Blog culturel sur les Arts: littérature, danse, théâtre, musique, classique ou contemporaine, jazz, concerts, Arts plastiques, expositions, et des photos de fleurs.
On peut considérer ce billet qui fait écho au dernier, écrit à l'Ascension, maintenant que l'Assomption est passée, comme un grand silence, un espace blanc, une page qui laisse vos pensées errer, aller leur chemin.
Je ne pensais pas, en disant alors dans le titre "Partir à l'Ascension" que je ne reviendrai pas de sitôt, en tout cas avec un billet "du dimanche".
Je ne pensais pas non plus, juste un an après l'exposition des "Fleurs Fabuleuses" en Bourgogne, à la Rebondie, que j'aurais à vous annoncer une nouvelle exposition, avec un travail tout à fait différent, qui mûrit depuis plus de quatre ans.
Il mûrit et nourrit souvent ces pages dominicales avec les TVA que je distille au fil des billets. Mais c'est un autre chemin, une autre approche, un "détournement", un renversement presque, que je vais vous proposer. Bien sûr, il sera dans le fil de mes réflexions et pérégrinations mentales et textuelles, en rapport avec des images et des mots: interroger justement ce rapport et ces mots, ce qu'elles - les images - et ils - les mots, peuvent bien vouloir se dire, vous dire, pour aller plus loin, et par étapes.
En fait je ne vais pas vous dire beaucoup plus, peut-être un tout petit peu à la fin, après les fleurs du jour que je trouve tout à fait de circonstance, et une photo - image teaser de ce qui a fait que ce projet se soit concrétisé là, maintenant.
La fleur du dimanche 20 août 2023 - Photo: lfdd
La deuxième va dans le même sens du souvenir, de la mémoire, de l'enfance et de .... à vous de compléter.
Fleurs du dimanche 20 août 2023 - Photo: lfdd
A moi, elle me font penser à de grandes gerbes de lumière qui partent en feu d'artifice, tout comme les synapses du cerveau pourraient fuser sous la boîte crânienne à essayer de faire des liens, des relations, comme l'on en a dessinées sur le tableau noir de notre enfance en essayant de comprendre le monde, que ce soit le monde physique, chimique, botanique, mathématique, philosophique ou inventé, romancé, imaginaire. Alors je vous donne rendez-vous très bientôt pour faire "tourner vos méninges".
Et je vous offre en avant-première une première surface pour vous entraîner:
Ardoise - Derrière l'image - sans titre (avant l'image) - Photo: lfdd
Donc, comme je vous l'avais promis, et que vous l'avez peut-être deviné, le projet a a voir avec des "ardoises" et se nomme "Derrière l'image".... La suite très bientôt.
Avant de s'interroger sur l'antonyme de "partir", comme c'est la saison de livraison de nouveaux mots du dictionnaire, pour augmenter votre vocabulaire, passons en revue quelques-uns.
Un de ceux que j'espère qu'il fera long feu (c'est à dire qu'il ratera la marche du succès) c'est le covidé.
On pourrait croire que c'est un étrange croisement entre le bovidé et le corvidé, et rien à voir avec les cervidés, mais il est né il y a trois ans et a ressurgi dans l'actualité grâce au Giro.
Il y a quelques mots qui portent vers des états anxieux ou la méfiance comme l'écoanxiété ou encore la glottophobie ou la grossophobie à ne pas confondre; le premier étant une discrimination linguistique par rapport à la langue ou l'accent et la deuxième à trait au poids. Il y a aussi le cyberharcèlement et le wokisme - un terme qui est plutôt utiliser pour se moquer de ceux qui pourraient l'être; "éveillés" ou "conscient des problèmes liés à la justice sociale et à l'égalité raciale". Allez savoir...
Déclinaison des églantines: la rose:
Eglantine - Photo: lfdd
Il vaut mieux être en PLS, autre nouveau mot qui signifie PLS (Position Latérale de Sécurité) et qui vient du secourisme mais qui a migré dans la langue de la téléréalité avec des candidats que disent qu'ils sont en PLS, c'est-à-dire qu'ils sont choqués ou qu'ils ne se sentent pas bien.
Il vaut mieux "chiller", un verbe synonyme de se reposer, se détendre.
Et surtout se méfier des "brouteurs", un mot d’origine ivoirienne désignant une personne pratiquant de nombreuses arnaques sur les réseaux sociaux, de manière illégale. Il y a aussi, en langage de réseau sociaux, les trolls mais sont-ils rentrés dans le dictionnaire?
En abréviation empruntée à l'anglais il y a aussi les NFT - Non Fungible Token, désigne un fichier numérique non reproductible et doté d’un certificat d’authenticité, concernant une œuvre de type morceau de musique, texte, œuvre d’art, etc. Il est traduit en français par Jeton Non Fongible (JNF). Nous sommes curieux devoir comment cela va évoluer, si c'est comme le métavers ou plutôt comme les cryptomonnaies...
Décliner des églantines: la rose pâle:
Eglantine - Photo: lfdd
En tout cas, ce qui est sûr c'est que l'on appelle maintenant l'IA - l'Intelligence Artificielle semble avoir le vent en poupe et se répand comme une trainée de poudre. La preuve en est avec Karin Marjorie, une influenceuse qui a utilisé l'IA pour se créer un "double virtuel" qu'elle utilise pour dialoguer avec ses fans - plus de 2 millions d'abonnés sur Snapchat et 200.000 sur Instagram. Discuter avec son double revient à 1 $ la minute...
Vous pouvez toujours yodler, maintenant que le terme est (enfin?) entré dans le dictionnaire.
Décliner les églantines: la rose pâle:
Eglantine - Photo: lfdd
Mais passons aux choses sérieuses avec Céline Flécheux. Dans son livre Revenir. L'épreuve du retour, elle s'interroge sur le "retour" des tous ces héros ou autres personnages qui tous sont partis. Tous ces "flâneurs, voyageurs, touristes, pèlerins, excursionnistes, globetrotteurs, explorateurs, vagabonds, aventuriers ou, dans des cas plus dramatiques, migrants, exilés, expatriés, réfugiés… " comme les qualifie Robert Maggiori dans l'article «Revenir» a plus d’un retour dans son sac" dans Libération du 18 mai. Il continue:
"Le départ (la partance comme on dit plus rarement) et le trajet lui-même (traversée, vol, promenade à pied, à vélo…) sont si clairs qu’ils attirent tous les regards.
On en retrouve la description détaillée dans des milliers de romans, essais, récits,
documentaires, films, expositions… Mais qu’en est-il des retours ?"
Et donc:
"Chacun sait que, partis de Palos de la Frontera, Christophe Colomb et les marins de la Pinta, de la Niña et de la Santa Maria, arrivent en «Nouvelle Inde». Comment en sont-ils revenus ? On n’a même pas de nom pour désigner ceux qui entreprennent le voyage de retour. Ils feraient tourner les tables ou hanteraient des châteaux s’ils étaient des revenants. Ils n’auraient aucune initiative ou responsabilité s’ils étaient, par besoin ou de force, rapatriés. Ils changeraient d’avis comme tourne la girouette s’ils étaient des retourneurs (de paletot). Pas de mot, pas de chose ? Il serait outrancier de le dire, mais à strictement parler, on ne peut, de revenir, faire le contraire de partir : partir, c’est s’aventurer, aller vers «ce qui est à venir» - comme les phrases d’un texte qu’on écrit sur un écran, qui peu à peu «occupent» l’espace blanc du bas de la page et le font «advenir» ; mais revenir, lui, ne va pas vers le futur, pas plus que la flèche de la souris qui «remonte» le texte pour s’arrêter aux lignes déjà écrites, «passées»."
Décliner des églantines: la blanche:
Eglantine - Photo: lfdd
Donc, si "Pour partir et revenir on traverse l’espace, mais si partir crée le temps à venir, revenir ne peut le prendre à rebrousse-poil, et ne crée que douleur de ce qui ne reviendra plus - à moins que le retour ne (re) trouve la vertu du (re) commencement. Le retour est toujours une «épreuve».
Car, comme le constate Céline Flécheux: "Pourquoi la silhouette laissée en creux par celui qui est parti ne correspond-elle plus au gabarit de celui qui revient ?
C’est sur ce dédoublement, cette dissymétrie, ce changement de corps propres à l’épreuve du retour que je souhaiterais que nous nous concentrions, plutôt que sur une histoire
des différentes figures du retour dans l’histoire de la philosophie.»
Et de conclure que dans le "retour" ce n'est pas tant le "voyage" qui est difficile, mais le retour de soi à soi, parce qu'au pire il n'y a plus "ni place ni maison où trouver refuge".
Décliner les églantines blanches et les faire s'envoler:
Eglantine - Photo: lfdd
Et pour finir en chansons; d'abord partir, avec Julien Clerc:
Puis avec Alain Barrière:
Faisons un crochet par Michele Bernard à défaut de "Partir, revenir" pas trouvé, "Qui a volé les mots"
Et pour faire l'aller-retour, une petit tour avec Claude Lelouch, vous sous souvenez "Partir, Revenir", à voir jusqu'au bout (ça vous rappellera peut-être un autre film...)
Et puis revenir avec, tout d'abord Martin Luminet:
Et puis avec Raphael qui nous dit Je suis revenu
Et pour finir, je vous offre le clip qui est en totale adéquation avec le TVA: Il va revenir
Aujourd'hui je vous propose un petit retour dans le temps...
1. la semaine dernière :
Il y a 11 ans (onze), le 6 novembre était aussi un dimanche et je vous postais déjà) des fleurs: des liserons, et curieusement j'en ai photographiées hier... et des suzannes aux yeux noirs, dont je ne connaissais pas le nom.
Liseron du 6 novembre 2022 - Photo: lfdd
De plus, c'était (aussi) le début du festival Jazzdor, déjà. Mais il a commencé bien avant, en 1985 et je me souviens, c'était deux ans avant, d'un concert de jazz à l'Ange d'Or avec Didier Malherbe, sacré souvenir !
Liseron du 6 novembre 2022 - Photo: lfdd
En guise de TVA et pour suivre vos conseils, je vais faire court, mais pas facile, enfin ça dépend de vous, peut-être avez-vous une réponse immédiate et rapide à la questions posée par ce Texte à Valeur Ajoutée qui parle de "raconter une histoire" et de votre expérience de cette situation/action, soit que vous aimez (ou pas) raconter des histoires, soit que vous adorez en lire ou en écouter.
Dites-moi, donnez-moi votre avis et racontez-moi votre expérience. Envoyer-moi un récit, une anecdote ou une pensée à ce sujet, je partagerai...
Liseron du 6 novembre 2022 - Photo: lfdd
Pour ce qui est du TVA, le voici:
"Raconter, c'est désirer"
Voila ! C'est dit !
Pour plus d'explication, je dirai que c'est Florence Bouchy qui écrit cette phrase en conclusion de son article intitulé "La création romanesque, roman" dans le Monde des Livres du 4 novembre 2022 à propos du livre d'Anne Serre Notre si chère vieille dame auteur. Et c'est la conclusion de don 'article, disant que c'est ce que raconte le livre...
Elle dit aussi: "Qu'est ce que raconter? Et pourquoi, surtout, peut-on avoir l'envie, le besoin ou le plaisir de raconter ?"
Et énonce plus loin:
'Sous la plume d'Anne Serre, le mystère de la création romanesque et de l'art du récit se représente sous la forme d'un petit théâtre intime où chaque pulsion comme chaque modalité d'appréhension du réel tient un rôle. [...] Une façon pour l'auteur [...] d'ordonner le monde tout en laissant le feuilleté des significations ouvert. De se mettre à l'écoute de ses émotions et de ses débats intérieurs pour en proposer au lecteur une forme dans laquelle il puisse aussi se reconnaître."
Pour finir en chanson, une chanson dont il était question le 23 septembre de l'année d'après, donc en 2012, à lire et à écouter, plus un autre poème et un clin d'oeil au chanteur du jour:
Jacques Douai - Colchiques dans les prés - Démons et merveilles:
Rappel: les colchiques, cette année, ont été photographiées le 15 août et publiées le 21 août!
En complément une chanson sur des paroles d'Aragon (voir aussi la version chantée de Léo Ferré) par le même Douai.
Jacques Douai - Il n'aurait fallu
Il n'aurait fallu Qu'un moment de plus Pour que la mort vienne Mais une main nue Alors est venue Qui a pris la mienne Qui donc a rendu Leurs couleurs perdues Aux jours aux semaines Sa réalité A l'immensité Des choses humaines
Aujourd'hui, Journée internationale des femmes également appelée journée internationale des droits des femmes j'offre en cadeau une rose pour toutes et tous, comme en 2012 "Journée de la Femme".
Pour cette année, je rajoute en TVA un hommage qui a un peu attendu mais qui vaut ce jour et toute la réflexion d'actualité avec un hommage à Edith Bruck, née Steinschreiber, "celui qui écrit sur les pierres. Les pierres tombales" comme elle le dit dans l'article "Le Devoir de Vivre" de Florence Noiville dans le Monde des Livres du 11 février au sujet de la parution de son livre "Le Pain Perdu".
Ce sera un poème qu'elle a écrit en hommage à Primo Lévi dont elle a appris le suicide: "C'est la soeur de Primo, elle m'annonçait son suicide. Cela m'a plongé dans une colère... Il n'avait pas le droit."
Ta figure tutélaire nous manque
nécessaire comme l'eau à l'assoiffé
(...) la lumière au non-voyant.
Notre devoir es de vivre et jamais de mourir!
Pourquoi Primo?
Elle dit "Nos vies ne nous appartiennent pas, elles appartiennent à l'histoire."
Moi, qui porte en moi six millions de morts qui demandent à l'homme de se souvenir
à l'homme qui a si peu de mémoire
pourquoi aurais-je survécu, sinon pour témoigner
avec toute ma vie, chacun de mes gestes, chacune de mes paroles.
Elle dit aussi: "il faudrait des mots nouveaux pour raconter Auschwitz".... ""Patrie", par exemple je ne l'ai jamais prononcé."
"Par amour des patries, les cimetières sont pleins."
""Haine", ah le mot "haine", si cruellement actuel!"
Avec une petite avance pour fêter les onze ans de publications de ce blog de La Fleur du Dimanche, le mur des 400.000 vues étant passé et, pour le 1234ème billet, je vous offre un petit bouquet à la fois en forme de bilan et une d'une sélection de Textes à Valeur Ajoutée (TVA) qui pourraient vous amener un peu d'oxygène au cerveau.
Le printemps n'est plus très loin, le lilas bourgeonne déjà et se dresse prêt à fleurir:
Lilas en bourgeon - 2 février 2022 - Photo: lfdd
Les jonquilles (souvenir du premier billet "Naissance d'une Fleur : La Fleur du Dimanche" le premier billet de ce blog, le 20 février 2020) par contre prennent leur temps... Peut-être pourra-t-on les suivre dans leur (re)naissance....:
Jonquilles en bourgeon - 2 février 2022 - Photo: lfdd
Bilan 11 ans
En attendant et pour faire ce petit bilan, sachez que ces 400.000 vues sur dix ans pour les 1234 billets, cela fait une moyenne de 325 vues par billet (le dernier n'ayant pas encore été publié). Certains ont été vus plus de 2.000 fois et plus de quarante billets ont été vus au moins 1.000 fois. Cela fait aussi quatre mille jours qui se sont écoulés depuis le 20 févier 2011, et donc cela signifie que chaque jour 100 pages sont vues en moyenne. Les premiers billets n'avaient pas la même portée qu'aujourd'hui - leur visibilité est de 50 à 100 vues alors que maintenant, les audiences oscillent entre 100 et plus de 1.000 pour les plus populaires. La plupart des billets du début de l'année 2021 sur les expositions les concerts ou le théâtre ont dépassé les 1.000 vues. Et les billets de la fin d'année 2021 sur les spectacles ou les expositions (Chère Chambre de Pauline Haudepin au TNS, ST-ART 2021, 20 Ans au TAPS, Mailles de Dorothée Munyaneza à Pôle Sud, J'aime de Laure Werckmann et Birelli à JAZZDOR) frôlent ou ont déjà dépassé les 700 vues.
Ce qui fait plaisir, c'est que pour les spectacle ce sont tous des spectacles de femmes qui ont cette belle place. Je pourrait en dire de même pour un billet "du dimanche", celui du 25 avril 2021 "L'abandon, la méfiance, la liberté, les femmes, vues par... et défendues par..." et qui parle beaucoup de femmes et rend hommage à l'une d'entre elles, trop peu connue, Milva, qui venait de disparaître et à découvrir ou redécouvrir et qui a également eu plus de 2.000 vues. Idem pour un billet plus ancien - du 3 juin 2018 - "La Forme et le Fond: Figure, Love et des briques", un billet postérieur à l'arrêt de mes publications régulières (le 18 février 2018) et qui parle poésie et littérature avec Todorov, Genette et Albert Stricler dont je cite la citation (une de mes préférées):
"Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous"
Pour tout cela, ces lectures, ces échanges, les retours aussi, merci à vous, fidèles lectrices et lecteurs, visiteuses et visiteurs occasionnel.le.s. Revenez, vous êtes les bienvenu.e.s et surtout n'hésitez pas à faire un commentaire et me l'envoyer par mail si c'est trop compliqué en ligne.
Sachez que vous pouvez aussim'envoyer un mail pour vous abonner, de manière globale, ou si vous ne voulez pas rater une publication dans un domaine précis (théâtre, concert, exposition,..). L'adresse est simple c'est "lafleurdudimanche" tout attaché avec gmail comme fournisseur. Et si j'ai plus d'abonné sur un sujet cela me motivera à écrire plus.... Sachez que j'essaie de relayer les publications sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Linkedin) mais le mieux est quand même d'avoir l'info de première main (et vous pouvez vous désabonner à la demande..). Et Facebook par exemple ne vous permet pas toujoours d'avoir l'information. Cela ne trompe personne, pour la première fois d'ailleurs, le réseau social perd des abonnés (4 millions de moins entre septembre et décembre 2021). Alors ?
Hit parade des recherches
Pour continuer le florilège, sachez sur les trois mois dernier, le hit-parade de la recherche est revenu à "laisse tomber la neige expression" qui a pointé 477 fois sur le blog de La Fleur du Dimanche. En deuxième, avec 147 occurences, c'est "quand fond la neige où va le blanc" et en troisème "ananke stenai".
Je vous rappelle que pour les premiers palmarès, la requête "Habemus Papam, histoire vraie" avait cartonné en son temps (12 septembre 2012), un article -et un film - prémonitoires !
Jonquilles en bourgeon - 2 février 2022 - Photo: lfdd
En guise de TVA à large spectre, nous allons passer de l'oigine de la vocation de Murakamai, son épiphanie à l'idée de "murmuration" chez les animaux, l'homme et les machines et un adieu en chanson et en film à Monica Vitti:
D'abord Murakami. Il conte à Florence Noirville dans le Monde des Livres son "épiphanie", le moment où il s'est dit qu'il serait écrivain. Amateur de Base-ball, il assistait à un match et soudain, il y eut un "hit"; "Quand j'ai entendu le bruit de la balle contre la batte, je me suis dit que je pouvais peut-être devenir écrivain". Sacré coup!
La murmuration, qui vient du mot anglais (lui-même emprunté à murmure) est le résultat du vol d'oiseoux (étourneaux ou autres) qui volent en bandes très nombreuses et qui font des figures dans la ciel.
J'en profite pour vous inviter à aller voir l'exposition qui vient de démarer à galerie "La Chambre" place d'Austerlitz à Strasbourg. Leur nouvelle exposition "Ornithographies" de Xavi Bou rassemble de superbes photos de ce phénomène - et également une vidéo.
Cette manière de voler où les individus se fondent dans une foule qui a ses règles de direction et de vitesse propre ne fonctionne que par une méthode que les scientifiques ont observé. Il ne s'agit pas d'une organisation collective, ni pyramidale, ni holomidale (grand groupes en réseau), mais la modélisation a prouvé que chaque individu ne teint compte que sur trois à cinq voisins. On l'observe également avec des banc de poissons, les fourmis, et les humains... dans les pelotons cyclistes par exemple. Le cyclste ne se concentre que sur celui qui est devant et les deux devant et de côté. D'ailleurs il a été constaté que l'angle de perception (un diamant ou un losange) se rétrécit au moment du sprint.
Pour rendre hommage à Monica Vittti qui s'est éclipsée, je vous mets un extrait du film "L'Avventura" de Michelagello Antonioni où elle danse sur la chanson Mai interprétée par Mina que je vous mets également:
Feuilleton la re-naissance: Les jonquilles du 5 février:
Jonquilles en bourgeon - 5 février 2022 - Photo: lfdd
TVA - à mi-mot et quelque chose - Dans la forêt Glacée et Eric Chevillard
Les TVA suivant sont toujours découverts dans le supplément Littérature du Monde du 28 janvier, en l'occurrence dans un article sur le livre de Frédérique Clémençon, Dans la forêt glacée que je cite, et celui d'Eric Chevillard L'arche Titanic qui nous offre ses jeux de mots:
"Peut-être que sans connaître la fin, je sais qu'il va se passer quelque chose ici et que ce quelque chose sera un commencement, ou plutôt non, je ne sais pas, juste quelque chose arrivera, c'est tout".
Cela donne envie de connaître la suite, non ?
Et pour Eric, un fantôme, c'est: "un mort qui revient: un remords"
"Quand un animal disparaît, son nom se vide à moitié de son sens - son sang -, n'est plus qu'un demi-mot: une momie."
Jonquilles en bourgeon - 5 février 2022 - Photo: lfdd
TVA - J'ai raison, tu as tort, Vrai ! - Dans la peau d'un(e) autre
Pour la suite des TVA, toujours de la même source, deux auteurs, Thimoty Williamson et Arnaud Cathrine. Du premier, tout est dans le titre de son livre J'ai Raison, tu as tort ! Dialogue Philosophique et la citation est:
"Chacun de vos points de vues est légitime selon ses propres termes. (...) "Vrai" est un mot très dangereux"
A vous d'y réfléchir..
Sinon pour en revenir à l'écriture, à propos de son dernier livre Début de siècles, et de l'écriture, Arnaud Cathrine dit:
"Ce qui m'angoisse et me chagrine dans la vie, est de n'être que moi. L'écriture ouvre cette possibilité d'entrer dans la peau d'un autre, ou même comme c'est le cas dans Début de Siècles, dans celle d'une petite foule."
"Je m'étais rendu compte que, dans la plupart de mes livres, jusque-là, les femmes étaient des personnages secondaires; j'ai eu envie de me multiplier dans une myriade d'entre elles."
Jonquilles en bourgeon - 6 février 2022 - Photo: lfdd
TVA - La Voie Lactée - Les Varans
Et un TVA qui va nous surprendre, un peu de science qui nous dépasse, ou encore la rélaité qui dépasse la connaissance scientifique...
D'une part, une étrange découverte faite par des astronomes australiens: un objet inconnu dans la Voie lactée. L’objet, repéré pour la première fois par un étudiant travaillant sur sa thèse de premier cycle, produit un important rayonnement électromagnétique trois fois par heure. "Les ondes sont émises toutes les 18,18 minutes", explique dans la revue scientifique Naturel’astrophysicienne Natasha Hurley-Walker, qui a observé le phénomène grâce à un radiotéléscope basses fréquences géant dans l’Outback australien. L’objet serait à 4 000 années-lumière de la Terre et même s''il existe d’autres objets dans l’univers qui émettent des variations radio régulières, comme les pulsars, cette fréquence n’a jamais été observée auparavant, selon elle. La découverte de cet objet était "un peu effrayante car il n’y a rien de connu dans le ciel qui fasse cela".
Autre information insolite entendue sur FranceBleu: Une femelle varan a fait des bébés toute seule.
Dans un parc animalier du sud-ouest de la France, une femelle varan vivant seule depuis des années a donné naissance à trois bébés mâles. Ce phénomène très rare appelé parthénogenèse se produit lorsqu’un oeuf non fécondé donne naissance à un ou plusieurs individus. Le parc cherche une équipe scientifique pouvant étudier, documenter et confirmer le phénomène.
Pour célébrer ces découvertes, je vous offre deux chansons, la première de Mylène Farmer - La Voie Lactée:
Et la deuxième une chanson d'Orchestral Manoeuvres In The Dark - Walking On The Milky Way (attention ,ce n'est pas un varan mais un dinosaure qui passe dans le film :
Jonquilles en bourgeon - 7 février 2022 - Photo: lfdd
TVA - La neige
Il a neigé sur les dunes du Sahara: conséquence du réchauffement - et du changement - climatique, la neige s'est invitée au Sahara, comme déjà l'année dernière. La glace fond sur les Pôles et les glaciers de montagne recule et, pour faire diversion la neige tombe dans le désert...
Et pour finir sur de mauvaises nouvelles, sachez que la neige maintenant contient plein de micro-particules de plastique qui s'est dégradé. Nous fabriquons chaque année 360 milliard de tonnes de plastiques (62 millions en Europe). Quatre milliards neuf cent millions de tonnes ont été rejetés dans l'environnement et de là, 3.000 tonnes par exemples sont revenus en Suisse et en Autriche sur les montagnes enneigées, les Alpes Françaises et les Pyrénées ne sont pas épargnées, ni les banquises, ni les villes non plus - par exemple en pleine nature, dans les Pyrénnées 43 milliards de milliards de particules fines de plastiques retomberaient sur la zone chaque année. Soit 3.000 tonnes. Et ces nano-particules sont si fines qu'elles peuvent se mélanger dans l'organisme sans que l'on se rende compte.
Chacun peut de son côté à limiter ce développement, en réduisant l'usage des plastiques et ne pensant recyclage
Et sachez aussi - c'est pas drôle, que l'eau en bouteille plastique fait grossir... C'est Heidi News qui le dit et ce n'est pas une blague: "Votre bouteille d'eau en plastique peut-elle vous faire grossir?"
CHANSONS - La neige et ne soyez pas triste, à bientôt
Comme il est question de neige, je vous offre une cure de neige de The Cure avec Pictures of you, de 1989, précurseurs du réchauffement climatique.
Et pour suivre leur conseil, les graçons ne pleurent pas, ils étaient très précoce - Boys don't cry:
Bon, tot n'est pas parfait, mais on essaye avec Lou Reed d'avoir un jour parfait - Perfect Day:
Allez, il est temps de se dire au revoir avec Léonard Cohen et Julie Felix - There's no way to say goodbye
Jonquilles en bourgeon - 7 février 2022 - Photo: lfdd
Bon dimanche tous les jours!
La Fleur du Dimanche
P.S. Je dédie ce billet à Alain Lafont-Garnung, grand amateur de fleurs et grand conteur - ses "Billets de tram" sont de beaux bijoux trop peu connus. Il était la générosité et l'amabilité jusqu'au bout.
L'année commence par des voeux,.... et des bilans, mais l'année commence aussi par des résolutions et des projets, bons ou ambitieux.
Et puis, le flot d'informations reprend le cours des choses, nous passons de l'une à l'autre, nous sautons presque tellement cela se bouscule...
Non, prenons le temps, le temps de regarder ce qui nous entoure, ce bouquet de fleurs givrées qui nous console de la neige qui n'est pas encore tombée:
Bouquet givré - Photo: lfdd
Et puis, parlant de veilleurs, disons-nous qu'il faut être attentifs, attentifs à ce qui se dit et qui pourrait, dans le flot de toutes ces phrases qui disent et se contredisent, ce qu'il faut garder, partager. Partager par exemple cette citation de Louise Erdrich, fille d'une mère indienne chipawah et d'un père allemand, qui fait renaître son grand-père, chef de de la tribu de Turtle Mountain qui s'était opposé au "lâchage" des indiens sous prétexte d' "émancipation" dans son livre Celui qui veille (The Night Watchman). Elle dit, ou lui fait dire):
"On a survécu à la variole, à la carabine à répétition, à la mitrailleuse Hotchkiss et à la tuberculose. A la grippe de 1918 et à quatre ou cinq guerres meurtrières sur le sol américain, et c'est à une série de mots ternes que l'on va finalement succomber?"
Je reviens à ces fleurs de noisetier (déjà vues le 1er janvier) qui sont, elles aussi recouvertes de givre:
Noisetier givré - Photo: lfdd
Les veilleurs nous font repenser à Annie Greiner, et c'est l'occasion de parler d'une sobre et belle exposition hommage (en attendant une plus ample rétrospective - qu'elle mérite) qui a lieu jusqu'au 30 janvier à l'église protestante de la Robertsau, rue Boecklin.
Autre veilleurs que certain ont vus, connus, sur le parvis de la Cathédrale de Strasbourg, Brice Bauer, qui l' "habitait" réellement avec son violoncelle. Et Brice, qui était aussi, et surtout, peintre, dans un tout récent article - portrait - dans le magazine Or Norme de décembre, répond à Véronique Leblanc avec cette phrase prophétique (?): "Je vais revenir au ciel, à la ligne d'horizon, à des oeuvres de cet entre-deux face auxquelles on peut inventer sans être emprisonné par une ambiance."
En honneur à se mémoire, je vous remets une vidéo du temps du confinement où, pour le remplacer, il n'y avait que le vent:
Pour rester dans la musique, un petit clin d'oeil à Jean-Jacques Beneix dont on se souviendra de Diva et de son air de la Wally, l'aria extrait de l'opéra d'Alfredo Catalani qui a marqué le cinéma en 1981.
Et une vue de clématite, givrée elle aussi - Il fait bien moins de 37°2 le matin:
Clématite givrée - Photo: lfdd
Mais revenons à une autre figure strasbourgeoise qui elle s'est éclipsée tout aussi discrètement qu'elle nous côtoyait dans les salles de spectacle. C'est Michel Apprill, qui, comble de discrétion était passsé du noeud papillon Hermès au col roulé. Il est l'objet d'un hommage dans le magazine Novo N°62 (décembre 2021-Février 2022) par Stéphanie-Lucie Mathern qui avait son anniversaire le jour de la mort de Michel.
A propos de disparition, je vous offre un "extrait" du livre de Jason Mott, L'enfant qui ne voulait disparaître:
Pour en finir avec la partie TVA (Texte à Valeur Ajoutée) et essayer d'aller un peu plus loin dans la réflexion sur la disparition, je vous offre un deuxième extrait, c'est le début de l'article de David Zerbib "Dans un monde désincarné" sur le livre "La Fin des choses" de Byung-Chul Han:
Le titre original allemand du livre est Undinge, Umbrüche des Lebenswelt, littéralement "Absurdités, bouleversements du monde de la vie", Undinge ressemblant aussi à Unsinne - absurdités mais peut aussi être pensé comme "non-choses", "Un", en allemand étant un préfixe privatif devant le terme "Dinge" les choses. Souvenons-nous du superbe film de Wim Wenders "Der Stand des Dinge" - L'état des choses et de la magnifique vidéo de Fischli et Weiss "De Lauf der Dinge" - Le cours des choses. Pour en revenir à Han, il précise aussi que le smartphone et son écran est une "non-chose", trop "lisse". Il devient pour le "Phono Sapiens" un objet narcissique où "les informations sont addictives, et non narratives. Elles peuvent être comptées et pas racontées". Il pense qu'une "Story" de Facebook n'a qu'un rôle d"accumulation de "likes" qu'il appelle "l'amen numérique". Mais, à priori, avec l'art, heureusement, les choses peuvent se réifier et gagner en conséquence.
Cependant, sans aller jusqu'à l'art, vous avez encore la possibilité de regarder, de considérer les choses qui vous entourent et qui sont encore bien matérielles.... Pour vous ancrer un peu dans la réalité. De faire une pause numérique - et non un selfie 'Pose numérique".
Et observons les clématites:
Clématite givrée - Photo: lfdd
Avec cela je vous dois quelques chansons. Dans l'ordre Rostropovitch avec le concerto pour violoncelle N°1 de Bach:
Barbara, Dis quand reviendras-tu ?:
Et Anna Clendering - Invisible:
Allez, on finit avec la verge d'or, congelée elle aussi:
Verge d'or givrée - Photo: lfdd
Et en dernière minute, une chanson "nostalgie" avec "Be my Baby" de Ronnie Spector avec les Ronettes, devenu un tube en 1963 et l'un des morceau pop les plus célèbres:
C'est bien sûr en hommage à elle, disparue le 12 janvier 2022 et non à son mentor, producteur et génial créateur de son Phil Spector, qu'elle a épousé en 1968, mais dont elle a divorcé en 1974 parce qu'il était trop violent. Lui est mort le 16 janvier 2021 en prison où il purgeait une peine pour le meurtre d'une hotesse de bar, Lana Clarkson, en 2003.
Bon, 1963 c'est un peu loin, on va retrouver Higelin et Jeanne Cherchal en 2004: