dimanche 3 juin 2018

La Forme et le Fond: Figure, Love et des briques

Ce dimanche est encore une exception, une publication reportée depuis quelques temps où je vais commencer par remonter le fond, le TVA, Texte à Valeur Ajoutée qui me pousse à le publier:
"Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous"

C'est la phrase d'Eluard citée par Albert Strickler dans son dernier livre "Ivre de Vertiges - Journal 2017" et que son amie Marie-Jeanne lui rappelle à l'occasion d'un "jeu de mots" où un petit groupe d'amis s'échangent des citations par courrier électronique.

La phrase, je l'ai vue passer récemment sur facebook, cet ogre de la mémoire qui empile et recouvre nos vies en publications diverses et séquencées, traitées par algorithme et digérées par les moteurs de l'Intelligence Artificielle pour nous faire consommer du temps de connexion et des pages "vues", "lues" et "aimées" et bien sûr, des "informations" - publicités tout en servant de cobayes aux marchands du temple moderne qui "affinent" nos "profils" pour nous servir que ce qui "devrait" nous "convenir".

Juste une remarque avec une autre citation (de mémoire) de son journal, notée un jour du début 2017:
"Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connait, tu risques de ne pas te perdre". 
Moi, j'aime à me perdre, à être surpris et à découvrir des choses - et je dois confesser que fb me permet aussi quelquefois ce genre découverte. Mais ce n'est pas son objectif totalitaire.

Mais avant d'aller plus loin, je vous offre un bouquet de fleur pour le "fond":


Bouquet du 20 mai - le fond - Phofto: lfdd

Pour en revenir au "rendez-vous", effectivement, j'avais presque rendez-vous avec Albert Strickler qui présentait hier, samedi 2 juin son dernier livre, son journal de l'année 2017 à la Librairie Kléber à Strasbourg, dans la salle Blanche, avec Martin Adamiec à la lecture (magnifique interprétation et choix d'extraits) et le poète Jean-Paul Klée à l'animation. Et j'avais rendez-vous avec moi-même, par surprise, parce qu'un des extraits choisis me citait avec le billet du 26 février 2017: "Les éranthes dorées luisent sous le grand arbre, Todorov s'éteint, et dépeint l'âme des poètes russes" et où Albert parle de Marina Tsetaeva, l'âme russe et la révolution et Maïkovski, dont la citation se termine par ".. nous avons perdu le sentiment du présent."

En lisant  d'Albert Strickler, je remarque qu'il cite plusieurs fois les billets dominicaux et qu'il parle également d'Alain, le troisième mousquetaire de notre enfance, Alain dont il dit qu'il lui a montré une lettre de Hawkins et qu'il voudrait bien rejoindre dans son équipe de recherche aux Etats-Unis. Alain qui fête son anniversaire ce jour (ce n'est pas un "hasard" dirait Albert) et avec qui je me souviens avoir regardé Neil Armstrong et Buzz Aldrin marcher sur la Lune. Alain qui aura peut-être appris cette semaine, le récent décès d'Alan Bean, l'homme qui a raté ses photos et "brûlé" sa caméra couleur sur la Lune.

Autre hasard, le billet cité ci-dessus parle la mort de Tzvetan Todorov. Celui qui "attendait" se voulait un hommage à Gérard Genette, avec qui ce dernier avait fondé la revue "Poétique" et dont il disait: "Nous étions bizarrement complémentaire, c'est moi qui trouvais les textes et Genette qui les refusait."







Gérard Genette a été quelqu'un qui a participé à une autre lecture de la littérature, et permis d'en voir le fond et la forme... 


Bouquet du 20 mai - le fond - Phofto: lfdd


Pour terminer et toujours en hommage, une pensée à un artiste de l'Ouest, Robert Indiana, avec qui l'on dit "Love" 




Et celui du Nord, le danois Per Kirkeby, ses magnifiques dessins et ses constructions aurchitecturales en briques 




Pour finir en chanson, la mélodie de Frantz List "Du bist wie eine Blume" dont Albert parle d'une interprétation que je n'ai pas trouvée, alors, à défaut, Heidrun Götz: 

Du bist wie eine Blume

Du bist wie eine Blume,
So hold und schön und rein;
Ich schau’ dich an, und Wehmuth
Schleicht mir in’s Herz hinein.

Mir ist, als ob ich die Hände
Auf’s Haupt dir legen sollt’,
Betend, daß Gott dich erhalte
So rein und schön und hold.





Un autre version de Benita Valente


,

Et pour finir, en clin d'oeil à Albert l'Alsacien et son liivre Ivre de Vertige, un autre vertige avec des cigognes:





Cloué au sol 
l'oiseau se cogne 
de-ci de-là 
colonies de cigognes 
partez sans lui 


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

P.S. Pour le Livre d'Albert Strickler, "Ivre de Vertiges", c'est une somme de "petits riens"  magnifiques qui sont des pierres sur le chemin de la vie, des guides et des moments partagés dans une langue magnifique. 
Pour rappel, son journal qu'il tient tous les jours depuis 1994 et qu'il publie en continu depuis 2008 me précise-t-il avec "Au-dessus du brouillard", dont les premières pages évoquent précisément notre monde d'antan avec ses moustiques et ses brumes rhénanes!
Puis en 2009 avec "Le Bréviaire de l'écureuil", année de la mort de "petit père". 
Un journal "trimestriel" si ma mémoire est bonne avait vu le jour dans les années 95 - Dont "Il a plu sur les cerises - Journal Printemps 1995" .
Le journal fait plus de 5 kilos et 50 centimètres linéaires. 
Vous pouvez commencer par le dernier et remonter le temps ou faire des sauts, comme l'écureuil...


P.P.S. En ce qui concerne La Fleur du Dimanche, si vous ne voulez pas rater un épisode, que vous savez sporadique, n'hésitez pas à vous "abonner", soit par mail lafleurdudimanche(at)gmail.com), soit par google si ce n'est pas trop compliqué pour vous, soit sur fb si vous y êtes (avec toutes les publications complémentaires).

P.P.P.S. Comme La Fleur du Dimanche va avoir une autre vie, restez attentifs, une annonce, une surprise imminente sera bientôt révélée. Alors si vous ne voulez pas la rater, manifestez-vous !

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