dimanche 22 janvier 2017

Hou, hou, méfions-nous du faux-houx: mahonia, algorithme, big data et Big Mama

Dimanche dernier, je vous ai fait prendre du mahonia pour un houx, heureusement que je ne vous ai pas fait prendre un loup pour un mouton....
Cette semaine, pour tenir compagnie à un vrai mahonia en fleur, jusqu'à preuve du contraire, ce sera une viorne:


Viorne bassin non gelé - Photo: lfdd


Et cette erreur d'identification rejoint la réflexion de notre TVA du jour axé autour de trois points: la vérité, la liberté et les algorithmes*...
Ces trois points sont une conséquence des évolutions technologiques actuelles, entre autres du Big Data et des algorithmes qui analysent et organisent cette masse de données qui en découlent.
Avec pour conséquence par exemple de subir un traitement favorable ou défavorable à différents niveaux (emploi, sécurité, banque, justice,...) selon votre passé inscrit dans les données stockées dans des bases dont vous n'êtes pas forcément au courant.
Deux autres aspects qui je vais creuser et illustrer sont d'une part la question de la "bonne information" la véridique, la vérifiée (nous en avions déjà eu des aperçus précédemment), et la mise en oeuvre et l'analyse de ces milliers de données personnelles que vous offrez pour le moment, sans vraiment savoir quand et comment aux industries - parce que ce sont les nouvelles industries du service et du commerce dans votre vie quotidienne, via internet et toutes les applications que vous utilisez.

Servir - servitude

Une petite question, pour les utilisateurs de facebook au sujet d'une nouvelle chaine qui vient d'apparaître et où l'on vous demande de choisir un mot (un seul) qui commence par l'initiale de votre prénom et qui vous caractérise.... Et bien sûr de demander cela à tous vos amis.... 
Est-ce un dialogue avec vous amis ou à quoi cela peut-il bien servir.

C'est bizarre d'ailleurs ce terme servir, parce que cela fait écho au titre du livre de Phillipe Vion-Dury, journaliste et spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et des technologies. Il vient de sortir aux éditions Fyp son premier essai intitulé "La nouvelle servitude volontaire". Il y analyse la nouvelle société numérique qui est en train d’être érigée par les startups de la Silicon Valley, en Californie. Il est passé ce jeudi 19 janvier à Strasbourg pour parler avec Yann Bonnet, secrétaire général du Conseil national du numérique (CNNum), du rôle des algorithmes dans notre société connectée, lors d'une rencontre co-organisée par Le Shadok et Rue89 Strasbourg.

Un entretien est sur leur site et je vous en propose quelques extraits:
Philippe Vion-DuryPour moi, il est donc clair que les algorithmes sont des processus hérités d’un système, ils participent à une domination, on cherche à nous exploiter, à nous influencer. D’où le mot « servitude » dans le titre. Et « volontaire » parce que nous donnons notre consentement, sans qu’on n’ait forcément le choix. On nous dit qu’on peut refuser mais ce n’est pas totalement vrai, si on refuse d’utiliser certains services, on se coupe d’une partie du monde.
Rue89 Strasbourg: mais au fond, quel est le problème avec les algorithmes ?
Philippe Vion-Dury: Le problème, c’est justement leur apparente innocuité. Qui peut être contre un programme qui va vous proposer chaque semaine une liste de 20 morceaux de musique qui devraient vous plaire, comme la playlist Discover de Spotify par exemple ? Sauf qu’il faut se poser ces questions : quels sont les autres buts de cet algorithme ? Est-ce que les morceaux qui composent cette liste ont tous des chances égales d’y figurer ou bien des accords passés entre Spotify et des labels peuvent la modifier ? 
Qui garantit la neutralité des algorithmes ?
Et si la musique proposée vous plait vraiment, qu’est-ce que ça produit comme conséquences ? D’une part, vous utilisez plus la plate-forme de musique et d’autre part, la plate-forme en tire des conclusions sur votre profil, vos goûts, vos habitudes, qui complètent son modèle économique.
L’autre problème est que les algorithmes agissent cachés. Bien souvent, les gens ignorent qu’une bonne partie de l’information qu’ils reçoivent, par Facebook par exemple, est due à un algorithme et que certains contenus sont volontairement retenus. Ces processus ne sont jamais expliqués, leurs règles de calculs ne sont jamais dévoilées. Il a fallu toute la mobilisation des syndicats de lycéens pour que le Gouvernement rende public le code de l’algorithme APB, qui décidait des inscriptions à l’université. Et il s’agissait d’un programme public français pour des données publiques ! Imaginez s’il fallait exiger la même chose de Facebook ou Google…

Un autre article sur rue 89 complète cet extrait.

Rue89: « Algorithme », on utilise souvent ce mot sans comprendre à quoi cela correspond. Pouvez-vous nous citer des services du quotidien qui utilisent des algorithmes ?
Chaque semaine, Spotify sort sa playlist "Découvertes de la semaine" composée par un algorithme qui a calculé nos goûts musicaux en fonction de nos écoutes précédentes.
Sur Netflix, 75% des vidéos regardées par les utilisateurs le sont suite à la proposition de leur algorithme de recommandation.
Dans le "monde social", il y a bien évidemment Facebook. Chaque jour, notre fil d’actualités devrait afficher plusieurs dizaines de milliers de contenus provenant de nos amis. Pour nous "éviter" de passer des heures à tout regarder, leurs équipes ont élaboré un algorithme capable de calculer nos goûts, de repérer les amis qui compte à nos yeux... Le résultat de ce tri s’affiche sur notre fil d’actualités.
Il est inquiétant de se rendre compte, qu’aux Etats-Unis, deux tiers des Américains n’ont pas conscience que Facebook trie ce qu’il voit.
En novembre 2015, Facebook a lancé des nouveaux émoticônes : « en colère », « surpris », « cœur » etc. Les internautes l’ont vu comme un moyen de diversifier leurs réactions. Pour le géant américain, l’habituel « like », le pouce bleu en l’air, n’était pas assez subtil pour comprendre l’intention des gens. Avec ces nouveaux « smileys », Facebook peut affiner la compréhension de vos goûts et vos intérêts en analysant les données générées quand vous réagissez sous un post.
Il ne faut jamais oublier qu’il s’agit d’une entreprise commerciale dont le but est de nous garder le plus possible sur sa plateforme afin de nous proposer de la publicité ciblée. Ils doivent donc nous connaître, le mieux possible. Pareil pour Youtube, Spotify etc.
C’est pour cette raison qu’ils nous enferment, en quelque sorte, dans ce qu’on aime déjà ?
Oui, une personne aux goûts prévisibles est plus rentable qu’une personne aux goûts imprévisibles. Les recommandations des algorithmes qu’ils utilisent vont vous maintenir dans un « endroit clos ».
Cela a déjà été théorisé : ça s’appelle la « bulle filtrante ». Autour de vous, un cocon se constitue, filtrant tout ce qui n’est pas censé vous correspondre. Vous ne serez plus amené à découvrir de nouvelles musiques, de nouveaux courants culturels, de personnes loin de votre milieu social etc.
Est-ce un horizon souhaitable pour le développement d’un individu que d’être maintenu dans une bulle de confort, où tout ce qu’il voit et tout ce qu’il sait viennent confirmer ses opinions et ses goûts ?
Les algorithmes tuent la sérendipité ?
La sérendipité vient d’un conte persan : "Les Trois Princes de Serendip". Ils sont envoyés par leur père en voyage. Au cours de leurs aventures, ils se rendent compte que la vraie richesse, le vrai enseignement, proviennent du hasard des rencontres et des évènements imprévisibles.

Hasard des rencontres, des bourgeons de Nouvel An dans le ciel bleu, que sont-ils devenus?


Bourgeons  ciel bleu - Photo: lfdd

Et pour amener un autre éclairage, un  professeur titulaire au Centre de recherche en droit public de la Faculté de droit de l’Université de Montréal, Pierre Trudel, dans une chronique dans le journal québéquois Le Devoir, "La concurrence des vérités" nous parle de la vérité, et de débat démocratique - biaisé par les usages -et le fonctionnement -  d'internet:

"Notre monde connecté correspond à cette époque que l’on nomme "post-factuelle". ... nous sommes désormais dans une ère où les "faits", les informations vérifiées n’ont pas plus de poids que les croyances. Cette "concurrence des vérités" mine radicalement la capacité de nos sociétés à délibérer, à discuter sur des bases qui seraient mutuellement tenues pour légitimes.
Les normes en vertu desquelles se détermine la vérité se trouvent plus que jamais en concurrence. Le phénomène semble inhérent à Internet, qui domine l’espace public dans notre monde hyperconnecté.
D’abord, il faut rappeler qu’une affirmation est tenue pour véridique dans la mesure où elle résulte d’un processus de validation auquel on adhère, que l’on trouve légitime. Par exemple, les médias traditionnels se sentent généralement tenus de mener des vérifications rigoureuses avant de diffuser une information dans le public. Dans le domaine scientifique sera tenue pour vraie une affirmation validée selon les exigences de méthodes reconnues dans la discipline concernée. Une affirmation découlant d’une croyance religieuse sera considérée comme vraie par ceux qui adhèrent aux dogmes qui y sont associés.
C’est que la vérité est tributaire de la conformité aux exigences du système de validation dans lequel s’inscrit une affirmation. Ces exigences n’ont de sens que dans le système de connaissance dont se réclame une personne qui affirme quelque chose. En dehors de ce système, l’affirmation paraîtra fausse, mensongère, trompeuse voire frauduleuse.
L’univers en réseau permet la coexistence et la proximité de vérités provenant de toutes sortes de milieux adhérant à différents processus de validation. Plusieurs « vérités » y sont proposées et se diffusent au gré des prédilections des internautes révélées par les choix qu’ils font de seconde en seconde.
Dans un tel espace public en réseau ouvert, des normes de nature diverses se trouvent en concurrence. Chacun est en situation de devoir évaluer la valeur du système normatif en vertu duquel une affirmation est mise en avant. Les acteurs disposent d’une capacité sans précédent de capter l’attention des internautes en diffusant des informations de toute nature.
Face à ce flot d’informations de toute provenance, l’individu se retrouve pratiquement seul.
Lorsqu’il n’est pas adéquatement outillé afin de jauger les valeurs du système normatif duquel émane telle ou telle affirmation, il est vulnérable à toutes les manipulations.
Dans un tel environnement, les grandes plateformes comme Facebook ou Google constituent les portiers du réseau, les « gatekeepers ». Dans un tel univers de concurrence des vérités et des normativités, les modes de fonctionnement des plateformes, les régulations technologiques qui y prévalent constituent un chaînon crucial des processus désormais inhérents à la vie démocratique.
Les processus par lesquels ces portiers déterminent la circulation de l’information dans les environnements connectés sont un enjeu majeur.
Pour se donner les moyens de comprendre et d’agir à l’égard des mécanismes présidant à la dissémination des informations, il faut exiger plus de transparence et de responsabilisation de la part des plateformes qui désormais, pour le meilleur ou pour le pire, déterminent les conditions de la circulation de l’information."

A vous d'en tirer les conséquences et d'en apprendre le mode d'emploi.... Pour arriver à différencier un houx d'un mahonia (plus facile quand il fleurit:


Mahonia en fleur - et pas houx ! - Photo: lfdd

Pour vous récompenser d'être arrivé jusqu'au bout de ces élucubrations, je vous offre des chansons que l'algorithme ne vous aura pas forcément proposé...

Et poir résoudre les "Problèmes" un peu de joie et d'humour, avec Antoine et Gérard:




Comme dans tout match il y a un adversaire, voici Johnny qui se bat contre les idées courtes. A vous de les avoir longues, pour les cheveux, c'est à vous de voir!

 


Ayant éliminé Antoine, on va aussi cogner sur la Musique Contemporaine (sans Antoine, mais avec les Problèmes):



Mais n'oublions pas l'Alsace et l'humour d'Odile et de Ricet Barrier (quel est l'algorithme qui amène celui-là? - la choucroute? - perruque? - si vous avez une réponse, je suis preneur : lafleurdudimance(at)gmail.com): 

Ricet Barrier - Odile par chansonfrancaisetv


Et pour finir en Rome antique, une dernière couche d'Antoine, pour oublier tout cela (pour faire travailler la mémoire de la toile qui n'existait pas à l'époque):




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche


* Algorithme ne vient pas du grec (et donc ne prend pas de "i" grec) mais  du nom du mathématicien arabe Al-Khawarizmi - ils ont fort en calcul les arabes, en plus d'inventer le zéro ! - qui signifie "Suite finie et non ambiguë d’opérations ou d'instructions permettant de résoudre un problème ou d'obtenir un résultat".
Bon l'algorithme ne va pas forcément résoudre tous vos problèmes - et d'ailleurs si vous lisez bien le billet du jour, il va plutôt vous en créer de nouveaux.

lundi 16 janvier 2017

Letter to a Man de Robert Wilson et Mikhail Baryshnikov : coup de feu et coup de fouet

Quand trois (et même quatre) géants de la danse se rencontrent, cela donne un spectacle étonnant, détonnant même...

Au Théâtre de la Ville accueilli provisoirement à l’Espace Cardin pour cause de travaux – heureusement d’ailleurs parce que le spectacle y gagne à la proximité – la dernière création de Robert (Bob) Wilson "Letter to a Man" est un moment intense qui rend hommage au mythe de la danse  du XXème siècle: Vaslav Nijinski. Celui qui a révolutionné la danse au début des années 1900, d’abord comme danseur exceptionnel, mais surtout aussi comme chorégraphe "révolutionnaire" à partir des années 1912 (avec L’après-midi d’un faune et le Sacre du Printemps) avec les Ballets Russes de Diaghilev qui ont essaimé en Europe, et a sombré progressivement dans la folie à l’âge de trente ans.



Robert Wilson se base sur des extraits du Journal de Nijinski que ce dernier a commencé à écrire en 1919, suite à sa rupture avec Diaghilev, son mariage avec Romola et son installation à Saint-Moritz en Suisse.  Effectivement, ces quatre cahiers remplis dans l’urgence pendant une période très courte (six mois) sont une sorte d’autoanalyse de celui qui s’arrêtera d’écrire, de danser et restera  cloîtré jusqu’à sa mort, 31 ans après. Le texte de plus en plus embrouillé, parle de sa femme, de sa fille, de son médecin et de sa vie quotidienne, de la guerre et aussi de son rapport à Dieu avec lequel il dialogue comme avec son double dans sa schizophrénie. Il y parle aussi beaucoup de sexe, ce qui avait valu à la première version publiée par son épouse de ces cahiers d'être bien expurgée.

Letter to a man - Bob Wilson


Le texte du spectacle Letter to a Man, finalisé par Christian Dumais-Lvowski, reprend des extraits de ces cahiers en mettant en avant tout l’aspect répétitif et le côté "idées fixes", en plongeant le spectateur au coeur de la pensée saccadée de Nijinski. Robert Wilson, en magicien de l’image, tel que nous le connaissons, rythme cela en des tableaux percutants, avec de brusques changements de lumière, de type d’éclairages et de couleurs qui nous basculent d’un univers et d’une ambiance à une autre dans des claquements semblables à des coups de fouet. S’y ajoutent les répétitions de textes, phrases rabâchées comme des prières, mais surtout les versions multiples – en français, en anglais, en russe – dites en direct ou en off par des voix masculines et féminine – qui se répondent en écho dans nos têtes jusqu’à saturation.  

Letter to a man - Bob Wilson


Mikhail Baryshnikov qui fut une star de la danse de la fin du XXième siècle et son jeu, à la fois en retenue quelquefois, mais aussi très enlevé et enjoué, nous montre les différents "états d'"âme" de Nijinski tout au long du spectacle. Il incarne pleinement ce corps qui ne danse presque plus, entravé et bloqué, mais tout en puissance et en force. Avec quelques envolées, dont la mémoire de Nijinski rejoue la légèreté perdue, ou les traumatismes de la guerre et de la mort. Il y a aussi quelques scènes plus humoristiques, comme ce clin d’oeil au sujet des cocottes et où un personnage de petite fille sur roulette traîne une énorme poule jaune en bois qui traverse la scène pendant que Nijinski se remémore ses visites à Paris et son commerce avec les "poulettes" qu’il "besognait" plusieurs fois par jour.


A l'origine de cette pièce, l’interprétation de la destruction d’une chaise par Baryshnikov, dans un autre spectacle de Bob Wilson - destruction qui fait écho à celle par Nijinsky en Suisse, lors d'une de ses derrnières représentations, juste avant de sombrer dans la folie). Et Baryshnikov donne toute sa matérialité et la force de son corps à Nijinski, sous le regard inspiré de Lucinda Childs (dernière des quatre géants) pour les mouvents - elle est aussi la voix féminine du spectacle.





Le spectacle est joué jusqu'au 21 janvier 2017, courrez-y !

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche


LETTER TO A MAN 
mise en scène, décors & conception lumières 
Robert Wilson
avec 
Mikhail Baryshnikov 
inspiré de 
Diary of Vaslav Nijinski
texte 
Christian Dumais-Lvowski 
dramaturgie 
Darryl Pinckney 
musique 
Hal Willner 
costumes
Jacques Reynaud 
collaboration aux mouvements & texte parlé 
Lucinda Childs 
lumières 
A.J. Weissbard 
collaboration décors 
Annick Lavallée-Benny 
conseillère à la mise en scène 
Nicola Panzer 
son 
Nick Sagar, Ella Wahlström 
vidéo 
Tomek Jeziorski 
Un projet Change Performing Arts et Baryshnikov Productions.
PRODUCTEURS EXÉCUTIFS
Elisabetta di Mambro, Franco Laera en association avec Huong Hoang. 
COMMANDE DE 
Spoleto Festival dei 2Mondi, BAM, Cal Performances-University of California Berkeley, Center for the Art of Performance at UCLA. EN COLLABORATION AVEC 

Teatros del Canal-Madrid, Les Ballets de Monte-Carlo/Monaco Dance Forum et CRT Teatro dell’Arte Milano. 


  

dimanche 15 janvier 2017

Houx vert, houx-fleur et mousse essaime... parler à un mouton

Noël s'éloigne, la neige aussi... mais va revenir.... 
Tout est ouvert et chou, en fleur et mis en scène.... de manière tout à fait naturelle, même si la nature est un peu tirée par les bouts...
Je vous parlerai de Lévêque qui rappelle Bowie et le mouton, et les fleurs et bien sûr un bout de tour de houx avec Jean-Roger, Jacques, Anne et Eléonore...

Et donc, image de pluie, du vert luisant et mouillé:


Vert luisant - Photo: lfdd


Et bien sûr, le houx qui fleurit femelle (sous l'attente de validation de Anne et Béatrice), chou aussi sous la pluie...
Ben non, la réponse vient de tomber c'est un mahonia; mais je ne changerai pas le titre du billet, trop compliqué, d'autant plus que Martine a dit "houx-mousse" !!!


Houx fleuri et luisant - non mahonia ! - Photo: lfdd


Claude Lévêque vient de sortir un livre d'artiste aux éditions Jannink : "parler à un mouton". Il démarre ainsi:

"La nouvelle tombe ce lundi de grisaille: David Bowie est mort."

Il y parle de lui, des autres, des fleurs et on y trouve entremêlés quelquefois au texte, ses dessins, comme un journal furieux...
Extrait du deuxième texte: 

"Il ne me reste de toi de présence terrestre d'une famille décimée à laquelle j'ai appartenu un temps. Le temps des désillusions et de l'insouciance, celui des arbres toujours en fleurs, aura au fil des étapes condamné les passés comme les futurs.
... Au printemps on asperge de desherbant les plantes rebelles, étrangères et trop vivaces."
...
"Parler à un mouton est inutile mais burlesque"
et finit ainsi:
"J'allais fin août dans un champ cueillir de belles belles belles 
mirabelles qui m'attendaient. Depuis deux ans elles ne sont plus au rendez-vous. J'ai dispersé des boutons d'or au pied des pruniers en espérant leur retour prochain."

Alors, je vous offre sa (un de ses) fleur(s):


Fleur de Claude Lévêque - parler à un mouton - Editions Janninck


Et comme le temps met aussi son manteau de mousse, je vous en offre un bout chou:


Moussse verte - Photo: lfdd



Et bien sûr pour le houx, je vous ai exhumé quelques poèmes en chanson, chantés par:

Jean-Roger Caussimon: Cueille la fleur:





"...
Cueille la fleur, ami, quand tu viendras chez nous 
Même si c'est l'hiver, si tu viens de Norvège 
Ou bien du Canada, tu riras de la neige 
Et tu trouveras bien une branche de houx 
Le houx n'a pas de fleur, pas encore mais la Terre 
Elle a fait des millions et des millions de tours 
Pour que des enfants-fleurs enfin viennent au jour 
Pour célébrer l'amour et dénoncer la guerre 
Cueille la fleur, ami ! "


Jacques Bertin: Noël
C'est un poème de Luc Bérimont sur une musique de Léo Ferré. Extrait de l'album Café de la danse 1989 :




"L'heure de minuit, cette heure où l'on chante,
Piquera mon cœur bien mieux que le houx."

Et Anne Sylvestre: ELEONORE:



"Je vous ai vus courir les filles
Quand le printemps poussait en vous
Revenir le coeur en guenilles
D'avoir cueilli la fleur de houx

Je vous ai vus les beaux dimanches

Pavoiser dessous les lampions
Mais qui vous retient par la manche
Quand vous baissâtes pavillon

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
Avec un coeur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Mais je suis pourtant restée votre

Seule manière d'oublier
Lors je vis à l'écart, en butte
A mille et une méchancetés
Vos épouses me persécutent
Et vous, vous me tyrannisez

Je vous ai vus courir les filles

Quand le printemps poussait en vous
Revenir le cœur en guenilles
D'avoir cueilli la fleur de houx
Je vous ai vus les beaux dimanches
Pavoiser dessous les lampions
Mais qui vous retint par la manche
Quand vous baissâtes pavillon

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
'vec un coeur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Je vous ai vus dans les venelles

courir à quelque rendez-vous
connaissant bien la ritournelle
que chanterait chacun de vous
Mais quand la belle était volage
et vous laissait sur votre faim,
qui vous servit de pâturage
et vous offrit ses douces mains?

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
'vec un cœur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Je vous ai vus pleurer, messires,

tête posée sur mes genoux.
J'ai ranimé votre sourire
avec cette confiance en vous,
Et le dimanche et la semaine
vous étiez mon calendrier.
Je vous aimais, j'étais sereine,
porte ouverte, et vous le saviez.

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
'vec un cœur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Je vous ai vus l'un après l'autre

déguisés en jolis mariés,
Mais je suis pourtant restée votre
Seule manière d'oublier
Lors je vis à l'écart, en butte
A mille et une méchancetés
Vos épouses me persécutent
Et vous, vous me tyrannisez

Moi, je reste Éléonore

Éléonore
Et mon cœur est plus vaste encore
Éléonore


Bon Dimanche

La fleur du Dimanche

dimanche 8 janvier 2017

227 étoiles sont nées dans le ciel et moi sous une étoile filante

Hasard du calendrier? En cette période de Noël et de l'Epiphanie nous apprenons la naissance d'un coup de 227 étoiles....
Allons-nous toutes les accrocher au sapin ?


Etoiles de Noël - Photo: lfdd

Restera-t-il de la place pour les roses de Noël ?


Fleurs de Noël - Photo: lfdd

Bon, je vous l'avoue, les étoiles ne sont pas nées d'hier, mais c'est juste qu'elles n'avaient pas de nom et pour ne pas se perdre dans le ciel étoilé, l’Union astronomique internationale vient de donner un nom officiel à ces 227 étoiles qui vont permettre aux astronomes de se repérer dans le ciel...

Je fais une petite parenthèse en vous mettant un TVA de Jules Renard:

"Je regarde les étoiles. Pour savoir leurs noms, je fais flamber une allumette-bougie, et je regarde mon atlas astronomique. Mais, l'allumette éteinte, les yeux éblouis, je ne reconnais plus, au ciel, l'étoile dont j'ai trouvé le nom."

Mais ce travail va surtout servir à nommer également les exoplanètes (planètes hors du système qui pourraient ressembler à la terre et qui font bien rêver...).
Certains noms d’étoiles nous sont parvenus grâce aux Grecs, aux Latins et aux Arabes, qui s’en servaient pour la navigation astronomique: Aldébaran, Altaïr, Pollux, Sirius, Vega. Nous pouvons en voir quelques milliers. Dans le catalogue de l’Agence spatiale européenne il y en a 1,2 milliard de répertoriés, et il y en a encore au moins cent fois plus... que l'on pourra peut-être voir un jour, de même que les trous noirs, qui ne sont toujours pas visibles et dont de nouveaux instruments vont essayer de photographier cette année celui - énorme - qui est au centre de notre galaxie. Il pèse 4 millions de fois le poids du soleil et n'en a que dix fois la taille. Il se trouve à 27.000 années lumière de la terre et n'est qu'un tout petit point noir. Un des instruments utilisé pourrait déjà voir une pièce d'un euros sur la lune...

Je vous rappelle que ces étoiles nouvellement nommées ne sont pas nées d'hier, mais demain, ou presque - en 2020 à priori - il est prévu que naisse une nouvelle étoile. C'est l'astrophysicien américain Larry Molnar qui l'annonce. Elle résulterait de  la collision de deux étoiles qui a eu lieu il y a des siècles et qui sera visible sur terre pendant un certain temps dans la constellation du Cygne. Il se peut même que la luminosité en fasse pendant plusieurs jours l'objet le plus lumineux du ciel.


Je vous met un deuxième TVA, un texte de Robert Desnos:
"Il dort, dit la lune. Et lentement, elle commença à égrener un chapelet d'étoiles. Les étoiles se plaignaient doucement, la comète qui servait de pendentif brillait de mille feux et je me demandais combien de temps encore durerait cette incantation. La lune priait ! Les étoiles une à une pâlissaient et le matin blémissait mes tempes."

Et pavant de finir en chansons, un extrait (la fin) d'un poème de Lamartine

"Et vous, brillantes soeurs! étoiles, mes compagnes,
Qui du bleu firmament émaillez les campagnes,
Et cadençant vos pas à la lyre des cieux,
Nouez et dénouez vos choeurs harmonieux!
Introduit sur vos pas dans la céleste chaîne,
Je suivrais dans l'azur l'instinct qui vous entraîne,
Vous guideriez mon oeil dans ce brillant désert,
Labyrinthe de feux où le regard se perd!
Vos rayons m'apprendraient à louer, à connaître
Celui que nous cherchons, que vous voyez peut-être!
Et noyant dans son sein mes tremblantes clartés,
Je sentirais en lui.., tout ce que vous sentez!"


Etoiles rouges de Noël - Photo: lfdd

La pêche aux étoiles en chanson étant assez  généreuse, je vais en offrir une à six branches...

Grégoire - Rue des étoiles:




MMZ - Loin Des Étoiles:



Matthieu Chedid - La Bonne Étoile:




Tino Rossi - Tant qu'il y aura des étoiles:




Et une version chantée Charles Aznavour:




Et nous passons aux étoiles filantes avec des cowboys d'hier et d'aujourd'hui :

Les Cowboys Fringants - Les Étoiles Filantes:





Gilles Marchal - L'étoile filante (1970)




A la demande générale, je rajoute "Etoile des Neiges", mais dans une version de Simon et les Modanais.




Et une blague, vous en ferez ce que vous voulez, c
'est "l'étoile filante" commentaire de l'auteur : 
"une chanson d'amour (vous pouvez regarder en hd mais je vois pas la différence)"



Sans commentaire!


Bon dimanche 

La Fleur du Dimanche

jeudi 5 janvier 2017

Dom Juan au TNS: La mécanique des sphères s'emballe..

On ne vous présente plus Dom Juan, vous le connaissez, vous l’avez sûrement vu ou rencontré une ou plusieurs fois, alors, pourquoi aller le (re)voir au théâtre ?
Il passe au TNS, dans une mise en scène de Jean-François Sivadier, est-ce une raison suffisante ? 
Ou alors, vous adorez Nicolas Bouchaud ? Vous l’avez vu jouer et vous ne ratez pas une pièce dans laquelle il apparait ? Vous avez de la chance, il est comédien associé au TNS – Théâtre National de Strasbourg et vous pouvez en profiter…

TNS : Dom Juan et Mathurine - Photo: Jean-Louis Fernandez

Mais il y a plein d’autres raisons d’aller voir ce spectacle qui passe encore jusqu’au 14 janvier à Strasbourg.

Tout d’abord, parce que même si vous connaissez Dom Juan, c’est toujours profitable de revoir l’histoire de cet homme qui en bousculant les conventions, fait un peu bouger les lignes et insuffle un air salvateur dans votre réflexion.
D’autre part, une nouvelle mise en scène apporte un nouvel éclairage sur cette histoire et celle de Jean-François Sivadier, tout en se faisant plaisir d’être du vrai théâtre va nous permettre de réinterroger le mythe de cet homme qui dit ne croire qu’en "Deux et deux font quatre, et quatre et quatre font huit"...

TNS : Dom Juan - Photo: Jean-Louis Fernandez


Et comme je le disais, c’est du vrai théâtre avec des machineries qui nous surprennent et nous enchantent - saluons le travail de scénographie de Daniel Jeanneteau et de Christian Tirole qui complètent celui de Jean-François Sivadier de même que les Lumières de Philippe Berthomé.
Parce que cette mécanique des sphères qui tournent, montent, descendent, bougent, disparaissent, nous éclairent, nous aveuglent dans le noir et nous éblouissent, ces espaces mouvants qui tombent, glissent, se fragmentent, se décalent et nous escamotent dans un instant magique le "maître" nous font passer un pur moment de féérie.

TNS : Dom Juan et Sganarelle - Photo: Jean-Louis Fernandez

Et puis il y a bien sûr les comédiens, superbes, dont on imagine qu’ils sont deux fois plus nombreux, et surtout le couple infernal Dom Juan – Sganarelle, joué par Nicolas Bouchaud et Vincent Guédon et dont on sent une complicité construite déjà au fil du temps - depuis quinze ans ! - sur les précédentes pièces qu’il ont jouées avec Jean-François Sivadier pour en arriver à un jeu très différent mais parfaitement en phase.
Il faut rappeler que Jean-François Sivadier avait, en 1996, repris la mise en scène du diptyque Dom Juan/Chimère et autres bestioles de l’écrivain et metteur en scène Didier-Georges Gabily décédé avant la création. Et l’on peut dire que cette pièce est en quelque sorte un hommage aussi à Gabily.

TNS : Dom Juan et Elvire - Photo; Jean-Louis Fernandez

Il y a donc ce pur plaisir de jeu, dont on imagine d’ailleurs que Molière a aussi dû se faire plaisir et en rire, et rire et se moquer de tous ceux qui auraient bien voulu lui clouer le bec. Mais il est assez finaud pour tromper son monde (enfin pas totalement, une des scène a été censurée à l’époque, dès la deuxième représentation...). Et il en fait trop ! il nous assemble des scènes de genre, il nous propose des variations de thèmes, il interroge à tous les niveaux, mais c’est pour notre plaisir et pour notre salut !

Et ce texte, incarné par ces superbes comédiens et mis en scène avec le primat du texte (et Jean-François Sivadier s’est aussi fait plaisir en rajoutant un texte du Marquis de Sade) est un bon moment – qui dure bien ses deux heures trente sans besoin de pause ni d’entracte – qu’il ne faut surtout pas rater.

TNS - Don Juan - le commandeur et Sganarelle


En complément, je vous offre quelques extraits d’un texte où Jean-François Sivadier parle de son projet:
"Dom Juan ne ressemble à aucune des autres pièces de Molière, c’est un ovni dans son œuvre. A l’image de son protagoniste, c’est un texte insaisissable, qui ne se laisse pas apprivoiser, c’est ce qui fait sa force et son étrangeté...
Molière, en mélangeant les formes et les registres de jeu, en se jouant des codes de la dramaturgie classique, arrive à mettre en doute la représentation elle-même. Dom Juan, c’est vraiment la grande pièce de Molière sur le doute."
Et au sujet du jeu et de la scène:

"… je cherche toujours à montrer que l’espace que peut convoquer un acteur est sans limite; que le plateau est le premier endroit – ou le dernier – où l’on peut redécouvrir, comme la première fois, la naissance de la parole et celle du mouvement, que l’acte poétique est accessible à tous, que les acteurs et le public partagent un temps et un espace qui est exactement le même... que le théâtre va naître entre la présence brute, réelle de l’acteur et l’espace qu’il va ouvrir en prenant la parole.  Il y a un mot de Godard que j’aime beaucoup: "la présence comme documentaire, la parole comme fiction.""

Et pour vous "obliger" à aller voir le spectacle: 
"Molière fait de nous les jurés d'un procès qui n'a pas lieu: pas de leçon, pas de morale, pas de verdict."

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche

Dom Juan - Molière
Au TNS jusqu'au 14 janvier 2016
Mise en scèneJean-François Sivadier
Collaboration artistique: Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit
Avec: Nicolas Bouchaud (Dom Juan Tenorio), Vincent Guédon (Sganarelle), Stephen Butel (Pierrot, Dom Alonse, Monsieur Dimanche), Marc Arnaud (Gusman, Dom Carlos, Dom Louis) Marie Vialle (Elvire, Mathurine), Lucie Valon (Charlotte, Le Pauvre, La Violette)
Scénographie: Daniel Jeanneteau, Christian Tirole, Jean-François Sivadier
Lumières: Philippe Berthomé assisté de Jean-Jacques Beaudouin
Costumes: Virginie Gervaise assistée de Morganne Legg
Maquillages, Perruques: Cécile Kretschmar
Son: Eve-Anne Joalland
Assistants à la mise en scène: Véronique Timsit, Maxime Contrepois 
Production déléguée: Théâtre National de Bretagne/Rennes
Coproduction; Italienne avec Orchestre; Odéon – Théâtre de l’Europe; MC2: Grenoble; CNCDC Châteauvallon; Le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique; Le Printemps des Comédiens

dimanche 1 janvier 2017

Du gui en boule et en bille et un bonhomme de neige nain

Pour ce jour de l'an, si vous ne vous êtes pas assez embrassé(e)s hier soir, je vous remets une brassée de gui

En boule :


Gui de l'an neuf - Photo : lfdd

Et en billes :


Gui de l'an neuf - Photo : lfdd


Et je vous souhaite une très belle année 2017





En guise de TVA, un texte de Georg Trakl que cite Claude Régy:
"Le mot dans sa paresse cherche en vain à saisir au vol
L'insaisissable que l'on touche dans le sombre silence
Aux frontières ultimes de notre esprit."

Et Claude Régy, à propos de son travail de mise en scène du texte "Rêve et Folie" de Georg Trakl qui est sa dernière mise en scène:
"Mon travail se rapproche beaucoup de l'écriture: 
Il me semble que l'on devrait toujours avoir l'impression de réécrire l'oeuvre dès l'instant où l'on décide de s'en emparer.
D'ailleurs, je souhaite que le public ait aussi ce sentiment en venant découvrir mes mises en scène. Le but étant qu'il ait la sensation de créer le spectacle auquel il assiste alors qu'il était simplement venu en pensant pouvoir se contenter de le voir."

Et pour arriver aux bonhommes de neige, un poème:
Sa majesté
Janvier Premier
Sa majesté
Tout de blanc vêtue
Promène par les rues
Un étrange cortège
De bonhommes de neige.

Et les bonhommes de neige  d'actualité, ceux, minuscules qui ont été créés par des chercheurs de l'Université Western à London, en Ontario, qui affirment avoir créé le plus petit bonhomme de neige du monde: Il ne mesure que 0,003 mm de hauteur, soit 25 fois moins que l'épaisseur d’un cheveu. Il n’est pas fait de neige, mais de minuscules sphères de silice. Ses bras et son nez sont en platine. Quant à ses yeux et à son sourire, ils ont été gravés grâce à un faisceau ionique.

Le voici:




Ainsi que ses congénères:







Et pour finir avec l'hiver et le bonhomme de neige, mettons-le à côté du poêle avec Jacques Prévert et les Frères (Jacques)






Le bonhomme de neige 

Dans la nuit de l'hiver 
galope un grand homme blanc 
c'est un bonhomme de neige 
avec une pipe en bois 
un grand bonhomme de neige 
poursuivi par le froid 
il arrive au village 
voyant de la lumière 
le voilà rassuré. 
Dans une petite maison 
il entre sans frapper 
et pour se réchauffer 
s'assoit sur le poêle rouge, 
et d'un coup disparait 
ne laissant que sa pipe 
au milieu d'une flaque d'eau 
ne laissant que sa pipe 
et puis son vieux chapeau. 

Jacques Prévert


Bonne Année

La Fleur du Dimanche