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dimanche 26 avril 2020

Le jour d'après: conservation ou conversation - Amour et Corona

Le jour d'après, on en parle, mais qu'est-ce que ce sera?
Ou plutôt, la question est: Qu'est-ce qui va changer?
Ou plutôt: "Qu'est-ce qui doit changer?
La chose a commencé à faire son chemin, le Monde prend conscience qu'il faut changer... 
Mais comment, quoi, quand?
Il ne s'agit plus d'attendre que ce soit "fini" et que l'on recommence comme avant. Je pense que c'est clair (pour beaucoup).
Par contre, ce qui n'est pas très clair - et c'est un euphémisme de dire cela - c'est comment on va se débrouiller, s'organiser, vivre "après". Car "après", c'est quoi?

Bon, d'abord la fleur:

Rose rose confinée - Photo: lfdd

Et après, ne paniquons pas. Nous en avons l'habitude, de ne pas savoir de quoi demain est fait, même si ici, maintenant, là, il y a deux incertitudes, comme nous le dit Roger-Pol Droit dans le Monde du 24 avril - voir l'extrait ci-dessous:

D'une part on ne sait pas ce que sera demain, comme d'habitude, dirais-je, mais en plus on ne sait pas comment cela va encore évoluer, après.
On a bien vu depuis le début de l'année avec le peu de rétrospective que l'on peut avoir que TOUT ce à quoi l'on s'attendait est à la fois arrivé et pas arrivé.

Là où il faudra être très attentif, c'est de ne pas, comme c'est un peu le cas (euphémisme) être acculé à devoir accepter des situations, des conditions qui sont des entraves à la liberté. 
Je ne veux pas prêcher pour la liberté individuelle criminelle à tout crin, mais j'ai un peu l'impression que l'on utilise une pression "externe" pour se défausser de certains manques d'organisation ou d'erreurs de gestion ou de prévision. On ne va pas refaire le passé mais soyons vigilants et je vous propose à la réflexion l'extrait de l’interview d'Etienne Balibar, toujours dans le Monde du 24 avril "L'histoire ne continuera pas comme avant" à l'occasion de la parution de son livre "Histoire Interminable"



Là où nous pouvons déjà essayer de bouger, c'est dans notre "responsabilisation" propre - que nous pouvons essayer de partager par l'exemple, et surtout dans l'attention que nous portons aux autres: attentif, sage, précautionneux, respectueux de l'autre, de son être, de sa santé, de son attitude, de ses peurs ou de ses débordements. Tenant compte du contexte et de la connaissance que nous avons, sans pour autant rejeter ceux que nous ne connaissons pas.

Et le meilleur moyen d'accepter l'autre, n'est-il pas de l'écouter et d'échanger, de converser, et pas forcément de vouloir le changer, de l'amener dans une conversion. 
Par contre une conversation, oui! 
Sur ce sujet, notons que Guillaume Villemot, le fondateur du Festival des Conversations a dû annuller son festival et ses animations.
À une époque où converser tend parfois à devenir virtuel, il a créé ce festival où il célèbre ces temps privilégiés d’échange, de partage et d’édification collective.  Comme il le dit:

"Alors que nous sommes de plus en plus connectés les uns aux autres, nous n’avons paradoxalement jamais été aussi seuls. Quand j'entends des enfants dire qu'ils ont des conversations avec Siri sur leurs iPhone, je me dis qu'il est temps d'agir. C'est ainsi que le Festival est né et se développe. La bonne nouvelle, nous avons trouvé des personnes qui font la même chose que nous ailleurs. Le Festival appartient à tous ceux qui comme vous veulent redonner le temps de la parole à tous. Je sentais chez les citoyens que nous sommes, plutôt une peur croissante d'oser parler directement à l'autre, de se livrer. Nous nous protégeons de plus en plus. En même temps, sur les réseaux sociaux, chacun raconte sa vie ou la vie qu’il voudrait avoir." 
Ce qu'il recherche à travers ce festival c'est de "Faire que des gens se disent: « Tiens c'est vrai, c'est simple de prendre le temps d'écouter l'autre et de lui répondre.» Moi quand j’observe les effets que peuvent avoir de simples conversations autour de soi, j’ai juste envie d'y replonger."
...

Rose rouge confinée - Photo: lfdd

Dans ces temps de confinement, lorsque je rencontre des gens dans la rue, et, bien qu'au début j'ai senti presqu'une terreur de se retrouver face à quelqu'un d'autre ("Nous sommes en guerre" !), je sens que ce besoin d'échange surgit, d'une autre manière, une ouverture, une relation est attendue. Une autre manière de se retrouver doit être trouvée.
Et n'oublions pas notre planète, nous ne sommes pas le centre du monde, nous ne sommes pas "tout-puissants". Soyons attentifs à ceux qui croient encore, pour diverses raisons que le monde est à eux, quelle qu'en soient les conséquences.

Je vous mets  également un extrait du Grand Entretien sur France TV avec Valérie Masson-Delmotte climatologue et coprésidente du groupe n°1 du Giec, dont le texte liminaire dit:
"Depuis quelques semaines, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte comprend un peu mieux son collègue chinois Panmao Zhai. "Il me disait que ce qui était important dans le confinement, c'était de regarder pousser ses plantes. Sur le coup, cela m'avait fait beaucoup rire, mais je vois parfaitement ce qu'il veut dire", raconte celle qui prend régulièrement des photos des fleurs et insectes de son jardin de l'Essonne depuis le 17 mars."

Elle dit: "Ce dont nous parlons, c'est transformer tous les grands systèmes de production, notamment énergétique, en sortant des énergies fossiles, le charbon puis le pétrole et le gaz, en y substituant d'autres approches. C'est également transformer les villes pour minimiser le recours à l'énergie, utiliser l'économie circulaire et l'efficacité énergétique au maximum. C'est aussi avoir les infrastructures qui permettent ces transformations et puis transformer la manière dont nous produisons notre alimentation. C'est transformer la façon dont nous gérons les forêts dans le monde entier, de sorte à stocker du carbone plutôt que de rajouter des gaz à effet de serre.

Ce qui est intéressant, c'est que sur tous ces aspects-là, des solutions existent. Nous ne sommes pas dans la situation d'il y a 20 ou 30 ans. Nous avons des solutions qui existent dans tous les domaines, que ce soient pour les énergies décarbonées, les transports. Nous avons des alternatives aux véhicules à moteur thermique, nous avons des solutions d'économie circulaire, de réutilisation, plutôt que d'utilisation de ressources non renouvelables et nous avons des solutions de bon sens, y compris pour la production alimentaire. Nous avons beaucoup d'agriculteurs qui innovent qui développent des méthodes parfois anciennes, parfois nouvelles, pour justement réduire l'impact environnemental tout en produisant suffisamment pour nourrir tout le monde.

Si nous voulons contenir le réchauffement à un niveau bas, ce ne sont pas seulement ces transformations un peu systématiques qui sont nécessaires. C'est aussi la question des choix de consommation et des styles de vie. Si la demande mondiale ne fait qu'augmenter pour l'énergie, pour les produits non renouvelables ou pour une alimentation qui a une forte empreinte carbone en particulier les produits animaux ou les huiles végétales, dans ce cas-là, nous ne pourrons pas réduire suffisamment vite les émissions de gaz à effet de serre, parce que cela voudra dire toujours produire plus.

J'ai beaucoup de voisins autour de moi qui s'interrogent dans cette situation un peu forcée, où on fait à manger à la maison, où on développe les circuits courts, qui me disent tant mieux parce que nous nous rendons compte que nous pouvons faire autrement, que nous pouvons vivre correctement avec plus de solidarité et plus d'entraide, nous espérons que cela va rester. Je l'ai entendu parmi mes proches, ma famille et mes collègues, cette aspiration à ce que certaines des choses que nous mettons en place là puissent rester parce qu'elles donnent aussi du sens à la vie en communauté, pas simplement à la vie individuelle."

Si vous en voulez plus, si vous avez un peu de temps, cela vaut le coup, c'est ici:
https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/grand-entretien-valerie-masson-delmotte-climatologue-dessine-l-apres-coronavirus-il-va-falloir-du-courage-politique-pour-eviter-les-vieilles-ficelles_3917315.html


Rose rouge (con)finie - Photo: lfdd

Pour en revenir au Corona, saviez-vous que "Corona et Coronilla" était le titre d'un livre (posthume) de Paul Valéry, le livre de ses  poèmes à Jean Voilier (le pseudonyme de Jeanne Loviton).
Pour Paul Valéry, l’amant-poète, aucune guirlande de poème n’est trop belle pour sa bien-aimée: il y a donc la Couronne (Corona) et la Petite Couronne (Coronilla) qui rassemblent les vers de la période de leur amour (fatal!). Prolixe, Valéry lui écrivit plus de mille lettres et au moins cent-cinquante poèmes à Jeanne Loviton.
En voici deux:

Et toi, personne ne t’aura aimée d’un amour de cette profondeur et de cette qualité. Le son de mon amour, je t’assure, tu ne l’entendras jamais d’un autre, jamais.
 O jour premier, silence mémorable
Quand nos regards pour la première fois
Nous firent taire et craindre notre voix
Car nous sentions dans l’heure inexorable
De notre coeur tout le poids adorable
D’amour enfant qui va naître, ô doux poids
Naître de nous qui nous tenions les doigts…



Couronne des dimanches

 Grande Beauté, Rose spirituelle,
Vous dont je veux l’amour perpétuelle,
Le don suave et la profonde foi,
Toute Beauté, triomphez de mes ombre
Illuminez un bonheur d’être moi
Car d’être moi, ce n’est que rêves sombres.

Créez le rythme et dissipez le nombre
De tous ces ans dont mon âme s’encombre,
Faites un peu du temps que j’ai vécu,
Jusques à toi, ni passions, ni gloire
N’ont fait de moi ni vainqueur ni vaincu
Car j’attendais une plus belle histoire.

Rose spirituelle et Beauté grande
Accueillez-moi cette secrète offrande
Que je me chante à défaut de vous voir ;
Faute de vous la tendresse me ronge
Et je me trouve, au lieu de vous avoir,
Faire un travail qui m’aide à faire un songe
.


Paul Valéry me ramène à, ou plus justement me vient d'Albert Strickler dont j'ai parlé récemment(*). C'est même lui qui a cité le titre de ce livre "Corona et Coronilla" de Paul Valéry qu'il devait lire en 2019 et dont il raconte l'anecdote suivante: A quelqu'un qui s'étonne qu'il lise Paul Valéry, il répond "Moi aussi!"

Je finirai avec mon ami Albert dont j'apprécie aussi ses laconiques "sentence de fin de journée" qu'il met quelquefois justement en clôture de son journal quotidien par exemple:

4 mai
"Ces jours où j'ai l'impression de passer mon temps à expliquer que ne pas avoir être d'accord ne signifie pas avoir raison."

16 mai
""Avoir confiance dans le Lever du Jour modifie le Crépuscule." (Emily Dickinson) A bon entendeur!"

Et je finirai par cette citation de citation dans son texte du 11 mai où il note le soir à l'hôtel près de Saint-Louis où il était au Forum du Livre:
"Avant de m'endormir - le verbe est en l’occurrence impropre - je plonge dans l'homme qui aimait les livres de Philippe Lutz. 
L'exergue emprunté au Royaume d'Emmanuel Carrère semble légitimer l'aventure du journal:
"J'aime, quand on me raconte un histoire, savoir qui me la raconte. C'est pour cela que j'aime les récits à la première personne, c'est pour cela que j'en écris et que je serai même incapable d'écrire quoi que ce soit autrement.
Dès que quelqu'un dit "je" (mais "nous" à la rigueur fait l'affaire) j'ai l'envie de le suivre et de découvrir qui se cache derrière ce "je".""

Nous sommes d'accord! (c'est moi qui souligne).

Bon, concluons ce long billet avec une pause musicale, tout d'abord, une chanson qui devrait plaire à Albert, même s'il penche plutôt vers la musique classique:


Jeanne Moreau - Ni trop tôt ni trop tard
Une chanson  écrite par Serge Rezvani (Bassiak), qui a obtenu le Grand prix de l’Académie Charles Cros en 1964:




"Peu m'importe la tyrannie
Et le règne des soudards
Tant qu'ils nous laissent la vie
Tant qu'aimer n'est pas trop tard"


Pour continuer, Brigitte Fontaine, dont je ne trouve plus les paroles de son "dé-confinement";  "désormais nous sommes des fruits confits", je vous en offre un bout de poème:
"Les vieux sont jetés aux orties
A l'asile aux châteaux d'oubli
Voici ce qui m'attend demain
Si jamais je perds mon chemin"

Je vous offre son duo avec Christophe qui ne lui a pas survécu:




Ni Jacques Higelin avec qui ils ont eu la Grippe:





Et pour finir, Brigitte Fontaine - J'irai pas:





Bon Dimanche
Bon con-finement

La Fleur du Dimanche

* Court-19 : Episode 12 - Court instant avec Albert Strickler, poète, diariste, éditeur,...
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-12-court-instant-avec.html

dimanche 16 octobre 2016

Le Nobel ça vous chante ? Bob Dylan chante la fleur - ou la pierre - mais Dario ne chante plus la faux

Il était une fois un riche Suédois qui par testament, crée une fondation et des prix pour faire le bien.... Il avait mauvaise conscience parce que ce qu'il avait inventé - et qui l'a rendu riche - a aussi servi à faire le mal: la dynamite.

Cette année, l'attribution du Prix Nobel de Littérature (un de ces prix) n'a pas - encore - fait couler de sang, mais beaucoup d'encre. C'est n'est pas de la dynamite, mais son attribution à un chanteur - qui a appartenu à la mouvance du "Flower Power" -  a élargi ce sujet de discussion d'actualité à des sphères habituellement en dehors des cercles littéraires (citez-moi de mémoire les trois derniers prix Nobel de Littérature... Vous avez de la chance l'avant-dernier était Français - et il a aussi écrit des chansons - voir mon billet du 19 octobre 2014)). 
Un critique (Johan Faerber) a même titré: "La Mort de la Littérature ou Bob Dylan, prix Nobel". Si vous voulez en lire le texte, qui s'achève (après 2166 mots) ainsi: "le prix Nobel de Littérature est mort : vive la Littérature.", il est ici:
"La Mort de la Littérature ou Bob Dylan, prix Nobel"   




Il était une fois.... - Once upon a time...

Mais.... Il était une fois.... Once upon a time.... Robert Allen Zimmerman ou Shabtai Zisel ben Avraham ou Bob Dylan de son nom de scène, chante le folk - influencé par Woodie Guthrie, puis le blues et le rock, en tout cas des chansons souvent engagées socialement ou contre la guerre du Vietnam - voir le Flower Power de l'époque avec les photos de Bernie Boston et Marc Riboud:


George Harris plante des fleurs dans les canons en 1967-  Photo:  Bernie Boston


Jan Rose Kasmir Photo: Marc Riboud

Et même Bob Dylan peint des fleurs, mais bien plus tard, en 2009:


Rose on a hillside - Bob Dylan

Il a aussi chanté - ou plutôt joué - la chanson "Wildwood flower" avec Joan Baez:




Oh I'll twine with my mingles and waving black hair
With the roses so red and the lilies so fair
And the mirtles so bright with the emerald dew
The pale and the leader and eyes look like blue
I will dance I will sing and my laugh shall be gay
I will charm every heart in each crown I will sway
When I woke from my dreaming my idols were clay
All portions of love had all blown away
Oh he taught me to love him and promised to love
And to cherish me over all others above
How my heart is now wondering no misery can tell
He's left me no warning no words of farewell
Oh he taught me to love him and call me his flower
That was blooming to cheer him through life's dreary hour
Oh I long to see him and regret the dark hour
He's gone and neglected his pale wildwood flower

...Il est parti et a négligé sa pâle fleur des bois sauvages.



Je vous offre en prime la balade "Knockin' on Heaven's Door"





Il s'est aussi trouvé dans la mouvance artistique de la Beat Generation - voir l'exposition à Beaubourg où l'on voit le clip "Subterranean Homesick Blues":




Subterranean Homesick Blues

Johnny's in the basement

Mixing up the medicine
I'm on the pavement
Thinking about the government
The man in the trench coat
Badge out, laid off
Says he's got a bad cough
Wants to get it paid off
Look out kid
It's somethin' you did
God knows when
But you're doing it again
You better duck down the alleyway
Lookin' for a new friend
The man in the coonskin cap, in the big pen
Wants eleven dollar bills but you only got ten
Maggie comes fleet foot
Face full of black soot
Talkin' that the heat put
Plants in the bed but
The phone's tapped anyway
Maggie says that many say
They must bust in early May
Orders from the D.A. look out kid
Don't matter what you did
Walk on your tip toes
Don't try "No Doz"
Better stay away from those
That carry around a fire hose
Keep a…

Et puis est arrivé "Like A Rolling Stone", chanson rock engagée..

Like A Rolling Stone

 Once upon a time you dressed so fine
 You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?
 People’d call, say, “Beware doll, you’re bound to fall”
 You thought they were all kiddin’ you
 You used to laugh about
 Everybody that was hangin’ out
 Now you don’t talk so loud
 Now you don’t seem so proud
 About having to be scrounging for your next meal

 How does it feel
 How does it feel
 To be without a home
 Like a complete unknown
 Like a rolling stone?

 You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely
 But you know you only used to get juiced in it
 And nobody has ever taught you how to live on the street
 And now you find out you’re gonna have to get used to it
 You said you’d never compromise
 With the mystery tramp, but now you realize
 He’s not selling any alibis
 As you stare into the vacuum of his eyes
 And ask him do you want to make a deal?

 How does it feel
 How does it feel
 To be on your own
 With no direction home
 Like a complete unknown
 Like a rolling stone?

 You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns
 When they all come down and did tricks for you
 You never understood that it ain’t no good
 You shouldn’t let other people get your kicks for you
 You used to ride on the chrome horse with your diplomat
 Who carried on his shoulder a Siamese cat
 Ain’t it hard when you discover that
 He really wasn’t where it’s at
 After he took from you everything he could steal

 How does it feel
 How does it feel
 To be on your own
 With no direction home
 Like a complete unknown
 Like a rolling stone?

 Princess on the steeple and all the pretty people
 They’re drinkin’, thinkin’ that they got it made
 Exchanging all kinds of precious gifts and things
 But you’d better lift your diamond ring, you’d better pawn it babe
 You used to be so amused
 At Napoleon in rags and the language that he used
 Go to him now, he calls you, you can’t refuse
 When you got nothing, you got nothing to lose
 You’re invisible now, you got no secrets to conceal

 How does it feel
 How does it feel
 To be on your own
 With no direction home
 Like a complete unknown
 Like a rolling stone?



Vigne vierge -Photo: lfdd

Il y a eu un temps où tu portais des vêtements très chics
Tu jetais alors des petites pièces aux clochards,
n'est-ce-pas ?
Les gens appelaient, disaient, "Méfie-toi poupée, il est
sûr que tu vas tomber."
Tu pensais qu'ils se moquaient de toi
Avant tu riais de
Tout le monde qui glandait
Maintenant tu ne parles plus si fort ;
Maintenant tu ne sembles pas si fière
D'avoir à quémander ton prochain repas.

Qu'est-ce que ça fait ?
Qu'est-ce que ça fait
De ne pas avoir de maison,
Comme une parfaite inconnue,
Comme une pierre qui roule ?

Tu es allée à la plus prestigieuse école, mademoiselle
Toute Seule,
Mais tu sais tu t'en es seulement servie comme carburant.
Et personne ne t'a jamais enseigné comment vivre dans la rue;
Et maintenant tu découvres que tu vas avoir à l'apprendre.
Tu disais que tu ne pouvais jamais compromettre
Avec le mystérieux clochard, mais maintenant tu réalises
Qu'il ne vend aucune excuse
Quand tu le regardes dans le vide de ses yeux
Et lui demandes : "Est-ce que tu veux conclure un accord?".

Qu'est-ce que ça fait ?
Qu'est-ce que ça fait
D'être seule au monde,
Sans foyer où revenir,
Comme une parfaite inconnue,
Comme une pierre qui roule ?

Tu n'as jamais changé d'avis pour voir que tu critiquais
les jongleurs et les clowns.
Quand ils se rabaissent tous et font des tours pour toi;
Tu n'as jamais compris que ce n'était pas bien.
Tu ne devrais pas laisser les gens recevoir tes coups à ta place.
Avant tu montais le cheval de chrome avec ton diplomate
Qui transportait sur ses épaules un chat siamois
N'est-ce pas dur quand tu découvres qu'il n'était pas vraiment cool
Après qu'il prend de toi tout ce qu'il pouvait voler.

Qu'est-ce que ça fait ?
Qu'est-ce que ça fait
D'être seule au monde,
Sans foyer où revenir,
Comme une parfaite inconnue,
Comme une pierre qui roule ?

Princesse sur le clocher et tout le beau monde;
Ils boivent, pensent qu'ils ont bien réussi leur vie.
Ils échangent tous les genres de précieux cadeaux et de choses.
Mais tu ferais mieux de lever ta bague de diamant, tu ferais
mieux de la mettre au mont-de-piété bébé.
Avant tu étais si amusée
Du Napoléon en lambeaux et du langage qu'il utilisait;
Va vers lui, il t'appelle, tu ne peux pas refuser.
Quand on n'a rien, on n'a rien à perdre;
Tu es invisible maintenant, tu n'as aucun secret à cacher.

Qu'est-ce que ça fait ?
Qu'est-ce que ça fait
D'être seule au monde,
Sans foyer où revenir,
Comme une parfaite inconnue,
Comme une pierre qui roule ?


Je vous en offre deux versions, celle de Dylan et une avec les vrais "Rolling Stones" juste pour le fun:


Bob Dylan - Like a Rolling Stone Lyrics HD from Jolly Sincere on Vimeo.






Et si vous voulez une réponse "apaisée" aux polémiques, je laisse la parole au chanteur qui dit: "The answer is blownin' in the wind" - La réponse est dans le vent... écoutez:







Petites fleurs  rouges - Photo: lfdd


Laisser parler le poète... 


Laisser parler - ou chanter - le poète, et écoutez-le... Prendre le temps de l'écouter. C'est une leçon qu'un journaliste critique littéraire s'est pris dans la figure sur France Inter, un matin de cette semaine avec une poétesse chanteuse française connue des lecteurs de ce blog: Brigitte Fontaine... Elle a dû se lever tôt - c'est elle qui le dit et chaussée de son bonnet de nuit, elle s'insurge contre le "piège" qu'Augustin Trapenard lui a tendu dans son émission "Boomerang" en ne la laissant pas (assez) parler. C'est un moment de radio drôle et émouvant que vous pouvez entendre (encore un petit moment - cela risque de disparaître un jour) ici:
https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-15-septembre-2016


Je vous offre en prime deux facettes de Brigitte:

L'une, son côté "Belle Abandonnée"

Belle Abandonnée :
Belle abandonnée au désert bouillant 
Tu m’as fait pleurer quand j’étais enfant
Vert pâle adoré, vieux rose béni
Ocre doux aimé, cramoisi chéri
C’est l’après-midi encore en été
Et l’on se relie, les yeux dilatés
Grand jardin sauvage rempli de frissons
Pour les anciens pages et les Robinsons
Ah comme on courait au milieu des buis
Ah comme on aimait les goûters de fruits
La chaleur se calme et la sueur sèche
Un souffle de palme rase l’ombre rêche 
Infante fardée pour quelque intermède
Duègne grisée dans son tutu raide
Cheval attelé lourd et fatigué
Dans les rues cendrées des étés passés
Et le sang sifflait dans les courses folles
Les enfants brillaient, amour sans parole"



Et l'autre pour vous montrer que Brigitte, ce n'est pas du "Nougat":

 





Petites fleurs  rouges - Photo: lfdd

Dario

Et le Dario du titre, me direz-vous, qui est-ce ?
Non ce n'est pas Dario Moreno, mais un autre prix Nobel qui vient de mourir, Dario Fo, grand auteur et metteur en scène de théâtre, Italien, mais dont les pièces, entre autre "Mistero Buffo" ont été jouées en France aussi, même à la Comédie Française. Son théâtre, qu'il fait avec sa femme Franca Rame est très engagé, et le prix Nobel qu'il reçoit en 1997 est une surprise et sujet à polémique - un peu comme celui de Bob Dylan...



Petites fleurs  rouges - Photo: lfdd


Bon dimanche

La Fleur Du Dimanche 

dimanche 27 décembre 2015

Dissiper l'opacité du monde

Dissiper l'opacité du monde, tout un programme.... 
Un peu comme Goethe qui au lieu de dire "Mehr Licht" commanderait son "Botschanper" à son domestique.... Mais il parait que c'est cette version la bonne (si vous êtes bilingues, vous comprendrez plus facilement...).

Mais rassurez-vous, les jours rallongent et en plus le ciel est bleu et les viornes de Carl sont en pleine floraison, la preuve:


Viorne obier - Photo: lfdd

L'opacité des jours va se dissiper.

A propos de l'opacité dissipée, il se trouve que c'est une chanson de Travis Bürki, mais que je n'ai pas trouvée - j'en ai juste trouvé le texte que voici:

"N’oublie pas que c’est la connaissance qui te sauvera de tout
N’oublie pas que c’est ton silence qui absorbe les vacarmes
C’est ta compréhension simple qui met le mal à genoux
C’est ta respiration qui apaise et ton renoncement qui charme
Quand tu souffres d’un lien avec l’un ou l’autre de ceux que tu aimes
Quand tu sens un gouffre en toi amplifier sa profondeur
souviens-toi que le lien d’amour ne contient aucun problème
C’est seulement la méconnaissance qui s’ajoute à la peur
Tout cela s’agglomère et tend à faire disparaître l’essentiel
Pourtant ton lien, ta place, ton bonheur est intact, tout est là
Mais tu sens bien le froid et l’inquiétude investir ton réel
Tu souffres et te complains ainsi que le perdant de quelque tombola
Loin sont ceux dont tu voudrais la chaleur et la tendresse t’approcher
Envahissants sont certains comme le bruit de la ville qui te submerge
L’envie de voir pour toi aussi un idéal devenir une éclatante réalité
La peur de devoir à jamais admirer le bleu du large sans quitter ta berge
Mais tu te ressaisis tu vois et la tempête n’a pas été vaine
Tu rappelles à ton souvenir l’infini mouvement qui ne se qualifie ni ne se quantifie
Peu à peu la clarté vient dissiper l’opacité, ceux sont les joies qui reviennent
L’harmonie règne en maîtresse en ton cœur dont la plénitude à elle-même se suffit
N’oublie pas que toutes ces choses ne sont rien, elle s’envolent au moindre vent
L’esprit, si fécond, si apte à sublimer, n’en est pas moins dévoreur de vide
Il pense et nourrie mille pensées qui elles mêmes génèrent des flots de tourments
Laisse s’écouler ces fleuves et revient doucement à toi car c’est toi qui décide.
à présent tu sais. Ce n’est pas ni un rêve ni une peur qui va bouleverser ta paix
Tu vois les choses telles qu’elles sont ton amour est pur, la bonté circule en toi
Tu regardes avec un oeil compréhensif autour de toi ce qui se fait
Peut-être vas-tu inciter les autres à faire à leur tour le choix
de vivre sans comprendre autre chose que la seule vérité
celle qui brise tout blocage et fait tomber les plus hauts murs
Le choix qui intègre l’univers entier, l’opacité dissipée
par l’évidente découverte que rien ne dure."

En dédommagement, je vous offre encore une Viorne (Kalinka) et le clip de Ü - Travis Bürki intitulé "Le mont Saint-Michel" - rien à voir avec les fleurs..


Viorne obier - Photo: lfdd

"Elle a fouillé dans mon ordinateur
Elle a fouillé dans mon ordinateur
À défaut d'avoir intercepté mon coeur
Elle a fouillé dans mon ordinateur
Elle a trouvé les emails que j'échange
Elle a trouvé les emails que j'échange
Avec ma petite copine des USA
Elle a trouvé les emails que j'échange
Elle m'a dit tu prends tes clics et tes clacs
Elle m'a dit tu prends tes clics et tes clacs
Mais garde la clef de l'appart au cas où
Elle m'a dit tu prends tes clics et tes clacs
On est allé dîner au restaurant
On est allé dîner au restaurant
Elle va me demander ce que je choisis
au moment où vibre mon Blackberry
Je comprends ton agacement et ta lassitude
on a connu des moments moins absurdes
Alors je vais faire un tour
au sommet du mont Saint-Michel
de là-haut j'aurais peut-être les idées plus claires
et la Manche ravive l'amitié pour l'Angleterre
à défaut de ta bouche j'irai embrasser l'air
qui s'envole et qui fait tout le tour de la terre
garde-la cette fois, c'est la dernière
car demain n'a jamais existé."






Bon, pour ne pas vous déprimer, je vais quand même vous parler de fleurs...


Viorne obier - Photo: lfdd


"La folie des grandeurs
Des filles d'aujourd'hui
C'est un oiseau chanteur
Gardé par des spahis
C'est un tapis de fleurs
Dans le mois de marie
C'est une affaire d'honneur
Sur un dessus de lit
C'est un vieux dictateur
Incendié par la foule
C'est une histoire de coeur
Dans une bouteille saoule
La folie des grandeurs
Des filles d'aujourd'hui
C'est une étoile en pleurs
Filant en plein midi"


Vous avez trouvé, c'est une chanson de Brigitte Fontaine, "Les Filles d'aujourd'hui" que voici




Je ne vais pas vous abandonner en si bon chemin et partager avec vous deux versions d'une de ses premières chansons : "Je suis décadente (la concierge gamberge)" de 1964:








Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, je vous offre m^me sa toute première chanson sortie en disque en 1966: "Dévaste moi": 






Pour finir, vous allez me demander quel est le rapport entre Goethe, Ü, Travis Bürki et Brigitte Fontaine....

Je vous renvoie la question et attends votre réponse.

Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche