vendredi 4 octobre 2019

Musica 2019: Le Point d'Eau fait le plein avec les Automates et Barbarie: C'est l'Armée du Chahut !

A Ostwald au Point d'Eau, les spectateurs du Festival Musica se sont donné un point de chute régulier pour les  concerts de Musica. Après le dimanche "hors du temps" consacré à Thierry de Mey (voir mon billet), retour ce mardi pour une soirée en deux temps:

Les Automates de Descartes

A 18h00, le Quatuor Impact fondé par Julia Robert, nous propose un programme "Les Automates de Descartes" autour de l'oeuvre éponyme d'Alessandre Perini qui ouvre le programme dans le noir, puis dans un clair-obscur que n'aurait pas renié Georges de la Tour - il faut noter l'excellent travail lumière de Baptiste Joxe sur l'ensemble du spectacle. Anaïs Moreau, seule sur scène face au public, coiffée d'une perruque blond platine va nous interpréter une musique additive faite d'un empilement mécanique de sons et de silences, qui s'additionnent comme avec une calculatrice et qui résonnent sous l'archet de musiciens fantômes. Ces fantômes apparaissent à un moment en psalmodiant des paroles qu'elles avalent de leur téléphone portable qui éclaire leur bouche et la musique, mécaniquement se répand.


Musica 2019 - Quatuor Impact - Photo: lfdd

Pour la deuxième pièce, "Obsessions" (2015)d'Alexandro Markeas, le quatuor se retrouve sur scène pour une session de rythme et de percussions endiablée. 
Nous retouvons également Simon Steen-Andersen dont nous avons déjà pu entendre quelques pièces dans cette édition de Musica avec "Study for string instrument #1" (2007), une pièce faite de bruits d'archets et de de cordes tirées, de musique enregistrée et de chants dans une performance pleine d'humour.


Musica 2019 - Quatuor Impact - Photo: lfdd

Autre artiste également déjà entendue - et vue - Natacha Diels, avec ses pièces presque théâtrales où le geste (hochements ou mouvements de tête et rires) complète la musique pour plus de dramaturgie. C'est le cas pour "Nightmare for JACK" (2013).
Et pour finir, une pièce hautement électrique - et même dangereuse: "Bb" (2012) de Simon Løffler où trois musiciennes risquent leur peau en se dévêtant et en faisant la musique avec les variations d'ondes électriques et lumineuses qui passent par leur corps. Une véritable performance corporelle !


Musica 2019 - Quatuor Impact - Photo: lfdd
Le programme qui interroge notre relation à la technique, au corps, à la représentation et le jeu est d'une riche variété. Le quatuor fait un très beau tour du sujet et la réception par le spectateur a un fort impact.    

A suivre le même soir ...  Barbarie


Barbarie - Quatuor Bela et Wilhem Latchoumia

En soirée, changement de salle et de décor: La grande salle du Point d'Eau est remplie d'instruments divers et hétéroclites, dont un stohviol et une vielle à roue, un piano à queue, un synthétiseur et un piano qui se révèlera pneumatique, un gramophone à côté du piano et contre le mur du fond un carré de couleur qui est un orgue de foire et les quatre chaises pour les musiciens.


Musica 2019 - Quatuor Bela - Wilhelm Latchoumia - Barbarie - Photo: lfdd


Cela démarre en fanfare avec une création mondiale d'Albert Marcoeur, véritable symphonie pour les instruments de foire disposés sur le plateau, c'est gai, rythmé, varié et ludique et ressemble à un beau chahut comme semble l'annoncer le tambour de l'orgue de foire. Le programme, continue avec une Etude pour piano mécanique (Etude n°6) qui va jouer sur la virtuosité de jeu des deux mains, la gauche et la droite qui respectivement accélèrent et ralentissent leur jeu, un jeu étonnant. L'utilisation du piano mécanique est d'ailleurs étonnante tout au long de la soirée, même par un Wilhem Latchoumia au sommet de sa forme et de sa virtuosité. 


Musica 2019 - Quatuor Bela - Wilhelm Latchoumia - Barbarie - Photo: lfdd

A noter une superbe interprétation glissée d'une étude pour piano (Arc-en-Ciel) de Gyorgy Ligetti très émouvante de délicatesse, un peu en contrepoint de l'ensemble des pièces. Emouvante aussi, un peu rétro, la pièce de Frédéric Audier "Barbarie et Coda", création mondiale où l'on décèle des emprunts de tubes des années 80 pour finir la soirée.


Musica 2019 - Quatuor Bela - Wilhelm Latchoumia - Barbarie - Photo: lfdd

Auparavant nous avons assisté à un véritable feu d'artifice de morceaux pour lesquels le quatuor "étendu" nous a plongés dans un univers féérique et ouvert des réminiscences d'un passé où les disques grattaient et les orgues clignotaient, comme les orgues de lumière du fond de décor qui nous rendent nostalgiques et rappellent les bals d'antan.
Le résultat est revigorant et plein d'énergie avec une bonne dose d'humour.     


Musica 2019 - Quatuor Bela - Wilhelm Latchoumia - Barbarie - Photo: lfdd

Musica 2019 - Quatuor Bela - Wilhelm Latchoumia - Barbarie - Photo: lfdd


La Fleur du Dimanche



Le Point d'Eau - Ostwald (67) mercredi 02 octobre 2019 

Les Automates de Descartes 

Quatuor Impact

Violons: Wu Szuhwa, Irène Lecoq
Alto: Julia Robert
Violoncelle: Anaïs Moreau
Direction artistique: Julia Robert
Regard extérieur: Johanne Saunier
Lumières: Baptiste Joxe
Son: Clément Lemêtre

programme
Alessandro Perini: Les Automates de Descartes (2015)
Alexandros Markeas: Obsessions (2005)
Simon Steen-Andersen: Study for string instrument #1 (2007)
Natacha Diels: Nightmare for JACK (2013)
Simon Løffler: B (2012)

Barbarie

Quatuor Béla

Piano, synthétiseurs: Wilhem Latchoumia
Violon, nyckelharpa: Frédéric Aurier
Violon, stohviol: Julien Dieuregard
Alto, vielle à roue: Julian Boutin
Violoncelle: Luc Dedreuil
RIM & ingénieur du son: Max Bruckert
Scénographie et lumière: Hervé Frichet


programme
Albert Marcoeur: Léopold et les automates
Danse pour instruments acoustiques et mécaniques divers
Marco Stroppa: Nouvelle oeuvre
Conlon Nancarro: Etude n°6 pour piano mécanique
Conlon Nancarrow: Etude n°21 pour piano mécanique "Canon X"
Noriko Baba: Nié
Conlon Nancarrow: Toccata pour piano mécanique et violon
Peter Szendy: Membres fantômes (extrait)
Conlon Nancarrow: Etude pour piano mécanique n°3a "Boogie"
Raphaël Cendo: Nouvelle oeuvre
György Ligeti: Arc-en-Ciel, étude pour piano
Frédéric Aurier: Nouvelle oeuvre

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire