vendredi 1 octobre 2021

Musica au TJP-CDN avec Devenir imperceptible: Tout est dans l'attention...

 Dans la suite des collaborations que le Festival Musica a construit avec les structures culturelles strasbourgeoises, celle qu'il a menée avec le TJP - Centre Dramatique National pourrait s'appeler "l'oeil écoute". Déjà avec Trust me tomorrow du collectif norvégien Verdensteatret vu au Maillon le 28 septembre, il était beaucoup question de son et d'une attitude de la vision inhabituelle, avec Devenir imperceptible, la "pièce paysagère" de Clément Vercelletto, l'on pourrait encore croire que c'est l'ouïe qui a la primauté. Mais que l'on ne se trompe pas, la pièce travaille autant la vue que l'ouïe, et celles et ceux qui ont l'odorat développé auront aussi leur part de sensations.


Musica 2021 - Devenir Imperceptible - Clément Vercelletto - Pauline Simon - Photo: lfdd


La pièce commence effectivement dans le noir et l'on devine lentement en habituant ses yeux à l'obscurité un corps couché à terre disposé dans un cercle noir. Ce corps qui lentement bouge autour de ce cercle alors que des bruits effrayants et des rires émergent, puis une musique arrive doucement, il agite les bras. La musique se construit tandis que doucement la scène s'éclaire. On entend des oiseaux, on commence à distinguer des tuyaux et une machine, le corps en contre-jour reste indéfini. Au milieu de sons d'orgues bizarres, il se retrouve sur quatre pattes dressées, drôle d'animal. Des infrabasses remuent, et l'on perçoit le bruit du corps qui traverse le cercle noir qui se révèle être constitué de pommes de pins. Le son accompagne les mouvements de ce corps androgyne qui se fond avec le décor puis danse autour du cercle, il en rassemble les pommes de pins en les tirant dans un filet, et toujours ce dispositif qui transforme les gestes en sons surprenants et souterrains.

Musica 2021 - Devenir Imperceptible - Clément Vercelletto - Pauline Simon - Photo: lfdd


Une danse de scarabée dans un univers impalpable qui fait une fusion discrète entre les instruments de musique surprenants (un "engoulevent" sorte d'orgue expérimental de Léo Maurel), les appeaux, le bruit de la (finalement) danseuse Pauline Simon et l'installation plastique du scénographe Bastien Mignot.


La Fleur du Dimanche

  

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