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mardi 2 juillet 2024

Les 24èmes rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note - En route pour le Japon

 La première soirée des 24èmes rencontres d'été de musique de chambre organisées par l'Accroche Note à la Petite France dans l'église du Bouclier est consacrée au Japon. Des oeuvres de deux compositeurs japonais et une création d'une compositrice japonaise encadrent la création d'Ivan Fedele commandée par la Fondation Ernst von Siemens. Celle-ci est une création de ce compositeur italien, à partir de haikus, courts poèmes de trois vers sur le thème des saisons, ici l'été, choisis parmi les oeuvres de poètes japonais. Ivan Fedele est un ami fidèle de Strasbourg - Le Festival Musica lui avait consacré un portrait en 1995 et il a fait une résidence la même année Conservatoire National de Région où il a enseigné jusqu'en 2008.


Rencontres d'été - Toshio Hosokawa -  Vertical Time Study I - Photo: Robert Becker


La soirée commence avec une courte pièce de Toshio Hosokawa, Vertical Time Study I écrite en 1994 pour clarinette, violoncelle et piano. Toshio Hosokawa s'est intéressé à la musique très jeune et est venu étudier en Allemagne à Berlin, Darmstadt et Freiburg. Sa pièce marie les influences de compositeurs allemands et la culture japonaise - il appelle lui-même sa musique "calligraphie sonore" et l'on entend bien dans cette composition des coups énergiques et des lignes tenues et tirées, ponctuées de séries de notes qui s'égrènent. Des sons lancinants et le violoncelle nerveux alternent avec de brusques éclats. On arrive bien à s'imaginer les calligraphies énergiques qui pourraient en découler.


Rencontres d'été - Toward the Sea -  Toru Takemistsu - Photo: Robert Becker


La deuxième pièce ressemble également à une série de tableaux, trois pour être précis, car la pièce Toward the Sea de Toru Takemistsu écrite en 1981 pour flûte et guitare est inspirée de Moby Dick de Melville et comprend trois sections: The Night où l'on imagine un horizon lointain avec une mer calme, bercé par la flûte avec quelques notes de guitare qui s'y posent. La deuxième partie, Moby Dick voit la flûte développer une mélodie ondulante. Et pour la troisième partie, Cape Cod, c'est la guitare qui démarre et la pièce continue en une sorte de tourbillon, à l'image de la péninsule en face de Nantucket.

 

Rencontres d'été - Ivan Fedele - Natsu Haiku - Photo: Robert Becker

Rencontres d'été - Ivan Fedele - Natsu Haiku - Photo: Robert Becker

Rencontres d'été - Ivan Fedele - Natsu Haiku - Photo: Robert Becker


Pour la pièce d'Ivan Fedele, Natsu Haiku qui est donc créée ce soir, c'est un bel ensemble avec Armand Angster à la clarinette basse, Christophe Beau au violoncelle, Emmanuel Séjourné aux percussion et Françoise Kubler à la voix, qui interprète cette série de courtes pièces, variées. Francoise Kubler y prouve une fois encore la maîtrise de ses registres d'interprétation de ces courts poèmes et où les percussions, diverses - bois, métal, marimbas, gong, maracas - marquent le rythme. La plupart des sections sont nerveuses, quelques-unes plus gaies et l'ensemble est de belle facture.


Rencontres d'été - Sanae Ishida - Voie Lactée, ontarakusowaka - Photo: Robert Becker


La soirée s'achève avec une autre composition, Voie Lactée, ontarakusowaka de Sanae Ishida pour huit instruments et voix sous la direction d'Emmanuel Séjourné. La pièce joue sur la délicatesse, les bruissements, la discrétion. Les percussions avec Sylvie Reynaert se font discrètes, Gaspar Schlich caresse délicatement sa guitare électrique, lui donne de petite tapes avec une règle ou crée de petits échos avec un tube en verre, Christophe Beau modère son violoncelle, Joachim Angster son alto, Wilhem Latchoumia se fait discret derrière son piano et il arrive que quelquefois un son aigu que l'on n'arrive pas à identifier sorte de l'accordéon de Hugo Degorre.

 

Rencontres d'été - Sanae Ishida - Voie Lactée, ontarakusowaka - Photo: Robert Becker


Françoise Kubler, elle, passe de la voix de gorge à de grands aigus sans problèmes et de temps en temps , après un silence, le léger bruissement de feuilles de papier d'aluminium que chacune et chacun caresse, nous fait nous interroger sur l'origine de ce frémissement. 


Rencontres d'été - Sanae Ishida - Voie Lactée, ontarakusowaka - Photo: Robert Becker


Il arrive aussi bien sûr que subitement, en cascade, les cordes se suivent en écho, repris par les percussions ou même que, vers la fin, une agitation monte et enfle dans ce petit orchestre, mais cela se calme à nouveau. Un léger chant s'élève, des sons délicats résonnent et tout cela s'achève en toute discrétion. La compositrice, présente, reçoit un accueil chaleureux. 


Rencontres d'été - Sanae Ishida - Voie Lactée, ontarakusowaka - Photo: Robert Becker


Et le public nombreux, dont quelques curieux qui ne s'attendaient pas du tout à de la musique contemporaine, repartent heureux. Quelques-uns reviendront demain pour une soirée plus "classique" autour de Ravel, Traversa et Fauré.


Le Fleur du Dimanche

dimanche 9 août 2015

L'été, le temps des copains et les amourettes...

C'est l'été, il fait chaud et l'herbe d'été nous rappelle l'amourette...

Comme dimanche dernier, nous allons glorifier le temps des amours et des amourettes.

Pour les fleurs, c'est un peu la sécheresse, mais dimanche prochain, je ferai mieux...


Amourette d'été ? - Photo: lfdd

Et pour le Temps de l'Amour, c'est long et c'est court, et je vous en offre plusieurs versions..

L'historique :




La version "moderne" avec Dutronc (Jacques):




LE TEMPS DE L'AMOUR

C'est le temps de l'amour, 
Le temps des copains et de l'aventure
Quand le temps va et vient, 
On ne pense a rien malgre ses blessures
Car le temps de l'amour
C'est long et c'est court, 
Ca dure toujours, on s'en souvient

On se dit qu' a vingt ans on est le roi du monde, 
Et qu' éternellement il y aura dans nos yeux
Tout le ciel bleu

C'est le temps de l'amour, 
Le temps des copains et de l'aventure
Quand le temps va et vient, 
On ne pense a rien malgre ses blessures
Car le temps de l'amour
Ca vous met au coeur
Beaucoup de chaleur et de bonheur

Un beau jour c'est l'amour et le coeur bat plus vite, 
Car la vie suit son cours
Et l'on est tout heureux d'etre amoureux

C'est le temps de l'amour, 
Le temps des copains et de l'aventure
Quand le temps va et vient, 
On ne pense a rien malgre ses blessures
Car le temps de l'amour
C'est long et c'est court, 

Ca dure toujours, on s'en souvient.



Donc, pour les Amourettes, voici une version chantée par Michèle Arnaud:


POUR UNE AMOURETTE 

Pour une amourette 
Qui passait par là 
J'ai perdu la tête 
Et puis me voilà 
Pour une amourette 
Qui se posait là 
Pour une amourette 
Qui m'tendait les bras 
Pour une amourette 
Qui me disait viens 
J'ai cru qu'une fête 
Dansait dans mes mains 
Pour une amourette 
Qui faisait du bonheur 
J'ai fui la planète 
Pour la suivre ailleurs 
Alors je me suis dit 
T'es au bout du chemin 
Tu peux t'arrêter là 
Te reposer enfin 
Et lorsque l'amour 
S'est noyé dans ses yeux 
J'ai cru que je venais 
D'inventer le ciel bleu 

Pour une amourette 
Qui m'avait souri 
Je me suis fait honnête 
J'ai changé ma vie 
Pour une amourette 
Qui savait m'aimer 
Pour une amourette 
Qui croyait m'aimer 
Pour une amourette 
L'amour éternel 
Dure le temps d'une fête 


Bon dimanche, bel été, et à dimanche prochain pour la suite des aventures...

La Fleur du Dimanche

dimanche 13 octobre 2013

L'hiver est là, partons sous les tropiques...

La Fleur du Dimanche va recevoir sans souci la palme des prévisions météorologiques...

Je vous annonçais un hiver froid dimanche dernier, et il a neigé sur les montagnes en France et nous avons pu goûter de la plus que fraîcheur matinale.

Mais attention, la polémique sur un hiver rigoureux est ouverte.... Des météorologues de renom mettent le hola aux prévisions farfelues: rentrez du bois, il se peut que l'hiver sera froid, mais on ne sait pas forcément s'il sera si bérien qu'annoncé.

En attendant, pour vous réchauffer, voici quelques fleurs d'été cueillies (photographiquement par Béatrice S.) avec des visiteurs, non pas du soir - et vous aviez raison de me reprendre sur le Lynx de  dimanche dernier, la photographie semble bien être prise en plein jour - mais d'une chaleureuse journée d'été (beaux souvenirs):


Visiteur sur ??- Photo: Béarice S.


En premier c'est sur une abeille qui mets ses mains - et son nez - dans un fleur. A vous de trouver son nom - comme l'auteure de la photo l'a demandé. 
Et ci-dessous, une ?? sur une astilbe, espèce de saxifrage qui nous rappelle le journal été 95 - printemps 97 d'Albert Strickler "Le coeur saxifrage" - pour les curieux qui ne le sauraient plus, saxifrage vient du latin saxum - rocher - et frangere - briser et signifie donc aussi casse-pierre ou perce-pierre.



Visiteur sur Astilbe - Photo: Béarice S.



Et pour continuer sur les trop piques, un "parfum exotique" en poésie, Charles Baudelaire en TVA:

Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.


Charles Baudelaire


Bon Dimanche

La Fleur  du Dimanche

dimanche 28 juillet 2013

La profondeur, Duchamp !

Je vous l'ai annoncé dimanche dernier, la Fleur du Dimanche prends du champ.

Et voilà le résultat:

Flou Duchamp - photo: lfdd


Vous allez rire, c'est plutôt la profondeur de champ* qui manque... Eh oui, c'est un peu f(l)ou !

Alors, pour rire référons-nous directement à Marcel, le vrai, Duchamp ! Et pour la saison d'été quelques réflexions pour ne pas bronzer idiot (rendez-vous dimanche prochain à la même adresse).


TVA de l'été de Marcel (Duchamp):


"Ce sont les regardeurs qui font le tableau."

"On peut voir celui qui regarde, on ne peut pas entendre celui qui écoute."

"Le silence, c'est la meilleure production qu'on puisse faire, parce qu'il se propage : on ne le signe pas et tout le monde en profite."

"Le grand ennemi de l'art, c'est le bon goût."

"Plus la critique est hostile, plus l'artiste devrait être encouragé. "

et si vous ne le saviez pas, c'est lui aussi qui a dit:

"Il faut dire : La crasse du tympan et non Le sacre du printemps."


Bel été.

La Fleur du Dimanche.

* Si vous ne saviez pas, la profondeur de champ répond à la formule: PdC = Ddpn-Dppn , mais uniquement si la distance de mise au point est inférieure à la distance hyperfocale.