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vendredi 30 juin 2017

Les 17èmes Rencontres d'Eté de Musique (fin): Improvisations dans les règles

Dernière soirée des 17èmes Rencontres d'Eté de Musique de Chambre de Strasbourg, avec les deux animateurs de l'ensemble Accroche Note - Françoise Kubler et Armand Angster - et leur deux invités de classe: Claude Tchamitchian et Lê Quan Ninh. 

Le programme du jour est une alternance entre la musique contemporaine (de 1956 à 2015) et des improvisations ou des création des musiciens, qui vont présenter une riche palette de leurs talents.


Accroche Note - Armand Angster - Claude Tchamitchian - Françoise Kubler - Lê Quan Ninh - Photo: lfdd


Deux improvisations du quatuor encadrent le concert. Armand Angster à la clarinette, Claude Tchamitchian à la contrebasse, Lê Quan Ninh aux percussions et Françoise Kubler en diva rockeuse qui maîtrise totalement les improvisation voix, cris, sons, onomatopées et soupirs et qui trouve toute sa place au milieu des autres musiciens  nous emmènent en ballade entre le contemporain et le free jazz.


Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté - Armand Angster - Photo: lfdd


Le Jazz est d'ailleurs l'inspiration d'Ivan Fedele qui rend hommage à Miles Davis avec la pièce High (In Memorian Miles David). La pièce était d'ailleurs écrite pour la trompette au départ (en 1996) et Fedele en a fait une version pour clarinette basse en collaboration avec Armand Angster en 2015. Et même si l'on n'entend pas la trompette en sourdine, nous entendons l'âme de Miles Davis revivre.


Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté - Claude Tchamitchian - Françoise Kubler - Photo: lfdd


Pour Fontana mix de John Cage, l'ensemble se cale sur des enregistrements qui ponctuent et rythment la pièce et laissent libre cours une fois encore à une richesse de langues, d'expressions et de sentiments que la voix de la Diva incarne, entourée de son trio complice.

Suivent deux pièces des musiciens. D'une part une composition de Claude Tchamitchian pour la contrebasse: Another Childhood, où un air léger et aérien devient rythme, respiration de plus en grave pour repartir dans la légèreté. 

Puis une composition d'Armand Angster, Suite pour Clarinette basse et Contrebasse avec des airs de jazz léger et plaisant. 

Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté - Claude Tchamitchian - Françoise Kubler - Photo: lfdd


Avec Sequenza III pour voix de Luciano Berio, nous avons encore la démonstration de toute la variété et la maîtrise des émotions dont Françoise Kubler nous gratifie dans cet hommage de Berio au clown Grock, personnage à la fois drôle et pathétique.




Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté - Lê Quan Ninh - Photo: lfdd


La deuxième pièce de John Cage C composed improvisations for snare drum est une "improvisation composée" où l'interprète - Lê Quan Ninh - va tirer au sort les règles qu'il devra appliquer pour composer - et s'efforcer d'interpréter,  parce que c'est un challenge de tenir le pari de la composition aléatoire - la pièce en huit minutes chrono. Une nouvelle pièce à chaque concert.



Accroche Note - Partition de John Cage - C composed improvisation for sanre Drum - Lê Quan Ninh - Photo: lfdd

En définitive, le parti pris de l'ensemble Accroche Note de décaler les limites et de mélanger les genres de cette série de trois concerts d'été est un bon choix qui ouvre à la fois les oreilles et les esprits. 
On en redemande !


La Fleur du Dimanche

Ivan Fedele High (2005) pour clarinette
John Cage Fontana mix (1958) pour voix, clarinette, contrebasse et percussions 
Claude Tchamitchian Another Childhood pour contrebasse 
Armand Angster, Suite pour Clarinette basse et Contrebasse
Luciano Berio Sequenza III (1965) pour voix
John Cage C composed improvisations for snare drum (1990) pour caisse claire seule

Improvisations
Françoise Kubler, soprano / Armand Angster, clarinette / Claude Tchamitchian, contrebasse / Lê Quan Ninh, percussions



vendredi 17 mars 2017

Providence d'Olivier Cadiot au TNS: Le ventriloque du cerveau

L'aventure d'Olivier Cadiot avec Laurent Poitrenaux et Ludovic Lagarde est l'histoire d'un long compagnonnage et d'une fidélité. Même l'histoire d'une équipe puisque ces trois mousquetaires, depuis "Le colonel des Zouaves", en 1998, le premier de la série des trois monologues, se sont entouré de compétences qui ont emmené le théâtre vers de nouveaux horizons. Pour "Le colonel des Zouaves", ce fut surtout Gilles Grand et les studios de l'IRCAM avec un traitement révolutionnaires du son et la chorégraphe Odile Duboc pour un travail sur l'immobilité, le corps et les os. Le deuxième "seul en scène" de Laurent Poitrenaux fut "Un mage en été" en 2010 en Avignon.

Providence - TNS - Olivier Cadiot - Ludovic Lagarde - Laurent Poitrenaux - Photo: Jean-Louis Fernandez


Avec "Providence", actuellement au TNS, c'est le troisième roman qui sera ainsi mis en scène avec comme seul acteur le magnifique Laurent Poitrenaux. Car, pour incarner sur scène plusieurs personnages d'un roman en quatre parties de quelques deux-cent cinquante pages, qui oscille entre une vieillard qui ne comprend plus rien, une jeune fille qui monte à la capitale, et un jeune homme qui devient soudain une vielle dame, il faut toute la densité et la variété de jeu de ce comédien, tant au niveau de l'expression physique, que de l'interprétation. Et là, il devient un véritable chef d'orchestre, autant de sa voix, avec bien sûr toutes les variétés de médium sonore: voix seule - du chuchotement  à la déclamation, voix amplifiée, avec différentes sortes de micro - micro de présentateur ou micro de studio d'enregistrement ou micro invisible qui va accompagner une voix intériorisée ou rapprochée en zoom sonore, voix enregistrée qui devient musique, comme un hommage à Cage, mais aussi de morceaux de musique - de Schubert et de Robert Ashley - mais aussi de textes, de bruitages, de chants d'oiseaux, sur un dispositif sonore "quadriphonique" assez magique. 

Providence - TNS - Olivier Cadiot - Ludovic Lagarde - Laurent Poitrenaux - Photo: Jean-Louis Fernandez


Le décor et les lumières, assez "2001, l'Odyssée de l'espace" participent à créer cette ambiance intemporelle où l'on a l'impression de voyager dans un cerveau en même temps que dans le temps. Les deux Revox et l'écran de télévision futuriste presque holographique devenant les symboles de cette évolution technologique où le narrateur se projette en être bionique. La parti-pris de Ludovic Lagarde de prendre à rebours la structure du roman en commençant par le chapitre de fin "Providence", clin d'oeil au film d'Alain Resnais et de son panoramique qui accélère en un plan le temps et les saisons, et où on  va retrouver Darwin malade observant la croissance des plantes pour finir avec l'écran qui construit un texte évolutif est le bon en nous emmenant dans un voyage dans le temps et qui nous procure bonheur et satiété:

"Pareil
que pluie et neige descendent du ciel

Le décor suivra en tirant un bout de tissu

De même la parole 
qui sort de ma bouche

Ne doit pas me revenir vide."

Providence - TNS - Olivier Cadiot - Ludovic Lagarde - Laurent Poitrenaux - Photo: Jean-Louis Fernandez


Bon spectacle

La Fleur du Dimanche


PROVIDENCE

Au TNS à Strasbourg jusqu'au 25 mars

Texte Olivier Cadiot
Mise en scène Ludovic Lagarde
Avec Laurent Poitrenaux

Dramaturgie Marion Stoufflet
Scénographie Antoine Vasseur
Lumière Sébastien Michaud
Costumes Marie La Rocca
Maquillage et coiffures Cécile Kretschmar
Conception image Cédric Scandella
Réalisation informatique musicale Ircam Sébastien Naves
Son David Bichindaritz
Travail corporel Stéfany Ganachaud
Assistanat à la mise en scène Céline Gaudier

Production La Comédie de Reims - Centre dramatique national
Coproduction Théâtre National de Strasbourg, Centre dramatique national Orléans/Loiret/Centre, Ircam - Centre Pompidou, MC93 Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis

Création le 8 novembre 2016 à La Comédie de Reims


Le roman Providence est publié aux éditions P.O.L

dimanche 16 septembre 2012

Dendelion: la dent de Lyon ou le Lion dort

Après la rentrée, l'automne... ce sera cette semaine.... et également un passage à Lyon pour la Biennale de la Danse et la rentrée des galeries lyonnaises avec des artistes connus - j'en parlerai bientôt...

Lyon où, pour vous, j'ai photographié en clin d'oeil les dendelions - la fleur du Taraxacum du dimanche - locaux.

Dent de Lyon ?  - Photo:lfdd


Autre clin d'oeil, un peu plus loin, les fleur de Yayoi KUSAMA (également exposée dans une galerie lyonnaise) dans les vitrines d'un grand magasin de luxe..... 

Fleurs Yayoi Kusama à Lyon - Photo:lfdd

Et en face, un autre magasin de luxe et d'or... clin d'oeil fermé - l'oeil dort ?

Lyon d'Or - Photo:lfdd

L'oeil qui dort nous amène à notre TVA et retour à Strasbourg où démarre pour cette rentrée le grand, l'unique festival de musique contemporaine Musica, sous le signe du Silence - qui est d'or... J'ai parlé de John Cage, qui aurait (orait?) eu 100 ans et qui a osé dire, dans "Lecture on nothing":
"Je n'ai rien à dire et le le dis"

Pour le prouver, il a créé 4'33" et Robert Wilson, ainsi que Musica, lui rendront un bel hommage... à découvrir les prochains jours...

Bon dimanche.

La Fleur du Dimanche