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dimanche 14 juin 2026

Trois Soeurs au Guensthal: Sous le cerisier, le théâtre de Tchekhov, médecin des âmes

Ici, l'été débute dans la Vallée de la Faveur, cette enclave culturelle et artistique des Vosges du Nord à laquelle on accède par un sentier forestier de quelques kilomètres et qui nous amène dans une belle clairière, loin du monde, pour un voyage dans l'espace et le temps. Cette année, c'est encore Tchekhov, auteur de plus de 600 textes et de plus de quinze pièces de théâtre - dont parmi les dernières La Cerisaie, Oncle Vania, La Mouette (que nous avions vue ici l'année dernière*) qui est au programme. Et c'est Les Trois Soeurs que Le "Théâtre Forestier**" présente avec la Compagnie du Matamore, dans une mise en scène de Serge Lipszyc. Il faut dire que Shakespeare (dont Le Songe d'une nuit d'été, ou York ou (Henri VI et Richard III), convient à cette nature un peu féérique où nous sommes plongés, ainsi que Tchekhov dont nous pouvons imaginer l'atmosphère des résidences de province. Ils y gagnent un supplément d'âme dans ces lieux uniques et remarquables. 


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Valentine von Hörde - Photo: Robert Becker


Tchekhov qui était médecin se nourrissait de ses multiples rencontres pour disséquer les âmes et nous en présenter les errements dans ses nombreuses oeuvres. Avec Les Trois Soeurs, il suit la destinée de trois soeurs et de leur frère et des personnages qui gravitent autour d'eux, dans cette campagne profonde, une petite ville de garnison de Russie.


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Valentine von Hörde - Sylvain Urban - Photo: Robert Becker


Pour se mettre en appétit, en amuse-bouche, d'une certaine manière pour passer de l'autre côté du miroir, nous avons droit à la lecture de Quatre Actes avec Olga, un texte proposé par Valérie Durin et Serge Lipszyc, qui se base sur les échanges épistolaires entre Anton Tchekhov et la comédienne Olga Knipper qui décrit leur rencontre, leur histoire d'amour et leur mariage, en quatre étapes qui correspondent aux quatre dernières pièces de Tchekhov. Pour l'Acte I, ce sera La Mouette (sa nouvelle mise en scène et leur première rencontre en 1898), lue par Valentine Van Hörde, nouvelle venue au Théâtre Forestier mais qui excelle dans son statut de comédienne fatale, et Sylvain Urban (déjà vu l'année dernière) présentant un auteur sympathique et occupé. 


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Sophie Thomann - Geoffrey Goudeau - Photo: Robert Becker


La troupe, disséminée parmi le public ponctue la lecture d'interventions et de repères (sortes d'intertitres: voyage, répétition, première,...) et la lecture est très bien incarnée par les comédiens et comédiennes qui se succèdent:  Sophie Thomann et Geoffrey Goudeau pour Oncle Vania, Pauline Leurent et Charles Leckler pour Les trois Soeurs et Isabelle Ruiz et Patrice Verdeil pour La Cerisaie. Valérie Durin et Serge Lipszyc ont réalisé un remarquable travail dans le choix, la découpe et la structuration des textes. 


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Pauline Leurent - Charles Leckler - Photo: Robert Becker


Grâce à l'énergie des comédiens ce qui aurait pu n'être qu'une alternance d'échange de lettres prend ainsi vie. L'on assiste ainsi presqu'en vrai, d'un côté à cet amour qui se cultive dans la distance et l'éloignement (Tchekhov est très souvent dans ses résidences pour écrire et Olga joue), et d'un autre à ces réflexions sur le succès (ou pas) des pièces (échecs qui apparemment n'ont pas grand effet sur l'auteur), ou encore sur ses relations avec les comédiens (dont Stanislavski), en répétition ou en relation avec leur jeu et leur interprétation des personnages des pièces. 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Isabelle Ruiz - Patrice Verdeil - Photo: Robert Becker


On observe aussi de manière très fine les relations du couple (avec toujours ce semblant de distance pour Anton qui se révèle dans les petits noms donné à sa femme - par exemple "mon crocodile"). On peut noter également quelques réflexions plus philosophiques, ou sur l'écriture:

 "Je veux dire aux gens: regardez-vous, regardez-vous comme vous vivez mal" ou

"L'art d'écrire ce n'est pas de bien écrire, mais de savoir biffer ce qui a été mal écrit"

La lecture nous réserve quelques surprises de mise en scène ou musicales et humoristiques. Et tout cela se termine bien sûr par les dernier mots de Tchekhov à Badenweiler en 1904 "Ich sterbe" après avoir bu une dernière coupe de champagne.


Le public, lui a droit à la gastronomique et subtilement épicée soupe d'Anthon, non pas Tchekhov mais le restaurant du chef Georges Flaig, à quelques kilomètres à vol d'oiseau et un petit dé de chèvre délicieux à s'en lécher les doigts. Et ainsi il est prêt pour le "plat de résistance", à savoir Les Trois Soeurs qui en quatre actes, parcourant les quatre saisons (celles de Russie, pas les pizzas) va nous amener jusqu'à la tombée de la nuit (à défaut de tomber de rideau).


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Le premier acte, se passe l'hiver, avec l'anniversaire de la plus jeune des soeurs, Irina (qu'interprète de manière très convaincante Valentine von Hörde), qui fête ses vingt ans (et l'anniversaire de la mort du père), nous permet de découvrir ces trois soeurs (et le frère) et la petite ruche qui gravite autour. Essentiellement des officiers de la garnison de la petite ville et le médecin militaire Tcheboutykine que Serge Lipszy incarne avec la nonchalance désabusée pour ne pas dire désespérée, puisqu'il s'adonne à l'alcool pour oublier les amours passées (pour la mère des trois soeurs morte il y a déjà longtemps). 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

C'est la plus âgée des soeurs, Olga, qu'interprète avec un détachement sérieux Isabelle Ruiz, qui a repris cette responsabilité de la famille. La cadette, Macha, d'un tempérament plus artistique, est jouée par Pauline Leurent avec grâce et séduction. Macha, mariée à Fiodor Illitch Kouliguine, professeur au lycée de la ville (Bruno Journée, assez velléitaire mais néanmoins farceur) va tomber amoureuse du lieutenant-colonel Verchinine (Yann Siptrott, très sérieux dans son rôle de gradé), bavard et dont la femme est dépressive voire suicidaire. Reste le frère Andreï Sergueïevitch Prozorov (Sylvain Urban) artiste et qui rêve d'une carrière universitaire à Moscou. 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Mais trop couvé, puis mal marié, il va mener la famille à la ruine après avoir traversé la pièce tel un fantôme. N'oublions pas le duo que forme le baron Nikolaï Lvovitch von Touzenbach (Charles Leckler) et le capitaine Vassili Vassilievitch Salioni (Geoffrey Goudeau) et surtout ce dernier dont les actes vont crescendo du malsain au maléfique, au néfaste et au funeste.


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Tchekhov décrit avec une attention précise les sentiments, les rêves reportés et impossibles (comme ce déménagement espéré à Moscou) et le désenchantement et les revers du sort qui frappent ses protagonistes avec une lucidité caustique et la mise en scène nous rend témoin de ces différents naufrages tout en gardant une distance et un regard caustique sinon humoristique sur le fil du récit. 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Nous ne pouvons qu'avoir de l'empathie pour ces êtres ballotés au gré des rebondissements ou de l'acceptation du sort étriqué qui lui est dévolu. Et les interprètes nous font aimer les personnages de cette comédie dramatique où, derrière le rire ou le sourire pointe une certaine amertume et du désabusement.


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Ainsi, s'il est bien dit que "Il n'y aura pas de bonheur pour nous", une tendresse touchante irrigue les personnages, leur sensibilité contrebalance leur maladresse, ou leurs lacunes. Les moments dérisoires restent de petites victoires et la séquence de la toupie un grand moment stanislaskien où l'on goûte du silence du moment présent, à l'image de cette tirade: "Ces arbres, je les vois pour la première fois de ma vie".


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Merci au Théâtre Forestier et à ses membres de nous permettre de tels voyages à la fois dans la nature et dans l'exploration de la nature humaine.... et Merci Docteur Tchekhov pour cette cure d'humanité, brute, nature, telle qu'elle est ! 

 


La Fleur du Dimanche


* Pour rappel les pièces jouées au Guensthal

2026 : Les trois Soeurs :  

2025 : La Mouette : La Mouette de Tchekhov au Guensthal: L'envol du théâtre dans un écrin de faveur

2024: Songe d'une nuit d'été : Un songe, une nuit, l'été au Guensthal

2023: Molière : Molière 401 : De Scapin au Jardin (des potes) au Misanthrope à la Cour (faire la)

2022: Un Platonov : Un Platonov de Tchekhov à Windstein

2021 : York : York de Shakespeare au Théâtre Forestier de la Faveur: Crimes et bombardements 

2020: Sauvage de Tchekhov

** Le Théâtre Forestier est né dans cette vallée du Guensthal après la rencontre de Yann Siptrott avec Serge Lipszyc qui dirigeait le Théâtre du Matamore, dont Yann Siptrott est devenu co-directeur 


Les Trois Soeurs

Au Guenstahl les WE du 30 mai au 5 juillet

Dernière minute: Reprise des représentations le WE du 19 et 20 septembre 2026

Distribution :
Sylvain Urban: Andreï Sergueïevitch Prozorov
Sophie Thomann: Natalia Ivanovna, (Natacha) sa fiancée puis son épouse
Isabelle Ruiz: Olga
Pauline Leurent: Macha
Valentine Von Horde: Irina
Bruno Journée: Fiodor Ilitch Kouliguine, professeur au lycée, mari de Macha & Anfissa, nourrice
Yann Siptrott: Alexandre Ignatievitch Verchinine, lieutenant-colonel commandant de division
Charles Leckler: Nikolaï Lvovitch Touzenbach, baron, lieutenant
Geoffrey Goudeau: Vassili Vassiliévitch Soliony, capitaine d’Etat Major
Serge Lipszyc: Ivan Romanovitch Tchéboutikine, médecin militaire
Patrice Verdeil: Alexei Pétrovitch Fédotik, sous lieutenant &
Féraponte, gardien dans l’administration rurale
 
Mise en scène: Serge Lipszyc
Adaptation: Valérie Durin et Serge Lipszyc
Scénographie / Accessoires: Sandrine Lamblin
Lumières: Jean-Louis Martineau
Costumes: Maya Thebault

dimanche 9 juin 2024

Un songe, une nuit, l'été au Guensthal: jouir de la faveur magique de la vallée

Il est des rendez-vous qu'il ne faut absolument pas rater. Celui du Théâtre Forestier de la Vallée de la Faveur est de ceux-là. Depuis 2019 ils nous ont transportés dans cette vallée perdue dans la forêt des Vosges du "grand" Nord, et même en l'année 2020 ils nous ont servis Sauvage de Tchekhov, dont ils nous ont également gratifié du superbe Platonov. Ils nous ont présenté pour fêter dignement Molière et avec énergie un Scapin suivi d'un Misanthrope l'année dernière. Et pour Shakespeare, après York qui nous montrait ensemble Henri VI et Richard III en 2021, voici le magnifique Songe d'une nuit d'été dans la version Un songe, une nuit, l'été.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Cette pièce de Shakespeare parle aussi de rendez-vous. Mais ici ils sont tous ratés et c'est ce qui fait notre bonheur. Mais "tout est bien qui finit bien" comme aurait dit le grand William. La pièce est pleine de rebondissements et d'action, "de bruit et de fureur" pourrait-on aussi dire. Elle mélange les genres et il faut s'accrocher (aux branches de l'arbre généalogique) pour suivre les personnages. Tout commence sur un ton de comédie romantique non dénuée d'humour (l'amoureux qui se voit refuser la main d'Hermia par son père, Egée, propose à ce dernier d'épouser son futur gendre puisqu'il l'aime). 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


La scène se passe à Athènes et tout en découvrant un premier cercle de personnages - les deux pères, la fille et ses deux prétendants, le promis, Démétrius et le spontané Lysandre, nous assistons à une belle joute verbale, très bien interprétée bien sûr par cette équipe de comédiens remarquables et qui ont l'habitude de travailler ensemble - on le sent au plaisir qu'ils prennent au jeu. Tout cela serait bien simple si Egée ne voulait pas, lui aussi se marier avec Hyppolite, mais ça ce n'est pas le plus grave, c'est qu'il y a aussi Héléna qui était amoureuse de Lysandre. Cela se corse quand le couple d'amoureux, contrecarrant les plans du père s'enfuit pour se marier ailleurs. Et nous voilà parti dans une course poursuite sans fin où les poursuivants et les poursuivis vont allégrement changer - mais ça c'est une autre histoire. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


En fait non, elle va juste apparaître plus tard. Laissons d'abord les artisans de la ville prendre place pour jouer une pièce de théâtre - du théâtre dans le théâtre effectivement. Et là, bien sûr nous allons, bien avant Brecht, avoir droit à un regard distancié sur le métier de comédien et quelques tableaux hauts en couleur et bien critiques des moeurs du spectacle et des spectateurs. En une sorte d'intermède ou d'interlude, nous naviguons entre le cirque et la comédie drolatique où ces comédiens-là vont faire preuve de naïveté ou d'autosatisfaction si ce n'est de mégalomanie pour ce qui est le cas de Nick Bottom, le personnage qui se targue de pouvoir jouer tous les rôles dans cette pièce, Pyrame et Thisbé, qui sera donnée en réjouissance à la fin. Notons que c'est Serge Lipszyc, fondateur de la compagnie du Matamore lui-même qui avec courage se charge de ce rôle. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Comme si cela ne suffisait pas pour embarquer le spectateur dans un tournis envoûtant, notre cher Shakespeare greffe là-dessus, comme l'indique le titre des séquences oniriques où nous sommes plongé dans le monde des fées et des esprits moqueurs et enchanteurs. Une vraie gageure pour les comédiens qui endossent allègrement un deuxième rôle à savoir le roi et la reine des esprits et toutes les fées, et, qui s'est perdu là-dedans - mais cela lui pendait au nez de par sa grande bouche - le tisserand Bottom qui par la magie de Puck (virevoltant et déconcertant Yann Siptrott) se retrouve affublé d'une tête d'âne et, de plus devenant par la sortilège de la fleur "pensée d'amour" enchantée par Cupidon l'objet de l'amour de la Reine des Fées selon la volonté moqueuse de son mari, le roi des fées, Obéron. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Obéron qui, pour s'amuser, et nous par conséquent, ne s'arrête pas à cette farce puisqu'il va également jeter un sort aux deux hommes qui vont successivement tomber eux aussi amoureux de celle qui était en dehors de l'histoire, à savoir Héléna (interprétée avec délicatesse mais aussi énergie par Magalie Ehlinger). Ce qui donnera à la fois de cocasses scènes de révolte de cette dernière, d'exubérant combats de coqs et de burlesques assauts de ces deux "traîtres en amour" par l'abandonnée Hermia qui ne se résout pas à son sort et s'accroche comme un pittbull bien que pas du tout à la hauteur de l'enjeu (elle se décrit elle-même "je suis si petite et si naine"), mais Emma Massaux qui l'interprète ne manque pas de force et de puissance. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


De l'énergie, les comédiens en ont à revendre car en plus des nombreuses courses pour aller se marier ailleurs ou suivre ou fuir l'amoureux aimé ou craint (les choses s'inversant au fil des épisodes), il vont encore nous démontrer leur vivacité - et la taille du domaine du Guensthal parce qu'ils vous apparaître au fin fond du paysage dans toutes les directions et qui en fait une des plus grande, sinon la plus grande scène d'Europe.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Nous n'arrêtons pas de basculer d'un univers onirique et magique, un rêve éveillé qui sied bien à ce décor magique de cette clairière isolée de tout à des entremets à la sauce comico-grotesque façon Commedia del'Arte auto-risée (dans le sens d'auto-moquée) avec tout un pan critique des moeurs de l'époque (statut et droits de la femme, marriages arrangés, indépendance,...) dans un théâtre classico-romantique. Le tout superbement rythmé et sans temps mort. L'entracte permettant à la fois de souffler un peu et d'échanger avec les autres spectateurs autour d'une bonne soupe, de délicieux fromages de la ferme voisine et d'un éventuel deuxième verre de très bon vin, le premier ayant été offert à l'arrivée pour nous récompenser d'avoir trouvé le chemin.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


La troupe met les bouchées doubles, sinon triple si l'on prend en compte pour Bruno Journée son rôle de père d'Héléna, d'artisan et de lion (bien inoffensif) ou Isabelle Ruiz, à la fois charpentier et Prologue qui en fait trop (il raconte la pièce) mais aussi fée dans le Songe. Bruno Journée, à la fois, fée, truffe le rétameur et Thisbée nous offre un beau et comique (de répétition) suicide d'amour. Sophie Thomann en mur est très crédible et pas du tout décrépie (et pas décrépite). Muriel-Inès Amat nous éclaire de sa lunatique blancheur dans la nuit qui vient de tomber.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Une note particulière aux costumes, que ce soient ceux des artisans et de la troupe de théâtre, bien dans le côté un peu clownesque que pour les personnages athéniens antiques et aussi celui du monde des fées, tous en noir qui va chercher dans le monde de la nuit. Le personnage de la reine des fées qu'incarne avec grâce Blanche Giraud-Beauregardt en est toute avantagée, tout comme ses fées. Elle est aussi bien valorisée dans ses multiples costumes comme Reine des Amazones. C'est également le cas de David Martins qui trône royalement à la fois sur la nuit, en Obéron bien allumé et le jour en Thésée autocrate mais magnanime et indulgent. Nous n'oublions bien sûr pas Yann Siptrott, l'électron libre de tout ce cirque, en grand ordonnateur et tireur de ficelles invisibles qui habite la scène et les lieux et transmet toute son énergie.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


A tous, nous disons un grand merci de nous offrir cette échappée hors du temps qui nous offre un regard amusé et critique sur nous et notre civilisation, maintenant et et perspective de l'époque élisabéthaine. Merci pour cette parenthèse nature où c'est la forêt qui fait office de micro et les vaches écossaises qui peuplent le décor. Et le soleil, quand il revient, nous éclaire de sa chaleur. Et la fraternité des spectateurs, favorisée par l'accueil des hôtes de cette terre, les Siptrott et toutes les personnes engagées dans cette aventure humaine qui nous rend humble.  Un rendez-vous indispensable, nécessaire, vital.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche. 


Un songe, une nuit, l'été


Tous les vendredis, samedis et dimanches du 8 juin au 7 juillet 2024 au Théâtre forestier du Guensthal

Création en salle du 14 au 19 janvier 2025 au Point d’Eau d’Ostwald


 Distribution : 

David Martins – Thésée (Duc d’Athènes) et Obéron (Roi des fées)

Muriel-Inès Amat / Blanche Giraud-Beauregardt – Hyppolite (reine des Amazones) et Titania (Reine des fées)

Patrice Verdeil – Egée (Père d’Hermia), Toile d’araignée (Fée au service de Titania) et Snut dit Le douillet (menuisier) / le lion dans l’intermède

Yann Siptrott – Philostrate (Maître des réjouissances) et Robin Goodfellow, dit Puck la caresse (Serviteur d’Obéron)

Charles Leckler –     (Jeune Athénien)

Geoffrey Goudeau – Démétrius (Jeune Athénien)

Emma Massaux – Hermia (fille d’Egée et Jeune Athénienne)

Magalie Ehlinger – Hélèna (Jeune Athénienne)

Isabelle Ruiz – Peter Quince dit Lecoing (charpentier) / prologue dans l’intermède et L’elfe (Fée au service de Titania)

Sophie Thomann – Tom Snout dit La truffe (rétameur) / mur dans l’intermède et Grain de moutarde (Fée au service de Titania)

Bruno Journée – Francis Flute (raccommodeur de soufflet) / Thisbé dans l’intermède et Phalène (Fée au service de Titania)

Serge Lipszyc – Nick Bottom (tisserand) / Pyrame dans l’intermède

Muriel-Inès Amat / Blanche Giraud-Beauregardt  – Fleur des pois (Fée au service de Titania) et Robin Starveling dit L’éflanqué (tailleur) / la lune dans l’intermède

Adaptation et mise en scène: Serge Lipszyc

Lumières: Jean-Louis Martineau

Scénographie: Sandrine Lamblin

Costumes: Maya Thébault

dimanche 18 juin 2023

Molière 401 : De Scapin au Jardin (des potes) au Misanthrope à la Cour (faire la): le plein d'énergie à la (vallée de la) Faveur

 Il est des parenthèses, à la fois nature et aussi culture, qui sont de délicieux pèlerinages. Le rendez-vous estival dans la Vallée de la Faveur - Guensthal - pour la présentation d'été - en plein air (de préférence, si le temps le permet - et il le permet) nous offre cette année* la surprise d'une découverte - ou redécouverte - de Molière. Un Molière loin des manuels scolaires, où l'énergie jaillit à chaque instant et où, "en même temps", nous observons la nature humaine et ses entortillements qui nous font rire et pleurer, et nous nous interrogeons sur comment nous sommes capable de nous (mal) comporter avec autrui. 


Molière 401 - Les Impromptus - Sophie Thomann - Guensthal - Photo: lfdd

Molière 401 - Les Impromptus - Sophie Thomann - Guensthal - Photo: lfdd


Cela commence comme une leçon détournée, avec Sophie Thomann en officiante, de l'apprentissage d'une tirade par le public ravi de se prêter au jeu, joyeux, de pouvoir la chanter et gai de la danser, pour se rendre compte en définitive que deux strophes, c'est dur à apprendre. Et la danse - tango et java - est menée par Yann Siptrott à la guitare et Charles Leckler à l'accordéon. Alors, "comment font-ils les comédiens pour apprendre une pièce entière - et même deux?"


Molière 401 - Scapin - Geoffrey Goudeau - Patrice Verdeil - Photo: lfdd


Parce que cette année il y a deux pièces au programme - et même beaucoup plus avec le florilège des "impromptus" qui fait office d'accueil des spectateurs dans le beau domaine forestier des Siptrott au frais au fin fond des  Vosges du Nord et de ponctuation lors de la pause (restaurante, avec la soupe "Molière" du voisin Anthon), et nous offre un florilège de situations qu'affectionne Molière, à savoir la relation entre les femmes et les hommes, sujet toujours d'actualité.


Molière 401 - Scapin - Patrice Verdeil - Magalie Ehlinger - Geoffrey Goudeau - Yann Siptrott - Photo: lfdd

Molière 401 - Scapin - Patrice Verdeil - Magalie Ehlinger - Geoffrey Goudeau - Yann Siptrott - Photo: lfdd


C'est un orchestre faussement napolitain avec une "cheffe" d'orchestre (Isabelle Ruiz), un accordéon (toujours Leckler), des percussions et des bruitages (inventifs) qui nous accueille côté jardin (potager) pour une scène à l'italienne - avec plateau (dangereusement incliné) pour une des plus radicale et référencée pièce de  Molière - Les Fourberies de Scapin Cette pièce ultra-connue - une des dernières de l'auteur - retourne à l'origine du comique, de la "Commedia dell'Arte" (qui ne se souvient de "la scène du sac"?). Mais elle est également très virtuose et bourrée de rebondissements. La mise en scène de Serge Lipszyc est inventive et les lectures sont multiples. A la fois très comiques - même au deuxième et au troisième degré avec une lecture  "structuraliste" (les mots sont reliés à des concepts et des sons - par exemple le "port" de Naples grogne, le "pis" meugle  le "pis encore" penche, et ainsi de suite) dans un très heureuse série de comique de répétition. 


Molière 401 - Scapin - Daniel Leckler - Bruno Journée - Photo: lfdd

Molière 401 - Scapin - Geoffrey Goudeau - Daniel Leckler - Yann Siptrott - Photo: lfdd


Les personnages vont chercher du côté de la mafia et des films d'Hollywood et les Turcs du côté des "hachichins" kidnappeurs. Le burlesque et la comédie musicale ainsi que le film noir ne sont jamais loin et l'on sent de la part de toute l'équipe une belle énergie et une joie évidente à enchaîner les répliques, empiler les sketches et ménager les surprises et les coups de théâtres.  Yann Siptrott en Scapin se fait un plaisir heureux de manigancer et de tromper, excelle dans les farces et grimaces, Patrice Verdeil en Sylvestre joue à merveille le paresseux et naïf valet (corse?). Le couple des pères trahis et trompés, Serge Lipszyc en Argante et Bruno Journée en Géronte font de beaux "parrains" mafieux hauts en couleur (noir et brun) mais grugés. 


Molière 401 - Scapin - Bruno Journée - Yann Siptrott - Photo: lfdd

Molière 401 - Scapin - Bruno Journée - Yann Siptrott - Photo: lfdd

Molière 401 - Scapin - Emma Massaux - Bruno Journée - Photo: lfdd


Les fils, Geoffrey Goudeau en Octave fils d'Argante, un convaincant faux "dur" devenant un pitoyable "blessé" (il en perd ses dents) et Charles Leckler Léandre fils de Géronte font la belle paire de faux naïfs, frimeurs amoureux mais volontaires. Et pour les filles, dont la destinée et ses revirements est la cause et le moteur de la pièce, d'une part la diaphane et pure, mais qui cache bien son jeu, Magalie Ehlinger et de l'autre, Emma Massaux l'énergique supposée Egyptienne et fille d'Argante (elle est également la soliste "es onomatopées et cris d'animaux" qui lui valent quelques applaudissements mérités). Elles tirent leur épingle du jeu, tout comme Isabelle Ruiz qui, en plus de diriger  l'orchestre, joue aussi la nourrice d'Hyacynthe et le fourbe.


Molière 401 - Scapin - Serge Lipszyc - Isabelle Ruiz - Bruno Journée - Photo: lfdd

Scapin - Serge Lipszyc - Geoffrey Goudeau - Magalie Ehlinger - Bruno Journée - Patricce Verdeil - Photo: lfdd


La pièce est menée à un train d'enfer et les gags et jeux de mots fusent à tout va, tout comme les digressions et gags visuels et l'on suit avec une tension attentive le déroulement de toutes ces péripéties qui nous submergent et nous laissent pantois mais contents de toutes  ces surprises qui nous titillent les méninges. 


Molière 401 - Les Fourberies de Scapin - Photo: lfdd

Molière 401 - Les Fourberies de Scapin - Photo: lfdd



L'entracte et la soupe d'Anthon servie dans l'espace d'entrée de ce magnifique lieu nous permet de reprendre un peu d'énergie - et d'assister à d'autres impromptus judicieusement croisés et nous voilà repartis vers la scène près de l'atelier où les hiératiques et impressionnantes sculptures de France et Hugues Siptrott en décor surveillent à la fois les comédiens et les spectateurs assis autour de la scène installée dans la cour devant l'atelier des artistes. 


Molière 401 - Le Misanthrope - Serge Lipszyc - Yann Siptrott - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - Fred Cacheux - Serge Lipszyc - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - Serge Lipszyc - Muriel Ines Amat - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - Serge Lipszyc - Muriel Ines Amat - Photo: lfdd


Les comédiens, dont les costumes et même les visages sont brossés de traces de peinture - on repense aux visages de l'affiche de Jean-Paul Chambas pour le Misanthrope de Jean-Pierre Vincent au TNS en 1985 - mais ici la peinture n'est que blanche et verte. Le dispositif scénique est judicieux et la vue des spectateurs en face, dont le bonheur d'assister à la représentation se lit dans les yeux et sur leur visage nous confirme que nous ne sommes pas seuls à apprécier la représentation. Le sujet du Misanthrope est bien sûr plus sérieux que Scapin et nous avons donc ici, brossé en cinq actes, le portrait de cet atrabilaire asocial qui s'évertue à se faire rejeter par tous, ceux qu'il aime et les autres, non seulement par sa franchise et sa critique mais aussi par son atavisme masochiste. Et nous pouvons donc apprécier, grâce au jeu clair et limpide, sans exagération - hormis quelques saillies et gags qui permettre de faire baisser la tension contenue dans ces relations complexes et tordues - un tableau brossé des relations de Cour de l'époque - qui peuvent encore se retrouver transposées dans des personnages d'aujourd'hui: l'équilibre instable d'amitié entre Alceste - dont Serge Lipszyc présente un portrait relativement modéré - nonobstant sa propension à littéralement crier "NON" très souvent, et son ami Philinte (Yann Siptrott) lui aussi très modéré et sage dans cette pièce. Le tableau de "famille" des marquis, précieux et ridicules et des femmes plus ou moins savantes brillant dans des jeux de critiques, où celui qui joue à la chaise musicale en dressant un portrait à charge de son ami-adversaire est sûr de perdre son rang par la suite. De même, nous avons les manoeuvres, intrigues et manigances où chacune - de préférence les femmes effectivement - est plus fourbe et hypocrite que l'autre dans ce jeu d'attrape-coeur de cour. 

Molière 401 - Le Misanthrope - Muriel Ines Amat - Serge Lipszyc - Aude Koegler - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - David Martins - Bruno Journée - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - Muriel Ines Amat - Blanche Giraud-Beauregardt - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - Blanche Giraud-Beauregardt - Photo: lfdd


La pièce est ainsi parsemée de pensées édifiantes ou de réflexions qui pourraient être sages et que personne ne suit tout en le faisant croire, ou alors de constats d'une noirceur exquise. Les comédiens servent avec une ferveur crédible ce texte merveilleux de Molière, autant les femmes, la très souveraine Muriel Inès Amat (Célimène) qui règne en maîtresse-femme sur la pièce, Blanche Giraud-Beauregardt (Arsinoe) qui travestit à merveille la vérité et perfide à souhait, Aude Koegler (Eliante) toute en discrétion, qui sera la seule à récolter le fruit de sa patience, et pour les hommes, les deux marquis (David Martins et Bruno Journée), beau duo de pacotille, Fred Cacheux (Oronte) ridicule dans son outrance et sa fatuité et le sachant être discret Du Bois (Patrice Verdeil), valet d'Alceste. La mise en scène de Serge Lipszyc par son côté déclamatif porte ces réflexions à notre attention et notre réflexion, laissant quelques traces de sentiments glisser çà et là, mais pas trop et se permettant quelques petite folies de jeu qui agrémentent ce propos qui avait plombé la réception de la pièce à sa création. Et dans ce jeu de massacre et d'autodestruction, l'amour triomphe quand même mais par ricochet. 


Molière 401 - Le Misanthrope -  Serge Lipszyc - Aude Koegler - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - Muriel Ines Amat -  Serge Lipszyc - Fred Cacheux - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - David Martins - Bruno Journée - Muriel Ines Amat - Serge Lipszyc - Photo: lfdd

Molière 401 - Le Misanthrope - Serge Lipszyc - Muriel Ines Amat - Photo: lfdd


Et, en définitive, nous sommes heureux d'avoir eu le plaisir de retrouver ces deux textes complémentaires d'un auteur qui aurait eu 401 ans s'il avait vécu jusqu'à ce jour et dont Louis XIV disait (entendu dans un des impromptus sur sa naissance): "Molière est immortel". En nous en remercions la fine équipe qui illumine les soirs de juin et de juillet  (jusqu'au 2 - mais les deux dates de juillet sont -déjà -  complètes) dans cette belle vallée de la Faveur.


La Fleur du Dimanche

* voir les billets sur les spectacles précédents:

York en 2021

Platonov en 2022


Molière 401 : Les Impromptus - Les Fourberies de Scapin - Le Misanthrope

Au Guensthal - Vallée de la Faveur les 3,4,10,11, 17,18, 24,25 juin 2023 - 1 et 2 juillet (complet en juillet) 


Les Fourberies de Scapin


Distribution :
Magalie Elhinger – Hyacinthe, reconnue fille de Géronte et amante d’Octave
Bruno Journée – Géronte, père de Léandre et Hyacinthe
Geoffrey Goudeau – Octave, fils d’Argante et amant de Hyacinthe
Charles Leckler – Léandre, fils de Géronte et amant de Zerbinette
Serge Lipszyc – Argante, père d’Octave et de Zerbinette
Emma Massaux – Zerbinette, supposée Égyptienne et reconnue fille d’Argante et
amante de Léandre
Isabelle Ruiz – Nérine, nourrice de Hyacinthe, Carle – fourbe
Yann Siptrott – Scapin, valet de Léandre et fourbe
Patrice Verdeil – Sylvestre, valet d’Octave

Programmation :
du 3 juin au 2 juillet 2023 @ Théâtre forestier du Guensthal
15-20 janvier 2024 @ Le Point d’Eau, Ostwald



Distribution :
Yann Siptrott – Philinte, ami d’Alceste
Serge Lipszyc – Alceste, amant de Célimène
Fred Cacheux  – Oronte, amant de Célimène / Un garde de la Maréchaussée 
Muriel Amat – Célimène, amante d’Alceste
David Martins – Acaste, marquis
Bruno Journée– Clitandre, marquis
Aude Koegler – Eliante, cousine de Célimène
Blanche Giraud-Beauregard – Arsinoe, amie de Célimène
Patrice Verdeil – Du Bois, valet d’Alceste / Basque, valet de Célimène
Programmation :
du 3 juin au 2 juillet 2023 @ Théâtre forestier du Guensthal
13-19 novembre 2023 @ Le Point d’Eau, Ostwald
21-23 novembre 2023 @ La Nef, Wissembourg
28 nov 2023 @ Relais Culturel, Haguenau
12 mars 2024 @ Espace Rohan, Saverne