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dimanche 8 octobre 2023

Quarante ans de Musica: Les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes sur le Festival de musique contemporaine

Le Festival Musica qui a fêté ses 40 ans s'est achevé dimanche dernier. Prenons le temps d'en parcourir quelques souvenirs.

Et profitons de la superbe exposition des dessins de Véronique Boyer Les Yeux fermés pour remonter le temps et continuer le voyage avec quelques images sauvées de la mémoire dans les petits carnets qu'elle a exhumés de ses tiroir pour les offrir aux archives du Festival. 


Musica 2023 - Véronique Boyer - Les Yeux fermés - Olivier Messiaen - Laurent Aymar  26.9.96 - Photo: lfdd


Depuis 1984, inlassablement, dans le noir elle croquait les artistes et les musiciens sur scène sur ces petits agendas hérités de sa grand-mère. En quelques traits précis, elle installait le fugace, le provisoire, l'imperceptible, un instant de vivant sur les pages de ces petits carnets. Elle inscrivait ainsi les notes fugaces, les sons, les voix, à travers les corps, les attitudes, les instruments et l'occupation de l'espace dans une célébration de l'événement sensible, dans une transposition visuelle par ses traits, ses lignes, ses courbes, ses formes sur cette petite surface blanche, un peu jaunie. Après le concert, souvent tard le soir, de mémoire, elle les complétait, à l'encre, avec des couleurs, à l'aquarelle, délicatement. 


Musica 2023 - Véronique Boyer - Les Yeux fermés - Irvine Arditti - Photo: lfdd


Elle rendait ainsi l'impalpable, l'interprétation de notes par des musiciens, des chanteurs, des comédiens, un orchestre, l'atmosphère d'un récital, d'un concert, d'une symphonie, d'un théâtre musical ,visible, sensible, évident. Expressif. Ces quelques traits et ces quelques taches de couleur nous révèlent la quintessence d'événements fugaces, passés que l'on peut ainsi essayer de se remémorer. Les dessins ont été scannés et nettoyés et sont accrochés, bien rangés dans une salle du QG du Festival installé dans les locaux de l'ancienne Poste place de la Cathédrale. 


Musica 2023 - Véronique Boyer - Les Yeux fermés - Jean-Piere Drouet - Photo: lfdd


Des espaces différents permettent de les apprécier en toute intimité et dans une vitrine certains carnets sont présentés alignés pour permettre d'apprécier les "originaux" avec les pages ouvertes sur certains croquis. 


Musica 2023 - Véronique Boyer - Les Yeux fermés - Martine Viard - 16.9.1990 - Photo: lfdd


Un autre espace, derrière des rideaux noirs nous mettent dans l'obcurité comme pour restituer l'ambiance des concerts. Et c'est à l'aide de petites lampes de poche que nous découvrons une à une quelques autres œuvres dans ce cabinet secret.


Musica 2023 - Véronique Boyer - Les Yeux fermés - Photo: lfdd

Musica 2023 - Véronique Boyer - Les Yeux fermés - Musica 1984 - Photo: lfdd

Musica 2023 - Véronique Boyer - Les Yeux fermés - Kagel - Lulu - Messiaen - Photo: lfdd




Pour conclure, jetons un regard rétrospectif sur le Festival 2023. 
Voici le programme résumé:

Le Festival a débuté le 5 et le 9 septembre par deux expositions, celle de Véronique Boyer dont vous avez eu quelques aperçus ci-dessus et une autre au CEAAC intitulée Colère Divine sur la fragilité et la force de résonnance. Puis la grande soirée de lancement à la Laiterie le 15 septembre avec Clipping, avec Daveed Dibs et William Hutson et Jonathan Snipes ainsi que l’ensemble Asko/Schoenberg et Louis Andriesen. Le lendemain, 16 septembre une grosse journée avec sept concerts jusqu’au bout de la nuit - avec Jean Catoire - dont celui de l’ensemble lovemusic qui nous emmène en enfer:

Musica 2023 - Nightmare - lovemusic - Photo: lfdd



L’enfer, c’est là aussi que nous mène Simon Steen-Andersen avec l’opéra Don Giovanni en Enfer qu’il présente à l’Opéra National du Rhin en nous découvrant les dessous du bâtiment:

Musica - ONR - Don Giovanni aux Enfers - Simon Steen-Andersen - Photo: Clara Beck 



Le dimanche 17, deux concerts sont programmés par des « anciens » (spectateurs) de Musica qui proposent la Sonate de Requiem d’Olivier Greif au Münsterhof et de la musique et de la danse venant de Palestine avec le programme La musique au pied du mur à l’Espace Django. Toujours programmé par un « ancien », Les Artisans du son avec l’ensemble Itinéraire au Nouveau CFA des Compagnons du Devoir le lundi 18 septembre. La mardi 19 Musica est accueilli à Pôle Sud avec deux pièces Answer Machine de Phillip Venable et Sonate et Interludes dansés par Lénio Kakléa sur une pièce de John Cage :

Lenio Kaklea - Orlando Bass - Sonates et interludes - John Cage - Photo: Marc Domage



Le Festival Musica s'offre un intermède coloré et plaisant le mercredi 20 avec le spectacle Hide to Show de Michael Beil, création française avec l'Ensemble Nadar à la Cité de la Musique et de la Danse à Strasbourg, Inspiré par la création d’une chanteuse japonaise en image de synthèse: 

Hide to Show - Michael Beil - Nadar Ensemble - Photo:Wim Heirbaut


Musica prend ses quartiers à l’église Saint Paul pour une soirée plutôt orienté voix qui parle de révolte :

Musica - Oration of Loss - Ekmeles - Photo: lfdd


Au Maillon le Festival Musica laisse le  choix au spectateur en lui proposant la pièce sur Lady Di Queen of Hearts deux fois dans la petite salle, le vendredi 22 et le samedi 23 septembre à 19h00 et pièce de Ted Hearne et Saul William, Place, le vendredi soir dans la grande salle à 21h00:

Musica - Le Maillon - Queen of Hearts  Photo: Bettina Matthiessen


La venue à Strasbourg au Festival Musica de l'Ensemble Intercontemporain, créé par Pierre Boulez nous offre deux soirées, la première dirigé par Pierre Bleuse avec au programme Michaël Levinas, Hughes Dufourt et Liza Lim le lundi 25 et la deuxième le mardi 26 où l'orchestre joue des compositions d'Eno poppe sous sa direction: 

Musica - Ensemble Intercontemporain - Liza Lim - Photo: lfdd



Musica - Enno Poppe - Prozession - Photo: lfdd


Retour à Saint Paul pour le retour de la cinquième édition de Sonic Temple le 28 septembre:

Musica - Sonic Temple - Vica Pacheco - Photo: lfdd


Puis un petit tour à l’Opéra, Salle Ponnelle avec le Quatuor Arditti pour une pièce de et avec Jennifer Walshe Everything is important:

Musica - Jennifer Walshe - Quatuor Arditti - Photo: lfdd


Le Quatuor Arditti remet le couvert doublement puisque pour un autre concert, il réplique le concert du 17 septembre 1985 le 30 septembre 2023 à l’église Sainte Aurélie:

Musica - Quatuor Arditti - Photo: lfdd


Tout au long du festival ont eu lieu des concerts pour soi en appartement, pour un ou deux spectateurs, une expérience unique, même à deux !

Musica - Concert pour soi - Photo: lfdd


Et pour finir en beauté, Musica s'offre et nous offre un voyage à Bâle avec au programme la visite du Musée Tinguely puis un concert au centre Don Bosco pour finir dans un gymnase géant construit par Herzog et de Meuron pour écouter rien que trois ensembles: Le Basel Sinfonietta, le NDR Bigband et le Chorwerk Ruhr pour des pièces de Sofia Gubaidulina, Michael Wertmüller et Simon Steen-Andersen:

Musica à Bâle - TRIO - Simon Steen-Andersen - Photo: lfdd


Rendez-vous en 2024


La Fleur du Dimanche

vendredi 29 septembre 2023

Avec le Quatuor Arditti, Jenifer Walshe nous dit "Everything is important" elle nous le chante et nous le joue et le montre

 En création française à Musica à la Salle Ponelle, la pièce de 2016 "Everything is important" pièce pour voix, cordes et vidéo composée par Jennifer Walshe pour le Quatuor Arditti, en collaboration avec Irvine Arditti nous arrive avec un petit décalage, ce qui en fait une pièce importante et curieuse mais aussi un peu datée, les images et les technologies vieillissant rapidement. Bien sûr le message est toujours d'actualité et Keith Haring (déjà) quand il disait "Nothing is important...so everything is important." “Rien n'est important...donc tout est important.” était dans le vrai: On peut parler ( chanter, disserter, montrer) de tout. Car dans la pièce de Jennifer Walshe, l'on (elle et un moment le violoniste Ashot Sarkissjan dans un mégaphone et bien sûr à certain moments dans la vidéo) parle, chante (elle aussi), joue de la musique (tout le Quatuor Arditti), écrit (sur l'écran) et montre des images (même empilées les unes sur les autres. 

Musica - Jennifer Walshe - Quatuor Arditti - Photo: lfdd


Jennifer Walshe ne se contente pas de chanter et de parler, elle fait aussi des vocalises des cris et des chuchotements, à un moment dans un entonnoir qui a aussi serve de longue vue. La vidéo ou plutôt les vidéos qui passent en fond de scène comportent des images spatiales, d'éruptions solaires ou de la Lune, ou du système solaire, mais aussi de mer enragée de paysages désertifiés, de mode et de livres technique, ou de cuisine ou de fleurs. Il y a aussi des passages où l'on caresse du doigt les nuages et l'horizon. On assiste aussi à une séance de maquillage de camouflage. Le texte qu'elle agglomère en un collage un peu surréaliste traite de tous ces sujets, à la fois scientifiques, botaniques, techniques, dans un savant mélange et une partition extraordinaire et versatile, traités en des collisions verbales et sonores.

Musica - Jennifer Walshe - Quatuor Arditti - Photo: lfdd


Le Quatuor Arditi est entraîné dans ce maelström, passant de passages lents à des accélérés faramineux de citation musicales classiques - qu'il ralentissent en changeant de gamme. Arrivant à simuler un jeu silencieux en ne touchant pas les cordes - et également chanter en silence, certains musiciens se frottant l'archer au cou. En tout cas la "performance" est réussi dans ce mélange détonant des arts et de la critique sociale pas triste pour un sou.

La Fleur du Dimanche       

jeudi 28 septembre 2023

Musica à Saint Paul - Deuxième: C'est la Lutte pour la libération des sons au 5ème Sonic Temple

 Depuis la première soirée Sonic Temple en 2019 où nous avons pu entendre, entre autres, Phill Niblock à l'orgue et Erwan Keravec à la cornemuse, cette soirée "à la marge" du Festival Musica est devenue une sorte de phare, de repère dans la programmation des musiques d'aujourd'hui qui rassemble les spectateurs "rajeunis" de Musica. Il y a bien sûr encore des têtes argentées qui en insatiables curieux vont découvrir ce menu "à prix libre" que nous propose le festival en explorateur de cette musique un peu nocturne. Le concert qui commence à 21h00 se terminant à minuit sonnante.


Musica - Sonic Temple - Méryll Ampe - Photo: lfdd


Le combat ayant déjà commencé avec Lucha Libre de Méryll Ampe (Lutte en français) qui a débuté le 1er round avec ses mélanges de sons de foule de manifestation sportives - bruits et brouhaha de supporters plutôt dans des stades de foot mixés avec d'autres sons dans une belle énergie et un gros volume (quelquefois les bouchons d'oreilles sont installés pour la protection.


Musica - Sonic Temple - Méryll Ampe - Gilles Oltz - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Gilles Oltz - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Gilles Oltz - Photo: lfdd


Le son ne s'éteint pas totalement lorsque Gikkes Oltz joue sa Pasacalles de 1er tono et son Estacio Lacerna Tento de 6eme tono . 


Musica - Sonic Temple - Daniel Zea - François Papirer - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Daniel Zea - François Papirer - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Daniel Zea - François Papirer - Photo: lfdd

Par contre, la cloche sonne pour annoncer la pièce de Daniel Zea et François Papirer Primitivo en création mondiale. Ce sera pendant un grosse demi heure un festival de maracas "augmentés" joués par le bien connu à Strasbourg musicien des Percussions François Papirer qui nous emmène dans des variations de rythme et de  frappe, transformés derrière son ordinateur par le musicien Daniel Zea que nous avions déjà pu voir l'année dernière. C'est à une transformation fine et variée du son produit par le percussionniste, que le musicien procède. Ainsi, il va avec une grande précision transmettre la finesse d'interprétation pour aller, par exemple dans le passage Brian Eno Pop arriver à des moment percutants équivalents à des frappes sur une grosse caisse avec un son spatialisé sur les différents micros qui captent le son en le renvoyant sur des haut-parleurs disséminés au quatre coins de l'église. Il y mélange des sons électroniques, d'autres fois il joue sur les échos ou les boucles ou des scratches et la pièce se termine dans une grande délicatesse dans un long décrescendo de petites graine de son qui s'envolent.


Musica - Sonic Temple - Vica Pacheco - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Vica Pacheco - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Vica Pacheco - Photo: lfdd


Méryll Ampe revient pour un deuxième round de sa Lucha Libre, toujours dans son mélange de foule sportive dans de grands rassemblements, mixés et soutenus d'autres sons et Vica Pacheco, elle nous emmène avec Animacy - or a breath manifest pour un long voyage dans une ambiance rêveuse, emplie de sons aigus et quelques uns semblables à des chants d'oiseaux qui de répètent en boucle et de respirations, de chuchotement, de crissements pour arriver à des ambiances plus graves et des sons qui ralentissent vers la fin.

Troisième et dernier round pour Méryll Ampe, cette fois-ci une Lucha Libre dans une sonorité plus proche de la boxe et des coups de poings pour se transformer en bruits de fusillades et de guerre avec des bombes qui explosent au loin.

 


Musica - Sonic Temple - Julien Desprez - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Julien Desprez - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Julien Desprez - Photo: lfdd


Puis, c'est Julien Desprez qui était déjà venu pour l'édition Musica de 2017 nous offre avec Simply Are son jeu très original de la guitare où entre grattage, frottage, bruit blanc et bruits d'arcs électriques, il nous propose une superbe prestation en solo où l'on sent qu'il maîtrise totalement l'instrument qu'il frappe, triture et tord entre ses mains pour en sortir des sons très originaux mais cependant très intéressant. Entre échos, distorsion, larsen maîtrisé et notes tenues sur la distance tout en y posant d'autres notes ou accord, il arrive aussi à chanter un air haché et à faire entendre le pur son acoustique des cordes dans d'étranges mélanges. Une belle performance, qui a aussi un très intéressant aspect visuel.


Musica - Sonic Temple - Mario de Vega - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Mario de Vega - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Mario de Vega - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Mario de Vega - Photo: lfdd

Musica - Sonic Temple - Mario de Vega - Photo: lfdd


Visuellement, la dernière pièce l'est aussi, intéressante car Mario de Vega joue avec nos sens et, donc pour El llamado (l'appel) il nous plonge dans un univers curieux de sifflements qui rappellent ces siffleurs de la Gomera et leur langage codé. De plus, se déplaçant à couvert (presque) dans le noir sur une terrasse derrière une balustrade dans le choeur, ce son qui se multiplie part en écho, et qui envahit l'église sans que l'on sache d'où cela provient. Des nappes sonores s'y ajoutent et tous cela se clôt dans un magma sonore qui noie tout et qui devient une image sonore qui enfle.


La Fleur du Dimanche 


jeudi 13 avril 2023

Print marque le Jazzlab#5 de son empreinte durable

 Pour la cinquième édition de Jazzlab, ce ne sont pas moins que Jazzdor, le Conservatoire de Strasbourg et l'Académie Supérieure de Musique de Strasbourg-Hear qui se sont mobilisés sous la coordination de Michael Alizon pour mettre en place sur une semaine des Master-classes, des concerts, et des rencontres dans différents lieux de Strasbourg: The People Bar, La Péniche Mécanique le Blue Note Café et la Cité de la Musique et de la Danse. Les premiers concerts du DJEMI ont eu lieu à la CMD et au Blue Note café pour le JazzLab voix et à La Péniche Mécanique pour le "répertoire". Le JazzLab batterie sous la direction de Luc Issenmann aura lieu au People Bar à la Krutenau le 14 avril à 20h30 mais la plupart des ateliers et concerts se passent au CMD. Les deux soirées AJC - Association Jazz Croisé ont eu lieu à la Cité de la Musique et de la Danse - Mamie Jotax + Haleïs le mardi 11 et Noé Clerc trio + Ishkero le mercredi 12.

La soirée du jeudi est l'occasion de faire un focus sur Sylvain Cathala avec un programme en deux parties. Pour commencer la restitution de la master class qu'il a encadrée avec les élèves du Djemi - Département Jazz et Musique Improvisée.

Un premier trio d'élèves: Piano, Saxophone et batterie interprète deux pièces, la première sur un rythme lent très marqué par la batterie que vient alléger un peu le jeu du pianiste puis la deuxième, plus cool avec un saxophone qui se lâche un peu.


JazzLab#5 - Master Class DJEMI - Sylvain Cathala - Photo: lfdd

JazzLab#5 - Master Class DJEMI - Sylvain Cathala - Photo: lfdd


Le deuxième groupe, un quintette d'élèves que vient renforcer Benjamin Moussay au piano semble un peu plus à l'aise dans son jeu. le contrebassiste fait de belles variations, tout comme la guitare électrique. Les trois saxophonistes se relaient dans des solos intéressants et le batteur se fait plaisir et dialogue bien avec ses complices, allant dans une belle accélération lors du deuxième morceau.


JazzLab#5 - Master Class DJEMI - Sylvain Cathala - Photo: lfdd

JazzLab#5 - Master Class DJEMI - Sylvain Cathala - Photo: lfdd


La deuxième partie de la soirée donne champ libre à la formation de Sylvain Cathala, Print qui célèbre déjà ses vint-cinq ans et se compose donc du saxophoniste fondateur, de son complice contrebassiste Jean-Philippe Morel, du saxophoniste alto Stéphane Payen et du batteur Fanck Vaillant. Benjamin Moussay, cette fois au piano et au piano modulaire, complète ce quartet originel. La première pièce se construit note à note en dialogue de saxophones et mène son chemin rejoint par la batterie et les autres comparses. Le piano met sa touche, laisse aller puis reprend. Pour le deuxième morceau, plus court, le rythme se fait décalé avec une très belle prestation du batteur Franck Vaillant. 


JazzLab#5 - Print - Photo: lfdd

JazzLab#5 - Print - Photo: lfdd

Suit une pièce qui laisse la bride au cou de Benjamin Moussay qui triture son piano modulaire en lui faisant faire des boucles qui s'envolent, s'arrêtent puis repartent. Les morceaux se succèdent, des compositions des musiciens ou quelques " Studies" pour tester comment le groupe joue ensemble. On peut dire qu'il joue vraiment bien. Les deux saxophonistes, Cathala au sax ténor et Stéphane Payen au jeu plus démonstratif et impliqué dialoguent, se complètent et se relayent à merveille. 


JazzLab#5 - Print - Photo: lfdd

JazzLab#5 - Print - Photo: lfdd


A la contrebasse, Jean-Philippe Morel sait poser sa ligne mélodique et discrètement tirer l'archet, marquer aussi le rythme sur la caisse de son instrument et en ce qui concerne Franck Vaillant, son jeu est limpide et mesuré, pile à sa place sans esbrouffe, une très belle rythmique, adaptée au jeu de ses partenaires, net et précis, ses coups tombant à pic sous ses baguettes, balais ou mailloches ou de sa pédale sur sa grosse caisse qu'il ne manque pas d'ajuster finement tout au long de ce concert.


JazzLab#5 - Print - Photo: lfdd


 Benjamin Moussay, lui nous surprend avec son piano modulaire dont il use comme synthétiseur - dont un drolatique duo avec la batterie - ou pour multiplier le son joué. Son doigté volubile et agile s'insère bien dans ce Print qui impressionne par l'inventivité de son jeu. Un vrai plaisir d'écoute et l'on remercie ce groupe et son leader généreux et inspiré. On en redemande.


La Fleur du Dimanche