Blog culturel sur les Arts: littérature, danse, théâtre, musique, classique ou contemporaine, jazz, concerts, Arts plastiques, expositions, et des photos de fleurs.
Après une escapade dans le sud de l’Alsace (voir le billet "Quelques expositions d’été en Alsace"), petit crochet
vers le nord avec une nouvelle version de PlakatWandKunst, les grands panneaux
publicitaires au service de l’art contemporain, exposés sur la route qui mène
au bac vers l’Allemagne à Drusenheim. L’exposition, initiée par Germain Roesz
et l’association « Faisant » dont des panneaux sont visibles à Zone
d’Art à Strasbourg accueille une dizaine d’artistes français et allemands dont,
entre autres, Gaby Streile, … Sylvie Villaume, Didier Guth, Werner Schmitt,
Jost Schneider, Mike Überall et bien sûr Germain Roesz sur la thématique de la
couleur: jaune, rouge, bleu,...
PlakatWandKunst à Drusenheim - Jaune - Photo: lfdd
PlakatWandKunst à Drusenheim - Rouge - Photo: lfdd
PlakatWandKunst à Drusenheim - Bleu - Photo: lfdd
Arrivé au bout de l’allée, vous ne passez pas le pont, mais
c’est l’aventure de la traversée en Bac (sinon vous pouvez prendre le pont plus
loin) et vous faites un saut en Allemagne, à Baden-Baden où vous avez au Musée Burda une exposition sur les «Impressionistes russes». Ces
derniers, Abram Archipow, Robert Falk, NiKolai Feshin, Natalja Gontcharowa, Georgi
Jakulow, Alexej von Jawlensky, Konstantin Korowin, Alexander Kuprin, Michhail
Larionow, Kasimir Malewitch, Nikolai Metscherin, Ilja Repin, Valentin Serow,
Sergei Winigradow, étaient très liés – et influencés par les Impressionnistes
français, avant de passer, pour quelques-uns à l’abstraction…
Petit tour estival des expositions en Alsace. Cap au Sud avec en première étape Erstein, la Fondation Würth où jusqu'au 20 octobre 2021 sont présentés des travaux du couple Christo et Jeanne-Claude qui vont faire l'actualité à Paris où leur projet d'emballage de l'Arc de Triomphe va voir sa réalisation posthume. Christo, pour cause de Covid (et accessoirement de période de nidification des faucons) n'aura pas pu assister à sa réalisation.
Alors, pour s'entraîner et se mettre en bouche, allez voir la manière de travailer de ce couple, autant sur des monuments (le Reichstag est un exemple très complet avec une belle maquette dan la première salle, mais aussi le Pont Neuf (exposé récemment à Beaubourg). Tout cela dans la diversité des trevaux, dessins photos, maquettes..., qui prouvent la grande qualité de dessinateur - surtout pour les drapés de l'artiste. Les aspects de d'organisatrice et de négociatrice de Jeanne-Claude qui étaient bien expliqués à Beaubourg ne sont pas aussi visibles ici.
Vous y verrez toute la diversité des autres projets: les "Portes" - Gates, les iles ceintes, les rideaux, les empilements de bidons, les chemins sur l'eau à Iséo en Italie, les Mastaba. Ou son intervention à Kassel (avec une vidéo).
Exposition Christo et Jeanne-Claude - Wurth - River - Photo: lfdd
Dans la collection Würth également les premiers travaux d'emballage ou d'occultation et des peintures abstraites. Les portraits de ses débuts à son arrivée en France (qui lui ont permis de rencontrer JEanne-Claude) sont absents.
L'étape suivante, à Colmar se partage entre l'Espace d'Art Contemporain André Malraux avec un remarquable accrochage de Pierre Muckensturm. Son travail intitulé « plus ou moins deux virgule deux degrés de fantaisie orthogonale » visible jusqu'au 26 septembre nous joue des tours et perturbe notre perception. Je vous invite à vous immerger dans cet univers noir et blanc qui nous entraîne dans une instabilité ludique. Ses diverses variations sur les angles et les carrés plus ou moins droits ou carrés qui s'accumulent ou s'annulent n'ont pas fini de nous en faire le tour - et l'on repart pour un tour pour être sûr de bien voir ce que l'on voit...
Pierre-Muckensturm - Centre André Malraux - plus ou moins deux virgule deux - Photo: lfdd
Pierre-Muckensturm - Centre André Malraux - plus ou moins deux virgule deux - Photo: lfdd
Pierre-Muckensturm - Centre André Malraux - plus ou moins deux virgule deux - Photo: lfdd
Pierre-Muckensturm - Centre André Malraux - plus ou moins deux virgule deux - Photo: lfdd
L'exposition "phare" elle, est à voir jusqu'au 11 octobre au Musée Unterlinden: "Au nom du père" de Yan-Mei Ping (né à Shanghai en 1960) et présente avec plus de cinquante tableaux les thématiques chères à l'artiste chinois qui vit désormais à Dijon, en relation avec les thèmes chers à Grünenwald: la filiation, le sacré, le sacrifice. Une oeuvre spécialement créée pour l'exposition "Pandémie" fait écho au Retable du Musée. Sinon la réflexion sur l'autoportait traverse l'exposition, démarant dans la première salle avec les premiers dessins au fusain ou à la gouache (la nature morte au crabe de 1969) et un autoportrait en couleur:
Yan Pei-Ming- Autoportrait - Musée unterlinden - Photo: lfdd
Son questionnement sur les origines lui fait revisiter l'imagerie de Mao, des portraits de son père ou de ses tantes ou des paysages "internationaux" ou les ruines...
Yan Pei-Ming - Col rouge - Musée unterlinden - Photo: lfdd
Yan Pei-Ming - Mao - Musée unterlinden - Photo: lfdd
Yan Pei-Ming - Mao - Musée unterlinden - Photo: lfdd
Yan Pei-Ming - Pour l'amour d'un père - Musée Unterlinden - Photo: lfdd
Yan Pei-Ming - Nom d'un chien - Musée Unterlinden - Photo: lfdd
Yan Pei-Ming - Pandémie - Musée Unterlinden - Photo: lfdd
Yan Pei-Ming - Him - Musée Unterlinden - Photo: lfdd
L'exposition est ouverte jusqu'au 11 octobre 2021.
Une lectrice m'a fait remarquer que je n'avais pas parlé de l'exposition-hommage à Camille Claus à Sélestat dans le cadre des 23èmes Chemins de l'Art Sacré qui parcourt toute l'Alsace du Nord au Sud. C'est vrai que je n'ai pas fait le pélerinage complet mais j'ai vu cettte exposition attiré par le nom du peintre et y ai vu les travaux que dix de ses élèves: Claude BRAUN - Herrade BRESCH-GROB - Thierry DELORME - Luc DORNSTETTER - Louise FRITSCH - Sylvie LANDER - Martine LUTTRINGER - Martine MISSEMER - Marie-Anne MOUTON - Christian SCHRAMM lui ont dédiés en l'honneur de son centenaire . L'exposition dure jusqu'au 15 octobre 2021.
Hommage à Camille Claus - La Montagne Magique - Martine Luttringer - Photo: lfdd
Si vous y passez, faites également un tour à la galerie-café La Ligne Bleue toute proche pour vous rafraichir le regard et faire une pause gourmande.
Et bien sûr au FRAC où vous avez le jardin "Schatz & Jardin de Gerda Steiner et Jörg Lenzinger et la nouvelle exposition PERSPECTIVES #01 - Les nouvelles oeuvres de la collection après le 4 septembre avec les artistes : Léa Barbazanges, Gabrielle Conilh de Beyssac, Marc Couturier, Esther Hunziker, Sandra Knecht, Jean-Luc Mylayne, Fernande Petitdemange, Pia Rönicke, Studer/van den Berg, Florian Tiedje, Capucine Vandebrouck.
Etape à Mulhouse
La prochaine étape sera à Mulhouse où vous avez à la fois la Fonderie et le Musée des Beaux Arts dans lequel Géraldine Husson a une "Carte Blanche" - dépéchez-vous l'exposition se termine le 29 août. Le dernier week-end sera l'occasion d'animations spéciales.
Ne rarez pas son travail simple mais sensible, avec des matériaux "pauvres", corde, sable, papier, verre, miroirs, clous, épingles, punaises, marbre (même faux) qui portent tout un univers plein de poésie et font voyager.
Cela fait bien longtemps que je ne vous ai écrit hors exposition concert et spectacle. Je ne vous ai même pas salué pour la Fête Nationale. A vrai dire c'est depuis deux mois et deux jour (le 16 mai avec le "Soi" et le "Dasein") avec l'écriture de soi que j'ai lâché, tout comme les gaillardes du jour qui ne le sont plus trop et peinent sous la pluie:
Gaillarde pas gaillarde - Photo: lfdd
Mais certains souvenirs ressurgissent et la disparition de Christian Boltanski qui jouait avec la mort et de retomber sur un texte que j'avais écrit pour la disparition d'Alain m'ont incité à partager avec vous ces deux récits.
D'abord Boltanski. Vous connaissez peut-être son travail sur la mémoire et la mort et avez peut-être entendu qu'il avait "vendu" sa vie à un collectionneur, David Walsh qui l'exposait dans son Museum of New and Old Art (MONA) à Hobart en Tasmanie.
Ceci n'est pas un pissenlit - Photo: lfdd
Depuis 2010, trois caméras filmaient l'atelier de Christian Boltanski et envoyaient les images à David Nash qui les difusait dans son musée et payait une personne pour enregistrer cela sur DVD et en faire une sélection hebdomadaire.
Un entretien avec Christian Boltanski réalisé l'été 2020 à Vevey pour le magazine du Grand Théâtre de Genève et en partie réalisé par Heidi.news (que vous pouvez trouver ici) en présente l'origine et le contexte:
"Le commissaire d’exposition Jean-Hubert Martin travaillait à l’époque avec David Walsh au MONA. Il lui semblait que mon travail conviendrait à ce musée consacré au sexe et à la mort. C’était juste. David Walsh est passé un jour par Paris. Il était tellement intriguant que, au bout d’une heure de discussion, je lui ai dit que j’avais envie de jouer avec lui, puisqu’il est un parieur professionnel.
...[L'idée] remonte à loin. Dans le premier texte que j’ai écrit, en 1969, je notais que la mort est une chose honteuse et que je voulais mettre ma vie en boîte. Face à David Walsh, j’ai pensé que la technologie permettrait de réaliser cette idée autrement. Ce qui me plaisait aussi était que l’oeuvre devait prendre place en Tasmanie, le plus loin possible de l’Europe et des gens qui me connaissent. J’ai proposé à David Walsh de lui vendre cette œuvre en viager. On a convenu d’un prix assez élevé. Il a décidé de me payer cette somme par mensualités. Il y a peu de temps, la somme fixée dans le contrat a été atteinte. Mais je suis toujours vivant. Du coup, la mensualité a désormais augmenté. David Walsh a perdu son pari de me voir mourir avant l’échéance du contrat. Celui-ci avait été signé devant notaire après un contrôle médical
.. Si on regarde quelqu’un vivre, on n’a soi-même plus d’existence. Si David Walsh me regardait en permanence, il n’aurait plus de temps pour lui. D’autre part, et c’est lié à l’univers informatique, plus on accumule des informations, moins on en sait. Mon oeuvre en Tasmanie compte désormais des dizaines de milliers d’heures d’enregistrement. Cela revient à ne rien pouvoir voir. Mais si je dis que David Walsh a acheté ma vie, lui préfère dire qu’il a acheté ma mémoire. Il peut savoir qui j’ai accueilli chez moi il y a deux ans à pareille époque. Moi, je l’ai oublié. En réalité, David Walsh ne possède rien de moi. Il a cette masse de DVD impossible à regarder. Il ne sait rien de mes pensées.
...
Je n’ai pas de désir d’immortalité. En revanche, j’ai toujours eu le désir de sauver ce que j’appelle la petite mémoire. Celle-ci consiste à se souvenir de sa grand-mère, d’une histoire drôle ou de l’endroit pour acheter le meilleur gâteau à la crème. Ces petits souvenirs disparaîtront avec nous. Cette question m’obsède. Chaque personne est unique et importante. Mais tellement fragile. Moi, j’essaie de sauver tout le monde en sachant que c’est impossible."
Christian Boltanski enregistrait aussi son battement de coeur qui résonnait à l'autre bout du monde - et il a fait de même avec des visiteurs de ses expositions: chacun pouvait enregister son coeur pour le futur...
Fleur avec antennes - Photo: lfdd
Cette photo me ramène à Alain, amateur d'OVNIs en son temps, Alain qui, sans prévenir, nous a aussi quitté l'année dernière, sereinement et tranquilement quelques jours après m'avoir appelé pour me proposer de partager une coupe post-confinement.
Et je pense à l'autre Alain, tenace avec ses trois cancers, qui vient de gratter un an de plus à la camarde.... On continue!
Je vous livre ci-dessous tel quel un texte que j'avais écrit en novembre 2020:
"Alain, à l’aide… A l’autre…, à nous…
Alain, copain, peut-on l’appeler ainsi ?
Oui, j’avais des amis, fugaces mais forts, qui passaient... mais le temps de l’amitié, ils étaient là pour partager ces moments de la jeunesse qui use toutes les ficelles de l’enfance. Les quatre cent coups pour lesquels il n’y a pas eu de film, ni photo. Mais des aventures, de westerns ou de Till l’espiègle, de batailles de cow-boys et d’indiens ou de patinage, d’explorateurs animaliers dans la jungle rhénane, de blagues de potaches et d’escapades boueuses. Mais jeunesse passe et l’on se plonge dans le monde, on essaie de le décrypter, le comprendre, l’ordonner.
Cela s’est fait avec Alain, à tous les rayons, les livres, 1984 et Orwell étaient déjà des préoccupations d’avenir dystopiques, la conquête de la Lune, sur l’écran bleuâtre et bombé, en direct un sujet qui ne l’a pas quitté – il prévoyait de sortir un livre avec la NASA. Les mathématiques étaient l’objet de discussions enflammées pour démontrer un théorème que le professeur à la barbe en collier ne nous avait pas encore présenté. Le dictionnaire « Petit Robert » l’occasion d’une joute de mots tirés au hasard. Et que le meilleur gagne! Tout était matière à aiguiser notre soif de connaissance, à étancher notre désir de savoir. Les différentes éditions « horaires » de France Soir un feuilleton pour prendre l’air du pays. Le Tour de France une invitation à parcourir les routes en petites boucles, les championnats d’athlétisme l’occasion de tester un Fosbury-flop et les dimanche après-midi une énorme plage de variété entre Mireille Mathieu, la fille d’une famille nombreuse qui devenait une vedette populaire, lui qui était d’une fratrie de 7 garçons qui précédaient la petite dernière. Ce furent aussi des passions pour le tennis, le ski et les courses automobiles objet de longues séances télé qui auraient pu aboutir à une mission au Nürburgring pour assister à la victoire de Jacky Ickx – mais c’est resté un rêve. C’était aussi sur le poste transistor tout frais arrivé le hit-parade d’Europe 1 – ou de RTL l’autre frère ennemi (ou alors les deux puisqu’Alain avait à la fois acheté le double Album Blanc d’origine et le Sticky Finger à braguette des deux groupes antagonistes de Pop Music britannique) – suivi fidèlement, tout comme les émissions musicales de Pop allemandes en direct à la télévision pour la nouvelle jeunesse post-Woodstock.
Frères ennemis, nous l’étions aussi un peu, dans notre sympathique bataille pour les places sur le podium dans les matières principales de la cinquième à la troisième – heureusement qu’il y avait les deux "filles" qui devenaient nos adversaires renouvelées. Mais nous trouvions toujours des sujets de débat, même la théologie furent le sujet de guerres de religions - le schisme des catholiques et des protestants, alors que nous avions le même baptême, mais l’enfant de choeur biberonné à quelques cours de rhétorique protestante n’était pas en reste sur des sujets où les arguments allaient aussi chercher du côté du bouddhisme. Puis, nos destinées s’écartèrent, lui externe, moi interne, jusqu’au baccalauréat que nous avions choisi de partager dans la même filière innovante bien sûr – électrotechnique en était l’appellation barbare mais qui ne fut pas tentée, ce fut bien "Maths Elem" qui fut réussi avec les honneurs puis les Universités scientifiques, fatales à divers titres et de tristes conséquences pour l’un et l’autre. Mais la fidélité perdura avec les années, avec comme lien fidèle le troisième Mousquetaire qui partagea le sport et les amours soeurs."
J'allais oubler l'article - d'actualité - qui m'a motivé à republier un billet. C'est Heidi News dont je parlais plus haut qui m'en a conseillé la lecture. C'est dans le Monde e concerne le réchauffement climatique. C'est d'une part pour que l'on soit conscient de ce qui nous arrive et d'autre part que l'on puisse dire aux jeunes et à nos enfants non pas que c'est la fin du monde, mais que le monde continue et que c'est nous qui ferons le nécessaire pour qu'il puisse continuer avec nous. Le titre:
Le changement climatique, on en parle beaucoup, mais les problèmes qu’il va poser ne sont pas toujours évidents à comprendre. Ils sont pourtant très inquiétants. Alors, concrètement, quelles vont être ses conséquences ?
Un degré, deux degrés, trois degrés, quatre degrés… Au cours du siècle à venir, la température de la planète va continuer de monter. Plus l’humanité émettra de gaz à effet de serre, plus le réchauffement climatique sera important. Mais en quoi ce dérèglement du climat est-il un problème ? Pourquoi doit-on se soucier de quelques degrés de plus ?
Naturellement, la hausse des températures va avant tout entraîner des canicules de plus en plus fréquentes et meurtrières. Et ces épisodes de chaleur s’accompagneront de sécheresses très problématiques pour l’agriculture.
Mais ce n’est pas tout. Un autre mécanisme risque d’être mis à rude épreuve : le cycle de l’eau. Entre la fonte des glaciers, la montée des eaux et les inondations, les conséquences pourraient bien être meurtrières pour les humains, mais aussi pour l’ensemble de la biodiversité.
Et pour finir en chanson, une pour la "gaillarde" et deux pour la "camarde".
La première, une chanson "gaillarde" de Colette Renard - Les Nuits D'Une Demoiselle:
La deuxième, pour les pissenlit par la racine de Daisy (Marguerite) Mortem - La vie c'est mort: