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samedi 4 juillet 2026

Les Vies de Léon au Festival Les Scène Sauvages: voyage dans la mémoire de l'Europe

 Les Scènes Sauvages sont nées 2019 et et ce festival de théâtre, mais pas que, essaime dans les Vosges au dessus de Schirmeck pour la huitième édition avec dix-huit rendez-vous au plus près de la nature. 

Nous y avions fait en tour en 2022 et avions assisté au spectacle de Jérôme Bel Isadora Duncan, consacré à la danseuse qu'Elisabeth Schwartz avait ressuscitée. L'idée de m'immerger dans l'environnement de cette vallée prisée par de nombreux Strasbourgeois et Strasbourgeoises, mais aussi d'une population dont l'environnement s'enracine dans la présence du Pasteur Oberlin et l'esprit de Lenz qui plane encore sur les paysages, m'a poussé à faire une plongée initiatique de deux jours dans la nature généreuse et de découvrir cinq facettes de ce festival, riche en découvertes.


Première étape : Les Vies de Léon

 C'est une pièce de théâtre, plutôt destinée à un public jeune (les classes primaires CM1 CM2 entre 9 et 11 ans), mais qui se laisse voir de façon agréable par les adultes également. L'intérêt - et l'originalité de la pièce est son dispositif qui mobilise une tête d'enregistrement binaurale en partenariat avec Radio France.  Ce dispositif apporte une proximité et une intimité avec le spectateur, chacun se faisant souffler l'histoire dans son oreille et, de même les comédiens s'ils parlent, même a voix basse ou loin, sont au crux de l'oreille de chacun. Ainsi le personnage de la grand-mère, narratrice de cette "histoire vraie et dont l'écoute est vécue par un enfant dont nous partageons le statut donne une présence très forte et une réalité attestée aux moments de jeu. 


Scènes Sauvages - Les Vies de Léon - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Ce récit, crée à partir d'une histoire vraie, va suivre Léon, personnage réel qui a fui la Pologne pour s'installer en Belgique et ensuite se retrouver dans des camps au sud de la France, d'abord à Douadic ensuite à Rivesaltes pour arriver finalement en Palestine où il s'installe après la guerre. L'histoire prend naissance grâce à ces deux lettres que le personnage réel a écrit dans ces camps au Maréchal Pétain pour s'en faire libérer. Julie Bertin et Jade Herbulot ont ainsi construit sur des archives et avec les comédiens ce récit qui fait intervenir cette tête binaurale comme objet mystérieux et créé le personnage de la grand-mère. Le dispositif d'écoute dans le casque apporte une proximité, une intimité qui plonge le spectateur jeune ou adulte au plus près de la vie, des sensations, des émotions, des sentiments de Louis. 


Scènes Sauvages - Les Vies de Léon - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Cette tête, sculpture un peu magique, va nous permettre de suivre le destin de cet enfant venu de Pologne, passé par la France et la Belgique et dont le destin va éclairer de manière très intime, la vie, sur plus d'une dizaine d'années. Etienne Galharague incarne avec justesse et crédibilité Léon sur cette période. Il va rencontrer un certain nombre de personnages (oncle, militaire, bucherons, gardien, policier, résistant,...) que Pierre Duprat interprète à tour de rôles. C'est un véritable challenge, totalement réussi pour lui, de se transformer sans arrêt tout au long de la pièce.


Scènes Sauvages - Les Vies de Léon - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Les Vies de Léon fait appel à la sensibilité des spectateurs, c'est en même temps une véritable leçon d'histoire et de géographie. Elle permet de comprendre la situation d'un jeune juif, réfugié et en fuite avant et pendant la guerre en France. Les performances de ces deux acteurs nous font vivre au plus près un moment sensible de notre histoire. Les multiples rebondissements et les rencontres que fait Léon, permettent de comprendre son évolution, mais aussi la situation chez nous ,en France, d'une histoire que l'on apprend pas dans les cours d'histoire. Mais grâce à ce dispositif, nous somme en empathie et quelques épisodes humoristiques, entre autre l'utilisation des panneaux ou certaines fraichement comiques (de répétition), comme la sorties des poubelles (indice) permettent d'alléger la charge de la situation. En tout cas un spectacle à mettre sous tous les yeux, jeunes comme vieux ! 


La Fleur du Dimanche


Sommaire de mes billets sur le Festival Les Scènes Sauvages

Samedi 4 juillet - 11h00 - Les Vies de Léon - Birgit Ensemble
Les Vies de Léon - voyage dans la mémoire de l'Europe
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/les-vies-de-leon-au-festival-les-scene.html

Samedi 4 juillet - 18h00 - Pamina de Coulon - Niagara 3000
Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-pamina-de-coulon.html

Samedi 4 juillet - 21h00 : Les Aveugles de Maeterlink:
Les Aveugles de Maeterlink, une ile insolite dans la forêt
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-les-aveugles-de.html

Dimanche 5 juillet -  9h30 - Est-ce que la terre s'est tue ? - Pierre Tallaron
Elle nous parle et elle nous chante: le Chant de la Terre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/est-ce-que-la-terre-sest-tue-aux-aux.html

Dimanche 5 juillet -  11h00 - Le Journal du Dehors -Véronique Borg et Myriam Dhume-Sonzogni
Waldersbach: Le village vit et s'écoute vivre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/le-journal-du-dehors-aux-scenes.html

dimanche 5 avril 2026

Ne pas oublier Guernica, ne pas oublier l'Ukraine, ne pas oublier les pays en guerre, se battre pour la Liberté.... La Fraternité

 En ce jour de Pâques 2026, premier dimanche après la pleine lune du 21 mars et symboliquement fête de la lumière, de la renaissance, de la résurrection pour les Chrétiens, temps de Pessah pour les Juifs, libération et renouveau, je "ressuscite" (excusez le jeu de mots) la Fleur du Dimanche, pour ne pas oublier. 

Ne pas oublier Guernica, le bombardement de la ville dont on va fêter les quatre-vingt-dix ans le 26 avril 2027. A cette occasion d'ailleurs, la toile de Picasso pourrait sortir à nouveau du musée de la Reine Sofia à Madrid pour se rapprocher de la ville martyre et être exposée à Bilbao au Musée Guggenheim. En Alsace, le Musée Unterlinden à Colmar possède une des trois tapisseries, copie de cette toile. Mais sans attendre l'année prochaine vous pourrez en voir une copie dans sa taille réelle carrément 7 mètres de long et 3 mètres 50 de haut, et d'une très belle qualité à Metz à partir du 9 avril dans le cadre de l'installation Guernica/Ukraine.


Guernica - Pablo Picasso - (c) Fondation Picasso


Ne pas oublier l'Ukraine non plus, qui est dans sa quatrième année de conflit, et cela grâce à l'oeuvre de l'artiste français Jean Pierre Raynaud Sans titre - Ukraine qu'il a réalisée pour soutenir l'Ukraine à l'appel du Président Zelenski à la Biennale de Venise. La toile a été offerte au pays via S.E. l’Ambassadeur d’Ukraine le 24 février 2023 à Paris, lors de son exposition à la Sorbonne, dans la Cour d'Honneur à côté du chef -d'oeuvre de Picasso. En attendant la possibilité d'être accueillies au pays, les deux toiles voyagent, comme la toile de Picasso en son temps, pour marquer le soutien à l'Ukraine et sensibiliser aux Droits de l'Homme.  


Inauguration - Première exposition Guernica/Ukraine - Université de la Sorbonne - Paris - 24 février 2023


Jean Pierre Raynaud a créé cette toile, de la même taille que celle de Picasso comme une réponse d'aujourd'hui à toute pensée de guerre. L'artiste l'a créé à la demande de Baudouin Jannink ,éditeur d'art qui a voulu ainsi marquer le soutien au pays envahi. Les éditions jannink ont réalisé un ouvrage d’art à tirage unique et numéroté à 2022 exemplaires, 1937 – Guernica – Ukraine – 2022, qui retrace en parallèle l’histoire de Guernica, le contexte historique et la réalisation de la toile de Picasso, et de Sans titre – Ukraine de Jean Pierre Raynaud, avec le contexte du conflit ukrainien et le travail de l’artiste.


1937 – Guernica – Ukraine – 2022 - éditions jannink


Pour Jean Pierre Raynaud, l'oeuvre Sans titre – Ukraine est pensée comme une allégorie intemporelle anti-guerre: rien ne fait allusion à des circonstances politiques concrètes. Le symbolisme incarné par la signalétique permet non seulement d’échapper à toute contextualisation, mais également de désigner universellement et brutalement l’entrave à la liberté́́ que présentent la guerre, la violence et la barbarie. 

Vous pourrez donc voir ces deux oeuvre à Metz, troisième étape d'un parcours dans le Grand Est, après la Sorbonne à Paris, la foire d'art contemporain ST-ART à Strasbourg, le Conseil de l’Europe et d’autres villes, dans les Hôtels de Région de Strasbourg et de Châlons-en-Champagne, grâce au soutien de la Région Grand Est. Les deux toiles seront exposées dans le cloître de l'Hôtel de Région de Metz - 1 Place Gabriel Hocquard du 9 au 29 avril.

Un vernissage de l'exposition aura lieu le 9 avril 2026 à 17h00 sous la présidence de Franck Leroy et des élus du Conseil Régional Grand Est, en présence de Baudouin Jannink.


Sant titre - Ukraine - Jean Pierre Raynaud


Vous pouvez vous inscrire au vernissage jusqu'au 8 avril via ce lien INSCRIPTION - Les inscriptions sont gérées directement par la Région Grand Est, faites moi un mail pour me prévenir de votre venue.

Par votre présence vous montrerez que vous n'oubliez pas les pays en guerre - une soixantaine de conflits pour 195 pays dans la monde - ni la soixantaine de pays dont la population subit une dictature, alors qu'à peu près autant ne sont pas franchement en démocratie. Et vous aurez l'occasion de voir cette installation impressionnante dans le cadre de ce cloître magnifique. Parlez en autour de vous, comme on dit, "pour ne pas oublier".


La Fleur du Dimanche


/!\ Attention /!\ Bientôt du nouveau: Je participe à une exposition originale en mai en Alsace du Nord sur le thème du "Trésor". Si vous voulez être informés de l'événement, inscrivez vous à ma lettre d'information. 

Cliquez ici pour remplir le formulaire avec votre Nom, prénom et adresse mail et "confirmez" en renvoyant le mail que vous recevrez (vérifiez bien dans les "Spams".


mercredi 7 janvier 2026

Radio Live - le Triptyque - Vivantes au TNS : Le fil de la vie court le long du micro

 Sur le plateau de la salle Bernard Marie Koltès du TNS à Strasbourg, la vie devient théâtre, mise en scène en direct par Aurélie Charon dans Radio Live - Vivantes. Un savant mélange de médias: images, photos d'archives ou de mémoire choisies et commentées en direct, images vidéo tournées il y a quelques temps et visio en direct, textes qui défilent, placard affichés, animations qui naissent sous nos yeux superposés aux images projetées en grand sur le fond d'écran et musique et chansons magnifiquement interprétées par Emma Prat pour à la fois rythmer, souligner ou accompagner les récits qui se tissent et s'entrecroisent au fil des plus de deux heures que l'on ne voit pas passer. 


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


La vie, l'intime des trois protagonistes qui se relaient sur scène ou à l'écran, liant intimement leur expérience et la "Grande Histoire" nous rapproche de ces trois "témoins" qui ont participé et vivent encore des pans de l'Histoire que l'on voit d'habitude par la lorgnette de la télé, des médias et des réseaux sociaux. Mais le ton d'Aurélie Charon, qui navigue entre confidence et séance de psychanalyse - sa voix ultra-présente qui nous chuchote à l'oreille, alors qu'elle est quelquefois presqu'effacée du plateau - réussit à guider, à accoucher ses interlocutrices de leurs souvenirs, leurs sentiments, leurs pensées. Et nous inclut au plus intime de leur vie.


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


Sur le plateau 100 % féminin (avec Gala Vanson aux manette visuelles et dessins) ce sont trois témoins qui ont tissé des liens entre elles, qui ont déjà partagé des moments de vie (et un voyage en Bosnie) qui nous dévoilent au fur et à mesure chacune leur parcours. Pour certaines il s'agit d'un déjà long compagnonnage avec Aurélie Charon - pour Oksana Leuta par exemple cela remonte à l'époque de Maidan en 2014 - et elles étaient déjà de la partie en 2023 pour Radio live - la relève. Elles nous partagent leurs souvenirs, leurs doutes, leurs douleurs, leurs projets et leurs vies, les relations avec leur famille et les multiples péripéties vécues, chacune exemplaire en quelque sorte dans leur situation. Par exemple pour Ines Tanovic, nous sommes témoin de la guerre Serbo-Croate qui a marqué l'effondrement de la Yougoslavie en 1991. 


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


Elle nous montre la ligne de front à Mostar (la ville d'avant et les immeubles criblés de balles qui ne sont pas encore rénovés, le célèbre pont,...), Sarajevo où sa soeur était bloquée, séparée de la famille, son parcours de blessée de guerre (son corps dans lequel restent une cinquantaine d'éclats d'obus), son engagement dans une association Compas071 qui aide les réfugiés là-bas. Elle révèle aussi son parcours familial - ses parents, un couple mixte serbe et croate, ce qui a conduit son père dans les camps et à la mort. C'est une histoire presque similaire pour Hala Rajab dont nous avions pu découvrir précédemment d'autres pans de l'histoire avec son père communiste à Lattaquié en Syrie, lui aussi emprisonné, mais où un nouvel épisode - avec le départ de Bachar el-Assad et les massacres qui s'en sont suivis - montrent que la vie, et l'Histoire, ne s'arrêtent pas. Avec Oksana Leuta, nous sommes plongés dans le conflit en Ukraine et assistons aux péripéties auxquelles a été confrontée cette jeune femme professeure de Français qui a décidé de revenir au pays (elle était en vacances au Sri Lanka quand l'invasion russe a débuté) et qui s'est totalement impliquée dans le combat en devenant "fixeuse". Et l'on a droit à des images de "l'intérieur" du conflit et de la vie quotidienne des habitants (avec même un "direct" avec sa mère à Kiev).


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


L'aspect intime et familial est très présent et ces relations pas toujours simples avec les parents (en particulier les pères - présents puis absents) et les mères. Et tous les sentiments que ça remue sont traités avec délicatesse, mais sans éviter les questions et les points de tension, les douleurs. La présence de ces mères, repères dans leur vies, mais aussi les pertes et les morts sont un balancier dans cet équilibre que les protagonistes cherchent à construire. Les mélodies et les chansons qu'Emma Prat nous interprète de sa magnifique voix a capella, ou avec sa guitare ou son synthétiseur apportent un complément d'émotion et de sens dans ce voyage en rhizomes entre les pays et les relations qui se construisent et débordent de la scène et de l'écran pour nous toucher au plus profond du coeur et de l'âme. Un très bel hommage à ces parcours et ces engagements et une leçon de vie et d'humanité.


La Fleur du Dimanche

Je vous invite à aller voir les trois versions de Radio Live: Vivantes - Nos vies à venir et Réuni.es - Une "intégrale" des 3 versions sera présentée le samedi 10 janvier à partir de 13h00 au TNS 

Radio Live - Vivantes

Au TNS du 7 au 14 janvier 2026


[Conception et écriture scénique] Aurélie Charon 
[En complicité avec] Amélie Bonnin et Gala Vanson
[Avec]  Oksana Leuta, Hala Rajab, Ines Tanović
[Création musicale] Emma Prat 
[Création visuelle live] Gala Vanson 
[Musique live] Emma Prat 
[Identité graphique] Amélie Bonnin 
[Images filmées] Thibault de Chateauvieux, Aurélie Charon, Hala Aljaber 
[Montage vidéo] Céline Ducreux, Mohamed Mouaki 
[Régie son] Vincent Dupuy
[Mixage audio] Benoît Laur 
[Espace scénique] Pia de Compiègne 
[Création lumière] Thomas Cottereau
Rencontres issues des séries radiophoniques et des voyages de Aurélie Charon et Caroline Gillet
Artiste associée Chaillot, Théâtre National de la danse 
La Comédie de Caen, CDN de Normandie 
Le Méta, CDN de Poitiers
Direction de production Mathilde Gamon
Production Radio live production, Mathilde Gamon 
Coproduction Comédie de Caen - CDN de Normandie, Bonlieu scène nationale d’Annecy, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Le Méta - CDN de Poitiers, MC2: Grenoble, Théâtre national de Strasbourg, Institut du Monde Arabe, Festival d’Avignon Soutien Direction régionale des affaires culturelles d'Île-de-France Fondation d’entreprise Hermès


dimanche 8 décembre 2024

Geneviève Charras performe avec Raynaud et expose son petit "Petit Musée de la Danse"

 Geneviève Charras ne tient en place. Un jour elle est à Auch pour dialoguer avec Jean Pierre Raynaud qui soutient l'Ukraine en offrant au pays son oeuvre "Sans titre - Ukraine" et la semaine d'après elle est au four et au moulin en présentant son livre "Panpan sur le Tutu" en l'accompagnant bien sûr d'une performance adéquate et dansée.


Guernica - Ukraine


Guernica/Ukraine - Performance: Aphorismes dansés - Geneviève Charras - Baudouin Jannink - Photo: Robert Becker

Dans le Gers, aux Archives Départementales à Auch, pour apporter un éclairage aux deux oeuvres de l'installation Guernica - Ukraine, donc le tableau de Raynaud cité plus haut qui fait face à la reproduction du tableau de Picasso, elle improvise chants, danses et réponses aux aphorismes de Jean Pierre Raynaud qui, en plus d'être un artiste mondialement connu, écrit des aphorismes sur l'art, la vie, la violence et la guerre. Baudouin Jannink, à l'initiative de ce généreux et exceptionnel projet - les deux toiles font chacune 7 mètres 70 de long et 3 mètres 50 de haut - accompagne le circuit d'expositions qui marque le soutien au pays en guerre en nous confrontant à ces impressionnantes toiles, et lit avec un calme imperturbable des phrases qui sont comme des coups de poing. Autant que la toile de Raynaud, sa pensée ne laisse pas indifférent, en particulier quand il dit "La violence n’est acceptable qu’en Art car la cible ce n’est pas les autres mais soi-même." Et l'on aimerait le croire quand, pour conclure, il dit "La guerre est finie..." (?).


Guernica/Ukraine - Performance: Aphorismes dansés - Geneviève Charras - Baudouin Jannink - Photo: Robert Becker

Cette installation a déjà voyagé à Paris (Université de la Sorbonne) en 2023 où elle a marqué le premier anniversaire de la guerre, Strasbourg (St-Art, le Conseil de l'Europe et l'Hôtel de Région), Châlons-en-Champagne (Hôtel de Région) et donc actuellement Auch avec le Département du Gers qui soutient ce projet (l'exposition est visible jusqu'au 9 janvier). D'autres villes l'accueilleront en 2025 et 2026... avant qu'elle n'aille en Ukraine quand ce sera possible.  Je vous informerai de la suite...


Panpan sur le Tutu

La suite très proche, c'est le livre "Panpan sur le Tutu", un livre à l'image de Geneviève Charras et de sa passion - pour le moment cachée - qu'elle offre et partage en partie avec nous en présentant une partie de son hénorme collection d'objets ayant trait à la danse et au mouvement. Ses critères sont stricts mais le résultat est à la fois surprenant et impressionnant dans la diversité des objets, poupées, peluches, gadgets, livres, oeuvres d'art et jouets, toujours en rapport avec la danse. C'est tout Geneviève si vous la connaissez. Et si vous ne la connaissez pas, sachez que quand elle était petite, elle croyait que les bébés naissaient dans des tutus. Et c'est pour cela qu’elle est venue s’installer en Alsace, à Strasbourg, près des champs de choux de Krautergersheim, ces choux qu’elle imaginait affublés d’un tutu. Elle croyait aussi que les cigognes portaient des tutus plateaux. 




Elle a déjà, toute petite, gardé les objets, cadeau Banania, poupées Barbies danseuses, livres et revues sur la danse et cette manie s'est aggravé avec l'âge. Ce qui fait que ses armoires sont pleines de sa collection. Vous en verrez une partie en vrai, accrochée aux murs de la Trézorerie ou présentée dans des vitrines. Et une autre partie est dans ce livre de plus de 200 pages édité par Chicmédias dans lequel elle sollicite aussi des amis et des professionnels pour réagir à des objets choisis de cette collection.


Panpan sur le Tutu - Collection Geneviève Charras - Photo: Robert Becker

Cerise sur le gâteau, comme elle est aussi performeuse (elle en a déjà faite plus de 100) elle va faire in situ une performance lors du vernissage de l'exposition le vendredi 13 décembre au 35 de la rue du Fossé-des-Treize à la bien nommée Trézorerie. Attention ce n'est pas à treize, mais à dix-huit heures (treize plus cinq). Et sachez qu'elle est ponctuelle!

Si vous voulez venir, merci, pour des raisons d'organisation, de confirmer votre venue - mail en haut de la page. L'exposition est visible les deux samedis et dimanches avant Noël de 14h00 à 18h00 (sauf si vous arrivez à venir pour une visite privée - contact également par mail).

Et le livre Panpan sur le Tutu (240 pages) est disponible sur le site de Chicmédias à partir du 16 décembre - vous pouvez aussi me faire un mail (cf adresse en haut de page).



Calendrier 2025 de la Fleur du Dimanche

Pour finir, un rappel sur des informations récentes sur La Fleur du Dimanche qui vous on peut-être échappés: Le compte-rendu des spectacles (musique, théâtre, danse, opéra, etc.) est toujours bien fourni. 

Si vous ne voulez pas rater les publications vous pouvez vous abonner. 

Le billet sur le salon ST-ART est encore en cours de complétion et il y aura peut-être un billet sur la Biennale de Lyon.

Sinon, comme chaque année depuis 11 ans, un calendrier, et même deux versions différentes ont déjà été imprimées. Si vous en voulez un ou deux, vous pouvez le choisir et le réserver par mail (choix 1 ou choix 2) sur le billet du 24 novembre, là:

https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2024/11/le-calendrier-de-la-fleur-du-dimanche.html


En attendant passez de belles fêtes de fin d'année.


La Fleur du Dimanche   

vendredi 23 février 2024

Ukraine, triste anniversaire: Guernica - Ukraine comme réponse à la violence

 Le 24 février 2022 marque la date du déclenchement de l'invasion par la Russie du territoire ukrainien. Cette guerre a déjà fait des dizaines de milliers de morts à ce jour et nous n'arrivons pas à en voir la fin.  La presse en parle de moins en moins et les commémorations ou cérémonies sont discrètes. Il est pourtant important de s'opposer à cette guerre et à la guerre en général. Il est important de parler de l'Ukraine et de la terrible situation dans laquelle se trouvent ses habitants. Il est important de soutenir, encore, d'une manière ou d'une autre, ce pays qui en a besoin.

C'est pour cela que l'éditeur de livres d'art, Baudouin Jannink a, suite à l'appel du président Volodymyr Zelenski lors de la Biennale de Venise 2022 adressé aux artiste du monde entier pour soutenir son pays, sollicité l'artiste français mondialement reconnu Jean Pierre Raynaud, pour réaliser une oeuvre. 




Cette oeuvre, que Baudouin Jannink a pensé comme l'écho de l'oeuvre de Pablo Picasso, Guernica - elle a les mêmes dimensions (7.70 m x 3.49) - Jean Pierre Raynaud l'a conçue en utilisant son vocabulaire habituel de signes, lisibles et universellement compréhensibles: le panneau de sens interdit et des bandes verticales noires. Ce sera une image directe, qui ne peut que faire réagir et interroger. Nul besoin d'exégèse. Il suffit de regarder l'oeuvre et le sens, même s'il peut interroger, coule de source. Effectivement ce sens n'est pas unique, univoque. Comme le dit lui-même l'auteur: "Le sens interdit c'est un mur, un mur c'est fait pour vous protéger ou vous enfermer". Mais pourquoi y a-t-il un demi sens interdit à côté du premier ? A chacun d'en trouver sa propre explication. Tout comme ces deux bandes noires, qu'y voit-on ? A vous de jouer... 




Cette oeuvre a été offerte à l'Ukraine via son ambassadeur à Paris S.E Vadym Omelchenko en présence de Viktoriia Goulenko, conseillère culturelle à l'ambassade d'Ukraine à Paris et directrice du Centre culturel ukrainien lors de l'inauguration de l'exposition le 24 février 2023, premier anniversaire du début du conflit. Cette exposition, dans la cour d'honneur de l'Université de  Paris - Sorbonne a vu ces deux oeuvres dialoguer l'une face à l'autre dans cette cour prestigieuse. A l'instar de l'oeuvre de Picasso qui a voyagé dans le monde entier avant d'être enfin accueillie en 1981 dans l'Espagne républicaine pour être exposée au Musée de la Reine Sofia, ces deux oeuvres sont destinées à voyager partout pour rappeler cette guerre et aider à ce qu'elle finisse, mais aussi pour sensibiliser le plus grand nombre de personnes possible, dans un dialogue constructif et humain, aux enjeux de la Paix dans le monde. 



Cela a déjà été le cas lors de la Foire d'Art Contemporain de Strasbourg où plus de 13.000 visiteurs ont pu voir les oeuvres et où il a eu une performance de Geneviève Charras et Baudouin Jannink Aphorismes Dansés en face de l'installation Guernica - Ukraine dans le hall d’entrée (voir plus ici). En plus de l'exposition, une conférence animée par Robert Becker avec Baudouin Jannink, et Jean Pierre Raynaud en direct de Paris, ainsi que le Président du Rotary Club de Kiev qui témoignait en direct de la ville qui se faisait bombarder ce jour-là a permis de recontextualiser le projet. le direct avec Kiev a été rendu possible grâce à Jean-Pierre Wacker de Rotary Club de Strasbourg. Et avec l'aide de Viviane Beoletto, l'événement a aussi vu la première diffusion du clip Marioupol de Voix de Stras' de Catherine Bolzinger et Sophie Rosengart.




La troisième étape du périple de ces deux oeuvres s'est faite en l'Hôtel de Ville de Schiltigheim, ville en bordure Nord de Strasbourg, où elle a été accueillie du 23 janvier au 16 février. Le vernissage a vu la présence, en plus de la Maire Danielle Dambach et son adjointe à la Culture Nathalie Jampoc-Bertand, de l'ambassadeur d'Ukraine auprès du Conseil de l'Europe M. Borys Tarasyuk et de son homologue pour la France M. Pap Ndiaye qui ont tous les deux prononcé un discours très intéressant. La performance de Geneviève Charras et Baudouin Jannink en éclairage artistique de l'oeuvre a été suivie par un récital de deux artistes ukrainiennes réfugiées en Alsace, la chanteuse de l'Opéra de Kiev Hanna Koval accompagnée au piano. par Olga Fekete.




Une quatrième étape hautement symbolique, puisque c'est au Conseil de l'Europe,  huat lieu de la Défense des Droits de l'Homme, là où Volodymyr Zelenski a lancé sa demande de soutien aux pays européens, que l'oeuvre est exposée.  C'est lors d'une  journée dédiée à l’Ukraine avec une commémoration à 9h00 le matin sur le parvis du Conseil de l’Europe et suite à des rencontre internationales destinées à soutenir le pays que l'oeuvre a été inaugurée. Sous la présidence de la commission des Ministres du Liechtenstein via son ambassadeur, la cérémonie a vu la prise de parole par la Secrétaire Générale du Conseil de l'Europe, la croate Marija Pejčinović Burić.



Puis il y a eu les interventions successives de l'Ambassadeur d'Ukraine auprès du Conseil de l'Europe M. Borys Tarasyuk, ainsi que de l'Ambassadeur d'Espagne M.Juan Ignacio Morro et pour finir Baudouin Jannink qui a lu un texte de Jean Pierre Raynaud que je vous offre ici: 

"Je suis un artiste, engagé pour l’art.

 Je suis aussi un homme face à la menace – à la fois réelle et imaginaire –, l’art est ma réponse à la violence, au drame. La violence n’est acceptable que dans l’art, j’ai simplement voulu réagir à la brutalité du monde.

Ma particularité, je travaille avec les signes. La simplicité de la signalétique, qui a toujours été mon vocabulaire, est déterminante car elle permet de rencontrer tout le monde. L’art est universel, il est l’être humain. Il faut aller à l’essentiel. 

Depuis 1962, c’est le but que je me suis donné. Il s’agit toujours pour moi de développer mes rêves pour échapper à la violence du monde."




L'exposition se tiendra jusqu'au 18 mars 2024. L'entré est libre mais il faut s'inscrire auprès du Conseil de l'Europe pour participer à une visite guidée de groupe (plus de renseignements ici).




Je vous transmets aussi le message de Baudouin Jannink, son appel à contribuer à diffuser cette installation et à contribuer à son déploiement:

"Vous pouvez aussi aider l’art à remplacer la guerre en contribuant à faire circuler dans votre pays, dans votre ville ces deux œuvres. A leur trouver l’espace d’exposition qu’elles méritent. A créer un événement artistique et humanitaire majeur, comme celui d’aujourd’hui. J’espère, ainsi que Jean Pierre Raynaud, pouvoir compter sur vous. J’espère que l’Ukraine peut compter sur vous aussi.

C’est un geste fort. Et ce geste peut être le vôtre."

Pour terminer, je vous dirai simplement que l’art est non seulement un instrument de guerre, mais grâce à vous surtout, un instrument de paix.




Les étapes suivantes sont en train de se mettre en place, revenez ici régulièrement pour savoir si l'oeuvre sera visible près de chez vous.

Et si vous souhaiter participer ou aider à la diffusion de ce projet, ou si vous avez des questions, merci de faire un mail à lafleurdudimanche [at] gmail (point) com


La Fleur du Dimanche



vendredi 6 octobre 2023

Mothers, A Song for Wartime de Marta Gornicka au Maillon: Le choeur s'en va-t-en guerre

 Marta Gornicka est belliqueuse. Avec son choeur de femmes réfugiées d'Ukraine, elle va en guerre contre la guerre, avec l'arme du chant et de la parole. Elle suit la vision politique de Bertold Brecht "qui expliquait qu'il n'existe pas d'Histoire en dehors de la guerre" elle fait  la démonstration que les femmes aussi peuvent se battre à leur manière. 

Et elle le fait en s'appuyant sur les chants traditionnels et en leur injectant une nouvelle énergie et des paroles d'une lucidité transperçante. Et elle le fait avec toute la force de ces vingt-cinq mères qui ont en elle la souffrance et l'exil. La révolte et la fragilité. Dans ce spectacle Mothers, a Song for Wartime que l'on a pu voir lors de trois soirées au Maillon à Strasbourg. 


Mothers, A Song for Wartime - Marta Gornicka - Photo: Bartek Warzecha


C'est une petite fille de huit ans qui, devant toutes ces mères attendent debout au fond de la scène, ouvre la cérémonie et récite avec entrain un poème que  l'on passe de maison en maison au Nouvel An pour souhaiter le bonheur aux familles. Une cérémonie entre la harangue, la messe engagée, le témoignage des violences et l'insurrection. Le choeur a capella va nous chanter des airs traditionnels. Cela commence par une chanson traditionnelle et rituelle qui souhaite la vie, la renaissance, puis d'autres célèbrent la nature ou l'amour. Mais il y a aussi des chants engagés, qui parlent de la situation actuelle, des violences, de la guerre, qui la dénoncent et parlent de révolte. Les paroles sont revendicatives, combatives, et les femmes sont de vraies combattantes. 


Mothers, A Song for Wartime - Marta Gornicka - Photo: Bartek Warzecha


Elles n'en demeurent pas moins des femmes sensibles et elles évoquent aussi leurs joies, leurs souvenirs et leurs plaisirs et leur situation d'exil, avec les proches, parents, frères et soeurs, enfants quelquefois dont elles sont séparées. Et leur émotion se transmet à travers leurs paroles et leur attitude. On passe ainsi d'une émotion à l'autre, entre empathie dans le malheur et volonté de s'en sortir et de se battre. Et la scénographie et la chorégraphie des corps y participent grandement. Ainsi les voix qui émergent de la masse pour dire les destins individuels ou les mouvements variés qui ressemblent à des manoeuvres presque militaires, avec frappe de tambour, mais aussi quand elles se mettent dans un cercle ouvert et confraternel - sororal même - par lequel passent à la fois la tendresse et la bienveillance. 


Mothers, A Song for Wartime - Marta Gornicka - Photo: Bartek Warzecha


Le spectacle ne tait rien et dénonce, et le nombre de morts de cette guerre, et les méthodes ignobles (violence des viols commis en public comme arme de guerre). Il nous force à nous interroger sur notre attitude vis-à-vis de ces faits et de ces images, que souvent nous évitons pour nous consoler d'images tendres de chats ou de fleurs. Le travail de Marta Gornicka avec ce choeur de femme n'est pas uniquement un choeur de consolation pour permettre la résilience, mais c'est, tout en cherchant à unir, soigner, guérir et chanter la vie, un instrument d'opposition contre l'oppression, une voix contre la répression. Et cette voix a été entendue et a ému.


La Fleur du Dimanche


Pour soutenir l'Ukraine dans cette guerre, d'autres actions sont menées, entre autres à Strasbourg par l'asssociation PromoUkaïna qui annonce un spectacle le 5 (?) ou le 21 octobre. Une autre action, Guernica - Ukraine également prévue à Strasbourg et dont je vais vous parler prochainement.

dimanche 22 novembre 2015

La fleur, le fusil, le drapeau, et la plume.... et le devoir de comprendre

La semaine qui s'achève a été riche en événements, informations, actions, réactions et commentaires.
Agir, réagir, commenter ou comprendre.... Tout un programme !
Mais au préalable, une fleur, toujours présente ou plutôt renaissante en ces journées d'automne (juste avant l'offensive du "général hiver"):


Fleur renaissante - Photo: lfdd

La fleur vit, en ces jours de fin d'automne et dit son plaisir - et son risque - de vivre. Les bougeons qui ont percé ces jours derniers ont dû sentir un pincement très fort les dernières nuits... Et les feuilles rouge éclatant aussi:


Feuilles rouges - Photo: lfdd

Ce rouge nous renvoie à l'actualité et au TVA qui est fourni aujourd'hui.

Tout d'abord, en regard de l'actualité sanglante, quelques réflexions pour essayer de comprendre et d'agir dans la mesure de nos moyens.
"Comprendre", parce que le mot a fait polémique cette semaine, à différents moments - je vous renvoie à l'écoute de l'émission sur France Inter qui en analyse l'origine d'une de ces politiques ici avec Patrick Cohen et Marine Le Pen (si vous ne voulez pas écouter l'intégralité de l'émission, vous pouvez aller directement à la partie commençant par la question "Votre évolution, notamment sur les libertés individuelles, est-ce que vous maintenez votre opposition à la surveillance d’internet?"

Mais comme le dit Jérôme Ferrari dans un texte paru dans le Monde des Livres du vendredi 20 novembre "Déplorer, maudire, ne pas comprendre" qui commence par "Peut-être sommes-nous entrés en guerre, peut-être sommes-nous entrés en résistance, je ne sais pas." et où il dit "Il est donc nécessaire que l'émotion s'exprime, même maladroitement, mais on ne peut admettre qu'elle le fasse sous la forme coercitive d'une injonction. Car une telle injonction revient à condamner d'avance comme complice ou criminel tout effort d'exercice du jugement. On assiste, comme c'était le cas déjà en janvier, à un renversement aberrant de la maxime spinoziste: il nous serait permis de rire, déplorer et maudire, mais en aucun cas de comprendre. Car "comprendre", bien sûr, c'est "excuser" - et on a honte, dans un pays qui a une si haute opinion de sa stature intellectuelle, de devoir écrire que cette équivalence est d'une insondable stupidité."  

Le Monde, dans ce supplément nous aide à comprendre en partageant des textes qu'ils ont demandés à des écrivains qui réagissent et commentent suite aux derniers événements.
Je vous renvoie aussi au texte de Christine Angot "La Belle Equipe" où elle nous raconte l'histoire suivante:
"En 1822, à Baltimore, on donne au théâtre une représentation d’Othello, la pièce de Shakespeare. On demande à un soldat de se mettre en faction dans la salle, il doit veiller au bon déroulement des choses, comme le ferait un vigile. C’est une histoire vraie. Elle nous a été racontée par Stendhal. Les faits sont réels. Donc, en 1822, la représentation d’Othello commence. Le soldat a un fusil à ses pieds, il surveille la salle. Il est là pour ça, c’est son travail. En même temps, il regarde la pièce. Et, quand Othello, fou de jalousie, se jette sur Desdémone, le soldat prend son fusil et tire. Un Noir se jette sur une jeune femme blanche, le soldat a son fusil, c’est immédiat, il saisit son arme, il tire sur l’acteur de la pièce, l’acteur est touché, c’était un tir à balles réelles. L’acteur ne meurt pas, mais il est blessé.
La même chose a eu lieu chez nous, amplifiée, et préméditée. Au Bataclan, on donnait, vendredi 13 novembre, un concert d’un groupe californien, The Eagles of Death Metal. Ils étaient en train de jouer quand les soldats de Daech ont tiré. Comme si la musique métal risquait de leur transpercer les yeux, et qu’au Bataclan la scène n’était pas musicale et fictive, mais réelle. De la même façon que les dessinateurs de « Charlie » étaient en train de dessiner quand les frères Kouachi ont tiré."

Cet épisode trouve son écho dans les pièces chorégraphiques vues cette semaine à Pôle Sud et dont j'ai parlé vendredi: "Le pouvoir du corps, le corps du pouvoir" mais aussi dans le texte de Richard Ford,toujours dans Le Monde des Livres, en première page dans l'article "Une nouvelle urgence langagière" qui cite Salman Rushdie qui cite Richard Wright: "Jadis, en Amérique, les Noirs et les Blancs se sont livrés à une guerre sur la nature de la réalité. leurs représentations étaient incompatibles... il a fallu trouver de nouveaux termes pour rendre compte du monde avant de le changer."  


Pour revenir sur le texte du spectacle "My Majesties", en l’occurrence celle du premier président noir des Etats-Unis, à qui l'on donne le Prix, je vous invite aussi à y réfléchir en vous soumettant un extrait "Nous devons tout d’abord admettre une dure vérité : nous n’allons pas éradiquer les conflits violents de notre vivant." 
Je vous invite à en lire le texte ici, sur le site de Voltaire (dont je ne partage pas forcément les opinions)... et à vous demander comment il justifie la guerre...

Pour ne finir avec tous ces textes, un chiffre: 93% et la réponse après la photo:

Feuille d'érable rouges sur bleu - Photo: lfdd

Cette photo, des feuilles d'érable rouges sur fond bleu renvoient à un objet ici doublement symbolisé, le drapeau, d'une part le drapeau du Canada, cette feuille d'érable rouge, et du côté français, le bleu et le rouge du drapeau (dont le blanc - symbole de la paix est absent), et nous ramène au chiffre et à l'actualité - et à son questionnement: 93% des français interrogés dans un sondage publié aujourd'hui affirment être attachés au drapeau bleu-blanc-rouge.
La société qui commercialise ces drapeaux a d'ailleurs vu ses ventes exploser - arrivant au niveau historique des ventes qu'elle a connue lors de la Mort du Général De Gaule ! 

Nous pouvons également nous interroger sur le "fleurissement" - ou plutôt la "coloration" des photos de profils Facebook avec ces nouveau gadget tricolore dont la finalité économique est, à notre insu d'analyser le degré de relation et de persuasion de chacun de nous vis-à-vis de son réseau d'amis. Sachez cependant que des négociations sont en cours pour protéger votre vie privée (espérons que cela soit suivi de résultats) en interdisant l'exportation vers les Etats-Unis de vos données privées (normalement protégées par la loi "Informatique et Liberté" française) - voir ici: "La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a suivi à la lettre les recommandations de son avocat général dans l'affaire Schrems, et décidé d'invalider le régime du Safe Harbor qui permettait aux entreprises américaines d'importer aux USA des données personnelles de citoyens européens."

Pour finir sur le drapeau français en littérature et en histoire, sur le site de la présidence de la République Française, nous pouvons lire:
"A plusieurs reprises, le drapeau tricolore fut menacé. Le 25 février 1848, lors de la proclamation de la République, les insurgés veulent un drapeau totalement rouge. C'est Lamartine qui, en homme politique harangua la foule et en poète sut trouver les mots pour sauver le drapeau national
"...le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. [...] Si vous m'enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous enlevez la moitié de la force extérieure de la France, car l'Europe ne connaît que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l'Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d'un parti ; c'est le drapeau de la France, c'est le drapeau de nos armées victorieuses, c'est le drapeau de nos triomphes qu'il faut relever devant l'Europe. La France et le drapeau tricolore, c'est une même pensée, un même prestige, une même terreur au besoin pour nos ennemis."
Alphonse de Lamartine

Et pour ne pas finir sans chanson, je vous offre le dernier clip de David Bowie (qui fait penser au spectacle de Lisbeth Gruvez cité plus haut:




Et pour ceux qui sont nostalgique (ou ne supportent pas de regarder un clip de plus de 9 minutes, le tube "Heroes" où nous pouvons croire que nous serons des héros, ne serait-ce qu'un seul jour et gagner !




"I, I will be king
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can beat them, just for one day
We can be Heroes, just for one day

And you, you can be mean
And I, I'll drink all the time
'Cause we're lovers, and that is a fact
Yes we're lovers, and that is that

Though nothing, will keep us together
We could steal time,
just for one day
We can be Heroes, for ever and ever
What d'you say?

I, I wish you could swim
Like the dolphins, like dolphins can swim
Though nothing,
nothing will keep us together
We can beat them, for ever and ever
Oh we can be Heroes,
just for one day".


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche