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dimanche 16 septembre 2018

18e Biennale de la Danse Lyon: l'Europe danse et tout le monde défile, même les spectateurs en virtuel

Pour sa dix-huitième édition, l'âge de la maturité, la Biennale de la Danse de Lyon, lancée par Guy Darmet et dont Dominique Hervieu a pris le relais, s'ouvre sur l'Europe et célèbre la Paix.
Pour le traditionnel défilé, en ce 16 septembre, c'est Latifa Ibn Ziaten qui avait créé l'association Imad-Ibn-Ziaten pour la jeunesse et pour la paix en mémoire de son fils assassiné en 2012 par Mohamed Merrah qui en est la marraine. 




Plus d'une douzaine de groupes de Lyon et alentour (Vénissieux, Bron, Villeurbanne, Feyzin, Saint Fons, Bron, Vienne, Drôme, Ardèche, Savoie, ...) ont défilé nombreux: quatre mille cinq cents danseurs pour deux à trois cent mille spectateurs pleins d'enthousiasme, sur un parcours réduit, mais de retour au centre ville et qui s'est conclu place Bellecour en chansons, dont Imagine de John Lennon. 




Les spectacles avaient déjà démarrés le mardi 11 septmbre pour Maguy Marin au TNP de Villeurbanne avec Ligne de Crète:
Voir le billet: "Ligne de Crète -  Ça dure jusqu'à ce que ça sature") 
et la re-création de Peeping Tom: 31 rue Vandenbranden à l'Opéra:  Voir le billet: 31 rue Vandenbranden : moi, mon double et l’autre). 

Patrice Thibaud avec Welcome au Radiant à Calluire-et-Cuire et le CNDC d'Angers au Théâtre des Célestins avec un hommage à Merce Cunningham ont pris le relais avant la création de Mourad Merzouki Vertikal à la Maison de la Danse:
Voir le billet: Mourad Merzouki: Tentative d’élévation).

Fabrice Lambert prend le relais le 19 septembre avec Aujourd'hui, Sauvage au Tobogan à Décines et Miet Warlop au TNG Lyon - Vaisse. Puis suivent les créations d'Alessandro Sciarroni, Dona Doherty, Rachid Ouramdane, Thoma Hauert, Josef Nadj Wang Ramirez, d'Angelin Preljocaj, Saburo Teshigawara, Yann Bourgeois, Kader Attou et Yann Gallois et bien d'autres spectacles qui vont se succéder jusqu'au 30 septembre.
Des parcours dans la ville avec Yuval Pick, Oona Dogerty et d'autres, avec de jeunes troupes, des écoles ou des amateurs dans différents lieux de Lyon ou autour. Julie Desprairies propose un "Inventaire dansé de Villeurbanne" en impliquant les habitants et Jérôme Bel invite le public à une performance dans le Grand Hôtel-Dieu où chacun est libre de passer le temps qu'il veut avec une danseuse pour expérimenter la lenteur et la relaxation.

Un autre axe qui prend de l'importance, avec des créations spécifiques pour cette Biennale, ce sont les aspects "nouvelle technologie" avec la VR (Réalité Virtuelle, la réalité augmentée et la réalité "mixte").
Au Théâtre Nouvelle Génération, nouvel espace appelé à se développer, Gilles Jobin avec les moyens techniques d'Artanim invite cinq spectateurs à expérimenter dans VR_I trois univers (un désert, une maison design et un environnement urbain dans lesquels ils seront confrontés tous ensemble aux danseurs de la troupe dans une expérience originale et surprenante. 




Yoann Bourgeois avec Michel Reilhac à la réalisation de Fugue VR va immerger en 360 degrés quelques spectateurs dans un film où l'expérience impliquera fortement les sens des participants.



D'autres expériences attendent les curieux au Grand Hôtel Dieu avec des film en VR ou en vidéo 360 de France, du Canada, d'Israël, des USA ou de Suède.
Une vaste programmation de films complète ces proposition, ainsi que des rencontres professionnelles sur le sujet.
La 18e Biennale 2018 de la Danse augure avec la plateforme et le Focus Danse Européen ainsi que les autres colaborations, dont la Triennale de Yokohama, d'une belle vitalité et d'un ferment de rencontre et de création.

La Fleur du Dimanche

Programme complet de la 18ième Biennale de la Danse de Lyon ici:
https://www.biennaledeladanse.com/   



vendredi 14 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Vertikal - Mourad Merzouki: Tentative d’élévation


Dans le cadre de la 18ème Biennale de Danse de Lyon, Mourad Merzouki, enfant chéri de la génération hip-hop découvert à Lyon à la Maison de la Danse il y a une vingtaine d'années, y revient avec une proposition qui interroge sa démarche en radical chamboulement avec Vertikal en création le 14 septembre 2018.


Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Une fente de lumière, bleue, dans laquelle les danseurs apparaissent et disparaissent devient un espace entre deux tours qui s’éloignent pour ouvrir l’espace. Longtemps baignés dans cette lumière bleue qui souligne leurs mains qui émergent de leurs costumes en jean, les dix interprètes évoluent en fond de scène en dialogue et apparitions disparitions sur la musique englobante et envoutante d’Armand Amar. Le décor s’ouvre, les tours se font espace et délimitations, la troupe occupe l’espace, quelquefois l’un(e) ou l’autre tente une envolée, en suspension, mais quelquefois aussi, celui qui semble voler est mû uniquement par la force de son énergie. Le désir d’apesanteur est intrinsèque à la danse et les danseurs de la compagnie Käfig ont l’énergie suffisante pour déjouer l’attraction. Le chorégraphe Mourad Merzouki désirait expérimenter une autre façon de voir la danse, surtout hip-hop, souvent à ras du sol avec cette création « Vertikal ». 

Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Pendant plus d’une heure nous avons pu faire le tour du concept de la verticalité, et avec beaucoup de bonheur et de surprises, du clin d’œil à la marionnette (ne sommes-nous pas à Lyon, patrie de Guignol), en passant par la danse-escalade et le redressement du plateau à la verticale par une belle illusion en évitant le piège de la crucifixion, en passant par un magnifique solo volant où le partenaire rigger en coulisse était en totale symbiose avec la danseuse, pour finir par des jeux de cache-cache et une chorégraphie d’ensemble avec des élastiques tout en harmonie.




Preuve en est que le hip-hop a trouvé un nouvel élan ici.    


La Fleur du Dimanche

Vertikal
Compagnie Käfig CCN Créteil & Val de Marne 
Création le 8 septembre 2018 à la Comédie de Valence
A la Maison de la Danse de Lyon
du 14 au 27 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Maguy Marin: Ligne de Crète - Ça dure jusqu'à ce que ça sature


Des fantômes errent dans des couloirs dans la pénombre, démultipliés par leurs reflets sur les parois vitrées d’un labyrinthe qui les canalise et les entrave. Des bruits sourds de machines enflent et la lumière doucement éclaire une espèce d’espace open space vide de presque tout tandis que trois hommes et trois femmes s’aventurent dans ce dédale vitré, entre détermination et valse-hésitation. Ils et elles commencent à prendre possession de ces bureaux-nomades en y installant des objets familiers – ordinateur et autres matériel de bureau et des victuailles et boissons. 

Maguy Marin - Ramdam

Au fur et à mesure que la lumière vient sur cette scène, nous distinguons mieux ces six personnages affairés, téléphonant et mangeant tout en rangeant – façon de parler – les multiples objets-livraisons qu’ils rapportent des coulisses dans un immuable parcours en zigzags dans les étroites allées de verre où, quelquefois ils s’immobilisent, tremblent sur place ou font quelques pas en arrière. A trois, à deux ou seuls, ils se croisent, se suivent et s’évitent de justesse, les bras chargés à chaque voyage qui se termine immuablement par un dépôt – empilement dans leur espace ou un autre qu’ils s’approprient en trop plein. Les couleurs des emballages, primaires de rouge, vert et jaune font écho aux vêtements des femmes jaunes, rouges et mauve avec des variantes de vert. 
Et inlassablement, inexorablement l’espace se remplit d’objets divers et variés, la lumière varie et les gestes et déplacements des danseurs se répètent avec quelques variations d’accessoires, et même de tenue, jusqu’à la nudité. L’empilement, l’accumulation visuelle et sonore qui nous confronte frontalement à l’abondance, au surplus, à la surconsommation et aux gestes frénétiques et inconscients vis-à-vis de nos habitudes sociales, de communication et de consommation nous amènent à une surcharge, une saturation qui devient oppressante et où l’on se demande qui va craquer en premier. 
Ce seront les danseurs, exténués, entravés dans leurs déplacement, tels des robots en game over ne faisant plus que des allers-retours frénétiques, trois pas en avant, trois pas en arrière, qui marquent la fin de la partie. A nous d’en tirer les conclusions. En tout cas, les six danseurs se sont magnifiquement tirés de cette épreuve pire que les mythes de Sisyphe et des Danaïdes réunis. Et pour sa nouvelle création, Maguy Marin et sa compagnie Ramdam avec Ulises Alvarez, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Ennio Sammarco et Marcello Sepulveda n’ont rien perdus de leur regard acerbe et critique sur notre société contemporaine. Sans oublier Charlie Aubry pour le son et le dispositif scnéique et bien sûr Albin Chavignon et Balyam Ballabeni pour la réalisation du dispositif scénique, Alexandre Beneteaud pour la lumière, Nelly Geyres pour les costumes et Chloé Barbe pour la régie son.


Biennale de la Danse de Lyon - Ligne de Crète - Maguy Marin - saluts - Photo: Scèneweb


La Fleur du Dimanche

Ligne de Crète a été créé lors de la 18ème Biennale de la Danse de Lyon le 11 septembre 2018
Représentations
du 11 au 15 sept Théâtre national populaire - Villeurbanne


Tournée : 

25 septembre au 06 octobre 2018 - Théâtre des Abbesses - Paris
12 au 14 octobre 2018 - Théâtre Gérard Philipe - Saint-Denis
06 et 07 février 2019 - Humain trop humain - CDN Montpellier
30 mars 2019 - Salle Jacques Brel - Fontenay en Scènes - Biennale de danse du Val de Marne
04 avril 2019 -  Théâtre Edwige Feuillère - Vesoul
09 avril 2019 - Le Dôme de Gascogne - CIRC - Auch
11 avril 2019 - Le Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyrénées
du 22 au 24 mai - Théâtre Garonne, scène européenne - Toulouse