dimanche 4 décembre 2016

Une feuille, des noix, un vote, des voix, la réalité, la télé-réalité, un fantôme...


Ces derniers temps, la réalité ne correspond pas toujours avec la réalité projetée, telle que l'on s'attend à la voir venir, alors nous ne sommes pas surpris au détour d'un chemin de voir:

Feuille morte volante - Photo: lfdd


Et l'on se demande ce que cela peut bien être.. un fantôme, un poisson volant, un drôle d'être sorti des enfers de l'Elysée ?
Eh non ! Ce n'est qu'une feuille de noyer, seule, enfin pas vraiment, il y en avait une deuxième pas loin, tout aussi fantômatique:


Feuille morte volante - Photo: lfdd

Pour le TVA, vous allez me dire que les noix sont loin, mais "des noix" semblent quelqued=fois être l'état d'esprit des citoyens vis-à-vis de la politique, et de plus en plus. 

Et je vous ai trouvé deux analyses récentes sur ce point (on attend avec impatience les résultat des élections en Italie (où les electeurs vont sûrement répondre à une autre question que celle qu'on leur a posée) et en Autriche (où ce qui s'est passé aux USA peut encore être plus radical). Alors, tirez vos conclusions des deux exemples ci-dessous: 

Tout d'abourd, un article Après la vérité ? de Michaël Foessel, Professeur de philosophie à l’Ecole polytechnique. Trouvé dans Libération le 1er décembre 2016:  

"On parle beaucoup ces temps-ci du divorce entre la politique et la vérité, le plus souvent pour s’en plaindre.
Que Trump soit un ancien animateur de télé-réalité rend sa désinvolture finalement assez logique : personne n’a jamais cru que ce genre de spectacle entretienne le moindre rapport avec la «réalité». Tout y est construit et scénarisé pour faire de l’audience : mise à part l’indigence des dialogues, la seule originalité de ce spectacle est qu’il prétend se faire oublier comme théâtre en accroissant sa théâtralité. Aucun spectateur n’est dupe, mais ils regardent quand même.
Il est possible qu’avec Trump, la politique soit entrée dans l’ère de la télé-réalité. 
Dans le domaine politique, l’alternative entre le vrai et le faux est dépassée par la force des choses, parce que les hommes parlent. Hannah Arendt, que l’on ne peut guère soupçonner d’être sensible aux sirènes du relativisme postmoderne, a dit l’essentiel sur ce sujet : «La négation délibérée de la réalité - la capacité de mentir - et la possibilité de modifier les faits - celle d’agir - sont intimement liées ; elles procèdent l’une et l’autre de la même source : l’imagination (1).»
Dédramatiser le lien entre la politique et la vérité nous ramène-t-il pour autant à la télé-réalité ? En aucun cas, puisque l’imaginaire démocratique est orienté par des principes de justice. Le pire dans les mensonges de Trump est qu’ils sont inscrits sur des prompteurs et pris dans un scénario qui ne laissent aucune place à la discussion sur le juste et l’injuste. Même s’il avait raison sur le nombre de clandestins, cela justifierait-il de les jeter à la mer ? Aucun «fait» ne répondra jamais à cette question. Pour cela, mieux vaut se demander à quelle histoire nous voulons participer."
(1) Hannah Arendt, Du mensonge à la violence, trad. Guy Durand, éd. Pocket, 2002 (page 9).

D'autre part, également dans Libération du 1er décembre, une réflexion très intéressante d'Arie Kapteyn, professeur d’économie à l’University of Southern California, un des trois experts derrière le sondage USC Dornsife-Los Angeles Times, le seul à avoir souvent donné Donald Trump gagnant, à contre-courant de nombreuses enquêtes nationales, qui constate dans ses recherches que "Ce qui est certain c’est qu’il y a deux Amériques, voire plus. Les gens vivent dans des environnements très différents, entourés essentiellement de gens aux mêmes affinités politiques. Les démocrates se parlent entre eux, les républicains aussi, mais chaque groupe ne sait pas ce que l’autre fait. Et c’est ce que nous sommes en train de découvrir."


Comment savoir ce que fait l'autre? Je vous propose, entre autre de regarder* le magnifique et très sensible film de Simone Fluhr "Rivages" sur la parole, la vraie, qui s'exprime, de trois personnes qui vivent dans la rue, rencontrées à Strasboug.




Et pour finir en poème et en chanson, "Des noix" chanté par Charles Trénet:




Une noix

Une noix
Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix ?
Qu'est-ce qu'on y voit ?
Quand elle est fermée
On y voit la nuit en rond
Et les plaines et les monts
Les rivières et les vallons
On y voit
Toute une armée
De soldats bardés de fer
Qui joyeux partent pour la guerre
Et fuyant l'orage des bois
On voit les chevaux du roi
Près de la rivière

Une noix
Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix ?
Qu'est-ce qu'on y voit ?
Quand elle est fermée
On y voit mille soleils
Tous à tes yeux bleus pareils
On y voit briller la mer
Et dans l'espace d'un éclair
Un voilier noir
Qui chavire
On y voit les écoliers
Qui dévorent leurs tabliers
Des abbés à bicyclette
Le Quatorze Juillet en fête
Et ta robe au vent du soir
On y voit des reposoirs
Qui s'apprêtent

Une noix
Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix ?
Qu'est-ce qu'on y voit ?
Quand elle est ouverte
On n'a pas le temps d'y voir
On la croque et puis bonsoir
On n'a pas le temps d'y voir
On la croque et puis bonsoir
Les découvertes.


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

*Rivages sur Alsace20:
- dimanche 4 décembre à 12h et 22h
- lundi 5 décembre à 9h
- mercredi 7 décembre à 18h



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