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dimanche 25 avril 2021

L'abandon, la méfiance, la liberté, les femmes, vues par... et défendues par...

Dimanche dernier, je vous avais prévenu(e)s... J'allais vous parler d'abandon, de l’incrédulité, de liberté, de suffragistes et de dominations croisées... et je vous avais parlé du silence...

Et il se trouve que j'étais devenu silencieux et que je n'ai pas terminé sur le silence jaune, celui du soleil, donc, place à la fleur jaune soleil avant d'embarquer dans les TVA (Textes à Valeur Ajoutée) sous diverses formes.

Pissenlit - jaune soleil - Photo: lfdd

L'Abandon

Pour le premier TVA, c'est un extrait de la critique du livre S’abandonner, de Séverine Danflous, par Bertrand Leclair dans le Monde des Livres du 19 mars 2021  que je vous offre tel quel 

"Séverine Danflous (...) publie un deuxième roman qui est d’abord une belle variation sur l’abandon ou plus exactement le sentiment de l’être, abandonné, ce qui bien souvent signifie que l’on ne parvient plus à s’abandonner dans quelque bras que ce soit. Sous prétexte de tourner un documentaire, le narrateur, sorti laminé d’une rupture douloureuse, écoute des femmes ayant accepté de se raconter. 

(...) Jouant discrètement de l’ambivalence d’un verbe que l’étymologie renvoie à la liberté (« donner à ban » signifiait au XIIe siècle lâcher le lien d’un animal), le narrateur tente dans son propre paysage de ruines de retrouver « l’insouciance, les mots légers, les pleurs perlés » : autant dire de retrouver une capacité à s’abandonner soi-même au risque, peut-être, de l’être de nouveau, abandonné."

Pissenlit - jaune soleil - Photo: lfdd


La méfiance

Le deuxième extrait est toujours de Bertrand Leclair à propos de Nevermore, de Cécile Wajsbrot

"La suspension de l’incrédulité que réclamait Samuel Coleridge, « ce n’est pas seulement dans la lecture qu’on doit la pratiquer. Dans la vie également. Suspendre la méfiance. Croire à ce qu’on vous dit. Que deviennent ceux qu’on ne voit plus »; que deviennent dans nos mots ceux qu’on ne verra jamais plus ?"  

Pissenlit - jaune soleil - Photo: lfdd


L’aspiration à la liberté

Le troisième est de Florent Georgesco dans son article "L’âge des citadelles identitaires" sur Soi-même comme un roi, essai sur les dérives identitaires, d’Elisabeth Roudinesco, 

"En ce sens, ils étaient conscients que le racisme est un phénomène aussi universel que l’aspiration à la liberté. (…) Fanon s’est toujours souvenu de la phrase d’un des ses professeurs, qu’il faisait sienne : “Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous.”»

Je vous en rajoute un "extrait":


Pissenlit - jaune soleil - Photo: lfdd


Femmes, Femmes, Femmes,... 


Pour continuer ce portrait de femmes, je vous offre en "extrait" celui de Wanda, dans Les Héroïques de Paulina Dalmayer:



Puis celui de Raven Leilani avec Affamée (Lust):


Et continuer par des femmes vues par un homme, l'Américain Wright Morris avec Chant des plaines. Pour voix féminines. Extrait du 16 avril 2021.


Pissenlit - jaune soleil passé - Photo: lfdd


Suffragistes


Autre portrait de femme, là c'est un "autoportrait", vu que c'est son journal, c'est celui d'Hubertine Auclair, le Journal d'une Suffragiste:



L'origine de la Journée des Femmes


Peut-être savez-vous à qui nous devons la journée internationale du droit des Femmes, le 8 mars...?

Bien sûr ce n'est pas Hubertine Auclair, ni Louise Michel, ni Rosa Luxembourg. C'est l'Allemande Clara Eissner qui a pris le nom de son compagnon Osip Zetkin sans être mariée à lui (ils ont eus deux enfants) et dont la journaliste Florence Hervé a rassemblé les textes qu'elle a retrouvé, traduits par Marie Hermann et édités sous le titre "Je veux me battre partout où il y a de la vie".

Je pense que cet extrait y est:

"Libérée de sa dépendance économique vis-à-vis de l'homme, la femme [qui travaille] est passée sous la domination économique du capitaliste. D'esclave de son mari, elle est devenue l'esclave de son employeur. Elle n'avait fait que changer de maître. Elle a toutefois gagné au change : sur le plan économique, elle n'est plus un être inférieur subordonné à son mari, elle est son égale."

Pissenlit - jaune soleil - Photo: lfdd


Rire avec les Femmes

Pour finir avec les femmes, pas pour en finir avec elles, mais pour rire avec elles, je vous propose le livre de Sabine Melchior-Bonnet Le rire des femmes. Une histoire de pouvoir

L'éditeur en parle ainsi:

On a longtemps opposé rire et féminité. Faire rire était une prérogative des hommes.

Car le rire possède un pouvoir de subversion, et la société se méfie des rieuses.

Revanche des femmes à qui ont longtemps été refusées l'instruction, la parole et l'écriture, la conquête du rire leur offre un terrain de liberté. Mais le chemin a été long.

C'est à cette conquête du rire, à cette lente et délicate prise de pouvoir que s'attache ce livre.

Pissenlit - jaune soleil - Photo: lfdd

Jaune, le Soleil


Il se trouve que j'étais devenu silencieux dimanche dernier  et que je n'ai pas terminé sur le silence jaune, celui du soleil, cette étoile chantée par Marguerite Duras dans un de ses films les moins connus peut-être: "Jaune, Le soleil" de 1972 . Tout le film se passe dans une seule pièce où sont réunis les représentants des deux forces politiques et leur ennemi "le juif". Et le soleil de Duras n'est pas une étoile, mais son cinéma brille dans les salles obscures et éclaire le débat politique autrement: 

Quand Baudelaire parle des amants, du désir, il est au plus fort du souffle révolutionnaire. Quand les membres du Comité central parlent de la révolution, c’est la pornographie.


Pour finir en chanson, rendons hommage à Milva qui vient de nous quitter.
Sa voix et sa chevelure rousse resteront dans notre mémoire:

Milva - Bella ciao



Milva Jenny dei pirati Opera da tre soldi 1972


MILVA Die Moritat von Mackie Messer



Milva - Alexander Platz (HQ) "SAN REMO a Mosca" Fiori e Canzoni dall Italia 1986



Milva - Non piangere piu Argentina 1978



Milva & Georges Moustaki - Milord 1983




Milva / Moi, je n'ai pas peur / 1981



Milva - La chanson des vieux amants



Milva & Astor Piazzolla - Ça - 1984






Bon Dimanche 

La Fleur Du Dimanche

dimanche 18 avril 2021

Jaune, le silence, le printemps, la création. Jaune, le soleil.

 Je vous avais préparé quelques bribes de texte, un patchwork parlant de l’abandon, de l’incrédulité, de l’aspiration à la liberté, des suffragistes et de dominations croisées et pour finir du silence, et puis finalement je vous en parlerai une autre fois, je ne parlerai que du "silence".

Un peu pour m'excuser d'être trop bavard dans mes derniers billets.

Donc, place à la fleur, la première pouvant donner lieu à un jeu de mot: 

Ficaire: lfdd


Par un glissement du "c" vers le "t", cette fleur de printemps, appelée également fausse renoncule, la ficaire "fit taire". Et curieusement, la deuxième fleur proposée invite le TVA également par un jeu de mots: tussilage va pour "Tu (de taire, pas de terre, ni de toi), si l'âge..."  et de par ses vertus médicinales qui sont utilisées pour guérir de la toux qui peut nous empêcher de parler:

Tussilage - Photo: lfdd


Et donc voici l'aboutissement du TVA, trouvé dans l'article "Les Variations Sollers" de Fabrice Gabriel dans le Monde des Lettres du 16 avril 202. C'est une phrase empruntée à Nietzsche à qui il emprunte "en as roué de la pirouette,
.. un éloge du silence
":

 "Il faudrait demander pardon à ce monde pour lequel nous n’avons pas été assez silencieux."

 

Pour finir en avec le titre, il se trouve qu'en recherchant les références qu'il pourrait avoir je suis tombé sur un cours de Roger Moore, pas le comédien mais un professeur canadien qui tenait un cours intitulé: Jaune: du silence naît la création et qui s'appuyait sur un poème de poème de Juan Ramón Jiménez, « Primavera amarilla (Un Printemps jaune) ».


Juan Ramón Jiménez - Primavera amarilla
 

Abril venía, lleno
todo de flores amarillas:
amarillo el arroyo,
amarillo el vallado, la colina,
el cementerio de los niños,
el huerto aquel donde el amor vivía.

El sol unjía de amarillo el mundo,
con sus luces caídas;
¡ay, por los lirios áureos,
el agua de oro, tibia;
las amarillas mariposas
sobre las rosas amarillas!

Guirnaldas amarillas escalaban
los árboles; el día
era una gracia perfumada de oro,
en un dorado despertar de vida.
Entre los huesos de los muertos,
abría Dios sus manos amarillas.


Poemas Májicos y Dolientes (1909)

Le voici, dans une traduction d'Aline Germain-Rutherford:

    Avril est arrivé dans une multitude de fleurs jaunes…
    Le ruisseau était jaune, le sentier était jaune,
    et la colline, et les tombes des enfants
    et le verger où, jadis, vivait l’amour.
    Le soleil imprégnait le monde du jaune
    de ses rayons. Il y avait des lys dorés
    et des eaux cuivrées, chaudes et miroitantes.
    Des papillons jaunes perchés sur des roses jaunes.
    Des guirlandes jaunes grimpant le long d’arbres jaunes.
    La lumière du jour était un don de parfum ambré
    dans une renaissance chatoyante.
    Parmi les os des morts,
    Dieu ouvrait ses mains jaunes.


Comme le bouton d'or est la promesse du printemps heureux, voici la fleur:

Bouton d'or - Photo: lfdd


Autre recherche fructueuse, le livre Le Silence, dernier roman - inachevé  - de Francesco Biamonti qui cultivait des mimosas et qui est paru aux Éditions Verdier, cet éditeur qui a de belles couvertures jaunes !


Petite citation d'une interview de Fancesco: "Au XIXe siècle, on avait la sensation que le mouvement du temps était positif, qu’il y avait un progrès. Dans Guerre et paix, même au milieu des massacres, des blessures et du sang, on ressent que le temps va vers le mieux. Notre siècle n’a plus cette certitude, l’espace et le temps sont malades et on vit comme dans un tremblement de solitude sur fond de désert alors que, comme disait Jabes, regarder les choses dans le désert, c’est déjà le voir mourir."» 

 

Voila, .... Silence.. silencio !


Je ne vous remet pas le tube mondial de Camillo Felgen "Il silencio" que je vous ai offert le 26 juillet 2020 (en hommage à Anna Receveur) dans le billet "Le temps passe trop vite... Il est un passé fuyant, et un futur évanescent" mais je vais essayer de faire un petit tour de "La Femme"

Avec pour commencer une question: Où va le monde



La Femme - Le Jardin



La Femme - Foutre le Bordel



La Femme - Hypsoline



La Femme - Amour Dans Le Motu / Witchcraft



Et pour danser un peu: 

La Femme - Nouvelle-Orléans





Bon dimanche 


La Fleur du Dimanche


P.S. Je m'excuse auprès de celles et ceux qui s'attendaient à une citation de Marguerite Duras, puisque son film Jaune le soleil de Marguerite Duras sorti en 1971, adapté de son roman Abahn Sabana David publié en 1970 

 




jeudi 14 mai 2015

Jaune, l'or de l'ortie colle à l'orée du bois.


Silence... 

L'ortie jaune dort. 

Ortie jaune- Photo: lfdd


Le silence est d'or..

Ortie jaune- Photo: lfdd


La Fleur du dimanche se tait.

dimanche 9 septembre 2012

C'est la Rentrée, même pour La Fleur du Dimanche

C'est la rentrée... enfin pas pour tous, suivez mon regard: j'en connais qui vont profiter des belles plages vides et des routes tranquilles non bouchonnées pour découvrir des paysages intimes.... les veinards !
Pour la fleur du dimanche, les vacances ont été aoûtiennes, comme vous avez pu le constater, même si chaque dimanche une nouvelle fleur apparaissait vers les 10 heures.
Merci à celles et ceux qui ont envoyé un message sympathique ou une explication ou un nom de fleur - à ce propos, le Zinnia d'août appelle un TVA en prime. Et pour la Fleur de dimanche dernier, il paraît qu'Arsène l'a peint... ;-) 

Les vacances ont été une belle saison de récolte de fleurs du dimanche et je démarre avec celle qui m'a le plus intrigué de par sa forme et son nom que je vous laisse deviner: 

Fleurs rouge feu - Photo: lfdd

Si vous avez trouvé, n'hésitez pas à faire un petit mail, la réponse arrivera plus tard.
En attendant, je vous offre le premier TVA - Zinnia:
C'est la "Dictée Nostalgique" de Georges Duhamel:

"Zinnias, mes beaux zinnias, vous n’avez plus aucun pouvoir.
Ah! que ne suis-je à Zanzibar avec Zénaïde ou Zoé!
J’ai souvent souhaité de vivre en ce paysage de rêve, assis sur le Z majuscule.
Je regarderais mes zouaves chasser le zèbre et le zébu avec la zagaie que l’on voit appuyée au bord de l’image.
Zélateur de Zarathousta, je vivrais là loin des zoïles, loin des zizanies, des zéros, du zona, des zincs et des zozotants zoographes, le poing sur mon zygoma, perdu dans la contemplation du zénith ou du zodiaque, tel un innocent zoophyte.
Ainsi jusqu’au zigzag suprême et jusqu’au zut définitif."

J'ai également un souvenir de poème avec plein de zinnias de toutes les couleurs, mais n'ai pas retrouvé leur trace, alors si vous en avez une, n'hésitez pas à faire suivre...

Le deuxième TVA qui amène à réflexion après les fleurs d'eau jaunes ci-dessous:

Fleurs d'eau jaunes - Photo: lfdd

Picasso a dit un jour (cité par Roger Cohen dans le New York Times):
"Que croyez-vous que soit un artiste ? Un imbécile qui n'a que des yeux s'il est peintre, des oreilles s'il est musicien ou une lyre à tous les étages du coeur s'il est poète, ou même s'il est boxeur, seulement des muscles? Bien au contraire, il est en même temps un être politique, constamment en éveil devant les déchirants, ardents ou doux évènements du monde, se façonnant de toutes pièces à leur image [.....] Non, la peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensive et défensive contre l'ennemi."
L'auteur de l'article qui reprend cette citation (caviardée) continue en disant "Certes les grandes oeuvres sont politiques, mais Guernica (L'article s'intitule "Le choc de Guernica contre la guerre") a échoué sur un point. Picasso a peint ce tableau pour provoquer une prise de conscience contre le fascisme et empêcher sa propagation. Deux ans après sa présentation, Hitler avait précipité l'Europe dans la Seconde Guerre mondiale qui fit des millions de victimes."

Ce serait trop simple si l'art était un médicament miracle....

En recherchant le texte pour vérifier la citation, j'ai retrouvé la phrase manquante (à la place des [.....]), la voici:
"Comment serait-il possible de se désintéresser des autres et, en vertu de quelle nonchalance ivoirine, de se détacher d'une vie qu'ils vous apportent si copieusement!"
Cela amène un bel éclairage...

Il faut toujours manipuler les citations avec précaution... 
D'ailleurs, la preuve en est donnée sur la page suivante du même journal, dans un article de Michael Cooper intitulé "Les "vérificateurs d'info" n'empêchent pas les discours mensongers"
Il cite l'exemple d'une déclaration de Barack Obama reprise tronquée par son adversaire Mitt Romney dans un spot TV:
Cela donne Obama disant: "Si nous continuons à parler de l'économie, - je rajoute "de l'" manquant dans l'article traduit en Français -  nous allons perdre."  
L'origine (l'original) de la citation étant une phase d'Obama disant que "ses opposants ont dit trois ans auparavant" ("his opponent’s campaign three years earlier had said :") : 
"Si nous continuons à parler de l'économie, nous allons perdre." - "If we keep talking about the economy, we're going to lose." 

Citez, citez, il en restera toujours quelque chose, mais quoi?

Bon dimanche

La Fleur du Dimanche.