samedi 27 septembre 2025

MUTEK à Saint-Paul avec Musica: Ambiance de l'ambient, un vrai festival de sons

 Le Festival MUTEK de Montréal se transporte à l'église Saint Paul, dans ce temple de l'orgue et de la musique électronique avec une soirée en cinq parties diverses.




Pour commencer, nous retrouvons Nicole Lizée dont nous avions entendu la surprenante et alerte Death to Kosmische par le Kronos Quartet, avec son écriture faite de collages et d'instruments excentriques. Ce soir, avec le Quatuor Bozzini qui revient, et l'ensemble à Percussion Sixtrum, elle est encore plus audacieuse dans sa proposition, rajoutant des images d'animation et des vidéos bricolées qui contaminent la partition. Avec Folk noir/Canadiana, ce sont des éclats d'impertinence et d'humour qui s'invitent sur scène dans une belle liberté iconoclaste.



Plus sage, la dernière composition d'Alexandre Amat et Simon Chioini Dissolution, interprétée par l'ensemble des six percussionnistes de l'ensemble Sixtrum où l'électronique de Simon Chioini rencontre le geste des percussionnistes. La partie électronique reprend, et dialogue et élargit le son des percussions pour le porter plus loin, autrement dans l'espace de l'église Saint Paul, une sorte de musique "augmentée" où l'on en est quelquefois à se demander ce qu'on entend réellement.




Pour clore la première partie du concert, c'est Kara-Lis Coverdale qui s'installe à l'orgue pour From where you came (2025). Un début tout en variations ultrafines que s'enflamme un moment et nous emmène dans un monde de subtilités et de vagues surréelles. Un très beau voyage chaudement salué à juste titre.






La deuxième partie voit le duo Guillaume Coutu Dumont et Line Katcho nous plonger avec Les Empires dans une univers uchronique après quelques variations d'éruptions colorées en synchronicité avec la musique. Celle-ci ressemble à une musique de film à la fois pure et électro à la mode, et nous partons sur l'écran pour un voyage dans un monde où la figure humaine semble perdue, soumise, en attente d'un sauveur. Les images de synthèse tournent en rond avec moults survols d'architectures postapocalyptique et chutes d'eau, secouées par de brusques tremblements et déliquescences synchrones avec la composition.








Pour clore, France Jobin offre aux spectateurs une découverte sensorielle de l'environnement dont elle sculpte les sons et vibrations dans l'espace de l'église grâce aux haut-parleurs disposés dans la nef et dont elle fait quelques variations bien senties. De quoi nous garder éveillés pour finir en beauté.







En tout cas elle prouve qu'il n'est pas nécessaire de faire du cinéma pour toucher notre âme - et notre corps.


La Fleur du Dimanche


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