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dimanche 23 avril 2017

Valse hésitation et montalbanaise: Oyez la mélodie et un peu de jasmin comme parfum - Au boulot !

Les indécis, les gens qui doutent, les gens qui ne savent pas, les gens qui décident à contrecoeur, les gens qui choisissent "contre", les gens qui ne choisissent pas. Et ceux qui savent, qui ont choisi... Et ceux qui vont à la pêche aux voix...
Et vous, vous êtes où ?

Moi, je suis dans le jasmin blanc et vous en offre une brassée pour cette belle journée:




Comme c'est un dimanche d'élection - vous ne l'aviez peut-être pas remarqué - je vous offre, non pas des conseils pour voter, mais quelques citations qui n'engagent que leurs auteurs - pluralité des opinions de rigueur.

La première citation est de Simone Weil (1909-1943) et parle des partis politiques:
"Comme si le parti était un animal à engrais, et que l'univers eut été créé pour le faire engraisser."



La deuxième, est d'André Suares (1868-1948). Elle date de novembre 1939 - dans sa Chronique de Caërdal:
"Les peuples vont à la dictature comme au moindre mal. Ils le croient du moins, en quoi ils se trompent: la dictature n'est pas le moindre mal, mais le moindre effort (...) Les peuples sont moins responsables de la dictature que la fausse élite qui la rend nécessaire et les y précipite."

La troisième est d'Octave Mirbeau (1848-1917) dans son livre "La Grève des électeurs" - vous l'avez peut-être déjà lue quelque part:
"Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, eux, et n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et le bourgeois qui les mangera. Plus bêtes que les bêtes, plus moutonniers que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois."

Une quatrième, de H.G. Wells (1866-1946), l'auteur des livres de science-fiction "La machine à remonter le temps" et "La guerre des mondes", dans son livre "Les droits de l'homme ou Pourquoi luttons-nous ?" en 1940 :
"Nous devons nous débarrasser et remplacer tous ces gouvernements par un système mondial.

Lui aussi, comme beaucoup aujourd'hui, voulait "dégager" les politiques en place... il y a du boulot !




En guise de conclusion, je laisse à votre réflexion cette phrase du poète Eric Meunié:

"L'habitude fait le paysage"





Et si vous hésitez, dansez sur une valse de Gus (Gustave-Joseph) Viseur, créée avec Django Reinhard. La voici - Flambée Montalbanaise:




Et la version avec paroles - accrochez-vous - c'est André Minvielle qui les chante - Flambée Montalbanaise - André Minvielle





Oyez la mélodie
Le fond du soir
Un café
Écoutez, c'est le blues
Du coin le Gus y joue
Du biniou
Comme fait Bach
Pour une chanson,
Pucelle aux ailes déployées,
Rame, langue albatros,
Pique et trame au papier
Le cap et la falaise, balèze !
J'écoutais Montalbanaise
Une envolée de braises,
Noyé, je m'eau de vie-gueur
Viseur au coeur, liqueur soeur,
A cloche-pieds, cigarette,
Une bouffée volée yé
Au vent de la postérité.

Allez vas-y va,

Chaloupe ta mélopée
Ma chanson de café,
Charlie passe Parker,
Et l'Gus au biniou
Souffle aussi
Comme Black au sax.
Si le be-bop à valser
Devait sceller vos nuits,
Blues et Polka piquée
Temps,
Tu nous réconcilies
M'entends-tu d'accordéon ?
Monteille c'était tout petit
Le paradis d'été
Sambapathie, dada plouc
On ramait bal d'amour flou
Mais un souffle est dévoilé
Une poussée bleue, d'envie,
M'accroche au coeur
Thank you Viseur.

Et ceux, les "griffe le temps"

Ont mis les doigts de cordes,
Apaches et Django Mississippi
Didi guitare aussi m'a dit
Et Paris loue, Paris prie,
Le tango bord de Marne
Chavire la valsouze
Intemporelle et blues

Goutte à goutte ces divines

My lady valsées,
Filles et femmes tam-tam
Au fil du temps
Funambules et modernité,
Comme on jette à l'eau du calme
Un caillou ricochet,
Par ondes d'ondes là
Passe-passe l'écho
Des papis d'au-delà du top.
Réveillez la mélodie, la chanson des cafés,
Vocalise la bob French,
Scat et valsez one more,
D'oc,
Comme un souffle dévoilé,
Une poussée bleue d'envie,
Accroche au coeur
Thank you Viseur.

Pour vous remettre, une version de Richard Galliano 





Et pour les empêchés et les indécis une chanson d'Anne Sylvestre 6 "J'aime les gens qui doutent": 




J'aime les gens qui doutent

J'aime les gens qui doutent 
Les gens qui trop écoutent 
Leur coeur se balancer 
J'aime les gens qui disent 
Et qui se contredisent 
Et sans se dénoncer 

J'aime les gens qui tremblent 

Que parfois ils nous semblent 
Capables de juger 
J'aime les gens qui passent 
Moitié dans leurs godasses 
Et moitié à côté 

J'aime leur petite chanson 

Même s'ils passent pour des cons 
J'aime ceux qui paniquent 
Ceux qui sont pas logiques 
Enfin, pas "comme il faut" 

Ceux qui, avec leurs chaînes 

Pour pas que ça nous gêne 
Font un bruit de grelot 

Ceux qui n'auront pas honte 
De n'être au bout du compte 
Que des ratés du coeur 
Pour n'avoir pas su dire : 
"Délivrez-nous du pire 
Et gardez le meilleur" 

J'aime leur petite chanson 

Même s'ils passent pour des cons 

J'aime les gens qui n'osent 

S'approprier les choses 
Encore moins les gens 
Ceux qui veulent bien n'être 
Qu'une simple fenêtre 
Pour les yeux des enfants 

Ceux qui sans oriflamme 

Et daltoniens de l'âme 
Ignorent les couleurs 
Ceux qui sont assez poires 
Pour que jamais l'histoire 
Leur rende les honneurs 

J'aime leur petite chanson 

Même s'ils passent pour des cons 

J'aime les gens qui doutent 

Mais voudraient qu'on leur foute 
La paix de temps en temps 
Et qu'on ne les malmène 
Jamais quand ils promènent 
Leurs automnes au printemps 

Qu'on leur dise que l'âme 

Fait de plus belles flammes 
Que tous ces tristes culs 
Et qu'on les remercie 
Qu'on leur dise, on leur crie : 
"Merci d'avoir vécu 
Merci pour la tendresse 
Et tant pis pour vos fesses 
Qui ont fait ce qu'elles ont pu"

En voici une autre version:





Et une version de Loulou, très sensible et émouvante:





Et une dernière de Vincent Delerm:






Bon Dimanche d'élection

La Fleur du Dimanche

dimanche 15 janvier 2017

Houx vert, houx-fleur et mousse essaime... parler à un mouton

Noël s'éloigne, la neige aussi... mais va revenir.... 
Tout est ouvert et chou, en fleur et mis en scène.... de manière tout à fait naturelle, même si la nature est un peu tirée par les bouts...
Je vous parlerai de Lévêque qui rappelle Bowie et le mouton, et les fleurs et bien sûr un bout de tour de houx avec Jean-Roger, Jacques, Anne et Eléonore...

Et donc, image de pluie, du vert luisant et mouillé:


Vert luisant - Photo: lfdd


Et bien sûr, le houx qui fleurit femelle (sous l'attente de validation de Anne et Béatrice), chou aussi sous la pluie...
Ben non, la réponse vient de tomber c'est un mahonia; mais je ne changerai pas le titre du billet, trop compliqué, d'autant plus que Martine a dit "houx-mousse" !!!


Houx fleuri et luisant - non mahonia ! - Photo: lfdd


Claude Lévêque vient de sortir un livre d'artiste aux éditions Jannink : "parler à un mouton". Il démarre ainsi:

"La nouvelle tombe ce lundi de grisaille: David Bowie est mort."

Il y parle de lui, des autres, des fleurs et on y trouve entremêlés quelquefois au texte, ses dessins, comme un journal furieux...
Extrait du deuxième texte: 

"Il ne me reste de toi de présence terrestre d'une famille décimée à laquelle j'ai appartenu un temps. Le temps des désillusions et de l'insouciance, celui des arbres toujours en fleurs, aura au fil des étapes condamné les passés comme les futurs.
... Au printemps on asperge de desherbant les plantes rebelles, étrangères et trop vivaces."
...
"Parler à un mouton est inutile mais burlesque"
et finit ainsi:
"J'allais fin août dans un champ cueillir de belles belles belles 
mirabelles qui m'attendaient. Depuis deux ans elles ne sont plus au rendez-vous. J'ai dispersé des boutons d'or au pied des pruniers en espérant leur retour prochain."

Alors, je vous offre sa (un de ses) fleur(s):


Fleur de Claude Lévêque - parler à un mouton - Editions Janninck


Et comme le temps met aussi son manteau de mousse, je vous en offre un bout chou:


Moussse verte - Photo: lfdd



Et bien sûr pour le houx, je vous ai exhumé quelques poèmes en chanson, chantés par:

Jean-Roger Caussimon: Cueille la fleur:





"...
Cueille la fleur, ami, quand tu viendras chez nous 
Même si c'est l'hiver, si tu viens de Norvège 
Ou bien du Canada, tu riras de la neige 
Et tu trouveras bien une branche de houx 
Le houx n'a pas de fleur, pas encore mais la Terre 
Elle a fait des millions et des millions de tours 
Pour que des enfants-fleurs enfin viennent au jour 
Pour célébrer l'amour et dénoncer la guerre 
Cueille la fleur, ami ! "


Jacques Bertin: Noël
C'est un poème de Luc Bérimont sur une musique de Léo Ferré. Extrait de l'album Café de la danse 1989 :




"L'heure de minuit, cette heure où l'on chante,
Piquera mon cœur bien mieux que le houx."

Et Anne Sylvestre: ELEONORE:



"Je vous ai vus courir les filles
Quand le printemps poussait en vous
Revenir le coeur en guenilles
D'avoir cueilli la fleur de houx

Je vous ai vus les beaux dimanches

Pavoiser dessous les lampions
Mais qui vous retient par la manche
Quand vous baissâtes pavillon

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
Avec un coeur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Mais je suis pourtant restée votre

Seule manière d'oublier
Lors je vis à l'écart, en butte
A mille et une méchancetés
Vos épouses me persécutent
Et vous, vous me tyrannisez

Je vous ai vus courir les filles

Quand le printemps poussait en vous
Revenir le cœur en guenilles
D'avoir cueilli la fleur de houx
Je vous ai vus les beaux dimanches
Pavoiser dessous les lampions
Mais qui vous retint par la manche
Quand vous baissâtes pavillon

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
'vec un coeur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Je vous ai vus dans les venelles

courir à quelque rendez-vous
connaissant bien la ritournelle
que chanterait chacun de vous
Mais quand la belle était volage
et vous laissait sur votre faim,
qui vous servit de pâturage
et vous offrit ses douces mains?

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
'vec un cœur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Je vous ai vus pleurer, messires,

tête posée sur mes genoux.
J'ai ranimé votre sourire
avec cette confiance en vous,
Et le dimanche et la semaine
vous étiez mon calendrier.
Je vous aimais, j'étais sereine,
porte ouverte, et vous le saviez.

Oui c'est moi, c'est Éléonore
Éléonore
'vec un cœur qu'est si vaste encore
Éléonore.

Je vous ai vus l'un après l'autre

déguisés en jolis mariés,
Mais je suis pourtant restée votre
Seule manière d'oublier
Lors je vis à l'écart, en butte
A mille et une méchancetés
Vos épouses me persécutent
Et vous, vous me tyrannisez

Moi, je reste Éléonore

Éléonore
Et mon cœur est plus vaste encore
Éléonore


Bon Dimanche

La fleur du Dimanche

dimanche 26 juillet 2015

L'été, les blondes sont à 1% - les blonds aussi ?

Si vous suivez bien la Fleur du Dimanche - voir dimanche dernier - la Fleur est en vacances.
Mais il ne faut exagérer, il faut quand même l'arroser (du matin), et ne pas faire la "blonde" !


Lys blond en vacances - Photo: lfdd

Sinon, voilà le résultat:

Lys blond desséché - Photo: lfdd


Ce n'est pas glorieux pour un Lys !
Ni pour une blonde.

Comme je suis en vacances, le thème du jour m'a été "soufflé" par une "fan" blonde qui me permet de vous faire découvrir son choix musical: C'est Anne Sylvestre avec sa chanson: Les blondes

Sachez aussi - pour expliquer le titre - que les blondes font beaucoup parler d'elles, relativement à la proportion occupée dans la population mondiale: 1% !

Et voila ce qu'en dit Anne:





Quand on se trouve un peu moins tarte 
Qu'on se regarde sans horreur 
Quand les affaires enfin repartent 
Quand ça grattouille côté cœur 
Quand on a fait tous les régimes 
Et qu'on a perdu ses coussins 
Ça serait carrément un crime 
De n' pas exploiter le terrain 
Bref on va pouvoir vivre un peu 
Regarder l'avenir en bleu 

C'est alors qu'arrive une blonde 

En deux secondes 
Le ciel s'obscurcit 
Il suffit qu'arrive une blonde 
Pour que le monde 
Entier nous oublie 
Plus personne qui nous réponde 
Ils sont là qui lui font la haie 
Toujours, il arrive une blonde 
Et on la hait 

On n'est pourtant pas repoussante 

On s'est épilé les mollets 
On a l'incisive éclatante 
L'œil crayonné, les ongles faits 
Petit boudin, grande saucisse 
Même combat, même drapeau 
Grand échalas ou courte cuisse 
La séduction ou le tombeau 
On se met dans tous nos états 
Pour émerger un peu du tas 

C'est alors qu'arrive une blonde 

En deux secondes 
Le ciel s'obscurcit 
Il suffit qu'arrive une blonde 
Pour que le monde 
Entier nous oublie 
Plus personne qui nous réponde 
Ils sont là qui lui font la haie 
Toujours, il arrive une blonde 
Et on la hait 


Bien sûr, il y a les teintures 

Mais le problème n'est pas là 
La blondeur, c'est une nature 
On est blonde ou on ne l'est pas 
Elles ont la beauté bienheureuse 
On les regarde, c'est normal 
Tandis que nous, les besogneuses, 
On brille mais on a du mal 
À nous barrettes et chapeaux 
Autant dire les grands travaux 

C'est alors qu'arrive une blonde 

En deux secondes 
Le ciel s'obscurcit 
Il suffit qu'arrive une blonde 
Pour que le monde 
Entier nous oublie 
Plus personne qui nous réponde 
Ils sont là qui lui font la haie 
Toujours, il arrive une blonde 
Et on la hait 

Et quand plus rien ne nous console 

Ni qu'on se roule à nos genoux 
Ni qu'on nous jure qu'on est folles 
Qu'ils sont tous amoureux de nous 
Que d'ailleurs les blondes, on s'en fiche 
Et qu'on préfère les boudins 
Que Marilyn, c'est de la triche 
Et qu'elle était même pas bien 
On essaye d'y croire un peu 
Mais on sent que c'est pas sérieux 

Alors on imagine un monde 

Peuplé de blondes 
Ça serait joli 
S'il n'y avait plus à la ronde 
Rien que des blondes 
On le serait aussi 
Plus de jalousies vagabondes 
À nous aussi, ils feraient la haie 
Alors, on se fait teindre en blonde 

Et on se hait


Anne est une brune (une vraie?) qui a de l'humour..
Je vous en donne la preuve par deux :


Lalala, lalala 
Lalala, lalala 

Ma voisine ne sait jouer que ça 
Gnagnagna, gnagnagna 
Du matin au soir il n'y en a 
Lalala, lalala 
Que pour Élise 
Et supposons 
Que je lui dise 
A ma façon : 
Depuis le temps que tu entends ça 
Gnagnagna, gnagnagna 
Est-ce que ça ne te saoule pas ? 
Lalala, lalala 

Mais qui était cette Élise 
Qui défrise 
Nos pianos 
Qui sans fin se gargarise 
Et se grise 
De trémolos ? 
Dis Ludwig si tu avais imaginé 
Que ça tournerait comme ça ha, ha 
Est-ce que tu n'aurais pas fignolé 
Rajouté un bémol ici ou là, ha, ha 
Est-ce qu'à ton Élise tu n'aurais pas pu 
Dire tout ça de vive voix ? 
Lalala, lalala 


Comment croire qu'Élise écoutait 
Sans arrêt, sans arrêt 
Ce machin qui vraiment ne me fait 
Pas marrer, pas marrer? 
Oui mais Élise 

Elle aimait ça 
Qu'on lui redise 
Blablabla 
Pourquoi écrire avec un piano 
Les p'tits marteaux, les p'tits marteaux 
Quand c'est si simple avec un stylo 
Et puis des mots, rien que des mots 

Mais cette garce d'Élise 
Traumatise 
Le bon Ludwig 
S'il envoie ses grosses bises 
Elle les veut en musique 
Ah si seulement elle avait pu se taper le facteur 
On n'aurait pas ha, ha 
Eu à se farcir tous ces doubles soupirs 
Et tous ces "ne m'oubliez pas" ha, ha 
S'il avait pensé à lui téléphoner 
On n'aurait pas écopé ça 
Lalala, lalala 

Chaque jour à l'heure du courrier 
Et allez, et allez ! 
Il faut qu'elle vienne massacrer 
Et taper et tamponner 
Mais chère Élise 
Il serait bon 
Que vous accusiez réception 
Qui sait, mais si vous lui répondiez 
Par courrier recommandé 
Elle pourrait apprendre par coeur 
Enfin le Gai Laboureur 

Je sais, je sais que je m'en lasserais 
Mais ça lala, mais ça lala 
Mais ça me changerait


Allez, bon dimanche, bel été, et à dimanche prochain pour la suite des aventures...

La Fleur du Dimanche