dimanche 12 décembre 2021

Résultat des votes: Calendrier 2022 et Prix Nobel

 Ca y est, les résultats sont tombés  et pas qu'aux antipodes! Le calendrier de La Fleur du Dimanche 2022 a son visage définitif et même une version bis, alors, sans plus attendre le(s) voici:  

Janvier:

Calendrier 2022 - janvier

Février:

Calendrier 2022 - février

Mars:

Calendrier 2022 - mars

Avril:

Calendrier 2022 - avril - V1

Calendrier 2022 - avril - V2
Mai:

Calendrier 2022 - mai

Juin:


Calendrier 2022 - juin - V2

Juillet:

Calendrier 2022 - juillet - V1

Calendrier 2022 - juillet - V2

Août:

Calendrier 2022 - août - V1

Calendrier 2022 - août - V2

Septembre:

Calendrier 2022 - septembre - V1

Calendrier 2022 - septembre - V2

Octobre:

Calendrier 2022 - octobre - V1

Calendrier 2022 - octobre - V2
Novembre:

Calendrier 2022 - novembre - V1

Calendrier 2022 - novembre- V2
Décembre:

Calendrier 2022 - décembre


En ce qui concerne le Prix Nobel, ce sera Abdulrazak Gurnah, vous connaissez? Le petit TVA c'est un extrait et une citation sur comment et pourquoi il a commencé à écrire...

"Pas pour devenir écrivain, mais pour réfléchir à ce que j'étais en train de vivre. Tout a commencé comme ça. Ecrire était une manière de m'expliquer à moi-même ce que je ne comprenais pas."

Et en prime je vous offre un "extrait" de son livre Paradis paru en 1994:




Bon Dimanche 


La Fleur du Dimanche


Et n'oubliez pas, les réservations des calendriers 2022 se font sur Ulule ici (Calendrier 2022 - pas 2021)- Merci de préciser Version 1 ou Version 2.

Calendrier Fleurs 2022 - Cartes de Voeux - Photos


Et si vous voulez voir toutes les photos en plus grand du pré-choix, vous avez les 6 premiers mois ici:

En avant ! Première, le calendrier 2022 de La Fleur du Dimanche

Et les six suivants ici:

Calendrier 2022 Seconde! On passe en deuxième partie de l'année avec les fleurs


Vous pouvez aussi commander directement par mail :

lafleurdudimanche (at) gmail (point) com

jeudi 9 décembre 2021

Mailles à Pôle Sud pour le Focus Carte Noire du Maillon: Une maille ailleurs

 Dans le cadre du Focus Carte noire: l'Afro-féminisme sur scène du programme du Maillon qui devait avoir lieu au printemps et qui se tient finalement en ce mois de décembre, deux spectacles se tissent entre le Maillon et Pôle Sud. C'est à Pôle Sud que se lance Mailles de Dorothée Munyaneza (du 8 au 10 décembre), le Maillon prend le relais avec Carte Noire Nommée Désir de Rébecca Chaillon (du 9 au 11 décembre). La projection d'un documentaire "Ouvrir la Voix" d'Amandine Gay ayant été projeté le 7 décembre  et une série de lectures, dialogues, ateliers et Danse Room se continuant vendredi et samedi. Ce focus rassemblant les luttes à la fois contre les discrimination raciales, culturelles que sexuelles est hautement d'actualité. Se poser ces questions sur  scène permet d'en ouvrir plus largement le champ. Du côté du théâtre, hasard du calendrier (?), au TNS, trois spectacles (Hilda, Ce qu'il faut dire et Nous entrerons dans la carrière) traitaient de sujets proches.


Mailles - Dorothée Munyaneza - Photo Leslie Artamonow

Pour Mailles, Dorothée Munyaneza tisse sur la scène des trajectoires, des parcours, des mouvements, des danses, des chants et des paroles de six femmes noires qui, d'origine proche ou plus lointaine du continent africain, se retrouvent un peu partout dans le monde après avoir traversé plus ou moins de pays. L'une d'entre elles dit d'ailleurs son désir de "sentir (s)on poids sur le sol", alors que sa grand-mère était (trop?) "légère": elle a mis au monde sa mère à vingt-cinq ans alors le grand-père en avait soixante-et-un et qu'il est mort six mois après.


Mailles - Dorothée Munyaneza - Photo Leslie Artamonow

Chacune raconte ainsi son histoire à sa façon, en danse, en très belles chansons, psalmodies ou solo de danse-transe percussive sur un parquet sonore qui démarre le spectacle après une montée en puissance d'un concert de cloches et clochettes dans une procession entremêlée.


Mailles - Dorothée Munyaneza - Photo Leslie Artamonow

Les mouvements d'ensemble sont d'ailleurs assez rares dans la pièce, tout au plus des errances individuelles qui se croisent ou une frénésie contagieuse lors de climax sonores, sinon des solos ou de beaux duos chantés ou parlé-chantés aussi, mais chacune des interprètes garde son individualité et son espace.


Mailles - Dorothée Munyaneza - Photo Leslie Artamonow

Chacune ayant d'ailleurs également un costume - très beaux, les costumes (bravo à Stéphanie Couderc) - à sa façon, costumes qui tendent vers la fin à une dominante orange et bleue (en plus du noir et du blanc), à priori symbole de la joie et de la créativité pour l'orange et de la sérénité et de la sagesse pour le bleu. Le spectacle tisse petit à petit sa toile avec délice et nous ne pouvons que suivre leur injonction "Allons en avant"


La Fleur du Dimanche 


Mailles


    Avec : Ife Day, Yinka Esi Graves, Asmaa Jama, Elsa Mulder, Nido Uwera, Dorothée Munyaneza
    Conception : Dorothée Munyaneza
    Collaboration artistique, costumes, scénographie « suspension » : Stéphanie Coudert
    Conseil scénographique : Vincent Gadras
    Remerciements : Hlengiwe Lushaba Madlala, Zora Santos, Keyierra Collins
    Musique : Alex Inglizian, Alain Mahé, Ben Lamar Gay, Dorothée Munyaneza
    Son : Alain Mahé
    Lumière : Christian Dubet
    Direction de production et développement : Emmanuel Magis (Mascaret production), assisté de Juliette Josse
    Régie générale : Marion Piry
    Régie lumière : Marine Levey, Anna Geneste
    Régie son : Camille Frachet, Alice Le Moigne
    Traduction surtitres : Olivia Amos
    Production : Compagnie Kadidi, Mascaret production)
    Coproduction : Théâtre de la Ville, Paris / Festival d’Automne à Paris / Charleroi-Danse, Centre Chorégraphique de Wallonie-Bruxelles / Châteauvallon, Scène nationale / Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale / Le Grand T, Théâtre de Loire-Atlantique / CCN-Ballet National de Marseille (Accueil Studio 2020) / NEXT Festival / La Rose des Vents, Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq / Théâtre National de Bretagne / Théâtre de Nîmes, Scène conventionnée d’intérêt national – Art et Création – Danse Contemporaine
    Avec le soutien de : DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur / Ministère de la Culture / Fonds de dotation du Quartz, Scène nationale de Brest / La Chartreuse de Villeneuve lez Avignon / Centre national des écritures contemporaines / SPEDIDAM / Département des Bouches du Rhône / Ville de Marseille.
    Dorothée Munyaneza : est artiste associée au Théâtre de la Ville, Paris.
    Dorothée Munyaneza : a été en résidence à Chicago avec le soutien de la FACE Foundation, le Consulat français de Chicago, l’Institut Français Paris ; et en partenariat avec High Concept Labs, Ragdale Foundation, Experimental Station, Poetry Foundation, France Chicago Center à l’Université de Chicago.

mercredi 8 décembre 2021

Quai Ouest au TNS: Réactions aux corps étrangers dans le labyrinthe de la Zone

 Bernard Marie-Koltes est un immense poète du théâtre contemporain, hélas parti trop tôt. De sa pièce Quai Ouest créée par Patrice Chéreau en 1985, Ludovic Lagarde en fait une belle chorégraphie des corps dans un décor - et un traitement - très cinématographique. Et il arrive à magnifier ces paroles diverses et disparates dans un magnifique cocktail qu'il construit avec un choix d'actrices et d'acteurs qui se complètent magnifiquement.

 

TNS - Quai Ouest - Ludovic Lagarde - Photo: Jean-Louis Fernandez


Tout d'abord, Laurent Poitrenaux, ce Koch égaré dans cette zone où il n'a rien à faire mais où il va à la rencontre de la mort, cherchant à se suicider et sujet, après son sauvetage à toutes les négociations de la part des habitants du lieu. Laurent Poitrenaux arrive à la fois à rendre sympathique ce riche entrepreneur, escroc égocentrique pusillanime et infantile. Il très bon dans les geignements et les gémissements et en fait presque trop.


TNS - Quai Ouest - Ludovic Lagarde - Photo: Jean-Louis Fernandez


Christèle Tual assume avec audace et brio le rôle de Monique sa secrétaire avec sa froide souveraineté matinée d'une naïve autosatisfaction. Laurent Grévill en Rodolfe, le frère, fils, ami qui est un peu le point central de toutes ces relations est peut-être le personnage le plus complexe et riche, celui dont nous allons voir le plus de facettes et de richesse tout au long du déroulement de l'histoire. Sa soeur, jouée par Léa Luce Busato, une vraie découverte, sinon la révélation de la pièce, nous fait découvrir cette jeune fille de quatorze ans dont cet épisode va marquer un passage dans sa vie. Passage montré à la fois par le changement de son discours, de naïf et rhétorique à une passionnante déclaration d'amour iconoclaste. De plus, l'épisode de la chaussure perdue-volée place ce personnage à la fois dans le conte de fées et le symbolique.

 

TNS - Quai Ouest - Ludovic Lagarde - Photo: Jean-Louis Fernandez


Antoine de Foucauld qui interprète avec verve et brio Fak, le petit voyou doté d'une logique à la limite de la pataphysique et d'un vocabulaire très typé s'en sort très bien dans ces relations multiples avec les autres personnages (Roldolphe et sa soeur, mais aussi Koch et Monique, deux proies bien différentes). Dominique Reymond a un très beau rôle dont on découvre différentes facettes - et transmutations tout au long de la pièce, on en est presque à ne pas la reconnaitre et elle nous surprend dans sa facilité à parler des langues étrangères et même rares. Son mari, joué par Laurent Grévill, lui aussi se métamorphose au long de la pièce, de vieillard fini en devient presqu'un combattant révolté. Et pour garder le plus atypique, le moins bavard mais celui dont la présence explose sur le plateau, Kiswendsida Léon Zongo qui incarne au sens propre Abad, sa présence et sa force, sa stature et sa puissance sont impressionnantes.


TNS - Quai Ouest - Ludovic Lagarde - Photo: Jean-Louis Fernandez


Tout cet équipage sur ces quais déserts et découpés au cordeau par le magnifiques lumières de Sébastien Michaud nous jouent une comédie humaine désenchantée et acide, critique sombre et désespérée d'un monde qui s'écroule, avalé par le progrès et l'argent des spéculateurs, sans solutions pour les laissés-pour-compte, ni pour ceux que le système broie même s'ils ont de l'argent. Cette tragédie moderne est menée de main de maître par le metteur en scène Ludovic Lagarde qui fait totalement confiance à ses interprètes au service d'un texte sublime.

 

TNS - Quai Ouest - Ludovic Lagarde - Photo: Jean-Louis Fernandez


La Musique de Pierre-Alexandre "Yuksek" Busson participe à l'installation d'une atmosphère anxiogène et la scénographie d'Antoine Vasseur, dévoilant très peu de cet univers en focalisant sur les murs et les passages, les recoins cachés (grâce aussi aux éclairages déjà cités), et les images de Jérôme Tuncer qui installent la même ambiance sombre  - rideaux, mer sombre et massives, pluie,..) et les quelques bruitages de David Bichindaritz (pluie, vent, envol brusque de pigeons?,..) complètent le tableau.


TNS - Quai Ouest - Ludovic Lagarde - Photo: Jean-Louis Fernandez

Tout cela donne une magnifique pièce, avec un texte superbe, menée tambour battant avec un suspense soutenu et qui en même temps nous rend attentifs à une certaine dérive de la civilisation, pas très optimiste, mais dont le ton varie entre humour, quelquefois à la limite comique et une humanité même si elle est blessée et fragile. Et elle crie le besoin d'amour. Elle a été créée à Rennes au Théâtre National de Bretagne le 28 décembre 2021 (Ludovic Lagarde en avait monté une première version à Athènes, en Grec en 2014) et elle est jouée au TNS à Strasbourg jusqu'au 16 décembre puis en tournée en janvier à Douai et en février aux Amandiers à Nanterre.


La Fleur du Dimanche 



TNS - Strasbourg  - du 8 au 16 décembre
Douai - TANDEM Arras Douai, scène nationale - les 11 et 12 janv 2022
Nanterre - Nanterre-Amandiers, CDN - du 3 au 19 fév 2022

Texte Bernard Marie Koltès
Mise en scène Ludovic Lagarde
Avec Léa-Luce Busato, Antoine de Foucauld, Laurent Grévill, Micha Lescot, Laurent Poitrenaux*, Dominique Reymond*, Christèle Tual, Kiswendsida Léon Zongo
Assistanat à la mise en scène, dramaturgie Pauline Labib-Lamour
Scénographie Antoine Vasseur
Lumière Sébastien Michaud
Costumes Marie La Rocca
assistée de Armelle Lucas
Maquillage et coiffure Cécile Kretschmar
Musique Pierre-Alexandre "Yuksek" Busson
Musique additionnelle Come Rain or Come Shine (Harold Arlen - Johnny Mercer) par Ray Charles
Son David Bichindaritz
Image Jérôme Tuncer
Stagiaire à la dramaturgie Juliette Porcher
Régie générale François Aubry ou Corto Trémorin
Régie plateau Éric Becdelièvre
Régie lumière Sylvain Brossard
Régie son Vincent Hursin
Régie vidéo Guillaume Mercier
Habillage Florence Messé
Maquillage Mityl Brimeur ou Charlène Torrès
*Laurent Poitrenaux et Dominique Reymond sont artistes associé·e·s au TNS.
Le texte est publié aux Éditions de Minuit.
Production TNB – Théâtre national de Bretagne, la Compagnie Seconde nature
Coproduction Théâtre national de Strasbourg, Nanterre-Amandiers, Centre dramatique national, Scène nationale d’Albi, La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène nationale, le TAP - Théâtre Auditorium de Poitiers, Le Tandem - Scène nationale Arras-Douai
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national et de La Villette, Paris
Production Jean-Michel Hossenlopp  

Calendrier 2022 Seconde! On passe en deuxième partie de l'année avec les fleurs

 Il y a une semaine je vous proposais au choix le programme du calendrier 2022 à choisir parmi les deux photographies finalistes d'un pré-choix de plus de 100. Il en reste 12 ou plutôt 11, le choix de décembre que j'avais proposé avec quatre photos plus ou moins originales s'est avéré un plébiscite pour le fusain. Vive l'Art!

Comme je vous le disais mercredi dernier, pour voter, deux solutions, la plus simple, un mail avec les douze mois et le choix 1 ou 2 indiqué. Sinon les réseaux sociaux fb et Insta, mais c'est plus compliqué. 

Je pense éventuellement faire deux versions de calendrier et pour les "individualistes" il y a une version "à la carte" avec un petit supplément... Alors, à vos crayons ou clavier, n'oubliez pas de voter (et de commander*):


Juillet 

Choix 1:

Choix 2:


Aout


Choix 1



Choix 2



Septembre


Choix 1



Choix 2



Octobre


Choix 1



Choix 2




Novembre


Choix 1



Choix 2



Décembre pour les paresseux


Choix 1


Choix 1


La Fleur du Dimanche

* Si vous répondez avant dimanche 12 décembre, vous aurez la chance de bénéficier d'un tarif "souscription" intéressant. Alors pourquoi hésiter à se faire plaisir... 

 Pour souscrire, soit par mail à lafleurdudimanche (at) gmail (point) com 

Vous pouvez directement souscrire sur Ulule ici (je tiendrai compte de la date de souscription):

https://fr.ulule.com/calendrier-fleurs-2022-cartes-de-voeux-et-photos/



vendredi 3 décembre 2021

Lueur Boréale par l'OPS: La musique nordique nous éclaire

 Le programme de ce concert "Lueur Boréale" de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg est doublement d'actualité. Si l'on considère que les festivités de Noël nous viennent des pays nordiques d'une part, cette atmosphère est propice à ces temps d'avant les fêtes. D'autre part, la pièce qui démarre le concert, l'Ouverture de Hermann et Dorotea de Robert Schumann est pile dans l'actualité culturelle et est en phase avec l'exposition consacrée à "La Marseillaise" au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg.


OPS - Lueur Boréale - Aziz Shokhakimov - Schumann - Ouverture Hermann et Dorotea - Photo: lfdd


Cette pièce qui a l'origine devait être un concert-oratorio basé sur le récit en vers éponyme de Goethe est devenu cette "ouverture" "écrite en quelques heures" le 20 décembre 1851 pour sa "chère Clara" et a été crée le 23 décembre. S'y mêlent les airs d'amour entraînants et la mélodie de la Marseillaise reprise et adaptée et qui clôt martialement cette pièce. Le chef Aziz Shokhakimov, en pleine forme, et en chaussettes rouges, dirige avec entrain et énergie cette vivace introduction au concert.


OPS - Lueur Boréale - Aziz Shokhakimov - Alexandre Tharaud - Grieg - Concerto pour piano - Photo: lfdd


La pièce de résistance, ou cerise sur le gâteau est le concerto pour piano en la mineur opus 16 d'Edvard Grieg qui voit le soliste en résidence Alexandre Tharaud sur son piano Yamaha dialoguer avec l'orchestre. Il faut vraiment le voir, totalement immergé dans les notes, même quand il ne joue pas, il partage son enthousiasme et son énergie avec les musiciens. Et il faut voir ses doigts fins tour à tour voler sur le clavier ou enchainer à une vitesse folle les notes ou caresser avec délicatesse les touches. Au début de l'Adagio molto moderato, les timbales sonnent dans un envol puissant avant que le piano ne calme le jeu et qu'un air de danse prenne corps. Puis les trompettes résonnent et une phase plus calme s'ensuit. Pour l'Adagio, assez court, après un dialogue vents et cordes, le piano reprend le thème et dialogue en alternance avec l'orchestre, toujours très complices. Le mouvement se termine en douceur. Le dernier mouvement, l'Allegro Moderato et marcato est assez rythmé, percussions et cuivres sonnent et emmènent à la danse. Le piano revient avec lyrisme avant un dernier tour de danse populaire et enjouée dans un dialogue de plus en plus rapide.


OPS - Lueur Boréale - Alexandre Tharaud - Rameau - Les Indes Galantes - Photo: lfdd


Les bravos nourris appellent un bis qui sera une sonate de Scarlati pour laquelle Alexandre Tharaud prouve encore sa vélocité et dissocie sa main droite qui avale les notes avec brio et où la gauche les accompagne de part et d'autre. Un bis ne suffisant pas, il nous gratifie d'un passage des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau qui devient de plus en plus célèbre...


Après l'entracte, ce sera à nouveau l'orchestre avec la Symphonie N°1 en mi mineur op.39 de Jean Sibelius créée en 1999. Sibelius en a commencé l'écriture trois ans avant après avoir entendu la Symphonie Fantastique de Berlioz.


OPS - Lueur Boréale - Aziz Shokhakimov - Sibelius - Symphonie N° 1 - Photo: lfdd


Elle débute avec l'Allegro ma non troppo - allegro energico avec un solo de clarinette qu'accompagnent les timbales. La mélodie mélancolique sera reprise par les cordes dans le dernier mouvement. Les cors se joignent au solo puis les violons, le mouvement s'accélère et enfle dans les graves . Le deuxième mouvement, un Andante ma non troppo - est très mélodique, poussé à bout par les cordes et répété en chorus est d'une grande beauté. Le quatrième et dernier mouvement est assez nostalgique, l'air de la clarinette revient, repris par les cordes en crescendo. La fin, en pizzicato est surprenante.


OPS - Lueur Boréale - Aziz Shokhakimov - Sibelius - Valse Triste - Photo: lfdd

Et l'orchestre sous la houlette d'Aziz Shokhakimov nous gratifie d'un beau bis avec une belle Valse Triste de Sibelius.


La Fleur du Dimanche

mercredi 1 décembre 2021

Forever de Tabea Martin au Maillon: Batifoler avec la mort entre sang et larmes et rire sans fin

Mourir pour de rire, c'est un jeu d'enfant. Et quand Tabea Martin, la chorégraphe suisse qui s'est formée à Amsterdam s'en empare, le jeu devient spectacle. A partir d'un travail qu'elle a réalisé avec les enfants de 8 à 12 ans sur ce sujet - la vie, la mort, l'immortalité - est née cette pièce Forever, pleine de vie, d'énergie et d'humour... noir!

Forever - Tabea Martin - Maillon - Photo: Nelly Rodriguez


La petite troupe, Tamara: Tamara Gvozdenovic, Rebecca: Rebecca Journo, Miguel: Miguel do Vale, , Benjamin: Benjamin Lindh Medin et Daniel: Daniel Staaf (qui est toujours en retard, que l'on attend mais qui est quand même là) nous attendent depuis une éternité quand nous rentrons dans la salle du Maillon, et nous observent. Ils, elles ont le temps pour eux, elles et nous le disent: "Nous sommes ici et nous resterons ici, pour toujours..." Et ils nous le prouveront, par le miracle de la resurrection qu'ils déclinent dans toutes les formes possibles, et pour commencer dans la version dansée, après avoir déclenché un dispositif musical, l'u(e), après l'autre et répété, sobre, loufoque et sous la forme classique comme une mort du cygne pour conjurer le sort.

Forever - Tabea Martin - Maillon - Photo: Nelly Rodriguez


Tels des cygnes, d'ailleurs dans leur jupette blanche, en plastique (on se demande pourquoi..., mais la suite nous le dira) ils vont vivre et expérimenter toutes sortes de morts, d'agonies, d'assassinats, de meurtres, de suicide, d'accidents, en vrai et en écrits, avec force sang et larmes. Une belle agitation, des prises à partie et des révoltes individuelles, des rappels à l'ordre et des tableaux d'ensemble ou des duos façon piéta. Le thème est sujet à mouvements, gestes et chorégraphie, jeu également. 

Forever - Tabea Martin - Maillon - Photo: Nelly Rodriguez


Car la petite troupe que l'on sent très complice arrive à décliner toutes ces idées et questionnements avec entrain, rebondissements (même sur des ballons) sans lâcher le rythme. Le dispositif scénique surprenant devient matière à rire aussi au fur et à mesure que l'on en devine l'usage musical ou dramatique (répétition d'une action ou retour à zéro jusqu'à l'interdit qui se dévoile et déferle comme un cataclysme). Débouchant sur une veillée aux bougies à l'envers... Fin définitive? Mais ils nous avaient prévenus.... Ils, elles sont éternels.elles. Pour notre plus grand bonheur.

Forever - Tabea Martin - Maillon - Photo: Nelly Rodriguez



La Fleur du Dimanche



Au Mailon, du 1er au 4 décembre 2021


Avec : Tamara Gvozdenovic, Rebecca Journo, Benjamin Lindh, Daniel Staaf, Miguel do Vale
Chorégraphie : Tabea Martin
Assistance chorégraphique : Laetitia Kohler
Scénographie : Veronika Mutalova
Costumes : Mirjam Egli
Lumière : Simon Lichtenberger
Musique : Donath Weyeneth
Dramaturgie : Irina Müller, Moos van den Broek
Stagiaire en dramaturgie : Nadja Rothenburger
Regard extérieur : Sebastian Nübling
Documentation vidéo : Heta Multanen
Documentation photo : Nelly Rodriguez/ Heta Multanen
Direction de production : Franziska Ruoss
Production : Tabea Martin

Coproduction : Kaserne Basel, dans le cadre du Fonds pour jeune public de Reso – Réseau Danse Suisse. Avec le soutien de Pro Helvetia, fondation suisse pour la culture
Avec le soutien de : la commission spécialisée pour la danse et le théâtre de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne, de la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia, du Pour-cent culturel Migros, de la Fondation Nestlé pour l’Art, de la Fondation Stanley Thomas Johnson, de la Fondation Ernst Göhner et de la Fondation Ruth et Paul Wallach
La Compagnie Tabea Martin : est soutenue par la convention de soutien conjoint entre la commission spécialisée pour la danse et le théâtre de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne et la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia    

En avant ! Première, le calendrier 2022 de La Fleur du Dimanche

 Pour sa neuvième année - Eh oui, déjà... - le calendrier fait fort!

Il vous permet de choisir vous-même les photos de fleurs, mais pas que..., qui vont illustrer les mois de l'année à venir. Il ne vous reste plus qu'à choisir.

Pour commencer, je vous propose les six premiers mois, de janvier à juin. Les six derniers mois suivent très vite.

A vous de départager le duo de photos. Pour voter, rien de plus simple:

1. Vous répondez par mail avec le nom des mois et votre choix (1 ou 2) 

2. Si vous êtes sur Facebook ou Instagram, vous "likez" et mettez en commentaire en clair votre choix (soit 1 ou 2, soit "Mon choix pour ..... le mois".

A vous de jouer:

Janvier:

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Janvier - Choix 1 - Photo: lfdd

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Janvier - Choix 2 - Photo: lfdd


Février:

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Février - Choix 1 - Photo: lfdd

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Février - Choix 2 - Photo: lfdd


Mars:

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Mars - Choix 1 - Photo: lfdd

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Mars - Choix 2 - Photo: lfdd


Avril:

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Avril - Choix 1 - Photo: lfdd

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Avril - Choix 2 - Photo: lfdd


Mai:

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Mai - Choix 1 - Photo: lfdd

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Mai - Choix 2 - Photo: lfdd

Juin:

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Juin - Choix 1 - Photo: lfdd

Calendrier 2022 - La Fleur du Dimanche - Juin - Choix 2 - Photo: lfdd



Et si vous ne connaissiez pas encore La Fleur du Dimanche et les billets dominicaux - même s'il se font rares ces derniers temps, il y a plein de photographies, dont celles du calendrier, que vous n'aviez pas vues, sachez que le billet est accompagné d'un TVA (Texte à Valeur Ajoutée) et pour celui du jour, je vous offre un poème de Avrom Stutzkever, issu du livre "Heures rapiécées - Poèmes en vers et en proses", livre traduit par Rachel Ertel qui pour cette traduction a eu le prix Bernard Hoepffner décerné par la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs.


suis-je le dernier poète d'europe ?

mon chant pour des cadavres, corbeaux ?

je sombre dans le feu, les marais, l'immondice

captif des heures rapiécées d'étoiles jaunes.


Vous avez découvert l'origine du titre du livre ?


Pour le procès de Nuremberg en 1946 et écrit:

"On dit: j'exige justice pour des millions

à jamais restera cette heure, pour l'éternité."

mais les millions ne sont plus, sont exterminés

quelle est la justice que je peux exiger ?



et de tes larmes crée un déluge, de ton rire une lave,

et fais herber une nouvelle herbe.


Xavier Houssin qui en parle dans le Monde des livres le 26 novembre sous le titre "Faire revivre la "langue des exterminés" en conclut:

"Dans la Bible, le prophète Isaïe n'a-t-il pas promis: "Vos os refleuriront" ?


Bon mois de décembre, et bonne année 2022


La Fleur du Dimanche


* Si vous voulez commander et réserve votre calendrier, un mail à lafleurdudimanche (at) gmail (point) com avec votre adresse et le nombre d'exemplaires que vous voulez prendre (pour offrir, c'est un beau cadeau !). Un tarif dégressif sera étudié. Au départ, le calendrier sur papier glacé haut de gamme - format 21X28cm est à 20 € plus frais d'envoi. Je ne fais pas de bénéfice sur ce tarif, c'est le prix coûtant.

La deuxième partie est là

Calendrier 2022 Seconde! On passe en deuxième partie de l'année avec les fleurs