mardi 30 juin 2026

L'Accroche Note ne raccroche pas les instruments l'été: Le plaisir de la diversité: Schumann et Stockhausen pour commencer

 Quand commence l'été, à Strasbourg, l'on se réjouit de passer quelques soirées au frais dans la petite église du Bouclier dans la rue du même nom à la Petite France. 

Eh bien, cette année, le plaisir fut toujours aussi intense, même si la chaleur, intense elle aussi, a chassé la fraîcheur et c'est les portes ouvertes pour faire du courant d'air que nous avons pu profiter de cette première soirée consacrée à Schumann et Stockhausen. Le programme de ces 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre fait le grand écart entre le couple allemand, grandes figures de la musique romantique du début du XIXème siècle et le musicien allemand, qui a œuvré dans la musique électronique et dont le catalogue monumental (de même que les oeuvres, souvent monumentales, elles aussi) sont aussi influencées par l'aléatoire, et pour Aus den sieben Tage (Venu des sept jours), par l'intuition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour commencer le concert, ce sera Clara Schumann, la femme que Robert Schumann épousée après quelques péripéties la veille de ses 21 ans (il en avait 9 de plus). C'est un air clarinette et piano créé en 1853. L'original est pour violon mais à l'époque il était courant de réécrire pour un autre instrument. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le premier mouvement est très court, le deuxième est un dialogue complice entre Wilhem Latchoumia au piano et Armand Angster à la clarinette. Le troisième est plus enjoué et enroulé, comme un flot qui grossit et monte en puissance. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Suivent de Robert Schumann deux Fantasiestücke. La première opus 88 pour piano clarinette et violoncelle de 1842. Idem pour celle-là, elle était originellement écrite pour violon au lieu de la clarinette. Au premier mouvement, le piano mène la danse et le violoncelle conclut. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le deuxième est plus dansant et sautillant à trois temps, puis ça sautille deux fois plus. C'est gai et allègre et ça s'arrête net. Le troisième est plus lent et rêveur et finit presque funèbre. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker
 

Le quatrième est plus altier avec des changements de rythme. Les trois interprètes sont très à l'écoute entre eux, de vrais complices... 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Suivent les Fantasiestücke opus 73 pour violoncelle et piano de 1849, une sorte de rêverie douce. Au deuxième mouvement, le piano est encore plus doux Wilhem Latchoumia le caresse avant que cela ne s'envole... et finit dans un soupir. Le troisième est vigoureux et enflammé. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on arrive à Karlheinz Stockhausen et son Tierkreis (Zodiaques) de 1974, pour soprano et piano, une composition "à la carte" où les musiciens sont libres et peuvent adapter la partition. Ce seront les quatre signes du zodiaque Cancer, Lion, Balance et Capricorne qui seront joués. Stockhausen s'est appuyé autant sur les signes que sur les caractères de ses proches qui étaient né(e)s sous ce signe. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Françoise Kubler se fait un plaisir également de nous chanter une belle chanson douce. Pour le Lion, il y aura l'intervention d'une boîte à musique - Stockhausen a fait fabriquer ces boites à musique avec des mélodies qu'il a spécialement composées pour elles. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour la Balance, des frappes violentes au piano alternent avec des parties chantées. Un interlude inattendu du public, ou plus précisément, avec le téléphone d'une spectatrice avec une sonnerie qui n'était pas sur la partition, et que sa propriétaire ne reconnait pas. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Une deuxième boîte à musique, celle de Wilhem Latchoumia, puis un air puissant de Françoise Kubler avec un léger accompagnement au piano. Puis à nouveau la boîte à musique ou plutôt les deux qui sont promenées dans le public comme une quête inversée. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Wilhem Latchoumia prend le relais avec le Klavierstück VII (1954), des notes éparses ou liées comme des gouttes après la pluie ou des chutes plus brutales. Un vrai travail de précision du génial pianiste qui nous offre une sorte de dentelle sonore faite de touches ailées et d'éclats massifs. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on finit avec un dernier Stockhausen: Aus den sieben Tage (Venu des sept jours) (1968), une pièce pour soprano, clarinette, violoncelle et piano.  Françoise Kubler arrive sur scène avec une tasse et un couvercle pour improviser des percussions et le violoncelle et la clarinette sont cachés sur la tribune. Et pour cette cette pièce "intuitive" il n'y a que les textes pour ces quinze morceaux pour lesquels la soprano et les musiciens doivent donc inventer leur partition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Exercice pour lequel ces vieux briscards de l'Accroche Note, fondé en 1981 par Françoise Kubler et Armand Angster et auquel Christophe Beau et Wilhem Latchoumia participent depuis de nombreuses années, n'ont aucun souci et performent haut la main, pour le plus grand plaisir du public fidèle.


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche 


Rendez-vous demain, à la deuxième soirée


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