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samedi 7 février 2026

Au Festival Premières au Maillon: Chara Kotsali It's the end of the amusement phase: On achève bien les chevaux hellènes - Fini de jouer !

 It's the end of the amusement phase de Chara Kotsali démarre sur les chapeaux de roues sur un flot - flow de paroles moitié anglais, moitié grec. Le son est premier, la voix, les voix multiples qui se mêlent dans une bande son faite de collages sur un rythme effréné, mélange aussi, rapidement de musiques, toutes sortes de musique aussi. Des réminiscences de musique du pays (Chara Kotsali est grecque) qui émergent après ce premier solo introductif où il est question de "problèmes">", de "bazard'", d'"extinction", d'"accélération supersonique, gin tonic", de "choc du futur". Et sur cette musique plus ou moins en sourdine, démarre aussi cette danse ancrée dans le souvenir, que les trois interprètes, Chara Kotsali, Sofia Pouchtou et Christina Skoutela vont faire naître, d'abord tout en intériorité, mimant les gestes, les esquissant comme pour une répétition pour les faire advenir et les faire surgir et exploser sur le plateau.


Chara Kotsali - It's the end of the amusement phase - Photo: Pinelopi Gerasimou


Et c'est parti pour une folle cavalcade sans fin pour ces trois danseuses habillées léger dans de gracieux et confortables habits sport. Elles vont sans s'arrêter, alterner toutes sortes de genres de danse, de celles folkloriques à celles populaires ou de cabaret, du disco aux raves, des danses américaines à la macarena, tournoyant dans une incroyable unité et synchronicité. Sans faiblir et sans s'essouffler, elles enchainent fête d'anniversaire, défilé de majorettes, de carnaval avec confetti - ou avec poupée ou révolver - défilé au drapeau ou à la grosse caisse, manifestation et revendication tout en continuant à parler ou à marquer les changements de rythme et de danse. 


Chara Kotsali - It's the end of the amusement phase - Photo: Pinelopi Gerasimou


Elles mêlent le privé et l'universel, tandis que la bande son déroule ce poème épique multilingue qui unit l'expression brute, le collage de mots et d'évènements, marquant des dates des anniversaires. Ce peut être ceux d'une naissance (celle des pères et peut-être aussi celle des trois interprètes) tout comme une révolution (1789) ou d'un massacre ou d'un bombardement ou d'une guerre (1936 - Espagne, 1951 - Grèce, 1959 - Cuba, 1968 - mai, 1975 - Vietnam, 2008 - Grèce,...). 


Chara Kotsali - It's the end of the amusement phase - Photo: Pinelopi Gerasimou

Leur danse magnifique, leur énergie transcende le temps. Elles se projettent avec grâce et détermination dans un rituel incantatoire, hymne de révolte et surgissement de vitalité. La beauté de leur danse conjure la violence de monde. Et elles nous transmettent cette beauté et cette énergie. Sauvons le monde ! 


La Fleur du Dimanche


 It's the end of the amusement phase


Au Maillon le 6 et 7 février 2026

Conception, chorégraphie, texte : Chara Kotsali
Co-création de la performance : Sofia Pouchtou, Christina Skoutela, Chara Kotsali
Assistante chorégraphe : Vassia Zorbali
2ème assistante chorégraphe : Clara Aguilar
Création sonore et musique : Anna Maria Rammou, Chara Kotsali
Décor et costumes : Periklis Pravitas
Création des lumières : Eliza Alexandropoulou
Consultante en dramaturgie : Dimitra Mitropoulou
Regard extérieur : Κοnstantina Georgelou
Production en ligne : TooFarEast & Chara Kotsali
Traduction et surtitrage : Lisa Trahard
La recherche pour IT’S THE END OF THE AMUSEMENT PHASE a été soutenue par Onassis AiR et le Réseau Grand Luxe. Chara Kotsali remercie tout particulièrement TROIS C-L Luxembourg, CAMPUS Paulo Cunha e Silva (Porto), Grand Studio Bruxelles et L’Abri Genève.

samedi 25 janvier 2025

Premières revient au Maillon: Penelope et GPO Box N° 211 - Des rêves et du papier

Le Festival Premières, le festival dédié au jeunes scènes européennes revient pendant trois semaines au Maillon avec des propositions variées qui interrogent à la fois le spectacle, notre société et l'acte théâtral.

Les deux premières pièces nous viennent de Salzbourg avec Giulia Giammona qui a travaillé avec quelques grandes pointures du théâtre international et d'une compagnie crée par Chun Shing Au originellement à Hong-Kong et naviguant entre Halifax au Canada et Amsterdam.


PENELOPE - Leonora Carrington - Giulia Giammona


Leonora Carrington, artiste surréaliste a, un temps avant la deuxième guerre mondiale, partagé la vie de Max Ernst (leur maison est en Ardèche) avant d'aller au Mexique, avec un passage en Espagne où elle a été internée suite à une dépression. Sa pièce Penelope n'a apparemment été publiée que dans les années 1960.


Penelope - Leonora Carrington - Giulia Giammona - Photo: Alice Silvera, Marielle Mayer


Elle décrit les atermoiements et les hésitations d'une adolescente qui lors de l'anniversaire de ses dix-huit ans, arrive difficilement à passer ce cap. Leonora Carrington a peint des costumes pour cette pièce mais la mise en scène de Guilia Giammona pour ce spectacle va vers plus de sobriété avec des costumes noirs ou blancs, des personnages dont les têtes et les visages sont cachés derrière des voiles (inspirés d'une sculpture de Carrington de femmes au visage absent ?). Il y a aussi le vert de son voile et de son costume (comme son portrait d'elle au Mexique par Max Ernst). Les chansons, dont Greensleeves (la dame aux manches vertes) chantée et jouée à la harpe impriment une certaine tristesse dès le début du spectacle et la Llorona (la pleureuse) ne peut que renforcer cette ambiance.


Penelope - Leonora Carrington - Giulia Giammona - Photo: Alice Silvera, Marielle Mayer


Côté décor, le sol en carreaux d'échiquier noir et blanc, jeu emblématique des surréaliste, et une balançoire suspendue dans le ciel nous introduisent dans décor de rêve surréaliste et impriment des images fortes dans notre mémoire. D'autres images symboliques comme l'oeuf de pigeon, la table de buffet ou les références au cheval (Tartare), comme la bride et le harnais, des morceaux de sculpture (cheval éclaté?) et surtout ces beaux costumes noirs de derviche soutiennent le texte un peu débridé. Et les scènes oscillent entre élans jubilatoires et fortes sensations de souffrance qui tiraillent Penelope entre son père, sa mère et ses amies.


Penelope - Leonora Carrington - Giulia Giammona - Photo: Alice Silvera, Marielle Mayer


Penelope se retrouve suspendue, enfermée dans son mutisme et sa douleur, ou alors partant sur des échappées, au galop dans une tempête agitée et furieuse. La pièce joue sur les espaces mouvants et les ruptures, avec de brusques coupures au noir. Elle intègre aussi des extraits filmés d'un entretien avec Leonora Carrington qui parle de manière forte et volontaire de son travail, son art et de son statut et qui apporte une belle connaissance de cette artiste et de son imaginaire singulier.



GPO Box N° 211 - Chun Shing Au 


Pour la pièce GPO Box N° 211 de Chuh Shing Au, la lettre donnée à l’entrée de la salle au spectateur par Chuh Shing Au contient un certain nombre d’indices pour la lecture et le décodage de la performance qu’il va réaliser. L’on comprend par exemple que cette lettre adressée à son ami Siu Ming emprisonné à Hong Kong est forcément plus ou moins codée pour des raisons de sécurité. On y parle bien sûr de restriction et de crainte de "révéler des choses", également d’ "autocensure", de "contrainte", et de "régime autoritaire". On cite cependant Joshua Wong, un militant pro-démocratique qui dit "Bien que mon corps ne soit pas libre, tant que mon esprit l’est, je le suis". Chuh Shing Au y parle aussi de ses interrogations sur son engagement politique dans son travail et souligne le fait qu’il devrait "apprendre les gestes de premier secours sur un champ de bataille" et, pour finir en parlant de la nostalgie de certaines friandises locales, révèle les contraintes kafkaïenne des autorisation d’entrée dans la prison (37 grammes autorisés pour un paquet de M&M’s qui se vend 40 grammes en général).


GPO Box N° 211 - Chuh Shing Au - Photo: Thomas Lenden

Ces élément et quelques observations vont nous aider à essayer de "lire" ce que nous voyons sur le plateau, qui pour le moment est jonché de nombreuses feuilles froissées ou moins froissées que l’on imagine être d’autres lettres de cette correspondance, et ces lettres "vivent" sur scène, mues par des petits soubresauts et ondulations, dans une rythmique aléatoire et puis très coordonnées quand il s’agit pour Chuh Shing Au de faire le ménage sur le plateau, après avoir un temps construit, sur table à droite une maquette d’un bâtiment (prison, tour de guet ou d’aéroport, ..) blanc. Après avoir rassemblé à gauche ces feuilles éparses froissées, Chuh Shing Au s’approche d’un grand rouleau dont il va dévider une très grande feuille qu’il va manipuler, aplanir, transformer tout au long de la suite.


GPO Box N° 211 - Chuh Shing Au - Photo: Thomas Lenden


Ce théâtre d’objets – et de sons parce que la vie du papier est sonore verra sa forme et ses fonctions successivement passer de cachette à socle de ce bâtiment, devenir un vrai personnage et avoir une vie intérieure, devenir poste d’observation et salle de commande (télécommande) de l’extérieur, devenir fantôme et esprit ou ectoplasme hanté, organisme essayant de s’échapper et se heurtant à des obstacles infranchissables pour, au final devenir le marchepied d’une marche de libération où, bien que restant au même endroit, notre personnage avance quand même. La pièce extrêmement sobre et hypnotique, faites de petits riens, de détails infimes et de sons à la fois discrets mais aussi surprenants quand il s’agit du bruit du papier, nous incite à décaler le regard et à observer ce que l’on voit avec une autre perception, un autre mode de compréhension pour y découvrir les signes discrets d’une certaine libération, d’un esprit qui arrive à traverser des murs.


La Fleur du Dimanche



jeudi 6 juin 2013

Théâtre dans les caves ou en Allemagne

La saison théâtrale est presque achevée, quelques pièces se jouent encore et les présentations de programmes sont annoncées.

Cependant, il vous reste quelques jours pour aller au théâtre avant de descendre à Avignon.

Dans l'Est de la France, il est m^me recommandé de descendre dans des caves pour assister à des spectacles du bine nommé Festival de Caves.

Le prgogramme avec les villes participantes est ici:
http://www.festivaldecaves.fr/edition-2013/calendriers/juin-2013/

Et pour vous donner une idée d'un spectacle annoncé, "Un petit Godard", mis en scène par Jean-Michel Potiron et interprété par Léopoldine Hummel une vidéo trouvée sur internet:


FESTIVAL DE CAVES 2013 - Un petit Godard from Mala Noche on Vimeo.
 
Il vous est possible de le voir, entre autres à Strasbourg....

Sinon vous avez la possibilité de passer la frontière pour assister à un des spectacle du Festival Première qui voit collaborer le Maillon et le TNS à Strasbourg avec le Badisches Staatstheater.

Pour sa septième édition, les jeunes compagnies européennes vont présenter les oeuvres retenues en Allemagne en construisant ainsi un "Pont sur le Rhin".

Le programme est visible ici:
http://www.festivalpremieres.eu/festival/pg/Premieres2013_


Bons spectacles    

La Fleur du Dimanche