dimanche 10 juillet 2016

Suis ta Destinée, Portugal, accroche-toi à la branche et arrache l'orobanche

On ne peut pas ne pas en parler, vu les circonstances et l'environnement, alors je vais vous le faire en décalé, peu importe le résultat.

En premier, de beaux lys jaunes (je vous laisse en décrypter la signification):


Lys  de jardin - Photo: lfdd


En deuxième, je pars directement sur un poème de Fernando Pessoa, grand poète d'un pays d'actualité.


Suis ta destinée

Suis ta destinée,
Arrose les plantes,
Aime les roses.
Le reste est l’ombre
D’arbres étrangers.

La réalité
Est toujours plus ou moins
Que ce que nous voulons.
Nous seuls sommes toujours
Égaux à nous-mêmes.

Vivre seul est doux,
Vivre simplement,
Toujours, est noble et grand,
Sur les autels, en ex-voto
Pour les dieux, laisse la douleur.

Regarde la vie de loin.
Ne l’interroge jamais.
Elle ne peut rien
Te dire. La réponse
Est au-delà des dieux.

Mais sereinement
Imite l’Olympe
Au fond de ton coeur.
Les dieux sont dieux
Parce qu’ils ne se pensent pas.


Suivons ses bons conseils et arrêtons-nous un moment de penser (c'est tout à fait d'actualité!).

Et pour enfoncer le clou, je vous remets quelques phrases émises par le poète - rappelez-vous, dimanche dernier, un autre poète, Yves Bonnefoi semblait nous conduire sur les mêmes chemins.

Voici donc quelques citations éparses glanées dans les livres de Fernando Pessoa:

L'essentiel c'est qu'on sache voir,
qu'on sache voir sans se mettre à penser,
qu'on sache voir lorsque l'on voit,
sans même penser lorsque l'on voit
ni voir lorsque l'on pense. 


Ah, comme les plus simples des hommes
sont malades et stupides et confus
auprès de la claire simplicité
et de la toute saine existence
des arbres et des plantes ! 


les choses n'ont pas de signification : elles ont une existence.
Les choses sont l'unique sens occulte des choses. 


Nous avons tous deux vies :
la vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance, et que nous continuons à rêver, adultes, sur un fond de brouillard ;
la fausse, celle que nous vivons dans nos rapports avec les autres,
qui est la pratique, l'utile,
celle où l'on finit par nous mettre au cercueil. 


j'entends passer le vent,
et je trouve que rien que pour entendre passer le vent, il vaut la peine d'être né


Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer ! 


Je vous remet une couche de lys: 


Lys  de jardin - Photo: lfdd

Et la dernière citation de Pessoa fait écho à une chanson presque introuvable sur internet...

Pourquoi faut-il qu'on ait un piano ?
Le mieux est qu'on ait des oreilles
et qu'on aime la Nature. 

La chanson s'appelle "La portugaise", je vous en livre les premières paroles:
"La Portugaise est morte
Ensablée
En renversant le sablier
Que le diable l'emporte
Elle a rendu son tablier..."

N'y voyez pas de prévisions macabres juste un peu d'humour. 

C'est une chanson d'Yvan Dautin, en voici une horrible version filmée sûrement au téléphone, mais bon elle a le mérite de montrer qu'elle existe: 




Sinon vous pouvez aussi aller sur Deezer et l'écouter, si le coeur vous en dit, ici:
http://www.deezer.com/artist/193357


Et pour continuer, je vous fais un petit parcours chez les lusitaniens - je n'ai pas dit "t'as rien"!

Ladies first et first lady, Amália Rodriguez qui nous chante "La maison sur le port"






En portugais: "Uma casa portuguesa" 

 


Puis "Les cloches de Lisbonne" chantées par Maria Candido




Puis Gloria Lasso:




Et pour finir, disons "Adieu à LisbonneaveGloria Lasso




Puis Dario Moréno

   



Je laisse la conclusion à Fernando:


"Bienheureux ceux qui ne confient leur vie à personne."

Et avant un petit Porto en apéro, je vous dois de vous mettre en garde contre l'orobanche (citée dans le titre). Méfiez-vous en c'est une plante parasite qui "pompe" l’énergie des autres plantes sur lesquelles elle s'installe. 

Bon dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 3 juillet 2016

100.000 fleurs pour l'été et des adieux, un fois, deux fois, trois fois....

100.000 fleurs, c'est ce que je vous offre pour ce premier dimanche de juillet, en référence aux 100.000* pages vues sur le blog de la Fleur du Dimanche.
Et cent mille mercis à vous lecteurs quotidiens (pas que dominicaux) de ce blog qui existe maintenant depuis 2010 jours....
Et pour passer l'été, je fais appel à vous - comme le printemps était pluvieux - pour me procurer les fleurs qui vous accompagnerons en vacances. Je n'en ai plus en "réserve" alors, chassez-les dans votre jardin, dans les prés et où vous pouvez, pour que je puisse les partager avec vous pendant la période estivale.
Merci de me les envoyer par mail avant le 14 juillet et de m'autoriser à les publier jusqu'à la rentrée.

Les fleurs sont rares, mais les hommages pleuvent, aujourd'hui, avec des fleurs en pot ou en vases, j'avais prévu de rendre 3 hommages, l'actualité a fait grimper le chiffre....

Mais tout d'abord, celui qui a eu l'honneur le 2 mars 2011 à une page - la 5ème de la Fleur du Dimanche et la première à ne pas avoir été publiée un dimanche - Yves Bonnefoy, qui, à l'occasion de sa venue à Strasbourg a vu son poème "Un arbre", illustré d'un "mural" d'Aleschinsky publié sur notre blog.



Pot de fleurs de galerie - Photo: lfdd


Yves Bonnefoy, dont tout le monde - ou presque a parlé cette semaine est mort, l'occasion de publier en TVA quelques-unes de ses réflexions et de ses poèmes. La première citation est en ligne droite de nos dernières publications (voir Fleur, feuille, fruit: Savons-nous toujours ce que nous désirons? et les réponses de dimanche dernier)

"A quoi bon tant désirer
Mais sans pouvoir ? Avoir voulu parler
Mais sans phrases pour dire ? Avoir regret
Mais seul, et sans qu’un autre ait pu comprendre?"

Et concernant la poésie, une réponse - ou une injonction:

"Le lecteur de la poésie n'analyse pas, il fait le serment de l'auteur, son proche, de demeurer dans l'intense."

Yves Bonnefoy n'a pas beaucoup parlé de fleurs - même si un de ses articles publié en 1972 dans Mouvements premiers, Études critiques chez José Corti était intitulé "La fleur double et la sente étroite".

Il disait aussi dans un entretien avec Amaury da Cunha dans Le Monde des livres le 12 novembre 2010, à propos des motes et des choses, et surtout de la poésie et du son - premier :

"Cette idée de la chose comme un interlocuteur, c’est rappeler l’expérience de l’enfant avant que peu à peu il ne se laisse convaincre, par l’exemple et l’enseignement des adultes, d’appréhender le monde comme une donnée passive, manipulable: comme du réifié et non du vivant. Je crois que la poésie n’est que la préservation de ce sentiment de présence de tout à tout qui faisait le bonheur et aussi l’angoisse des “journées enfantes” […]. Et comment préserver cette expérience première, cela peut être, c’est même à mon sens la principale façon, par la perception dans les vocables de leur son, leur son comme tel qui est au-delà, dans chacun, des signifiés par lesquels la pensée conceptualisée voile en eux la présence possible de ce qu’ils nomment."


Donc, place à sa poésie, un petit bouquet:

Les Planches courbes 

Je me souviens, c'était un matin, l'été,
La fenêtre était entrouverte, je m'approchais,
J'apercevais mon père au fond du jardin.
Il était immobile, il regardait
Où, quoi, je ne savais, au-dehors de tout,
Voûté comme il était déjà mais redressant
Son regard vers l'inaccompli ou l'impossible.
Il avait déposé la pioche, la bêche,
L'air était frais ce matin-là du monde,
Mais impénétrable est la fraîcheur même, et cruel
Le souvenir des matins de l'enfance.
Qui était-il, qui avait-il été dans la lumière,
Je ne le savais pas,je ne sais encore.


L'heure présente

Leurs doigts se touchent
Presque, mais dans le rien de cet écart
S’ouvre l’abîme entre être et apparence.


QUE CE MONDE DEMEURE  - VI

Bois, disait celle qui
S'était penchée,
Quand il pleurait, confiant,
Après sa chute.

Bois, et qu'ouvre ta main
Ma robe rouge,
Que consente ta bouche
À sa bonne fièvre.

De ton mal presque plus
Rien ne te brûle,
Bois de cette eau, qui est
L'esprit qui rêve.


L'heure présente

Le bonheur ne m’a guère souri sur cette terre.
Où vais-je ? Je cherche dans ces montagnes
Le silence, la paix du cœur. C’est ma patrie,
Je n’errerai plus jamais loin d’elle.
Les cimes de partout redeviennent bleues,
Vais-je te dire adieu ? Non, qu’à jamais,
A jamais bruisse l’eau, refleurisse l’herbe !



Pot de fleur de musée - Centre Pompidou -  Beaubourg -  de Rijke et de Rooij - Photo: lfdd

Pour information, le bouquet des artistes de Rijke et de Rooij est la reconstitution du bouquet de la commémoration de la fête nationale du 5 mai (souvenir du 5 mai 1945 , libération des Pays-Bas) célébré en Iraq au camp Smitty, le 5 mai 2004, autre symbole de libération.


Le deuxième hommage, c'est pour Michel Rocard qui a dit: 
"Le métier politique ne consiste pas à inventer les solutions. C'est l'affaire d'experts, de chercheurs, de spécialistes en sciences exactes et plus encore en sciences humaines. Le métier politique, explicitement et limitativement, consiste, devant un problème repéré, à faire l'inventaire des solutions proposées par la science ou la technique, puis à choisir celle qu'il pense pouvoir faire accepter à l'opinion et grâce à cela la traduire dans les décisions législatives ou réglementaires."

Michel Rocard a aussi été à l'origine d'une phrase reprise récemment et qui a fait polémique, en voici un extrait plus complet du discours où il a parlé du problème - aigu - de l'accueil des immigrants (plus complet - mais pas la totalité - du discours ici):

"Il y a, en effet, dans le monde trop de drames, de pauvreté, de famine pour que l'Europe et la France puissent accueillir tous ceux que la misère pousse vers elles. Aussi bien, et si pénible que cela soit pour les fonctionnaires quotidiennement confrontés à des situations humaines déchirantes, nous faut-il résister à cette poussée constante.

Pour autant, nous savons tous que nul gouvernement n'a le pouvoir, quand bien même il en aurait l'intention, de faire de notre pays une sorte de bunker parfaitement étanche (...).


Notre histoire ne nous y porte pas et, de toute façon, notre géographie nous en empêcherait.

A partir de ce constat, certains considèrent que la seule solution consiste à nous bâtir à l'étranger une réputation de rigueur suffisante pour dissuader l'immigration. Faisons en sorte, disent-ils, que tous les candidats à l'immigration clandestine sachent nos frontières infranchissables, et ils renonceront à venir. Je ne sous-estime pas cet aspect. (...)

Au-delà, je voudrais que le problème soit enfin perçu au niveau où il se pose.

Vue du fin fond de l'Afrique ou de l'Asie, la France est toujours la France, que son Premier ministre soit socialiste ou président du RPR. (...)

Ceux qui vivent, ou plutôt qui survivent, dans le plus extrême dénuement voient la France comme une terre de liberté et d'opulence. Et dans la situation où ils se trouvent, ils sont bien souvent prêts à affronter n'importe quel risque pour atteindre des pays qui, vus du leur, leur apparaissent comme une espèce d'Eldorado.

Ainsi, pour lutter efficacement contre l'immigration, il faut agir sur les causes et pas seulement sur les effets. Agir sur les causes, cela signifie contribuer à ce que les populations concernées puissent avoir un espoir chez elles plutôt que de venir le rechercher chez nous.

Cela exige donc avant tout de mener une politique de coopération ambitieuse et de mettre un peu d'ordre dans les affaires économiques de la planète.
La solution réelle du problème, elle est là et là seulement. 
(...)
Mais il nous faut aussi avoir la lucidité de savoir que cette solution ne pourra jamais être à la mesure du problème, qu'elle ne sera pas suffisante à le régler. Elle est un pis-aller nécessaire, tandis que le remède unique et véritable ne réside que dans le développement du Tiers Monde."


Le troisième hommage était pour un artiste: Jean-Pierre Bertrand, né en 1937, qui est mort hier.

Voici, en échos aux fleurs du jour, un vue d'une de ses expositions avec des citronniers en pot (et ses tableaux):


Exposition Jean-Pierre Bertrand 


Il se trouve que l'actualité, très généreuse a gonflé le nombre des hommages du jour en y rajoutant Elie Wiesel et Michael Cimino (réalisateur de "Voyage au bout de l'enfer").
Voici, pour finir pour les TVA, une phase du prix Nobel de la Paix, prononcée lors du Discours de remise du prix à Oslo, le 10 décembre 1986:
"La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté."

Et une autre de ses pensées:

“Un être humain est libre, non quand l'autre ne l'est pas, mais quand l'autre l'est aussi.”

Pot de fleurs de galerie - Photo: lfdd

Et pour finir en chanson, pour clore la question du désir et de l'envie, une chanson de Jeanne Balibar: Le Tour Du Monde


 


Le Tour Du Monde :

Je voudrai faire le tour du monde
Par les Indes, le Pacifique
Le Bosphore et les Amériques
Retrouver quelques personnages
Morts à mon âge

Le tour du monde
Le tour du monde

Le tour de la question des morts
Sur terre, en mer et dans le ciel
Je veux mettre un terme aux rumeurs
Avoir un amant officiel
Mon officiel

Le tour du monde
Le tour du monde

Je veux être une enfant qu'on garde
Me faire enfermer en première
Un tour de l'enfer en frégate
Un chemin de croix en croisière
Croix en croisière

Le tour du monde
Le tour du monde

Regarder dans ma longue vue
Le relief de ma longue vie
Mettre en joue et tirer à vue
Sur ce dont je n'ai plus envie
N'ai plus envie

Le tour du monde
Le tour du monde
Le tour du monde
Le tour du monde.


Et pour finir de vous torturer avec sa voix , encore Jeanne Balibar avec Torture:





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

* pour les 100.000 vues en 2.009 jours, sachez que cela fait en moyenne 50 pages vues par jour (sachant que les 2 premier mois - mars et avril 2011 n'ont vu que 120 visiteurs environ) et que la moyenne générale des pages est de 150 vues - la première du classement étant la page du 10 novembre 2013 "La Fleur du Dimanche paresse sous la pluie" vue plus de 1250 fois (sachez aussi que le nombre de pages vues est supérieur à ce chiffre - qui n'est qu'un minimum, l'outil Google rétrogradant de temps en temps le nombre de pages vues en "ôtant" des lecteurs....

L'été sera musical à Strasbourg et en Alsace

L'ensemble Accroche Note a donné d'une certaine manière le top départ d'une saison musicale estivale à Strasbourg, avec ses trois concerts à l'église du Bouclier (voir le programme ce lundi et le premier concert mardi).
Ce qui s'annonçait comme un beau programme a tenu toute ses promesses les deux soirées suivantes.
La deuxième, consacrée à Chostakovitch, Dusapin et Schoenberg, très équilibrée et complète nous a permis de découvrir un beau Trio N° 1 Opus 8, le premier du musicien, à la fois romantique, calme et enjoué, serein et dense à la fois.

Accroche Note - Wilhem Latchoumia - Armand  Angster - Photo: lfdd

Et puis les petits bijoux "en passant", By the way de Pascal Dusapin, carte postales de quelques villes d'Europe, joués avec autant de concentration et de concentration par Wilhem Latchoumia et Armand Angster. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Pierrot Lunaire - Arnold  Schoenberg - Photo: lfdd

Et pour finir en - magnifique - beauté avec le Pierrot Lunaire d'Arnold Schoenberg, belle et forte interprétation de Françoise Kubler avec l'Accroche Note composé pour l'occasion par Giulio Francesconi, Thomas Gautier, Angèle Plateau, Christophe Beau et Armand Angster....  

La dernière soirée fut plus spécialement dédiée aux voix, avec bien sûr Françoise Kubler, mais aussi Leandro Marziotte, contre-ténor magnifique et Alvaro Valdes, Alvaro Vallès, baryton capable d'humour (pour le Cocktail aux clarinettes de Darius Milhaud. De l'humour et même de franc éclats de rire dans la salle et sur scène, il y en eût pour le Duo  des Chats de Rossini.


Accroche Note - Kubler - Marziotte - Angster - Will - Starkie - Photo: lfdd

La soiré fut aussi l'occasion d'entendre Zwei Duette de Joseph Haydn, Five Choral Preludes de Johann Sebastian Bach orchestrés par Harrison Birtwistle, Six Nocturnes de Wolfgang Amadeus Mozart.


Accroche Note - Giulio Marziotte - Photo: lfdd

Et après le trou normand de Milhaud, Trois couplets de Georges Aperghis, la première pièce qu'il a écrite pour le duo Kubler Angster, qui s'est donné à coeur joie dans cette partition virtuose et variée.
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Accroche Note - Armand Angster - Françoise Kubler - Photo: lfdd


Pour le classique, la saison estivale sera assurée tous les vendredis à l'église Saint Pierre le Jeune protestant (sur la place éponyme - rue de la Nuée Bleue). Le 8 juillet à 20h00 récital d'orgue par Syaka Hayano et à 21h00, Quatuor de saxophone Orion avec des oeuvres de Haydn, Debussy, Pousseur et Piazzola. 
Le 15 juillet, polyphonies du siècle d'or espagnol avec le Quatuor vocal Convivencia et puis récital d'accordéon par Elodie Soulard.
Le 22 juillet, création mondiale de "Oblivion" de Sébastien Rivas par l'imaginaire.
Le 29 juillet, Récital d'orgue par Thomas Kietz et à 21h00, récital par Mélanie Moussay (chant) et Marie Lachat (harpe). 


Concert Saint-Pierre-le-Jeune - Strasbourg - Photo:lfdd



A la cathédrale, le Requiem de Fauré le 6 juillet à 20h30.

Du 12 au 14 juillet, au Jardin des Deux Rives, concert et cinéma, avec l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg le 13 juillet à 21h00, feu d'artifice à 23h00.

Et la programmation du TAPS gare et Scala à découvrir, entre musique, animations et poésie dans le cadre de la programmation "Eté cour, été jardin".

Plein d'autres occasions, dont, par exemple la PopArtisserie dont le premier concert, le 9 juillet sera avec Enelos ou le Cam qui va faire la fête dans la rue (Georges Wodli) et le rue du Cam, c'est gratuit aussi!

Ne pas oublier les deux tournées des Brueder alsaciens: Roger Siffer et Jean-Pierre Schlagg.

D'un côté, Les voix de la Liberté, lancées suite à #Charlie et qui tournent en Alsace:
Les prochaines dates : 
Saverne le 9 juillet, 
Ungersheim le 13 juillet, 
Lingolsheim le 14 juillet, 
Strasbourg place Kléber le 17 juillet.

Et l'historique tournée de la Chouc, cette année pour la trentième fois, s'appelle "La Trentation - les 7 péchés Capiteux" et il vous reste 7 dates - dont une en Allemagne - in Deutschland in Offenburg:

Jeu 14/07/2016 - 20h00 - Parking Vieille Ile - Haguenau
Ven 15/07/2016 - 20h30 - Stade Joffre Lefebvre - Lingolsheim
Sam 16/07/2016 - 20h00 - Place Kléber - Strasbourg
Ven 22/07/2016 - 21h00 - Square Ehm - Sélestat
Sam 23/07/2016 - 21h00 - Bürger park - Offenbourg
Dim 31/07/2016 - 20h30 - Place du Marché - Strasbourg - Neudorf
Ven 09/09/2016 - 20h30 - Salle des fêtes - Maison pour tous - Espace 110 - Illzach

Rajoutez, alors que ce n'est pas habituel - mais ils s'y sont déjà frotté avec les Percussions de Strasbourg, les Migrateurs, qui proposent une "Scène Musicale Mobile" : Le Cabaret Déluge ce 8 et 9 juillet à Hautepierre:  de la musique et des acrobaties avec les interprètes: Alexis Thépot, Marjolaine Duplay, Antoine Faure, Automne Thirio et Thomas Valentin et en regards extérieurs et mise en scène: Stéphane Goeris 


Bons Concerts

La Fleur du Dimanche

mardi 28 juin 2016

Musique de Chambre première: en grand ensemble avec Accroche Note

Le programme de la première soirée de l'ensemble Accroche Note à l'église du Bouclier à Strasbourg (16èmes rencontres d'été - voir le programme complet ce lundi) s'est positionnée sous le signe du grand ensemble. Douze musiciens pour cette troupe à géométrie variable qui a accueilli en son sein le quatuor Adastra pour des pièces de Fauré et de Mahler (Schoenberg).

On peut dire que la générosité de l'accueil de Françoise Kubler et Armand Angster leur ont également ouvert la scène à un instrument pas très habituel des cocnerts de musique classique: l'accordéon qui donnait sa réplique en miroir à la clarinette dans la pièce d'Isabel Mundry Spiegel Bilder, dialogue entre Armand Angster et Marie-Andrée Joerger. Dialogue très libre où les sonorités, de temps en temps de recouvrent et se retrouvent dans un reflet d'anches.

Accroche Note - Armand Angster - Françoise Kubler - Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: lfdd


L'accordéon trouve également sa place dans les "Lieder eines fahrenden Gesellen" de Gustav Mahler, dont Arnold Schoenberg en a extrait la substantifique moelle dans une version pour voix, flûte, clarinette, quintette à corde, piano, accordéon et percussion dans laquelle l'oeuvre nous apparaît limpide et légère.

La voix, en l'occurrence celle souple et envoûtante, allant jusqu'au paroxysme, de Françoise Kubler qui s'est fait plaisir - et nous aussi - avec les deux invocations Tiagaru de Giacinto Scelci nous a emmené dans des voyages exotiques et orientaux, balançant entre la mélopée, les attaques guerrières, la méditation et les envolées lyriques.

Le Chant de Linos d'André Jolivet, dont l'auteur dit qu'il est "dans l'antiquité grecque une variété de trenos, une lamentation funèbre entrecoupée de cris et de danses" n'est pas vraiment une chanson triste, mais bien un moment très enjoué et dynamique.

Tout aussi enjouée et plaisante, la version pour flûte, clarinette, harpe et quintette à corde de Pélléas et Mélissande de Gabriel Fauré qui a ouvert le concert qui a débuté le concert et mis tout le monde dans l'ambiance de la soirée. Soirée qui a connu un succès certain, l'église du Bouclier qui a vu sa salle bien remplie.

Accroche Note- Armand Angster - Françoise Kubler - Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: lfdd


Rendez-vous demain pour la suite du programme (voir détail ce lundi.)

Bon concerts

La Fleur du Dimanche.


L'été en musique de chambre à l'église du Bouclier avec l'Accroche-Note

Comme chaque année depuis 2001, l'ensemble de musique de chambre l'Accroche Note, à géométrie variable et avec ses invités, donne rendez-vous à Strasbourg à l'église du Bouclier pour 3 soirs de musique à découvrir.
L’originalité du propos est de faire découvrir au public des  ou redécouvrir des oeuvres contemporaines ou des créations en les alternant avec des pièces classiques du répertoire. Ainsi cette année, vous découvrirez des oeuvres  d'Isabel Mundry, Pascal Dusapin, Georges Aperghis tout en réécoutant du baroque, du classique ou romantique, entre autre Gabriel Fauré, Gustav Mahler, Dmitri Shostakovich, Joseph Haydn ou encore Wolfgang Amadeus Mozart.

L'Accroche Note - Armand Angster - Françoise Kubler

Une autre initiative sympathique est aussi l'accueil d'autres musicien dont le Quatuor Adastra et deux étudiants de la Haute Ecole du Rhin de Strasbourg. Nous aurons également la joie de retrouver Wilhem Latchoumia et d'autres musiciens tout au long de ces trois soirées dont voici le programme:

Mardi 28 Juin

- Gabriel Fauré: Pélleas et Mélisande pour flûte, clarinette, harpe et quintette à cordes (1898, 20') - arrangement David Walter
- André Jolivet:  Chant de Linos pour flûte et piano (1944, 12')
- Giacinto Scelsi: Taiagaru (2 Invocations) pour soprano solo (1962, 5')
- Isabel Mundry: Spiegel Bilder pour clarinette et accordéon (1996,12')
- Gustav Mahler/Arnold Schoenberg: Lieder eines Fahrenden Gesellen pour voix, flûte, clarinette, quintette à cordes, piano, accordéon et percussions (1920, 18')

Françoise Kubler, soprano / Rowan Hamwood, flûte / Armand Angster, clarinette / Quatuor Adastra (Julien Moquet, Emilie Gallet: violons – Marion Abeilhou, alto – David Poro: violoncelle) / Jean-Daniel Hégé, contrebasse / Anne Vonau-Spannagel, harpe / Marie-Andrée Joerger, accordéon / Nina Maghsoodloo, piano / Sylvie Reynaert, percussions

Mercredi 29 Juin

- Dmitri Shostakovich: Trio n°1 opus 8 pour violon, violoncelle et piano (1923, 15')
- Pascal Dusapin: By the way pour clarinette et piano (2014) 11'
- Arnold Schoenberg: Pierrot Lunaire pour soprano, flûte, clarinette, violon, alto, violoncelle, piano
(1912, 35')

Françoise Kubler, soprano / Giulio Francesconi, flûte / Armand Angster, clarinette / Thomas Gautier, violon / Angèle Pateau, alto / Christophe Beau, violoncelle / Wilhem Latchoumia, piano

Jeudi 30 Juin

- Joseph Haydn: "Zwei Duette", Saper vorrei se m'ami et Guarda qui che le vedrai pour deux voix et trois clarinettes (1803, 10')
- Johann Sebastian Bach/Harrison Birtwistle: Five choral preludes pour voix et trois clarinettes (1984, 18')
- Darius Milhaud: Cocktail aux clarinettes pour baryton et trois clarinettes (1921, 2')
- Georges Aperghis: Trois couplets pour voix et clarinette-contrebasse (1989, 12')
- Wolfgang Amadeus Mozart: Six Nocturnes pour trois voix et trois clarinettes (1787-88, 14')
Gioachino Rossini: Duo des Chats pour deux voix et trois clarinettes (1969, 5')

Françoise Kubler, soprano / Leandro Marziotte, contre-tenor / Alvaro Vallès, baryton / Armand Angster, Adam Starkie, Laurent Will, clarinette, cor de basset, clarinette basse 




Nous vous invitons à découvrir au moins un soir ce généreux et sympathique ensemble strasbourgeois et à faire honneur à son invitation (les places sont à 7 euros, et l'entrée est libre pour les jeunes et les étudiants) et les concerts sont à 20h30.
  

Bons concerts avec l'Ensemble Accroche Note

La Fleur du Dimanche

dimanche 26 juin 2016

La Philosophie de la Fleur: Le Trèfle et le Chardon vont-ils quitter la Rose ?

La fleur du Dimanche philosophe a eu du succès (un succès relatif, bien sûr), alors ne laissons pas filer un si bon filon.

Et l'actualité ayant soufflé son Brexit, un peu d'humour (Anglais), s'il vous plait, tirez (vous) les premiers !

Mais pour commencer, commençons par le commencement: La Fleur! 
Comme, vous lecteurs(trices) vous êtes très important, je vous offre des fleurs VIP:


Fleurs VIP - Photo: lfdd



Pour continuer, les réponses aux réflexions sur les sujets "philosophiques" sur lesquels je vous ai fait plancher, comme au Bac.
Cela en a fait réfléchir quelques-un(e)s et heureusement, cela a donné un résultat intéressant que je partage avec vous.
Il y a une session de rattrapage pour ceux/celles qui ont raté l'épreuve. Je vous remet le lien vers les questions et j'attends vos réponses:
http://lafleurdudimanche.blogspot.fr/2016/06/fleur-feuille-fruit-savons-nous.html

On ne copie pas s'il vous plait mais je vous mets quand même les premières réponses:

- Travailler moins, est-ce vivre mieux?


"Oui, évidemment. Comme tout travail mérite sale air, quand on ne fait rien, forcément on respire mieux, et donc on vit mieux!"


- Faut-il démontrer pour savoir ?

"Non, faut démontrer pour faire savoir, pas pour savoir. Autrement dit, je sais que j'ai raison, mais tu ne le sauras que si je te le démontre."


Et une réponse globale aux question que l'on évite de poser: 

"Travailler moins ou pas du tout est-ce réaliser un désir ,sachant que si ce n’est plus un désir il en appelle un autre ? Celui de mieux apprendre l’histoire par exemple, ce qui pourra m’enlever mes convictions religieuses ou mes croyances et peut-être m’amener à désobéir aux lois ? et quelle histoire?"


La question de la philosophie, un peu creusée, du côté des fleurs m'a fait découvrir deux nouvelles pistes (bizarrement dans le sens du Zen que j'avais invoqué dimanche dernier).

D'abord des textes du poète grec Nikiforos Vrettakos, intitulés

"La philosophie des fleurs"

NOTES DE JOURNAL
... La présence des fleurs était un
réconfort ; une partie du 
réconfort que j'ai reçu dans ce monde.
Je dois les consigner dans la liste de
mes amis...

LES VISAGES DES FLEURS

Encore une fois aujourd'hui, je me suis
arrêté un grand moment et j'ai regardé
le visage d'une fleur.
J'ai trouvé ses yeux ;
je me suis penché
et j'ai ressenti
de la crainte.

Et je me suis gorgé d'amour
gorgé de respect
gorgé d'humanité.


REPOS

Les fleurs quand j'étais
fatigué me procuraient
du silence pour me reposer.
Tellement, qu'il ne leur échappait
un son jusqu'au matin.

Et même à l'univers
avec ses étoiles flottantes
le silence avait
(phénomène rare)
clos les lèvres.

Et ma mère retira
sa voix qui est,
même à présent que j'ai vieilli,
une musique douce
et continue :

"Dors, mon enfant".


Et  "La vision de la fleur" du grand philosophe bouddhiste Daisetz Teitaro Suzuki qui cherche à rendre compte de la vision non duelle au-delà du sujet et de l'objet dans la perception d'une fleur


"Je dois en dire davantage concernant cette connaissance intuitive ou cette vision directe…l’intuition dont parle le Zen est une vision-identification. C’est-à-dire que lorsque je vois la fleur et que la fleur me voit, cette sorte d’intuition ou de mutuelle identification n’est pas une vision individuelle ; ce n’est pas une intuition individuelle. « Je vois la fleur et la fleur me voit » signifie que la fleur cesse d’être une fleur. Je cesse d’être moi-même. A la place il y a une unification. La fleur disparaît dans quelque chose de plus haut que la fleur et je disparais dans quelque chose de plus haut que tout objet individuel."

"Maintenant quand cette élévation se produit, quand cet être est absorbé dans quelque chose de plus haut que toute chose relative, cela ne signifie pas qu’on est absorbé ; il y a une intuition, un éveil ; il y a quelque chose qui se reconnait, ce n’est pas une annihilation ou une pure absorption dans le vide. Cette « annihilation » est accompagnée par une intuition et c’est le point le plus important. Quand cela  se produit il y a alors la vraie vision de la fleur. Alors nous pouvons dire que cela –moi voyant la fleur et la fleur me voyant – se situe sur un plan supérieur à celui où la fleur est vue en tant que fleur individuelle et où je vois la fleur en tant qu’être individuel."


Fleurs non VIP - Photo: lfdd

BREXIT

Pour revenir à l'actualité, un peu d'humour sur le résultat du référendum en Angleterre - qui va peut-être se retrouver coupée de l'Irlande et de l'Ecosse - et qui est considéré comme un "choc" voire une "catastrophe", voyons cela avec un peu d'humour et de recul....

Tout d'abord une chanson de Mathieu Boogaerts qui s'essaie à chanter "I Love you" en Anglais:




I LOVE YOU
It is a long time a long time
I don't know if you know
I am sitting yes
I am Looking for to know
If you do like me too
If you really feel the same
Do you like me to like you
Comme moi je vous aime

I love you

Do you love me too

Do you know I don't know

Do you know how much I care
Care of you I do so
Je ne sais pas si je suis clair
You know what don't you see
Don't you feel it in the air
It is me les amis
And I am ready to declare

I love you

Do you love me too


Un autre couple franco-anglais a aussi dit "Je t'aime, moi non plus":

 



Et ayons une pensée émue pour Sa Majesté du haut des ses 90 printemps, avec Jacques Higelin qui lui dit son amour:





Ce qui n'est pas le cas des Sex Pistols qui disent à la fois "God save the Queen" et "Anarchy in the UK" (était-ce prémonitoire?)









Et une version "direct live":





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche