samedi 8 novembre 2014

Jazz d'Or le N° 29 est lancé

Chaque automne, le Jazz est fêté à Strasbourg: Jazz d'Or s'installe pendant 15 jours à Strasbourg, en Alsace et de l'autre côté du Rhin, à Offenburg, à la Reithalle qui accueille le festival comme chaque année depuis 12 ans - cette année avec Joe Lovano et le Dave Douglass Quintet le 14 novembre, puis, le 15 avec François Raulin, François Corneloup, Ramon Lopez et le Tomazs Stanko New York Quartet.

En Alsace, le festival voyagera de Wissembourg (Kemik Trio le 9) à Erstein (Michael Wollny en solo), en passant par Bischwiller ("Laisse venir - Dans le silon d'Alain Baschung"), Bischheim (Gaël Mevel), Schiltigheim (Charles Lloyd Quartet "Wild Man Dance"), Lingolsheim (Maggie Nicols, Denis Charolles, David Chevallier) et Illkirch-Graffenstaden ("Une petite histoire de l'Opéra" avec Géraldine Keller).

A Strasbourg, le CEAAC accueillera des concerts gratuits à 17h00 le 12: Anil Erasian Solo "Absorb", le 13 novembre Théo Ceccaldi Trio et le 14 et le 16: "Musique en Chantier, et payants le 8: Olivier Py, et le 16: Samuel Blaser, Benoit Delbecq, Gerry Hemingway "Fourth Landscape".

Concerts gratuits également à la Médiathèque Olympe de Gouge avec le Daniel Erdmann solo le 8 novembre et le Guillaume Roy Solo le 15.  

Pôle Sud, encore partie prenante du Festival accueille trois concerts: Emilie Lesbros, Darius Jones Quintet et Jozef Dumoulin and the Red Hill Orchestra le 11 novembre, l'ONJ Olivier Benoit "Europa/Berlin le 13 et Joëlle Léande/Vincent Curtois + Papanosh & Roy Nathanson & Fidel Fourneyron "Oh Yeh" le 18 novembre.

Ce sera la Cité de la Musique et de la Danse qui assure les premier pas de Jazz d'Or cette année avec l'ouverture (magnifique) avec le Tom Harrel Quartet, puis le 8 novembre: Emile Parisien Quartet et Thomas de Pourquery Supersonic Play Sun Ra et pour couronner le tout, le 9, Double Rainbow invite Michel Portal + "So Long Eric", un quintette rassemblé autour d'Alexander von Schlippenbach qui rend hommage à Eric Dolphy. 

Un merveilleux programme !

La soiré d'ouverture a vu le Quintet de Tom Harrel plein d'énergie: le saxophone ténor Wayne Escoffery bien dans le rythme de Tom Harrel, Danny Grisset déroulant ses gammes roulées au piano et aux claviers, l'énergique Jonathan Blake à la batterie et Ugonna Okewgo, magnifique contrebassiste ayant eu droit à un duo intime avec le maître.


Tom Harrel - Photo: Angela Harrel

Tom Harrel tout en énergie intérieure, l'infusant à ses partenaires pour un concert de presque deux heures - une occasion unique en France (la seule date du quintet), les spectateurs ont apprécié!

Et pour vous en partager un morceau, voici une vidéo d'il y a trois ans:




Et si vous voulez voir quelques extrait pour vous donner envie de voir d'autres concerts, voici:



Bon Festival

La Fleur du Dimanche


vendredi 7 novembre 2014

Gérard Haug, le noir définitif

Le mois dernier, j'avais fait la remarque que le "Noir" était définitivement associé à un grand artiste qui venait d'inaugurer son Musée à Rodez : Pierre Soulages.

Il est un autre artiste, tellement plus discret - trop discret, qui a également travaillé le noir et le brou de noix, ici en Alsace, et qui a eu une petite reconnaissance de la part du CEAAC (que je citais hier), c'est Gérard Haug, dont l'oeuvre est injustement méconnue.


Gérard Haug - No man's land


De mémoire, il a été exposé en 2010 au Palais Universitaire de Strasbourg dans le cadre de l'exposition de l'ombre à la Lumière, et au CEAAC cité, il y a plus longtemps - également à l'époque de la Galerie "Rouge et Noir" de Rémi Werlé.

Pour l'exposition au Palais Universitaire de Strasbourg, Nadine Lehni a écrit ce texte présentant son travail: "

GÉRARD HAUG (Né en 1925)
Gérard Haug qui commença à peindre au cours de l’immédiat après-guerre fait partie des précurseurs de l’art non figuratif en Alsace, puisqu’il adopta à la fin des années cinquante, une peinture résolument abstraite à laquelle il est encore aujourd’hui fidèle.
Par rapport à ses oeuvres anciennes où, à une certaine richesse chromatique répondait un travail en pleine pâte, les toiles actuelles de Gérard Haug sont d’une très grande sobriété.
Dans ces compositions apparemment monochromes, qui au premier abord semblent totalement et uniformément noires, ce sont de subtils changements de matière, du grenu au lisse, qui font naître les formes, grandes plages géométriques scandant, divisant, rythmant la
toile.
Changements de matière plus ou moins perceptibles suivant l’éclairage de l’oeuvre dont le sujet même semble être de ce fait les vibrations de la couleur sous l’effet des variations de la
lumière. Loin de tout expressionnisme, de toute recherche de délectation, de tout effet esthétisant, la peinture de Gérard Haug dit le maximum avec le minimum de moyens.
Sombre et mystérieuse, elle devient, par des combinaisons de plans rigoureux, une composition calme, stable, immobile."
Nadine Lehni


Gérard Haug - Anathema, 1981-1982 - Huile sur toile - 193 x 241 cm


Il est parti définitivement dans le noir...

Bon voyage

La Fleur du Dimanche 

jeudi 6 novembre 2014

Un chariot à 100 millions de $, oui, mais de Giacometti

Encore un record de prix de la sculpture la plus chère de l'année: C'est la sculpture d'Alberto Giacometti, "Le Chariot" qui vient de battre ce nouveau record à New York chez Sotheby's. elle a été vendue 100,87 millions de dollars (81,6 Millions d'Euros).



Selon les calculs, elle n'a pas détrônée l'ancien record qui reste celle de "l'Homme qui marche", vendu 74,2 millions d'Euros en huit minutes en 2010 à Londres (65 millions de livres). Selon les calculs, elle serait - cours du dollar ajusté à 1004,3 millions de dollars.




Verra-t-on à St-Art à Strasbourg (voir les images du chantier publiée le 3 novembre) une sculpture (ou un dessin) de Giacometti?
On le saura bientôt..

Par contre, une question: combien coûte la sculpture de Michel Déjean, "La caravane passe" installée par le CEAAC à l'entrée de Stutzheim?



Une entrée à St-Art offerte pour le gagnant !

La Fleur du Dimanche.


mardi 4 novembre 2014

Au Théâtre ce soir: "Ainsi se laissa-t-il vivre" - le feuilleton du poète vagabond

La Saison du TNS commence vraiment ce soir - après le pré-lancement lors de Musica avec la pièce "PULCINELLA" d'Igor STRAVINSKY dans une mise en scène de Julie BROCHEN.

Ce sera sur un texte de Martin Walser (voir mon billet de dimanche où je le citais...), "Ainsi se laissa-t-il vivre" dans une mise en scène de Christophe Delaveau.




Pour vous en donner envie un deuxième extrait - et un retour de la pièce pour bientôt..

"Je m'étais déclaré en accord avec le qualificatif de feuilletoniste, l'idée sentimentale qu'on ait pu me considérer comme un artiste déchu ne m'a jamais embarrassé. Une sorte d'ombre semblait parfois me mettre doucement la main sur l'épaule et une voix me demander: "Est-ce encore de l'art ce que tu fais?" Et pourtant, je pouvais me dire à moi-même que celui qui persévère dans ses efforts n'a pas besoin de se laisser importuner par les exigences d'un modèle idéal."

La pièce est encore jouée jusqu'au 16 novembre - attention pas de spectacle du 9 au 11 novembre et le 16 c'est une matinée à 16h00. Sinon la pièce se joue à 20h00 à l'Espace Klaus Michael Gruber.


Elle dure plus de deux heures, mais la mise en scène de Christophe Delaveau fait oublier le temps qui passe. Le temps qui passe est d'ailleurs un thème du spectacle, traité d'ailleurs quelquefois comme un temps enlacé, puisqu'à partir des textes de Robert Walser, les différents épisodes de sa vie - ses promenades, ses excursion, ses différents points de chute (jusqu'à en arriver à une misérable - et minable chambre dans laquelle la pluie fait son goutte-à-goutte - se succèdent en s'imbriquent. Tout comme les comédiens - sept- alternent ou se répondent pour jouer l'écrivain ou quelquefois un de ses - rares - amis.
La vidéo de François Weber concourt à donner cette atmosphère d'intériorité de l'écrivain en plein travail. 
Nous assistons donc à la vie en feuilleton de cet immense écrivain et poète du XXème siècle qui a terminé sa vie dans un asile psychiatrique, et suivons la transformation de cet homme plein d'humour et fantasque, dont le style, très imagé est toujours sur le fil. 
Le dispositif scénique nous le rend très proche et nous l'accompagnons (les accompagnons) dans ses errances physiques et mentales. 
Comme disait Walter Benjamin de lui: "La guirlande est en effet l'image même de ses phrases". Ses "héros chéris" ... "viennent de la folie, et de nulle part ailleurs. Ce sont des personnages qui ont surmonté la folie et, pour cette raison, font preuve d'une superficialité déchirante, tout à fait inhumaine et imperturbable. Pour désigner d'un mot ce qu'ils ont de charmant et d'inquiétant, on peut dire qu'ils sont tous guéris".

Et le spectacle vous fera la même effet. Il a cette magnifique fonction curative.

Et en sortant - ou avant de rentrer - jetez un coup d'oeil aux "Microgrammes" - ses textes, notés d'une écriture minuscule sur de tout petit bouts de papiers surchargés - exposés dans le bar.


Bon spectacle.

La Fleur du Dimanche

lundi 3 novembre 2014

Léviathan, les chiens aboient...

Léviathan dans la mythologie phénicienne est le monstre du chaos primitif. C'est également un monstre marin évoqué dans la Bible, il est également l'un des principaux démons de l'enfer. Il est représenté au Moyen Âge sous la forme d'une gueule ouverte qui avale les âmes, représenté ainsi comme l'entrée des enfers.
Dans la mythologie nordique, c'est Jörmungand, un serpent gigantesque fils du dieu malin Loki, qui participera à la fin du monde, le Ragnarök.
Le Léviathan est souvent représenté sous la forme d'un gigantesque serpent de mer, dont les ondulations sont à l'origine des vagues.

Dans le film d'Andrei Zviaguintsev, on voit un squelette au bord de la mer, que Roma, le fils de Kolia va voir dans un moment de détresse. Mais des moments de détresse, il y en a dans ce film magnifiquement raconté - il a eu le prix du scénario à Cannes cette année !
Et le scénario vous surprend à chaque instant. Rien n'arrive comme on l'imagine, ou si, il advient ce qui doit advenir dans cette histoire du fin fond de la Russie. Mais pas sans surprises quand même... 
Et s'il n'y avait que le scénario... Non, il y un jeu magnifique (Alexeï Serebriakov, Elena Liadova, Vladimir Vdovitchenkov...) et puis il y a cette lumière, il y a ces cadres, il y a cette ambiance, il y a cette violence à laquelle on ne peut échapper et les chiens, au loin qui aboient...

L'histoire est simple, mais torturée:
Kolia habite une petite ville au bord de la mer de Barents, au nord de la Russie. Il tient un garage qui jouxte la maison où il vit avec sa jeune femme Lylia et son fils Roma qu’il a eu d’un précédent mariage.
Vadim Cheleviat, le Maire de la ville, souhaite s’approprier le terrain de Kolia, sa maison et son garage. Il a des projets. Il tente d’abord de l’acheter mais Kolia ne peut pas supporter l’idée de perdre tout ce qu’il possède, non seulement le terrain mais aussi la beauté qui l’entoure depuis sa naissance.

Pour vous en donner un avant goût:

Bande-annonce : Leviathan VOST par PremiereFR


Et si vous avez l'occasion, en film de rechange, allez voir, en opposition à Léviathan, "Le Paradis" de Alain Cavalier, le versant sud - en France - de cette réflexion sur la rédemption.

En voici la bande annonce:


Le Paradis de Alain Cavalier - bande-annonce... par LesBAdeVivalaCinema

Et si vous hésitez, écoutez la belle lettre d'amour que Rébecca Manzoni a écrite au réalisateur:


Bons films 

La Fleur du Dimanche

ST-ART 2014 dans 18 jours, images du chantier

La foire annuelle d'Art Contemporain de Strasbourg, St-Art est annoncée pour le 21 novembre - vernissage le 20 - et sera ouverte jusqu'au 24 novembre au Wacken à Strasbourg, cinq jours pour fréquenter - et m^me plus - l'Art contemporain.

Vous avez déjà vu l'affiche qui vous a fait vous demander si c'est un "Yves Klein". Eh bien non, l'affiche qui a été crée par le studio V.O. avec comme photographe Christophe Urbain et comme modèle Manu D. bien connu dans les nuits musicales strasbourgeoises.




En voici le "making off"  par Benjamin Voituriez (le V. de V.O.) et monté par Louis Burgard:


TEASER ST'ART 2014 from Agence VO



En attendant la suite: les infos sur le salon lui-même - sur cette page en construction...
En attendant, déjà le catalogue à feuilleter ici:
http://fr.calameo.com/read/0029015244888635fe217


Préparez-vous, nous vous aiderons à le faire de notre côté avec ce blog.

Bon Salon 

La Fleur du Dimanche

dimanche 2 novembre 2014

Regards sur le passé:

Le contexte: la Toussaint, le jours des morts, est l'occasion de faire un petit voyage introspectif. Le temps brumeux qui enveloppe tout dans un coton vague et estompe le décor facilite ce voyage intérieur. L'attente et pour ainsi dire la mise en sommeil de l'agitation quotidienne y contribue également.

Fleurs de saison -  Photo: lfdd

Je vous offre donc aujourd'hui, en plus des fleurs dominicales, un court texte dont je vous laisse deviner l'auteur - qui au demeurant va avoir une actualité très prochainement, alors, à vos radars.



Fleurs de saison -  Photo: lfdd

Le texte dont je vous donne quelques extraits (apéritifs) s'intitule:
"Regard sur le passé"  

"Là-bas, je ne me portais pas mal du tout puisque je pouvais souvent fréquenter le monde. Je n'avais quasiment aucun souci, ce qui naturellement très agréable.
J'étais assis dans une jolie chambre où j'écrivais pour toutes sortes de journaux de petites proses auxquelles je pouvais vouer le plus grand soin...
A cette époque j'étai plutôt une sorte d'aventurier qu'un écrivain qui travaille, ce que je crois devoir ne pas dissimuler. Car le premier devoir des  poètes n'est-il pas d'être sincère et de dire la vérité. Pour mois cela a toujours été une sorte de jouissance que d'avouer mes propres erreurs.
.... Parfois je lisais des jours entiers et même des semaines entières. C'était comme si ces longues lectures s'imposaient d'elle-mêmes. La lecture peut être une telle jouissance !
Devant la fenêtre, le soir, le midi et le matin surgissent grands et beaux comme un enfant. Tu es assis, Tu es comme dans un rêve; le monde est à moitié clair, à moitié sombre. Il te semble que par la lecture, tu es devenu tout esprit, mais tu n'en es pas moins vivant.
...
Mais bientôt, je me retrouvais devant une situation toute nouvelle qui me rappela le sérieux de la vie avec plus d'insistance que jamais. Tout ce j'avais vécu jusqu'ici s'évanouit comme un rêve."



Fleurs de saison -  Photo: lfdd

En TVA numéro deux, je vous offre une blague de saison (un peu d'humour noir):
Le grand père mourant, dans un dernier accès de conscience sent tout à coup une odeur flatter ses narines... C'est l'odeur de son gâteau préféré... Il essaie d'appeler et le petit fils qui jouait dans la chambre voisine arrive.
Il lui dit: "Petit, dis à ta grand'mère de m'apporter un bout de gâteau, ce délicieux gâteau que j'adore."
Le gamin se sauve et revient quelques instants plus tard et rapporte au grand'père:
"Mamie a dit que le gâteau est réservé pour après la cérémonie.."



A propos de cérémonie et de fleurs, sachez qu'à Versailles, dans le cadre d'un partenariat signé en 2012 entre le château de Versailles et le parc impérial du Shinjuku Gyoenen, deux chrysanthèmes géants, des "Ozukuri", aujourd'hui orgueil du parc impérial du Shinjuku 
Gyoen à Tokyo, sont présentés au Grand Trianon pour cet automne. 
Symboles de la dynastie du Japon, ces deux plantes fleuriront de centaines de fleurs  - plus de 400 - le péristyle du « palais de Flore », grâce à la dextérité et au savoir-faire de deux jardiniers du parc impérial, accueillis à Versailles pour effectuer la taille de ces chrysanthèmes le temps de l'exposition.
Si vous êtes du côté du château de Versailles, ne les ratez pas...


Chrysanthème à Versailles

C'est bien un seul pied de chrysanthème !

Pour finir en chanson, vous savez sûrement que Toussaint est également un prénom - et un nom _que l'on trouve plus souvent aux Antilles, alors en avant pour un boléro d'Emmanuel Toussaint.


 



Bon dimanche.

La Fleur du Dimanche.