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vendredi 24 mai 2019

Vous reprendrez bien une tranche de Musique: Lovemusic, Jazzdor et Panamix et bientôt Musica 2019

Strasbourg est une tranche napolitaine pour qui est curieux de musique.
Il y aura toujours certaines personnes qui vont pleurer parce qu'il n'y a pas assez de...   (au choix).
Mais ce vendredi, par exemple, il y avait au moins 10 concerts et j'ai tranché pour trois:

Lovemusic

A 19 heures à la BNU, Lovemusic, le collectif formé autour d'Emilliano Gavito et d'Adam Starkie et qui travaille depuis quelques années maintenant avec comme centre l'auditorium de la BNU (Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg à faire connaître la musique d'aujourd'hui proposait son avant-dernier concert de la saison.




Leur parti-pris est dire que l'on n'a pas besoin d'un bagage historique et d'une lourde formation musicale classique pour écouter - ou jouer - la musique d'aujourd'hui. Et c'était le cas pour ce  concert "Time Flies", à l'issue duquel le public (dont des spectateurs venant pour la première fois écouter la musique d'aujourd'hui) a pu échanger avec les interprètes et les compositeurs. Puisqu'il y avait pour ce concert deux créations: Une nouvelle version de la pièce "Le Malheur adoucit les pierres" de Samuel Andreyev (en référence au tableau éponyme d'Yves Tanguy, et "Trois Visages" de Nicolas Marty. La ligne directrice de cette soirée était de travailler sur l'infime, le silence, la tension, avec des pièces pour duos ou trios de vents (flute, clarinette, hautbois, cor). Le concert a d'ailleurs commencé avant l'heure laissant entrer le public lors de "Hotel Deutsches Haus 2" de Peter Ablinger lors duquel, sur des images du tram devant la BNU et du bruit de circulation, le trio (Emilliano Gavito et d'Adam Starkie auquel s'est joint Niamh Dell) ponctue de quelques phrases répétées en mémoire de cet hôtel de Berlin-Kreutzbeg. La vidéo (avec la participation de David Brunner et Noe-Christophe Nya) dialogue avec quelques pièces, dont "Fliegen Fliegen ?" où sur l'écran les mouches ne volent pas encore, puisqu'elle sont à l'état de larves, des asticots, mais les sons volent haut et créent des résonnances dissonances. Pour "Le Malheur adoucit les pierres", la vidéo nous fait "sentir" la matière de ces pierres. Pour clore ce concert d'une intense qualité d'écoute, un "presque classique", puisque "Triplum" de Franco Donatoni, écrit en 1955 et qui a donné au trio l'occasion  d'un dialogue plus vif et "Muro d'orizonte" de Salvatore Sciarrino dont l'histoire du titre résume bien l'intitulé du concert: "Mur d'horizon" était une note-oxymoron de Franco Donatoni écrite en 1993 au-dessus d'une phrase de Michel Serre: "Sans autre protection que le ciel, sans autre mur que l'horizon". Le temps passe, s'envole, mais nous sommes là à partager la sensation que la musique est vivante dans l'instant, le présent.

Le prochain rendez-vous avec Lovemusic sera en juillet, le 12 à 19 heures, toujours à la BNU avec un programme intitulé "Oustside of you... including me"..... à partager


Jazzdor

A 20h30, après quelques échanges post-concert, direction le Centre Culturel du Fossé-des-Treize où a lieu le dernier concert de la saison de Jazzdor (pour le précédent du 10 mai voir mon billet "Concert Nord-Sud et Est-Ouest pour briser les frontières").
Le concert est placé sous le signe de l'Europe, avec la Belgique.
Ce sont deux formations flamandes qui se partagent le plateau.
Pour commencer, De Beren Gieren dont le pianiste Fulco Ottervanger a expliqué que le nom pouvait se traduire autant par "Les ours vautours" que par "les ours qui rient" ou "Les ours qui ont peur".
La poésie efficace, également dans les titres (leur traduction française sonne comme "la vie de l'eau", "Le poids de l'air", "la valse des promesses" ou "jour provisoire"),  nous emmène dans un voyage harmonieux aux sonorités rêveuses. 


De Beren Gieren - Jazzdor 2019 - Photo: lfdd


Avec le pianiste Fulco qui jour plus vite que son ombre et, en plus se dédouble, avec ses boucles électroniques et ses triturations sonore, le bassiste rieur Lieven van Pee qui pose son tapis sonore bien tempéré, et le batteur, Simon Segers, messie maître du rythme, nous sommes bercés au gré d'un voyage romantique au long cours, entre valse enjouée et rêveries hypnotiques avec un film où défilent des forêts baignées dans des bancs de brumes. La musique hypnotique très bien maîtrisée de ce trio belge uni et complice nous captive et nous emporte au pays du Jazz. Ils sont fous, ces Belges, mais qu'est-ce qu'ils jazzent bien...
Comme vous avez sûrement raté le concert, je vous en offre un extrait (pour ceux qui y étaient cela sera un souvenir):




Pour la deuxième partie de la soirée, le grand ensemble Imaginary Band de et avec Lynn Cassiers est aussi fou, surtout elle, bidouilleuse multitâche, entre borborygmes, chuchotis et mélopées triturées par l'électronique et mélangés avec des bruitages qui ponctuent des chansons romantiques et bien rythmées. Elle nous propose une série de pièces et de chansons très bien écrites, qui permettent à tous les membres de son big band bien dialoguer et d'avoir quelques espaces de liberté pour des solos virtuoses. Ses chansons, se posant le plus souvent vers la douceur et les mélopées, nous propose aussi un morceau de style comédie musicale ou dessin animé américain avec des pointes d'humour. Elle nous fait aussi penser à une Nico du Jazz. Son grand ensemble rassemble autour d'elle en plus de ses compères habituels, Erik Vermeulen au piano, Manolo Cabras à la contrebasse et Marek Patrman à la batterie, Sylvain Bebaisieux au saxophone, Nieles van Heertum à l'euphonium et Ananta Roosens au violon. 


Lynn Cassiers - Jazzdor 2019 - Photo: lfdd


Cette dernière soirée de la saison de Jazzdor fut donc l'occasion de découvrir un jazz proche de nous géographiquement mais qui n'aura pas encore traversé les frontières... C'est chose faite et nous en sommes heureux.


CAFE DE LA BIENNALE 

Après ce concert bien décoiffant, direction le "Café de la Biennale" dans la cour de l'ancienne Poste centrale avenue de la Marseillaise dans lequel se tenait la Biennale internationale d'Art de Strasbourg et à laquelle le café a survécu quelques mois (au moins 3, et jusqu'à quand ?). 
En tout cas, c'est là que Don Nino présente son dernier album, The Keyboard Songs, un recueil de morceaux composés aux claviers, aux textures inédites, aériennes et intimes, complété avant et après par les mixes de Panimix (Till, Mickael Dard et Emmanuel Dsd) qui passent des vrais disques.

MUSICA

La veille, ce même lieu a accueilli à midi la présentation du programme du festival Musica (du 20 septembre au 5 octobre) et le soir la fête pour annoncer le virage de la programmation sous la nouvelle direction de Stéphane Roth, avec une soirée festive et des extraits de trois spectacles:
- "Musique de tables" de Thierry de Mey interprété par trois musiciens des Percussions de Strasbourg, pour la "Journée Thierry de Mey" au Point d'Eau à Ostwald le 22 septembre 
- Le guitariste Julien Desprez qui donnera un concert dans les jardins du Palais Universitaire le 1er octobre
- François Chaignaux, chorégraphe, chanteur et danseur qui, pour la pièce "Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum" interprètera la Symphonie des harmonies célestes de la bénédictine mystique Hildegarde von Bingen, le jeudi 3 octobre dans la salle de la Bourse.   


Musica 2019 - Percussions de Strasbourg - Musique de table - Thierry de Mey - Photo: lfdd 

Pour vous donner un avant-goût de Julien Desprez, voici l'extrait d'un précédent concert.




La Fleur du Dimanche

vendredi 27 mai 2016

Les Percussions de Strasbourg, Live@Home #7: La percussion interprétée sur scène par un jongleur

La musique s'écoute et se regarde, la percussion, souvent se regarde, cependant, pour ce concert, ce qui se regardait, se rendait visible, c'était essentiellement le silence, le silence musical, ou le geste du jongleur, le jonglage sonore.

Parce pour leur septième soirée à domicile, dans leur maison de Hautepierre, les Percussions de Strasbourg ont proposé à leur public un dialogue entre la musique et l'art du jonglage.

Percussions de Strasbourg  - live@home #7 Photo: lfdd

Thomas Guérineau, jongleur mais également musicien percussionniste, après une courte résidence avec l'ensemble strasbourgeois nous a proposé un dialogue  entre des pièces de répertoire (Georges Aperghis, François Sarhan, Carlos Roque Alsina) et ses compositions "jonglées". Le corps du jongleur se regarde, tout comme celui du percussionniste, très souvent dans le geste qui se transforme en son... Car, à part quelques accessoires "de bouche" (sifflets ou autres appeaux), c'est la main, le bras du musicien qui va produire le son. Ici, cependant, la scénographie avait plutôt tendance à mettre en lumière le geste du jongleur qui concentrait sur lui la tension et forçait l'attention. 
Sauf pour les deux pièces de geste de Thierry de Mey (Silence must be et Pièce de Geste), magnifiquement interprétée dans un silence où la musique - et le rythme - naissaient dans notre tête, ou dans le ciel !
Avec Home Work (in the garage), de François Sarham, nous avons aussi pu voir que le corps pouvait aussi être un instrument de percussion et que le percussionniste pouvait aussi être comédien...

Percussions de Strasbourg  - live@home #7 Photo: lfdd


Thomas Guérineau a eu la délicatesse de faire écho à ce presque silence avec son jonglage horizontal sur timbale avec de petites billes qui permirent de concrétiser un monde imaginaire.

Percussions de Strasbourg - live@home #7 Photo: Sandrine Rouxel


Il a également prouvé au cours de cette soirée, que même non écrite et résultat de gestes à priori non destinés à être musicaux, une partition pouvait s'écrire et faire musique contemporaine. Et plaire au public, même - et peut-être surtout aux enfants* présents dans la salle.

La Fleur du Dimanche 

* Le mercredi 25 mai eut lieu le concert de Percustra, concert avec présentation des oeuvres travaillées lors d'ateliers avec les élèves en 2016.

Les Percussions de Strasbourg, Live@home #7
27/06/2016 
Au Programme:

Silence / Thomas Guérineau (solo) – 2013
Kryptogramma / Georges Aperghis – 1972
Molettes / Thomas Guérineau (solo) – 2013
Home work solo / François Sarhan – 2011
Silence Must Be / Thierry de Mey – 2002
Eloignements / Carlos Roque Alsina – 1987
Pièce de geste / Thierry de Mey - 2008

Mailloche / Thomas Guérineau (solo) – 2013