dimanche 14 février 2016

L'espace noir et infini sonne grave: Pascal entend les ondes, enfin rassuré....

Au moment de publier définitivement le billet du jour, une manipulation malheureuse vous a privé(e) (ou libéré(e)), chère lectrice, cher lecteur du billet dominical de la Fleur du Dimanche. Le billet dont la conception et la réalisation s'étaient étalées de dimanche dernier jusqu'à ce midi s'est évaporé dans l'hyper-espace.
Pascal s'est fâché, le trou noir a tout englouti et la Fleur du Dimanche est devenue muette...

Mais place à la Fleur:
Le fleur du dimanche - Rrose - a vu un trou noir - Photo: lfdd

Il était question de Christophe Galfard, d'Albert Einstein, de Gérard Grisey, de Musica, de Musique Contemporaine, de découvertes scientifiques, de Léo Ferré, d'Ondes Gravitationnelles, de Roses, de Dada, de Max Ernst, de trous noirs, de Valentin - et de Valentine - de Yael Naim, de Victoires (de la Musique), de Lettre, de Radio, de Physique, de lumière,  d'astronomie, et d'Amour....
Il était prévu de parler de littérature fractale, mais cela a été reporté à dimanche prochain pour des raisons de cohérence de billet.
Je vais essayé de faire un peu d'archéologie et vous retracer quelques sujets disparus, dont les Victoires de la Musique qui ont eu lieu ce vendredi avec Yael Nain et Léo Ferré pour "La Lettre".

Je vous invite à revenir pour retrouver quelques sujet émergeant du passé.

Pour commencer, je vous offre quelques références autour de la thématique du jour, les Ondes Gravitationnelles...


Le fleur du dimanche - Rrose - a vu un trou noir - Photo: lfdd


Les Ondes Gravitationnelles

Tout était une histoire d'anniversaire. Comme DADA qui avait 100 ans, la Théorie d'Albert Einstein définissant les "Ondes Gravitationnelles avait 100 ans et le 11 janvier, des scientifiques ont fait voir (ou plutôt entendre ce phénomène)
Si vous voulez l'entendre, c'est là:





Et si vous voulez le voir, c'est ici:


Simulation d'une collision entre deux trous noirs par Code_Utah


Et vous avez l'interview de Christophe Galfard sur France Inter la semaine dernière ici:
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1127547

Voici ce qu'il en dit: "Pour vous donner une idée de l'énergie dégagée, en 10 ou 20 millisecondes, l'énergie dégagée par la collision correspond à 50 fois l'énergie dégagée par toutes les étoiles de l'univers en entier. Ca a été enregistré le 14 septembre dernier, mais si on était à côté de cet endroit, ça s'est passé il y a 1,3 milliards d'années"

Et une émission de France Culture pour en savoir plus encore:



Ondes G : les traces d'un orgasme cosmique par franceculture
Albert Einstein

Voici les calculs d'Albert Einstein expliquant les ondes Gravitationnelles:
La formule du quadrupôle obtenue par Albert Einstein en 1916 permet de relier l'amplitude de l'onde émise par un système physique à la variation de son moment quadrupolaire Q :
h = \frac{2 G}{c^4 r} \ddot{Q}(t-r/c)
Pour un système continu doté d'une densité volumique de masse \rho(x,y,z), celui-ci est14 Q_{ij}=\int\, \rho(3r_i r_j-\|\vec{r}\|^2\delta_{ij})\, d^3\bold{r} où les indices i,jcorrespondent aux coordonnées cartésiennes x,y,z et \delta_{ij} est le symbole de Kronecker.
La petitesse du facteur 2 G/c^4 \approx 1,65 \times 10^{-44} \rm \; m^{-1} \cdot kg^{-1} \cdot s^2 traduit la grande rigidité de l'espace-temps. Il faut la compenser par de grandes variations du moment quadrupôlaire pour produire des ondes gravitationnelles détectables.
Ceci a plusieurs conséquences importantes. Les systèmes dont la dynamique est à symétrie sphérique (sphère en expansion ou en contraction) ou à symétrie cylindrique (disque en rotation sur son axe) n'émettent pas d'ondes gravitationnelles puisque leur moment quadrupolaire reste constant.

Joseph Bey: 

Curieusement au niveau de l'actualité, les étoiles se retrouvent également sur les toiles des expositions. Vous avez par exemple à la galerie Jean-François Kaiser. Joseph Bey nous parle de l'homme et de l'espace infini (et des espaces "fripés" - sont-ils sujets aux ondes gravitationnelles?) et vous en avez un aperçu dans le billet consacré aux expositions de ce mercredi 10 février).


Gérard Grisey

A propos de trous noirs, nous vous avions déjà proposé lors du festival Musica et que je vous ai fait entendre le 9 octobre 2011.

Revoici donc l'oeuvre "Le noir de l'étoile" de Gérard Grisey qui nous fait entendre le son de deux pulsars, des corps célestes, sorte d'étoiles massives qui ont explosé mais ne sont pas devenus des trous noirs et qui émettent elles aussi des ondes - que vous allez entendre ici:



 

Le fleur du dimanche - Rrose - a vu un trou noir - Photo: lfdd


La Lettre - Léo Ferré:





La Lettre

Ton ombre est là, sur ma table,
Et je ne saurais te dire comment
Le soleil factice des lampes s'en arrange
Je sais que tu es là et que tu
Ne m'as jamais quitté, jamais
Je t'ai dans moi, au profond,
Dans le sang, et tu cours dans mes veines
Tu passes dans mon coeur et tu
Te purifies dans mes poumons
Je t'ai, je te bois, je te vis,
Je t'envulve et c'est bien
Je t'apporte ce soir mon enfant de longtemps,
Celui que je me suis fait, tout seul,
Qui me ressemble, qui te ressemble,
Qui sort de ton ventre,
De ton ventre qui est dans ma tête
Tu es la soeur, la fille, la compagne et
La poule de ce Dieu tout brûlant qui éclaire nos nuits
Depuis que nous faisons nos nuits
Je t'aime, je t'aime
Il me semble qu'on m'a tiré de toi
Et qu'on t'a sortie de moi
Quand tu parles je m'enchante
Quand je chante je te parle
Nous venons d'ailleurs, tous les deux.
Personne ne le sait.
Quand je mourrai tu ne pourras
Plus vivre que dans l'alarme
Tu n'auras plus un moment à toi
Tu seras mienne, par-delà
Le chemin qui nous séparera
Et je t'appellerai
Et tu viendras
Si tu mourais, tu m'appellerais
Je suis la vie pour toi, et la peine,
Et la joie, et la Mort
Je meurs dans toi, et nos morts
Rassemblées feront une nouvelle vie,
Unique, comme si deux étoiles se rencontraient,
Comme si elles devaient le faire de toute éternité,
Comme si elles se collaient pour jouir à jamais
Ce que tu fais, c'est bien, puisque tu m'aimes
Ce que je fais, c'est bien, puisque je t'aime
À ce jour, à cette heure, à toujours,
Mon Amour, mon Amour.


Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche

mercredi 10 février 2016

Quelques exposition entre Strasbourg, Paris et l'Allemagne

En ce début février, La Fleur du Dimanche vous donne rendez-vous pour quelques expositions, à Strasbourg et ailleurs.

Voici, en attendant un panorama un peu plus exhaustif, quelques pistes rapides pour prendre date. Surtout que l'actualité artistique vient de "collisionner" avec l'actualité scientifique...



Et c'est à la Galerie Jean-François Kaiser que cela se passe. 
L'exposition de Joseph Bey qui a débutée le 5 février s'est retrouvée en pleine actualité. 
Son travail d'une très grande épure interroge l'homme et sa place dans l'espace. Nous avons un aperçu de ses premières figures hiératiques et une vue de son parcours qui, après les "retables" interroge l'univers infini et son organisation spatiale. Avec un minimum de moyen, il nous fait toucher du doigt notre fragilité avec modestie. En même temps, il nous replace dans une compréhension scientifique de l'univers par le biais de ses "espaces fripés".
Et sa collaboration avec Robert Cahen avec une installation qui semble prophétique au vu de la révélation scientifique des "Ondes gravitationnelles" qui ont été annoncées cette semaine dans la presse vous encourage à visiter l'expositions... Bravo les artistes!

jusqu'au 27 février 2016.



Retable - Joseph Bey - Galerie Jean-François Kaiser - Photo: lfdd

Retable - détail - - Joseph Bey - Galerie Jean-François Kaiser - Photo: lfdd


Joseph Bey - Galerie Jean-François Kaiser - Photo: lfdd

Joseph Bey - Galerie Jean-François Kaiser - Photo: lfdd

Espaces - Joseph Bey - Galerie Jean-François Kaiser - Photo: lfdd

Espaces - détail - Joseph Bey - Galerie Jean-François Kaiser - Photo: lfdd

Espaces - détail - Joseph Bey - Galerie Jean-François Kaiser - Photo: lfdd


A la Galerie Bamberger, nous retrouvons avec plaisir de travail de Francois Bruetchy avec "Dessins Sens Dessus Dessous" qui nous emmène dans des ballades colorées et rythmées de traces sur le papier ou la toile et que nous suivons bien volontiers dans leur démarche sautillante

Exposition jusqu'au 2 mars 2016.


Jean-François Bruetchy - Galerie Chantal Bamberger



A la Chambre, l'expositions actuelle, "Perspectives XV", dans le cadre d'un programme d'accompagnement à la professionnalisation présente le travail de 5 photographes - Guillaume Chauvin - Thomas Kalinarczyk - Laurent Odelain - Oualid Ben Salem - Baptiste Schmitt - qui ont été suivi et encadrés pendant 8 mois et dont le travail aboutit à cette exposition: 
jusqu'au 28 février 2016.


La Galerie l'Estampe va présenter un hommage à Peter Klasen avec ses peintures à partir du 4 mars
jusqu'au 2 avril 2016.



  
Bertrand Gillig, propose une exposition à l'occasion de la Saint Valentin intitulée "Pas si Love" d'Ayline Olukman qui est maintenant installée à New-York. L’exposition aura pour thème "les paradis perdus", une idée de la luxuriance désuète, de nostalgie de l’été et d’une certaine innocence oubliée.
Exposition du 20 septembre au 18 octobre.

La Galerie Yves Iffrig montre les travaux de Pierre Savatier jusqu'au 5 mars 2016


Fredd Croizer à la Galerie Radial Art Contemporain nous présente à l'occasion du Week-End de la Saint Valentin le livre osé "Assez flirté, baisser culotte" ainsi que des dessins et des portraits et nus petits et grands accrochés aux murs.
Vernissage le 12 février à 18h30.
Exposition les 13 et 14 février 2016.


Le Petit Cabinet du Pont de Pierre, ancienne lieu d'aisance transformé en espace d'accueil pour l'Art, géré par l'Association Envie de Quartier.  propose actuellement - et c'est totalement d'actualité avec l’anniversaire de DADA - voir mon billet du l'installation de Laurent Kohler: "Fontaine, le retour" en hommage à Marcel Duchamp.
Depuis le 4 février 2016. Jour et nuit !


Du côté de Metz, au Centre Georges Pompidou, une nouvelle exposition de Tadeshi Kawamata a démarré le 6 février et 
jusqu'au 15 août 2016. Si vous y allez avant le 28 mars, vous aurez aussi un aperçu sur la relation de l'art et les "esprits avec "Cosa Mentale"

Au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, l'exposition de Valérie Favre , "La Première Nuit du Monde" est visible jusqu'au 27 mars 2016

Et au Musée Tomi Ungerer, vous avec "Fit To print", les "illustres" illustrateurs issus de la HEAR - Arts Déco de Strasbourg et qui ont eu les honneurs du New Yorker, comme Tomi en son tenps...
Et à Paris à Beaubourg, Centre Georges Pompidou, ne ratez pas l'exposition de Wilfredo Lam (jusqu'au 15 février, à découvrir) et surtout le travail d'Anselm Kieffer dans une très exhaustive rétrospective à voir jusqu'au 18 avril

De l'autre côté de la frontière, à Karlsruhe, bientôt Art Karlsruhe, du 18 au 21 février, 

Et à Baden-Baden, ne ratez pas l'exposition de Gerhard Richter au Musée Frieder Burda intitulée "Birkenau", et consacrée à son travail sur l'image du camp, à partir de photographies faites par les "Sonderkommandos juifs" et à partir desquelles il a travaillé sur la "représentation" de l’irreprésentable en 2014.

Je vous en parlerai bientôt...
  
Bonnes expositions

La Fleur du Dimanche 

Fleur du Dimanche.

dimanche 7 février 2016

Da, Da, Da, Dada ist Da.. Oui, Tzara est parti mais Dada est revenu.

Les fantômes, tout le monde le sait, sont des revenants. Les orchidées fantômes (voir mon billet du 3 janvier 2016) aussi!

D'abord, elle est da, da:


Da, da, l'orchidée est là - Photo: lfdd



Puis elle est da, da, da....: 


Da, da, l'orchidée est là - Photo: lfdd



Dada aussi, revient, et en plus c'est son anniversaire. Alors, "Bon Anniversaire Dada"!

Effectivement, il y a cent ans, le 4 février, Hugo Ball et  Emmy Hemmings ouvraient le Cabaret Voltaire à Zurich qui lança le mouvement Dada, avec Tristan Tzara Hans Arp et Sophie Tauber, entre autres. Hugo ouvrit la danse en créant ce que l'on pourrait appeler la première performance de l'histoire de l'Art: La déclamation du poème "Gadji beri bimba"




gadji beri bimba glandridi laula lonni cadori
gadjama gramma berida bimbala glandri galassassa laulitalomini
gadji beri bin blassa glassala laula lonni cadorsu sassala bim
gadjama tuffm i zimzalla binban gligla wowolimai bin beri ban
o katalominai rhinozerossola hopsamen laulitalomini hoooo
gadjama rhinozerossola hopsamen
bluku terullala blaulala loooo

zimzim urullala zimzim urullala zimzim zanzibar zimzalla zam
elifantolim brussala bulomen brussala bulomen tromtata
velo da bang band affalo purzamai affalo purzamai lengado tor
gadjama bimbalo glandridi glassala zingtata pimpalo ögrögöööö
viola laxato viola zimbrabim viola uli paluji malooo

tuffm im zimbrabim negramai bumbalo negramai bumbalo tuffm i zim
gadjama bimbala oo beri gadjama gaga di gadjama affalo pinx
gaga di bumbalo bumbalo gadjamen
gaga di bling blong
gaga blung isan....





Et Dada, depuis cent ans a essaimé dans le monde entier, en particulier avec Kurt Schwitters et son mouvement "Mertz" ou Marcel Duchamp, dont se réclame Ai Weiwei (voir mon billet de cette semaine).
Tristan Tzara, "L'Homme approximatif" a quitté l'affiche du Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, vous avez encore la possibilité d'acheter le catalogue de 356 pages. L'exposition avait pris un peu d'avance sur le centenaire... Mais depuis le 5 février et pendant 165 jours, cet anniversaire sera fêté chaque jour au Cabaret.

Une exposition, reprenant le  projet "Dadaglobe" de Tristan Tzara jamais abouti de rassembler - et d'exposer les oeuvres autour du mouvement de plus de 40 artistes a lieu au Kunsthaus de Zurich du 5 février au 1er mai 2016, intitulé "Dadaglobe Reconstructed" et en ligne (cela devrait plaire à Ai Weiwei), vous avez "Dadadigital".
Et comme Dada n'est pas triste, il y aura même un Bal costumé Dada le 13 février!



Ajouter une légende

Dada le roi

Adrien Notz, qui a relancé le Cabaret Voltaire à Zurich en 2014 n'est pas triste non plus. Il avait promis à l'ouverture du Cabaret de donner 10.000 Francs Suisses à la personne qui prénommerait son enfant Dada.
Et Dada Izevbigie fut l'heureux gagnant. Son père, Nigérien l'a nommé ainsi parce que dans so pays, "Dada" signifie "Deviens Roi".
Le petite histoire ne dit pas si les 10.000 Francs ont été donnés en coupures de 50 francs, à l’effigie de Sophie Taeuber-Arp....

Si vous voulez en savoir davantage sur Dada, je vous invite à regarder deux films le premier court (5 minutes) sur Dada et le Cabaret Voltaire:




Le deuxième un peu plus long:  "
DADA Ultimate anthology [face A]"
If dada was a virus...
...and not a vaccin.
Does it change anything ?

Et si dada était un virus...
...est non un vaccin.
Est-ce que cela changerait quelque chose ?

Avec des films Hans Richter, Fernand Léger & Dudley Murphy, Man Ray et Walther Ruttmann et des interviewes de Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Max Ernst, Raoul Hausmann, des poèmes de Jean Arp,  Kurt Schwitters, Mehring, Tristan Tzara, Marcel Duchamp, Hans Richter, Vogel, Jancd, Huelsenbeck, Raoul Hausmann et Jean Ribemond Dessaignes...



Et en prime, un petit bijou méconnu, Bernard Lavilliers chantant la "Chanson Dada" de Tristan Tzara:




Chanson dada

I
la chanson d'un dadaïste
qui avait dada au coeur
fatiguait trop son moteur
qui avait dada au coeur

l'ascenseur portait un roi

lourd fragile autonome
il coupa son grand bras droit
l'envoya au pape à rome

c'est pourquoi

l'ascenseur
n'avait plus dada au coeur

mangez du chocolat

lavez votre cerveau
dada
dada
buvez de l'eau

II

la chanson d'un dadaïste
qui n'était ni gai ni triste
et aimait une bicycliste
qui n'était ni gaie ni triste
mais l'époux le jour de l'an
savait tout et dans une crise
envoya au vatican
leurs deux corps en trois valises

ni amant

ni cycliste
n'étaient plus ni gais ni tristes

mangez de bons cerveaux

lavez votre soldat 
dada
dada
buvez de l'eau

III

la chanson d'un bicycliste
qui était dada de coeur
qui était donc dadaïste
comme tous les dadas de coeur

un serpent portait des gants

il ferma vite la soupape
mit des gants en peau d'serpent
et vient embrasser le pape

c'est touchant

ventre en fleur
n'avait plus dada au coeur

buvez du lait d'oiseaux 

lavez vos chocolats
dada
dada
mangez du veau

Tristan Tzara (1923)


Et comme Dada n'est toujours pas triste, un pot-pourri de chansons autour de Dada, avec  Bourvil "A DADA":



A Dada

Je vais vous chanter à cheval, à cheval, vous comprenez ? 
à dada, vous allez voir, c'est bien aussi... 

Quand papa demanda à ma mère

"Voudrais-tu m'épouser à dada"
ma maman répondit pour lui plaire
on ira se marier à dada
mais au lieu de dire oui devant l'maire
tout émus ils ont dit à dada
après ça aussitôt ils allèrent
a midi, au dodo, à dada...

[Refrain] :

àààà dada, àààà dada
et fouette fouette fouette
fouette fouette laaa...

au refrain, avec moi, à dada


quand maman recevait le notaire

on servait le café à dada
quand papa pêchait dans la rivière
il trempait l'asticot à dada
le dimanche on faisait la prière
a genoux mais tjrs à dada
et pendant ce temps la le grand père
jouait aux billes en faisant "a gaga"

[Refrain]


plus fort j'en entends un qui chante pas dans l'fond


mes cousins mes 2 sœurs et mon frère

pratiquaient le tennis à dada
grand maman quand elle fut centenaire
a fumé un cigare à dada
le docteur pour soigner mon grand père
lui glissa l'thermomètre à dada
vous voyez qu'ici bas sur la terre
tout va bien quand on est à dada

[Refrain]



à dada, à dada, à dada, à dada, da, da...


Henri Salvador : Da, da, niet, niet, niet,"





Et les "humoristes" allemands du groupe Trio qui avant l'heure ont rendu hommage à Dada en 1982 en lançant un succès mondial:

Trio - Da Da Da (1982)



Bon Dimanche et bon Dada!


La Fleur du Dimanche 

Complément du 08 février: 


DADA DATA : 
Dada-Data est un salut aux 100 ans du mouvement dada, un hommage viral, vivant, vibrant, et ancré dans notre époque, comme Dada était en guerre contre la sienne. 
Dada-Data est un anti-musée aléatoire des oeuvres phares dada.
"Cent ans en arrière, c’était la photo, la presse, la photo de presse, les premières radios, les nouvelles chaînes de montage, la machine qui s’impose, et la guerre mécanique qui jubile, gaz moutarde et tranchées de boue, et Dada qui adopte et critique dans un même mouvement cette double culture, aujourd’hui triomphante : médias et machine. Kurt Schwitters découpait journaux et publicités, Max Ernst tailladait des catalogues de vente par correspondance, et Hannah Höch piochait dans les magazines féminins. Désormais, c’est YouTube, Facebook, Instagram. La différence : la couleur. La technologie ne compte pas, seule la technique prime. Découpons le Web comme Dada la vie."

"Dada-Data (coréalisé avec Anita Hugi et Akufen, produit par Arte/SSR SRG), ça démarre ce vendredi, avec le Dada-Block, qui remplace les pubs du web par de vraies réclames Dada, et par le ReadyMade Connecté, où Marcel Duchamp se fait 3D." 
http://dada-data.net/fr/

Vous pouvez y participez avec Libération aux «hacktions» hebdomadaires.
http://www.liberation.fr/apps/2016/02/datadada/


Centre Culturel Suisse de Paris - Hommage à Sophie Taeuber-Arp:
Denis Savary  avec le spectacle "Lagune" (2016, première française).

Réalisée à l’occasion du centenaire du mouvement Dada, Lagune s’articule autour de The Robot King, une marionnette imaginée par Sophie Taeuber-Arp. Six danseurs et une marionnettiste évoluent dans un décor constitué de modules de façades en plexiglas coloré et de sacs de boxe noirs
Du mardi 22 au mercredi 23 mars 2016 à 20h00

http://www.ccsparis.com/events/view/denis-savary-2

Exposition: 
«Raoul Hausmann, Dadasophe - de Berlin à Limoges»
Du 27 février au 12 juin au musée départemental d’art contemporain de Rochechouart (87).


vendredi 5 février 2016

Ai Weiwei du - bon - Marché à la - mauvaise - Plage, itinéraire d'un dissident déraciné

Ayant fait de la prison en Chine, assigné à résidence, et privé de visa, Ai Weiwei a enfin pu quitter la Chine le 30 juillet 2015 pour aller voir son fils à Berlin, où il est resté.
L'artiste, architecte (il a collaboré avec le cabinet Herzog et De Meuron pour le stade Olympique de Pekin en 2008), performeur et blogueur -  il disait dans le N° spécial de Libération qui lui était consacré en le 22 février 2012
"Ma patrie, si je devais en choisir une, ce serait l'Internet, car son espace et ses frontières satisfont largement à mon imagination. Les autres "patries" ne sont pas à la hauteur."

Et effectivement, épris de liberté, il jouait les filles de l'air même quand il était interdit de sortir du territoire après avoir critiqué la censure et la répression en Chine, en particulier suite au tremblement de terre dans le Sichuan où il publie le noms des enfants victimes suite à la non-conformité anti-sismique des constructions autorisées par le gouvernement et surtout suite aux événements de la Place Tien Anmen où il a lancé son "Etude de la perspective", "le Doigt d'honneur à Mao" qu'il a décliné à Paris avec la Tour Eiffel...


Ai Weiwei - Etude de perspective - Tien an Men - Doigt d'honneur à Mao

Ai Weiwei - Etude de perspective - Paris

En prison, ou en résidence surveillée, il a continuer à exposer, en particulier justement à Paris, au Jeu de Paume en 2012 ou à Alcatraz en 2014, dans l'ancien pénitencier où il a réalisé l'exposition @Large (au large de de New York): 176 portraits de prisonniers politiques vivants ou morts entièrement réalisés avec 1,2 millions de briques LEGO. Lego qui, soit dit en passant, n'est plus aussi coopératif, puisque le fabricant de jeu pour enfants a refusé la dernière commande d'Ai Weiwei pour réaliser des portrait de dissidents australiens pour une exposition à la National Galery of Victory de Melbourne pour des raisons politiques, curieusement au moment où Lego décide d'ouvrir un Legoland à Shanghai. 


Ai Weiwei - @Large - Alcatraz


Après l’annonce du refus de la marque, Ai Weiwei “a été submergé par des dons de Lego venant d’artistes et de followers du monde entier via les réseaux sociaux”, explique le The Sydney Morning Herald.




L'actualité plus proche est son exposition actuelle à Paris dans le Grand Magasin de la Rive Gauche, "Le Bon Marché" intitulée ErXi - Air de jeu et où il réinterprète les êtres et esprits de la mythologie traditionnelle chinoise à la lumière d'aujourd'hui, dont les Robots que je vous avais proposés le 24 janvier ou l'oiseau bleu du réseau Social Twitter dans la vitrine.



Ou encore la Bicyclette avec des fleurs, hommage à Marcel Duchanp, un des maître inspirateur de l'artiste.




Dans l'escalier du magasin, vous avez un mur de Selfie dont voici, entre autre le nombril de l'artiste ou le Selfie aux Fleurs qui va bien au site.







Et à côté et au dessus des escalators centraux, toute une faune magique en bambou et papier vous survole et vous surveille...

Ai Weiwei - Dragon ecaladant - Au Bon Marché - Photo: lfdd

Ai Weiwei - Les oiseaux chu - Au Bon Marché - Photo: lfdd


Ai Weiwei - Rencontre-favorable - Au Bon Marché - Photo: lfdd

Ai Weiwei - Le Wu céleste - Au Bon Marché - Photo: lfdd

Vingt-deux créatures suspendues dans les airs vous accompagnent dans l'espace centrale et vous avez tout loisirs de tourner autour d'eux.

Récemment, et à deux occasions a encore fait parler de lui avec sa liberté de décision et d'action - ou d'interprétation, d'une part, en protestation contre "l’adoption, mardi 26 janvier, par le parlement danois, d’une loi qu’il juge «honteuse». Celle-ci permet notamment aux autorités danoises de saisir les biens des réfugiés au delà d’une valeur de 1300 euros." 
"L’artiste chinois Ai Weiwei a annoncé qu’il retirait ses oeuvres du musée d’art moderne ARoS situé à Aarhus, au Danemark."
En savoir plus dans l'article paru dans Le Monde du 29/01/2016.

Et encore plus récemment, Ai Weiwei a reproduit la photo montrant le cadavre du petit Syrien Aylan échoué sur une plage grecque.





 L'artiste chinois a passé plusieurs jours sur l'île de Lesbos en solidarité avec les migrants qui risquent leur vie en traversant la Méditerranée. Il demande un #SafePassage - plus de sécurité pour les réfugiés.





#SafePassage

La Fleur du Dimanche

mercredi 3 février 2016

I Apologize: l'hésitation danse l'hésitation. Gisèle Vienne trouble.

Le premier tableau fait jaillir une constatation venue du coeur d'un spectateur au coeur du public: "Ça promet", et effectivement, "I Apologize" a tenu ses promesses.


I Apologize - Gisèle Vienne - Photo: Philippe Munda

Pas d'excuses, l'hésitation est partout, dans les mouvements des danseurs-acteurs, déjà à l'entrée en scène, dans la perception que le public peut avoir de ce qui se passe sous ses yeux: 
Sont-ce des vraies poupées ou de faux danseurs, des jeunes filles qui prennent vie dans le désir du spectateur que ce ne soient pas des êtres inanimés, dans le décor qui se construit et se déconstruit dans un va et vient fébrile et nerveux, dans le texte qu'on entend - qui parle - dans cette langue qui volontairement n'est pas comprise forcément par le spectateur (même si la traduction est dans le livret de salle), dans le temps qui ne dit pas son trajet, dans les attitudes que l'on n'arrive pas à décoder - Jonathan Capdevielle electron libre chargé.





Et puis la musique qui hésite entre le silence et un fracas assourdissant, un bruit d'enfer, dans les coups de feu qui ne se tirent pas et ne tuent pas des poupées mortes...
Et nous nous tuons les yeux à voir ces poupées bouger, comme on rêverait de revoir une personne qui, c'est sûr, n'est plus là ou pas là. Et de les voir ainsi immobile, incarnant notre envie de vie, hésitant entre l'angoisse et le désir.

Et surtout cet impressionnant corps mort qui danse la mort dans toute son immobilité et se retrouve en train de revivre sous un baiser d'amour philiaque - hiératique et imposant Jean-Luc Verna. Et nous joue de tours et des poses de fantasmes.

Et cette danseuse qui hésite entre la danse et une merveilleuse poupée mécanique, qui est également dans l'instabilité totalement maîtrisée - intrigante Katia Petrowick qui habite magnifiquement le rôle créé par Katja Rottgerkamp

Et bien sûr ,cette hésitation qui nous empêche de savoir si nous sommes dans du réel, du rêve et du fantasme. Et même de ne pas savoir si la suite du spectacle n'a pas eu lieu avant déjà.

Et pour finir, personne n'est mort, parce que le mort se relève et s'enfuit courant avec le pistolet qui l'a laissé - semble-t-il - pour mort en ciblant le ciel....   

Cette hésitation, ce trouble Gisèle Vienne dans ce dernier spectacle en joue complètement avec le spectateur, qui, piégé par cette attente - son attente - et sa projection va l'emmener dans un voyage fantasmatique, à la limite du mal-être, jouant sur les marges, les attitudes et le décalage entre les relation humaines réelles et le rêve éveillé, une certaine inquiétante étrangeté dont nous ne sortons pas indemne.

Avec le besoin de se rejouer ces "scènes primitives" et de lire la traduction du texte. Par exemple:
"Tu as l'air de penser que je ne suis pas comme les autres, tu l'as toujours cru d'ailleurs, même quand je te faisais les pires crasses, et c'est pour ça que je t'aime autant. Pourtant, au final, on dirait que je ne suis pas si différent que ça."..... "Avant je n'arrêtais pas de me regarder le nombril pour mieux me comprendre, mais maintenant j'ai juste envie d'agir, et non de réfléchir."

"Pas le gosse qui rêvait que ce serait quelque chose de magique? Pas le gosse qui pensait qu'il s'adapterait à tout comme un astronaute. Pas le gosse qui tombait dans les vapes sur le bitume comme si c'était son sac de couchage...."....




"I Apologize" est une pièce de Gisèle Vienne, Dennis Cooper (texte) et Peter Rehberg (musique), crée en collaboration avec et interprétée par Jonathan Capdevielle, Katia Petrovick et Jean-Luc Verna.

représentations au Maillon Strasbourg le 3, 4 et 5 février 2016

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche