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dimanche 18 février 2018

The End: c'est la fin de la Fleur du Dimanche. C'est la fin..

Il y a presque 7 ans - le 20 février 2011 -  la Fleur du Dimanche apparaissait sur internet:

Naissance d'une Fleur : La Fleur du Dimanche
http://lafleurdudimanche.blogspot.fr/2011/02/naissance-dune-fleur_20.html 

Aujourd'hui, 18 février 2018, la Fleur du Dimanche s'arrête.

Ce n'est pas sans une certaine tristesse, un certain pincement au coeur que j'écris ces mots. En pensant à vous tous qui souvent les lisez, quelquefois réagissez et de temps en temps répondez.

L'objectif était de vous offrir une photographie de fleur pour vous donner envie de regarder à vos pieds ou devant vous ou de partager un regard, mais pas uniquement. Il était dit aussi, avec le TVA:
"en plus de la simple* contemplation, à partager et pourquoi pas réagir sur une pensée* ou un texte pour, je l’espère, vous rendre acteur/trice de cet échange."

Et le premier TVA, d'un auteur que vous avez peut-être reconnu, disait:
"Moins tu manges, moins tu achètes de livres, moins tu vas au théâtre, au bal, au cabaret, moins tu penses, tu aimes, tu fais de théorie, moins tu chantes, tu peins, tu fais des poèmes…. plus tu épargnes, tu augmentes ton trésor que ne mangerons ni les mites ni la poussière, ton capital."

Et au fil du temps, je vous ai "partagé" des poèmes, des extraits de livres, d'articles, de réflexions, de spectacles, de films ou d'expositions à voir, en espérant vous donner envie de découvrir des choses nouvelles et d'échanger. 

Après 7 ans de publications, pas uniquement le dimanche d'ailleurs, et 850 "billets", le temps du bilan est venu:

Le premier billet vu 180 fois, le deuxième - publié un samedi et les suivants n'ont été vus qu'une douzaine de fois (sauf la Rose de Noël Janus et le billet "Un Arbre" avec le mural d'Alechinski avec un poème d'Yves Bonnefoi qui ont eus plus de 80 vues.
Globalement sur la durée, les billets dépassent maintenant une moyenne de 210 vues - avec des pic de plus de 1000 pour les pièces de théâtre "Neige" ou "Sombre Rivière" de Lazare au TNS et "Les riches heures de musique en février en 2017 à Strasbourg. 
Les mois de février et mars 2017 ont d'ailleurs été très riches en spectacle et ont eu beaucoup de succès. Même la "Valantine" de l'année dernière a été vue plus de 500 fois....

L'heure d'hiver de 2013 "Pouvez-vous me prêter l'heure?" - plus de 1.00 vues - et la rose sous la pluie "La Fleur du Dimanche paresse sous la pluie" - plus de 1500 vues - ont également eues un beau succès.

Aujourd'hui donc, avec  plus de 177.444 vues depuis le 20 février 2011 et une belle progression de lecteur depuis le début, je remercie toutes celles et tous ceux qui régulièrement ou par hasard viennent glaner une photo ou un texte sur ces pages. 

Mais tout a une fin et après plus de mille et une photos de fleurs publiées en sept ans, pour ce dernier billet du Dimanche, je vous offre un pot - de fleur - pourri, une accumulation que vous pourrez digérer les semaines à venir... 


Fin de la Fleur du Dimanche - 24 octobre 2017 - Photo: lfdd



TVA TEXTES

Un texte de Friedrich Kittler (1943 - 2011), théoricien allemand des médias, extrait de "Gramophone, Film, Typewriter": 
"Quand les souvenirs et les rêves, les morts et les fantômes devinrent techniquement reproductibles, les forces d'hallucination des écrivains, tout autant que celle des lecteurs, devint inutile. Notre royaume des morts délaissa les livres qu'il avait si longtemps hantés.
...
Celui qu'on appelle l'être humain se désagrège en physiologie et technologie de l'information."  


Puisque c'est la fin de la Fleur du Dimanche, on ne peut pas parler de la Mort, et c'est un sujet où il faut laisser la parole à Elias Canetti, même s'il dit "Il" en parlant de soi:
"Il est le témoin attentif d'une injustice interminablement répétée, il ne cesse de la constater avec indignation et ne peut l'empêcher
de se reproduire. Il encourt le danger de s'habituer à cette injustice. Il mène une guerre qui n'a pas de fin. (...). Dans un monde bouffi d'entreprises dédiées à la gestion de la mort, il se trouve quelqu'un qui prétend la contrer à lui tout seul et, qui plus est, être pris au sérieux."
...
"La puissance a besoin de la mort car elle se fonde sur la survie."

En écho, et antidote, ou médicament, je vous propose un texte de Corine Pelluchon, extrait de "Ethique et considération":
"C'est le nouveau-né ou l'enfant en nous qui nous met sur le chemin de la considération, il nous aide à avoir le discernement nécessaire pour comprendre quelles sont les priorités à affirmer et nous donne le courage de dénoncer une organisation sociale, économique et politique ne pouvant aboutir qu'à la destruction du monde commun. 
Il n'est pas obligatoire d'enfanter pour faire cette expérience qui advient dès que l'on prend un nouveau-né dans ses bras et que l'on fait l'expérience de sa vulnérabilité. (...) L'éthique de la considération (...) est aussi une manière de penser, de sentir, de vivre et de voir le monde, et une esthétique. Le nouveau-né est son visage. Le sublime se trouve dans le petit, non dans le grand; il est dans ce qui est le plus fragile et le plus humble. Ce qui est considérable, c'est d'être né." 

Et pour finir le bilan avec une sentence, je laisse la parole à Edgar Hilsenrath (1926 - ) "Le Nazi et le Barbier ":
"Et l'Unique et l'Eternel descendit de sa chaise de juge et se plaça à mes côtés. Nous attendons. Tous les deux. La juste sentence. Mais qui pourrait la prononcer?"



Fin de la Fleur du Dimanche - 9 janvier 2018 - Photo: lfdd

TVA POEMES


Paul CELAN

PSALM

Niemand knetet uns wieder aus Erde und Lehm
nieman bespricht unsern Staub.
Niemand

Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen.

Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend:
die Nichts-, die
Niemandsrose.

Mit 
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sangen
über, o über
dem Dorn.


PSAUME

Personne ne nous repétrira de terre et de limon,
personne ne bénira notre poussière.
Personne.

Loué sois-tu, Personne.
Pour l'amour de toi nous voulons
fleurir.
Contre
toi.

Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur:
la rose de rien, de 
personne.

Avec 
le style clair d'âme,
létamine désert-des-cieux,
la couronne rouge
du mot pourpre que nous chantions
au-dessus, au-dessus de
l'épine.



Chawqi Baghdadi (2028 - )

Ah... savoir
d'où venait le cri de l'enfant...
moi qui aurais dû mourir
à sa place
et vivais encore...!



Albert Strickler - Le diamant et le duvet


Albert, ami fidèle et poète vient, en plus de son "journal" prévu bientôt, de publier un hommage au flocon: un éventail de poèmes dont je vous en livre une parcelle:


Seule la lumière écrit 
La fable des cristaux  

---

Le plus léger
Le plus simple

Le sans poids
Le sans prix

Ce qui s'étoile
Et s'étiole
En une seule
Et même chute

Dans le firmament 
De ma main

---

Leçon du flocon: ne pas durer seul allège

---

Cette rose de janvier
Qui frissonne dans le nu du jardin 

Rien qu'un flocon un peu plus charnu
Fêlé par sa soif de lumière

---

Rien que 
L'invisible
Visible
Le temps de le dire


Et pour finir en vous donnant rendez-vous plus tard ailleurs:


Philippe Jaccottet - A travers un verger

Méfie-toi des images. Méfie-toi des fleurs. Légères comme les paroles. Peut-on jamais savoir si elles mentent, égarent,  ou si elles guident? Moi qui suis de loin en loin ramené à elles, moi qui n’ai qu’elles ou à peu près, je me mets en garde contre elles. 



Fin de la Fleur du Dimanche - 14 janvier 2018 - Photo: lfdd

TVA CINEMA


Quelques conseils pour aller voir des films que vous n'auriez peut-être pas su qu'ils existaient

UN JOUR CA IRA Un film de Stan et Edouard Zambeaux
un portrait "de l'intérieur" de personnes en situation précaire, mais super sensible:



Human Flow d'Ai Weiwei, l'étape d'avant, dans le monde entier - et les personnes ne sont pas sûres d'arriver...








Fin de la Fleur du Dimanche - 30 javier 2018 - Photo: lfdd






TVA MUSIQUE


Et pour terminer en chanson, quelques chansons sur le départ:

 


Même, même si tu pars
Même, même s'il est trop tard
même, même si tu t'égares
prends bien soin de toi
ne t'en fais pas pour moi
...


De beaux souvenirs
Pour les dimanches à combler
De beaux souvenirs
Pour les songes de nuits d'été
De beaux souvenirs
...

 


Bien avant qu'on soit des regrets
Bien avant que tout soit fichu
Je savais déjà que tu t'en foutais
...

Comme John Perry Barlow, le parolier du Greatful Dead est mort il y a un peu plus d'une semaine, un hommage à lui, qui était aussi le "pape" de "l'internet libre".

Il a écrit ce texte, dont je vous offre la traduction du début, le 8 février 1996 à Davos:

Déclaration d’indépendance du Cyberespace

Seule l’erreur a besoin du soutien du gouvernement. La vérité peut se débrouiller toute seule. 
—Thomas Jefferson, Notes on Virginia

"Gouvernements du monde industriel, vous géants fatigués de chair et d’acier, je viens du Cyberespace, le nouveau domicile de l’esprit. Au nom du futur, je vous demande à vous du passé de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez pas de souveraineté où nous nous rassemblons.

Nous n’avons pas de gouvernement élu, et il est improbable que nous en ayons un jour, aussi je ne m’adresse à vous avec aucune autre autorité que celle avec laquelle la liberté s’exprime. Je déclare l’espace social global que nous construisons naturellement indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez aucun droit moral de dicter chez nous votre loi et vous ne possédez aucun moyen de nous contraindre que nous ayons à redouter."


Voila donc le Grateful Dead ☮ The Weight (Easy Rider)





Et le Jacques Brel pour vous faire pleurer:







Une dernière pirouette, un dernier tour de piste, une dernière danse pour rire, avec Hanine - Arabia:








Fin de la Fleur du Dimanche - 16 février 2018 - Photo: lfdd

C'est la fin: The End

 



"And in the end, the love you take is equal to the love you make"




Fin de la Fleur du Dimanche - 18 février 2018 - Photo: lfdd





Bon dimanche et bonne continuation


La Fleur du Dimanche


P.S. A Suivre....

D'autres aventures sont prévues sous d'autres formes et si vous voulez réagir, n'hésitez pas: vos commentaires sont les bienvenus. S'il y en a, je les publierai avec votre prénom et si vous voulez les signer, je mettrais votre nom...

dimanche 5 février 2017

Mais où sont les neiges d'antan: Blanche neige et roses rouges

La neige est partie, reviendra-t-elle ? Il me semble... Elle tombe aussi dans la pièce éponyme au TNS (salle Gruber) dans un spectacle à ne pas rater (j'en ai parlé hier dans mon billet) .

Mais vous attendez les fleurs... En cette saison, à part quelques rares primevères (je vous en ai servies dimanche dernier), et des roses de Noël (j'en ai fait quelques variations les années précédentes..), il n'y a que dans les intérieurs et les galeries qu'on en trouve... quelquefois en bouquet séchés:



Bouquet de galerie - Photo: lfdd


Ou sur toile de Buffet - au Musée de Montmartre à Paris - il habitait à côté un moment:



Bouquet de roses de Buffet - Photo: lfdd

Les neiges d'antan sont chantées par les poètes:


Nuit de neige de Guy de Maupassant

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.



Bouquet de roses de Buffet - détail - Photo: lfdd


Après on peut faire un petit Carême: 


Il a neigé


Il a neigé dans l'aube rose

Si doucement neigé,
Que le chaton croit rêver.
C'est à peine s'il ose
Marcher.

Il a neigé dans l'aube rose

Si doucement neigé,
Que les choses
Semblent avoir changé.

Et le chaton noir n'ose

S'aventurer dans le verger,
Se sentant soudain étranger
A cette blancheur où se posent,
Comme pour le narguer,
Des moineaux effrontés.

Maurice Carême


Et pour finir en chansons, la neige vue par Brel, Dionysos et Adamo:


Jacques Brel - Il neige sur Liège:




Dionysos - Neige:





Salvatore Adamo: Tombe la neige:

 



Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 11 décembre 2016

Que faire des classes, de la moyenne, des fleurs, des coeurs, des papillons, des tomates, de la réalité.. et de l'idiotie ?


Dimanche dernier, avec un fantôme de noix, ou plutôt une feuille volante de noyer, je vous ai abreuvé de télé-réalité.
Aujourd'hui, je poursuis mon exploration de la réalité et vous fais découvrir un coeur et un papillon qui n'en sont pas, de même que des tomates qui ne sont pas des PacMan. Et j'en profiterai pour vous parler des classes moyennes et de l'idiotie.

Voilà donc, en images, en texte et en musique, coeur, papillon, tomate et idiots:

Coeur - Photo: lfdd

Papillon - Photo: lfdd

Tomates - Photo: lfdd

Bon, les tomates ne sont pas mûres, mais on ne va pas les jeter sur tout le monde, ni sur les "classes moyennes". 
Que pourrait-on en faire?

Essai de réponse dans un article d'Eric Loret sur Nathalie Quintane dans le Monde des Livres du 2 décembre:
"... l'écrivaine qui a toujours pratiqué cette forme d'art que l'on appelle "l'idiotie", au sens où le philosophe Clément Rosset a défini le terme:  l'idiotie opère "la saisie comme singularité stupéfiante comme émergence insolite dans un champ de l'existence" d'"une chose toute simple" (Le Réel. Traité de l'idiotie, Minuit, 1977). Si l'on ne comprend pas ce que ça veut dire, on n'a qu'à penser à l'ivrogne qui s'extasie devant une fleur comme s'il s'agissait d'une soucoupe volante: "Regardez là, il y a une fleur, c'est une fleur, mais puisque je vous dit que c'est une fleur...". Ce que voit l'ivrogne, explique Rosset, c'est que "son regard restera, comme toute chose au monde, étranger à ce qu'il voit, sans contact avec lui." Chez Quintane, cela donne par exemple: "Je suis peu nombreuse, mais, je suis décidée" (sa biographie sur le site POL) ou, dès son premier livre, en 1997, Remarques (Cheyne); "Si on abat une cloison entre un salon et une chambre, que reste-t-il: le salon ou la chambre?"
... Pour Quintane, c'est en 2010 que la résistance s'organise cependant: "Sous la pression de la situation de l'époque, que je raconte dans Tomates (POL), qui était délicate, compliquée, dure, j'ai senti cette nécessité d'articuler les choses très clairement. J'ai décidé volontairement de "thématiser" comme on dit, d'écrire "Sarkozy", d'écrire ce nom.
...
Mais pas question de délaisser "le point d'idiotie, qui était le point de départ" et de laisser tombre le militantisme: "Il me semblait évident que le retour critique aurait d'autant plus de force si l'on prenait en compte d'où l'on venait, c'est-à-dire l'empêtrement, le déni;" Avec Que faire des classes moyennes?" cette conjonction du "point d'idiotie" et du politique est porté à son apogée...
"Il ne faut plus penser à punir le réel, parce que maintenat le c'est lui qui va nous mettre des fessées tout le temps. Il faut que ça cuise, et qu'on le sente. Ce texte est fait pour ça."

Et pour conclure, citons directement, sans repasser par la case Loret, Nathalie Quintane dans le texte, quand elle s'interroge sur le titre dans son livre :
"Pensant à la question qui donne un titre à ce texte, je me suis apperçue que j'étais en train de répondre à Que deviennent les classes moyennes? Et j'étais précisément en train de répondre à cette question en m'observant moi-même (...) 
Et c'est très exactement là, parvenue à ce point ... que je me suis dit qu'il fallait de toute urgence une réponse à la question: Que faire des classes moyennes, car les classes moyennes étaient en train de mettre en place le système de compensation qui permettrait que tout change pour que rien ne change, selon la célèbre formule."*


Et pour terminer en chansons, je vous ai dégoté une chanson de Jacques Brel: L'Age idiot:





L’âge idiot, c’est à vingt fleurs
Quand le ventre brûle de faim
Qu’on croit se laver le coeur 
Rien qu’en se lavant les mains

Qu’on a les yeux plus grands qu’le ventre
Qu’on a les yeux plus grands qu’le coeur 
Qu’on a le coeur encore trop tendre
Qu’on a les yeux encore pleins d’fleurs
Mais qu’on sent bon les champs de luzerne

L’odeur des tambours mal battus
Qu’on sent les clairons refroidis
Et les lits de petite vertu
Et qu’on s’endort toutes les nuits
Dans les casernes

L’âge idiot, c’est à trente fleurs
Quand le ventre prend naissance
Quand le ventre prend puissance
Qu’il vous grignote le coeur 
Quand les yeux se font plus lourds

Quand les yeux marquent les heures
Eux qui savent qu’à trente fleurs
Commence le compte à rebours
Qu’on r’jette les vieux dans leur caverne
Qu’on offre à Dieu des bonnets d’âne

Mais que le soir on s’allume des feux
En frottant deux coeur de femmes
Et qu’on regrette déjà un peu
Le temps des casernes

L’âge idiot c’est soixante fleurs
Quand le ventre se ballotte
Quand le ventre ventripote
Qu’il vous a bouffé le coeur 
Quand les yeux n’ont plus de larmes

Quand les yeux tombent en neige
Quand les yeux perdent leurs pièges
Quand les yeux rendent les armes
Qu’on se ressent de ses amours

Mais qu’on se sent des patiences
Pour des vieilles sur le retour
Ou des trop jeunes en partance
Et qu’on se croit protégé
Par les casernes

L’âge d’or c’est quand on meurt
Qu’on se couche sous son ventre
Qu’on se cache sous son ventre
Les mains protégeant le coeur

Qu’on a les yeux enfin ouverts
Mais qu’on ne se regarde plus
Qu’on regarde la lumière
Et ses nuages pendus
L’âge d’or c’est après l’enfer

C’est après l’âge d’argent
On redevient petit enfant
Dedans le ventre de la terre
L’âge d’or c’est quand on dort
Dans sa dernière caserne.


En prime et pour rigoler, je vous offre un petit bijou d'idiotie découvert sur internet. Sûr que vous reconnaitrez le chanteur, plus aussi jeune que dans le clip de 1985 de la Chanson de PacMan:




Vous l'avez reconnu, William ?

Bon Dimanche 

Le Fleur du Dimanche


* Pour ne pas mourir idiot, cette expression vient du roman "Le Guépard (Il Gattopardo) de l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa, paru en 1958 et inspirée par Tancredi Falconeri, qui dit: "Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change.".


dimanche 20 mars 2016

Le Printemps sera-t-il Blanc, Astronomique, Bionique ou Numérique?

Ca y est, il est là - Er ist's comme je le disais bien tard avec Eduard Mörike en 2013.
Cette année aussi, il tarde de nouveau alors qu'il était en avance et là, on se demande s'il ne va pas reneiger - un Printemps Blanc? 
La fleur du Dimanche est à l'unisson:

Fleurs de printemps blanc - Photo: lfdd

En écho, un poème printanier de Théophile Gautier:

Au printemps

Regardez les branches
Comme elles sont blanches!
Il neige des fleurs.
Riant dans la pluie,
Le soleil essuie
Les saules en pleurs
Et le ciel reflète,
Dans la violette
Ses pures couleurs...
La mouche ouvre l'aile
Et la demoiselle
Aux prunelles d'or,
Au corset de guêpe
Dépliant son crêpe,
A repris l'essor.
L'eau gaîment babille,
Le goujon frétille ...
Un printemps encore!

Plus loin, une brassée de fleurs et de chansons, mais tout d'abord, je vous envoie vers le futur ou plutôt l'espace où le premier Zinnia "extraterrestre" a vu le jour ou plus précisément l'immensité de l'espace.
Bon, vous allez me dire que ce n'est pas la première fleur de l'espace, il y en a eu d'autres (voir notre ami wiki "Utilisation des plantes dans l'espace"), mais c'est la plus belle, n'est-ce pas:

Première Fleur de l'Espace - Photo: Scott Kelly

Le photo n'est pas de moi, mais bien de l'astronaute Scott Kelly.

Pour continuer avec les fleurs "expérimentales, je vous offre également la photo de la première "fleur bionique".
C'est une rose bionique qui intègre des circuits électroniques à transistors. Des scientifiques de l’université de Linköping en Suède, sont parvenus à cultiver pour la première fois de vraies roses dont le système vasculaire comportait des circuits électroniques fonctionnels. Cette expérimentation ouvre la voie à plusieurs applications pratiques comme la gestion nutritive des plantes, la production électrochimique de courant ou la fabrication d’antennes naturelles. Vous en saurez plus dans la revue "Sciences et Avenir".




Je vous avais aussi promis les fleurs numériques - en prévision du billet de dimanche prochain - en voici un exemplaire totalement "calculé":





Bon, revenons dans le Blanc et un texte sur le Printemps:

Fleurs de printemps blanc - Photo: lfdd


Dès que le printemps est là
Mais les serments s'oublient
Dès que le printemps s'en va
Là-bas dans la prairie
J'attends toujours, mais en vain
Une fille en organdi
Dès que le printemps revient.

(Refrain)
Non, le temps n'y fait rien
Oh non, le temps n'y peut rien

Je repense à ses yeux
Dès que le printemps est là
Je revois nos adieux
Dès que le printemps s'en va
Mais son image rôde
Au détour de mon chemin
Quand les soirées se font chaudes
Dès que le printemps revient.

Je crois la retrouver
Dès que le printemps est là
Je cesse d'y rêver
Dès que le printemps s'en va
Après bien des hivers
Pourtant mon coeur se souvient
Comme si c'était hier
Dès que le printemps revient.

Parfois je veux mourir
Dès que le printemps est là
Je crois toujours guérir
Dès que le printemps s'en va
Mais je sens la brûlure
D'une douleur qui m'étreint
Comme une ancienne blessure

Dès que le printemps revient...

Vous en trouverez la chanson plus loin, mais tout d'abord, hommage au Grand Jacques...
Au printemps - Jacques Brel



Et puis un petit bijou de Léo:

C'est le printemps" Léo Ferré 






Et voici le Printemps qui revient, avec Hugues Aufray:




Et puis le Bazar du Printemps avec Michel Fugain
Michel Fugain et Le Big Bazar - Le Printemps 1976:





Et pour clore, avec une chanson en Anglais de Tom Waits - You Can Never Hold Back Spring - spéciale dédicace à un ami qui ne comprend pas l'anglais et dont je traduit une phrase :
"So close your eyes
Open you heart
To one who's dreaming of you"

"Ferme les yeux
Ouvre ton coeur
à qui rêve de toi"

Vous ne pouvez pas retenir le Printemps:

 


You Can Never Hold Back Spring

You can never hold back spring
You can be sure that I will never
Stop believing
The blushing rose will climb
Spring ahead or fall behind
Winter dreams the same dream
Every time

You can never hold back spring

Even though you've lost your way
The world keeps dreaming of spring

So close your eyes

Open you heart
To one who's dreaming of you
You can never hold back spring
Baby

Remember everything that spring

Can bring
You can never hold back spring


Fleurs de printemps blanc - Photo: lfdd

Je retombe sur un poème de Charles d'Orléans : Le Printemps et ne puis m'empêcher de repêcher son interprétation - tronquée - par Michel Polnareff jeune:




Bon Dimanche

Bon Printemps

La Fleur du Dimanche