mercredi 1 mars 2017

Des Roses et du Jasmin au TNS : On achève bien les fleurs

Qu'est-ce qui pousse l'homme à détruire, à tuer, pas seulement les fleurs, ses semblables également ? 
C'est la réflexion que l'on peut avoir en sortant du spectacle d'Adel Hakim "Des Roses et du Jasmin" au TNS actuellement.
Oui, que de morts, trop des morts, des morts en trop... Il faut que cela cesse,  mais comment ? Que faire ?


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Comme le dit l'auteur metteur en scène de cette pièce, Adel Hakim: "Des Roses et du Jasmin a une issue assez noire. Pour moi le théâtre ne peut pas apporter de solutions. Le théâtre doit être un miroir du réel, qui fait réfléchir. Je ne peux pas écrire un théâtre qui donne des leçons ou des solutions. Il faut réveiller la conscience du spectateur. Le pouvoir cathartique du théâtre ne consiste pas à donner des solutions. Les solutions politiques sont à trouver dans la lutte des citoyens dans les rues, dans les débats, dans l'éducation et la culture."


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


La grande force de cette pièce est effectivement non pas de donner de solution, mais de poser les choses, les éléments, surtout d'informer sur ce qu'on ne connait pas assez bien, même en Israël ou en Palestine (des spectateurs ont avoué avoir appris des choses sur l'histoire de leurs pays, en particulier sur l'Irgoun).
Parce que la pièce c'est cela, une grande épopée de la construction d'Israël et des destins croisés des Juifs et des Palestiniens sur cette terre partagée, à travers le destin de quelques familles qui vont se croiser et s'entrecroiser. Et ces destinées vont à la fois nous faire mieux comprendre l'Histoire (avec un grand H) et les destinées personnelles et celles de ces peuples qui s'opposent.



Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Trois grandes périodes vont nous faire vivre ces destinées personnelles et les choix personnels ou les parcours contraints:  
Les années 1944-48, arrivée des exilés jusqu'à l'attentat du King David. 1964-67, la rencontre des enfants et la guerre des six jours. 1988 l'intifada, la guerre des pierres où l'on va voir se rencontrer les petits-enfants.


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Et c'est par cette construction que la pièce est intéressante et enrichissante, humaine. Adel Achim l'a bien sûr contruit ainsi: "Le théâtre permet de donner un autre regard sur l'actualité. La généalogie, le poids du passé, l'enchainement des faits sont essentiels. Ne se centrer que sur des événements du présent en traitant l'Autre de "barbare" ne conduit qu'à de la propagande."


Des roses et du jasmin - TNS Strasbourg - ©Nabil Boutros


Et Des Roses et du Jasmin n'est justement pas de la propagande, mais un travail de fond, sur la base d'expériences vécues, improvisées par les comédiens palestiens, retraités et retravaillées, réécrites par l'auteur et interprétées avec une force et un puissance vitale par une troupe de théâtre qui vit au quotidien dans cet environnement. Il faut saluer l'engagement et l'ouverture de ces commédiennes et commédiens Yasmin Hamaar, Faten Koury, Lama Namneh, Hussan Abu Eisheh, Alaa Abu Gharbieh, Kamel El Basha, Sami Matwasi, et Daoud Toutah, qui pour quelques-un(e)s interprètent des rôles de juif(ve)s. Ne pas oublier le travail de dramaturgie de Mohamed Kacini qui a resserré et donné toute sa force et sa densité à cette épopée. Et nous permet de comprendre - un peu - comment les injustices imposées aux uns engendrent ces pulsions violentes chez les autres.

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

Des Roses et du Jasmin

Au TNS Strasbourg jusqu'au 8 mars 2017 - Espace Gruber 19h00
Spectacle en arabe surtitré en français avec les acteurs du Théâtre National Palestinien.
texte et mise en scène 
Adel Hakim
édition
L’Avant Scène Théâtre
scénographie et lumière 
Yves Collet 
dramaturge 
Mohamed Kacimi 
assistante à la mise en scène
Giorgina Asfour
collaboration artistique 
Nabil Boutros
costumes 
Dominique Rocher
vidéo 
Matthieu Mullot
chorégraphie 
Sahar Damouni

avec 
Hussam Abu Eisheh
Alaa Abu Gharbieh
Kamel El Basha
Yasmin Hamaar
Faten Khoury
Sami Metwasi
Lama Namneh
Shaden Salim
Daoud Toutah

Coproduction Théâtre National Palestinien, Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne.

Action financée par le Conseil Régional d’Ile-de-France et avec l’aide du Consulat Général de France à Jérusalem.

dimanche 26 février 2017

Les éranthes dorées luisent sous le grand arbre, Todorov s'éteint, et dépeint l'âme des poètes russes

L'âme se cache-t-elle dans le jaune des fleurs ? Les enfants jadis s'éclairaient la naissance du cou avec des boutons d'or en caresse lumineuse et beurrée.
Pour le printemps qui s'annonce - bien que les températures nous mettent en garde contre un optimisme béat - elles nous apportent la lumière de dessous les grands arbres.

Dans le Jardin Botanique de Strasbourg, même fermé, les éranthes éclairent le grand arbre en miroir du soleil d'hiver. Et le tapis blond en fait une flaque de soleil bienvenu:


Eranthes sous le grand arbre - Photo: lfdd

Eranthes sous le grand arbre - Photo: lfdd


Eranthes sous le grand arbre - Photo: lfdd

Eranthes sous le grand arbre - Photo: lfdd


Après ce déferlement de soleil, je ne pouvais que vous parler d'étoiles. Ou plutôt de planètes qui pourraient ressembler à la terre. C'est la découverte récente d'un système de 7 planètes de la taille de la Terre munies d'atmosphères dont la moitié situées en "zone habitable" autour de leur étoile qu'une équipe d'astronomes vient de découvrir autour d'une étoile naine rouge TRAPPIST-1 située à 39 années-lumière de la terre.
Vous en saurez plus ici:
http://www.ca-se-passe-la-haut.fr/2017/02/decouverte-de-7-planetes-telluriques.html 
Et là:
Seven temperate terrestrial planets around the nearby ultracool dwarf star TRAPPIST-1

Mais je vais vous parler plutôt de Tzvetan Todorov qui vient de mourir le 7 février. Ce linguiste (mais pas que..), disciple de Roman Jacobson a jeté un regard - et écrit quelques livres très intéressant sur la Russie - qu'il a par chance qu'il a quitté - et pu analyser, en particulier la vie et le parcours des artistes poètes et autres artistes révolutionnaires (qui n'ont pas duré longtemps dans ce pays après la révolution).

Je cite Marina Tsetaeva (qui se pend en 1941): 
"Le communisme, en chassant la vie vers l'intérieur, a donné une issue à l'âme."

Et Maïakovski:
"Nous nous sommes jetés vers l'avenir avec trop de fougue et d'avidité pour pouvoir garder un passé. Le lien des temps s'est déchiré. Nous avons trop vécu par le futur, trop pensé à lui, cru en lui, nous n'avons plus la sensation d'une actualité qui se suffit à elle-même, nous avons perdu le sentiment du présent."

Et Kasimir Malevitch, inventeur du suprématiste (dont l'exposition chez Beyeler en novembre 2015 fêtait les 100 ans):
"L'art est immobile car il est parfait. L'art n'a pas de but et ne doit pas en avoir, car il est absolu. Au contraire, il peut être le but de tout ce qui se meut, car se meut ce qui est imparfait."



Pour finir en chanson, voici les "Ames errantes" de et par Molodoï pour rester dans l'ambiance:


 

J'ai marché sur toutes les routes 
Comme Rimbaud en d'autres temps 
Parmi les ruine de Beyrouth 
A la poursuite du néant 
J'ai erré dans des cafés 
Comme Verlaine bien avant 
Au Printemps, Automne, comme Eté 
Même les Hivers cinglants 

Et rappelez-vous que Nadja disait chez André Breton: 
"Sur le point de m'en aller, je veux lui poser une question qui résume toutes les autres, une question qu'il n'y a que moi pour poser, sans doute, mais qui, au moins une fois, a trouvé une réponse à la hauteur: "qui êtes vous?" et elle, sans hésiter: "je suis l'âme errante".



Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

samedi 25 février 2017

Flexible Silence de Saburo Teshigawara à Chaillot: le silence est d'or, adoré...

Comment imaginer un spectacle de danse qui célèbre le silence quand en plus celui-ci est créé avec des pièces de deux compositeurs de musique moderne et contemporaine: Olivier Messiaen et Rihoko Takemistu? 


Flexible Silence - Saburo Teshigawara - TND Chaillot


Il faut toute la qualité de chorégraphe du silence de Saburo Teshigawara et celle d'interprétation de ses danseuses (Rika Kator, Chiara Mezzadri, Junya Okazaki, Rihoko Sato) et d'Eri Wanikawa et de lui-même comme interprètes de ce silence flexible.

Olivier Messiaen et Rihoko Takemistu: maîtres du silence ?

Dans la grande salle du Théâtre de Chaillot, si ce n'avait été l'hiver, nous aurions entendu les mouches voler, tellement la concentration était intense, autant sur scène que dans la salle. Chacun était attentif à sa propre respiration.


Flexible Silence - Saburo Teshigawara - TND Chaillot

En première partie, sur la partition de la "Fête des belles eaux" d'Olivier Messiaen (1937) magnifique pièce en volutes et en canon jouée sur six ondes Martenot jouée par Imsu Choi, Aurore Dallamaggiore, Cécile Lartigau (élèves du CNSMD de Paris) et Nathalie Forget, Valérie Hatrmann-Claverie, Augustin Viard, la chorégraphie est plutôt chorale, avec un passage de relais entre les danseurs, quelquefois en duo ou trio, souvent portés, emportés par leurs mouvements de bras, par leurs mains qui tracent l'espace. Très dynamiques, bousculés d'un espace à un autre et se passant le relais, pour finir dans des mouvements d'ensemble et quelquefois retrouvant le sol.
Il faut aussi noter la sobriété, en même temps que la force de la mise en lumière créée également par Saburo Kashiwara, qui joue sur un espace fragmenté, ou plutôt circonscrit par des cercles plus ou moins larges, se chevauchant et s'élargissant ou se rétrécissant, glissant de l'un à l'autre pour faire passer le geste d'un danseur/seuses à un(e) autre. Pour finir dans une lumière qui s'élargit et déborde en flaque sur la scène et pousse la ligne de crête de cette fête des eaux.


Flexible Silence - Saburo Teshigawara - TND Chaillot

Pour la deuxième partie, même jeu sur la lumière, qui, cette fois-ci va quadriller ou plutôt découper au scalpel lumineux les duos de danseurs qui dialoguent toujours dans le même silence sur les sept pièces tout en délicatesse et d'une légèreté presque silencieuce de Toru Takemitsu interprétées en solo ou en formation de chambre par les musiciens de l'Ensemble Interconteporain: Odile Aubouin (alto), Frédérique Cambreling (harpe), Jérôme Combe (Clarinette), Gilles Durot (percussion), Hideki Nagano (piano), Emmanuelle Ophèle (flûte), et Jean-Marc Zvellenreuther (guitare).
Il faut saluer la magnifique interprétation tout au long de Rihoko Sato tout en élégance et d'une altière énergie intériorisée. Et pour clore ce duo où les deux se cherchent tout du long, enfin, ils vont se retrouver en toute douceur dans un tableau final.


Bon spectacle

La Fleur du Dimanche

Flexible Silence Saburo Teshigawara / Ensemble intercontemporain
Au Théâtre National de la Danse à Chaillot
jusqu'au 3 mars 2017

Chorégraphie, décor, lumières, costumes: Saburo Teshigawara
Assistante artistique: Rihoko Sato
Coordination technique, assistant lumières: Sergio Pessanha
Musique: Olivier Messiaen - Fête des belles eaux (1937) et Toru Takemitsu - Air (1995), And then I knew t'was Wind (1992), Toward The Sea (1981), Les Yeux clos II (1988), For Away (1973), Rain Spell (1980).
Avec: Rika Kato, Maria Chiara Mezzadri, Junya Okazaki, Rihoko Sato, Saburo Teshigawara, Eri Wanikawa (danseurs)
Et Odile Auboin (alto), Frédérique Cambreling (harpe), Jérôme Comte (clarinette), Gilles Durot (percussion), Hideki Nagano (piano), Emmanuelle Ophèle (flûte), Jean-Marc Zvellenreuther (guitare) de l’Ensemble intercontemporain.
Et Imsu Choi, Aurore Dallamaggiore, Cécile Lartigau (élèves du département des disciplines instrumentales classiques et contemporaines du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris), Nathalie Forget, Valérie Hartmann-Claverie, Augustin Viard (ondes Martenot). 
Production et coordination: Karas Co Ldt & Richard Castelli – Epidemic. 
En partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (Bruno Mantovani, directeur)

Coproduction: Chaillot – Théâtre national de la danse / Ensemble intercontemporain
Crédits photo: Akihito Abe et Karas

Tree of Code de Wayne McGregor avec Olafur Eliasson à l’Opéra de Paris: virtuose et éblouissant

Pour Tree of code de Wayne McGregor, en création française ces derniers jours à l’Opéra de Paris (au Palais Garnier) – après la création mondiale en juillet 2015 lors du Festival international de Manchester – le chorégraphe britannique s’est  s’inspiré du roman de l’Américain Jonathan Safran Foer qui a ciselé son récit en découpant les pages du livre de Bruno Schulz, The Street of Crocodiles. Il en fait un véritable palimpseste chorégraphique. 

Tree of code - Wayne McGregor

L’apport de l’artiste danois Olafur Eliasson, premier artiste invité à la Fondation Louis Vuitton participe à cette lecture multiple et éblouissante du travail chorégraphique de la troupe de la Company Wayne McGregor et aux danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris.  La musique entrainante de  Jamie xx à la lisière de la pop et de l’électronique dynamise tout cela et le spectacle de plus d’une heure et quart ne perd pas le rythme et vous emporte en fulgurances, envolées et contorsions époustouflantes qui ne vous lâche pas du début à la fin.

Tree of code - Wayne McGregor

Démarant presque dans le noir, quelques petites lumières aux articulations, les danseurs nous aiguisent nous sens dans la découverte du corps et du mouvement  puis des mains tendues multipliées nous invitent à suivre une chorégraphie de plus en plus enjouée, et surtout des mouvements d’une extraordinaire souplesse de la part de ces danseurs virtuoses. Nous sentons l’attrait de Wayne MacGregor vers les technologies, mais aussi les limites du corps et du mouvement. Sa collaboration avec Olafur Eliasson dans une scénographie à la fois simple et complexe rend hommage au travail littéraire de caviardage et de palimpseste de Jonathan Safran Foer. Les multiples plans, reflets brisés et miroirs démultiplient les points de vues ou les perspectives du spectateur – spectateur qui quelquefois est inclus dans la scénographie à son insu, élément de décor vivant. 

Tree of code - Wayne McGregor

Les jeux de miroir et de lumière dévoilent toute la polysémie des mouvements des danseurs
et notre regard est littéralement mis en espace. Le dispositif scénique, très ludique et coloré, d’Olafur Eliasson nous emporte dans un tourbillon et le rythme des danseurs ne nous laisse pas de répit. Les nombreux tableaux musicaux de Jamie xx en crescendo de rythme contribuent à nous entraîner dans ce tourbillon virevoltant qui nous portera à l’unisson jusqu’à l’épuisement de cette pièce magnifique.




Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

Musique
Jamie xx
Chorégraphie
D'après Jonathan Safran Foer
Danseurs (Ballet de l'Opéra)
Marie-Agnès Gillot
Lydie Vareilhes
Lucie Fenwick
Jérémie Bélingard
Sébastien Bertaud
Julien Meyzindi
Danseurs (Studio Wayne McGregor)
Catarina Carvalho
Travis Clausen-Knight
Alvaro Dule
Louis McMiller
Daniela Neugebauer
James Pett
Fukiko Takase
Po-Lin Tung
Jessica Wright
Mise en scène
Wayne McGregor
Scénographie
Olafur Eliasson
Lumières
Rob Halliday
Son
Nick Sagar
Musique enregistrée
Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris
Et les danseurs de la Company Wayne McGregor

Commande de l’Opéra national de paris, du Manchester International Festival, de Park Avenue Armory, de Faena Art, du Sadler’s Wells et de Aarhus, Capitale européenne de la Culture 2017.

Production du Manchester International Festival, du Ballet de l'Opéra national de Paris et du Studio Wayne McGregor


lundi 20 février 2017

Bon Anniversaire la Fleur: Admettons, admettons la vie !

C'est l'anniversaire de la Fleur du Dimanche.
Le premier texte sur internet est paru le 20 février 2011,  et était l'occasion de creuser un peu le sens de certains mots comme:
Site, paysage, pensée, simple, patience,....  

Je vous invitais aussi à réfléchir et à "regarder", entre autres les fleurs, bien sûr, vis-à-vis desquelles, je l'ai encore précisé récemment (voir quelques billets de ces derniers temps), il faut faire preuve de modestie, de même qu'avec les animaux - nous ne sommes pas les "maîtres du monde".



6eme Anniversaire - Lafleur du Dimanche - Photo: lfdd


Je profite de ce billet pour rendre un hommage via le TVA à une personne chère qui disait souvent un mot que je mettrais en "emblème" de ce billet d'anniversaire:  

Admettons (admettre)

Voici les quelques significations possibles - la personne en question ne connaissait pas forcément toutes - que je lui affecte volontiers pour une ouverture d'esprit et d'accueil:
  - Recevoir quelque chose ou accueillir quelqu'un en raison de ses qualités ou de sa qualification - Admettre, accueillir)
- Reconnaître la valeur d'une chose. Reconnaître pour vrai ou digne d'adhésion ou Reconnaître comme existant, Tolérer.
- Admettre que : Accepter l'idée que quelque chose existe, a existé, ou existera  - ou Formuler l'hypothèse provisoire que quelque chose puisse être

Une autre version de définition :
Recevoir. Laisser entrer. Considérer quelque chose comme vrai ou valable. Permettre, tolérer.



6eme Anniversaire - Lafleur du Dimanche - Photo: lfdd



En termes de bilan, en ce jour anniversaire, je peux vous dire que sur ces 6 ans, 704 billets ont été publiés.
Ils ont été lus au moins 125.000 fois (Google minore le calcul des "pages vues, je ne sais pour quelle raison), ce qui fait une moyenne de lecture d'au moins 177 vues par billet - c'est le nombre de vues atteint à la fin du mois de mars 2011 par les 12 billets premiers publiés jusque-là.

Le billet le plus lu est toujours celui du 10 novembre 2013 "La Fleur du Dimanche paresse sous la pluie", indétrôné et vu 1.370 fois!
Et une surprise: les récents billets sur les concerts, dont l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg et la 9ème symphonie de Mahler, ainsi que celui sur le spectacle "Neige" au TNS sont entrés au top 10 des pages vues avec plus de 500 lecteurs en moins d'un mois !

Pour finir en chanson, je vous offre une chanson très sensible et poétique - et d'actualité - "Manha De Carnabal" (matin de carnaval) de Luiz Bonfá and Antonio Maria chantée par Astrud Gilberto dans le film "Orfeu Negro" de Marcel Camus en 1959, palme d'Or la même année.





Bonnes lectures à venir

Et merci à toutes et à tous pour votre fidélité et votre intérêt.

La Fleur du Dimanche 

dimanche 19 février 2017

Bois gentil nouveau et gentille coccinelle, avec une fin en poisson (la maman est gentille aussi)

La chronique de ce dimanche a failli ne pas avoir lieu pour diverses raisons.
Le billet de cette Fleur du Dimanche presque anniversaire (la Fleur du Dimanche est parue la première fois sur le web le 20 février 2011)  a rencontré sur sa route cette semaine pas mal d'obstacles (pas de fleur, pas de TVA - Texte à Valeur Ajoutée, pas le temps, pas bon le moment,...).

Elle est tout de même là pour vous et vous présente la Fleur capturées de justesse, avec une coccinelle cachée, découverte aujourd'hui:


Bois gentil avec coccinelle noire - Photo: lfdd


La coccinelle est noire, mais puissse-t-elle aussi vous apporter le bonheur dans les jours qui viennent..


Coccinelle noire - agrandissement - Photo: lfdd


En guise de TVA, un texte "pêché" au dernier moment, en fait une mise en parallèle de deux textes sur les livres qui répondaient à ma question de "certitude" et qui ont été le premier déclencheur de cette "levée d'obstacles" pour notre rendez-vous.

Je vous le livre (en extraits) tel quel.
Tout d'abord quelques lignes d'Eric Chevillard pour son "feuilleton" dans le Monde des Livres de ce vendredi, "Fiction sans Friction" qui commence ainsi:
"La chronologie de nos vies n'est pas toujours facile à suivre. Mais notre destin prend forme  quand nous lisons un roman. Quand nous nous soumettons à son ordre. Enfin une trajectoire nette. Pour avancer droit, tourner les pages est plus sûr que mettre un pied devant l'autre...
Les récits les plus extravagants ont néanmoins une cohérence tout à fait appréciable pour le naufragé qui dérive sur son esquif. 
....
Le lecteur... préfère à son tour méditer sur cette question: vaut-il mieux dans la vie trouver à s'employer ou rester prêt à tout ?" 


Le deuxième texte nous vient de Roger-Pol Droit (tout juste en dessous de celui d'Eric Chevillard) et il s'intitule "Eloge de l'inachèvement perpétuel":

En voici aussi des morceaux choisis à mixer avec le précédent:
"Il n'y a pas qu'une seule manière d'exister. Une table, Hamlet, un électron, une racine carrée existent, mais différemment. Ce qui importe, dans ces multiples existences dissemblables, ce sont d'abord les manières. On ne les confondra pas avec les regards que portent les observateurs."
...
Autour de chaque chose réelle se profile en permanence une foule de bribes, de bordures, une nuée de potentialités: l'arche du pont est cassée, mais la courbe se poursuit invisiblement au-dessus du vide.
....
Dès lors, le monde a beau être plein, il est toujours inachevé. Mieux: chaque chose, parfaitement existante, se révèle, virtuellement, en voir de métamorphose. Vu sous cet angle, l'inachèvement n'est pas un manque, une marque d'incomplétude... 
Il est tapi dans ces "Existences moindres" qui entourent toute chose comme un halo, et font basculer son existence en une autre."


Pour ne pas être tout à fait déprimé, une chanson qui fera à la fois souvenir et sourire: 
Allez Boby ! Une petite pointe d'humour !



Et une un autre clin d'oeil avec Bourvil et Louis de Funès:


 


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche  

P.S. Je partage une pensée émue avec tous ceux qui récemment ont perdu une personne proche....

mardi 14 février 2017

Val valant Valantine: La rose et le chardon: la rose a des épines, le chardon d'amour des piquants

Je vous ai annoncé des chardons dimanche dans mon billet: Réminiscences d'été: bouquets d'été sur chardons dardants, ils arrivent pour la Saint Valentin !
Pour pimenter le bouquet, la rose étant fanée, un peu de piquant pour la soirée des amoureux.


Rose rouge pour Valentine - peinture décolorée- photo: lfdd

En compensation de la rose rouge décolorée, je vous offre des chardons bleus éblouissants sous l'ardant soleil dardant de l'été en montagne:


Chardons bleus pour Valentine - photo: lfdd

Chardons bleus pour Valentine - photo: lfdd

Chardons bleus pour Valentine - photo: lfdd

Et je vous souhaite un belle soirée tout en pensant à ceux qui ne vont pas manger en tête-à-tête au restaurant, en vous offrant ces quelques chansons d'amour à contre-courant:

Tout d'abord "Mon amie la rose" de Françoise Hardy:




On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
A l'aurore je suis née
Baptisée de rosée
Je me suis épanouie
Heureuse et amoureuse
Aux rayons du soleil
Me suis fermée la nuit
Me suis réveillée vieille

Pourtant j'étais très belle

Oui j'étais la plus belle
Des fleurs de ton jardin

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
Vois le dieu qui m'a faite
Me fait courber la tête
Et je sens que je tombe
Et je sens que je tombe
Mon coeur est presque nu
J'ai le pied dans la tombe
Déjà je ne suis plus

Tu m'admirais hier

Et je serai poussière
Pour toujours demain.

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose
Est morte ce matin
La lune cette nuit
A veillé mon amie
Moi en rêve j'ai vu
Eblouissante et nue
Son âme qui dansait
Bien au-delà des nues
Et qui me souriait

Crois celui qui peut croire

Moi, j'ai besoin d'espoir
Sinon je ne suis rien

Ou bien si peu de chose

C'est mon amie la rose
Qui l'a dit hier matin. 


Nous ne sommes pas grand chose et même, comme le chante si bien Sophie Hunger, quelquefois nous sommes personne: "Niemand", dans sa Valse pour "personne"  - Walzer Für Niemand


Sophie Hunger - Walzer Für Niemand (Live at Kesselhaus, Berlin)


Oui, les histoires d'amour finissent mal en général, mais quelquefois ce sont de vrais contes de fées (même au pays du Lider Maximo, Cuba). C'est celle d'Evelyne Pisier (la soeur de Marie-France pour les peoples cinéphiles) qui a vécu son "histoire d'amour", une vraie passion, avec Fidel Castro en personne dans les année 1964 (Evelyne vient de mourir la semaine dernière...).



En ces temps de Valentinades, un conseil pour ceux qui ne veulent pas suivre le flot, un conseil: Allez à la soirée "lecture" d'Hélène Schwaller qui vous fait la "Muse" avec des textes de James Joyce et de Hakim Mouhous. C'est à la Galerie Philippe Descorde à partir de 20 heures ce mardi 14 février, dans le cadre de l'exposition de dessins de Hakim Mouhous.


Et pour finir, un hommage à une pianiste chanteuse canadienne qui adore les fleurs et qui nous fait avec ses accolytes Nicolas Bédard - Contrebasse et Mark Nelson - Batterie - un beau moment de bonheur autour de la fleur bleue:


Le trio Luce Bélanger - "Chardon bleu"


Bonne Saint Valentin

La Fleur du Dimanche