouer quand les soldats de Daech ont tiré. Comme si la musique métal risquait de leur transpercer les yeux, et qu’au Bataclan la scène n’était pas musicale et fictive, mais réelle. De la même façon que les dessinateurs de « Charlie » étaient en train de dessiner quand les frères Kouachi ont tiré."

Cet épisode trouve son écho dans les pièces chorégraphiques vues cette semaine à Pôle Sud et dont j'ai parlé vendredi: "Le pouvoir du corps, le corps du pouvoir" mais aussi dans le texte de Richard Ford,toujours dans Le Monde des Livres, en première page dans l'article "Une nouvelle urgence langagière" qui cite Salman Rushdie qui cite Richard Wright: "Jadis, en Amérique, les Noirs et les Blancs se sont livrés à une guerre sur la nature de la réalité. leurs représentations étaient incompatibles... il a fallu trouver de nouveaux termes pour rendre compte du monde avant de le changer."  


Pour revenir sur le texte du spectacle "My Majesties", en l’occurrence celle du premier président noir des Etats-Unis, à qui l'on donne le Prix, je vous invite aussi à y réfléchir en vous soumettant un extrait "Nous devons tout d’abord admettre une dure vérité : nous n’allons pas éradiquer les conflits violents de notre vivant." 
Je vous invite à en lire le texte ici, sur le site de Voltaire (dont je ne partage pas forcément les opinions)... et à vous demander comment il justifie la guerre...

Pour ne finir avec tous ces textes, un chiffre: 93% et la réponse après la photo:

Feuille d'érable rouges sur bleu - Photo: lfdd

Cette photo, des feuilles d'érable rouges sur fond bleu renvoient à un objet ici doublement symbolisé, le drapeau, d'une part le drapeau du Canada, cette feuille d'érable rouge, et du côté français, le bleu et le rouge du drapeau (dont le blanc - symbole de la paix est absent), et nous ramène au chiffre et à l'actualité - et à son questionnement: 93% des français interrogés dans un sondage publié aujourd'hui affirment être attachés au drapeau bleu-blanc-rouge.
La société qui commercialise ces drapeaux a d'ailleurs vu ses ventes exploser - arrivant au niveau historique des ventes qu'elle a connue lors de la Mort du Général De Gaule ! 

Nous pouvons également nous interroger sur le "fleurissement" - ou plutôt la "coloration" des photos de profils Facebook avec ces nouveau gadget tricolore dont la finalité économique est, à notre insu d'analyser le degré de relation et de persuasion de chacun de nous vis-à-vis de son réseau d'amis. Sachez cependant que des négociations sont en cours pour protéger votre vie privée (espérons que cela soit suivi de résultats) en interdisant l'exportation vers les Etats-Unis de vos données privées (normalement protégées par la loi "Informatique et Liberté" française) - voir ici: "La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a suivi à la lettre les recommandations de son avocat général dans l'affaire Schrems, et décidé d'invalider le régime du Safe Harbor qui permettait aux entreprises américaines d'importer aux USA des données personnelles de citoyens européens."

Pour finir sur le drapeau français en littérature et en histoire, sur le site de la présidence de la République Française, nous pouvons lire:
"A plusieurs reprises, le drapeau tricolore fut menacé. Le 25 février 1848, lors de la proclamation de la République, les insurgés veulent un drapeau totalement rouge. C'est Lamartine qui, en homme politique harangua la foule et en poète sut trouver les mots pour sauver le drapeau national
"...le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. [...] Si vous m'enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous enlevez la moitié de la force extérieure de la France, car l'Europe ne connaît que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l'Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d'un parti ; c'est le drapeau de la France, c'est le drapeau de nos armées victorieuses, c'est le drapeau de nos triomphes qu'il faut relever devant l'Europe. La France et le drapeau tricolore, c'est une même pensée, un même prestige, une même terreur au besoin pour nos ennemis."
Alphonse de Lamartine

Et pour ne pas finir sans chanson, je vous offre le dernier clip de David Bowie (qui fait penser au spectacle de Lisbeth Gruvez cité plus haut:




Et pour ceux qui sont nostalgique (ou ne supportent pas de regarder un clip de plus de 9 minutes, le tube "Heroes" où nous pouvons croire que nous serons des héros, ne serait-ce qu'un seul jour et gagner !




"I, I will be king
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can beat them, just for one day
We can be Heroes, just for one day

And you, you can be mean
And I, I'll drink all the time
'Cause we're lovers, and that is a fact
Yes we're lovers, and that is that

Though nothing, will keep us together
We could steal time,
just for one day
We can be Heroes, for ever and ever
What d'you say?

I, I wish you could swim
Like the dolphins, like dolphins can swim
Though nothing,
nothing will keep us together
We can beat them, for ever and ever
Oh we can be Heroes,
just for one day".


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

vendredi 20 novembre 2015

Le pouvoir du corps, le corps du pouvoir

Le Maillon de Strasbourg et Pôle Sud nous proposent ces derniers jours deux spectacles fortement d'actualité.

D'une part le travail de Lizbeth Gruwez, dont on se rappelle la magnifique chorégraphie co-créée avec Jan Fabre "Quando l'uomo principale è una donna". Depuis, elle a pris son envol et crée sa compagnie Voetvolk avec le musicien et compositeur Maarten Van Cauwenberghe.
C'est sur la création sonore de ce dernier qu'elle danse dans "It's going to get worse and worse and worse, my friend" ses trois solos, autant d'interprétation de discours... Discours s'adressant à la foule, discours politiques ou d'embrigadement...


It's going to get worse and worse and worse, my friend - Lisbeth Gruwertz


Et la force de la chorégraphie, et la performance de l'interprète Lizbeth Gruwez sera de nous montrer à partir de ce matériau sonore inédit comment le corps se positionne dans une relation de pouvoir.
Trois chemins nous font voir trois manières de construire la force du corps et sa prise de pouvoir ou sa soumission au discours.
La première est plutôt le discours menant le corps et le guidant, à partir d'une partition progressive - sonore et chorégraphique - qui amène la parole et les gestes à s’enchaîner et à s'emballer. 
Je vous invite à en voir le premier ici:
http://www.numeridanse.tv/fr/video/735_its-going-to-get-worse-and-worse-and-worse-my-friend

Le deuxième solo met le son, la parole à la merci de la danse et du geste (si ce n'est l'inverse), construisant un sens à partir d'un assemblage de mots qui naissent comme dans un apprentissage du langage.   

Le dernier sera plus totalitaire et cathartique, emportant le corps dans une force que le discours, même brouillé, balaye et fait souffrir comme dans une tempête.


Your Majesties - Alex Deutinger

Le deuxième spectacle, "Your Majesties" est d'un autre ordre par rapport à ce que le discours exprime. La proposition est plus complexe et nécessite une attention - si l'on veut suivre qu'un seul homme (ou qu'une seule femme) ne pourra assurer. 
En l'occurrence, les deux artistes Marta Navridas et Alex Deutinger s'appuient sur une double compétence de traducteurs et d'interprètes, si l'on exclut l'aspect chorégraphique du dispositif qu'ils mettent en oeuvre. 
Il s'agit du discours de réception de Barack Obama recevant le prix Nobel de la Paix en 2009 et qui commence par ces mots:

"Vos Majestés, 
vos Altesses royales, 
Membres distingués du Comité Nobel de Norvège, 
citoyens des États-Unis et citoyens du monde:
Je reçois cet honneur avec une profonde gratitude et une grande humilité. C’est un prix qui fait appel à nos plus hautes aspirations: malgré la cruauté et la dureté de notre monde, nous ne sommes pas de simples prisonniers du destin. Nos actes comptent, et nous pouvons infléchir le cours de l’histoire vers davantage de justice.
Et pourtant, j’aurais tort d’ignorer la controverse considérable que votre décision généreuse a soulevée : d’une part, parce que je suis au début, non à la fin, de mes efforts sur la scène mondiale. En comparaison de certains des géants qui ont reçu ce prix - Schweitzer et King ; Marshall et Mandela - mes réalisations sont faibles. D’autre part, il y a les hommes et les femmes de par le monde qui ont subi la prison et essuyé des coups dans leur quête de justice ; il y a ceux qui œuvrent au sein des organisations humanitaires à apaiser les souffrances, les millions d’inconnus dont les discrets actes de courage et de compassion inspirent jusqu’aux cyniques les plus endurcis. Je ne saurais en vouloir à ceux qui trouvent ces hommes et ces femmes - certains bien connus, d’autres obscurs pour tous, hormis ceux qu’ils aident - bien plus dignes que moi de mériter cet honneur."

Le texte, en Anglais, est traduit en Français en simultané par Célia Colonna et Alex Deutinger va au fur et à mesure prendre de la distance par rapport à lui.
Ce dispositif est très intéressant, du fait de cette distance et de la relation entre les deux langues, également entre le texte et l'attitude du danseur et, si l'on s'en rend compte, de la relation entre Alex Deutinger et sa partenaire qui, dans le public agit et guide, si ce n'est dirige presque comme une marionnette son partenaire. 
Ce dernier est cependant totalement libre de son corps et instaure un dialogue fort avec le public - qu'il va d'ailleurs également perturber et déranger dans son attitude de spectateur, comme nous pouvons être mis mal à l'aise devant la dérision que l'interprète porte à la solennité du discours.

Effectivement, en cette actualité où l'on est confronté à la violence de discours aveugles, ce spectacle amène un humour grinçant et perturbateur - pour information, La troupe n'a pas eu l'autorisation officielle de donner une "représentation" de la pièce aux Etats-Unis pour raison de "texte non artistique".  
Je vous propose ici un extrait de la pièce: 


Your Majesties (trailer) from navaridas&deutinger on Vimeo.


"It's going to get worse and worse and worse, my friend" à Pôle Sud - Strasbourg, les 18, 19 et 20 novembre
"Your Majesties", à Pôle Sud - Strasbourg, les 20, 21 et 22 novembre

Bons spectacles

La Fleur du Dimanche

jeudi 19 novembre 2015

En attendant Godot - Le Quantique de Beckett par Jean-Pierre Vincent

La pièce de Samuel Beckett "En attendant Godot" est une pièce emblématique du théâtre de l'après-guerre. Ceux qui ne l'ont pas vue, en ont entendu parler ou l'ont étudiée en classe.


En Attendant Godot - Mise en scène: Jean-Pierre Vincent - Photo: Raphaël Arnaud


Elle est jouée actuellement au TNS de Strasbourg dans une mise en scène de Jean-Pierre Vincent.
Créée au Théâtre du Gymnase à Marseille le 16 avril 2015, elle a bénéficié d'une belle tournée en France (Lyon, Angers, Grenoble, Bordeaux), en Belgique (Namur) et passe au TNS à Strasbourg quelques jours (jusqu'au 28 novembre) avant d'aller à Paris aux Bouffes du Nord (du 4 au 27 décembre).
Son passage à Strasbourg dans cette mise en scène est attendue, Jean-Pierre Vincent ayant dirigé le TNS de 1975 à 1983, et cette période est encore dans de nombreuses mémoires de par le souffle créatif qu'il a apporté à la culture qui a porté loin une énergie et une invention artistique que ce soit avec des pièces qu'il a lui-même mises en scène (Germinal, Le Misanthrope,Vichy fictions, Le Palais de Justice,...) ou qu'il a programmées ou initiées, comme les productions d'André Engel qui furent de vrais événements extraordinaires et extra-théâtrales.


En Attendant Godot - Mise en scène: Jean-Pierre Vincent - Photo: Raphaël Arnaud 

Un millefeuille de mots et de sens à déguster en silence.

La pièce de Beckett peut sembler simple, à la limite de l'aride, cependant de multiples couches de sens se superposent et la mise en scène de Jean-Pierre Vincent nous amène à une lecture plurielle. 
La référence au cinéma ouvre la pièce et la ferme et sous-tend le jeu du duo-couple Vladimir et Estragon.
Tout commence par un panoramique/zoom avant simulé sur une silhouette humaine souffrante qui prend corps. Et tout finit dans un "cut" au noir où le temps disparaît et les personnages sont laissés à eux-mêmes, ne partant pas, contrairement à ce qu'ils disent - c'est d'ailleurs le cas également à la fin de première journée. 
Le travail du cadre/hors-cadre participe également à cet aspect cinématoqraphique. Cependant la fin du jour avec un coucher de soleil - lever de lune - relève plus du dessin animé. 
Et le duo Vladimir-Estragon renvoie indéniablement du cinéma comique américain. Les comédiens Charlie Nelson et Abbes Zahmani symbolisant à merveille des Laurel et Hardi complétés de Charlot et Buster Keaton dans un jeu ouvertement gaguesque. 
Mais ce n'est pas du cinéma muet. Même si la prose de Beckett est sobre, le texte est travaillé et les jeux de mots, les situations comiques - de répétition, d'opposition, d'humour grinçant - nous font toucher du doigt un monde d'absurdité où nous ne savons plus pourquoi nous sommes là, si ce n'est pour répéter le même geste, la même parole, pour tenir debout (et encore, la scène où tous sont à terre est époustouflante) tout simplement.
Le millefeuille est aussi dans le texte, entre ces dialogues-monologues de sourds, ou, quand on lâche la pensée, elle aussi finit par tourner en rond et à ne plus savoir où elle va. Ou dans les couches de mémoire qui se perdent - on ne sait plus ce qu'on vient de dire ou les souvenirs communs qui ont resurgi ne sont plus partagés.
Plurielle l'est aussi l'interprétation des comédiens, Alain Rimoux et Frédéric Leidgens (anciens compagnons de Vincent au TNS) dans un duo Pozzo - Lucky à charge contre le vieux monde qui se délite. Et une pensée pour Gaël Kamilindi en "garçon", alerte messager de God(ot) pour dire qu'il ne viendra pas, mais qu'il faut croire qu'il viendra le jour suivant...
N'oublions pas la collaboration des vieux compagnons de route de Jean-Pierre Vincent que sont Bernard Chartreux pour la dramaturgie et Jean-Pierre Chambas qui nous a créé un nulle part sur une route désert(iqu)e et pourtant très "habitée".


Silence - Jean-Pierre Vincent - En Attendant Godot - TNS Strasbourg - Photo: lfdd


Pour tenir tout cela, il y a le silence, qui exprime magnifiquement tout ce que l'on ne sait pas, toute cette incertitude, ce temps où la pensée se perd, où on ne sait plus qui on est et ce qu'on attend. Et Jean-Pierre Vincent, par sa mise en scène, a réussi à faire tenir cette pièce avec ce silence de qualité en traduisant tout à fait Samuel Beckett qui disait dans sa correspondance: 
"Quant à dire qui je suis, d'où je viens et ce que je fais, tout cela dépasse vraiment ma compétence." Et comme pour y arriver, notre écrivain irlandais a écrit cette pièce après la guerre en Français, dont il dit : 
"Depuis 1945 je n'écris plus qu'en Français. Pourquoi ce changement. Il ne fut pas raisonné...  Je vous donnerai quand même une piste: le besoin d'être mal armé."

En Attendant Godot
au TNS à Strasbourg, jusqu'au 28 novembre 2015
aux Bouffes du Nord à Paris, du 4 au 27 décembre 2015

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche