Affichage des articles dont le libellé est Choeur de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Choeur de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg. Afficher tous les articles

jeudi 22 mai 2025

Symphonie N°2 de Mahler à l'OPS: Une symphonie "hénaurme" revit

 Pour clore les concerts de la saison 2024/2025 - avant la présentation de saison prochaine, le 4 juin et le Concert des Deux Rives, le 28 juin - l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg et son chef Aziz Shokhakimov nous offrent la Symphonie N° 2 en do mineur de Gustav Mahler, appelée aussi "Resurrection". Cette symphonie marque un tournant, sinon une rupture stylistique et métaphysique dans l'oeuvre du musicien. Sa composition s'est étalée sur quelques années à partir de 1888 et ce n'est qu'en 1994, aux obsèques du musicien et chef d'orchestre Hans von Bülow, où il entend le choral  de Friedrich Gottlieb Klopstock Aufersteh’n (Ressusciter), qu'il conçoit la forme définitive de la symphonie dont il n'avait que écrit le premier mouvement, sous forme d'un poème symphonique intitulé Todtenfeier (Cérémonie funéraire), d’après un poème épique d'Adam Mickiewiczt, et une ébauche des deux courts mouvements suivants.


OPS - Aziz Shokhakimov - Mahler - Symphonie N° 2 - Photo: Grégory Massat


La symphonie appelle un effectif assez impressionnant, plus de cent musiciens sur scène et les choeurs à la fois de l'Opéra National du Rhin et du Choeur Philharmonique de Strasbourg ainsi que la mezzo-soprano Anna Kissjudit et la soprano Valentina Farcas pour la partie chantée du quatrième mouvement pour la première et des deux pour le dernier mouvement. 

Le premier mouvement, Allegro maestoso démarre sur une tonalité grave, avec les contrebasses et les violoncelles qui attaquent dans un rythme lancinant, suivis des cors et des vents qui montent en gamme. L'orchestre prend de la puissance et nous prend et nous bouscule. Une tension s'installe et nous saisit. Les cuivres se font éclatants et alternent avec des ambiances plus funèbres. Les deux harpes instillent un semblant de douceur tout comme les flûtes, mais le mouvement passe alternativement de moments plus calmes mais sombres, comme une marche funèbre, à des passages impétueux, pour s'éteindre doucement avant de finir dans un dernier sursaut.


OPS - Aziz Shokhakimov - Mahler - Symphonie N° 2 - Photo: Grégory Massat


Avec le deuxième mouvement, précédé d'une pause, l'Andante modérato - Sehr gemächlich (très modéré), est une forme de danse paysanne, assez lente qui se suspend et repart plus sautillante encore. Comme un air de boite à musique un peu nostalgique, qui se diffuse, suivi de quelques dissonances et ruptures harmoniques.  

Le troisième mouvement, un Scherzo, In Ruhig fliessender Bewegung (En un mouvement tranquille et coulant) est une réécriture de son Lied Des Antonius von Padua Fischpredig - le Sermon aux poissons de Saint Antoine de Padoue. C'est une série de mouvements tournoyants, comme une valse, les vents apportant des éclats colorés et qui culminent dans un fougueux et puissant éclat final, soutenus par les cymbales et le gong.


OPS - Aziz Shokhakimov - Mahler - Symphonie N° 2 - Photo: Grégory Massat


Le quatrième mouvement Uhrlicht (Lumière primaire) - Sehr Feierlich, aber schlicht (Très solennel, mais modeste) démarre très doucement avec la voix posée et presque d'outre-tombe d'Anna Kissjudit qui, accompagnée tout doucement par l'orchestre, chante le récit populaire de Des Knaben Wunderhorn, cet enfant qui souhaite accéder aux cieux: Ich bin von Gott und will wieder zu Gott - Je viens de Dieu et je retournerai à Dieu. Cette prière, très simple, fait la bascule vers le dernier mouvement, le Finale.

Ce dernier mouvement, de plus d'une demi-heure, est une vaste fresque musicale, appelant choeurs, orgue et tout l'orchestre, dont une partie (les vents, trompettes, cors et bassons) va jouer à l'extérieur de la salle, ce qui apporte une impression étrange d'au-delà à l'écoute. Quelques vents jouent également avec des sourdines. Le mouvement commence dans un éclat total, un jaillissement puissant, pour poser tous les éléments et amener dans une tension croissante à l'arrivée des choeurs mystérieux, surprenants au bout de plus de vingt minutes après le début, après une tension des flûtes et des cymbales tenue et ténue. C'est comme une apparition, une lente émergence, mystérieuse, comme venue d'ailleurs: "Lève-toi, oui, tu te lèvera à nouveau, Ma poussière, après un court repos ! La vie éternelle, celui qui t'a appelé va te la donner à nouveau.". Il prend une valeur presque métaphysique, s'élargissant vers le cosmique. C'est une lente montée vers la lumière que l'orchestre, avec les cuivres éclatants, accompagne de fortes frappes de cloches brutes. Et la mezzo et la soprano, de concert, chantent la délivrance de la douleur et de la mort tandis que le choeur lance en puissance son message "Bereite dich zu leben - Prépare-toi à vivre" dans un puissant élan final.


OPS - Aziz Shokhakimov - Mahler - Symphonie N° 2 - Photo: Robert Becker


C'est une incroyable prestation, saluée comme il se doit par le public qui applaudit longuement le chef, Aziz Shokhakimov pour sa performance de direction à la fois de l'orchestre et des choeurs, magnifiquement entraînés par Hendrik Haas et Catherine Bolzinger et des deux solistes, toutes les deux magnifiques et sans excès, Anna Kissjudit et Valentina Farkas. Et bien sûr tous les membres de l'orchestre et les solistes qui sont très sollicités, que ce soient les violoncelles au début, et les contrebasses, les timbales et les percussions (les petits coups de clochettes et les gros coups de marteau sur les cloches plates), les clarinettes et hautbois ou les bassons, le trombone, les flûtes et l'orgue en final et bien sûr, j'en ai déjà parlé, les deux harpistes. Car il est vrai que dans cette symphonie, Gustav Mahler arrive à passer d'une puissance d'ensemble à des coups de projecteur et des détails musicaux d'une extrême précision. Cette symphonie faisant un pont entre Beethoven, Wagner et la modernité de la musique du XXème siècle. Et ce concert nous en a donné toutes les sensations, de la plus infime à la plus puissante.


OPS - Aziz Shokhakimov - Mahler - Symphonie N° 2 - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche


 

dimanche 26 janvier 2025

Les Contes d'Hoffmann à l'Opéra du Rhin: L'expérience de la perte pour se retrouver

 Les Contes d'Hoffmann est le premier opéra (fantastique) de Jacques Offenbach qui a fait sa renommée dans le milieu lyrique. Il est aussi un des opéras le plus joués dans le monde et est parmi les cinq le plus représentés à l'Opéra de Strasbourg depuis la guerre. Mais cela fait vingt ans qu'il n'y a plus été montré. Curieusement, ou malheureusement, ce succès, pour Offenbach, est un succès posthume, qu'il espérait connaître mais en vain. Il est mort le 5 octobre 1880, quatre mois avant la première. Il n'avait pas fini d'écrire l'opéra en entier (il n'y avait pas l'orchestration) sur le livret de Jules Barbier et Michel Carré. C'est Ernest Guiraud aidé d'Auguste, le jeune fils d'Offenbach, qui l'ont fait. D'ailleurs, Offenbach étant réputé pour réorganiser et couper des parties dans les pièces jusqu'à la première, ce n'est qu'en 2005 qu'avec l'analyse de manuscrits divers qu'une version complète et critique a vu le jour. A partir de ces éléments, la metteuse en scène Lotte de Beer a également fait sa propre adaptation, dont par exemple le choix de présenter les échanges entre le personnage d'Hoffmann et sa Muse sous une forme théâtrale et non de récitatif, gardant ainsi une dynamique d'Opéra Bouffe. L'histoire se présente sous forme d'un long flash-back où l'Acte I, le prologue et l'Acte V, l'épilogue, deux scènes où l'on assiste aux échanges entre le personnage d'Hoffmann et sa Muse enserrent les récits sur les épisodes amoureux du personnage poète et amoureux. Il l'est successivement d'Olympia, d'Antonia et de Giulietta. Et pour commencer de Stella, la chanteuse qui joue Donna Anna dans un Dom Juan présenté à côté. 


Les Contes d'Hoffmann - Jacques Offenbach - Photo: Klara Beck

La pièce, et la mise en scène joue d'ailleurs beaucoup sur la dualité et le double, les deux maîtres de la narration passant de l'avant-scène (rideau tombé et même ouvert) à la scène, dont ils dirigent en démiurge d'une certaine manière l'action, mais dont ils ne sont pas toujours totalement maîtres. Hoffmann tombant toujours, et dans ses travers, et dans une certaine malédiction ou fatalité qui fait de chaque histoire d'amour un échec. Les trois sont traitées avec des thématiques diverses et des styles différents. 


Les Contes d'Hoffmann - Jacques Offenbach - Photo: Klara Beck

Pour Olympia, ce sera l'aveuglement (même avec les lunette magiques de Coppélius) d'Hoffmann devant un automate (ici sous la forme double à des échelles opposées d'une poupée). Pour Antonia, c'est dans une ambiance plutôt fantastique et magique, "fantasmagorique", que se déroule l'histoire de la chanteuse muette qui meurt de trop bien re-chanter jusqu'à l'extase, pour son amour. 


Les Contes d'Hoffmann - Jacques Offenbach - Photo: Klara Beck

Et avec Giulietta, nous tombons dans la malédiction de l'amour où l'amant se fait voler son âme - et son ombre, son image - par la mort dans un jeu dangereux d'Eros et de Thanatos où les morts s'accumulent, de même que les "reflets" dans très une belle mise en scène.  Les décors de Christophe Hetzer apportent dans leur étrangeté une touche de surnaturel dans les effets de perspective, de perte d'échelle, d'apparition et d'escamotage subtil, tout comme la poupée créée par Jorine van Beek, également créatrice des costumes qui naviguent entre atmosphère fin de siècle et milieux troubles et dont étincelle en beauté le costume de scène de Stella. 


Les Contes d'Hoffmann - Jacques Offenbach - Photo: Klara Beck

La partition musicale, très varié, montre tout le talent de compositeur et de créateur d'opéra d'Offenbach, qui reprend en citation quelques-uns des airs de ses autres pièces. On y trouve tout autant des airs à boire que la devenue célèbre Barcarolle (Belle nuit, O douce nuit d'amour) et les solos, duos, trios et choeur mettent en valeur les interprètes et le choeur de l'Opéra du Rhin sous la direction de Hendrik Haas. Le chef Pierre Dumoussaud, à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg arrive à naviguer entre les multiples climats de cette pièce et lui donne le bon rythme, sans s'essouffler.

 

Les Contes d'Hoffmann - Jacques Offenbach - Photo: Klara Beck

Les interprètes, confrontés à des tableaux très différents, en particulier la soprano Lenneke Ruiten qui assure quatre rôles et les styles variés qu'elle doit interpréter, passant de la fougue au dramatique et à la virtuosité, est magistrale. De même le ténor Attilio Glaser en Hoffmann, avec toute la puissance de feu qu'il offre du début à la fin de cette pièce. La mezzo Floriane Hasler jongle entre ses airs chanté et ses parties théâtrale sans souci et les autres interprètes, le baryton Jean-Sébastien Bou (Lindorf, Coppélius, le docteur Miracle et Dapertutto), le ténor Raphaël Brémard (Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio) et le baryton Marc Barrard (Crespel, le tenancier Luther), Pierre Romainville (Nathanël, Spalanzani, le capitaine des sbires) et Pierre Gennaï (Hermann et Schlémil) troquent aussi aisément les rôles, les costumes et les personnages de cette distribution fourmillante. Et la mezzo-soprano Bernadette Johns fait une spectrale mère d'Antonia. 


Les Contes d'Hoffmann - Jacques Offenbach - Photo: Klara Beck

Ainsi, entre rebondissements, changements d'atmosphère et de style, successions ininterrompues d'événements en tout genre, mélodies entraînantes et pièces vocales captivantes, les aventures de ce poète désenchanté nous entraînent sur de multiples chemins mystérieux et les arcanes mouvantes de l'amour. Jusqu'à la morale finale, la voix de la raison de la Muse qui somme Hoffmann d'arrêter de s'apitoyer sur son sort et de ne s'aimer que soi-même mais de s'ouvrir à l'autre et de reconstruire avec génie à partir de sa douleur: 

"On est grand par l'amour 
Et plus grand par les pleurs."   

Tous ces ingrédients en font une représentation fort enlevée et agréable, d'une très belle tenue artistique - et de l'humour - et dont les performances des artistes et de l'orchestre sont justement saluées par le public ravi.


La Fleur du Dimanche


Les Contes d'Hoffmann


A Strasbourg - Opéra National du Rhin - du 20 au 30 janvier 2025

A Mulhouse - La Filature - les 7 et 9 février 2025

Distribution

Direction musicale: Pierre Dumoussaud
Mise en scène: Lotte de Beer
Décors: Christof Hetzer
Costumes: Jorine van Beek
Lumières: Alex Brok
Réécriture des dialogues et dramaturgie: Peter Te Nuyl
Dramaturgie: Christian Longchamp
Chef de Chœur de l’Opéra national du Rhin: Hendrik Haas
Les Artistes
Hoffmann: Attilio Glaser
Olympia, Antonia, Giulietta, Stella: Lenneke Ruiten
Nicklausse, La Muse: Floriane Hasler
Lindorf, Coppélius, Miracle, Dapertutto: Jean-Sébastien Bou
Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio: Raphaël Brémard
Crespel, Luther: Marc Barrard
Nathanaël, Spalanzani: Pierre Romainville
Hermann, Schlémil: Pierre Gennaï
La Mère: Bernadette Johns
Orchestre philharmonique de Strasbourg, Chœur de l’Opéra national du Rhin

vendredi 14 avril 2023

La 9ème de Beethoven pour les 60 ans du Traité de l'Elysée: Une soirée d'émotion et de partage

 Quelle belle et juste initiative de Rainer Wüstenhagen de l'Orchesterverein de Stuttgart et de Catherine Bolzinger du Choeur Philhamonique de Strasbourg d'avoir concrétisé ce projet commun de concert à Strasbourg et à Stuttgart pour célébrer les soixante ans de la signature du Traité de L'Elysée en 1963. Signé par Konrad Adenauer - à l'origine de l'idée - et le Général de Gaulle, il a marqué le début d'une collaboration active entre nos deux pays frères. Le concert se place aussi dans la lignée des 70 ans de la création du Parlement Européen par Robert Schuman et du jumelage entre Stuttgart et Strasbourg en 1962.  C'est dire que cet événement a beaucoup de parrains et de marraines qui veillent sur sa destinée. Et un public nombreux qui remplit l'église Saint Paul à Strasbourg pour assister à cet événement mémorable. Et magnifique.


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - Dona Nobis Pacem - Peteris Vasks - Photo: lfdd


Le concert commence avec le  Dona Nobis Pacem pour chœur mixte et cordes (1996) du compositeur letton Pēteris Vasks, dirigé avec brio par Catherine Bolzinger. Les cordes jouent une mélodie grave et lente puis se font plus aiguës, plaintives, alors que le choeur composé de plus de soixante choristes emplit de sa puissance tout l'église Saint Paul. Les chanteuses et les chanteurs sont placés au fond du choeur, derrière l'Orchesterverein de Stuttgart qui regroupe des musiciens amateurs (dans tous les sens du terme), et des professionnels qui leur prêtent main forte. 


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - Dona Nobis Pacem - Peteris Vasks - Photo: lfdd


La puissance monte encore, complétée par les cordes. Tout comme le ton monte en gamme. Et on arrive à une apothéose quand les violons crient leur dissonance. Et tout s'achève par la phrase, répétée Dona nobis Pacem. (Donnez nous la paix). Cette prière, réitérée par Pēteris Vasks lui-même dans le programme où il dédie ce chant en particulier aux Ukrainiens, disant "Je souhaite que le Dona Nobis Pacem retentisse avec chaleur et ferveur - plein d'espoir et de d'amour. La lumière l'emporte toujours sur les ténèbres." Le message est passé avec force.


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - 9ème Symphonie - Beethoven - Photo: lfdd


Nous arrivons à la pièce en majesté de Ludwig Van Beethoven, dont l'Ode à la Joie bien connue est devenu l'hymne européen. 

C'est le chef d'origine philippine basé à Stuttgart et qui est à la direction artistique de l'Orchesterverein depuis 2012, Alexander G. Adiarte qui prend en main la direction de l'orchestre et des choeurs pour ce monument de la musique symphonique.


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - 9ème Symphonie - Beethoven - Photo: lfdd


L'allegro ma non troppo, un poco maestroso démarre effectivement majestueusement, avec l'air léger des flûtes, qui s'y intercale. Le mouvement monte en ondoiements avec une puissance qu'insuffle le chef très expressif dans sa direction. Il fait corps avec la musique. Les cors, puis les hautbois reprennent l'air précédent.


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - 9ème Symphonie - Beethoven - Photo: lfdd


Le deuxième mouvement molto vivace démarre avec fracas par sa célèbre entrée et son rythme rapide et entraînant qui caracole et s'envole.

Puis l'adagio molto e cantabile - Andante moderato continue en douceur et langueur, comme un air dansé. Puis résonnent les trompettes, l'heure devient grave, et la suite est annoncée.


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - 9ème Symphonie - Beethoven - Photo: lfdd


Cette suite, le célèbre quatrième mouvement où interviennent les solistes et les choeurs avec l'Ode à la joie de Schiller.  D'abord les contrebasses dialoguent avec les trompettes et la timbale, puis ce sont les violoncelles et l'ensemble des vents qui annoncent les choeurs. L'air, émouvant émerge doucement, d'abord les contrebasses, puis les altos et les violoncelles s'étend à toutes les cordes, repris à l'unisson. Enfin la magnifique voix de baryton de Damien Gastl entonne l'air magnifique avec un "O Freude" puissant. Il emplit l'église et un frisson parcourt le public. Le choeur reprend la strophe, ainsi que les trois autres solistes, la soprano Andreea Soare, l'alto Belinda Kunz et le ténor Glen Cunningham. Toute la puissance du magnifique Choeur du Philharmonique éclate à la reprise de la strophe. Suit la célèbre marche Allegro assai vivace (alle marica) popularisé par Stanley Kubrick dans Orange Mécanique dans la version de Wendy Carlos, ici interprété avec fouge par le ténor Glen Cunningham:

Freude, schöner Götterfunken,
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligthum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Joie, belle étincelle divine,
Fille de l'assemblée des dieux,
Nous pénétrons, ivres de feu,
Céleste, ton royaume !
Tes magies renouent
Ce que les coutumes avec rigueur divisent;
Tous les humains deviennent frères,
Là où ta douce aile s'étend.


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - 9ème Symphonie - Beethoven - Photo: lfdd


La suite des mouvements s'enchaînent dans un tourbillon entre l'orchestre, le choeur et les solistes, dont les très belles voix de la soprano Andreea Soare et de l'alto Belinda Kunz qui s'entrelacent en canon. Le chef Alexander G. Adiarte est complètement immergé dans la monumentale partition de Beethoven qu'il partage avec une fougue sans égale avec son orchestre, les chanteuses et les chanteurs. 


Choeur du Philhamonique - OVStuttgart - 9ème Symphonie - Beethoven - Photo: lfdd 


Partage qui touche au plus profond le public présent qui éclate en applaudissements à la note finale et ne lâche pas son enthousiasme au point que le chef reprend en bis une strophe de l'Ode à la Joie, invitant l'ensemble du public à se joindre aux musiciens, chanteurs et choristes pour un dernier élan partagé et émouvant. Ce que font toutes et tous en se levant pour communier dans cette paix désirée, cette joie, belle étincelle des dieux.


La Fleur du Dimanche