La 45ème édition du Festival Musica a débuté avec un madrigal contemporain, The Alonetimes, co-écrit par Jennifer Walshe et Philip Venables que le festival Musica a produit sur une commande de la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain. La pièce a été présentée en avril dans les nouveau locaux de la Fondation, place du Palais Royal et elle est accueillie à Strasbourg avec le Maillon pour trois représentations.

The Alonetimes - Jennifer Walshe - Philipp Venable - Photo: Cyril Marcilhacy
La mezzo-soprano Loré Lixenberg nous accueille, assise sur sa chaise en chuchotements, souffles, respirs et sifflements. Elle est rejointe à la lueur de leurs lampes de torches par le local de l'étape Adam Starkie (de lovemusic) à la clarinette (et à la voix, impressionnant de vérité), Diamanda La Berge Dramm, la violoniste et performeuse hollandaise, le violoniste danois Andreas Borregaard, la percussionniste allemande Vanessa Porter et le baryton écossais Oskar MacCarthy. Il y est question de rencontres, à la fois amoureuses et sexuelles, de la solitude et le l'abandon, basée sur des souvenirs mais s'ouvrant sur une mémoire plus large et universelle, qui balaye l'évolution des techniques et des outils de communication des trente dernières années et de leur usage. Des souvenirs, écrits ou dits, chantés forment un puzzle des vies intimes qui émergent de la nuit ou dans les mémoires. Entre regard sociologique au introspectif, dans un dialogue complémentaire des deux auteurs se dessine les désirs, déceptions, colères ou plaisirs fugaces ou plus durables, des rencontres et des amours. Ponctuées par les énergiques et rapides introductions aux percussions, les modes de récit, la narration alterne des parties chantées par la mezzo-soprano et le baryton, des airs d'accordéon plutôt tendres ou nostalgiques et des séquence d'opéra de chambre dans une ambiance de discothèque avec sa boule à facette qui projette des milliers de scintillements dans la salle et au plafond.
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| The Alonetimes - Jennifer Walshe - Philipp Venable - Photo: Cyril Marcilhacy |
Des scènes totalement habitées, très bien incarnées par Adam Starkie, impressionnant de justesse et de vérité, nous plongent dans des épisodes vécus qui resurgissent devant nous. Les angles d'attaque musicaux varient, tout autant que les multiples destins qui éclairent de manière complémentaire ces moments de solitudes, même dans la relation, et qui peuvent à la fois nous faire réfléchir sur notre propre expérience et nos souvenirs et, avec l'humour qui surgit, volontairement ou involontairement, nous consoler et nous sensibiliser à l'importance des liens que nous avons ou devons tisser.
La Fleur du Dimanche

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