dimanche 26 juillet 2020

Le temps passe trop vite... Il est un passé fuyant, et un futur évanescent

Le temps passe trop vite... Vous en souvenez-vous? De vos vingt ans? Des slows langoureux - ou de leur version iconoclaste? Non? Vous n'avez pas connu cela? Vous êtes d'après... ?
Et votre premier "Oui"... ? Et votre première lettre d'amour? 
Ah, vous êtes plutôt réseau?
Et vos premières fleurs? Myosotis? Rose? Tulipe? Strelitzia? Pensée?
Et la chasse aux papillons?
Ah, c'est encore aujourd'hui?

Ben voilà, chassez donc la Sylvaine sur la Marjolaine:

Sylvaine sur Marjolaine - Photo: lfdd


Oui, le temps passe trop vite, et je n'ai pas eu le temps, avant les vacances, de vous parler de tout ce que je voulais partager avec vous. Alors tant pis, cela vous prendra un peu de temps - mais c'est les vacances, vous pourrez revenir, je vais vous le découper en chapitre, tout cela vaut le coup d'oeil... et la lecture...

Prêts pour un petit voyage?

Etape 1: Susette: Le Lyrisme de Hölderlin après le Sturm und Drang de Goethe et Schiller

Hölderlin (1770-1843) qui a terminé sa vie dans la folie, rencontra Susette Gontard, l'épouse du banquier Jakob Gontard chez qui il était précepteur. Il en tomba amoureux,  raison de son renvoi par le banquier, la prit comme modèle pour le personnage de Diotima dans ses poèmes et son roman Hypérion, et échangea une correspondance dont les lettres de Susette (les siennes ont disparu - bizarre) sont parues sous le tite: Susette Gontard, la Diotima de Hölderlin chez Verdier:
En voici un extrait:



Etape 2: Le Roman tchèque de Klima

Klima, Ladislav de son prénom est né en Bohême en 1878 et mène sa vie selon une règle personnelle, la "Suréthique", qui dit "Fais systématiquement ce qui est interdit"... Solopsiste, il pense que le monde est une "pure fiction de la pensée" et, vers 1910 il commence son premier roman Roman Tchèque en se donnant comme ligne directrice "La forme qu'on a jusqu'à présent donnée au roman est trop étroite. La création d'une forme nouvelle, libre, qui se permette tout et au-dessus de laquelle se fasse partout entendre le rire moqueur du scepticisme souverain et divin n'est qu'une question de temps." Le livre sera inachevé, n'en subsistaient que 163 pages, mais aujourd'hui en parait un livre de 464 pages à partir des notes et autres textes retrouvés, dont des notes en allemand, réalisé, traduit et annoté par Erika Abram. Je vous en livre ici un extrait:



Etape 3: Le Roman Quatre Amours de Comencini

Comencini, Christina de son prénom, née à Rome en 1956, cinéaste, est aussi romancière. Son dernier livre Quatre amours (Da soli) sort chez Stock alors que Etre en vie parait en Livre de poche.  A propos de ce livre, elle dit que "L'intime ne m'intéresse que s'il a des résonnances avec ce qui se passe dans le monde. Aujourd'hui tout le monde se sépare, c'est un drame collectif, si on veut. D'ailleurs les quatre personnages ne savent pas exactement pourquoi ils en sont arrivés là. Ils vivent dans une société où l'on se sépare, c'est tout." 

Sylvaine sur Marjolaine - Photo: lfdd

... "La question qui est au fond du livre me semble être la question du siècle: peut-on rester ensemble toute la vie sans se perdre soi-même? Par rapport à la génération de mes parents, tout a changé, c'est une vraie révolution. Et c'est encore en train de changer complètement pour la jeune génération, me semble-t-il, qui a encore plus de mal à construire une vie commune, et pour qui la vie de couple est vraiment très fragile."
Je vous offre un extrait de son livre:



Etape 4: Le Roman policier de Cornwell

Le nom de Patricia Cornwell ne doit pas vous être inconnu. Vous ne l'avez peut-être lue, donc n'avez pas acheté l'un des 130 millions de livres qu'elle a déjà vendu. Bon, moi je ne l'ai pas lue non plus, mais elle dit à propos de sa ligne directrice quand elle écrit: "D'abord, ne pas nuire. Je ressens une énorme responsabilité comme romancière. On peut heurter profondément les gens avec des mots que ce soit dans un journal, dans un roman, dans un tweet, ou à la télévision en pleine nuit (sic). Je refuse de causer des problèmes et de glorifier ce qui doit être condamné."
Je vous propose un extrait de son dernier livre Quantum



Un hasard malheureux met en relation Patricia Cornwell avec l'activité culturelle et des arts. La directrice de Paris-Musées qui vient de décéder brutalement à l'âge de 51 ans, Delphine Levy, avait organisé une exposition consacrée au peintre Walter Sickert et devait faire le co-commissariat de celle prévue au Petit Palais à Paris en 2023 avec la Tate Modern. Il se trouve que Patricia Cornwell a fait scandale en 2002 avec un livre sur Jack l'éventreur - Jack l'éventreur, affaire classée, dans lequel elle désigne ce peintre, Walter Sickert comme l'assassin de Whitechapel. Opinion dont elle n'a pas changé depuis. Pour aboutir à ce résultat, elle a acquis trente-quatre toiles du peintre pour en analyser l'ADN.... La science est d'ailleurs un de ses outils pour la création.

Papillon sur Marjolaine - Photo: lfdd


Etape 4: Le voyage dans le temps et le corps - miroir - de Faye
 
Si l'on sait quand l'univers a commencé à exister, on ne sait pas ce qu'il y avait avant. Jean-Pierre Faye, dans son dernier livre Le Corps miroir, essaye de voir ce qu'il y a comme relation entre le temps, les corps, la pensée, les langues dans une vaste exploration. Roger-Pol Droit dans l'article qu'il lui - leur - consacre dans le Monde des livres du 3 juillet (les autres livres dont j'ai déjà parlé plus haut y sont également traités) y dit:
"Nous sommes habitués à ne pas mêler les registres. Parce que nous aimons bien pouvoir dire si nous lisons un poème, un essai, un roman ou un livre d'histoire. Or, avec ce volume, on se trouve bien embarrassé pour trancher... Il se meut ailleurs, dans un jeu incessant de métamorphoses qui traversent époques, langues et disciplines.
La première surprise passée, l'expérience se révèle fort intéressante. Car elle aborde, mine de rien des questions vertigineuses. Par exemple, si le corps et la conscience font, en un sens exister l'Univers, avaient-ils déjà une place dans le processus avant leur apparition? Par quel hasard, ou quelle volonté, et pourquoi?
Je ne vous offre pas d'extrait de ce livre, mais la conclusion de Roger-Pol Droit:
"Jean-Pierre Faye fêtera - dans quelques jours, le 19 juillet - ses 95 ans, qui s'ajoutent aux milliards de ceux de l'Univers. Ou qui s'en retranchent? Ou qui s'y entrecroisent?  C'est la question de ce livre qui fait figure, en un sens, de texte de vraie jeunesse...   Et quand il s'agit d'un récit qui a pour horizon de devenir une narration sans narrateur, une sortie du temps et de la subjectivité, c'est unique.

Papillon sur Marjolaine - Photo: lfdd


Etape 5: La musique et les rencontres dans le temps et les corps 

La musique aussi fait faire des rencontres, par exemple, le slow était, en son temps un formidable instrument de rencontre et de fantasmes. Un de ses héros méconnus, mais qui a marqué des générations dont les souvenirs s'estompent, c'est un chanteur luxembourgeois, Camillo Felgen, dont deux tubes ont traversé les chaudes nuits des années 60 (moins chaudes qu'aujourd'hui cependant). Le premier, qui, même s'il était en Allemand, a bercé une génération, c'est Sag Warum, (Dis pourquoi) qui fut même la chanson représentant le Luxembourg au concours Eurovision de la chanson en 1960. La mélodie composée par Phil Spector himself ne l'a pas empêché de finir lanterne rouge, mais ce classement ne fut jamais un handicap pour briller dans les nuits - non pas fauves - mais sous la boule à facettes.
La voilà:



Si vous souhaitez goûter la poésie romantique du texte, je vous mets la version sous-titrée:


Et en bonus, certain la connaissent, la version de Au Bonheur des Dames bien iconoclaste:

On ne va pas s'arrêter en si bon chemin avec Camillo qui a le don de faire un deuxième tube planétaire dont les âmes sensibles se souviennent - avec un texte encore plus puissant. Bon, il faut attendre un peu pour qu'il émerge de la magie de la trompette: Il silencio - Le silence:


Je dédie cette chanson, un brin iconoclaste aussi en son genre, même involontairement, à l'amie Ana Receveur que j'ai trop peu connue, mais que j'ai croisée avec un chapeau pointu sur la tête, ce qui est  bon signe, turlututu! Elle est partie dans le silence éternel cette semaine, une pensée pour elle.

Je parlais aussi de rencontre, je vous en ai réservées deux que vous pourrez apprécier, en l'occurrence celle de Henri Salvador et Ray Charles en bilingue sur le Blues du Dentiste:


Et le deuxième couple, dans une émission vintage, la rencontre, non pas d'une machine à coudre et d'un parapluie, mais de Charles Trenet avec Georges Brassens, et ce n'est pas Trenet qui connait le mieux ses chansons!


Autre couple, celui des Vieux amants que chante Jacques Brel qui nous ramène à Comencini. Je vous mets un bout de texte et vous laisse écouter cette merveilleuse interprétation

Bien sûr, nous eûmes des orages
Vingt ans d'amour, c'est l'amour fol
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l'eau
Et moi celui de la conquête
Mais mon amour
Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore, tu sais, je t'aime


Et pour en venir à aujourd'hui tout en se souvenant du passé, la version de Nara Noïan de la chanson du grand Charles - Aznavour: Hier Encore 

Hier encore j'avais vingt ans
Je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l'amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps
J'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air
J'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés
Que je reste perdu ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel, mais le coeur mis en terre
Hier encore j'avais vingt ans
Je gaspillais le temps
En croyant l'arrêter
Et pour le retenir même le devancer
Je n'ai fait que courir
Et me suis essoufflé
Ignorant le passé conjuguant au futur
Je précédais de moi, toutes conversations
Et donnais mon avis que je voulais le bon
...


Bon dimanche

La Fleur du dimanche

dimanche 5 juillet 2020

1001 Fleurs: A quand (acanthe) les murmures (mûres mures) de la moisson et le silence de l'été

Il y a neuf mois, le dimanche 6 octobre 2019, la Fleur du Dimanche publiait son 1000ème billet.
C'était l'occasion de refaire un bilan des plus de huit ans de publications sur internet de ce blog dominical qui a essaimé sur la semaine et s'est tari (ponctuellement) le dimanche (voir le billet du 18 février 2018: The End: c'est la fin de la Fleur du Dimanche).
C'était aussi l'occasion d'un pari un peu fou:
Publier 1001 fleurs et rassembler 1001 ami(e)s ici et sur Facebook - comme les blogs sont morts, parait-il.
Ces neuf mois passés, je vous informe du chemin parcouru et de la récolte en cours.
Mais tout d'abord, l'acanthe, fleur découverte récemment grâce aux plantations de la Ville de Strasbourg et qui a fait également l'objet d'échanges dans le groupe des 1001 Fleurs - 1001 amis dont je vais vous parler:

Fleur d'acanthe - Photo: lfdd


Le 18 juin 2017 dans le billet "L’acanthe, l'attente de l’hirondelle qui griffe le ciel et ce qui nous lie..." je vous présentais un peu plus en détail cette plante, connues pour les feuilles, motif décoratif et entre autres, également la chanson du film "Ce qui nous lie" de Cédric Klapish, chantée par Camélia Jordana.


Les 1001 Fleurs

Comme pour moi, le billet du blog de la Fleur du Dimanche ne se concevait pas sans TVA (Texte à Valeur Ajoutée) dès le départ, les 1001 Fleurs n'étaient rien sans les amis, et donc publier 1001 fleurs devait aussi aboutir à rassembler 1001 amis.
A ce moment-là, sur Facebook, sous l'identité de @Lafleur Dudimanche, je devais avoir 660 ami(e)s rassemblés depuis le 18 mai 2011, date du début de Lafleur sur ce réseau social. Chiffre correct pour une identité qui n'est pas une personne, qui se cache derrière un pseudonyme pas très sérieux et qui ne joue pas sur les amis, la famille, les proches et les partages classique des réseaux sociaux (ma bouffe, mes vacances, mes amis! - si ce n'est "ma geule" en selfish!).
Publier ces 1001 fleurs se décomposait donc en deux objectifs complémentaires:
Faire une re-publications des fleurs qui avaient été publiées tout au long de ces 8 ans et 1000 billets depuis 2011 (il devait y en avoir assez, même si tous les billets n'étaient pas "dominicaux", avec fleurs).
Très vite l'idée de créer un "groupe" qui rassemblerait aussi 1001 Fleurs et 1001 ami(e)s s'est imposé.


1001 amis

Ce groupe, parti lentement de zéro a grandi peu a peu (avec des ami(e)s de Lafleur Dudimanche et des ami(e)s des fleurs) et a vu la publication de milliers de photographies de fleurs postées par un nombre grandissant de membres. La 1001ème Fleur du groupe a été postée (déjà - j'étais parti pour au moins 3 ans) le 23 mars 2020 (Fleur N° 141 - Fleur du confinement du 23 mars 2020: Bergénia) et hasard de ce jour, le photographe Patrick Lambin qui était "membre fondateur" du groupe à re-rejoint le groupe tant que 174ème membre (les mystères de fb). La numérotation interne au groupe des fleurs s'est arrêtée, mais les ami(e)s et les ami(e)s des ami(e)s sont devenus de plus en plus nombreux/euses au point d'arriver ce jour à 661, ouvrant la route pour 666 et 1001.
En ce qui concerne les fleurs "republiées"  -qui ont une nouvelle jeunesse, les billets du blog du début ayant été beaucoup moins vus - nous en sommes à 538 avec la fleur (Oeuf blanc) de Pâques, du 20 avril 2014 publiée ce midi.

les mûres mures - Photo: lfdd


La moisson

Pour ce qui est de la "moisson", la récolte de toutes ces fleurs et ces amitiés, elle, est généreuse. Non seulement nous avons pu nous faire de nouvelles amis et de nouveaux amis mais nous avons aussi vu des liens se tisser, des échanges se faire: échange - et apprentissage - de nom de fleurs, de conseils d'outils de botanisation, de culture, échanges de cultures, de plans et de plants, de recettes et bien d'autres moments qui rendent la vie bien sympathique.
Cela a été un vrai plaisir pour moi de découvrir tout cela, ces amitiés improvisées et ces message à travers le Monde qui avaient commencé avec cet ami photographe du Japon (dont je ne connais que les photos) et qui s'étendent sur une multitude de pays: la France principalement bien sûr (et en particuler l'Alsace) et la Belgique, mais aussi l'Algérie, l'Espagne, le Canada, le Japon, les États-Unis, l'Allemagne, le Mexique, l'Italie, la Suisse, La Réunion, la Thaïlande, l'Inde, la Martinique, Israël, la Malaisie, l'Angola, le Royaume-Uni, l'Argentine, le Maroc, le Luxembourg, la Nouvelle-Calédonie, le Liban et la Turquie pour les membres identifiés par fb. 


Le Confinement

Nous ne pouvons pas passer le confinement sous silence, cette période difficile que chacun(e) de nous a dû subir avec plus ou moins de douleurs. Je pense que ce groupe et ces publications ont été une fenêtre ouverte sur le monde, proche et lointain et une occasion de s'évader mais aussi de se rendre compte de la beauté de la nature et de sa fragilité. Sûrement jamais autant que cette année, nous n'avons été sensible à ce qui nous entoure et que nous ignorions trop. La nature s'est rappelée à nous et nous avons pu la voir vivre, évoluer, se développer et passer aussi.


Foulqe et nénuphar - clin d'oeil au confinement - Photo: lfdd



Et maintenant...

Et maintenant, c'est l'été, les vacances... Vancance avec un arrière-goût de vide, les fleurs passent, les enthousiasmes retombent, le rythme ralentit. Là où sur les mois de mai-juin, nous avons eu 150 puis 198 nouveaux membres dans le goupe (dont 30 et 38 de mes "ancien(ne)s" ou nouveaux ami(e)s), il n'y a eu, pour les 5 premiers jours de juillet, que 16 nouveaux (dont 7 de mon côté). Et nous attendons encore d'arriver à 666, étape symbole avant 1001.
Mais patience, les fleurs aussi savent attendre leur heure... Même si cette année elles étaient (très) précoces.
Je vous propose donc d'engranger cet été, où que vous alliez, de superbes et magnifiques photographies de fleurs qui illumineront à la fois notre automne et notre hiver, jusqu'au printemps prochain. Mais saupoudrez aussi de temps en temps la toile de ces merveilles - et si vous n'êtes pas sur le réseau social fb, envoyez-moi vos oeuvres à l'adresse lafleurdudimanche(et)gmail(point)com et je les publierai avec plaisir.


Pétunias en trompette - Photo: lfdd



Les Murmures des récits (TVA)

Il y a les récits qui émergent de la situation que nous venons de vivre (récits de confinement ou commentaires ou réflexions sur la situation, sur la Covid ou sur le "Monde d'après") certains ont été déjà publiés (en ligne  - voir mon feuilleton voir le début le 17 mars 2020 Court-19 : Episode 1 - Frène dans le virageou en livre) d'autres vont venir - je vous en offre (bientôt) un qui me parle. Mais comme le dit Florent Georgesco dans le Monde des Livres du 3 juillet au sujet des deux publications de textes de plus de 100 auteurs , l'un au Seuil sous le titre "Par ici la Sortie", l'autre, chez Gallimard sous formes de "Tracts de crise":
"Nous ne voulons pas tous le même monde. Il y a un "nous" de l'expérience partagée. Il n'y en a plus pour la raconter et tenter de la comprendre, lorsqu'on en sort et que la conversation reprend, qui ne mettra  personne d'accord." 

Le 6 juillet, je vous avais dit "A suivre très bientôt", j'ai quand même mis quelques jours - aujourd'hui c'est quatorzejuillet et je me sens "obligé" envers vous de clore le billet.
Je ne parlerai donc pas de tout ce que j'avais prévu, mais je vous mets au moins un passage sur le bout de blog de Paul Vaca.

Pascal VACA - "Désindignez-vous"

Connaissez vous Paul Vacca?  Non?
Il écrit un blog* – loin de moi de me comparer à lui, mais je partage quelques-unes de ses réflexions, au moins assez pour les partager avec vous, en particulier celle sur le "Désindignez-vous!", réponse circonstanciée et de circonstance au petit livre de Stéphane Hessel
Il écrit sur le monde d’aujourd’hui et la manière de traiter l’information - en voici quelques morceaux choisis:

Réapprendre le doute
"Croyant lutter contre le faux, on est en fait vaccinés contre le doute. Ce qui nous manque pour lutter contre les fake news ce n’est pas plus de certitudes, mais une meilleure capacité à douter."

Ou sur des livres, intéressants conseils de lecture, par exemple au sujet d’un livre sur un livre d’Agatha Christie que vous connaissez sûrement:

Dix Petits Nègres ou l’insoutenable puissance de nos aveuglements
Dans “La Vérité sur Dix Petit Nègres”, Pierre Bayard se livre à un travail virtuose de déconstruction du chef-d’oeuvre d’Agatha Christie. Il nous montre comment, nous lecteurs — mais aussi l’auteure elle-même — nous sommes laissés aveugler par la vérité. A lire aussi comme un bréviaire de tous nos aveuglements contemporains : biais cognitifs, vérités alternatives, complots, fake news etc. Jubilatoire et indispensable.

Mais revenos à Désindignez-vous !

Trouver de quoi s’indigner? Rien de plus simple aujourd’hui. Il vous suffit d’aller sur Twitter ou Facebook. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, vous êtes assuré d’y trouver un motif d’indignation. Et un bon. Une indignation faite pour vous, grâce à votre fil paramétré par vos soins grâce aux choix de ceux que vous suivez, par les algorithmes et à la bulle cognitive qui en découle. Une indignation taillée sur mesure. Mais, dans de telles conditions, l’indignation constitue-elle toujours le ferment de cet « esprit de résistance » que Stéphane Hessel appelait de ses vœux ?
Pour la commodité de la démonstration, prenons l’exemple de Donald Trump. Facile. Après 500 jours et plus de 3500 tweets, il aurait proféré — si l’on en croit le décompte fait par CNN sur 466 jours — plus de 3000 mensonges (le New York Times tient aussi une comptabilité minutieuse de ses “alternative facts”. Cela fait au moins 3000 raisons de s’indigner. Et pourtant les opposants de Trump, les Démocrates bien sûr — mais aussi certains Républicains — en sont toujours à se demander si c’est la bonne façon de le contrer ou même de le contenir.
Cela en devient tragique. Car même s’indigner légitimement pour des motifs aussi impérieux que la séparation d’enfants de leurs parents semble non seulement inefficace, mais s’avère contreproductif. Car en déportant la question sur le terrain de l’indignation, de la colère ou de l’émotion, n’est-ce pas ce que recherche le « Twittos en chef » afin justement de miner toute possibilité de débat sérieux ?
Alors le « Fuck Trump ! » de Robert De Niro proféré lors de la cérémonie des Tony Awards ou tous les duels de tweets s’ils peuvent être incontestablement jubilatoires pour ceux qui les utilisent, se révèlent finalement terriblement contre-productifs.

Alors chemin faisant, s’instille en nous l’idée que le doute est le virus à combattre alors qu’il est peut-être le vaccin qui peut nous guérir de nos fausses certitudes.¶

C’est alors un autre petit livre qui serait à même de réanimer notre esprit de résistance vis-à-vis de Twitter et des réseaux sociaux : Bartleby, le scribe d’Hermann Melville. L’esprit qui anime Bartelby, le personnage éponyme du livre, tient en une phrase-manifeste qu’il prononce comme un leitmotiv à chaque demande « I would prefer not to ». « Je préfèrerais ne pas… ».


Je préfèrerai ne pas ... m'indigner à tout bout de champ.

Je préfère jongler! Mais je ne sais pas, alors je vous offre une vidéo de déconfinement d'une artiste Gaëlle Copée qui jongle (avec les mots):

 



C'est une vidéo "confinée", une autre "confinée" également et qui tourne en rond (à voir), c'est la chanson de Tame Impala - Lost in Yesterday:




Bon dimanche

La Fleur du Dimanche

*Le blog de Paul Vacca est ici si vous voulez creuser:

dimanche 28 juin 2020

Vous êtes fatigués? Alors, lisez, écrivez, regarder les fleurs et convalescez quand vient l'été

Tout le monde est fatigué, fatigué de ce qui se passe, fatigué des autres, fatigué d'entendre toujours parler des mêmes sujets, alors,... partons! ... en convalescence!
Finie la douleur, à nous la santé, La grande santé comme dirait Frédéric Badré - voir extrait après la fleur du jour: 

Eglantine du 3 mai 2020 - Photo: lfdd
Eglantine du 3 mai 2020 - Photo:lfdd


La fatigue, la maladie, la mort, la vie, la santé, donc:




Et de Frédéric Badré, passons à Frédérique Berthet en faisant un crochet par Fédéric, Berthet, dont j'ai cité un "extrait" de sa lettre "posthume" à Roland Barthes dans le billet du 17 juin 2018 (il y a deux ans) "Après la mort.... la vie...".

Frédérique Berthet, dans son livre Never(s), hommage secret à Marguerite (Duras) et la "fille de Nevers" d'Hiroshima (mon Amour) se pose d'emblée la question d'Ecrire et d'être un "écrivain":



Bonne question! La réponse est-elle comme Frédérique Berthet continue:
"Vous n'avez pas relié de feuilles en manuscrit
ne vous êtes pas enquis d'un éditeur
alors, avez-vous vraiment écrit?

Vous n'écriviez pas: vous faisiez des écritures.

J'ai laissé volontairement en romain (on dit cela pour le style de caractère) et non en italique son texte pour lui laisser la primeur de la mise en valeur de la dernière phrase.

Coquelicot du 3 mai 2020 - Photo: lfdd


Ecrire, recopier, être écrivain, à l'image de Paul Auster, l'écrivain qui a mis 17 ans pour le devenir, ou plutôt voir son premier roman distribué... parce que ce dernier, après des années d'"écriture", quand un éditeur le lui a publié, ce dernier s'est retrouvé en faillite et le livre non "distribué". Ce n'est que la version "de poche" qui a enfin trouvé le public.... 
Une histoire passionnante dont il raconte avec humour les multiples tentatives et avortements - surtout avortements - et autres péripéties littéraires et extra-littéraire dans le texte Le Diable par la queue (de l'expression "Tirer le diable par la queue" et dont l'expression anglaise et titre original Hand to Mouth se traduit par "vivre au jour le jour".
Les quelques (très) courts textes sous le titre "Pourquoi écrire ?" et dont le dernier, remonte à un épisode de sa jeunesse qui expliquerait sa "vocation" d'écrivain quand il n'avait pas de crayon sur lui et qu'il l'a amèrement regretté et:
"Depuis ce soir-là, j'ai toujours un crayon sur moi.
... 
Et je le dis volontiers à mes enfants, c'est comme ça que je suis devenu écrivain.
1995"

Et moi, je recopie sur mon ordinateur et je pense à des chansons pour vous, des chansons de rien de petits riens, pour des clous...
Et pour vous tous, qui êtes aussi fatigué, sortant de cette période hors de l'ordinaire, qui avez besoin de vous reposer, aussi, je vous dis que demain, ce sera vachement mieux, et vous recopier deux Textes à Valeur Ajoutée:

Fleur d'Ail du 31 mai 2020 - Photo: lfdd


"J'ai été longtemps sans pouvoir écrire; ma convalescence, traversée d'abord par des spasmes, suspendue ensuite par une rechute, a été lente et pénible, et je suis encore incapable d'une application soutenue. Cependant, les forces reviennent; je prends le lait d'ânesse, et peu à peu, en prenant patience, je me retrouverai dans mon état ordinaire. J'ai été réellement bien mal; il est presque inouï qu'on revienne d'aussi loin."
Lamennais, Lettres inédites... à la baronne Cottu,1827

"Après les traverses de son séjour à l'étranger, Monsieur de Mortsauf, satisfait d'entrevoir un clément avenir, eut comme une convalescence d'âme; il respira dans cette vallée les enivrantes odeurs d'une espérance fleurie."
Balzac, Le Lys dans la vallée

Fleur d'Ail du 31 mai 2020 - Photo: lfdd


Et pour finir en chansons, quelques chansons douces et calmes, et d'abord une artiste encore peu connue, Clou, avec deux chansons:

Son dernier clip: Clou - Comme au cinéma:


Un clip plus ancien de 2015: Eternel Epris, Clou 

Une reprise d'une chanson bien ancienne: Les Gauloises Bleues

Une reprise d'une autre chanson ancienne: Stacey Kent - Ces petits riens

La version chantée par Françoise Hardy

Et, par Lola Marsh - She's a Rainbow

Et pour finir dans le calme, un air de Yann Tiersen: Porz Goret


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche


dimanche 21 juin 2020

La vie est revenue avec la Fête.. de la Musique et les Percussions de Strasbourg

Aujourd'hui 21 juin 2020, c'est à la fois le deuxième jour de l'été, la Fête de la Musique et la Fête des pères.
Pour l'été, oui, on est y passé hier, donc le 20 juin à 23h43, c'est là que l'hémisphère nord de la Terre était dirigée vers le soleil. Pour la fête des pères, je pense que Mihn-Tâm Nguyen a dû avoir une pensée émue pour le sien. Mais il a surtout, avec sa formidable équipe des Percussions de Strasbourg - qui est, encore, en train de grandir - réussi à faire revenir le public dans leur lieu pour un concert mémorable: Le premier du post-confinement, excusez du peu!
Un moment plein d'émotions, pour un public "sur scène", "casé" dans 49 carrés dans lesquels les couples, amis ou familles pouvaient s'installer en toute sécurité. Et pour ne pas léser les amateurs de "Musique", ils ont reconduit par trois fois, à 15h00, 16h00 et 17h00 cette "performance" dont l'entrée était libre (sur inscriptions bien sûr). Les concerts étaient "complets" ce qui montre l'intérêt du public pour cette proposition.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg au Théâtre de Hautepierre - Photo: lfdd

La première pièce, très judicieusement "de circonstance" pourrait-on dire fut "I Funerali dell’Anarchico Serantini" de Francesco Fillidei que nous avions vu lors de la soirée - inaugurale de Musica 2019 - Ictus "Liquid Room" aux Halles Citadelle le 20 septembre 2019. Ces célébrations très joyeuses ont décrispé l'atmosphère et nous ont emmenés dans un joyeux et dynamique décalage. Les six musiciens, à mi-hauteur de la salle, ne jouant que de leurs mimiques,  de frappes de mains et d'interjections, tournant la tête, regardant dans toutes les directions et se regardant, tout en étant masqués pour finir dans des toux dans les coudes en s'en allant.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg - Francesco Fillidei - Photo: lfdd

Pour la deuxième pièce Idem d'Arturo Corrales les musiciens encerclaient le carré de spectateurs, les percussionnistes aux quatre coins et Mihn-Tam Nguyen en central en bas des gradins, jouant du marimba et des woodblocks avec sensibilité et rythmant avec délicatesse de son bass drum des ponctuations surprenantes.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg - Idem d'Arturo Corrales - Photo: lfdd

La suite se passe dans les gradins avec un orchestre "augmenté" de forces vives pour les quatre mouvements de la pièce de John Cage Living Room Music. Du chant, du rythme, des percussions, des cuivres, des guitares, non pas de la musique de cuisine de confinement, mais de salon - de déconfinement - avec une folle invention et une énergie à se débarrasser d'une gangue de virus. Un épisode, lui aussi de circonstance et plein d'humour.
Je vous en offre la version "Confinement" que les Percussions se sont (sûrement avec amusement) fait le plaisir d'enregistrer lors de cette période.




La représentation festive s'est clôturée par un grand "bazar" ou plutôt "grand orchestre" de seize musiciens qui ont interprété la mélodie vénézuelienne bien dansante et entraînante de Carlos Bonnet Quintapesares (Cinquante-deux) qui a donné à tout le monde l'énergie de repartir de plus belle.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg - Quintapesares de Carlos Bonnet - Photo: lfdd

En ville, la Fête de la Musique s'est bien installée, ici, et là, discrètement et en comité restreint, à découvrir, dans des coins cachés ou des lieux plus connus, quelquefois sur des balcons ou par des  fenêtres grande ouvertes déversant quelques décibels, animant quelques terrasses où l'on fêtait un peu de déconfinement, ou sur les quais piétonnisés et sur les pontons flottants. Ceux qui attendaient pouvaient voir, version plus communication que Fête de la Musique, un bateau fantôme descendre et remonter le courant un bateau de Batorama avec à son bord des musiciens, dont un orchestre plein d'énergie. Cette étoile filante a même eu les honneurs de la presse nationale.


Fête de la Musique Strasbourg - Batorama - Photo: lfdd

Fête de la Musique Strasbourg - Batorama  quelques secondes plus tard - Photo: lfdd

Bons concerts

La Fleur du Dimanche

L'équipe des Percussions de Strasbourg ce dimanche 21 Jiun:
Flora Duverger - Minh-Tâm Nguyen - François Papirer - Enrico Pedicone - Rémi Schwartz - Thibaut Weber - et leurs invités...

Le générique pour le Living Room Music de John CAGE par Les Percussions de Strasbourg

Hsin-Hsuan Wu
Flora Duverger
Léa Pfohl
Claude Mathia
Olivier Pfeiffer
Laurent Fournaise
Eloi de Verneuil
Enrico Pedicone
Rémi Schwartz
Alexandre Esperet
Théo His-Mahier
Thibaut Weber
Minh-Tâm Nguyen

dimanche 14 juin 2020

Ecrire dans les bras d'hier la douleur du jour



Eux sur la photo, le livre d'Hélène Gestern, je ne sais plus si je l'avais offert il y quelques années. En tout cas le sujet m'intéressait et me touchait, et pas que moi... C'est d'ailleurs pour cela que j'avais pensé à ce livre. Mais le passé est le passé, hier c'est hier et avant le monde d'après, voici qu'Hélène Gestern sort un nouveau livre qui s'appelle "Armen" et cela me parle.



Mais tout d'abord, la fleur du jour:


Fleurs - Tour de profil - Photo: lfdd

S'écrire par l'autre

En ce qui concerne Gestern et Armen, il faut vous dire que si l'on parle allemand, les histoires sont encore plus intéressantes: Gestern, en allemand, c'est hier, et Armen c'est les  bras. Le nom de l'auteure est un pseudonyme - c'est une universitaire qui écrit des deux mains: d'une part des études sur les "écrits de soi" et d'autre part, et depuis peu ces romans des "autres"... Armen, de son côté est un écrivain Arménien (Armen), réfugié en France en 1923, qui s'appelle Chahnour Kérestédjian et qui a choisi comme pseudonyme Chahan Chahnour quand il écrit des romans en arménien et Armen Lubin quand il écrit ses poèmes en français.

Je vous en offre trois, deux de fruits et un de fleur:


Des pêches

Toutes chaudes de soleil
Les pêches sont épatantes
Mais à l'ombre du sommeil
Tant et plus, ta peau me tente


Des roses de Noël

Tout l'hiver est dans la rose
Que ta robe nous propose
Mais l'éclat de ta beauté
T'apparente à tout l'été


Des fraises

L'enchanteur mit sur le pré
Un feu doux bien empourpré
Il éparpilla les braises
Une averse en fit des fraises


Fleurs - Vue de face - Photo: lfdd

Hélène dit que le travail d'écriture de son livre l'a amené à comprendre "l'étendue" du malheur d'Armen Lubin:
"L'écriture l'enserre, le fragmente, le décortique, le recompose, un peu comme ces cellules qu’on nettoie de leur charge virale avant de les réutiliser pour leur donner vie.


Fleurs - Vue de haut - Photo: lfdd


Et je vous offre en "Extrait" le passage cité dans le Monde du 12 juin dans l'article que Jean-Louis Jeannelle consacre au livre et à Hélène Gestern sous le titre "La douleur en commun".


Humour salutaire

Pour changer de registre, de la douleur à l'humour, prenons le Monde de la semaine précédente avec l'article "L’humour est un réflexe de survie" où la journaliste de France Inter Charline Vanhoenacker, interrogée par Sandrine Blanchard estime que le confinement a suscité un puissant désir de rire et estime que l'humour est "Non seulement utile mais même salutaire. 
Parler de «dictature de l’humour», cela n’a pas de sens. Beigbeder a sans doute fait plaisir aux «pissefroid»! Le confinement a montré à quel point l’humour est un réflexe de survie. Tout le contraire d’une dictature. Des gens dont ce n’est pas le métier, des anonymes avaient des étincelles, trouvaient une blague, la partageaient. Les réseaux sociaux en étaient gorgés. Comme l’a écrit Romain Gary: «L’humour est une affirmation de la dignité, une déclaration de la supériorité de l’homme face à ce qui lui arrive.» Grâce à lui, l’homme parvient à faire le pas de côté, pour se détacher du malheur et ne pas sombrer dans la peur ou la dépression. On faisait des blagues pendant que les gens mouraient. Mais cela a toujours existé. Charlie Chaplin disait que l’homme n’est jamais aussi drôle que lorsqu’il est confronté à la mort. Alors qu’on nous parlait de maladie, d’hygiène, de décès ou de recette de crumble, il fallait que l’humour revienne! La période était tellement anxiogène. Les humoristes ont redessiné ce qui se passait dans les intérieurs. Ce sont eux qui ont ouvert la fenêtre. Nous n’avons jamais reçu autant de messages nous disant «merci de nous détendre, de nous faire rire. Emmanuel Macron a appelé l’humoriste Jean-Marie Bigard.

On pensait avoir élu un banquier de chez Rothschild et on se retrouve, en fait, avec Jeff Tuche! Appeler Bigard, Zemmour, rouvrir en priorité le Puy du Fou, tout cela est tellement étrange que j’ai du mal à m’en emparer. Comment faire de l’humour un peu enlevé sur quelque chose d’aussi grossier?"


Fleurs - Branche de fleur vue de face - Photo: lfdd

Dans le même numéro du Monde, je vous cite encore l'extrait de Florent Georgesco sur "Le bon citoyen et le dictateur" à propos du livre Le syndrome de la dictature (The Dictatorship Syndrome) d’Alaa El Aswany 
Le bon citoyen, écrit-il, vit dans l’absence d’espoir et la peur », il crée son « propre monde (…) totalement isolé de tout ce qui se passe à l’extérieur ».
L’écrivain fouille les recoins de ce monde exsangue, suspendu entre la fiction sur laquelle le pouvoir fonde son emprise, et la vie personnelle, rendue inexprimable, privée de tout accès au sens. Il décrit « l’esprit fasciste » créé en retour chez le bon citoyen, qui, si le moindre pouvoir lui revient, se transforme en « minidictateur », ou le fanatisme religieux, qu’accroissent les perspectives bouchées et l’anathème jeté, en toute chose, sur l’esprit critique."

Nous ne sommes pas encore dans "le monde d'après"...


Fleurs - Bacafleurs de face - Photo: lfdd

Dictaphone Dictateur

Ce monde d'après, ressemblera-t-il à ces orientations de 

Littératie (numérique) ou plutôt la réalité de demain sera-telle l'oralité?

Un article sur le site The conversation "Comment les assistants vocaux défient-ils la pédagogie nous interroge sur notre rapport à l'écrit, à l'oral et même aux outils de demain...

Les technologies du langage bousculent notre littératie, c’est-à-dire notre «aptitude à lire, à comprendre et à utiliser l’information écrite». En éducation, ce sont donc nos manières de transmettre et d’interagir qui s’en trouvent transformées.
Les compétences sociales, soit écouter, comprendre et répondre, jouent un rôle central dans nos interactions avec les interfaces conversationnelles. Il faut savoir trouver les mots justes afin d’obtenir la réponse attendue et oser s’exprimer à voix haute, autant de compétences aujourd’hui attendues sur le marché du travail.
Aujourd’hui il est possible de se faire comprendre d’un assistant vocal en «aboyant» quelques mots clés, tout comme en formulant une phrase bien structurée, voire polie. Notre langage est influencé par ces nouvelles interfaces, c’est-à-dire que ces technologies transforment à la fois la manière que nous avons de nous exprimer et notre relation à la machine.
Cela dépend également de la relation que nous avons à la technologie, de ce que nous attendons d’elle, et même du statut que nous souhaitons lui donner dans nos vies. Autant d’enjeux et d’opportunités pour le système éducatif...

Des pédagogues et des designers, inventent de nouveaux scénarios d’interaction qui favorisent le développement de nouvelles compétences chez l’enfant:
Par exemple, Zoé Aegerter, fondatrice des Causeuses électroniques a conçu Les Bascules comme un dispositif d’interaction vocale. Les enfants enregistrent leur voix (sous différentes formes: chant, onomatopées, cris, phrases…) qu’ils peuvent ensuite répéter à l’infini grâce à de petites bascules en carton. Ils développent ainsi leur connaissance de soi en devenant familiers avec leur voix. Ils apprennent également à s’écouter mutuellement et donc à respecter un tour de parole, une qualité essentielle dans le processus de collaboration.


Fleurs - Tour de face - Roses trémières - Photo: lfdd

Le dispositif a été testé pour la première fois dans le cadre de la Nuit Blanche 2018 avec un public élargi d’enfants et d’adultes. L'équipe design: Marion Voillot et Zoé Aegerter et la médiation dansée menée par Mélissa Cuco et Eva Hernandez ont été soutenus par l'IRCAM (UMR STMS CNRS-Ircam- Sorbonne Université) - CRI - ENSCI
Vous avez une présentation ci-dessous et le début (2 minutes) montre l'expérience avec les spectateurs:







Je vous offre une dernière fleur de post-confinement, des iris sous la pluie:



Les Yeux et les Oreilles: de visu ou de visio?

Le hasard fait bien les choses.. Je voulais reparler de la question des réseaux sociaux (j'en ai soulevé quelques points plus haut) et je ne peux que resoulever la question de l'engagement "en ligne" et avec les réseaux sociaux, en particulier le "like" de facebook qui n'engage à rien et le débat sur ces publications qui vont dans toutes les directions. On le sait, les réseaux sociaux divisent, et même si, avouons-le, lors du confinement quelques outils de communication/vidéo ont permis de garder un lien avec les proches, globalement cet outil fait "distance". J'ai lu cette semaine mais ne retrouve plus la référence que pour les procès tenus ces derniers temps en visioconférence, les peines prononcées étaient plus élevées qu'en procès physique du fait de la moindre empathie avec les jugés. Et je viens de voir un article dans le Monde (encore) "La conversation, coupée court?" de Gilles Bastin qui parle du livre "Les yeux dans les yeux. le pouvoir de la conversation à l’heure du numérique" (Reclaiming Conversation. The Power of Talk in a Digital Age), de Sherry Turkle, traduit de l’anglais par Elsa Petit, qui parle de tous ces outils sociaux. Sherry cite Thoreau qui nous apprends que nous n'aurions besoin que de "trois chaises: une pour la solitude, deux pour l’amitié, trois pour le monde".
Et je vous mets un "Extrait" du livre:



Autre hasard, le très grand acteur et metteur en scène Peter Brook était l'invité de Patricia Martin sur France Inter ce matin pour parler de son livre "A l'écoute" et son crédo est la "Gratitude"
Vous avez l'émission (pour quelques temps) ici:
https://www.franceinter.fr/emissions/la-personnalite-de-la-semaine/la-personnalite-de-la-semaine-14-juin-2020
Et à propos de metteur en scène, une pensée pour Didier Bezace, le directeur du Théâtre de la Commune à Aubervilliers qui nous a quitté.

Et pour la musique je vous propose d'abord deux titres pleins d'humour...

Le premier en lien avec l'oralité, de Bertrand Laverdure, une expérience de P.O.M.M.E. (Poème Oralité Musique Métal Ecrit) qui nous vient du Canada: Anonymus - Ostinato machine (avec Benoit Jutras) from Productions Rhizome.



Pour le deuxième, un clin d'oeil à un ami journaliste, (en lien avec les "pisse-froid" de Charline Vanhoenacker), un extrait d'un concert cité par Poly (pas poli) du Piano au Musée Wurth à Erstein le 11 novembre 2019 avec Simon Ghraïchi:





Et pour un autre clin d'oeil à Pomme, la vraie, celle qui  a récolté une Victoire de la Musique cette année, deux de ses premiers titres de 2015: J'suis pas dupe 


Et Je t'emmènerais bien:


Et séquence nostalgie et rétro (à l'Olympia), une reprise en 2014 par Carla Bruni de sa chanson de 2002 "Quelqu'un m'a dit":



On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses.
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos chagrins il s'en fait des manteaux
Pourtant quelqu'un m'a dit...

Que tu m'aimais encore,

C'est quelqu'un qui m'a dit que tu m'aimais encore.
Serait ce possible alors ?

On dit que le destin se moque bien de nous

Qu'il ne nous donne rien et qu'il nous promet tout
Parait qu'le bonheur est à portée de main,
Alors on tend la main et on se retrouve fou
Pourtant quelqu'un m'a dit ...

Mais qui est ce qui m'a dit que toujours tu m'aimais?

Je ne me souviens plus c'était tard dans la nuit,
J'entends encore la voix, mais je ne vois plus les traits
"il vous aime, c'est secret, lui dites pas que j'vous l'ai dit"
Tu vois quelqu'un m'a dit...

Que tu m'aimais encore, me l'a t'on vraiment dit...

Que tu m'aimais encore, serais ce possible alors ?

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,

Elles passent en un instant comme fanent les roses
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos tristesses il s'en fait des manteaux,
Pourtant quelqu'un m'a dit que...



Bon Dimanche 



La Fleur du Dimanche