jeudi 19 février 2026

Festival Everybody au Carreau du Temple: les corps ne se tiennent plus à carreau, tous.tes font de la résistance et dansent

Pour la cinquième année le Festival Everybody donne voix et corps aux personnes empêchées, aux queers, aux personnes racisées à tous ceux et toutes celles qui font résistance ou essayent d’avoir leur place pour elles et eux et pour leur corps dans la société. Sottobosco de Chiara Bersani Sottobosco de Chiara Bersani offre ce sous-bois, cet espace qui est à la fois un refuge et un lieu caché ou perdu pour que les corps puissent se trouver, se retrouver, se rencontrer, exister. Sur la scène parsemée de petits cylindres, sortes de troncs, bûches ou champignons, balayés par des rayons de lumière, arrive en rampant une femme, petite et dont le rapport de proportion du buste et des membres est inhabituel, Elena Sgarbossa. Elle traverse à plat ventre l’espace, s’en empare tandis que derrière un pan de tissu, on aperçoit une paire de pieds aller de cour à jardin et une danseuse, Chiara Bersani, habitée de tendresse, arriver sur scène et la parcourir puis se mettre à terre.

Sottobosco Chiara-Bersani - Photo: Alice Brazzit


Les sons et bruits, sortes de craquements entre le bruit de branchages écrasées et des grésillements et crépitements électroniques forment un tapis sonore sur lequel se déploie la voix de Chiara Bersani qui nous conte le désordre d'un monde qui se crée et des roches qui jaillissent du volcan, le corps qui est brisé. Les deux corps sur scène se font leur parcours complémentaire en arcs qui se cherchent. Et qui finalement se trouvent, se rencontrent se rejoignent, s’accordent, se lèvent en symbiose. La musicienne Lemmo d’une belle et puissante voix grave déploie une chanson de soleil, de lumière et d’alliance, de sérénité. De sable et de plage, tandis que les cylindres prennent des couleurs et que les deux interprètes déblaient une chemin parmi ces obstacles.
 

Sottobosco Chiara-Bersani - Photo: Alice Brazzit


Leurs regards appellent les spectateurs, une femme en robe rouge, le pas mal assuré monte sur scène pour les rejoindre, suivie bientôt par deux autres. Une petite communauté soudée se rassemble en cercle festif, un poème de Guilia Traversi célèbre avec eux le bonheur, la fête, la réalisation de l’impossible, un nouveau corps, pour s’embrasser les uns les autres. Un bout de chemin est fait, nous sommes avec elles et eux. Nous avons gagné un autre regard, une perception nouvelle, une autre échelle de temps un monde réécrit. Un grand pas pour l’être ensemble.



Synchronicity / A Folia – Maud Le Platec


Le soirée continue dans la grande halle du Carreau du Temple avec le Grand Ballet de Lorraine drivé avec énergie et intelligence par Maud Le Pladec. La danseuse et chorégraphe qui avait dirigé le Centre chorégraphique national d'Orléans de 2017 à 2024 avant d'être nommée à la tête du Centre Chorégraphique National - Ballet de Lorraine avait été invitée par Thomas Joly à prendre la mise en scène et la direction artistique des cérémonies d'ouverture des Jeux Olympique et Paralympiques de Paris en 2024. Elle a également crée quelques chorégraphies dont Synchronicité, repris ici par les membres du Ballet de Lorraine qui l'avaient créé sur l'Ile de la Cité. 


Synchronicité - Maud Le Pladec - Photo: César Vayssié


C'est un déferlement d'énergie sur ce grand plateau, très vite après une arrivée en solo d'un danseur qui fait une entrée lumineuse. Les lumières éblouissantes et ciselées qui éclatent en jets puissant, les nappes de fumigènes, la musique nerveuse soutiennent la tension et la charge des corps puissants. Entre éclats stroboscopiques et mouvements coordonnés, une incroyable dynamique déborde du plateau. 


Synchronicité - Maud Le Pladec - Photo: César Vayssié


Les mouvements chorégraphiés au cordeau passent de la danse de rues à des postures classiques dans une grande variété et dans des atmosphères rapidement changeantes. Une incroyable fouge transparait dans les sauts, figures et mouvements d'ensemble des 23 danseuses et danseurs dans de magnifiques costumes crème de Daphné Burki. 


Synchronicité - Maud Le Pladec - Photo: César Vayssié


La musique de Victor le Masne ne faiblit pas et ses charges héroïque galvanise la troupe qui sortent de cette courte mais épuisante pièce, qui à la fois nous assomme et nous ravit. Un entracte de vingt minutes est bienvenu avant le deuxième partie.


A Folia


Celle-ci voit les vingt-trois même danseurs interpréter A Folia, une chorégraphie de Marco Da Silva Ferreira.  Inspirée à la fois par la danse folklorique portugaise du XVe siècle et la musique de Corelli, la Sonate pour violon Opus 5 N° 12 remise au goût du jour et boostée à l'électronique par Luis Pestana, la pièce navigue entre exubérance et folie. Les danseurs passent au sol, se hissent les un(e)s sur les autres, forment groupe et jouent le battle dans une succession impressionnante de variations autour de cet aspect festif et déjanté. 


A Folia - Maud Le Pladec - Photo: Laurent Philippe


Le groupe se fait et se défait. Il devient foule qui navigue et tangue, ronde folle, redevient ombres dansantes sur une musique qui s'assombrit. Les costumes, belles créations variées esthétiques et multicolores, quelques uns en noir ou noir et blanc design d'Aleksandar Protic, sont une joie pour l'oeil.  


A Folia - Maud Le Pladec - Photo: Laurent Philippe


Les gestes et mouvements sollicitent largement les bras et les jambes en de magnifiques harmonies, les corps, individuellement ou en mouvements d'ensemble sont un vrai plaisir à voir et le solo de la danseuse en godillots noirs est un sommet du mélange entre délicatesse et excès. Les interprètes ne sont jamais à bout de souffle, même quand ils pompent l'air et l'énergie qu'il nous insufflent et qui nous nourrit pour le reste de la journée. 


A Folia - Maud Le Pladec - Photo: Laurent Philippe


Pendant presque quarante minutes, sans faiblir, entre débauche d'énergie individuelle et mouvements collectifs, la folie carnavalesque déborde de son ardeur et sa frénésie et nous submerge. Nous en sommes à la fois sonnés et plein d'une exaltation qui nous revigore pour le restant de la journée. Et restons subjugués par la performance à laquelle nous venons d'assister.


Introducing Living Smile Vidya - Living Smile Vidya


A l'entrée de la salle où se joue Introducing Living Smile Vidya, c'est Living Smile Vidya elle-même qui nous accueille et nous salue. Et une fois installés, elle nous sollicite pour nous demander  


   

jeudi 12 février 2026

Le Sommet de Christoph Marthaler au Maillon: Une ciné-cure au chalet, là haut sur la montagne

 Christoph Marthaler est entré au théâtre par la porte de la musique - il a joué du hautbois dans un orchestre - et en même temps il a suivi des cours avec Jacques Lecoq où il a baigné dans l'univers du clown et du mime. Il n'est pas inconnu à Strasbourg où sa renommé a traversé les frontières suisses et allemandes. Et pour les plus "anciens" certains se souviennent de sa venue au TNS en 1966 avec la pièce qui a fait sa renommée, crée en 1993 à la Volksbühne à Berlin en 1993, Murx den Europäer ! Murx ihn ! Murx ihn ! Murx ihn ab ! Et nous l'avions aussi revu au TNS en 2015 avec King Size, créée à Avignon. Je disais à l'époque "Marthaler fils de Beckett, de Dada et des Surréalistes" et ce qualificatif lui sied toujours. Avec Le Sommet, une coproduction du Maillon, présenté avec le Festival Musica, nous nous attendons à une excursion en musique et nous ne sommes pas déçus.


Le Sommet - Christoph Marthaler - Photo: Matthias Horn


Bien sûr, et nous nous y attendions, d'excursion, il n'y en a pas. Mais nous étions prévenus, la pièce se passe dans le huis clos d'un chalet dont la seule issue (et la seule porte d'entrée) est un monte-charge qui ne  sert qu'à faire venir les six personnages - un seul en ressortira, très brièvement et en pure perte, et la deuxième échappée de cette claustrophobie sera tout aussi vaine, un tourniquet ne laissant passer personne. Mais Christoph Marthaler fait fi de ces contraintes en "enchantant" à la fois le lieu et le monte charge. Les objets qui s'y révèlent et les "arrivées" des personnages sont à la fois magiques et surprenantes. Inattendues, tout comme les autres "ouvertures" surprenantes et surréalistes, quelquefois graves, ou irruption de moments décalés - comme ce micro dans un placard qui permet à un personnage d'asséner un discours répété, ou l'armoire à pharmacie qui joue de la musique. 


Le Sommet - Christoph Marthaler - Photo: Matthias Horn

La musique et le son sont bien sûr traités avec humour et originalité. Le son délicat et ténu du monte charge apportant un suspense, tout comme le bruit assourdissant de l'hélicoptère, répété et dont on essaie de deviner l'issue possible, ou pour la musique, dans toutes les acceptions du terme. Cela va d'une chorale rythmée et tournante de sons monosyllabiques: "oui, ja, yes, no, five, qui, non, but..." à une chanson pop super bien balancée, l'occasion pour nos six interprètes de se lancer dans une chorégraphie enfiévrée dans de magnifiques costumes de fêtes. 


Le Sommet - Christoph Marthaler - Photo: Matthias Horn

Les costumes sont un des moteurs (ou conséquence) de la dramaturgie, avec cette arrivée de "montagnard.e.s" dont on guette les entrées surprenantes (dont la dernière avec un harnachement indescriptible qui disparaîtra très vite) et leur transformation en "saunistes" alors que le "sommet" de la montagne - celui du titre et qui soutient le chalet - est transformé en pierre brûlante. Les costumes sont aussi le moyen de nous projeter dans des univers divers (et pas juste dans la neige en survêtements avec bâtons de skis, source d'un autre ballet grotesque) et de caractériser ces six personnages dont les langues multiples et liées nous content des récits décalés et désorientant. Marrants ou poétiques, philosophiques ou pragmatiques, quelquefois absurdes ou cadavres exquis, avec une certaine dose de comique froid et de répétition.


Le Sommet - Christoph Marthaler - Photo: Matthias Horn


Les interprètes - et leurs personnages - participent pleinement à cet humour mixte, autant par leurs attitudes particulières que par leur expression, leur langue et leur accent. L'écossais Graham F. Valentine, le grand roux avec ses chaussures de montagne et son humour pince sans rire, à l'aise autant en anglais qu'en allemand, l'autrichien Lukas Metzenbauer dont la langue virevolte au point que le traducteur abandonne (volontairement) la partie - cela devient une "langue étrangère" sur cette arche de Noël - le comédien chanteur suisse allemand de Bâle, Raphael Clamer, autant à l'aise dans le texte qu'il débite sans accroc et d'une voix grave et posée que pour les chansons qui nous feraient danser, la française Charlotte Clamens qui fait sa bande à part avec assurance, Federica Fracassi, l'italienne qui chante et danse et Liliana Benini l'autre italienne qui ne craint ni les lourdes charges ni l'acrobatie à ski sans skis mais avec bâtons. 


Le Sommet - Christoph Marthaler - Photo: Matthias Horn


Ces différents parlers et accents nous plongent dans un bain linguistique et nous dépaysent tout en titillant notre attention. Et pour nous laisser repartir sans regret et avec douceur (une douceur relative, vu la chute), ce petit groupe avec lequel on aura passé un très bon moment dans ce chalet (Là haut sur la montagne) nous offre en berceuse d'au revoir une très belle version a capella magnifiquement interprétée de la chanson des Beatles "Good night" tandis que les comédiens chanteurs couvrent la montagne (le rocher apparent) de couvertures et d'habits en toute douceur. C'était une très belle soirée.


La Fleur du Dimanche


Le Sommet


Le 12 et 13 février 2026 au Maillon - Strasbourg

Conception et mise en scène : Christoph Marthaler
Avec : Liliana Benini, Charlotte Clamens, Raphael Clamer, Federica Fracassi, Lukas Metzenbauer, Graham F. Valentine
Dramaturgie : Malte Ubenauf
Scénographie : Duri Bischoff
Costumes : Sara Kittelmann
Maquillage et perruques : Pia Norberg
Lumière : Laurent Junod
Son : Charlotte Constant
Collaboration à la dramaturgie : Éric Vautrin
Assistanat à la mise en scène : Giulia Rumasuglia
Répétition musicale : Bendix Dethleffsen, Dominique Tille
Stage à la mise en scène : Louis Rebetez
Production : Marion Caillaud, Tristan Pannatier
Accessoires et construction du décor : Théâtre Vidy-Lausanne
Confection de costumes : Piccolo Teatro di Milano – Teatro d’Europa
Régie générale : Véronique Kespi
Régie lumière : Jean-Luc Mutrux
Régie son : Charlotte Constant
Régie plateau : Fabio Gaggetta
Habillage : Cécilé Delanoë
Production : Théâtre Vidy-Lausanne / Piccolo Teatro di Milano – Teatro d’Europa / MC93 – Maison de la culture de Seine-Saint-Denis
Coproduction : Bonlieu, Scène nationale Annecy / Ruhrfestspiele Recklinghausen / Les Théâtres de la Ville de Luxembourg / Festival d’Automne à Paris / Théâtre National Populaire de Villeurbanne / Festival d’Avignon / Maillon, Théâtre de Strasbourg – Scène européenne / Malraux, Scène nationale Chambéry Savoie / Les 2 Scènes – Scène nationale de Besançon / tnba – Théâtre national Bordeaux Aquitaine / International Summer Festival Kampnagel
Dans le cadre du Projet Interreg franco-suisse n° 20919 – LACS - Annecy-Chambéry-Besançon-Genève-Lausanne
Remerciements : Isabelle Faust
Le Sommet comprend des textes de Christoph Marthaler, Malte Ubenauf et les interprètes, ainsi que des extraits et citations d’Elisa Biagini, Olivier Cadiot, Patrizia Cavalli, Bodo Hell, Norbert Hinterberger, Gert Jonke, Antonio Moresco, Aldo Nove, Pier Paolo Pasolini, Werner Schwab, Christophe Tarkos, Dylan Thomas, Giuseppe Ungaretti et Patrizia Valduga, ainsi que des musiques inspirées des Beatles, l’Abbé Bovet, Adriano Celentano, Wolfgang Amadeus Mozart, Franz Schubert ainsi que des mélodies populaires suisses et autrichiennes.

          

mardi 10 février 2026

Le Cabaret Discrépant d'Olivia Grandville: Du bar en parallèle au plateau, la poésie cisèle la danse

 A l'instar du Cabaret Voltaire, ce petit bistrot de Zurich qui a vu naître le mouvement Dada, Le Cabaret Discrépant d'Olivia Grandville nous accueille dans le bar de Pôle Sud pour une soirée entre bar et plateau. C'est en trombe mais sans tambour ni trompette que Pascal Quéneau nous sert quelques poèmes lettristes, entre autres d'Isidore Isou le "Messie" du lettrisme, ou de Maurice Lemaitre qui a également exploré tous les domaines de l'art. Pascal Quéneau est rejoint à notre grande surprise par les autres comédien.ne.s - danseur.euse.s qui étaient dissimulé.e.s parmi le public. Un alerte et vivifiant mélange d'une d'histoire (bien critique) de la danse, de citations qui vont de textes surréalistes jusqu'à l'autre Isidore, Ducasse en l'occurrence, et de poèmes faits d'onomatopées ou dont le son fait sens - en nous laissant imaginer une histoire entre Elsa et Aragon - pousse nos neurones en alerte et stimule notre instinct de survie quand des ballons rouges nous foncent dessus. Les originaux "Ballet des lèvres" ou "Ballet des yeux" conviennent particulièrement à cette proximité entre la salle et les comédiens. Et cette complicité nous emporte avec enthousiasme dans ce plaisant voyage dans le temps et les arts, jusqu'à ce qu'on nous invite à un autre voyage dans l'espace. 


Le Cabaret Discrépant - Olivia Grandville - Photo: Yves Godin


En l'occurrence vers la salle de spectacle où nous attend une surprise et, sur le plateau, le danseur Laurent Pichaud, couché à plat ventre, la tête tournée vers nous et qui va exécuter le mimodrame Gesticulaire de Maurice Lemaitre ou son équivalent tandis qu'Olivia Grandville, devant la scène, nous fait entendre sur son casettophone la suite de la conférence. Celle-ci va continuer à se dérouler sur la scène où les cinq danseurs, dont Catherine Legrand tout de rouge vêtue, nous en présentent la suite bien rythmée, illustrée par des passages dansés, d'extraits de mimodrames - de mime ciselant plutôt - pour resituer cette "révolution lettriste" dans l'univers de la danse. Un peu à l'image de l'art ou de la musique au début du XXème siècle, ou pour le cinéma, à son échelle, par l'arrivée de la Nouvelle Vague. 


Le Cabaret Discrépant - Olivia Grandville - Photo: Yves Godin


Cette révolution se fait joyeuse et débordante, à voir par exemple les interprétations très iconoclastes  des Fugues mimiques de Maurice Lemaitre pour lesquelles les interprètes injectent une bonne dose d'humour, et qui permet de constater qu'une "interprétation" n'est jamais "unique". Sans oublier le "happening" éclaboussant lors duquel les fleurs et les légumes (des poireaux et des poivrons) sont allègement envoyés sur la scène par les spectateurs et retournés à l'envoyeur. 


Le Cabaret Discrépant - Olivia Grandville - Photo: Yves Godin


Olivia Grandville ne manque ni d'ironie, ni de talent pour dépoussiérer avec intelligence et originalité cette étape dans l'histoire et l'évolution de l'Art Chorégraphique, tout comme elle avait déjà pu le faire précédemment avec Kurt Schwitters, ou qu'elle a interrogé la masculinité, un sujet on ne peut plus actuel dans sa pièce récente Débandade vue à Pôle Sud en janvier 2024. En tout cas la proposition est originale et embarque les spectateurs qui en sortent ravis.


La Fleur du Dimanche


Le Cabaret Discrépant


A Pôle Sud le 10 et 11 février 2026 


Conception : Olivia Grandville, d’après Isidore Isou
Collaboration artistique et création lumière : Yves Godin
Interprétation : Olivia Grandville, Catherine Legrand, Olivier Normand, Laurent Pichaud, Pascal Quéneau
Régie générale et lumière : Bertrand Perez
Textes extraits de La marche des jongleurs d’Isidore Isou (Œuvres de spectacles – © Éditions Gallimard) / La créatique ou la novatique d’Isidore Isou (Éditions Al Dante) / La danse et le mime ciselants et Fugue mimique de Maurice Lemaître (Jean Grassin éditeur) / Roxana et Hymne à Xôchipilli de Maurice Lemaître (Œuvres poétiques et musicales – Éditions le point couleur) / Piètre Pitre de François Dufrêne (Archi-Made – École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, coll. Écrits d’artistes) / Visages de L’Avant-Garde : 1953 de l’Internationale lettriste (Éditions Jean-Paul Rocher) / Manifeste de la danse ciselante d’Isidore Isou / Partition de la danseuse de Maurice Lemaître (extrait du premier Sonnet Gesticulaire – la danse et le mime ciselants – Jean Grassin éditeur)

Production : Mille Plateaux, CCN La Rochelle
Coproduction : Centre de Développement Chorégraphique Toulouse / Midi-Pyrénées, Musée de la Danse – Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne, Centre Chorégraphique National de Montpellier dans le cadre du programme Domaines, Arcadi
Avec le soutien de l’association Beaumarchais et la SACD, La Ménagerie de Verre dans le cadre des Studiolab et avec le concours de Mécènes du Sud.
Le Cabaret Discrépant est un projet lauréat Mécènes du Sud 2010.
Remerciements à Fanny de Chaillé, François Chaignaud, Laurent Pichaud, pour leur apport original dans cette danse.
Mille Plateaux, CCN La Rochelle, direction Olivia Grandville est soutenu par le Ministère de la culture – DRAC Nouvelle-Aquitaine, la Région Nouvelle-Aquitaine, la Ville de La Rochelle.

dimanche 8 février 2026

Hamlet par Bryan Arias avec le Ballet de l'ONR: Etre ou ne pas être dans le crâne d'Ophélie et danser avec Shakespeare

 Bruno Bouché porte particulièrement à coeur de constituer un répertoire chorégraphique du XXIéme avec la volonté de confronter le regard historique sur le patrimoine en l'ancrant dans le monde actuel. Outre la revisitation de la musique classique, Bach, Mahler, Schubert,... avec un regard d'aujourd'hui avec "Danser...", il se frotte autant à la littérature (Yours Virginia, On achève bien les chevaux), au cinéma (Chaplin, Les Ailes du Désir) ou aux contes et aux mythes (Alice). Pour Hamlet, il confie à Bryan Arias l'adaptations de cette pièce emblématique de William Shakespeare. De cette histoire remplie de spectres et de morts, avec huit personnages masculins pour deux femmes, Bryan Arias va en faire une lecture féminine, privilégiant le personnage d'Ophélie, qui d'ordinaire subit son sort en la faisant témoin et actrice du destin, lui laissant même le rôle assumé du spectre puis une présence post-mortem qui la fait trôner au royaume des morts. 


Hamlet - Bryan Arias - Ballet de l'Opéra National du Rhin - Photo: Agathe Poupeney


Pour finaliser sa chorégraphie, Bryan Arias a travaillé dans deux directions, d'une part un travail d'improvisation avec les danseurs du Ballet de l'Opéra National du Rhin, ce qui a abouti à une adaptation des styles, expressions et gestes des danseuses et des danseur et donc une très belle qualité d'interprétation. D'autre part, il a confié au pianiste et chef d'orchestre Tanguy de Williencourt le choix de la structure musicale en lui indiquant le synopsis et les atmosphères des différents tableaux. Ce dernier a principalement choisi des oeuvres de Jean Sibelius, dont les climats nordiques convenaient parfaitement pour l'ambiance générale. Il a complété avec Tchaïkovski, Chostakovitch et Grieg. 


Hamlet - Bryan Arias - Ballet de l'Opéra National du Rhin - Photo: Agathe Poupeney


Ayant fait le choix d'assembler des mouvements complets, la partition garde une belle homogénéité et rien de mieux que de la diriger lui-même avec l'Orchestre Symphonique de Mulhouse qui en fait une très belle et limpide lecture. Cela commence par une ouverture grave, annonciatrice du malheur à venir, en particulier, très vite la mort du roi. Cela devient plus joyeux pour la suite, à savoir le mariage de Claudius avec la reine Gertrude. Une mention spéciale à ce couple de danseurs, Miguel Lopes et surtout Emmy Stoeri pour les quelques duos aériens énergiques et envolées joyeuses qu'il nous offrent. Les deux amis d'Hamlet Rosencrantz et Guildenstern interprétés par Nirina Olivier et Jasper Arran ont aussi un style comique assez particulier. 


Hamlet - Bryan Arias - Ballet de l'Opéra National du Rhin - Photo: Agathe Poupeney


Il faut noter que Bryan Arias qui a débuté dans les danses urbaines en distille un peu dans le spectacle, même si ce n'est pas forcément le style inné du Ballet du Rhin. L'épisode "spectacle dans le spectacle" va mieux pour les interprètes qui peuvent faire des déboulés, des traversées et des diagonales, des pirouettes et des tours en l'air. La chorégraphie, où l'on sent une certaine influence dans les mouvements de Jiri Kylian et dans la dramaturgie de Crystal Pite est cependant variée et bien construite. L'écueil de la pantomime que l'on pourrait attendre pour un tel sujet est heureusement évitée et les multiples et surprenants rebondissements sont bien lisibles, de même que les errements des personnages - même si l'on n'a pas leurs monologues shakespeariens - transparaissent dans leurs interprétations. 


Hamlet - Bryan Arias - Ballet de l'Opéra National du Rhin - Photo: Agathe Poupeney


La scénographie, le décor et les lumières de Lukas Marian rendent bien la désolation de la situation. Et le premier épisode d'apparition du spectre, tel un fantôme double, où l'on ne sait plus qui est véritablement enfermé derrière les grilles, est révélateur. Tout comme la métaphore du corps de Claudius sous le tissu qui annonce le cimetière et le cercueil d'Ophélie, tout comme le mélange des vivants et des morts que sont Ophélie et Yorick, nous font nous interroger sur l'authenticité de la réalité. Peut-être que la vie n'est qu'un songe. 


Hamlet - Bryan Arias - Ballet de l'Opéra National du Rhin - Photo: Agathe Poupeney

Mais une chose est sûre, Hamlet est une magnifique pièce très bien interprétée par le Ballet de l'Opéra National du Rhin et par les musiciens de l'Orchestre Symphonique de Mulhouse.


La Fleur du Dimanche


Hamlet


A la Filature - Mulhouse - 30 janvier - 1er février 2026

A l'Opéra National du Rhin - Strasbourg - du 8 au 13 février 2026


Chorégraphie: Bryan Arias
Direction et dramaturgie musicale: Tanguy de Williencourt
Musiques: Jean Sibelius - Piotr Ilitch Tchaïkovski - Dmitri Chostakovitch - Edvard Grieg
Dramaturgie: Gregor Acuña-Pohl
Costumes: Bregje Van Balen
Décors, lumières: Lukas Marian
Mise en répétition: Claude Agrafeil
Assistante à la chorégraphie: Alba Castillo
Assistante aux costumes: Carlijn Petermeijer
Pièce pour l’ensemble de la compagnie.
Avec le soutien de Fidelio et de la Caisse des Dépôts.
Ballet de l’Opéra national du Rhin
Ophélie: Lara Wolter
Prince Hamlet: Marin Delavaud
Reine Gertrude: Emmy Stoeri
Roi Claudius: Miguel Lopes
Roi Hamlet: Cauê Frias
Polonius: Pierre-Émile Lemieux-Venne
Horatio: Alice Pernão
Laërte: Afonso Nunes
Danseurs de ballet: Marta Dias, Afonso Nunes et Miquel Lozano
Rosencrantz et Guildenstern: Nirina Olivier et Jasper Arran
Yorick: Marc Comellas
Deux fossoyeurs: Di He et Leonora Nummi
Un prêtre: Jesse Lyon
Courtisans: Marc Comellas (acte 1) et Afonso Nunes
Courtisanes: Christina Cecchini, Di He, Milla Loock, Julia Juillard, Orania Varvaris et Leonora Nummi
Soldats: Wilson Baptista, Rubén Julliard, Hénoc Waysenson et Alexandre Plesis
Orchestre national de Mulhouse

samedi 7 février 2026

Au Festival Premières au Maillon: Chara Kotsali It's the end of the amusement phase: On achève bien les chevaux hellènes - Fini de jouer !

 It's the end of the amusement phase de Chara Kotsali démarre sur les chapeaux de roues sur un flot - flow de paroles moitié anglais, moitié grec. Le son est premier, la voix, les voix multiples qui se mêlent dans une bande son faite de collages sur un rythme effréné, mélange aussi, rapidement de musiques, toutes sortes de musique aussi. Des réminiscences de musique du pays (Chara Kotsali est grecque) qui émergent après ce premier solo introductif où il est question de "problèmes">", de "bazard'", d'"extinction", d'"accélération supersonique, gin tonic", de "choc du futur". Et sur cette musique plus ou moins en sourdine, démarre aussi cette danse ancrée dans le souvenir, que les trois interprètes, Chara Kotsali, Sofia Pouchtou et Christina Skoutela vont faire naître, d'abord tout en intériorité, mimant les gestes, les esquissant comme pour une répétition pour les faire advenir et les faire surgir et exploser sur le plateau.


Chara Kotsali - It's the end of the amusement phase - Photo: Pinelopi Gerasimou


Et c'est parti pour une folle cavalcade sans fin pour ces trois danseuses habillées léger dans de gracieux et confortables habits sport. Elles vont sans s'arrêter, alterner toutes sortes de genres de danse, de celles folkloriques à celles populaires ou de cabaret, du disco aux raves, des danses américaines à la macarena, tournoyant dans une incroyable unité et synchronicité. Sans faiblir et sans s'essouffler, elles enchainent fête d'anniversaire, défilé de majorettes, de carnaval avec confetti - ou avec poupée ou révolver - défilé au drapeau ou à la grosse caisse, manifestation et revendication tout en continuant à parler ou à marquer les changements de rythme et de danse. 


Chara Kotsali - It's the end of the amusement phase - Photo: Pinelopi Gerasimou


Elles mêlent le privé et l'universel, tandis que la bande son déroule ce poème épique multilingue qui unit l'expression brute, le collage de mots et d'évènements, marquant des dates des anniversaires. Ce peut être ceux d'une naissance (celle des pères et peut-être aussi celle des trois interprètes) tout comme une révolution (1789) ou d'un massacre ou d'un bombardement ou d'une guerre (1936 - Espagne, 1951 - Grèce, 1959 - Cuba, 1968 - mai, 1975 - Vietnam, 2008 - Grèce,...). 


Chara Kotsali - It's the end of the amusement phase - Photo: Pinelopi Gerasimou

Leur danse magnifique, leur énergie transcende le temps. Elles se projettent avec grâce et détermination dans un rituel incantatoire, hymne de révolte et surgissement de vitalité. La beauté de leur danse conjure la violence de monde. Et elles nous transmettent cette beauté et cette énergie. Sauvons le monde ! 


La Fleur du Dimanche


 It's the end of the amusement phase


Au Maillon le 6 et 7 février 2026

Conception, chorégraphie, texte : Chara Kotsali
Co-création de la performance : Sofia Pouchtou, Christina Skoutela, Chara Kotsali
Assistante chorégraphe : Vassia Zorbali
2ème assistante chorégraphe : Clara Aguilar
Création sonore et musique : Anna Maria Rammou, Chara Kotsali
Décor et costumes : Periklis Pravitas
Création des lumières : Eliza Alexandropoulou
Consultante en dramaturgie : Dimitra Mitropoulou
Regard extérieur : Κοnstantina Georgelou
Production en ligne : TooFarEast & Chara Kotsali
Traduction et surtitrage : Lisa Trahard
La recherche pour IT’S THE END OF THE AMUSEMENT PHASE a été soutenue par Onassis AiR et le Réseau Grand Luxe. Chara Kotsali remercie tout particulièrement TROIS C-L Luxembourg, CAMPUS Paulo Cunha e Silva (Porto), Grand Studio Bruxelles et L’Abri Genève.

vendredi 6 février 2026

Art Karlsruhe 2026, une Foire dense et une rencontre qui donne la #Banane

 Cette année, la Foire Art Karlsruhe prend de l'avance et densifie sa participation. Alors que d'habitude elle se tient dans la deuxième quinzaine de février - sauf en 2022 où c'était carrément en juillet, et en 2023 où c'était début mai - elle se lève tôt en février et resserre sa participation à environ 180 exposants dont 46 galeries venant de 46 pays dont l'Italie, l'Espagne, le Japon, la Pologne et Taïwan. Dans le lot, 18 nouveaux exposants. La galerie alsacienne de Masevaux JustBEE a même deux stands. Les grands classiques de l'Art  (Moderne) qui sont maintenant dans le Hall 1 sont présentés par plus d'une vingtaine de galeries, on y trouve Marc Chagall, Salvador Dali, Lyonel Feininger, Joan Miró et Pablo Picasso et la galerie madrilène Ladron de Guevara est encore présente avec les travaux de Maximilien Luce vus l'année dernière. Un accent est mis sur le Pop Art américain avec Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg, Andy Warhol et Tom Wesselmann et une présentation de la collection du collectionneur Dietmar Kohlrusch. Il y a aussi les espaces de sculptures (18 sur toute la foire). Le tout donne une agréable impression de grands espaces où les oeuvres peuvent être à l'aise, les visiteurs aussi. On peut même y rencontrer des artistes, comme Markus Lüperz dont on trouve beaucoup de sculptures sur différents stands et... une surprise plus loin...


Art Karlsruhe - Markus Lüpertz et .... - Photo: Carlotta Roob

 


Les Fleurs 

Pour commencer notre visite, Fleur du Dimanche oblige, je vous propose un "pot-pourri" de fleurs. Toujours à la galerie Ladron de Guevara, ces deux tableaux d'Emilie Charmy, d'origine alsacienne née à Saint Etienne et passée par Lyon puis Paris où elle a été découverte par Berthe Weil, d'une part des pivoines et des pavot et - Alsace oblige? - des géraniums:

 

Art Karlsruhe - Ladron de Guevara - Emilie Charmy - Fleurs - Photo: Robert Becker


On change pour de la photo avec ces fleurs de Vera Mercer chez Schlichtenmaier:


Art Karlsruhe - Galerie Schlichtenmaier - Vera Mercer - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe - Galerie Schlichtenmaier - Vera Mercer - Photo: Robert Becker


Un hommage à Monet ? de Dénesh Ghyczy à la Galerie an der Pinakothek der Moderne


Art Karlsruhe -  Galerie an der Pinakothek der Moderne - Dénesh Ghyczy - Photo: Robert Becker


Et à la Galerie Koch-Westenhoff,  Stefan Dobritz et ses nénuphars:


Art Karlsruhe - Galerie Koch-Westenhoff - Stefan Dobritz - Photo: Robert Becker


Et des oiseaux de paradis devant deux oeuvres d'Otto Piene:


Art Karlsruhe - Galerie Samuelis Baumgarte - Otto Piene - Photo: Robert Becker


A la Galerie parisienne Eric Mouchet, les fleurs vues par Bertrand Hughes et Christine Crozat avec un travail en commun:


Art Karlsruhe - Galerie Eric Mouchet - Bertrand Hughes - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe - Galerie Eric Mouchet - Bertrand Hughes - Christine Crozat - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe - Galerie Eric Mouchet - Christine Crozat - Photo: Robert Becker


Il faut noter qu'Eric Mouchet est le (re)découvreur du couple Robert Michel et Ella Bergmann-Michel, des artistes qui étaient proche de Kurt Schwitters et du Bauhaus et membres actifs de l'avant-garde allemande à partir des années 1920. Il les avait déjà exposés l'année dernière.

Un autre aspect de l'approche des fleurs, c'est celle de Marlon Lanziner qui est très originale, du fait qu'il fond dans du bronze des plantes en pleine floraison dans toute leur fragilité. Ca travail a reçu toute l'attention des Assurances Artima, la branche assurance des oeuvres d'art de Manheimer Verrsicherung AG qui lui a décerné le Prix de la Foire Art Karlsruhe conjointement par la ville de Karlsruhe et le Land Baden-Wurtemberg. Voici quelques-unes de ses sculptures et une photo:


Art Karlsruhe -  Artima - Marlon Lanziner - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe -  Artima - Marlon Lanziner - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe -  Artima - Marlon Lanziner - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe -  Artima - Marlon Lanziner - Photo: Robert Becker


Autre travail à partir de la photographie, celui de Birgit Unterweger à la Galerie Steinberger qui fait un délicat travail autant an couleur qu'en noir et blanc avec des paysages féériques.

Art Karlsruhe -  Steinberger Galerien  - Birgit Unterweger - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe -  Steinberger Galerien  - Birgit Unterweger - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe -  Steinberger Galerien  - Birgit Unterweger - Photo: Robert Becker



La démarche de Hiroyuki Masuyama à la Galerie Rothamel est encore plus originale. Il a fait 365 photographies d'une forêt du côté de Düsseldorf qu'il a juxtaposés pour en donner faire une vue chronologique sur l'année 2021. Il a également réalisé un hommage photographique à Caspar David-Friedrich - que l'on voit en reflet sur la vitre ;-)


Art Karlsruhe -  Galerie Rothamel - Hiroyuki Masuyama - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe -  Galerie Rothamel - Hiroyuki Masuyama - Photo: Robert Becker


La Banane


Après les fleurs, les fruits.. et en particulier la #banane.

On la trouve dans une nature morte de Karl Hofer à la galerie Michael Schwarze Fine Art: Blaue Schale mit Früchte, une oeuvre tardive de 1954.


Art Karlsruhe -  Galerie Michael Schwarze Fine Art - Karl Hofer - Photo: Robert Becker

 

Et sculptée dans du bois de tilleul par Jessi Strixner à la Galerie Filser & Gräf en deux versions: couchée ou fixée au mur (en écho à celle de Maurizio Catelan).


Art Karlsruhe -  Galerie Filser & Gräf - Jessi Strixner - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe -  Galerie Filser & Gräf - Jessi Strixner - Photo: Robert Becker

Mais celui qui n'a pas copié Catelan et qui "spraye" ses bananes depuis des années sur les murs de musées du monde entier et qui la décline en de multiples versions, Thomas Baumgärtel, est là en chair et en os sur le stand de Geissler-Bentler et il a accepté de poser pour un "Autoportrait à la Banane" et un "Portrait à la Banane" suivi de quelques variations:


Art Karlsruhe -  Galerie Geissler Bentler - Autoportrait à la Banane - Thomas Baumgärtel - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe - Galerie Geissler Bentler - Portrait à la Banane - Thomas Baumgärtel - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe - Galerie Geissler Bentler - Bansky - Richter - Banane - Thomas Baumgärtel - Photo: Robert Becker

Art Karlsruhe - Galerie Geissler Bentler - Catelanbanane - Thomas Baumgärtel - Photo: Robert Becker


Art Karlsruhe - Galerie Geissler Bentler - Ueckerbanane - Thomas Baumgärtel - Photo: Robert Becker


Art Karlsruhe - Galerie Arthus - Schwanzwaldbanane - Thomas Baumgärtel - Photo: Robert Becker



Les grands noms que vous devriez connaître:


A la Galerie W  O  S , une aquarelle sur papier de A.R. Penk - 47.5 x 36 cm - quand même 26.000 € :


Art Karlsruhe - Galerie W  O  S - Aquarelle - A.R. Penk - Photo: Robert Becker


A la Galerie Kroken, une édition de Tapies gravure 39 x 77 cm de 1972 en 75 exemplaires de cette "Camisa" - chemise - seulement 2.400 €:


Art Karlsruhe - Galerie Kroken - Camisa - Antoni Tapies - Photo: Robert Becker


A la Galerie ARTES quelques quelques gravures A4 avec retouches d'aquarelle d'Andy Warhol - A vous de trouver les prix :


Art Karlsruhe - Galerie ARTES - gravure aquarellée - Andy Warhol - Photo: Robert Becker


Art Karlsruhe - Galerie ARTES - gravure aquarellée - Andy Warhol - Photo: Robert Becker



Toujours chez ARTES, cette édition (150 ex.) de Wolke de Gerhard Richter (63.8 x 59.9 cm) - prix à trouver, à priori autour de 150.000 €:


Art Karlsruhe - Galerie ARTES - Wolke  - Gerhard Richter - Photo: Robert Becker



A suivre...


La Fleur du Dimanche