dimanche 2 avril 2017

Cerisier de Cayenne ou du Japon - Poisson d'avril ou poisson-chat

En avril, surtout le premier, on attrape les gens avec un fil et on y trouve un poisson.
Pour ne pas déroger à la tradition - n'est-ce pas Roger ? - je suis allé à la pêche aux fleurs du bout du monde et dans mon filet, j'ai attrapé une brassée de fleurs exotiques (Merci à Cathie A. pour son aide involontaire et amicale - Je lui en suis redevable et espère qu'elle pourra bientôt revenir de Guyane) et quelques "prises" qui ont "mordu" à l'hameçon (je m'excuse auprès d'elles et d'eux, ils (elles) en riront je l'espère.

Mais avançons, car comme dit Rosso Blu: "Seul le poisson mort va dans le sens du courant" et cela m'a permis de trouver trois autres pistes:
Le vrai poisson rouge est barbu et c'est un mâle; il s'appelle Barbu cerise, le voici:



C'est bien sûr lui qui est en bas de la photo.
En Guyane, il y a aussi des cerises, et elles s'appellent "Cerises de Cayenne" en voici:




J'ai égalemement découvert une citation d'
Armand (ou Paul-Armand) Silvestre que je vous livre ici: 
"En avril, sous les branches Au feuillage frileux, En cherchant des pervenches J'ai trouvé tes yeux bleus."

Mais le premier avril, je n'ai pas trouvé que des poissons, et des cerises, mais aussi des photographes qui "mordaient" à l'hameçon des cerisiers du Japon.
Je n'ai pas pu m'empêcher de les "attraper" aussi (les photographes et els fleurs. Que voici: 


Les photographes des cerisiers du Japon en fleurs - Photo: lfdd


Les cerisiers du Japon en fleurs - Photo: lfdd



Les cerisiers du Japon en fleurs - Photo: lfdd

Et pour finir en 
chansons, un hommage via Jacques Higelin au peuple de Guyane et aux autres qui essaient de défendre leurs droits - et pour certain leur droit de retour en France...

Cayenne c'est fini de Jacques Higelin




Cayenne c'est fini

Pas d'veine trop de soucis
Cayenne c'est fini

Pas de lettre de mon amie

Ce n'est peut-être qu'un oubli
Cayenne c'est fini
Y'en a qui s'aiment jusqu'au martyre
Où y a d'la chaîne y a pas d'plaisir
Les matons m'ont maté
J'ai plus d'quoi me r'lever

Cayenne bon bon bon bon

Cayenne bon bon bon bon j'ai compris
Cayenne bon bon bon bon c'est fini
Cayenne?

D'puis l'temps qu'j'attends ma r'mise de peine

Y a d'la gangrène dans mes souv'nirs
Vaut mieux en finir quand ça traîne
J'ai pas envie d'moisir ici

Cayenne c'est fini

Cayenne c'est bien fini

Allez les mecs? au goulot

Hey les mecs? au goulot !
et qu'ça saute !

Cayenne c'est fini

J'emmène loin d'ici
La mauvaise graine de mes soucis
Qui a fleuri à Cayenne

Cayenne captivité pas bon

Cayenne tentative d'évasion
Cayenne la prison quadrillée
Cayenne nické par les képis
Cayenne des matons décatis
Cayenne quasiment déphasé
Cayenne plaidoirie kamikaze
Cayenne l'avocat dégoûté
Cayenne lui manqué quelques cases
Cayenne système pénitencier
Cayenne condamné l'accusé
Cayenne à purger lourde peine.

Et je vous souhaite de réussir votre journée, après avoir écouté la deuxième chanson blues du grand Jacques:  Encore une journée d'foutue 

 


Je ne sais pas ce qu'il m'a pris ce matin
Quand je me suis réveillé
Je me voyais déjà parti sur un voilier
Dans les pays lointains
Au bord d'une plage avec une belle fille
Qui m'bat à la nage et qui me déshabille
Pendant que j'gambille
Autour d'un poisson chat
Est-ce que t'entends ce que je vois ?

Aujourd'hui pas moyen de s'arracher
À cette putain de flemme
Ma tigresse toute auréolée de ses tresses
Me caresse la couenne
Quand elle a peur de vivre ou de mourir
Je m'arrange toujours pour la faire souffrir
Jusqu'à ce qu'elle pleure 
Qu'elle pleure de rire
Dans mes bras.


Allez, profitez-en pour regarder les baleines passer...
Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche


samedi 1 avril 2017

La Fleur du Dimanche a fait un voyage express en Guyane dans l'avion des ministres.

La Fleur du Dimanche a fait un voyage express en Guyane dans l'avion des ministres.

En espérant revenir pour dimanche...

Pour patienter quelques fleurs exotiques sur la grève guyanaise...









Bon samedi

La Fleur du Dimanche

Sommaire du mois de mars 2017

Vous avez peut-être raté un billet de La Fleur du Dimanche en mars, voici le sommaire:

Pour commencer, le sommaire du mois précédent:
Sommaire du mois de février 2017

Et tout de suite, le 1er mars, un article sur le spectacle de danse de Georges Appaix: "Vers un protocole de conversation ?"
Vers un protocole de conversation? de Georges Appaix: la danseur bavard est musicien

Dimanche 5 mars - ce sont les premières violettes !
Premières Violettes, premières emojis, dernier message, Jean-Christophe et Françoise
Les fleurs de printemps et un topo sur les émojis (les petites icônes qui transmettent vos sentiments - depuis leur début jusqu'aux milliers d'aujourd'hui (et des conseils pour tromper les outils d'analyse).
Et pour finir un festival de chansons de Françoise Hardy 
Le temps des souvenirs - 1965 
A quoi ça sert (1968)
Loving you (1968)
Fleur de lune (1970)
Point (1970)
Tu ressembles à tous ceux qui ont eu du chagrin (1971)
Viens (1972)
La question (1972)

Dimanche 12 février :
Au ras des pâquerettes, fleurs minuscules du dimanche
Photo de pâquerettes et de fleurs minuscules...
En TVA, un bouquet de textes de Jean-Michel Maulpoix
En musique une chanson de Souchon : "Au ras des pâquerettes"
Et un hommage à Larry Coryel avec deux morceaux, l'un avec John McLaughlin et Paco De Lucía et l'autre avec Bireli Lagrène, et Al Dimeola 

Trois billets sur des spectacles au TNS et au Maillon:
2666 de Julien Gosselin: le théâtre de l'expérience de la violence
Sombre Rivière de Lazare au TNS: construire des ponts où l'on y chante
Providence d'Olivier Cadiot au TNS: Le ventriloque du cerveau

L'opéra "Salomé" mis en scène par Olivier Py:
Salomé, la mécanique de la chute et l'effondrement d'un monde 

Dimanche 19 février:
Cueco n'a plus la patate, et Para? Chut ! mais Gracias à la vida et vole l'hirondelle rouge
Des photos de crocus qui viennent de fleurir, un texte d'Eric Chevillard sur des écrivains disparus - et un hommage à Henri Cueco, disparu lui aussi, tout comme Angle Para, avec une chanson de lui et de sa mère Violetta: "Gracias à la vida"

Dimanche 26 février:
Le Soleil a rendez-vous avec la Nuit après la Pluie
Des photographies de fleurs sous la pluie, en ce jour de passage à l'heure d'été. Quelques pistes sur le terme de Nuit - nox - not ; et un essai pour chasser la peine: "Comme l'Arc en ciel, après la pluie, comme le soleil après la nuit, serais-je celle qui chassera vos peines?" 
Comme chanson, Georges Guétary et la "Valse des Regrets" et une versions par Françoise Hardy ainsi sue la chanson "Soleil" pour l'appeler, par Françoise Hardy (encore), Alain Souchon (encore) et Sandy Alpert (la version américaine..).

Pour finir le mois avec un peu d'humour, le spectacle de Christophe Feltz: 
Christophe fait le Yanne au café Brant: Tous embarqués dans la Nef des Fous
On y apprend qu' "Il faut commencer à se méfier le jour où l'on a plus de souvenirs que de projets."
Et on y entend quelques chansons de Jean Yanne: 
Si tu t'en irais
Saint Rock
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
Si tu n'en veux pas
Choucroute Saucisse
- et des extraits de films: 
Je te tiens tu me tiens par la barbichette
Moi y'en a vouloir des sous


Les fleurs du mois de février furent les éranthes, les revoilà:


Eranthes de février - Photo: lfdd

Bonne lecture

La Fleur du Dimanche

jeudi 30 mars 2017

Christophe fait le Yanne au café Brant: Tous embarqués dans la Nef des Fous

Christophe Feltz et son Théâtre Lumière qui fête ses vingt-cinq ans cette année, a un côté ombre et un côté lumière:
D'un côté, il met en scène des auteurs contemporains, et c'est son versant lumière. Il partage cet éclairage humaniste des grands textes du théâtre: Harold Pinter, Vaclav Havel, Sam Shepard, Tennessee Williams, August Strindberg, Philippe Madral, Robert Pinget, Nathalie Sarraute, Jean Tardieu, David Mamet, Arthur Schnitzler, Paul Auster, Eugène Ionesco. Il les amène à la scène pour "explorer une certaine sensibilité théâtrale et c’est bien ce type de théâtre « humaniste » ou « de l’intérieur » qui nous touche, nous intéresse et nous fait vibrer". Lumière sur la scène.


Yvette Stahl - Christophe Feltz - L'Etre Urgent - Harold Pinter - 1992

D'un autre côté, une sensibilité qui l'amène vers un univers mélange de chansons, de cabaret, de poésie, d'absurde parfois et d'humour sera plutôt le côté ombre, ombre des projecteurs et des lumières du music-hall ou celle des petites salles, où le comédien, seul ou avec un ou deux acolytes, parfois un piano ou un autre instrument vont être plus proches du public, confrontés à la réaction immédiate, plus brute, plus contrastée, miroir du jeu du comédien en équilibre sur la salle. Ce sera le côté nocturne du café-concert, comme par exemple le Café Brant, lieu prédestiné puisqu'à la fois café, mais aussi esquif de fous (ou de clowns) navigant dans la nuit strasbourgeoise à la rencontre des clowns ou des fous du roi.
Une fois par mois, le mercredi ce sera lecture conviviale et culturelle dans une ambiance cosy.




Et la dernière de la saison 2016/2017, ce mercredi 30 mars, après, entre autres Boris Vian, Raymond Devos et Jacques Prévert, aura été l'occasion de redécouvrir une facette un peu oubliée (malheureusement) de Jean Yanne: Ses textes - et quelques chansons.
Parce que Jean Yanne, plus connu comme comédien et réalisateur surtout, homme de radio - il a commencé comme journaliste mais très vite il fera du cabaret et de la radio avec Jacques Martin, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault et Pierre Dac. Mais cet homme, dont l'image au cinéma de Français moyen, râleur, vachard, égoïste et roublard va lui coller à la peau, va cultiver cet esprit critique, anar et caustique - c'est lui qui est a l'origine du slogan "Il est interdit d'interdire" - et ne va pas se priver de faire de l'humour "vache".



C'est cet humour-là que Christophe Feltz va distiller sur scène, en savant dosage et dans la bonne posologie, au point justement que le public, sollicité et confronté à son beauf en miroir - même si le public présent ne se considère pas comme tel - va prendre plaisir et rire de ces autoportraits et séquences de vies ou aphorismes que nous sert sur un plateau le comédien plein d'entrain alors que derrière lui, comme sur scène, sur le trottoir (ah les trottoirs, promis par tous les candidats aux élections) passe un serveur - un vrai - avec son plateau rempli haut au dessus de la tête, comme dans un film comique, Buster Keaton involontaire. Et l'on rit, naïf et simple à l'écoute de ces "conneries", parce que comme le dit Jean Yanne: "La connerie, c'est comme le judo, il faut utiliser la force de l'adversaire".
Mais ce ne sont pas que des conneries, et l'on se rend compte que Jean Yanne a une sagesse de vieux gourou quand il nous apprend que:
"Il faut commencer à se méfier le jour où l'on a plus de souvenirs que de projets." et qu'"Il faut faire des enfants quand on est vieux, parce qu’on les emmerde pas longtemps". 
D'ailleurs "Il faut commencer à se méfier le jour où l'on a plus de souvenirs que de projets."
C'est là que l'on se dit qu'"En fait l'important ne serait pas de réussir sa vie, mais de rater sa mort."

Mais pour ne pas finir sur une pensée triste, je vous laisse une porte de sortie:
"Il faut qu'une porte soit ouverte ou d'une autre couleur".

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

P.S. Pour vous remettre en mémoire le talent de Jean Yanne, à défaut - ou en attendant d'aller voir le spectacle de Christophe Feltz (Restez au courant des prochaines dates sur son site ou en lui envoyant un mail : info@theatre-lumiere.com) je vous propose un pot-pourri sellectionné de chansons de Jean Yanne.

D'abord une de celle entendue dans le spectacle (vers la fin bien sûr): Si tu t'en irais:





Une autre découverte à cette occasion, version ingnorée de la Marseillaise: Saint Rock





Le Tube que vous avez peut-être entendu quand vous étiez très petits (c'était juste après mai 68) Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil: 





Une chanson coquine et courte: Si tu n'en veux pas



Et une encore plus courte (écoutez bien, elle est déjà terminée:
Choucroute Saucisse (hommage à l'Alsace ?) - Pas de quoi en faire un procès): 





Un petit intermède publicitaire - quelques fausses pubs, autre talent de Jean Yanne - extraits de son film "Je te tiens tu me tiens par la barbichette"





Et pour finir, un extrait du film "Moi y'en a vouloir des sous" avec une prestation du groupe Magma qui est passé fin de l'an dernier à la Laiterie à Strasbourg dans le cadre de sa tournée du 45ème anniversaire:



Bon Yanne

dimanche 26 mars 2017

Le Soleil a rendez-vous avec la Nuit après la Pluie

Un arc en ciel de fleurs sous la pluie, c'est ce que je vous offre aujourd'hui après quelques jours d'absence de soleil... 
On n'est pas maître du ciel, ni des heures me diront certains.

Primevères sous la pluie - Photo: lfdd

En ce jour de passage à l'heure d'été - rappelez-vous, vous vous êtes déjà levé une heure trop tard, il va falloir vous coucher plus tôt même s'il fait jour plus longtemps. Vous êtes perdus ? Le dessin de Philippe Geluck publié le 22 octobre 2012 ne sert plus, étant donné que le passage à l'heure d'été a été avancé d'avril à mars. Mais il faut toujours avancer la montre d'une heure (même en mars) - en ce jour de passage à l'heure d'été disais-je donc, je voulais vous parler de la nuit et de la pluie, et du soleil revenu bien sûr... car tout le monde le sait, "Se coucher tard nuit."

Chatons sous la pluie - Photo: lfdd

Attention, c'est bien "Chatons sous la pluie", à ne pas confondre avec "Chantons sous la pluie" (voir plus bas..).

La nuit, le terme vient, entre autre du mot égyptien "Nout" qui était le nom de la déesse du ciel. Elle était la petite fille du dieu-soleil Atoum. Et elle était à la fois la soeur jumelle et la femme de Geb, le dieu de la terre... Sa mère Shou, pas très sympa ne vit cette union pas d'un très bon oeil et sépara Nout et Gem pendant 360 jours.... Mais Nout joua aux dés avec Thot, le dieu du temps et gagna 5 jours (360 + 5 = 365 !) et prit ces 5 jours pour s'unir avec Gem et avoir 5 enfants - Osiris, Horus l'Ancien, Seth, Isis et Nephtys. Et les larmes de Nout, dieu du ciel, c'est la pluie....

Jonquilles sous la pluie - Photo: lfdd

Nout, en passant par la Grèce, devint Nyx, déesse de la nuit, Nox en latin et puis Nacht, night, nuit, même Nótt, déesse nordique de la nuit:
"Þá tók Allföðr Nótt ok Dag, son hennar, ok gaf þeim tvá hesta ok tvær kerrur ok setti þau upp á himin, at þau skulu ríða á hverjum tveim dœgrum umhverfis jörðina."
Bon, je mets la traduction pour ceux qui ne comprendraient pas:
"Alfadr (Odin - Wotan) prit alors Nótt et Dag, son fils : il leur donna deux chevaux et deux chars, et les plaça en haut dans le ciel en leur enjoignant de chevaucher chaque jour autour de la terre."


Jonquilles sous la pluie - Photo: lfdd

Louis Poterat l'a écrit: "Comme l'Arc en ciel, après la pluie, comme le soleil après la nuit, serais-je celle qui chassera vos peines?"
C'est Georges Guétary qui le chante, sur cette valse en la bémol, opus 39, N° 15 de Johannes Brahms:



En voici les paroles:

La valse des regrets

L'orgue de la nuit

Au clair de lune gémit

La brise fait
De son archet
Chanter la valse des regrets

Mon bel amour
Au bois dormant
Quittez vos rêves troublants
Vous éveillant
Tout doucement
Venez vers moi qui vous attends

Venez vers moi
Il est grand temps
Calmer l'émoi d'un cœur qui bat
Devant l'effroi d'une prière vaine

L'ombre s'alanguit
Des formes glissent sans bruit
Et du passé
Vestiges usés
Nos souvenirs s'en vont danser

Comme l'Arc en ciel après la pluie
Comme le soleil après la nuit
Serais-je celle
Qui chassera vos peines?

L'orgue de la nuit
Au clair de lune gémit
Dans mon coeur lourd
Qui n'attend plus que votre amour."

Et ici une version interprétée par Françoise Hardy et Hélène Grimaud:




Restons avec Françoise Hardy avec le Soleil:

Et c'est toujours lui le soleil 
qui fera mes réveils 
chaque matin 
soleil d'hiver ou d'été 
il voit les amours passer 
et les chagrins.





Françoise en duo avec Alain Souchon:




Et une version de Sunshine, l'original de Soleil par Sandy Alpert:




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 19 mars 2017

Cueco n'a plus la patate, et Parra? Chut ! mais Gracias à la vida et vole l'hirondelle rouge

Les nouvelles tombent (tombe), Henri Cueco et Angel Para chutent, et Jean-Michel Maulpoix  - dont je citais "L'instinct de ciel" dimanche dernier dans mon TVA - vient de terminer  un livre "L’Hirondelle rouge" sur son père qui vient de mourir en novembre. Mais tout d'abord, place à la fleur (aux fleurs) du jour...

Les premiers crocus sont sorti sous le soleil printanier, blancs comme neige:


Crocus blancs de printemps - Photo : lfdd

 Ils se colorent de bleu du ciel (comme l'aime Maulpoix):


Crocus blanc et bleus de printemps - Photo : lfdd

Allons, un peu de hauteur !

Crocus blanc et bleus de printemps - Photo : lfdd

Mais ne montons pas trop haut (au ciel)!

Cela nous amènerait à notre TVA du jour: 
Eric Chevillard qui tient un feuilleton littéraire dans le Monde des livres titre sa chronique: "Une histoire de noir" dans laquelle il révèle: "En cette seule rentrée, trois auteurs consacrent un livre à leur père disparu : Pierric Bailly (L’Homme des bois, POL), Philippe Le Guillou (Novembre, Gallimard) et Jean-Michel Maulpoix, lequel évoque aussi sa mère dans ce poème d’adieu, L’Hirondelle rouge, qui emprunte son titre à un tableau de Joan Miró." il rajoute "Le père de Jean-Michel Maupoix s'est éteint en novembre, comme celui de Philippe le Guillou, et comme le mien, si je peux me permettre cette confidence".
Plus loin, à propos du titre du livre de Maulpoix:
"Et plutôt que le corbeau et les autres oiseaux de malheur, il préfère suivre suivre le vol de l'hirondelle, "joueuse et pressée de revivre après les pluies froides"".
Sa leçon de ce deuil: "Apprendre à disparaître n'est en définitive rien d'autre qu'apprendre à aimer ce monde jusqu'au bout. Je ne veux pas d'une vie dont il manquerait un morceau."


Donc croquons la pomme (de terre) de Cueco jusqu'au bout !

"Les pommes de terre ne répondent jamais, disait Cueco, elles opposent un silence paisible aux question qu'on leur pose..."
Le suite est ici:
https://soundcloud.com/search?q=cueco%20pomme%20de%20terre

Après Cueco, silence...

Silence pour Angel Para, qui fait chut et qui s'est trouvé une nouvelle patrie "Yo tuve una patria"




Yo tuve una patria,
también tuve un cielo,
tuve lluvia y cobre,
trabajo y desierto.

Hoy tengo una guitarra,
tengo un canto nuevo,
tengo un gran hermano
que se llama Pueblo.

Tengo unos amigos,
pocos, pero buenos,
tengo mi aguardiente,
lápiz y cuaderno.

Con ellos dibujo
ardientes infiernos,
caminantes solos
y rosas de invierno.

Tengo algunos libros,
de historias y cuentos,
que de tarde en tarde,
a mis hijos leo.

Tengo una esperanza,
noches de desvelo,
tengo un dolor grande
por lo que no tengo.


J'ai eu une patrie,
J'avais aussi un ciel,
J'ai eu la pluie et le cuivre,
travail et désert.

Aujourd'hui, j'ai une guitare,
J'ai une nouvelle chanson,
J'ai un grand frère

Il a appelé Pueblo.


Nous n'avons plus rien à rajouter que "Gracias à la vida" avec sa mère Violetta: 




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

vendredi 17 mars 2017

Salomé, la mécanique de la chute et l'effondrement d'un monde

Salomé sous le signe de la Lune

L'opéra de Richard Strauss "Salomé" est indubitablement placé sous le signe de la Lune. Dès la deuxième réplique, elle est citée comme une prophétie: "Regardez la lune. La lune a l'air très étrange. On dirait une femme qui sort du tombeau."


Salomé - Olivier Py - Onr - Photo:Nys&For

Et il n'y aura pas que cette femme - Salomé - qui va mourir, deux autres hommes aussi, avant elle. L'un parce qu'il l'aime - Narraboth - l'autre parce qu'il ne l'aime pas (ou dit ne pas l'aimer)- Jochanaan. Et toute la pièce va voir la lune et ses effets éclairer cette inéluctable descente au tombeau prédite par le Page d'Héroidade. Pour en arriver à la disparition de la Lune, et même des étoiles et donc à la mort. Mais, c'est pour révéler que "Le mystère de l'amour est plus grand que le mystère de la mort".
Le mystère n'est pas dans le côté religieux qui nous est présenté: La venue du Messie annoncée par Jochanaan (Jean-Baptiste), mais bien dans cette relation qui va au-delà du désir (eros) dans une séduction plus mystérieuse qui va se jouer entre Salomé et les trois hommes qui vont entrer dans son piège. Et surtout avec Herodiade et Jochanaan. Pour Hérode ce sera, tout le monde le sait, la danse, langage du corps sublimé. Et Olivier Py met en scène cette danse, que l'on attend érotique, plutôt comme un passage vers un autre espace, un autre univers: "une expression du sacré, manifestant un cosmos et une hyper conscience". Le côté sexuel est délégué aux tableaux décrivant la décadence romaine. Notre époque pouvant d'une certaine manière mieux s'y comparer - avec un côté "fin du monde"? - que la période de création de la pièce. Même si le sujet - et le personnage - toujours d'actualité - ont commencé à surgir lors de cette fin du "Monde d'hier", au tournant du siècle. Mais les moeurs n'étaient pas celles d'aujourd'hui.


Salomé - Olivier Py - Onr - Photo:Clara Beck

Le mécanique de la chute et l'effondrement d'un monde.

Pour Jochanaan le mystère est dans une séduction ou plutôt une non-séduction, un refus même de la regarder "Je ne veux pas te regarder. Tu es maudite." qui aura l'effet inverse: un coup de foudre violent et profond. Pour en arriver à cette demande de sacrifice pour pouvoir jouir de l'organe qui l'a séduite: la bouche ("Parle encore Jochanaan, ta voix m'enivre") et pouvoir la baiser. Et nous pouvons déceler dans cette scène un autre côté lunatique, la versatilité de Salomé, qui ne se fixe pas et se contredit dans l'objet de son amour face à la tête de Jochanaan, exprimant le doute, le manque de certitude que partage également Hérode à d'autres moments. 
Et tous ces personnages, qui doutent, se contredisent, vont à leur perte ou craignent le futur (Hérode dit dans une de ses dernières répliques: "Je commence à avoir peur") sont la traduction de cette perte des repères et du doute de cette période de fin d'un monde que traduit bien la mise en scène d'Olivier Py. 
La peur, c'est aussi toute une atmosphère, une lumière lunaire - et Bertrand Killy le rend très bien - mystérieuse, sourde, angoissante - qui "fait froid ici" - et un mystérieux "battement d'ailes" qui augure du malheur qui plane et qui s'abat sur la scène.


Salomé - Olivier Py - Onr - Photo:Clara Beck


Il faut aussi saluer l'inventivité et la qualité des décors créés par Pierre-André Weitz, compagnon d'Olivier Py sur de nombreux spectacles déjà - une mention spéciale au décor de la danse des sept voiles à la fois réaliste et irréel pour le palais d'Hérode.



Salomé - Olivier Py - Onr - Photo:Clara Beck



C'est d'ailleurs le lieu qui marque le plus la perte des certitudes et la question du sens, puisque c'est là que les cinq juifs (qu'Olivier Py a étendu aux autres religions) débattent de la réalité du Messie. Et c'est également le moment musical le plus novateur par son traitement atonal. Rappelons que Richard Strauss a créé cet opéra en 1905 et qu'il arrive après Wagner et annonce la musique du XXème siècle. 


Salomé - Olivier Py - Onr - Photo:Clara Beck


Son traitement musical et vocal la contient en germe. Saluons les rôles principaux pour leur performance: Salomé (Helena Juntunen), Hérode (Wolfgang Ablinger-Sperrhacke), Hérodiade (Susan Maclean), Jochanaan (Robert Bork), Narraboth (Julien Behr) ainsi que l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg et la direction de Contantin Trinks (qui sera remplacé par Manfred Mayrhofer pour la représentation du 31 mars). Une mentiont aux artistes chorégraphiques qui donnent d'eux-mêmes: Charlotte Dambach, Clément Debras, Andreas Grimaldier, Régis Kiefer, Jean-François Charles Martin, Ivanka Moizan, Armando Neves Dos Santos et Laura Ruiz-Tamayo).

Après cela le monde peut s'effondrer. Je vous laisse la surprise de le découvrir.



Bon spectacle.

La Fleur du Dimanche