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mercredi 7 janvier 2026

Radio Live - le Triptyque - Vivantes au TNS : Le fil de la vie court le long du micro

 Sur le plateau de la salle Bernard Marie Koltès du TNS à Strasbourg, la vie devient théâtre, mise en scène en direct par Aurélie Charon dans Radio Live - Vivantes. Un savant mélange de médias: images, photos d'archives ou de mémoire choisies et commentées en direct, images vidéo tournées il y a quelques temps et visio en direct, textes qui défilent, placard affichés, animations qui naissent sous nos yeux superposés aux images projetées en grand sur le fond d'écran et musique et chansons magnifiquement interprétées par Emma Prat pour à la fois rythmer, souligner ou accompagner les récits qui se tissent et s'entrecroisent au fil des plus de deux heures que l'on ne voit pas passer. 


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


La vie, l'intime des trois protagonistes qui se relaient sur scène ou à l'écran, liant intimement leur expérience et la "Grande Histoire" nous rapproche de ces trois "témoins" qui ont participé et vivent encore des pans de l'Histoire que l'on voit d'habitude par la lorgnette de la télé, des médias et des réseaux sociaux. Mais le ton d'Aurélie Charon, qui navigue entre confidence et séance de psychanalyse - sa voix ultra-présente qui nous chuchote à l'oreille, alors qu'elle est quelquefois presqu'effacée du plateau - réussit à guider, à accoucher ses interlocutrices de leurs souvenirs, leurs sentiments, leurs pensées. Et nous inclut au plus intime de leur vie.


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


Sur le plateau 100 % féminin (avec Gala Vanson aux manette visuelles et dessins) ce sont trois témoins qui ont tissé des liens entre elles, qui ont déjà partagé des moments de vie (et un voyage en Bosnie) qui nous dévoilent au fur et à mesure chacune leur parcours. Pour certaines il s'agit d'un déjà long compagnonnage avec Aurélie Charon - pour Oksana Leuta par exemple cela remonte à l'époque de Maidan en 2014 - et elles étaient déjà de la partie en 2023 pour Radio live - la relève. Elles nous partagent leurs souvenirs, leurs doutes, leurs douleurs, leurs projets et leurs vies, les relations avec leur famille et les multiples péripéties vécues, chacune exemplaire en quelque sorte dans leur situation. Par exemple pour Ines Tanovic, nous sommes témoin de la guerre Serbo-Croate qui a marqué l'effondrement de la Yougoslavie en 1991. 


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


Elle nous montre la ligne de front à Mostar (la ville d'avant et les immeubles criblés de balles qui ne sont pas encore rénovés, le célèbre pont,...), Sarajevo où sa soeur était bloquée, séparée de la famille, son parcours de blessée de guerre (son corps dans lequel restent une cinquantaine d'éclats d'obus), son engagement dans une association Compas071 qui aide les réfugiés là-bas. Elle révèle aussi son parcours familial - ses parents, un couple mixte serbe et croate, ce qui a conduit son père dans les camps et à la mort. C'est une histoire presque similaire pour Hala Rajab dont nous avions pu découvrir précédemment d'autres pans de l'histoire avec son père communiste à Lattaquié en Syrie, lui aussi emprisonné, mais où un nouvel épisode - avec le départ de Bachar el-Assad et les massacres qui s'en sont suivis - montrent que la vie, et l'Histoire, ne s'arrêtent pas. Avec Oksana Leuta, nous sommes plongés dans le conflit en Ukraine et assistons aux péripéties auxquelles a été confrontée cette jeune femme professeure de Français qui a décidé de revenir au pays (elle était en vacances au Sri Lanka quand l'invasion russe a débuté) et qui s'est totalement impliquée dans le combat en devenant "fixeuse". Et l'on a droit à des images de "l'intérieur" du conflit et de la vie quotidienne des habitants (avec même un "direct" avec sa mère à Kiev).


Radio Live - le Triptyque - Vivantes


L'aspect intime et familial est très présent et ces relations pas toujours simples avec les parents (en particulier les pères - présents puis absents) et les mères. Et tous les sentiments que ça remue sont traités avec délicatesse, mais sans éviter les questions et les points de tension, les douleurs. La présence de ces mères, repères dans leur vies, mais aussi les pertes et les morts sont un balancier dans cet équilibre que les protagonistes cherchent à construire. Les mélodies et les chansons qu'Emma Prat nous interprète de sa magnifique voix a capella, ou avec sa guitare ou son synthétiseur apportent un complément d'émotion et de sens dans ce voyage en rhizomes entre les pays et les relations qui se construisent et débordent de la scène et de l'écran pour nous toucher au plus profond du coeur et de l'âme. Un très bel hommage à ces parcours et ces engagements et une leçon de vie et d'humanité.


La Fleur du Dimanche

Je vous invite à aller voir les trois versions de Radio Live: Vivantes - Nos vies à venir et Réuni.es - Une "intégrale" des 3 versions sera présentée le samedi 10 janvier à partir de 13h00 au TNS 

Radio Live - Vivantes

Au TNS du 7 au 14 janvier 2026


[Conception et écriture scénique] Aurélie Charon 
[En complicité avec] Amélie Bonnin et Gala Vanson
[Avec]  Oksana Leuta, Hala Rajab, Ines Tanović
[Création musicale] Emma Prat 
[Création visuelle live] Gala Vanson 
[Musique live] Emma Prat 
[Identité graphique] Amélie Bonnin 
[Images filmées] Thibault de Chateauvieux, Aurélie Charon, Hala Aljaber 
[Montage vidéo] Céline Ducreux, Mohamed Mouaki 
[Régie son] Vincent Dupuy
[Mixage audio] Benoît Laur 
[Espace scénique] Pia de Compiègne 
[Création lumière] Thomas Cottereau
Rencontres issues des séries radiophoniques et des voyages de Aurélie Charon et Caroline Gillet
Artiste associée Chaillot, Théâtre National de la danse 
La Comédie de Caen, CDN de Normandie 
Le Méta, CDN de Poitiers
Direction de production Mathilde Gamon
Production Radio live production, Mathilde Gamon 
Coproduction Comédie de Caen - CDN de Normandie, Bonlieu scène nationale d’Annecy, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Le Méta - CDN de Poitiers, MC2: Grenoble, Théâtre national de Strasbourg, Institut du Monde Arabe, Festival d’Avignon Soutien Direction régionale des affaires culturelles d'Île-de-France Fondation d’entreprise Hermès


mercredi 22 janvier 2025

Cécile au TNS: Elle ouvre les portes du théâtre.... sur sa vie

 On a tendance à considérer le théâtre comme un art "vivant", un spectacle dans lequel nous assistons à une représentation où, sur la scène, des acteurs racontent (diégesis) une histoire ou la jouent, la représentant (mimesis) pour nous émouvoir, nous instruire ou nous faire réagir. Au fil du temps ces formes ont évolué et les modalités ont changé et les technologies aidant, des artifices et des médias autres s'y sont intégrés. Le contenus et les formes ont aussi évolué. Bien sûr on va toujours au théâtre pour voir ce qu'on appelle les "Classiques" (Molière, Shakespeare, Tchekov,...) ou les "Modernes", tous ces auteurs du XXème et du XXIème siècle, mais les formes se sont aussi diversifiées et pour les classiques, les artifices de mise en scène et de jeu ont dépoussiéré les alexandrins. Et l'éventail de styles est une richesse. A ces "textes" se sont aussi adjoint d'autres formes de théâtre qui ont pris un essor en dehors des lieux classiques, entre autre par le biais des spectacles d'humoristes, souvent des solos, et en particulier, en parallèle avec l'arrivée en littérature du récit autobiographique ou de l'autofiction, des seul(e)s en scène ou des Stand-up, dont l'improvisation devient partie intégrante du spectacle. Au TNS, il y a déjà eu récemment les deux spectacles de Laurène Marx Pour un temps sois peu et Je vis dans une maison qui n'existe pas

Avec Cécile, une "Mise en scène" Marion Duval, avec une "performance" de Cécile Laporte, avec une "conception" de Marion Duval et Luca Depietri et une "dramaturgie" d'Adina Secretan, nous nous trouvons dans une forme limite du spectacle et de l'autofiction. D'ailleurs, pour commencer, c'est Marion la metteuse en scène qui prend la parole pour expliciter les "règles du jeu" de la pièce, également pour les spectateurs, en particulier de "se recentrer" et de se "rapprocher" de la scène, les règles pour "sortir" de la salle : au moment des changements de chapitre (la pièce étant chapitrée par la metteuse en scène pour rythmer et structurer la performance) et surtout ne pas sortir quand il y a des "moments de théâtre". 


Cécile - Cécile Laporte - Photo: Mathilda Olmi


Elle présente aussi Cécile Laporte en précisant que "les gens s'épanouissent à son contact". Ce qui n'est pas faux. Effectivement, Cécile est non seulement un "personnage", mais en plus elle a une capacité contagieuse de détendre l'atmosphère, de récolter de l'empathie et de conter avec rythme et suspense, avec des ruptures, des rebondissement, de l'humour et une franche autodérision qui nous permet de réagir à toutes les aventures surprenantes, saugrenues, insolites, imprévisibles, presqu'impossibles qu'elle a vécues et qu'elle nous raconte avec une fraicheur à toute épreuve.




Ainsi dès le premier chapitre intitulé Animation handicapé, elle raconte son premier vrai job où, pour foncer sur les routes sinueuses des Pyrénées, il lui fallait comme passeport un diplôme du BAFA, un permis de conduire (reçu par dépit) et un RIB. Et ainsi convoyer une folle équipe (c'est bien le cas de le dire) au fin fond du pays avec la charge d'âmes qu'elle arrive à maintenir en survie sans formation spéciale. Et c'est parti pour presqu'une demi-heure d'aventures picaresques toutes plus délirantes les unes que les autres. Parce que, quand on a l'impression que c'est fini, ça recommence de plus belle. C'est le cas aussi de l'épisode des Clowns à l'hôpital, de Fuck for Forest, de La ZAD ou de la Comédie Musicale à l'asile, dans des tonalités et sur des thématiques différentes. Ces récits permettent de découvrir la générosité, l'ouverture et l'engagement de Cécile sur tous les plans (même les plans cul) dans la vie et envers les autres, de saisir aussi sa fragilité et les difficultés qu'elle a dû surmonter.

Lorsqu'elle raconte ces histoires, assises sur une chaise face à nous, mais aussi marchant d'un bord à l'autre de la scène ou parmi les spectateurs (prenant même un bain de foule dans un vol plané au-dessus des spectateurs porteurs), des photos (de son séjour dans les Pyrénées) ou des extraits vidéo témoins - de Notre-Dame-des-Landes ou de la Réincarnation de Bob Marley - sur l'écran derrière elle témoignent de la réalité de son histoire. 


Cécile - Marion Duval - Cécile Laporte - Photo: Mathilda Olmi 


Et en contrepoint, respiration dramatique, des scènes sont jouées, rideau de projection levé pour la partie mimésis d'elle. Avec des figures et des marionettes (Séverine Besson) et comme un cadeau avec la concrétisation du rêve de la Comédie Musicale, un très beau cadeau que lui offre en retour Marion Duval comme catharsis d'un épisode douloureux. Toute l'intelligence de ce spectacle qui navigue sur le fil, et dont nous-mêmes sommes en train de suivre, en équilibre entre plaisir, voyeurisme, émotion et engagement, les rebondissements est dans cette franchise et cette simplicité qu'incarne Cécile Laporte. Et aussi dans son engagement et sa générosité. Un coeur grand -et gros - comme ça.

 

La Fleur du Dimanche


Cécile

Au TNS du 22 janvier au 1er février à Strasbourg - Attention horaire spéciaux - durée environ 3 heures avec entracte

[Performance] Cécile Laporte
[Mise en scène] Marion Duval
[Conception] Marion Duval et Luca Depietri (KKuK)
[Dramaturgie] Adina Secretan
[Collaboration artistique, chant, jeu et régie plateau] Louis Bonard
[Costumes et marionnettes] Severine Besson        
[Son et musique] Olivier Gabus
[Scénographie et lumières] Florian Leduc
[Sculptures et dessins] Djonam Saltani, Iommy Sanchez
[Vidéo] Diane Blondeau
[Jeu et régie plateau (en alternance)] Louis Bonard, Diane Blondeau, Marion Duval, Maxime Gorbatchevsky, Sophie Lebrun, Atakan Tan
[Régie lumière] Lula, Redwan Reys
[Animation 3D] Iommy Sanchez, Lauren Sanchez Calero
[Diffusion] Anthony Revillard
[Administration] Laure Chapel – Pâquis et Marie Lacoux
[Collaboration production] Anna Ladeira – Le Voisin
[Production] Chris Cadillac
[Coproduction] Arsenic – Centre d’art scénique contemporain, Théâtre Saint-Gervais
[Soutiens] Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture, Loterie romande, Pour-cent culturel Migros, Fondation Ernst Göhner, Fondation Engelberts
[Aide à la recherche] Manufacture – HES-SO


jeudi 21 novembre 2024

Antigone in the Amazon de Milo Rau: un paysage dévasté au Maillon et une famille qui s'entretue

 La Maillon a l'habitude de proposer dans sa programmation des Paysages. Ces plongées dans l'univers d'une personnalité du théâtre est cette année consacrée à Milo Rau, ancien directeur du NTGent et actuellement directeur des Wiener Festwochen. Cette quatrième édition se focalise sur le rapport que le dramaturge et metteur en scène suisse, qui a l'habitude de se frotter à des faits de société contemporains, entretient avec les mythes antiques. Ainsi le 30 novembre et 1er décembre ce sera un fait divers - une mère qui assassine ses cinq enfants en Belgique - en regard avec le mythe de Médée.


Antigone in Amazon - Milo Rau - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Et avec Antigone in the Amazon, la question soulevée dans la pièce de Sophocle servira de socle à un travail théâtral avec des habitants de la région de Parà dans le Nord du Brésil, en relation avec le massacre d’Eldorado de Carajás le 17 avril 1996 lors de la manifestation des paysans du MST - Mouvement des Sans Terre et dont la commémoration sert de toile de fond à la pièce. En l'occurrence c'est la mise en scène de cette manifestation repréparée et réalisée pour la pièce qui est projetée sur grand écran. Il y a un dialogue constant, une mise en abyme du théâtre d'un bout à l'autre du monde, ici dans la salle de théâtre et là-bas, en Amazonie qui se joue devant nous. En particulier, cette répression sanglante qui a causé 19 morts et dont se souviennent les rescapés et qui est comme ils le disent, le meurtre des frères par leurs frères. Ces ouvriers agricoles tués par la police militaire.


Antigone in Amazon - Milo Rau - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Sur la scène, couverte de terre, quatre comédiens, deux qui viennent du Brésil, à jardin, dont Pablo Casella qui nous accueille à la guitare et Frederico Araujo, qui va, avec lui, en introduction nous chanter la malédiction contemporaine, la folie destructrice de l'homme envers la Mère Nature avec, en écho le choeur antique d'aujourd'hui par dessus les océans par le truchement de la vidéo. A cour, à une table avec chaises faisant office de loge, Sara De Bosschere et Arne De Tremerie, les comédiens du Théâtre de Gand ( NTGent) qui étaient partis en Amérique du Sud pour travailler avec les personnes du MST pour justement jouer Antigone chez eux. 


Antigone in Amazon - Milo Rau - Photo: Christophe Raynaud de Lage


C'était avant 2020 et le Covid est passé par là. Ce qui donne cette forme hybride où nous passons du passé et de ces documents filmés, à ce présent qui fait écho ici sur scène. Et encore aux diverses reconstitutions et reportages, intriquant les répétitions ou les représentation de la pièce au Brésil, les versions jouées pour le film. Tout cela projeté de temps en temps sur grand écran et commenté ou doublé en direct. Il y a aussi les reconstitutions des massacres et, pour finir, summum de la pièce, le reportage sur la commémoration de cet événement avec la tension qu'amène l'interdiction de cette dernière, et le côté cathartique de la simulation du massacre.


Antigone in Amazon - Milo Rau - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Les niveaux de lecture sont multiples. Nous avons, par les deux comédiens belges, les explications de l'histoire de la pièce qui éclaire à la fois le contexte de la production et les imprévus qui ont déterminé la forme que prend le spectacle actuel, à la fois pour des raisons pratiques, financières et écologiques. Il y a le parallèle entre le mythe ancien et son surgissement contemporain. Il y a aussi cette problématique de la dépossession de la terre et des réponses politiques et policières violentes et il y a en final également toute l'interrogation sur le rapport de l'homme à la terre, la nature et de l'avenir de la planète. Toutes ces questions, qui dans cette pièce multiforme et multilingue, où nous ne comprenons pas toujours tout (et les paysans du Brésil non plus d'ailleurs, comme c'est dit dans la pièce), mais qui n'empêchent que nos pouvons, ensemble trouver des réponse communes, ne serait-ce que de vivre ensemble la vie des autres - comme les comédiens l'ont aussi expérimenté et vécu - pour faire humanité. 


Antigone in Amazon - Milo Rau - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Une leçon simple et directe de cohabitation et de considération de chacun et chacune dans une vie partagée avec humilité.


La Fleur du Dimanche


Antigone in the Amazon


Conception, mise en scène et texte : Milo Rau
Avec sur scène : Frederico Araujo, Pablo Casella, Sara De Bosschere, Arne De Tremerie
Et sur écran : Kay Sara, Gracinha Donato, Célia Maracajà, le Chœur des militant·es du Movimento dos Trabalhadores Rurais sem Terra (MST), et en tant que Tiresias, Ailton Krenak
Dramaturgie : Giacomo Bisordi
Collaboration à la dramaturgie : Douglas Estevam, Martha Kiss Perrone
Assistantes dramaturgie : Kaatje De Geest, Carmen Hornbostel
Création musicale : Elia Rediger, Pablo Casella
Scénographie : Anton Lukas
Création costumes : Gabriela Cherubini, Jo De Visscher, Anton Lukas
Création lumière : Dennis Diels
Création vidéo : Moritz von Dungern
Making of vidéo : Fernando Nogari
Montage vidéo : Joris Vertenten
Collaboration au concept, recherche et dramaturgie : Eva-Maria Bertschy
Production : NTGent
Coproduction : The International Institute of Political Murder (IIPM) / Festival d'Avignon / Romaeuropa Festival / Factory International / La Villette / Tandem scène nationale / Künstlerhaus Mousonturm / Equinoxe, Scène nationale de Châteauroux / Wiener Festwochen
En collaboration avec : Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST)
Avec le soutien de : Goethe Institut Saõ Paulo / Pro Helvetia – programme Coincidencia, Echange culturel Suisse – Amérique du sud / The Belgian Tax Shelter Remerciements à Carolina Bufolin