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dimanche 14 mai 2017

Post élection, un peu d'otium et d'Euro-Vision en Art, poèmes et chansons

Un peu de repos, après les élections, entre les deux salves de l'année, un peu de recul et de paresse, d'otium (voir plus loin), de poésie, de chansons et de fleurs.

Des fleurs mauves en déclinaison, d'abord un buisson "non identifié" pour le moment - si vous avez des tuyaux (je pense que vous avez des pistes, je prends...): Béatrice a reconnu le Malus ! Elle a un "Bonus".


Fleurs mauves - Malus - Photo: lfdd

Pour ce qui est du TVA, je vais jouer sur trois tableaux, l'Art, la poésie et la littérature - sans oublier la chanson, bien sûr en ce temps d'Eurovision....


Fleurs mauves - Malus - Photo: lfdd

L'Art

En ces temps d'Atelier Ouverts, (voir mon billet d'hier qui vous donne quelques pistes de visite) deux grandes manifestations internationales sont en cours: La Biennale de Venise qui a démarré hier à Venise - je tiens à le préciser - jusqu'au 26 novembre 2017, et la Dokumenta de Kassel (qui a lieu tous les cinq ans) qui a démarré, non à Kassel mais à Athènes le 8 avril pour 100 jours avant de réintégrer la ville d'origine - près de l'ancienne frontière entre Allemagne de l'Est et de l'Ouest, jusqu'au 17 septembre 2017. 
La biennale, qui rend hommage à l'artiste croate Mladen Stilinovic me donne la matière de mon  premier TVA, un extrait de son texte "Praize of Laziness":
"Les artistes à l'Ouest ne sont pas paresseux, et donc sont moins des artistes que des producteurs.... Les artistes de l'Est sont paresseux et pauvres parce que le système entier de "facteurs insignifiants" [le marché de l'Art] n'y existe pas. Donc, ils ont eu la temps de se concentrer sur l'art et la paresse. Quoi qu'ils produisaient, ils savaient que c'était vain..." - Et à Venise, la commissaire Christine Macel nous propose une photographie de l'artiste dormant dans son petit lit - et voilà l'opposition entre l' "Otium" - d'après Wikipedia, c'est "le temps durant lequel une personne profite du repos pour s'adonner à la méditation, au loisir studieux." et le Negotium (le marché ?).


Lilas mauve - Photo: lfdd

L'Euro-Vision

Petite pause musicale en ces temps d'Eurovision, où le sujet s'est même invité dans une réunion avec de grands spécialistes de la musique contemporaine. Résultat, au cas où vous y auriez échappé, c'est le Portugal qui a gagné, devant la Bulgarie et la Moldavie, la France n'arrive que 15ème, alors que l'on espérait enfin une victoire depuis Marie Myriam. Clin d'oeil de l'histoire, la chanteuse, née Myriam Lopes Elmosnino était d'origine portugaise, comme le vainqueur de cette année, Salvador Solal qui permet d'avoir sa première récompense "officielle".

Allez, je vous la montre, cette chanson, si vous ne l'avez pas encore vue:
Salvador Sobral - Amar Pelos Dois (Portugal) Eurovision 2017 - Official Music Video




Je ne vous passe pas le programme complet, mais si vous êtes curieux ou curieuse, je vous conseille de regarder les prestations de la Roumanie avec Ilinca et Alex Florea avec Yodel it! (un Yodel contemporain) et de l'Arménie avec Artsvik - Fly with me, une belle énergie... 



Lilas mauve - Photo: lfdd

La Littérature


Arrivé à ce point, et pour remonter un peu le niveau de TVA, je fais appel à un auteur britannique, né de parents juifs égyptiens qui est né à Nice, Gabriel Josipovivi qui, dans son 18ème roman "Tout passe" fait référence à Rabelais pour poser une question fondamentale pour celui qui écrit:
"Rabelais, lui (...) a compris ce que signifiait pour l'écrivain ce nouveau miracle qui était l'imprimerie. Cela signifiait avoir gagné le monde et perdu le public. Ne plus savoir qui vous lisait ni pourquoi. Ne plus savoir pour qui vous écriviez ni même pourquoi vous écriviez. Rabelais (...) trouvait ça insupportable, comique et délectable, tout ça en même temps."

Et vous ? Et moi ? 
Avez-vous une réponse ? Pouvez-vous me l'envoyer ?


Primevères mauves - Photo: lfdd

La poésie

La réponse, et curieusement il y a un lien entre tout cela, allez savoir pourquoi, elle nous vient de Paul Nougé, poète surréaliste belge (1895-1967) qui a refusé toute sa vie de publier, éditer et diffuser ses écrits et donc de ne laisser aucune trace de son travail d' "ouvrier des lettres" qui n'étaient là qu"u moment de la production (comme une pancarte qu'il portait dans les rues de Bruxelles avec cet aphorisme "Ce boulevard emcombré de morts. Regardez, vous y êtes." 
Gérard Berbery, patron des éditions Allia, aidé de Geneviève Michel a réussi à exhumer les testes "perdus" et les a publié dans un livre "Au Palais des Images, les Spectres sont Rois".

Voici un poème de Paul Nougé:

La Rencontre


Parfois me reviennent à l'esprit

les yeux gris d'une jeune femme
parfois me revient à l'esprit
telle page d'un livre de magie
Où l'on peut lire les vertus de la flamme
le sens profond de toutes les couleurs
Et parfois j'oubliais ma douleur
à rechercher par quel détour
ou par quelle grâce
le livre faisait du vert la couleur
de l'amour qui nous enlace
puis j'oubliais la magie
au gré du jeu gris de la vie
Mais les yeux gris de la jeune femme
me rejoignaient au détour du chemin   
ses yeux son ventre et ses seins
et toutes les attitudes de son plaisir
lorsqu'un jour un souvenir mêlé de désir
me ramena une confidence ancienne
que lorsque la joie l'abattait
dans un tourbillon de rires 
de prières, de soupirs et de menaces
ses yeux se vidaient de toute image
et de la mienne
pour ne garder qu'un pur espace
semblable à la verte étendue
des prairies et de la mer
Alors parmi les pensers amers
qui nourissent mon âpre vie
j'admis qu'il fallait compter 
Avec la magie."


Pour terminer en chanson, et comme au Portugal, les chanteurs connus sont plutôt des chanteuses, je vous en propose deux, pas Linda de Souza, ni Marie Myriam, non plus Bevinda, ni Christina Branco, ni Lio, ni Misia, ni Amalia Rodriguez. Juste deux pour découvrir des aspects du Saudade et du Fado portugais.

D'abord, Maria João et trois aspects de son répertoire:
Maria João & Mário Laginha - Beatriz




Une version plus Jazz de Porgy and Bess: "A Different Porgy, Another Bess" featuring Maria Joao & David Linx



Et son Fado




Et une autre Fado par Mariza: Primavera



Et un peu de "Saudade"





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 3 août 2014

Une fleur à sa guitare, quatre rubans de couleur... France Gall, vous en souvenez-vous ?

Août est arrivé et notre feuilleton dominical nous emmène voyager avec les Fleurs et les Chansons à fleurs...
Aujourd'hui, avec une fleur à "rubans bleus" - je serais curieux de savoir si vous la reconnaissez - l'occasion de retrouver une chanteuse qui a eu une longue carrière et qui, de plus et curieusement a eu beaucoup de succès en Allemagne.



Fleur à ruban: Photo: lfdd

Voici donc la première chanson de France Gall, vous en souvenez-vous?

Les rubans et la fleur

Une fleur à sa guitare
Quatre rubans de couleur
Ces rubans ont une histoire
C´est l´histoire de son coeur

Toute la nuit il a joué
J´avais le cœur qui tremblait
Il m´a raconté l´histoire
Des rubans et de son coeur

Et la fleur, dis?
Et la fleur?
Elle n´a donc pas d´histoire
Et la fleur, dis?
Et la fleur?
Parle-moi d´elle ce soir

Il y avait un ruban gris
Pour sa mère et son pays
Qui en partant lui ont dit
"Aller, bon vent mon petit"

Il y avait un ruban bleu
Pour les filles aux jolis yeux
Qu´il rencontrait en chemin
Qu´il oubliait le matin

Et la fleur, dis?
Et la fleur?
Elle n´a donc pas d´histoire
Et la fleur, dis?
Et la fleur?
Parle-moi d´elle ce soir

Il y avait un ruban rouge
Pour son copain Nicolas
Qui lui écrit quelques fois
"Je suis soldat ne m´oublie pas"

Il y avait un ruban blanc
Il le garde pour l´enfant
L´enfant qu´il aura un jour
Quand il trouvera l´amour

Et la fleur, dis?
Et la fleur?
Tu n´en parles jamais
Et la fleur, dis?
Et la fleur
La fleur, tu me l´as donnée.





Les paroles sont de Robert Gall (le papa de France) et la musique est d'André Popp - c'est pop !


Fleur à ruban: Photo: lfdd

Vous souvenez-vous aussi qu'elle a chanté quelques chansons de Serge Gainsbourg, dont celle qui a gagné le prix Eurovision de la Chanson en 1965 (voir ma fleur du dimanche 11 mai)?
En voici une autre chanson que Serge Gainsbourg lui a écrit en 1964: Baby Pop





Fleur à ruban: Photo: lfdd

Pour continuer le mille-feuille de fleurs à ruban et de chansons de France, surprise, une chanson en allemand sur... Goethe et Bonaparte !





Bon Dimanche et rendez-vous dimanche prochain pour de nouvelles Fleurs et Chansons à Fleurs - pour vous donner envie, je vous dirais Montand, Gainsbourg, Trenet, et la suite de la fleur du jour..... 

La Fleur du Dimanche




dimanche 11 mai 2014

Iris de l'amour et ta mine fleurie qui tire la langue

Quand c'est fini, ça recommence...
Qui n'a connu des rebondissements, la vie en est pleine.
Pour la Fleur du Dimanche, un envoi d'Iris du jardin pousse la barque du dimanche dans les jardins fleuris...
Déjà jeudi (8 mai) je vous offrais un Iris en introduction de la proposition de sortie "théâtre".
Et aujourd'hui, je vous offre comme moquerie un iris bleu jaune que vous tire la langue pour faire bonne mine - Et ta mine, elle est belle aussi?





Cet iris, dans le jardin de l'Escalier qui a changé de mine et également d'exposition*, puisque l'auteur du changement de mine - Francis CLERC - expose également ses souvenirs de voyage sous le titre "Mekong - Croquis, peintures et installations" en montant l'Escalier qui mène à la Galerie du même nom. 

Voici un autre iris que vous pourrez admirer dans le jardin:





Et pour finir, les iris qui m'ont "poussé" à continuer sur ma lancée, venant d'une nouvelle contributrice, Odile G. qui m'a aimablement envoyé le résultat du fleurissement de son jardin: 


Iris bleu - Photo: Odile G.


Iris jaune - Photo: Odile G.

Iris multicolore - Photo: Odile G.


En guise de TVA, je voulais vous mettre le poème de Pierre Louys, mais il se trouve qu'il a déjà été publié le 29 mai 2011 - jour de la fête des mère... et hommage aux iris sauvages...
Vous aurez donc un poème de Robert Desnos, tiré de Chantefleurs (1944-1945) 

L'Iris

"L’iris au bord du rivage
Se reflétait dans l’étang,
Bel iris sauvage
Qui rêves au beau temps.
Iris mes beaux yeux
Tu parfumes les draps blancs,
Iris merveilleux,
Iris au bord de l’étang." 

Robert Desnos, , 1944-1945

et un texte de René Char: 
"Merci d'être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité"

Je vous mets aussi si vous êtes curieux(euses) et connecté(e)s un extrait d'un recueil de poèmes d'Arianne Dreyfus "Iris, c'est votre bleu" à chercher en texte:
http://remue.net/spip.php?article2659

et en voix:
http://remue.net/audio/NR2/09.htm

Et pour conclure le TVA du jour, une réflexion de Catherine Millet, sujet** à réflexion:
"...Car écrire n'est peut-être que cela, éviter d'avoir à refermer le livre pour répondre à ceux qui vous rappellent à ma réalité, et poursuivre le fil de la fiction dans lequel on est entré pour le tresser plus intimement avec les fibres de sa vie." 


Ah, j'oubliais le Grand Prix Eurovision de la Chanson et la vidéo du dimanche, comme disait mon grand père: "Es esch Wurscht" mais pas tant que cela, je trouve, bien que les Autrichiens, avec Conchita Wurst qui les représente bien, n'aient pas été les premiers à creuser le concours de l'intérieur, le Luxembourg, avec la chanson de Serge Gainsbourg interprétée par France Gal, lauréate en 1965 était pas mal. 

Elle interrogeait déjà à l'époque l'arrivée du numérique (disque de cire, disque de son ?) - à noter également la réflexion sur le "nom":
"Autour de moi j’entends rire
Les poupées de chiffon
Celles qui dansent sur mes chansons...
Elles se laissent séduire
Pour un oui pour un nom"




Ou là :
https://www.youtube.com/watch?v=s5aeeSmkPwQ


Bonne réflexion

La Fleur du Dimanche

* A propos d'expositions, une liste - non exhaustive et en construction/évolution - est publié, le 7 mai.
**Comme premier "sujet" de réflexion, je vous rends attentifs aux "pronoms personnels" employés par Catherine Millet, à vous des les détresser !